1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Travaux du samedi

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Travaux du samedi   Jeu 28 Mai - 12:19

Les travaux avançaient vite, grâce à la coopération des élèves, mais voir le village comme un immense chantier était tout de même assez bizarre. En apprenant la catastrophe, il y avait eu un grand élan de solidarité, en France, élan soutenu par la presse, qui avait permit une importante levée de fond. Beaucoup d’artisans étaient venus aider, la plupart pour presque rien, en plus des élèves, de ceux qui avaient tout perdu, etc. Il y avait une bonne ambiance, dans ce chantier géant, ce qui était déjà assez agréable pour travailler. Adrien s’était levé tôt, ce dimanche, pour continuer à travailler sur la maison qu’il avait acheté avec Sarah avant leur mariage, au village. Subir ce genre de drames vous obligeait à apprendre vite à bricoler, par la force des choses. Avec l’aide d’un artisan, il montait scrupuleusement les murs de pierre de la maison, suivant ses instructions à la lettre. Dieu merci, cette catastrophe n’était pas survenue un mois ou deux avant la naissance du bébé ! Il restait le temps de reconstruire le village de campagne, il restait le temps à chacun de reconstruire leurs biens. Le fait qu’ils arrivent en été aidait aussi au moral et à l’avancée des travaux, on ne pouvait rien faire par un froid trop mordant ou sous la neige.

Adrien – Sarah, ça va aller ? C’est peu lourd, ça, fais attention à ton dos.

Elle était magnifique, avec sa robe rouge qui venait voler sous ses genoux, ses cheveux en un chignon lâche et son serre-tête qui brillait au soleil. Ils venaient tous les deux retaper leur maison après le travail, rentrant parfois tard, mais il veillait à ce que sa femme ne s’épuise pas à ça, elle devait garder son énergie pour le bébé. Mais tant que la charpente et les murs étaient remis en place, ils pouvaient faire plus de choses ensuite. C’était cela qui avait été travaillé en premier dans toutes les maisons, la charpente, les murs, les fondations, les toits. Tout le monde s’y mettait. Adrien était penché sur le mur, concentré, tenant à ce que soit parfait. Il n’y avait pas de maisons très récentes, au village, il s’agissait surtout de vieilles maisons en pierre, faites pour de grandes familles, du style de 1910, et c’était une chance puisque ces murs très épais et solides avaient bien résistés aux flammes, dans l’ensemble.

Sortant pour aller chercher un autre sac de sable, il croisa Estelle, elle aussi chargée, avec son mari. Pas mal de profs avaient, comme Sarah et lui, une maison à Gray. Sa jeune collègue avait dû confier son fils au Père Vilette pour la journée mais son ventre bien gonflé devait la gêner. Il vint lui prendre ce qu’elle avait pour le porter chez elle à sa place, lui rendant son sourire. Son petit bout avait l’air de bien pousser ! Estelle était absolument rayonnante, en ce moment, elle était le soleil de la salle des professeurs devenu plus morose, ces derniers temps. En revenant, il croisa aussi Alice et Daniel, affairé à dégager leur terrain des poutres et des débris. Ah là là… Il revint chez lui, prenant le sable puis se remit au travail. Sarah venait de poser une grande bassine en bois sur le sol et y avait mis de l’eau chaude, afin de nettoyer ce qu’ils avaient pu récupérer dans les décombres. Vers midi, des volontaires préparent un grand repas pour tout le monde, appelant à venir prendre une assiette et un morceau de pain. Adrien se releva et s’étira, satisfait devant son œuvre.

Adrien – Tu rentres préparer tes cours, cette après-midi ? demanda-t-il à sa femme.

Elle hocha la tête puis le quitta sur un baiser, alors qu’il se rendait sur la place pour le déjeuner avec les autres. Estelle aidait à servir les assiettes, ce qui lui arracha un sourire admiratif. Cette femme était vraiment très courageuse et impliquée, elle était adorable. Il discuta un instant avec elle, tout en grignotant son pain, affamé, puis rejoignit les professeurs, qui mangeaient ensemble pour discuter. Il s’assit sur une caisse d’outils, son assiette sur les genoux, buvant une longue gorgée d’eau. Valentin était en train de masser sa jambe avec une grimace, assis à côté.

Adrien – Tu devrais rentrer chez toi, maintenant, tu vas finir par ne plus pouvoir marcher.

Valentin – Ouais, peut-être…

Adrien – Tu as été blessé comment ?

Valentin – A la Grande Guerre, soupira-t-il en se s’aidant des caisses pour se rasseoir correctement. J’ai reçu des éclats d’obus dans le muscle. Je n’ai plus jamais bien marché après mais l’ancien directeur n’a pas voulu me virer, il soutenait que je pouvais donner cours quand même.

Adrien n’avait pas connu l’ancien directeur… Enfin, il ne l’avait que très peu côtoyé et ne gardait qu’un très vague souvenir de lui. La discussion dériva sur ce qu’était le pensionnat il y a quelques années et sur la personnalité du prédécesseur de Gabriella. Valentin eut un petit rire lorsqu’on lui demanda s’il lui ressemblait, reposant son verre.

