1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Ni vu ni connu

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MessageSujet: Ni vu ni connu   Dim 31 Mai - 21:36

[Avec réacs de Gaby et Cyprien, merci à Adrien pour avoir joué le facteur.^^]

Ils étaient longs à la détente, parfois, mais enfin, c'était fait, accepté, il n'avait plus qu'à mettre le plan en route. André fourra le papier de sa poche, sortant ensuite de la cabine des toilettes pour aller se laver les mains. La journée de cours venait de se terminer et la plupart des conversations tournaient autour des des examens qui approchaient ou des derniers ragots qui circulaient dans l'école. La rumeur circulait que la prof de maths était enceinte, un autre ragot racontait qu'une grande fête aura lieu après les examens, et un petit sixième lui affirma d'un ton très convaincu que la prof de foudre des collégiens, il ne savait plus son nom, attendait elle aussi un bébé. Il éclata de rire en ébouriffant les cheveux du gamin. Aucune chance, petit ! Il ne connaissait que très peu cette femme, ne l'ayant jamais eu en cours, mais si elle était aussi névrosée que les collégiens le racontaient, elle ne risquait pas de tomber enceinte, même une fois dans sa vie. Ah là là, les collégiens, toujours à s'extasier devant ce genre de rumeurs, comme c'était mignon ! Enfin bref. Il sortit des toilettes avec un léger bâillement, mettant son sac sur ses épaules.

Il comptait agir cette nuit. Il avait longtemps attendu une occasion, on arrivait déjà à la mi-juin, mais il était prêt. Cette nuit, les deux bébés de la directrice dormait à l'infirmerie car ils étaient un peu malades et demandaient des soins. Le prof de sciences restait dormir là-bas pour permettre à sa femme de se reposer, comme elle n'était pas encore entièrement remise. Ce sera parfait ! Dommage pour elle, en étant aussi peu en forme, elle ne pourra pas se défendre efficacement, mais peu importe, ce n'était pas son problème. C'était de sa faute, elle aurait dû se reposer avant. Il alla se changer dans le dortoir, discutant avec ses amis, râlant avec les autres sur un devoir pénible en français. Encore une année à tenir ! Heureusement qu'il avait pu entrer chez les guetteurs, car sinon, la vie était à la limite du supportable, dans cette école. Les joies étaient si rares, trop de discipline, trop de contraintes. Il ne s'amusait que lorsqu'il pouvait dévorer Victoire du regard pendant les cours. Cette fille était une véritable perle, elle devrait avoir plus confiance en elle.

– Courez pas trop vite, les gars ! s'écria-t-il en sortant du dortoir. Je suis fatigué, moi.

Il les rattrapa pour aller à la bibliothèque, expédier vite fait ses devoirs. Il n'avait pas envie de réviser, pas ce soir. Il préférait se concentrer sur cette nuit, ce qu'il allait dire et faire. Il pouvait se révéler être un très bon acteur lorsqu'il le voulait, il avait ce talent. On lui prêtait un air inoffensif, voire simplet parfois, ce qui l'arrangeait très bien. Ses profs lui reprochaient souvent d'être dans la lune, peu concentré. Au pensionnat, il était l'un de ces lycéens sans histoire, prêt à passer son bac l'année suivante, qui ne demandait rien à personne et qui n'était pas très agité. Personne ne savait encore qu'il avait intégré les Guetteurs, principalement car il ne traînait jamais avec eux. Le plus gros de son travail se déroulait à Gray, au "lycée" abandonné. Il avait toujours beaucoup adoré les sciences, c'était une matière qui le fascinait. Il ne demandait qu'à s'y améliorer, à en apprendre plus sur son don. Et quoi de mieux que d'utiliser une femme qui possédait déjà un don puissant ? D'autant plus qu'elle était affaiblie, en ce moment, c'était l'occasion rêvée.

Le soir, il se coucha en même temps que les autres, attendant tranquillement une heure décente. Une fois minuit passé, il se releva en douceur, s'habilla, mit ses chaussures, puis sortit discrètement du dortoir. Il monta à pas de loups au troisième étage, puis s'obligea à pleurer, avant de foncer vers l'appartement et frapper d'un air paniqué. Il n'attendait pas longtemps avant qu'elle ne vienne lui ouvrir, habillée en urgence, et il bafouilla aussitôt qu'il s'était levé pour aller aux toilettes et que par la fenêtre, il avait vu des hommes faire des trucs dans le parc, qu'il avait cru les voir transporter quelqu'un. Le tout avec une voix affolée et terrifiée. Comme il s'y attendait, elle sortit aussitôt dans le couloir, alors qu'il courait derrière elle.

– Restez ici, vous ! Allez réveiller le sous-directeur.

Il s'arrêta, souriant d'un air mauvais dans son dos. C'est ça, cours... Allez, plus vite encore. Elle n'était même pas bien réveillée ! Il lui laissa de l'avance puis courut au premier étage, ouvrant une fenêtre pour regarder ce qui se passait dans le parc. Quatre hommes lui étaient tombée dessus dès sa sortie de l'école, l'un d'eux l'empêchait de crier et les autres la ceinturaient. Elle se débattait violemment, alors qu'il retenait un rire. Et voilà, ce n'était pas compliqué ! Elle se débattait beaucoup plus qu'il n'aurait cru, d'ailleurs, vu son état, mais c'était inutile. Il les regarda l'attacher à grande peine, rageant. Elle tendit tout à coup la main et un éclair déchira le ciel, faisant hausser un sourcil. Trop loin, ma chère, elle était épuisée, ça ne réveillera personne. Dommage, n'est-ce pas ? Il s'appuya au bord de la fenêtre, les regardant l'emporter dans le camion. Il ne pourra se rendre que plus tard à Gray à son tour, dommage. Refermant la fenêtre, il prit le mot qu'on lui avait donné, d'une personne qui avait imité l'écriture de la directrice pour noter qu'elle avait dû partir en urgence mais qu'elle reviendra dans quelques jours. Il fila le déposer chez elle, puis retourna tranquillement se coucher.

Le lendemain matin, le Pensionnat était comme à son habitude, comme si rien n'avait troublé la nuit. Bon, le prof de sciences avait l'air sur les nerfs mais il devrait avoir l'habitude, non ? Ce n'est pas comme si sa femme ne lui avait jamais fait de coup pareil après tout. Il déjeuna tranquillement puis alla en cours. Il avait élément foudre, normalement avec la directrice, mais vu qu'elle s'était éclipsée sans crier gare... Il entra dans la salle de classe, regardant la prof avec curiosité. Ils n'étaient que des terminales et aucun d'entre eux ne l'avaient jamais eu. Il espérait au moins qu'elle était douée. Ils ne venaient pas dans ce cours pour s'ennuyer, après tout, pas à leur niveau, pas alors qu'ils arrivaient à la fin de leurs études au pensionnat.

