1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Marathon de juin

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MessageSujet: Marathon de juin   Mar 19 Mai - 9:52

Daniel – Oh ! s’écria Daniel après avoir donné un coup de sifflet. Calmez-vous, les gamins, ou je vous expulse !

Il fit signe au groupe de se disperser, sans tenir compte de la mauvaise humeur évidente de certains, qui étaient furieux d’avoir dû s’arracher du lit bien plus tôt que d’habitude pour le marathon, surtout un samedi matin. Daniel haussa les épaules, s’assurant plutôt que les élèves se rassemblaient bien aux endroits prévus, tous vêtus de leur uniforme de sport réglementaire. Un tee-shirt blanc frappé du logo de l’école, un short long et noir, des chaussures de sport et des chaussettes blanches. Il s’habillaient comme ils le voulaient pour le cours d’art martiaux, mais en sport, règlement oblige, tout le monde était vêtu de la même façon. Daniel vérifia encore les horaires de départs sur son bloc-notes, tout en marchant dans le parc pour vérifier que chacun était bien en tenue, cheveux attachés pour les filles, baskets bien lacées, etc. C’était traditionnel, chaque fin d’année, un marathon avait lieu avec tous les élèves de l’école, sur un parcours de six kilomètres, qui partait de l’école, passait par le village, puis dans les chemins forestiers avant de revenir vers l’école.

Courir était l’une des activités les plus saines, surtout pour des jeunes de cet âge. Les plus jeunes allaient partir en premier, puis les cinquièmes, et ainsi de suite. Les collégiens étaient beaucoup moins entraînés à la course de fond, le marathon autrement dit, ils mettront plus de temps avant de boucler le parcours. Enfin, ils allaient y arriver. Quelques professeurs passeront en vélo sur le parcours afin de ramasser les blessés, il y en avait toujours un ou deux qui se arrivaient à se tordre la cheville en ne faisant pas attention aux racines, et pour encourager ceux qui peinaient trop. Ils raccompagneront les tous derniers en fin de journée. Le parcours était balisé et fléché, personne ne pouvait se perdre. Il cria aux sixièmes de se mettre en place pour le départ, cela allait commencer. Valentin était occupé à réprimander un groupe de lycéens qui faisaient les andouilles. Daniel avait réussi à le persuader de ne pas suivre sur le terrain. Sa jambe raide le faisait beaucoup souffrir, en ce moment, et il se déplaçait avec difficulté.

Daniel – Prêt ?! Partez !

Les autres élèves crièrent des encouragements lorsque les benjamins du Pensionnat s’élancèrent en courant. Allez, c’était parti ! Il les observa lorsqu’ils passèrent devant lui, toujours pour s’assurer qu’il n’y avait pas de problèmes. Il y avait toujours une ambiance de fête, le jour du marathon, les élèves plus âgés tenaient des stands pour faire des boissons, ainsi que pour faire des démonstrations avec leurs dons. Il y avait des jeux à l’arrivée de la course, ceux qui savaient jouer d’un instrument en profitaient. Les cinquièmes ne partaient qu’une demi-heure après les sixièmes, il restait un peu de temps. Il leur rappela de bien s’échauffer, surtout, de profiter de ce temps pour se préparer. Tout en marchant parmi les élèves, il vit au loin le sous-directeur, qui avait mauvaise mine. Daniel détourna le regard, ne sachant plus comment se comporter avec lui. Il avait voulu bien faire, dans les sous-sols ! Mais le résultat avait été pire que mieux. La directrice avait été nettement plus efficace que lui, même s’il avait franchement eu peur en la voyant, avec ses étincelles.

Daniel – Tu vas bien, Adrien ? demanda-t-il en s‘arrêtant près de leur infirmier.

Adrien – Oui, ça va… Dis-moi, qu’est-ce que j’ai fait de mal, dernièrement ?

Daniel – Quoi ? Et bien… Rien, je pense, enfin je ne crois pas. Pourquoi tu me demandes ça ?

Adrien – J’ai l’impression qu’on m’évite franchement, depuis quelques jours.

