1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un matin de juin

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Isabelle Robin
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Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Un matin de juin   Mar 9 Juin - 14:14

Le soleil était levé depuis peu de temps mais Isabelle était déjà debout depuis une bonne heure. Elle avait eu du mal dormir, cette nuit, hantée par de nombreux rêves où elle revoyait cette nuit-là, seule en pleine nature avec le colonel, la nuit, près de l’incendie d’un village et la mort d’un homme. Elle s’était revue courir dans les rues en feu, à peine protégée, son fusil en bandoulière, grimper dans le clocher qui aurait pu s’écrouler à tout instant. Elle se revoyait charger, viser et tirer. Sa victime n’aurait strictement aucune chance d’y réchapper, même en sachant qu’il était traqué. Elle s’était entraînée des années à cela et savait exactement comment s’y prendre pour atteindre une cible aussi loin, en peu de temps, comment tuer du premier coup sans laisser la moindre chance. Sa victime avait été enterrée la veille, dans une autre ville, là où était sa famille. Est-ce qu’elle regrettait ? Elle ne pouvait dire oui, ce serait mentir. Il aurait dit à tout le village qui avait mis le feu et elle devait protéger le Colonel, même au prix du sang.

Le Colonel avait un comportement étrange depuis cette fameuse nuit. Elle savait qu’il devait étouffer de culpabilité et essayait de le ménager. C’était un accident, qui aurait pu arriver à n’importe qui d’autre, sans oublier que personne n’avait été brûlé vif. Le village allait être reconstruit, c’était un drame terrible mais sans victimes, hormis l’homme qu’elle avait assassiné. Ce n’était pas à lui de porter le poids de cette mort, par ailleurs. C’était elle qui l’avait traqué et tué, dans ce village. C’était elle qui avait appuyé sur la détente. C’était donc elle qui devait vivre avec ce souvenir, pas à lui. Elle était parfaitement consciente de ses actes. Sortant de chez elle, elle rajusta son uniforme tout en marchant, son fusil de précision en travers du dos, accroché en bandoulière. Le poids de l’arme lui était devenu très familier, avec le temps, comme un autre membre de son corps, qui faisait parti d’un tout. Elle se sentait nue, lorsqu’elle était désarmée, comme si la privait de tout moyen de défense.

Sur le chemin du pensionnat, elle sortit une lettre froissée de sa poche et la déplia pour la lire à nouveau. Cette lettre lui avait été envoyée par sa mère, qui avait soudain décidé de lui écrire, sans qu’Isabelle comprenne pourquoi. Voilà des années que sa famille l’avait renié, après pourquoi lui écrire aujourd’hui ? Ils n’avaient jamais accepté qu’elle entre dans l’armée, et pourtant, sa mère lui avait écrit, après tout ce temps.

« L’incendie du village a relancé l’affaire de Gray et de son école de fous… Je sais que tu as été mutée là-bas, ne me demande pas comment, et je me pose des questions. Comptes-tu rester encore longtemps dans l’armée ? Tu as prouvé que tu pouvais être émancipée, tant mieux pour toi, mais tu devrais songer maintenant à te ranger. Pourquoi ne pas simplement revenir à Paris, te marier, vivre enfin comme une femme digne de ce nom se doit de le faire ? Le passé est le passé, notre famille peut oublier ce qui s’est produit pour repartir sur des bases saines. Tu n’as pas à passer ta vie dans une caserne, tu pourrais faire bien mieux en devenant une femme respectable et convenable, n’est-ce pas ? »

– Une femme convenable et respectable, sourit-elle en rangeant la lettre. S’ils savaient…

Ses parents et sa famille n’avaient pas dû réaliser, encore, qu’elle avait du sang sur les mains et qu’aucun homme lambda n’acceptera d’épouser une femme comme elle, capable de tuer de sang-froid en cas de besoin. Si elle devait épouser un homme un jour, il devra être capable de comprendre et accepter ce qu’elle avait fait, ou cette relation ne sera jamais saine. Elle salua les gardes à l’entrée du pensionnat, remontant le parc. Quelques élèves étaient déjà debout, s’entraînant aux arts martiaux non loin du lac avec leur professeur. Elle passa sans s’arrêter, regardant ce qu’ils faisaient. Elle-même n’avait jamais été très douée dans les combats à mains nues. Sa spécialité restait les armes à feu et elle s’y tenait. Rentrant dans le pensionnat, elle se dirigea vers ce qui était auparavant un salon de repos pour les professeurs, un peu comme le foyer des élèves. Elle s’arrêta sur le seuil, surprise en voyant le Colonel dormir sur une table, ses bras repliés sous sa tête en guise d’oreiller. Elle eut un sourire attendri et vint lui secouer doucement l’épaule pour le réveiller.

– Colonel, réveillez-vous.