– Madame, demanda-t-il en posant son sac, pourquoi on n'a pas cours comme d'habitude, avec la directrice ?

– Parce qu'elle a dû s'absenter quelques jours, je la remplace pour que vous ne perdiez aucun cours comme les examens approchent.

"Quelques jours", oui, au minimum... Il ne garantissait pas son état physique et moral lorsqu'elle reviendra. Il s'étira avec les autres, puis attendit devant la prof qu'elle leur donne les exercices du jour. Et bien ? Qu'allaient-ils étudier, aujourd'hui ? Combat avec leur élément, orage, destruction, ou autre chose ? Elle comptait se décider ? Il ne voulait pas perdre de temps dans ce cours, il voulait s'améliorer et s'entraîner, pas perdre du temps ou regarder les autres, comme les collégiens.

– J'ai été prévenue à l'instant que je devais vous donner cours, donc on va commencer simplement. Pour vous aider et comme je ne vous connais pas assez, vous allez me montrer ce que vous savez faire et je vais passer à côté de vous pendant cinq minutes. Au boulot !

Il se retint de lever les yeux au ciel, puis s'exécuta. Il alla vers les cibles au fond, de gros rochers d'un mètre d'épaisseur, à quatre ou cinq mètres de distance, puis condensa une boule d'électricité entre ses mains pour la lancer le plus vite possible. Il détruisit une partie du rocher avant de recommencer, concentré. Autour de lui, les élèves commençaient à s'exercer à créer des orages, fendre des rochers d'un coup de foudre, faisaient fondre des mannequins de cire avec leur don et ainsi de suite. Bien, phase suivante du plan... Au fur et à mesure de l'heure, il laissa peu à peu transparaître un profond malaise, jusqu'à ne plus beaucoup travailler. Oui, il pouvait être très bon acteur. Il pouvait jouer l'enfant effrayé, l'adolescent timide qui craignait des représailles. Comme il s'était attendu, la prof s'approcha. Tellement prévisible. Les mecs de l'armée avaient raison, ils étaient tellement manipulables, ça en devenait ridicule.

– Plus de concentration, Monsieur Amouni. Vous travailliez bien tout à l'heure, que se passe-t-il ?

– Je... Je repense à cette nuit... Mais je ne sais pas si je peux vraiment en parler, désolé. Comme les professeurs, ici, ne veulent pas entendre parler de l'armée, d'habitude... Je ne veux pas vous gêner.

Il avait un air hésitant et perdu, comme s'il avait vraiment peur. Il évitait aussi le regard de sa prof, montrant une certaine gêne, la voix presque étouffée. Elle avait froncé les sourcils, regardant autour d'eux.

– Les autres professeurs, peut-être, mais je ne suis pas contre vous. Que s'est-il passé ? Vous avez été attaqué ou témoin d'une attaque ?

– N... Non, pas moi, dit-il d'une voix plus rauque. Mais, je... Cette nuit, je m'étais levé, et j'ai vu... Il y avait des hommes, dans le parc, ils avaient l'air de traîner quelqu'un et... Je ne savais pas quel professeur avertir, alors je suis allé voir la directrice et... Mais... Vous... Vous êtes avec eux ?

Il avait reculé d'un pas pour la regarder, dévoilant sa gêne et sa peur. Comme s'il craignait qu'elle ne soit comme tous ses collègues, corrompue, affichée comme ennemie du pensionnat, qu'elle allait courir le dénoncer presque aussitôt. Il s'était beaucoup entraîné pour cela et avait suivi des cours d'espions professionnels au sein de l'armée. Pratique, très pratique même, dans ce genre de situations ! Il s'assurait aussi que personne ne les écoutait. Pas envie qu'un autre élève s'incruste pour le moment, il verra plus tard. Il avait déjà gagné du temps en n'alertant personne aussitôt. La nuit entière était déjà passé, ainsi qu'une partie de la matinée.

– Respirez, je ne suis pas avec eux. Que s'est-il passé, qu'ont-ils fait ? Vous savez où ils sont allés ? Et la directrice, qu'a-t-elle dit ?

– Elle est sortie, murmura-t-il. J'ai couru derrière et... Ils l'ont... enlevée... J'ai voulu crier mais ils m'ont menacé, que si je parlais...

Il baissa à nouveau la tête, se mordant les lèvres. Son professeur de comédie serait extrêmement fier de lui s'il le voyait ! Il pourrait faire acteur, vu qu'il arrivait à berner les gens à ce point. Puis la directrice lui avait dit de prévenir, c'est ce qu'il faisait, il ne désobéissait pas ! Comme quoi, il était une personne très sérieuse, qui prenait soin de ce qu'on lui disait. Elle lui avait dit de "prévenir" mais elle n'avait pas rajouté "tout de suite". Sa prof avait pâlit, ce qui faillit le faire sourire.

– Ne vous inquiétez pas, personne ne le saura et vous avez bien fait de me prévenir. Je vais m'occuper de tout cela, vous pouvez continuer à travailler l'esprit tranquille.

Il hocha la tête avec lenteur, sans quitter son air effrayé. Il se remit au travail, avec moins d'entrain cependant. Une fois le cours terminé, il dissimula son sourire en voyant la prof idiote courir en-dehors de la salle. Lui-même la suivit et se rendit au réfectoire, faisant un signe à Victoire avant de s'asseoir à coté d'elle.

– Ça va ? Je... Je me demandais si tu avais repensé à l'autre nuit ?
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Sam 6 Juin - 18:10

[HJ: Si t'as besoin de réac' pour la suite, hésite pas :p]

Victoire revoyait le jeune homme assis, en tailleur, au pied de son lit lorsqu’elle s’était réveillée l’autre nuit. Et elle ne cessait de repenser à tout ça, à ce qu’il lui avait dit et à l’étrangeté de la situation... Il était entré dans le dortoir, en pleine nuit, et... était venu l’observer durant son sommeil.

C’était bizarre, mais... Ce qu’il lui avait dit avait eu le mérite de la touchée, même si elle ne comprenait pas comment il pouvait l’aimer... Plus qu’en ami ou... enfin, il ne venait pas lui parler, ne l’accostait pas et... pourquoi ? Elle n’avait pourtant rien de spécial et était très timide. Il la trouvait « mignonne ». Mais s’il l’aimait depuis tout ce temps... Elle ne savait plus très bien quoi penser. Pourquoi ne pas lui avoir parlé plus tôt ? D’un autre côté, elle n’avait pas de petit-ami, donc ça ne changeait rien. Mais de l’autre... Elle ne comprenait pas.

Elle rougissait encore à l’évocation de ce souvenir, de cette nuit-là. Il était venu... Et si... ? Non... Elle... Il n’avait pas vu... Si ? Bougeait-elle lorsqu’elle dormait ? Et... avait-elle fait des gestes qui lui auraient permis de voir... ? Ses joues se mirent à la brûlée de plus en plus, et elle se cachait le visage tandis qu’elle sortait de la salle de son cours d’élément ayant été attentive et participant le minimum aujourd’hui, pensive, pour se diriger vers la cafétéria et s’installer une fois son repas pris pour manger à une table, le plus loin possible de Margueritte et de toute source de tracas envisageable.