Valentin – Il maniait la foudre, lui aussi, mais il n’était pas du genre emporté et colérique. Assez sévère, ça oui, mais ce n’était pas un monstre. Les gamins apprenaient très bien, avec lui, il suffit de voir comment Gabriella, et les autres de son âge ayant eu cet homme comme prof, se débrouillent aujourd’hui. Il maniait l’école d’une main de fer, ce n’était pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui, d’ailleurs.

Il devait être en retraite, bien tranquille, quelque part en France. Adrien s’adossa ensuite contre la caisse, les yeux fermés, profitant du soleil. Au bout d’un moment, sentant qu’il s’endormait, il se secoua un peu, reprenant le fil de la conversation. Daniel somnolait, lui aussi, assis près de sa femme. Céleste était là aussi, venue pour aider, même si elle ne vivait pas au village. Il termina son pain, n’ayant pas encore envie de bouger. Tiens, d’ailleurs, il n’avait pas encore vu Kimmitsu. Il serait bien capable de travailler sans prendre de pause déjeuner.

Adrien – Au fait, Alice, qu’est-ce que tu as faire comme cours à tes élèves, l’autre jour ? J’en ai reçu presque une dizaine d’un seul coup, tous bien brûlés. Il y a eu un accident en classe ?

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MessageSujet: Re: Travaux du samedi   Mar 9 Juin - 16:14

Alice s’étira comme un petit chat en allant prendre un morceau de pain pour accompagner son déjeuner. Les professeurs s’étaient retrouvés pour midi, déjeunant tous ensemble après une longue matinée à continuer les travaux. Le travail en plein air, c’est la santé, comme on dit, mais tout de même, les courbatures se faisaient parfaitement ressentir le soir. Elle se laissa retomber près de Daniel, attrapant son assiette. Elle mourrait littéralement de faim, comme si elle n’avait plus mangé depuis des jours. Quasiment toute l’équipe était là, même si certains ne vivaient pas au village, ils étaient venus donner un coup de main. Adrien et Estelle vinrent les rejoindre à leur tour, s’asseyant pour déjeuner. Elle rejeta ses longues mèches rousses derrière elle, grignotant son pain. Combien de temps allaient-ils mettre pour reconstruire leurs maisons ? Le désastre était complet, c’était effarant. Dieu merci, la plupart des fondations, en pierre, avaient résisté.

Adrien – Tu devrais rentrer chez toi, maintenant, tu vas finir par ne plus pouvoir marcher.

Hum ? Elle leur jeta un regard, alors que le professeur de sport massait sa jambe en approuvant, visiblement peu enthousiaste. Elle ne pensait pas qu’il allait venir pour aider, étant donné son état physique. Il ne pouvait plus courir et sa jambe le faisait régulièrement souffrir, par temps trop humide ou ce genre de choses. Adrien posa ensuite la question qui lui trottait dans la tête depuis qu’elle enseignait ici. Comment s’était-il fait ça ? Comment avait-il été blessé ? Elle ne se souvenait pas qu’il en ait déjà parlé. De toute manière, presque toute l’équipe enseignante s’était renouvelée, ces derniers années, peu d’entre eux étaient là depuis longtemps, donc ils avaient loupé beaucoup de choses.

Valentin – A la Grande Guerre, soupira-t-il en se s’aidant des caisses pour se rasseoir correctement. J’ai reçu des éclats d’obus dans le muscle. Je n’ai plus jamais bien marché après mais l’ancien directeur n’a pas voulu me virer, il soutenait que je pouvais donner cours quand même.

Peu étonnant de sa part… Alice conservait un vague souvenir de lui, se rappelant surtout de leur discussion lors de son entretien d’embauche. La transition, dans le changement de direction, s’était faite très naturellement, étant donné qu’il avait même caractère que sa sous-directrice de l’époque. Pourtant, la nomination de madame de Lizeux avait fait un très gros scandale, autant dedans qu’au-dehors de l’école, car c’était une femme et qu’elle était jeune. Mais le directeur n’avait tenu compte des remarques de personne, agissant comme il l’entendait. Il n’était guère du genre à se laisser dicter sa conduite… Surtout par des personnes qui ne basaient leurs arguments que sur la seule idée : femme égale incapable d’être compétente.

Valentin – Il maniait la foudre, lui aussi, mais il n’était pas du genre emporté et colérique. Assez sévère, ça oui, mais ce n’était pas un monstre. Les gamins apprenaient très bien, avec lui, il suffit de voir comment Gabriella, et les autres de son âge ayant eu cet homme comme prof, se débrouillent aujourd’hui. Il maniait l’école d’une main de fer, ce n’était pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui, d’ailleurs.

Alice sourit en coupant son poisson, retenant un rire. Voilà, pour ceux qui avaient encore des doutes, pourquoi cet homme avait nommé Gabriella sous-directrice puis directrice lorsque lui-même était parti. Ils avaient le même caractère et la même façon de penser, tout simplement, et il en fallait, du caractère, pour diriger cette école. Elle mangea avec un peu moins d’appétit qu’au début, ses pensées vaquant ci et là. Ce qu’avait dit le sous-directeur l’autre jour, lors de la réunion, l’avait fait réfléchir. Elle ne s’était pas encore fixée mais elle tendait à croire qu’il avait raison. Elle fit tourner sa fourchette entre ses doigts, participant peu à la conversation. Elle ne savait pas si elle était capable d’agir plus concrètement, ayant peur de l’armée, peur de toutes les conséquences, alors même qu’elle pouvait utiliser son don de bien des manières.