Il avait passé la nuit ici ou … ? C’est fou ce qu’il avait l’air vulnérable dans son sommeil, dans tous les cas. Il avait l’expression d’un enfant plongé dans ses rêves, sans que rien ne puisse l’atteindre, laissant ainsi transparaître la part d’innocence qui lui restait. Elle attendit qu’il revienne à lui, le laissant émerger, passant sans même s’en rendre compte une main dans les mèches qui tombaient sur sa nuque.

– Vous êtes malade ? Rentrez chez vous, si c’est le cas, je peux me charger du travail de ce matin seule. Vous avez passé la nuit ici ?

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Fabrice Gavin
Colonel
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MessageSujet: Re: Un matin de juin   Mer 10 Juin - 17:04

Il faisait nuit noire quand le Colonel remonta enfin des caves du pensionnat. Il remit ses manches en place, les yeux cernés, ayant si mal à la tête qu’il crut qu’il allait s’évanouir sur place. Tremblant de tous ses membres, il stoppa en haut des escaliers pour s’appuyer contre un mur, une main sur son front brûlant de fièvre, l’autre l’aidant à tenir debout. Il avait l’impression d’avoir de nouveau six ans, lorsque son don était apparu et qu’il avait eu de très gros accès de fièvre pendant une semaine. Sa mère avait veillé sur lui, posant une main sur son front et utilisant son propre pouvoir pour faire disparaître le surcroît de chaleur. Il prit une longue inspiration marchant en titubant vers la salle à côté du foyer des élèves, les yeux à moitié clos, puis s’assit à la première table qui vint, se laissant enfin aller. Il mit ses bras sur la table et posa la tête dessus, fermant les yeux. Le médecin avait été très doux, détestant visiblement faire ses tests sur des humains, mais la douleur et la fièvre allaient durer quelques heures encore. Il devait juste laisser passer la nuit…

Il passa les heures suivantes dans une somnolence lourde, incapable de se lever et de rentrer chez lui, restant sans bouger dans cette salle. Il entendait parfois des échos de pas, des bruits, mais n’y prêtait pas garde. Il faisait parfois des rêves étranges, où il ne savait pas où il était ni ce qu’il devait faire, voyant passer des silhouettes familières autour de lui, sans qu’il en reconnaisse aucune. Il essayait de les arrêter ou les toucher, mais elles passaient leur chemin sans jamais se retourner. Il était perdu. Un autre rêve l’emporta ensuite, il courait le long d’un couloir très sombre, puis vit soudain son équipe, devant, qui se retourna. Il tendit la main vers eux, alors qu’ils faisaient de même, mais il se sentit violemment tiré en arrière au moment où il allait les toucher, criant, essayant de prendre leurs mains, puis se sentit tomber dans un gouffre noir. Il heurta un sol dur et glacé, cerné par les ténèbres, sans plus comprendre où il était. Son équipe avait disparu. Il se releva pour chercher les parois de sa prison, tâtant les hauts murs de pierre noirs.

Il fut peu à peu arraché à ce gouffre lorsqu’une voix parvint jusqu’à lui. Il laissa échapper une courte expiration, ses sens revenant peu à peu. Il n’était pas dans un gouffre… Il y avait une personne près de lui, il n’était pas seul.

– Colonel, réveillez-vous.

Il rouvrit lentement les yeux, battant des paupières, reconnaissant avec peine la salle où il s‘était écroulé durant la nuit. Qu’est-ce que… Il ne bougea pas tout de suite, réalisant qu’une main très douce était en train de lui caresser la nuque. Il reconnut enfin sa subordonnée, alors qu’il se battait pour se tirer du sommeil. Elle était là… Il sentit une profonde vague de reconnaissance l’envahir, heureux qu’elle soit toujours là dans ce genre de moment, heureux de savoir qu’il pouvait compter sur elle, toujours, à chaque instant. Il ne bougea toujours pas, touché par le contact, qui avait un effet apaisant presque miraculeux. Il aurait voulu que ce moment dure longtemps, afin qu’il échappe à ses souvenirs. Il aurait voulu lui parler, tout lui révéler, mais il n’en avait pas le droit. Elle mourrait… Il n’avait pas le droit de lui dire la vérité.

– Vous êtes malade ? Rentrez chez vous, si c’est le cas, je peux me charger du travail de ce matin seule. Vous avez passé la nuit ici ?

Il dit doucement oui de la tête puis se décida à se redresser. Il allait dire qu’il allait très bien, amis comment expliquer sa mine … ? Si jamais elle avait des soupçons, elle allait faire des recherches, puis découvrir la vérité, pour finalement se retrouver en danger de mort. Il lui jeta un regard, alors qu’elle s’asseyait à son tour à côté de lui.