Daniel – Oh, allons, sourit-il en lui tapotant l’épaule. Tu dois te faire des idées. Pourquoi veux-tu qu’on t’évite ?

Il haussa les épaules sans répondre, l’air perplexe et un peu blessé. Daniel essaya de lui sourire pour lui remonter le moral et continua son tour d’inspection. Il ne voyait vraiment pas qui pourrait éviter Adrien et surtout pourquoi ! Il avait le cœur sur la main et aidait tous ceux qu’il pouvait, même s’il prenait peu soin de sa propre santé. Il était calme, sans histoires, alors qui pourraient bien lui en vouloir ? C’était peut-être la perspective de devenir père qui le stressait ? Sarah venait de leur annoncer, pour sa grossesse, et ils étaient venus déjeuner chez lui et Alice pour fêter ça, un soir. L’arrivée d’un bébé, ce n’était pas rien ! Vérifiant l’heure, il fit rassembler et mettre en place les cinquièmes. Allez !
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mer 20 Mai - 14:29

Ce n’était pas possible d’avoir la paix juste deux minutes, ici ? Seulement deux minutes, il n’en demandait pas plus ! Enfin… Profitant de l’agitation de mise dans le parc, il se faufila dans un coin plus tranquille puis s’assit dans l’herbe, relevant son pantalon sur sa jambe gauche pour soigner sa blessure. Il s’était arraché un bout de peau, assez profondément, avec son don lors de son entraînement nocturne, il y a quelques jours. Aller à l’infirmerie avait été hors de question, bien entendu, car il aurait dû s’expliquer sur l’origine de cette blessure. Les collégiens possédant la foudre avaient pour interdiction totale de s’entraîner seuls, il devait y avoir un lycéen ou un professeur avec eux, afin d’éviter les accidents ou au moins courir chercher de l’aide en cas de pépin. Alexis avait appris à se soigner seul, avec des livres trouvés à la bibliothèque et beaucoup de pratique. Sa blessure avait une bien meilleure mine, ce qui lui arracha un sourire satisfait alors qu’il changeait le bandage. Il avait fait des progrès, avec son don, en y mettant beaucoup de cœur. Il ne sera plus sans défense face aux envahisseurs de l’école.

Remettant son pantalon en place, il jeta les bandages souillés à la poubelle, revenant vers les autres élèves. Tout en marchant, il s‘assura que les professeurs n’étaient pas dans le coin. Il n’avait aucune confiance en la majorité d’entre eux, ce n’était que des lâches moins courageux que des enfants. Leur prof d’histoire souriait tout le temps, naïve à point, alors que lui et d’autres élèves avaient déjà surpris son mari en train de faire joujou avec une autre femme. Quand allait-elle comprendre qu’il se fichait d’elle ? Elle était très gentille, c’était une femme douce et bonne pédagogue, alors Alexis n’en rageait que plus en voyant son mari se moquer d’elle ainsi. Tout le monde savait qu’il la trompait ! Tout le monde, sauf elle. Il l’aimait bien, même si elle était un peu douce. Quant aux autres profs… Humph. Une drogue, une hystérique-psychopathe, un simplet, trois effacées, un idiot naïf, etc. Cette équipe faisait pitié. Il était incapable d’aller les trouver en cas de problème et ne le fera sans doute jamais. Il n’avait pas confiance. Beaucoup avaient abandonnés face à l’armée et Alexis était persuadé que les derniers profs restants n’allaient pas tarder à le faire aussi.

– Hey, Alex, viens, ça va à notre tour !