Elle prit sa fourchette et joua avec sa viande, les yeux dans le vague alors qu’elle entendait encore le « Je t'aime, Victoire. » qu’il lui avait murmuré cette nuit-là. Elle soupesait et réfléchissait à ces mots, à ce qu’il lui avait dit et essayait de trouver le moindre petit soupçon de moquerie et n’en décela aucune. Était-il honnête ? Elle se mit à se demander si c’était la première fois qu’il venait dans le dortoir ou non et commençait à se sentir de plus en plus mal à l’aise. Déjà, le fait qu’il l’ait vue dormir la mettait mal à l’aise... Alors si en plus ce n’était pas la première fois... Sans compter sur la possibilité qu’il ait pu voir... Elle se mordit les lèvres et continuait de rougir, devenant aussi rouge qu’une écrevisse. Après tout, elle était endormie, donc elle serait incapable de dire si oui ou non il était venu plusieurs fois et ce qu’il aurait pu voir.

Elle secoua la tête afin de revenir à la réalité et piqua sa fourchette dans la viande commençant à manger en silence tandis qu’elle vit un signe d’agitation non loin d’elle. Elle tourna la tête en sa direction et vit André arrivé et lui faire un signe avant de venir s’asseoir près d’elle. Elle eut comme réflexe de se cacher les joues alors qu’il prit la parole, pendant quelques secondes puis essaya d’atténuer cette gêne bien qu’elle échouait lamentablement.

-André- Ça va ? Je... Je me demandais si tu avais repensé à l'autre nuit ?

Si... Si elle y avait repensé ? Elle ne faisait que ça... Elle ne comprenait pas, mais ne savait pas vraiment s’il y avait quelque chose à comprendre à ça. En plus, elle ne savait pas quoi répondre à ça non plus, ne s’étant jamais posé de questions vis-à-vis de ça, et se concentrant plus sur les études qu’autre chose.

-Oui, j’y repense tout le temps, avoua-t-elle d’autant plus gênée. Et... Je... Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? C’était la première fois que tu venais ?

Elle posa sa fourchette, s’arrêtant de manger. Pas faim. Elle se tourna vers lui en veillant à ce que son uniforme soit mis de façon à ne laisser rien paraitre et oublia difficilement ses joues enflammées, se surprenant à vouloir enlever son haut : trop chaud. Mais... La gêne la rappela à l’ordre et son envie s’évanouie presque aussi tôt tandis qu’elle regardait le jeune homme. Cette discussion l’avait prise au dépourvu, et elle ne s’y attendait pas. Comment devait-elle réagir ? Et que devait-elle faire par rapport à ça ? Elle ne lui avait jamais parlé. Elle était simplement dans sa classe, ça se résumait à ça. Que devait-elle diiire ? Faire ? En plus... La gêne que ce serait s’il était venu souvent la voir dormir... Et s’il avait vu quelque chose... Sa tête fourmillait de question et son visage virait du blanc au rose foncé puis au rouge.
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Mar 16 Juin - 12:54

Il attendit patiemment qu’elle réponde, bien qu’il soit très amusé intérieurement. Ce devait perturbant, pour elle, mais il n’avait jamais voulu la blesser ou lui faire peur. Cette fille le fascinait, voilà, c’était aussi simple que ça. La première qu’il l’avait vue, c’était lors de son premier cours, lorsqu’elle était entrée toute timide derrière la directrice, dans la salle de classe, lorsqu’elle avait dû se présenter. Sur le moment, il n’y avait guère prêté une grande attention. C’était une nouvelle élève, voilà, ça arrivait de temps en temps et il n’en avait pas fait grand cas. Il avait commencé à s’intéresser à elle les jours suivants, en voyant qu’elle restait souvent dans son coin et n’osait pas aller vers les autres. Il avait fini par la trouver belle, attirante, jusqu’au moment où il en était tombé amoureux. Même si on pouvait trouver ça idiot, c’était comme ça, il avait bien le droit de regarder les jolies filles, non ? Et Victoire était belle, sans aucun doute ! Elle avait une silhouette admirable, très bien dessinée, et son visage respirait l’innocence.

– Oui, j’y repense tout le temps, avoua-t-elle d’autant plus gênée. Et... Je... Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? C’était la première fois que tu venais ?

Il faillit rire, alors qu’elle se tournait complètement vers lui, après avoir posé ses couverts, puis secoua la tête pour dire non. Il ne savait pas combien de fois il était allé la voir, exactement… Une dizaine de fois ? Plus ? Moins ? Il ne s’était pas amusé à calculer ça, il avait juste suivi ses envies, voilà tout ! Il tendit le bras pour attraper le pichet et leur servir deux verres d’eau, sans prendre garde à la discussion enflammée de leurs voisins et des garçons d’en face qui dissertaient sur la nouvelle équipe de foot nationale.

– Je suis déjà venu deux ou trois fois, je n’ai pas compté, dit-il avec un sourire. Mais ne te sens pas gênée, je ne t’ai jamais vu toute nue. Eh, rougis pas !

Il lui fit un sourire pour la rassurer, attrapant à son tour sa fourchette, jouant plus avec ce qui se trouvait dans son assiette qu’occupé à manger. Il avait un très bon appétit, d’ordinaire, surtout aujourd’hui après avoir réussi à piéger la directrice, amis assis à côté de Victoire, il redevenait un jeune homme tout à fait ordinaire et commun, troublé par les yeux de celle qu’il aimait en secret et à qui il pouvait enfin parler à cœur ouvert.

– Je n’en ai jamais parlé car je n’osais pas, voilà tout. Tu ne te rends pas compte de ça, peut-être, mais en tant que membre du personnel féminin de cette école, vous avez le pouvoir de couper tout élan avec un simple regard, et c’est bien pour ça que je n’ai jamais osé t’aborder avant. J’avais peur que tu me rejettes ou de découvrir que tu avais un déjà un petit ami dans une autre école, prêt à me casser la gueule si je m’approche de toi. Bon, dis comme ça, c’est idiot, mais j’avais vraiment peur !

Il lui fit un sourire gêné puis se reprit, les joues soudain plus rouges.

– Tu as le droit de me traiter le fou. Moi, tout ce que je veux te dire, c’est que tu me touches et que je considère comme la fille la plus mignonne de cette école. Je voudrais sortir avec toi.
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Sam 4 Juil - 19:23

[HJ: Bon, il est pas trèèès long, désolée. ._.]