– Je suis un peu malade, mais je peux travailler tout de même, lieutenant, sourit-il en se recoiffant vite fait du bout des doigts. Je ne vais pas vous laisser travailler tout de seule, tout de même, ni le reste de l’équipe.

Il se félicita intérieurement d’avoir réussi à prendre un ton tout à fait normal, terrifié à l’idée qu’elle découvre ce qui se passait. Elle pouvait tout y perdre. La confiance qu’il y avait entre eux serait écornée, sans oublier qu’elle pourrait avoir de très gros ennuis. La scène de la nuit de l’incendie revint flotter devant ses yeux, lorsqu’il l’avait vu penché au-dessus de lui, comme une véritable apparition. Elle était restée pour l’aider alors même qu’il s‘était conduit comme un monstre puis s’était comporté de façon lamentable, vomissant puis pleurant. Il s’étira comme il le put, chassant les courbatures de la nuit, veillant à paraître le plus normal possible. Elle posa tout à coup une main sur son front, sourcils froncés, alors qu’il sursautait légèrement, pris de court.

– Lieutenant ?

– Vous avez de la fièvre. Je vous ramène chez vous tout de suite.

Il ouvrait la bouche pour protester mais elle lui lança un regard tel qu’il la referma aussitôt, se contentant d’hocher la tête. Il se leva et prit sa veste avant de la suivre, sans plus rien dire. Elle le reconduit en voiture jusqu’à la caserne, se garant sur un petit parking près des immeubles avec les appartements. Il vivait au premier, elle au troisième. Elle le raccompagna jusque chez lui, lui disant de se coucher tout de suite lorsqu’ils entrèrent, qu’elle allait lui préparer un cachet. Il obéit sans discuter, s’allongeant sur son lit avec un soupir après avoir enlevé ses chaussures. Il voulait tant tout lui avouer, lui dire de faire attention à elle… Lorsqu’elle revint, il prit le médicament qu’elle lui tendit puis lui attrapa le poignet, l’incitant à s’asseoir sur la chaise qui traînait près du lit.

– Lieutenant, je… Il y a une chose dont on m’a interdit de parler à mon équipe, mais je ne peux pas… Il faut que je vous parle, c’est important.

Il prit une grande inspiration puis se lança dans le récit de ce qui s’était passé après qu’ils soient revenus à la caserne, le lendemain de l’incendie du village. Il lui raconta tout, à voix très basse, sentant la fièvre diminuer grâce aux médicaments. Il avait les idées plus claires mais était surtout très soulagé de tout lui révéler enfin. Tant que personne ne savait, tant que personne ne les entendait… Il devait tout lui dire. A la fin, il la supplia d’être prudente et de ne rien faire, peu importe ce que Fabrice devait accomplir à présent.

– Personne ne doit savoir, vous seriez tous en danger. Promettez-moi de ne rien dire à nos coéquipiers.

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Isabelle Robin
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Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Re: Un matin de juin   Mar 16 Juin - 11:07

Il hocha la tête pour approuver, alors qu’elle tirait une chaise pour s’asseoir près de lui, remettant correctement son arme sur son dos. Pourquoi diable n’était-il pas rentré chez lui ?! Passer la nuit à dormir sur une table ne vous laissant pas vraiment frais, au matin, il devait bien le savoir. Mais il devait être malade, sa mine parlait pour lui. Il était assez bizarre depuis l’incendie à Gray… Elle se doutait qu’il culpabilisait toujours mais son comportement était étrange. Il était plus distant, partant parfois de longues heures ils ne savaient où pour revenir épuisé. John était d’accord lui aussi pour dire qu’il leur cachait quelque chose d’important, peut-être une mission dont il ne voulait pas leur parler ? Pourtant, ils étaient une équipe, il pouvait se confier sans aucun problème ! Peu importe ce qui se passait, il pouvait leur en parler. Chacun de ses subordonnés lui avait déjà tendu la main lors de situations difficiles… Lorsqu’il était au bord des larmes, lorsqu’il avait trop bu, lorsqu’ils ne pouvaient le laisser seul. Ils étaient une équipe, il ne pouvait avoir peur de leur parler et se confier.

– Je suis un peu malade, mais je peux travailler tout de même, lieutenant, sourit-il en se recoiffant vite fait du bout des doigts. Je ne vais pas vous laisser travailler tout de seule, tout de même, ni le reste de l’équipe.