Il alla rejoindre sa classe, se fondant dans les rangs, testant la solidité de sa jambe en tapant un peu au sol. Cela ira, normalement. Si vraiment il avait très mal, il s’arrêtera dans un coin pour reprendre son souffle puis continuera. Le parcours était très long, mine de rie, cette école exigeait le meilleur autant mentalement que physiquement. Tss… Il avait toujours eu l’impression d’être en prison, ici ! Trop de discipline, trop de rigueur, avec leurs uniformes et la messe, il avait tout cela en horreur. Alexis avait perdu foi en Dieu lorsqu’il avait réalisé qu’une aide divine ne pouvait exister dans un monde en guerre où des parents pouvaient abandonner leur propre fille et la jeter dans un orphelinat. Enfin… Lorsque le prof siffla pour le début de la course, ils ‘élança avec les autres et ne put retenir un petit gémissement de douleur lorsque sa jambe frappa al terre en courant, la douleur remontant dans tout le corps jusqu’au cœur. Il serra les dents en pâlissant un eu, fixant résolument la sortie du parc. Il n’allait quand même pas flancher à trois mètres de la ligne de départ !

Regardant autour de lui, il repéra les enseignants qui suivaient à vélo puis s’arrangea pour ne pas se retrouver à côté. Ils quittèrent le parc en petites foulées, sous le soleil, les rires et les conversations. Il se laissa porter par l’arrière, lui qui était toujours en avant d’ordinaire lors des épreuves sportives. Sa blessure n’était pas loin de la guérison complète, il n’avait pas envie qu’elle se rouvre. Donc doucement, prendre son temps, se laisser porter. Les élèves s’espaçaient, selon le rythme de chacun. Il arriva à Gray en ayant l’impression que sa jambe droite allait se déchirer en deux, sa blessure le brûlait. Il s’arrêtera en arrivant sur les chemins de campagne pour resserrer le bandage. Y parvenir fut une torture mais il stoppa dans un coin, laissant le groupe qu’il suivait le dépasser. S’appuyant contre un arbre, il vérifia l’état de sa jambe avec un grognement. Ça ne saignait pas mais le contour de la blessure était à vif. D’habitude, il gardait toujours quelques feuilles fraîches d’arnica avec lui pour ce genre de situation, mais il n’en avait pas sur lui pour la course. Il sursauta lorsqu’un lapin jaillit tout à coup des buissons à côté de lui puis se radoucit, avec un petit sourire.

– Oui, je m’en vais, c’est moi l’intrus ici.

Il repartit en essayant de ne pas trop forcer, dépassé par fois par quelques élèves qui couraient en petits groupes. Il devait avoir fait une vingtaine de mètres, après avoir dépassé le ruisseau près du petit chemin, lorsqu’il aperçut quelque chose de bizarre entre les arbres, plus loin dans la forêt. Mmh ? S’arrêtant au bord du chemin, il fit quelques pas entre les arbres, cherchant à voir ce que ça pouvait être. Si jamais c’était encore l’armée, il était prêt à utiliser son don ! Mais il ne vit rien du tout… Il n’y avait rien de bizarre ou anormal, la forêt était telle qu’à son habitude. Un peu perturbé, il reprit la course en silence, l’incident filant peu à peu de son esprit, la douleur se chargeant très vite de le remplacer. Tss, il fallait qu’il trouve une excuse pour justifier cette blessure avant d’aller à l’infirmerie ! Et pas du style « je viole toutes les règles de cette école car les règles sont faites pour être brisées ». Il n’avait pas envie de se prendre la tête ce week-end. Sinon, il pouvait aller à la pharmacie du village pour acheter ce qu’il fallait avec son argent de poche et demander conseil là-bas.

Il dû s’arrêter encore, beaucoup plus loin, avec un grognement de douleur, s’asseyant au bord du chemin en se tenant la jambe. C’était pas vrai ! Pourquoi ce foutu marathon devait-il être aujourd’hui ?! Un petit cinquième s’arrêta à son tour, lui demandant s’il allait bien. Il eut un sourire fatigué en hochant la tête, prenant un air rassurant.

– Je me suis cogné en tombant toute à l’heure, ça ira mieux dans une minute, t’en fais pas.