Elle le regardait toujours, bien qu’elle avait tendance à vouloir baisser les yeux ou les poser sur ses mains. Après, elle se forçait à le regarder, elle n’allait pas non plus regarder ses mains alors qu’ils discutaient, c’était malpoli. Après, on est timide ou on l’est pas. Mais là, elle laissait tomber sa timidité, une fois n’est pas coutume, pour laisser place à la gêne tandis qu’il leur servait deux verres d’eau.

-André- Je suis déjà venu deux ou trois fois, je n’ai pas compté, dit-il avec un sourire. Mais ne te sens pas gênée, je ne t’ai jamais vu toute nue. Eh, rougis pas !

Deux ou trois fois ? Bon, si elle n’était pas déjà rouge vif, c’était fini, elle était sûre de l’être à cet instant précis. Plus rien n’existait en cet instant précis pour elle. Les autres continuaient de parler, mais elle n’entendait plus rien. Personne ne pouvait ouvrir une fenêtre ? On étouffait, ici ! Bon, le point positif était qu’il n’avait jamais vu Victoire nue, après, elle ne dormait pas non plus nue. Il y avait des limites ! Elle tentait de se reprendre tandis qu’il lui sourit, la rendant encore plus gênée.

-André- Je n’en ai jamais parlé car je n’osais pas, voilà tout. Tu ne te rends pas compte de ça, peut-être, mais en tant que membre du personnel féminin de cette école, vous avez le pouvoir de couper tout élan avec un simple regard, et c’est bien pour ça que je n’ai jamais osé t’aborder avant. J’avais peur que tu me rejettes ou de découvrir que tu avais un déjà un petit ami dans une autre école, prêt à me casser la gueule si je m’approche de toi. Bon, dis comme ça, c’est idiot, mais j’avais vraiment peur !

Il n’osait pas ? C’était bien la première fois qu’elle entendait ça... En général, c’était plutôt elle qui n’osait pas. Qui n’osait jamais... Après, elle pouvait comprendre que l’on n’ose pas. Mais pourquoi ? Elle ne mangeait personne... En plus, elle était plus du genre à se laisser marcher sur les pieds... C’est pour ça qu’elle ne put s’empêcher de montrer sa surprise lorsqu’il lui expliqua la raison.

Elle était peut-être une fille, mais... avec un simple regard ? Un petit sourire passa sur son visage tandis qu’André lui fit un sourire gêné tout en devenant légèrement plus rouge à son tour, faisant ainsi s’évanouir toute trace de doute possible. Elle ne l’aurait pas rejeté. D’ailleurs, elle n’avait pas de petit-ami. Elle ne savait juste pas comment réagir face à ça. Elle le trouvait même assez mignon alors qu’il rougissait. Après, il était vrai que c’était assez étrange de venir dans les dortoirs en pleine nuit juste pour regarder quelqu’un dormir...

-André- Tu as le droit de me traiter le fou. Moi, tout ce que je veux te dire, c’est que tu me touches et que je considère comme la fille la plus mignonne de cette école. Je voudrais sortir avec toi.

- Je ne vais pas te traiter de fou, affirma-t-elle.  Même si c’est assez étrange que tu soi venu me voir en pleine nuit... Plusieurs fois. En général, c’est moi qui n’ose pas aller vers les autres, d’autant plus que je n’ai pas de petit-ami, dit-elle avec un sourire amusé, bien qu’encore assez gênée. Et personne que je ne connaisse qui irait te frapper si tu m’approches.

Étrangement, elle trouvait cela plus amusant que gênant. Ne devrait-elle pas être plus gênée que ça ? Il venait de dire qu’il voudrait sortir avec elle et elle n’avait pas réellement relevé cette partie-là. En plus, il disait qu’elle était la fille la plus mignonne de cette école ? La plus... Hein ? Elle se mit à rougir de plus belle lorsqu’elle le réalisa.

-Je... Pardon ?

Bon, elle se doutait qu’il voulait sortir avec elle, du moins, au fond d’elle c’était logique qu’il le veuille étant donné qu’il lui avait avoué être amoureux d’elle. Mais... Dit comme ça... En plus, le fait qu’il dise la trouver mignonne n’était pas vraiment objectif non plus, il n’irait pas dire le contraire et elle ne savait pas vraiment comment réagir, mais alors pas du tout. Bon, peut-être déjà... Euh... Accepter de sortir avec lui ? Elle n’allait pas refuser, mais accepter déjà maintenant était rapide, non ? En plus, elle ne savait pas trop quoi penser de tout ça. Après, le réaliser comme ça était assez brutal en soi. Mais ça, elle aurait dû faire attention et analyser ses paroles.

-Tu veux sortir avec moi... ? C’est pas un peu trop rapide ? J’accepterais bien, mais je ne suis pas habituée et je ne sais pas vraiment dire si c’est trop rapide ou non... Enfin, je... Je ne sais pas quoi dire. Je ne suis jamais sortie avec qui que ce soit. Et je...

Tout se mit à devenir brouillon dans sa tête et le fait qu’elle ne connaisse rien aux couples et à ce genre de situation ne faisait qu’augmenter son malaise.  En plus, elle avait l’impression d’être dans un four, avec tout ça... Bon, stop, calmons-nous. Elle respira un grand coup pour se clamer afin de voir les choses le plus clairement possible.

-En plus je ne comprends pas. Je suis très timide, même trop. Je n’ai rien de spécial, je suis une fille comme les autres. Et... enfin, tu m’as dit être amoureux de moi. Ce qui explique que tu veuilles sortir avec moi. Après, il est possible que je cherche des explications là où il n’y en a pas, mais c’est vrai que je ne comprends pas ce que tu peux me trouver...
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Jeu 9 Juil - 12:21

– Je ne vais pas te traiter de fou, affirma-t-elle.  Même si c’est assez étrange que tu sois venu me voir en pleine nuit... Plusieurs fois. En général, c’est moi qui n’ose pas aller vers les autres, d’autant plus que je n’ai pas de petit-ami, dit-elle avec un sourire amusé, bien qu’encore assez gênée. Et personne que je ne connaisse qui irait te frapper si tu m’approches.

Très bien, ça ! Bien qu’il ne l’ait jamais vu avec un autre garçon, il ne pouvait pas être sûr qu’elle ne soit pas amoureuse de quelqu’un en secret. On ne savait jamais ! Bien sûr, il y avait toujours moyen d’amener une jeune fille à oublier son amour secret pour voir celui qu’elle avait en face d’elle, il suffisait de savoir s’y prendre. Il avait déjà imaginé pas mal de scenarios, à vrai dire, certains un peu moins légaux que d’autres. Il s’appuya sur la table des deux bras, légèrement penché vers elle, alors qu’elle rougissait encore plus fort. Voilà, elle se souvenait de sa question ? Donc ? Dis oui… Il regrettait de ne pas avoir des pouvoirs de persuasion, comme dans un film qu’il l’avait vu, pour l’amener à vaincre sa timidité et prononcer le oui qu’il attendait. Elle était mignonne, elle devait arrêter de douter d’elle-même !