Il pouvait travailler tout de même, c’est cela ! Il n’était pas obligé de se forcer sous prétexte qu’il était à ce grade, quand on est malade, on reste au lit à se soigner, point final ! Travailler tout de même empêche d’être productif et est aussi d’une stupidité sans nom, car vous preniez le risque d’aggraver votre état ! Elle n’avait jamais réussi à comprendre les imbéciles qui se forçaient à rester debout quand ils n’en pouvaient vraiment plus et étaient prêts à s’effondrer. Elle se pencha et tendit une main pour la poser sur le front du Colonel pour vérifier qu’il avait de la fièvre. Et il en avait. Beaucoup, pas vraiment, mais assez pour qu’il soit mieux dans son lit qu’à courir partout en essayant de travailler alors qu’il n’était pas en état. Elle fronça les sourcils, exaspérée qu’il veuille s’obliger à rester ici pour ne pas « les laisser seuls ». Ils étaient parfaitement capables de se débrouiller, comme des grands.

– Lieutenant ?

– Vous avez de la fièvre. Je vous ramène chez vous tout de suite.

Elle lui lança un regard lourd et sans appel lorsqu’il parut prêt à protester, se levant et calant son fusil, sa veste sous le bras. Elle attendit qu’il se lève et prenne la sienne avant de lui faire signe de la suivre, quittant le foyer, avec un signe au passage pour saluer les sentinelles dans l’entrée. Elle prit le volant en lui disant de ne pas s’en faire, que ça ne changeait rien s’il restait chez lui aujourd’hui. Il était encore très tôt, donc il pourra travailler plus tard s’il se sentait mieux. Arrivés à la caserne, elle le raccompagna jusque chez lui, refermant la porte derrière eux à clé pour être tranquille et déposant son fusil, puis lui dit d’aller se coucher. Elle alla fouiller les placards de la cuisine, marmonnant entre ses dents. Il devait bien y avoir des cachets contre la fièvre, quelque part. Elle finit par en trouver dans un petit placard, mettant le flacon à la lumière pour vérifier. Heureusement que le Colonel était organisé, c’était bien plus facile de retrouver les affaires qu’on voulait ou dont on avait besoin.

– Paracétamol, parfait, murmura-t-elle en prenant de l’eau.

Elle fila dans sa chambre pour poser le verre et le médicament sur la table de chevet. Elle allait vérifier à nouveau sa fièvre lorsqu’il l’attrapa tout à coup par le poignet. Colonel ? Il avait mal ? Il lui fit signe de s’asseoir et elle obtempéra avec lenteur, bien plus inquiète maintenant. Lorsqu’il prenait cet air, c’était qu’il avait quelque chose de très important à dire. Elle el connaissait, depuis des années qu’ils travaillaient ensemble, elle parvenait à lire ses émotions dans son regard. Et aujourd’hui, il était troublé, perdu même. Avec une certaine peur. Elle voulut tout à coup lui prendre la main pour le rassurer mais préféra le laissa parler, consciente que ça devait déjà être difficile. Elle lui fit prendre son médicament, assise tout près de lui.

– Lieutenant, je… Il y a une chose dont on m’a interdit de parler à mon équipe, mais je ne peux pas… Il faut que je vous parle, c’est important.

Il reprit son souffle, puis commença à raconter, enfin, ce qui causait son comportement si étrange, ces derniers jours. Elle se sentit un peu pâlir, imaginant la scène au fur et à mesure qu’il lui racontait tout. Le Maréchal savait donc tout… Il savait tout et s’en servait, obligeant le colonel à participer à des choses infâmes. Ce n’était pas possible ! Pourquoi fallait-il… Le Colonel était donc espionné depuis longtemps et elle n’avait rien vu. Il avait accepté de se soumettre au Maréchal pour sauver son équipe… Des otages, voilà ce qu’ils étaient, à présent. Il devait obéir où son équipe sera tuée… Bon sang. Elle comprenait mieux, aujourd’hui, elle comprenait ce qui causait son comportement. Comment faire ? Comment l’aider à présent ? Elle se mordilla les ongles, pensive, alors qu’il la suppliait d’être prudente, peu importe ce qui allait se passer maintenant. Être prudent, oui, ils n’avaient pas le choix, mais il devait bien y avoir une façon de l’aider ! Ou au moins le soutenir, il n’y avait aucune raison pour qu’il porte ce fardeau seul.

– Personne ne doit savoir, vous seriez tous en danger. Promettez-moi de ne rien dire à nos coéquipiers.

– Ils sont tout aussi capable que moi de garder un secret ! les défendit-elle aussitôt. Et d’être prudents. Faites-nous confiance, vous n’avez pas à porter cela seul, ce n’est pas votre faute… Tout le monde a des faiblesses. Nous ne vous fuirons pas car nous sommes pris en otages.

Elle s’assit sur le rebord du lit, avec un air très sérieux pour lui faire comprendre qu’elle ne plaisantait pas le moins du monde. Elle lui prit les deux mains et les serra, refusant qu’il s’isole et refuse de se confier à eux. Ils étaient une véritable équipe, il devait s’en souvenir, chacun d’entre eux soutenait les autres et ils ne laissaient tomber personne. Le Colonel s’était redressé pour se mettre assis, tandis qu’elle le couvait du regard. Il sourit tout à coup, franchement, lâchant même un petit rire. Elle haussa un sourcil étonna, alors qu’il relevait la tête.