Adrien – Au fait, Alice, qu’est-ce que tu as faire comme cours à tes élèves, l’autre jour ? J’en ai reçu presque une dizaine d’un seul coup, tous bien brûlés. Il y a eu un accident en classe ?

Alice – Pas du tout, dit-elle en levant la tête vers lui, vidant vite fait sa bouche. Je les ai juste préparés aux examens ! Rassure-toi, je n’avais en cours que ceux qui étaient capables de suivre ce genre d’exercice, il n’y avait quasiment pas de collégiens.

Elle reçut en retour, presque aussitôt, une bonne dizaine de regards bien lourds où elle put lire très clairement qu’ils le prenaient pour une parfaite cinglée. Ce qui lui passa largement au-dessus car elle avait sa conscience pour elle et elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Elle se maîtrisait, savait se battre tout en maniant son don et apprenait à ses élèves à faire de même, donc où était le mal ? On ne peut apprendre à manier le feu sans se brûler. Ce don était dangereux, oui, mais elle ne pouvait pas baisser le niveau de ses cours pour autant.

Alice – Bon, écoutez, on ne peut pas apprendre à manier le feu sans se brûler de temps en temps. C’est comme ça, point, ce don est dangereux et on le sait tous. Mais je sais très bien ce que je fais, contrairement à ce que certains peuvent penser, et je connais le niveau de mes élèves. Je ne vais niveler le niveau par le bas pour faire plaisir à ceux qui trouvent mes cours dangereux. Bien évidemment qu’ils le sont, bien sûr que mes élèves sont souvent blessés, mais non, on ne peut pas faire autrement. Au moins, ils sauront se défendre, tous.

Elle ne prenait jamais la peine de se défendre ainsi, d’ordinaire, mais elle était agacée que personne ne prenne la peine de se renseigner un minimum sur ce qui était demandé aux personnes maniant le feu avant de parler. D’ailleurs, si elle mettait vraiment la vie de ses élèves en danger, la directrice l’aurait virée depuis bien longtemps.

Alice – Toi, Céleste, tu ne fais jamais de cours comme ça ?
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Travaux du samedi   Mar 16 Juin - 13:19

Céleste essuya son front d’un revers de la main avant de se redresser, soufflant, regardant le travail accompli jusqu’ici. Ils avaient déjà bien avancé, mais il restait encore du boulot. Elle-même n’habitait pas à Gray, n’ayant jamais jugé cela utile, surtout qu’elle préférait rester isolée – et, pour le coup, cela l’avait sauvée. Cependant, elle était venue pour aider les habitants du village et ses collègues qui avaient tout perdu et qui se retrouvaient sans rien, excepté ce qu’ils avaient gardé au Pensionnat. Pour les célibataires, ce n’était peut-être rien mais pour les couples qui attendaient des enfants, en avaient, projetaient plein de choses…

Et tout était dévasté. Heureusement, le plus important avait été préservé ou déjà reconstruit et les élèves les aidaient vraiment. Tout le monde s’y mettait ! En dépit de tout ce qui se passait au Pensionnat, des problèmes entre élèves ou professeurs, tout le monde participait et oubliait momentanément les rancunes ou autres. Au moins le temps du travail ici. Céleste ne pouvait, bien sûr, pas utiliser son don pour aider les autres mais elle pouvait au moins porter, déplacer, distribuer de l’eau lorsqu’il y avait une nouvelle « tournée »… Elle n’était pas la seule à ne pas pouvoir utiliser son don ici, et pourtant, tout le monde venait.

Céleste frotta ses mains, voyant les autres professeurs se rassembler petit à petit pour manger, prit l’assiette qu’Estelle lui tendait en la remerciant avant de s’installer dans le groupe à son tour. Adrien discutait avec Valentin qui semblait souffrir à cause de sa jambe. Elle n’avait jamais su ce qui lui était précisément arrivé mais savait que le directeur précédent avait insisté pour qu’il continue à donner cours. Ce qui ne l’étonnait pas vraiment, l’ayant connu lorsqu’elle était encore élève ici… Il ressemblait un peu à leur directrice actuelle, en y réfléchissant bien. Adrien venait de demander comment Valentin s’était fait cela et la jeune femme, comme à peu près tout le monde en fait, s’intéressa un peu plus à la conversation.

Valentin – A la Grande Guerre, soupira-t-il en se s’aidant des caisses pour se rasseoir correctement. J’ai reçu des éclats d’obus dans le muscle. Je n’ai plus jamais bien marché après mais l’ancien directeur n’a pas voulu me virer, il soutenait que je pouvais donner cours quand même.

Nombreuses étaient les personnes blessées à la Grande Guerre. Des blessures que chacun portait sans s’en cacher, même si leur histoire n’était pas spécialement étalée au grand jour. Cela faisait partie du « patrimoine », dans un certain sens, et ils ne devaient pas le cacher ou l’oublier. Cette guerre avait fait tant de morts… Continuer à vivre, malgré tout cela, était une manière de leur rendre hommage. Ils avaient perdu la vie, eux-mêmes s’en sortaient avec des blessures, alors comment oser se plaindre ou quoi que ce soit du genre ? Valentin était la preuve vivante de cette pensée. Il avait été blessé, ne pouvait plus marcher comme avant, et continuait à enseigner. D’accord, le directeur de l’époque l’y avait sans doute poussé… Mais il avait continué. Il suffisait, souvent, d’un coup de main. D’un ami. D’une parole.