– Je... Pardon ?

Comment pourrait-il l’aider à avoir plus confiance… Il réfléchit à la question, out en observant ses joues passer du rose au rouge vif, lui donnant un teint très vif, comme si on venait d’allumer un feu sous ses pieds. Il ignorait comment s’y prendre, elle était très timide de nature, donc la pousser à s’ouvrir un peu plus… En lui montrant qu’elle valait mieux que ce qu’elle pensait ? En la poussant à plus parler d’elle et se sentir en confiance ? En lui expliquant qu’elle valait tout autant que n’importe qui d’autre ? En lui prouvant qu’elle aussi était désirable ? N’ayant jamais été confronté à ce problème, il ignorait totalement comment faire. Enfin, s’il passait du temps avec elle, ce sera déjà plus facile, petit à petit. Si elle l’acceptait. Il eut un petit sourire en la regardant, sans plus se soucier de ce qu’il avait dans son assiette. Il prit juste vite fait une longue gorgée d’eau, la gorge sèche.

– Tu veux sortir avec moi... ? C’est pas un peu trop rapide ? J’accepterais bien, mais je ne suis pas habituée et je ne sais pas vraiment dire si c’est trop rapide ou non... Enfin, je... Je ne sais pas quoi dire. Je ne suis jamais sortie avec qui que ce soit. Et je...

Le coup du « trop rapide », on ne lui avait encore jamais fait ! Soit elle éprouvait aussi un petit truc pour lui et alors ils sortaient ensemble pour voir si ça pouvait fonctionner entre eux, soit elle il la laissait indifférente et ils restaient simplement amis. Ce n’était quand même pas compliqué ! Enfin, pour lui en tout cas, ça ne l’était pas, mais il n’était guère du genre à se poser trop de questions. Il faisiat ce qu’il avait envie de faire, point final, sans se soucier si c’était bien ou mal.

– En plus je ne comprends pas. Je suis très timide, même trop. Je n’ai rien de spécial, je suis une fille comme les autres. Et... enfin, tu m’as dit être amoureux de moi. Ce qui explique que tu veuilles sortir avec moi. Après, il est possible que je cherche des explications là où il n’y en a pas, mais c’est vrai que je ne comprends pas ce que tu peux me trouver...

– Tu te poses tellement de question, sourit-il.

Il se retourna comme il faut vers elle puis lui attrapa les deux mains, les serrant dans les siennes, en lui souriant. Il ne lui voulait aucun mal ! Il était juste un jeune garçon qui venait avouer ses sentiments à une jeune fille, c’était une des choses les plus naturelles au monde. Qu’il y avait-il de plus simple et beau que ça ?

– Il n’y a aucune explication à chercher. Tu me plais, c’est tout, ça ne se justifie pas, il n’y aucun raisonnement logique derrière, c’est juste comme ça. Je ne me suis pas demandé pourquoi, ce n’est pas une affaire de la raison mais des sentiments.

Il libéra une de ses mains pour venir délicatement replacer une de ses mèches rebelles derrière son oreille sans cesser de lui sourire, amusé malgré lui de sa timidité. Sa gêne visible la rendait encore plus vulnérable et attachante, en avait-elle conscience ? Il avait envie de la protéger, c’était plus fort que lui.

– Tu n’es pas forcée d’accepter, tu sais. Ou tu prendre le temps de réfléchir, si tu préfères ? Ou poser d’autres questions. Moi, en tout cas, je voudrais te connaître un peu plus. Par exemple, pourquoi es-tu arrivée seulement en cours d’année au pensionnat ?
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Mar 21 Juil - 22:54

[HJ : Je te retiens ! xD C’était LA chose à laquelle je n’avais pas réfléchie…]

-André- Tu te poses tellement de question, sourit-il.

Elle baissa légèrement la tête tandis qu’il se retournait vers elle tout en lui prenant les mains avant de les serrer. Elle retint un mouvement de surprise et redressa la tête alors qu’il lui souriait. Elle devait probablement trop réfléchir... Et même si elle ne s’y attendait pas, elle trouvait ça agréable. Ce contact avait comme quelque chose de… réconfortant. De rassurant.

-André- Il n’y a aucune explication à chercher. Tu me plais, c’est tout, ça ne se justifie pas, il n’y aucun raisonnement logique derrière, c’est juste comme ça. Je ne me suis pas demandé pourquoi, ce n’est pas une affaire de la raison mais des sentiments.

Les sentiments n’avaient parfois rien à voir avec de la logique, et Victoire le savait. Même si elle essayait encore de comprendre. Après tout, l’amitié s’expliquait facilement, le fait de détester quelqu’un aussi... Cela se résumait au caractère, à ce que l’on appréciait ou non chez la personne. C’était totalement subjectif, mais l’homme possède bien des défauts. C’était donc normal qu’il soit subjectif. Mais pourquoi l’amour ne s’expliquait pas ? Elle devait tout simplement cesser de toujours chercher la logique là où il n’y en a pas… Et elle le comprenait. André libéra une de ses mains avant de venir remettre une des mèches de la jeune fille derrière son oreille, et la douceur qu’il mit dans ce geste ne la laissa pas indifférente, comme le sourire qu’il lui faisait. Elle répondit à son sourire, voulant poser sa main libre sur celle du jeune homme sans pour autant oser le faire. Trop gênée pour ça… Ou trop timide, au choix.

-André- Tu n’es pas forcée d’accepter, tu sais. Ou tu prendre le temps de réfléchir, si tu préfères ? Ou poser d’autres questions. Moi, en tout cas, je voudrais te connaître un peu plus. Par exemple, pourquoi es-tu arrivée seulement en cours d’année au pensionnat ?

Victoire montra clairement son étonnement. Pas « forcée » ? Mais... Elle le savait, ça. Elle voulait accepter. Elle ne voyait pas pourquoi il pensait qu’elle s’y sentait obligée... Et prendre le temps de réfléchir ne servirait à rien, seulement à la faire se poser encore plus de question. Elle se crispa lorsqu’il lui demanda pourquoi elle était venue en cours d’année, ne pouvait-il pas poser une autre question, non ? Elle se remémora ce jour où sa mère était tombée malade sans crier gare. Victoire avait prévu de s’inscrire au pensionnat au début mais son père avait eu besoin d’elle. Elle ne voulait pas qu’il se retrouve seul alors que sa mère était malade. En général elle ne les aidait que lorsqu’elle le pouvait, ou lorsque son élément pouvait aider. Ou même lorsqu’il fallait la veillée.