– C’est vous ma principale faiblesse.

Il se pencha tout à coup sur elle, alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, et posa ses lèvres sur les siennes. Toute volonté de réponse mourut dans la seconde, elle ferma les yeux et il passa la main derrière sa nuque pour la rapprocher de lui. Elle posa doucement les mains sur ses épaules, comme pour s’accrocher, alors que la baiser se faisait plus profond. Cela n’avait rien à voir avec la nuit où il l’avait embrassé assez vite, sans avoir les idées claires. Ils s’embrassèrent longuement, les yeux fermés, d’une façon très douce, oublieux du reste du monde. Elle ne sut combien de temps s’était passé lorsqu’ils s’écartèrent légèrement l’un de l’autre, alors que la tête d’Isabelle lui tournait légèrement. Il la tenait par un bras dans les hanches et l’autre derrière ses épaules et sa nuque. Elle-même avait ses mains sur ses épaules, se sentant curieusement très protégée dans ses bras.

– Vous embrassez toutes vos faiblesses comme ça ? sourit-elle finalement.

– Seulement les plus jolies, j’ose me vanter d’avoir bon goût.

Il l’embrassa à nouveau, la serrant plus fort dans ses bras. Elle se laissa câliner, oubliant qu’il s’agissait de son supérieur hiérarchique et qu’elle n’était pas censée faire ça, que son devoir était de le seconder et le protéger, pas d’aller l’embrasser chez lui en oubliant son travail. Mais il fallait avouer qu’il embrassait très bien et qu’il était très doux, ce qui ne lui donnait pas la moindre envie de quitter ses bras pour retourner au travail. Elle passa une main derrière sa nuque pour la masser, passant les doigts dans ses mèches noires. Ce ne fut que lorsqu’elle n’eut plus de souffle qu’elle s’écarta à nouveau de deux centimètres, les yeux toujours fermés.

– Je ne pensais que… murmura-t-elle. Que vous pouviez avoir envie de… J’ai toujours pensé à vous protéger, je ne pensais à rien d’autre. Nos équipiers vont hurler de rire s’ils nous voient comme ça.

Elle rouvrit les yeux, alors qu’ils étaient toujours entrelacés, assis sur le lit.

– J’ai vraiment le droit de nous embrasser, même si vous êtes mon chef ?

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Un matin de juin   Lun 22 Juin - 11:26

– Ils sont tout aussi capable que moi de garder un secret ! les défendit-elle aussitôt. Et d’être prudents. Faites-nous confiance, vous n’avez pas à porter cela seul, ce n’est pas votre faute… Tout le monde a des faiblesses. Nous ne vous fuirons pas car nous sommes pris en otages.

Des faiblesses… Oh oui, tout le monde en avait, lui-même en comptabilisait beaucoup. L’alcool, son passé, son père et… Oh Dieu. Il en avait assez d’avoir toujours peur qu’on découvre qui il était réellement, même face à elle qui savait pourtant presque tout de lui. Elle vint s’asseoir sur le bord du lit pendant qu’il se mettait assis, le cœur battant. Elle lui prit les mains, les serrant, alors qu’il posait les yeux dessus puis revenait sur son visage. Des faiblesses… Ce qui était sa plus grosse faiblesse était aussi sa plus grande force, lorsqu’il y songeait bien. Peu importe s’il y avait des racontars et des ragots… Peu importe ce qu’on pourra dire sur lui… Peu importe qu’il ait peur… Comment pouvait-il se freiner pour ça ?! Il vivait depuis des années en se moquant de l’opinion des autres, il était ridicule qu’il s’en soucie aujourd’hui. Il sourit malgré lui puis lâcha un petit rire, sans pouvoir s’en empêcher. D’accord, là, il était ridicule. Il n’avait aucune raison de se freiner ou de se cacher pour cela. Il avait assez de problèmes pour refuser de profiter de sa vie, à fond, jusqu’au bout, tant qu’il ne sera pas mort.

– C’est vous ma principale faiblesse.