Valentin – Il maniait la foudre, lui aussi, mais il n’était pas du genre emporté et colérique. Assez sévère, ça oui, mais ce n’était pas un monstre. Les gamins apprenaient très bien, avec lui, il suffit de voir comment Gabriella, et les autres de son âge ayant eu cet homme comme prof, se débrouillent aujourd’hui. Il maniait l’école d’une main de fer, ce n’était pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui, d’ailleurs.

Céleste sourit avant de porter un morceau de pain à sa bouche, se souvenant des cours qu’elle avait eu avec le directeur. Il leur avait beaucoup appris, elle-même s’était toujours surpassée et avait beaucoup travaillé son don, l’avait développé. Elle était assez puissante, en fin de compte… jusqu’à ce qu’elle le retienne depuis son retour au Pensionnat. S’il la voyait aujourd’hui… La jeune femme grimaça d’un coup en reportant son regard sur son assiette, imaginant sans mal le savon qu’elle se prendrait. Cyprien avait été gentil et ne lui avait pas particulièrement fait la morale ce jour-là. Mais l’ancien directeur…

Monsieur Francfort était le genre de professeur très attentif, qui se souvenait de chaque élève et qui parvenait à les aider au mieux, en ciblant les faiblesses de chacun. C’était sur lui que Céleste avait pris exemple pour ses premiers cours et pour les cours qu’elle avait eu à donner aux lycéens quelques fois. Pourtant, au début, elle ne l’aimait pas. Simplement à cause de son prénom, ayant tout le temps été persécutée par des « Henri » lorsqu’elle était plus jeune. C’était plus fort qu’elle ! Mais, au fur et à mesure, il était devenu un des professeurs qu’elle préférait. Il ne les sous-estimait pas et leur apprenait vraiment des choses, leur enseignait comment ne pas avoir peur de ce don, comment l’aimer et le développer. Et aujourd’hui… Céleste ne dit rien, n’ajouta rien, mangeant sans réfléchir et préférant se concentrer sur son assiette.

Adrien – Au fait, Alice, qu’est-ce que tu as faire comme cours à tes élèves, l’autre jour ? J’en ai reçu presque une dizaine d’un seul coup, tous bien brûlés. Il y a eu un accident en classe ?

Alice – Pas du tout, dit-elle en levant la tête vers lui, vidant vite fait sa bouche. Je les ai juste préparés aux examens ! Rassure-toi, je n’avais en cours que ceux qui étaient capables de suivre ce genre d’exercice, il n’y avait quasiment pas de collégiens.

« quasiment »… Céleste avait sincèrement eu pitié des élèves d’Alice, elle-même leur épargnant ce genre de cours. Oui, ils devaient apprendre à se battre, ils en étaient peut-être capables, et tout ce qu’elle voulait, mais cela n’en restait pas moins dangereux. Pire encore, il y avait les éléments vent dans la salle, au début ! Les regards que les autres professeurs lui lancèrent, montrant qu’ils la trouvaient cinglée, n’étaient pas étonnants. Des collégiens ! Enfin, Céleste devait bien l’admettre, Alice avait été impressionnante et personne ne pouvait se douter de son niveau sans la voir. Même si quelqu’un le disait, personne ne le croirait… Elle l’avait déjà vue faire, bien sûr, donc avait été moins étonnée, mais pour les autres…

Alice – Bon, écoutez, on ne peut pas apprendre à manier le feu sans se brûler de temps en temps. C’est comme ça, point, ce don est dangereux et on le sait tous. Mais je sais très bien ce que je fais, contrairement à ce que certains peuvent penser, et je connais le niveau de mes élèves. Je ne vais niveler le niveau par le bas pour faire plaisir à ceux qui trouvent mes cours dangereux. Bien évidemment qu’ils le sont, bien sûr que mes élèves sont souvent blessés, mais non, on ne peut pas faire autrement. Au moins, ils sauront se défendre, tous.

Céleste releva la tête, choquée mais heureuse. C’était la première fois qu’elle voyait sa collègue se défendre de la sorte, sans se laisser marcher sur les pieds et laisser couler comme elle le faisait d’habitude. Les autres professeurs étaient choqués aussi, comme s’ils découvraient leur collègue pour la première fois, et certains ne semblaient même pas en revenir. Non mais avaient-ils déjà pensé au caractère des personnes possédant le feu ?! Ils connaissaient les élèves de cet élément, connaissaient leurs caractères… Alors comment pouvaient-ils être étonnés de voir cela ? C’était normal ! En tout cas, elle, elle le comprenait. Céleste encouragea sa collègue d’un regard avant de sourire faiblement. Elle se défendait enfin. Et elle avait raison ! Sur le fond, Alice n’avait pas tort, alors pourquoi devoir se justifier ?

Alice – Toi, Céleste, tu ne fais jamais de cours comme ça ?

… Elle ?! Le sourire de la jeune femme fondit comme neige au soleil, elle se sentit même pâlir légèrement et évita de croiser le regard de Cyprien. Faire ce genre de cours… Mais non ! Jamais ! Elle n’enseignait qu’aux collégiens, comment Alice voulait-elle qu’elle pense seulement à faire des cours comme celui qu’elle avait donné ? Et puis, elle en était incapable. Céleste commençait seulement à relâcher son don ! Elle n’osait pas encore, voilà tout. Gardant ses couverts en main sans bouger pendant une ou deux secondes, elle se reprit assez vite pour que son comportement ne semble pas trop bizarre aux yeux des autres.