Sa mère allait de mieux en mieux, et, de fil en aiguille, ils lui ont dit de s’inscrire à Ste Famille. Son père l’avait conduite ici, puis était retourné travailler et veiller sur sa mère. Victoire savait qu’elle ne devait pas lui en vouloir de ne pas être venu avec elle. Après tout, sa mère n’était pas en état de rester seule. Et... même si les voisins étaient venus pendant qu’il la conduisait, ils n’allaient pas non plus rester chez eux ad vitam æternam. Enfin, son père était trop occupé pour ça. Même si maintenant sa mère devait aller beaucoup mieux. Voire même être guérie, non ? C’était logique. Ce qui ne lui expliquait pas pourquoi ils ne venaient pas la voir de temps en temps.

Sa grand-mère le lui aurait dit, non, si ça mère avait régressé ? Elle méritait de le savoir, si tel était le cas. Elle comprendrait alors que ses parents ne pouvaient pas venir la voir. Bon, elle venait de Lille, ça expliquait aussi. Mais... maintenant, elle vivait chez ses grands-parents ! Ils pouvaient donc venir lui rendre visite, même pendant les vacances... Elle n’arrivait pas à ne pas leur en vouloir, même si elle avait une sale tendance à toujours leur trouver des excuses. Victoire secoua vivement la tête, revenant sur terre bien plus difficilement.

-Je n’ai pas besoin de temps pour réfléchir, dit-elle finalement. Je sais que je ne suis pas forcée d’accepter et ça ne change rien au fait que je le veuille. Donc je te dis oui pour sortir avec toi.

Elle lui sourit avant de lui faire un bisou sur la joue, réussissant à oublier totalement ceux qui les entouraient, sans pour autant réussir à ne plus rougir à ce sujet. Elle se remémora sa dernière question et se concentra, cherchant ses mots pour expliquer, comme elle se voyait mal éviter le sujet. C’était normal qu’il veuille le savoir. Et puis… Elle ne savait pas comment l’éviter, de toute manière. C’était prévisible qu’un jour ou l’autre on ne lui pose la question, après tout.

-Ma mère est tombée malade, dit-elle laissant voir que c’était un sujet qu’elle n’aimait pas aborder. Je ne pouvais pas m’inscrire tout en sachant que mon père serait seul pour s’occuper d’elle. Et… je… Enfin, je voulais l’aider. Il devait travailler, en plus. À deux, on allait plus vite, on s’entre-aidait. Et veillait sur ma mère.

Elle baissa la tête comme si elle était en tort, alors qu’elle cherchait juste à se rendre utile, à aider ses proches. Les soutenir.

-Enfin, maintenant elle va mieux. C’est mes parents qui ont tenu à ce que je m’inscrive ici. C’était suffisamment strict pour moi, d’après eux. Et… comme ma mère allait de mieux en mieux… Mon père m’a conduite ici pour que je m’inscrive et est rentré à Lille, ne voulant pas obliger nos voisins à rester chez nous.

Elle leur en voulait, cela pouvait parfaitement s’entendre dans sa voix. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi ils ne venaient pas… Même si elle ne le comprendrait probablement jamais. Elle se concentra à nouveau sur lui, sortant de ces explications pour lui renvoyer l’ascenseur. Après tout, il n’y avait aucune raison que lui échappe à une question !

-Et toi ? Ta famille ? Et puis, comment es-tu arrivé ici ?

Victoire se retint de le harceler de question, bien qu’elle ne se souvienne pas d’avoir déjà parlé des dons… Ironique, étant donné qu’ils en avaient tous les deux. Elle ne savait pas grand-chose de lui, au final.
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Jeu 20 Aoû - 14:58

Elle était choquée, ou gênée, ou surprise, ou un mélange de tout cela, peut-être, il n'arrivait pas à définir exactement ce qu'elle ressentait, en cet instant précis. Il avait réussi à tomber amoureux de la fille au mental le plus renfermé de tout le pensionnat, incroyable ! Comment pouvait-on douter de soi-même à ce point ? Elle avait été traumatisée durant son enfance ? Il regard un instant la main qu'il tenait toujours dans la sienne, observant le tracé très fin de ses veines, qui couraient sous son poignet pour se cacher sous la manche de son uniforme. En plus de l'attrait qu'elle exerçait sur lui, il la trouvait aussi très désirable. Elle ne s'en était sans doute pas rendue compte ou n'avait guère osé le voir, mais elle avait un corps admirable. Belles formes, courbes délicieuses, qu'il avait eu beaucoup de plaisir à effleurer, la nuit, à observer jusqu'aux moindres détails. Un corps q'il avait découvert avec lenteur, sous la protection fine de ses chemises de nuit. Il ne lui restait plus qu'à découvrir ce qu'elle avait de plus intime. Il ne lui avait jamais ôté sa culotte dans son sommeil, tout de même, ni son soutien-gorge. Non pas qu'il n'ait jamais songé à le faire, cependant...

Car il finira par le faire, même si elle refusait de sortir avec lui. L'an prochain, d'après ce qu'il avait entendu à la caserne, les dortoirs seront supprimés pour laisser place à des chambres. Etant donné l'âge de Victoire, elle n'aura sans doute qu'une seule compagne de chambre. Il lui sera très aisé de glisser un somnifère léger dans leurs verres d'eau, avant qu'elle ne se couchent, puis de s'inviter au cours de la nuit. Il se mettra sur son lit, puis enlèvera doucement la couverture, puis la chemise de nuit, avant de se pencher sur elle pour respirer l'odeur de sa peau, puis lui enlever ses dernières protections de tissu. Il touchera d'abord sa poitrine, qui l'attirait depuis toute à l'heure, même sous cette uniforme grossier et laid. Une poitrine qu'il pourra caresser et découvrir à loisir. Oui, la prochaine rentrée sera tout à fait splendide ! Même si ce serait bien mieux qu'elle accepte de sortir avec lui. La découverte de son corps sera plus agréable si elle était bien réveillée et pouvait réagir. Il comptait l'explorer avec le plus grand soin, comme il avait l'intention de l'aider à travailler sur son mental.

Elle revint tout à coup à la réalité et hocha la tête. Devait-il prendre cela pour un oui ? Si c'était le cas, parfait ! Ils pouvaient se voir autant de temps qu'ils le désiraient, cet été, afin de faire connaissance d'une façon plus rapprochée. Où habitait-elle ? André pouvait se déplacer sans aucun problème pour aller la retrouver. Il avait déjà de grands projets pour elle. Il pouvait l'aider à être plus forte, confiante, à termes, elle deviendra une de ces femmes puissantes et sûres d'elle, comme certaines Guetteuses. Son don sera plus fort et elle sera comme une reine à ses côtés. Il mènera une vie de combat, une vie de valeur, et elle sera là, devenue forte elle aussi. Ils feront partis tous les deux de ceux qui comptent réellement. Elle deviendra sa compagne et fera disparaître derrière la petite lycéenne trop timide sans confiance.

– Je n’ai pas besoin de temps pour réfléchir, dit-elle finalement. Je sais que je ne suis pas forcée d’accepter et ça ne change rien au fait que je le veuille. Donc je te dis oui pour sortir avec toi.