Ne pas avoir peur… Ce n’était qu’une question de sentiment. Il se pencha puis posa ses lèvres sur les siennes, s’attendant à ce qu’elle le repousse, alors qu’il fermait les yeux. Mais elle ne le repoussa pas… Mieux, elle passa ses bras autour de sa nuque, approfondissant le baisser. Il fit de même en un souffle, goûtant enfin ses lèvres roses, la tenant dans ses bras en oubliant qu’elle était sa subordonnée, une coéquipière, une collègue. Il ne voulait la voir que comme une femme… Une femme qu’il désirait malgré lui depuis longtemps, une femme qui le connaissait mieux que quiconque et dont lui-même savait tout. Ils s’embrassèrent longuement, assis sur son lit, sans se soucier du temps qui filait et du travail qui les attendait. Elle pourra dire que c’était de sa faute, qu’il l’avait retenu. Il ne pouvait pas s’éloigner d’elle pour le moment. Comme dans les pires moments qu’il avait traversés, il avait eu besoin d’elle à ses côtés. Aujourd’hui, il lui était presque vital de la tenir dans ses bras, qu’elle soit là, comme elle l’avait toujours été. Lorsqu’ils s’écartèrent enfin l’un de l’autre, ce fut avec un léger tournis, sans qu’ils se relâchent néanmoins. Il faillit rire en songeant à ce qui dirait son équipe s’ils les voyaient actuellement. Oui, ils avaient eu raison, Fabrice l’admettait.

– Vous embrassez toutes vos faiblesses comme ça ? sourit-elle finalement.

– Seulement les plus jolies, j’ose me vanter d’avoir bon goût.

Il mit une main derrière sa tête pour la rapprocher de lui et l’embrasser encore, savourant cet instant comme s’il s’agissait du dernier qu’ils passaient avant de mourir. Elle fit de même, passant une main sur sa nuque puis dans ses cheveux. Il trouvait extrêmement agréable de la câliner sans songer à rien d’autre, d’autant plus qu’elle se laissait faire et semblait apprécier également. Depuis des années qu’ils travaillaient ensemble, il avait toujours songé à elle en tant que sa subordonnée, son lieutenant, jamais en tant que femme qu’il pourrait aimer. Il s’en mordait les doigts, à présent, prenant conscience qu’elle lui était vitale. Il mourrait de ne plus l’avoir à ses côtés. Peut-être était « trop », malsain ou il ne savait quoi, mais beaucoup d’hommes dans ce pays étaient morts de ne plus avoir celles qu’ils aimaient auprès d’eux. On ne choisissait pas, cela vous tombait dessus comme cela. Il posa le front contre le sien, observant ses joues roses.

– Je ne pensais que… murmura-t-elle. Que vous pouviez avoir envie de… J’ai toujours pensé à vous protéger, je ne pensais à rien d’autre. Nos équipiers vont hurler de rire s’ils nous voient comme ça.

Il sourit alors qu’elle rouvrait les yeux, sachant très bien ce qui les attendait. Ils avaient le droit de rire, eux qui leur répétait depuis un moment qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. C’était moins facile de s’en rendre compte lorsqu’on était plongé dedans.

– J’ai vraiment le droit de nous embrasser, même si vous êtes mon chef ?

– Et pourquoi pas ? sourit-il. On ne mélange pas la vie privée avec la vie professionnelle, il faudra continuer comme avant au travail. Mais sinon, nous sommes adultes et nous pouvons faire ce que nous voulons.

Il s’interrompit lorsque la fatigue accumulée cette nuit plus le trop-plein actuel d’émotions lui donnèrent le vertige. Il se rallongea avec un petit soupir, sans lâcher la main de sa subordonnée. Il ne voulait pas qu’elle s’inquiète, cela ira mieux dans très peu de temps.

– Je sais que nos coéquipiers peuvent garder un secret... J’avais juste peur… Peur qu’il ne vous arrive quelque chose à cause de moi. Peur parce qu’on en arrive là et que je n’arrive pas à imaginer le futur qui nous attend.

Il eut un geste las de sa main libre, regardant vaguement le plafond, au-dessus de sa tête. Il doutait que qui que ce soit dans ce pays puisse deviner ce qui les attendait dans les prochaines années. La guerre était l’ombre la plus menaçante. Dieu seul sait ce qui allait arriver.

– Il faut agir vite, maintenant. Je ne peux accepter de rester sage, malgré la situation. S’il y a un moyen d’agir sans vous mettre tous en danger, je le ferai. Me suivrez-vous, encore une fois ?

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Isabelle Robin
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MessageSujet: Re: Un matin de juin   Mer 1 Juil - 21:59

– Et pourquoi pas ? sourit-il. On ne mélange pas la vie privée avec la vie professionnelle, il faudra continuer comme avant au travail. Mais sinon, nous sommes adultes et nous pouvons faire ce que nous voulons.