Céleste – Je… Heu… Non. Je ne donne cours qu’aux collégiens, la directrice s’occupe des lycéens. Je l’ai remplacée parfois, oui, mais je ne vais jamais demander à mes élèves de faire des choses pareilles. Non pas que ce soit une mauvaise idée ! Mais…

Comment expliquer sans exposer ses faiblesses ? Il y avait tant de raisons qui la poussaient à ne pas faire ce genre de cours ! La principale étant qu’elle n’avait jamais relâché son don, bien sûr, puis l’âge des élèves ne le permettait pas. Mais il y avait aussi la dangerosité du don. Une blessure due à un accident avec la foudre était plus nette et pouvait être plus grave, ils en avaient eu la preuve avec Alexis, au marathon. Elle ne pouvait pas, voilà tout, c’était trop dangereux.

Céleste – Les blessures causées par la foudre peuvent être graves et ils doivent quand même se maîtriser un minimum, pouvoir esquiver, comme tes élèves le font pendant tes cours. Je leur apprends surtout à être responsables et à avoir conscience des conséquences qu’entraîne leur don, en plus des techniques à apprendre bien sûr. Mais le reste, je le laisse à la directrice, elle reprend la suite de leur apprentissage et c’est très bien comme cela.

Changer de sujet et clore celui-ci, vite fait bien fait. C’était tout ce que Céleste voulait pour l’instant, tandis qu’elle porta une nouvelle bouchée de poisson à sa bouche pour tâcher de montrer qu’elle était détendue. Au même instant, comme si quelqu’un avait entendu sa prière, Emma héla le sous-directeur qui venait de les rejoindre. Ah, il était là, lui aussi ? La jeune femme croyait qu’il se reposerait encore un petit peu, surtout avec le don qu’il développait. Aucun doute là-dessus, lui et la directrice se complétaient à merveille…

Emma – Vous tombez bien, je voulais vous demander quelque chose ! Est-ce qu’on peut savoir qui a gagné le tournoi, cette année, en deuxième position ? Et vous faites quoi pour les vacances ?

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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MessageSujet: Re: Travaux du samedi   Mer 17 Juin - 9:47

La jeune femme semblait essoufflée, une main posée sur son ventre gonflé par la grossesse. Kimmitsu lui tendit une bouteille d’eau, hochant la tête lorsqu’elle le remercia, tandis qu’Estelle venait courir dans la tente derrière eux pour aller chercher les légumes qui cuisaient. Elle aussi était enceinte jusqu’au fond des yeux, il était probable qu’elle accouche de nouveau en Septembre ou en Octobre, quand son fils aura un an. Le petit Wyatt était dans leurs jambes aussi, regardant sa mère servir les assiettes et suçant son pouce en serrant sa peluche contre son cœur. Il approchait doucement de ses un an, assis dans sa poussette, regardant toute cette agitation de ses grands yeux. Voyant que sa mère était occupée, Kimmitsu se chargea de lui faire boire le biberon rempli d’eau qu’elle lui avait préparé, remettant en place le bob qu’il avait sur la tête pour le protéger du soleil. Il lui était déjà arrivé plusieurs fois de garder cet enfant, même si il était rare qu’Estelle ne trouve pas de moyen de le garder avec elle. Elle avait toujours su conjuguer à merveille sa vie professionnelle et sa vie de famille.

Une fois l’adorable bambin de neuf mois bien occupé avec son biberon et sa peluche, Kimmitsu aida à ranger un peu, veillant à ne rien enflammer par accident. Développer un second don était toujours plus facile, car on connaissait le processus et les techniques de contrôle, mais il sortait malgré tout d’une période très éprouvante et difficile. Entre la fièvre, les flammes inopinées et autres tracas, il avait mis du temps avant de reprendre un rythme normal et le contrôle de sa propre vie. Mais c’était du passé, il devait garder le regard tourné vers l’avenir s’il voulait avancer. La directrice était épuisée, elle aussi, il tenait à la décharger un peu de son travail afin de lui permettre de se reposer. Il allait mieux donc elle n’avait pas à s’en faire. Plonger les mains dans l’eau pour laver les plats avait aussi un effet apaisant, cela occupait l’esprit et il ne restait pas à ne rien faire. Il sourit à Estelle lorsqu’elle vint tout essuyer, en ayant pris bien garde à rapprocher la poussette pour garder son fils à l’œil.

– Tu as déjà déjeuné ? demanda-t-elle en mettant les verres propres à l’envers sur une serviette, sur une autre table.

– Oui, ne t’en fais pas.

– Je pourrais te confier Wyatt, toute à l’heure ? Je dois rappeler mon médecin, l’échographie va peut-être être avancée, je vais en ville, à l’hôpital. Je n’en aurai pas pour longtemps !