Il lui rendit son sourire puis elle se redressa pour l'embrasser sur la joue. Hum, il aurait préféré une chose plus... rapprochée. Mais soit, pas en public, d'autant plus qu'elle était encore la petite Victoire timide. Il n'était pas découragé, il savait qu'à force de temps, il parviendra à l'emmener à des niveaux bien plus élevés. Il attendit donc qu'elle réponde au reste de sa question, curieux. Pourquoi venir en cours d'année, en effet ? Elle avait peut-être eu un professeur particulier auparavant, pour son don. Cela se faisait beaucoup, il le savait. Surtout depuis les ennuis que connaissait cette charmante école, les parents avaient peur d'envoyer leurs gosses en pension. Mais ceux de Victoire n'avaient pas eu l'air trop préoccupés par le fait que l'armée occupe les lieux. Soit ils se moquaient complètement de ce qui pourrait lui arriver, soit ils n'avaient pas conscience de la réalité.

– Ma mère est tombée malade, dit-elle laissant voir que c’était un sujet qu’elle n’aimait pas aborder. Je ne pouvais pas m’inscrire tout en sachant que mon père serait seul pour s’occuper d’elle. Et… je… Enfin, je voulais l’aider. Il devait travailler, en plus. À deux, on allait plus vite, on s’entre-aidait. Et veillait sur ma mère.

Et ensuite ? Sa mère avait guéri et ils l'avaient jetée ici comme un vulgaire sac ? Comme si elle était juste une charge qu'ils ne voulaient plus assumer ? Si elle le suivait, si elle apprenait à devenir plus forte, elle ne se laissera plus jamais manipuler ni marcher dessus ainsi ! Personne ne pourra plus l'écarter comme un rien. Il lui apprendra à être forte et résister. Il préparait déjà certains plans, alors qu'elle baissait la tête. Il imaginait ce qu'il devra faire pour elle, qu'elle puisse agir. Il ignorait encore ce qui allait fonctionner au mieux, c'était à voir cet été, selon ses réactions... Dommage qu'elle ne fasse pas partie des Guetteurs, cela l'aurait entraîné à la fois pour son don mais aussi pour la confiance en soi.

– Enfin, maintenant elle va mieux. C’est mes parents qui ont tenu à ce que je m’inscrive ici. C’était suffisamment strict pour moi, d’après eux. Et… comme ma mère allait de mieux en mieux… Mon père m’a conduite ici pour que je m’inscrive et est rentré à Lille, ne voulant pas obliger nos voisins à rester chez nous.

Il sentait un peu de rancune, dans sa voix, mais il ne pensait pas qu'elle parvienne à véritablement se mettre en colère contre eux. Elle devrait pourtant ! Lui-même avait eu des parents assez faibles, qui n'arrivaient pas à gérer une famille trop nombreuse et sans aucune autorité. André ne regrettait pas d'être parti loin de chez lui, loin de ces parents geignards, loin de tous ces frères et sœurs, dont d'autres étaient venus s'ajouter après son départ. Grâce à son travail dans l'armée, il pouvait maintenant vivre seul dans une chambre qu'il louait, durant les vacances, à Gray. Il avait été émancipé l'année suivante et n'en éprouvait aucun regret. Il y invitera Victoire, pour lui donner le goût de l'indépendance et de la liberté. Elle pouvait devenir forte, elle aussi, si elle le voulait ! Il n'avait pas envie de la regarder s'effacer sans cesse, elle devait s'affirmer. Elle en était capable, si on la poussait en ce sens.

– Et toi ? Ta famille ? Et puis, comment es-tu arrivé ici ?

– Pour moi, ce fut assez classique, lui dit-il en souriant. Bon travail à l'école, obtention d'une bourse pour étudier et me voilà.

Il porta la main qu'il tenait à ses lèvres puis y déposa un long baise, sans la quitter des yeux. Oui, tellement de projets... Il était certain qu'elle allait être parfaite dans tout ce qu'il prévoyait pour elle, elle deviendra une femme puissante, élégante, forte et confiante. Il se rapprocha d'elle, tenant toujours sa main avec une extrême délicatesse, caressant sa peau de satin par de petits cercles du pouce sur le dos de sa main.

– Je ne vois plus ma famille, je vis seul dans une chambre à Gray depuis quelques temps, répondit-il ensuite après avoir aussi embrassé sa joue. Ils sont sans grand intérêt... Sans aucune ambition, faibles, trop d'enfants pour pouvoir tous les nourrir. Mais moi, j'ai toujours eu envie de plus, de devenir quelqu'un. J'ai prévu beaucoup de chemins possibles pour avancer et depuis que tu es arrivée ici, je me suis toujours dit que tu avais une place parfaite dans cette vie que j'imagine. Je peux t'aider à prendre confiance en toi. Tu as des capacités mentales, tu as un don, tu es belle. Qu'est-ce qui pourrait te freiner, dis-moi ?

Il lui prit l'autre main, les serrant dans les siennes avec fermeté. Il était plus que temps qu'elle entende et comprenne tout cela. Certes, elle était timide, mais elle pouvait sortir de ce cocon réducteur pour devenir une véritable femme. Elle pouvait devenir celle qu'elle voulait. Elle avait déjà une place à ses côtés, si elle voulait bien de lui. André était intiment persuadé qu'elle fera une merveilleuse épouse.

–Tu fais partie des gagnantes du tournoi, n'est-ce pas déjà une belle preuve de tes capacités ? Après ton retour en France, 'aimerais que l'on se voit, cet été, juste toi et moi, durant quelques jours. Qu'en dis-tu ? A moins que tu ne veuilles d'abord aller voir tes parents pour qu'ils daignent enfin t'expliquer leur conduite. Mais sache juste que je vais t'attendre.
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MessageSujet: Re: Ni vu ni connu   Sam 26 Sep - 16:01

[HJ : Désolée ! ]

-André- Pour moi, ce fut assez classique, lui dit-il en souriant. Bon travail à l'école, obtention d'une bourse pour étudier et me voilà.

André porta la main qu’il tenait encore à ses lèvres avant de l’embrasser. Elle rougit, alors qu’André la regardait toujours. Victoire se sentit rougir deux fois plus lorsqu’André se rapprocha davantage d’elle tout en lui faisant des petits cercles à l’aide de son pouce sur le dos de sa main. André prenait sa main avec tellement de délicatesse que Victoire en venait à se demander s’il pensait qu’elle allait se briser.

-André- Je ne vois plus ma famille, je vis seul dans une chambre à Gray depuis quelques temps, répondit-il ensuite après avoir aussi embrassé sa joue. Ils sont sans grand intérêt... Sans aucune ambition, faibles, trop d'enfants pour pouvoir tous les nourrir. Mais moi, j'ai toujours eu envie de plus, de devenir quelqu'un. J'ai prévu beaucoup de chemins possibles pour avancer et depuis que tu es arrivée ici, je me suis toujours dit que tu avais une place parfaite dans cette vie que j'imagine. Je peux t'aider à prendre confiance en toi. Tu as des capacités mentales, tu as un don, tu es belle. Qu'est-ce qui pourrait te freiner, dis-moi ?