Tout de même, elle avait été prise par surprise. Elle perdit son sourire lorsqu'il pâlit tout à coup puis se rallongea sans crier gare, s'effondrant presque. Elle se rapprocha aussitôt, lui tenant toujours la main, inquiète. Que lui avait-on fait avaler, exactement ?! Elle serra sa main pour le rassurer, espérant qu'il ne se sente pas trop mal. Elle devait veiller sur lui, c'était son travail, son devoir, son objectif, il en devait rien lui arriver de sérieux tant qu'elle sera là. Et ils s'aimaient... Bon, d'accord, leurs coéquipiers avaient eu raison, même si elle détestait qu'ils se moquent comme ça, ils n'étaient plus des enfants pour agir ainsi ! Un peu de sérieux, ils étaient des soldats. Elle fit voleter sa main sur le front du colonel pour voir s'il avait de la fièvre puis remit de l'eau dans son son verre de sa main libre. Il venait de prendre un cachet, il fallait attendre un peu avant que ça ne fasse de l'effet. Après ça, il devra dormir, au moins une heure ou deux. Elle le fera manger plus tard, il devait reprendre des forces. Elle repoussa avec douceur les mèches de ses yeux, attentive à ses expressions, pour savoir s'il souffrait.

– Je sais que nos coéquipiers peuvent garder un secret... J’avais juste peur… Peur qu’il ne vous arrive quelque chose à cause de moi. Peur parce qu’on en arrive là et que je n’arrive pas à imaginer le futur qui nous attend.

Il fit un geste las, désabusé, alors qu'elle le couvait d'un air plus triste. Ils savaient tous que le Colonel tenait à chacun d'entre eux, d'une façon très forte, d'une façon plus solide qu'on officier ne peut le faire avec ses subordonnés. Il ne devait pas avoir peur. Ils avaient décidé de le suivre, de le choisir comme chef, comme meneur et tous s'y tenaient. Il avait des faiblesses, comme tout un chacun, il faisait parfois des erreurs, mais il était celui qu'ils avaient choisi de suivre. Aucun d'entre eux ne comptait abandonner, même s'ils étaient pris pour cibles ou comme otages. S'il avait peur pour eux, c'était bien la preuve qu'il tenait à eux et qu'ils pouvaient avoir confiance ! Elle lui sourit en continuant à jouer un instant avec ses mèches, sur l'oreiller blanc. Puisqu'elle en avait le droit...

– Il faut agir vite, maintenant. Je ne peux accepter de rester sage, malgré la situation. S’il y a un moyen d’agir sans vous mettre tous en danger, je le ferai. Me suivrez-vous, encore une fois ?

– Vous savez bien que vous n'avez pas besoin de poser la question, Colonel, je vous suivrai jusqu'en enfer s'il le faut. N'ayez aucune crainte, vous ne perdrez personne, aucun d'entre nous ne compte abandonner.

Elle lui serra la main plus fort, avec détermination, confiante en l'avenir malgré tous les drames qui pouvaient se dérouler autour d'eux. Elle avait foi, voilà tout, une confiance inébranlable envers son supérieur et leur équipe.

– Pour le moment, vous devez vous reposer, ajouta-t-elle d'un ton sans réplique. Vous n'arriverez à rien, dans votre état, vous devez d'abord reprendre des forces. Dormez, reposez-vous, je reste pour veiller sur vous.

Elle le poussa à s'allonger correctement puis mit une petite couverture sur lui pour le couvrir. Se penchant, elle l'embrassa sur le front puis quitta la chambre, refermant doucement la porte derrière elle. Il pouvait dormir l'esprit tranquille, rien ne pouvait lui arriver ici et elle était là. Elle s'installa près de la fenêtre, pour garder un œil sur la porte de la chambre. Elle fit glisser ses doigts sur ses lèvres, rougissant en pensant au baiser qu'ils avaient échangé. Cela avait été si doux et si brûlant à la fois... Elle sourit en croisant les bras, regardant vers la chambre. Jamais elle n'aurait cru qu'il puisse éprouver ce genre de sentiments envers elle. Elle avait toujours cru qu'ils s'agissait de loyauté et cela l'était sans doute durant les premières années où ils avaient œuvré ensemble. Elle passa l'heure suivante à lire un livre qui traînait là et à surveiller l'appartement. Lorsqu'elle entendit du bruit, elle revint dans la chambre, repoussant le rideau pour laisser passer la lumière du jour.

– Comment vous sentez-vous ?

Elle s'assit près de lui et posa une main sur son front pour évaluer sa température. Tout semblait revenu à la normale mais mieux valait être prudent, on ne savait jamais. Il avait de lourds cernes et elle pensait qu'il avait aussi perdu du poids. Elle l'aida à s'adosser contre les oreillers, pour qu'il s’assoit, et lui donna un grand verre d'eau.

– Qu'est-ce que l'armée vous oblige à faire, pour que vous soyez dans cet état ?

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Un matin de juin   Dim 19 Juil - 14:33

– Vous savez bien que vous n'avez pas besoin de poser la question, Colonel, je vous suivrai jusqu'en enfer s'il le faut. N'ayez aucune crainte, vous ne perdrez personne, aucun d'entre nous ne compte abandonner.