Il hocha la tête, paisiblement, en lui disant que ça ne posait pas de problème. Ce petit garçon n’était pas très agité, bien au contraire, il était aussi doux que sa mère. Il termina de laver la vaisselle, pendant qu’Estelle s’essuyait puis emmenait ses affaires et la poussette pour aller téléphoner. Lui-même se rendit ensuite entre les groupes qui déjeunaient en bavardant, cherchant ses collègues du regard. Ils devaient tous manger ensemble, ce midi, et il voulait s’assurer par ses propres yeux qu’il n’y avait pas de problèmes ou de tension sous-jacente. Les choses s’amélioraient petit à petit entre les collègues de l’école et il tenait à ce que cela continue. Il savait que Gabriella s’inquiétait aussi de l’ambiance dégradée dans le corps professoral, il aimerait qu’elle n’ait plus à s’en soucier. Il les cherchait du regard lorsqu’il entendit son nom. La jeune Emma était en train de l’appeler, assise avec les autres. Bien, au moins, ils mangeaient tous ensemble. Il se rapprocha, espérant que tout allait se poursuivre ainsi.

– Vous tombez bien, je voulais vous demander quelque chose ! Est-ce qu’on peut savoir qui a gagné le tournoi, cette année, en deuxième position ? Et vous faites quoi pour les vacances ?

– Cette année, c’est un peu différent, sourit-il. Nous avons fait évoluer les règles, avec le professeur Kara.

Il s’assit avec eux, sur une petite caisse, en leur jetant un long regard. La femme d’Adrien n’était pas ici, tiens… Mais mis à part elle, il manquait finalement peu de monde. Même ceux qui n’étaient pas au village étaient venus aider pour les travaux, cela prouvait une certaine solidarité. C’était heureux, si les liens pouvaient se resserrer avant la future rentrée, ce sera très bénéfique. Il savait ce que l’école risquait de subir durant ces deux mois, il n’était plus temps de se quereller ou d’avoir des rancunes les uns contre les autres, peu importe les divergences d’opinion. Et cela, tous devaient en prendre conscience au plus vite.

– Nous avons jugé les techniques, mais aussi les progrès réalisés par chacun des élèves. Ceux qui ont le plus progressé, car à leur travail, ont été désignés comme les vainqueurs du tournoi. Océane a gagné la première place, mais c’était attendu. Elle s’entraîne depuis bien plus longtemps que tous les autres et je lui donne aussi des cours particuliers tous les jours.

Emma fit une drôle de tête, comme si elle ne comprenait pas l’intérêt de vouloir s’entraîner autant tous les jours. Il eut un faible sourire en voyant que d’autres de ses collègues ne comprenaient pas non plus. Il est vrai que Kimmitsu n’avait jamais donné un seul cours particulier de toute sa vie, tout simplement car il n’avait eu des élèves assez motivés pour cela. Ou des élèves pouvant comprendre toute la culture qui entourait les arts martiaux et s’en imprégner.

– Les suivants sont Adeline Brian et Victoire O . Collin. Je vais les emmener toutes les deux quinze jours en vacances au Japon, comme je fais tous les ans. Là-bas, ils apprennent un peu la langue, la culture, voient du pays et je les initie à des activités. Donc, Emma, pour te répondre, je vais passer ces vacances dans ma famille, au Japon, dont quinze jours où nous hébergerons ces deux élèves.

Il s’interrompit lorsqu’il vit Estelle revenir, un peu essoufflée. Elle gara la poussette près de lui puis lui donna le petit sac qui comportait quelques affaires de son fils, avant de se pencher et d’embrasser le petit garçon sur la joue, avec un grand sourire maternel.

– Je pars faire mon échographie, dit-elle en se redressant, rattachant correctement ses cheveux. Fais-le boire régulièrement, il fait très chaud, aujourd’hui ! Attention à ce qu’il ne prenne pas un coup de chaud. J’ai mis des biscuits dans le sac, dans la petite boîte en fer, s’il a faim, tu peux lui en donner des petits bouts. S’il y a un souci, appelle-moi à la maternité, d’accord ?

Il hocha la tête alors qu’elle embrassait de nouveau son fils puis partit après avoir salué tout le monde de la main avec un grand sourire. Le petit Wyatt s’endormait à moitié dans la poussette, bâillant toutes les deux minutes, ce qui fit fondre une bonne partie du personnel féminin présent lors de ce déjeuner. Il lui sourit puis tourna la tête vers Daniel, assis non loin de lui.

– Et vous deux, il y a un enfant en route ?

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MessageSujet: Re: Travaux du samedi   Lun 22 Juin - 13:18

– A la Grande Guerre, soupira-t-il en se s’aidant des caisses pour se rasseoir correctement. J’ai reçu des éclats d’obus dans le muscle. Je n’ai plus jamais bien marché après mais l’ancien directeur n’a pas voulu me virer, il soutenait que je pouvais donner cours quand même.

D’après ce que Daniel avait entendu sur cet homme, c’était peu étonnant qu’il ait eu ce geste. Lui ne l’avait jamais rencontré, il avait seulement entendu des histoires. Daniel n’avait pas étudié dans cette école et la directrice était déjà en poste lorsqu’il était arrivé. Une bonne partie de l’équipe enseignante s’était renouvelée sur une courte période, finalement, maintenant qu’il y pensait. Il eut un regard compatissant pour son collègue, sachant déjà depuis longtemps ce qui lui était arrivé. Ils travaillaient tous les jours ensemble et Valentin lui avait déjà raconté certains de ses souvenirs de guerre. Comment il avait été blessé, la peur qu’il avait eue en se voyant perdu dans le no man’s land, ce qu’il avait ressenti en se réveillant à l’hôpital. Des souvenirs marquants, horribles, qui le hantaient encore aujourd’hui, comme tous ceux qui étaient passés dans les tranchées de la Grande Guerre. Valentin s’en était tiré vivant amis des millions d’hommes et de femmes n’avaient pas eu cette chance.