Il ne voyait plus sa famille ? Et il vivait seul ? Elle nota ce point avec précaution, préférant éviter d’en parler, au cas ou... Puis tiqua à ses mots « sans grand intérêt »… Il parlait de ses parents et Victoire ne comprenait pas qu’il puisse en parler comme ça... Après, il avait sûrement ses raisons… Raison qu’elle trouva rapidement. Il avait de l’ambition, visiblement. Il jugeait ses parents sans intérêt et faible parce qu’ils n’avaient pas d’ambition et qu’ils n’avaient pas réussi à nourrir leurs enfants ? Elle pouvait comprendre qu’il leur en veuille, c’était normal et ça expliquait aussi qu’il ne les ait plus vus. Elle, elle était fille unique, elle n’avait pas eu ce genre de problème.

Victoire l’écoutait attentivement, alors qu’il était très proche d’elle. Peut-être même beaucoup trop pour qu’elle soit à l’aise… La surprenant même d’arriver à réfléchir correctement. André lui prit sa deuxième main avant de les serrer avec fermeté alors qu’elle réalisait ce qu’il venait de lui dire, attendrie, trouvant cela assez mignon. Il la voyait dans la vie qu’il s’imaginait ? Il pensait qu’elle y avait sa place ?

-André- Tu fais partie des gagnantes du tournoi, n'est-ce pas déjà une belle preuve de tes capacités ? Après ton retour en France, 'aimerais que l'on se voit, cet été, juste toi et moi, durant quelques jours. Qu'en dis-tu ? A moins que tu ne veuilles d'abord aller voir tes parents pour qu'ils daignent enfin t'expliquer leur conduite. Mais sache juste que je vais t'attendre.

Mais elle ne savait pas pourquoi elle était l’une des gagnantes… Elle ne comprenait pas encore, même si elle avait accepté ce fait. Elle n’avait pourtant rien fait de spécial… Donc une preuve de ses capacités ? Elle en avait comme un doute… Enfin, elle allait aller au Japon avant de finalement rentrer en France. Elle allait quitter la France pour la première fois de sa vie, et même si elle était heureuse d’avoir cette opportunité, elle était stressée également… Stressée parce qu’elle allait dans un tout autre pays, avec une culture différente de la leur. Stressée aussi parce qu’elle se disait qu’elle pouvait mal agir, mal faire…

Mais elle était également impatiente à l’idée de voir le Japon. Impatiente parce qu’elle voulait voir ce pays et changer d’air, s’échapper véritablement des problèmes. Enfin… Plus ou moins. Minimum échappé aux militaires. Elle allait profiter, et… lorsqu’elle rentrerait en France, elle ne pensait pas aller voir ses parents. Du moins, pas directement. Elle savait qu’elle verrait Adeline et Océane, pendant les vacances. Après, elle ne savait pas vraiment quand exactement, mais… Elle avait l’impression que tout changeait. L’impression que tout le monde était prêt à l’aider à devenir moins timide… Et elle trouvait cela touchant, incroyablement touchant, même.

Elle ignorait pourquoi ses parents agissaient comme ça, ne lui donnant aucun signe. Mais elle savait ce que ses grands-parents lui racontaient à propos de ça. Elle espérait juste qu’on ne lui cachait pas des trucs importants… Après, elle avait tout son temps pour aller leur demander des comptes. À moins qu’il n’y ait eu un véritable problème ?

-J’ai peur de décevoir mes proches, peur aussi de blesser les autres… Peur du regard que l’on pourrait me porter, de ce que je renvoie comme image, dit-elle simplement, cherchant ses mots pour essayer de lui faire comprendre avec les bons mots.

Pourrait-il comprendre ce qui la freinait ? Ou serait-il comme le Colonel Gavin ? Elle se mit à espérer qu’il la comprenne. Après tout, elle lui répondait simplement. Elle serait heureuse de le voir une fois rentrée du Japon, heureuse aussi de pouvoir passer du temps avec des amis, avec ses proches loin de sa famille. Respirer un peu, somme toute. Il faudrait simplement qu’elle prenne le temps de s’organiser avec les filles, pour savoir quand elles se verraient toutes les trois. Peut-être vers le milieu des vacances, ou juste après avoir vu André ?

Elle avait du mal à réaliser qu’elle avait maintenant un petit-ami, c’était assez étrange de le penser à la base, alors le réaliser… Sachant qu’elle ne le connaissait pas bien pour le moment. Enfin, elle supposait que cela changerait bien vite. Elle se perdit dans ses pensées avant de réaliser qu’elle n’avait toujours pas répondu à sa question, la jeune Collin se mit à rougir avant de répondre qu’elle n’irait pas voir ses parents, étant donné qu’elle pourrait leur poser la question quand elle le voulait. Et puis, elle ne voulait pas se mimer le moral pendant les vacances. Ça ne l’aiderait pas. Jamais. Elle ignorait ce qui pourrait l’aider, ignorant même pourquoi elle n’arrivait pas à s’en sortir seule. Elle sourit à André, ses yeux respirant la reconnaissance. Elle ignorait pourquoi elle réagissait comme ça. Se rendant compte qu’elle ne savait pas grand-chose en cet instant précis, d’ailleurs.

-J’en dis que c’est une excellente idée, dit-elle finalement commençant à réfléchir à ces vacances.

Tout cela lui semblait irréaliste, comme si elle vivait dans un autre monde, sans militaire, sans problème. Mais elle savait que ce n’était pas le cas, et elle voulait réagir, lutter même si elle ne savait pas comment faire. Estimant qu’elle devrait déjà sortir de sa coquille avant tout. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’être attendrie par le fait qu’il était prêt à l’attendre si jamais elle avait voulu voir ses parents pour leur demander justification. Après tout c’était mignon et adorable, mais, même si elle avait voulu, elle craignait de se confronter à une réalité bien plus dure que ce qu’elle n’imaginait.

Victoire le remercia sincèrement avant de l’embrasser sur la joue, n’osant rien faire d’autre tout en sachant qu’ils n’étaient pas seuls. Timidité oblige, elle reprit, refusant de lâcher ses mains tandis qu’ils continuèrent de parler comme ça pendant quelques minutes avant de finalement devoir retourner en cours. La matinée avait fini de manière inattendue, mais la jeune fille n’en était pas pour le moins du monde choquée ou… quoi que ce soit d’autre, elle était même joyeuse vis-à-vis de ça. Victoire fixait le prof, tandis qu’il parlait. Elle s’efforçait de ne pas se perdre dans ses pensées tandis que la journée continuait de passé comme si de rien n’était.
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