Il lui sourit, tandis qu'elle serrait sa main plus fort. Il avait beau savoir tout cela, il ne pouvait s'empêcher d'être touché par une telle loyauté. Moins fatigué, il se serrait redressé pour la serrer dans ses bras, enfouir son visage dans son cou et l'embrasser, la garder près de lui, tout près de lui, comme si elle risquait de disparaître. Il avait une chance incroyable qu'elle soit là, qu'elle veuille rester près de lui, il ne s'imaginait pas vivre si elle disparaissait de sa vie. Faute de pouvoir se lever, il se contenta de la dévisager, ses yeux suivant les courbes de son visage, s'attardant sur ses yeux en amande puis sur ses lèvres fines. Elle avait, tout comme lui, les traits marqués par la trentaine dépassée, la fatigue, les souvenirs. Ils n'étaient plus de jeunes militaires rêvant d'un avenir meilleur, la vie les avait changé, la désillusion aussi, mais ils étaient toujours là. Il glissa son pouce sur sa paume, regrettant de ne pouvoir la prendre contre lui. Elle l'avait toujours apaisé, d'une façon presque magique. Il se rendait compte qu'il l'aimait, qu'elle était plus que sa simple subordonnée. Un constat qui pouvait aussi être effrayant, Fabrice avait conscience que s'attacher à lui était risqué, cela avait déjà été prouvé.

– Pour le moment, vous devez vous reposer, ajouta-t-elle d'un ton sans réplique. Vous n'arriverez à rien, dans votre état, vous devez d'abord reprendre des forces. Dormez, reposez-vous, je reste pour veiller sur vous.

Il ferma les yeux lorsqu'elle le couvrit d'une couverture et l'embrassa sur le front, comme on le ferait avec un enfant pour le consoler. Il ne chercha même pas à protester, sentant qu'il allait s'évanouir pour de bon s'il ne se reposait pas pour de bon, ses nerfs le lâchaient. Elle quitta la chambre, après avoir bien refermé les rideaux et il posa sa tête contre l'oreiller. Ce qui se passait aujourd'hui était une bulle, le monde extérieur leur tombera dessus dès qu'ils quitteront l'appartement, mais il n'avait pas le courage de s'en soucier tout de suite. Il se força à tout oublier pour réussir à s'endormir, chassant les souvenirs et les idées noires. Sa subordonnée était là, elle restait, que pourrait-il arriver ? Il finit par sombrer dans un sommeil agité et fiévreux, ballotté par des songes où il courrait derrière les membres de son équipe, tendant la main pour attraper les leurs, mais tiré d'un coup violemment en arrière par d'autres mains invisibles. Et il les voyait disparaître au loin, partant sans qu'il puisse les rattraper, partant si loin qu'il ne pouvait plus espérer les retrouver. Il criait, les appelait, mais ils n'étaient plus là. Il se réveilla en sursaut, un peu plus d'une heure après, le cœur battant. Peu de temps après, sa subordonnée vint rouvrir les rideaux, refermant à moitié la porte de la chambre derrière elle.

– Comment vous sentez-vous ?

Plus ou moins bien mais ça pourrait être pire. Il accepta son aide pour se redresser et se mettre en position assise, alors qu'elle s'asseyait au bord du lit. Elle lui tendit un verre d'eau, qu'il prit en main avec lenteur. Il avait l'impression d'être en convalescence, après une longue maladie. Il but une longue gorgée avant de déposer le verre sur la table de chevet, pensant à ce qu'il devait faire pour se réveiller et s'éclaircir les idées. Une bonne douche, pour commencer, puis il devra prendre l'air.

– Qu'est-ce que l'armée vous oblige à faire, pour que vous soyez dans cet état ?

Il haussa les épaules, pour dire que ça n'avait pas vraiment d'importance. Il était inutile qu'elle s'en fasse plus que ça, c'était à lui de prendre l'habitude et de s'y faire. Il lui reprit les deux mains, puis tendit la sienne pour caresser doucement sa joue. Elle avait la peau douce, un peu marqué, plus bronzée que la moyenne des femmes, étant donné qu'elle passait beaucoup de temps dans la nature. Un sourire se dessina sur son visage alors qu'il la regardait.

– Je participe à certaines expériences, avec mon don ou juste comme ça. Parfois, je dois superviser des... expériences avec d'autres personnes. Il y aussi les personnes à traquer,certaines choses à préparer, des rapports à faire... Je dois m'habituer au rythme, cela ira mieux ensuite.

Il posa la main sur sa joue, les yeux fermés un instant. Il ne voulait qu'elle s'inquiète trop, il allait s'en sortir, ce n'était qu'un passage plus difficile, rien de plus. Il l'embrassa sur les lèvres avec douceur, puis se leva enfin. Maintenant, reprendre le cours normal de la journée, il n'allait pas rester sans cesse dans cette chambre. Il devait se remettre au travail.

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Un matin de juin
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