– Il maniait la foudre, lui aussi, mais il n’était pas du genre emporté et colérique. Assez sévère, ça oui, mais ce n’était pas un monstre. Les gamins apprenaient très bien, avec lui, il suffit de voir comment Gabriella, et les autres de son âge ayant eu cet homme comme prof, se débrouillent aujourd’hui. Il maniait l’école d’une main de fer, ce n’était pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Je me demande ce qu’il devient aujourd’hui, d’ailleurs.

Daniel hocha doucement la tête, terminant son pain avant de s’appuyer contre les genoux de sa femme et somnoler un peu. Ils étaient nés dans un siècle bouleversé par de nombreuses guerres et de très grands changements, c’était ainsi, il fallait s’y faire. Il ferma un instant les yeux, écoutant les rumeurs des conversations autour d’eux, sans vraiment y prendre garde. Un peu de répit faisait du bien, c’était un simple déjeuner, rien ne pouvait dégénérer, n’est-ce pas ? Sarah aurait dû rester déjeuner avec eux, cela lui aurait fait du bien de discuter avec ses amis et collègues et de prendre le soleil.

– Au fait, Alice, qu’est-ce que tu as faire comme cours à tes élèves, l’autre jour ? J’en ai reçu presque une dizaine d’un seul coup, tous bien brûlés. Il y a eu un accident en classe ?

– Pas du tout, dit-elle en levant la tête vers lui, vidant vite fait sa bouche. Je les ai juste préparés aux examens ! Rassure-toi, je n’avais en cours que ceux qui étaient capables de suivre ce genre d’exercice, il n’y avait quasiment pas de collégiens.

Il rouvrit les yeux en retenant un long soupir. Qu’ils arrêtent d’être tous autant sur les nerfs et d’en vouloir à Alice après chacun de ses cours ! Elle se maîtrisait parfaitement et ne mettait aucun élève en danger de mort ! Ils étaient vexants, à toujours parler dans son dos et lui reprocher toutes ses techniques, c’était vraiment lassant. Elle ne méritait pas d’être la cible de tels ragots alors qu’elle faisait tout pour porter ses élèves au meilleur niveau possible, personne n’avait à en douter ! Ils e redressa pour s’asseoir en tailleur, prête à défendre sa femme. Elle en cherchait jamais à créer des disputes, même en croulant sous les racontars, mais lui ne voulait pas que quiconque s’amuse à lui miner le moral ou…

– Bon, écoutez, on ne peut pas apprendre à manier le feu sans se brûler de temps en temps. C’est comme ça, point, ce don est dangereux et on le sait tous. Mais je sais très bien ce que je fais, contrairement à ce que certains peuvent penser, et je connais le niveau de mes élèves. Je ne vais niveler le niveau par le bas pour faire plaisir à ceux qui trouvent mes cours dangereux. Bien évidemment qu’ils le sont, bien sûr que mes élèves sont souvent blessés, mais non, on ne peut pas faire autrement. Au moins, ils sauront se défendre, tous.

Oh. Il ne put s’empêcher de lui jeter un regard, surpris que cette fois, elle répondre franchement aux regards accusateurs, ce n’était pourtant pas son genre, elle détestait les disputes ! Il lui sourit, fier d’elle, content qu’elle leur réponde, une bonne fois pour toute. Surtout qu’elle était parfaitement dans son droit ! Si elle était si dangereuse et mortelle que cela, elle ne sera plus professeur ici depuis bien longtemps, la directrice l’aurait renvoyée.

– Toi, Céleste, tu ne fais jamais de cours comme ça ?

– Je… Heu… Non. Je ne donne cours qu’aux collégiens, la directrice s’occupe des lycéens. Je l’ai remplacée parfois, oui, mais je ne vais jamais demander à mes élèves de faire des choses pareilles. Non pas que ce soit une mauvaise idée ! Mais…

Mais c’est dangereux aussi ? Remarque, Céleste ne s’occupait que des collégiens, son cas était différent. Daniel savait que la directrice ne se gênait pas le moins du monde pour faire des cours comme ceux d’Alice, mais les collégiens étaient moins puissants et moins entraînés, c’était déjà bien plus risqué. Après, tout dépendait aussi du niveau de ses élèves, c’était à Céleste de juger s’ils pouvaient suivre ce genre de cours ou pas. Avec ce genre de don, il fallait avoir conscience des limites des gamins pour ne pas les mettre en danger. Feu et foudre… Tous les dons pouvaient être dangereux et mortel, mais seuls ces deux-là exerçaient une peur hors du commun. Peut-être parce qu’ils étaient finalement les plus « spectaculaires » que les autres. Le feu, surtout, fascinait beaucoup de personnes.

– Les blessures causées par la foudre peuvent être graves et ils doivent quand même se maîtriser un minimum, pouvoir esquiver, comme tes élèves le font pendant tes cours. Je leur apprends surtout à être responsables et à avoir conscience des conséquences qu’entraîne leur don, en plus des techniques à apprendre bien sûr. Mais le reste, je le laisse à la directrice, elle reprend la suite de leur apprentissage et c’est très bien comme cela.

Elle n’avait pas tord, ces exercices n’étaient pas faits pour les collégiens, sauf les plus doués et les plus matures, surtout. Il fouilla dans le petits ca qu’il avait apporté pour prendre une pomme en guise de dessert, pendant qu’Emma faisait un grand signe au sous-directeur qui arrivait à son tour. Daniel lança un fruit à sa femme et à Valentin puis le salua d’un signe de tête. Il l’avait vu aider Estelle et quelques autres personnes qui avaient servis un repas chaud à tous les travailleurs, toute à l’heure.

– Vous tombez bien, je voulais vous demander quelque chose ! Est-ce qu’on peut savoir qui a gagné le tournoi, cette année, en deuxième position ? Et vous faites quoi pour les vacances ?

– Cette année, c’est un peu différent, sourit-il. Nous avons fait évoluer les règles, avec le professeur Kara.

Oh ? Daniel n’avait pas vu de différences majeures, pourtant, qu’est-ce qui avait changé ? Le tournoi était en quelque sorte une tradition, à l’école, la seule épreuve qui soit comme une fête pour les élèves, alors qu’il s’agissait à la base d’une option. Il croqua dans sa pomme en ramenant ses jambes contre lui, curieux de savoir, lui aussi, qui avait remporté la mise cette année. La fille de Xiao-Hong aurait sûrement remporté la première place, comme d’habitude. Elle s’entraînait depuis longtemps que tous les autres réunis et était très douée en sport. Elle avait ça dans le sang, il ne serait pas étonné qu’elle ne fasse son métier et participe à des compétitions professionnelles. Ce serait bien, dans tous les cas, elle avait du potentiel.

– Nous avons jugé les techniques, mais aussi les progrès réalisés par chacun des élèves. Ceux qui ont le plus progressé, grâce à leur travail, ont été désignés comme les vainqueurs du tournoi. Océane a gagné la première place, mais c’était attendu. Elle s’entraîne depuis bien plus longtemps que tous les autres et je lui donne aussi des cours particuliers tous les jours.

Tous les jours… ? Ah. Daniel ignorait ce détail-là, comme beaucoup d’autres, d’ailleurs, au vu de leurs têtes. Il ne savait même pas que le sous-directeur donnait des cours particulier… Il ne savait pas grand-chose de lui, en fait. Il était de ces personnes qui restent très difficiles à cerner, même lorsqu’on les connaît depuis longtemps. Peut-être à cause de sa culture, il ne savait pas.

– Les suivants sont Adeline Brian et Victoire O . Collin. Je vais les emmener toutes les deux quinze jours en vacances au Japon, comme je fais tous les ans. Là-bas, ils apprennent un peu la langue, la culture, voient du pays et je les initie à des activités. Donc, Emma, pour te répondre, je vais passer ces vacances dans ma famille, au Japon, dont quinze jours où nous hébergerons ces deux élèves.

Victoire ? La petite Victoire qui n’osait jamais se mettre en avant avait gagné le tournoi ? Il ouvrit très grand la bouche, surpris et pris de court. Il ne l’avait jamais vu se battre, d’accord, mais tout de même ! Elle était très timide, il le voyait bien en cours, il n’aurait pas imaginé qu’elle remporte le tournoi. Peut-être méchant pour elle, mais tout de même, c’était très surprenant. Estelle arriva à cet instant avec son fils, au moment où il allait demander quel était le niveau de la jeune fille. Pour Adeline et Océane, il el savait, mais il voudrait connaître le niveau réelle de la jeune lycéenne, si elle avait pu gagner. Leur collègue mit la poussette près du sous-directeur, semblant pressée.

– Je pars faire mon échographie, dit-elle en se redressant, rattachant correctement ses cheveux. Fais-le boire régulièrement, il fait très chaud, aujourd’hui ! Attention à ce qu’il ne prenne pas un coup de chaud. J’ai mis des biscuits dans le sac, dans la petite boîte en fer, s’il a faim, tu peux lui en donner des petits bouts. S’il y a un souci, appelle-moi à la maternité, d’accord ?

Elle embrassa son fils puis partit assez vite, après un grand signe de main. Il ne bougea pas, la regardant s’éloigner. Elle était sans doute la plus maternelle d’entre eux tous, en plus d’être la professeur préférée de la majorité des étudiants. Tellement protectrice… Il eut un sourire attendri devant le petit Wyatt, qui jouait avec sa peluche. Il avait de grands yeux chocolat, comme sa maman, c’était attendrissant. Le sous-directeur se tourna alors vers eux, pendant que Daniel enroulait le trognon de sa pomme dans un papier avant de la fourrer dans son sac, pour le jeter plus tard.

– Et vous deux, il y a un enfant en route ?

– Pas encore, dit-il en rougissant un peu. Mais on y travaille activement ! C’est pour bientôt.

Il sourit sa femme en rangeant leurs affaires. Il fallait se remettre au travail maintenant ! Chacun terminaient de déjeuner puis de laver assiettes et couverts à grands coup d’eau. Il prit la main d'Alice pour retourner aux travaux avec elle. Oui, ils espéraient avoir un enfant très bientôt. Ils rêvaient d’être parents ! Mais pour que ce bébé ait un toit sur la tête, il fallait s’activer, à présent, donc au boulot.
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