L’autre collégien hocha la tête puis continua la course. Bon… Il souleva la jambe du pantalon avec douceur puis grimaça en voyant le bandage se teinter de rouge. Et merde ! Il avait quoi, en plus ? Deux kilomètres ? Ou trois ? En tout cas, il était très loin de l’arrivée et il ne pouvait pas attendre qu’un prof passe. De un, il refusait de leur demander quoi que ce soit, surtout de l’aide, de deux, ça pouvait prendre des heures, de trois, il n’avait aucune excuse pour cette blessure, de quatre, il n’avait pas envie de s’engueuler avec qui que ce soit, de cinq, il détestait avouer ses faiblesses aux autres. Il se remit debout, en essayant d’ignorer l’élancement de sa jambe, puis continua, bon an mal an, plus en marchant qu’en courant. Il fallait bien avancer.
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mar 26 Mai - 19:42

Céleste avait peu dormi, cette nuit, principalement à cause de l’épisode de la veille. Lâcher son don… Elle ne cessait de regarder ses mains, comme si elles ne lui appartenaient plus, comme si elle ne revenait pas de ce qu’elle avait fait. Il avait été complètement fou ! Et si les choses avaient mal tourné, hein ? Enfin, soit… Au moins, Cyprien n’insisterait plus et la laisserait tranquille, maintenant. Enfin, peut-être. Ou pas. Céleste n’en avait aucune idée, à vrai dire, mais la veille l’avait suffisamment chamboulée pour réitérer l’expérience tout de suite. Oui, d’accord, elle savait qu’elle était capable de maîtriser son don et qu’elle était assez forte à cause de ses entraînements intensifs durant toutes ces années, mais tout de même. Y aller petit à petit, c’était très bien aussi !

La jeune professeure se leva, enfilant une tenue adéquate pour le marathon qui était organisé aujourd’hui, laissant dans cet appartement les souvenirs de la veille. Cette journée était une journée festive, avec des stands, des démonstrations, de la joie… Inutile de venir tout pourrir à cause de ce qu’elle vivait. En plus, Céleste s’était proposée pour faire le parcours à vélo afin d’encadrer les élèves. Elle avait besoin de bouger, de se dépenser un peu, alors veiller sur les élèves et ramener les blessés était logique pour elle. Céleste s’attacha les cheveux en un chignon serré pour éviter de les avoir dans les yeux, s’observa très brièvement dans le miroir pour voir si tout était bon et sortit de chez elle.

Au sein du Pensionnat régnait une agitation particulière, mais habituelle en journée de marathon. Il avait lieu tous les ans, leur donnant l’occasion de sortir du cadre des cours normaux, de se dépenser, de courir… Même les démonstrations restaient un souvenir heureux pour Céleste qui, pourtant, n’était pas du genre à se mettre au centre de l’attention lorsqu’elle était élève. Sur le chemin vers Gray, les élèves étaient encore endormis pour la moitié, incroyablement réveillés pour l’autre. En résumé, il y avait ceux qui auraient voulu profiter de leur samedi, et ceux qui étaient impatients de participer à cette journée, qui avaient sans cesse besoin de se défouler. C’était assez drôle à voir, les élèves les plus agités n’étant pas spécialement ceux auxquels les professeurs étaient habitués.

Céleste – Les sixièmes d’abord !

Céleste lança un regard noir à un élève qui venait de bousculer, sous ses yeux, un petit de sixième qui allait se mettre sur la ligne de départ. Chacun son tour ! Elle le réprimanda, lui rappelant les règles de savoir-vivre et de respect, appuyant sur le fait que le règlement du Pensionnat s’appliquait aussi en dehors de celui-ci. S’il n’était pas content, il pouvait rester avec la directrice qui s’occuperait de lui, aucun souci. Mais, étrangement, il parut effrayé à cette idée et se répandit en excuses en lui répétant qu’il serait sage, qu’il attendrait son tour, qu’il ne recommencerait plus. Céleste eut un sourire en remarquant l’effet que la directrice avait sur cet élève et le laissa rejoindre ses amis pour s’échauffer.

Daniel – Prêt ?! Partez !

Les sixièmes partirent immédiatement sous l’impulsion des encouragements de leurs camarades. Céleste les regarda partir de loin, sachant qu’elle avait un peu de temps avant de démarrer elle-même sur le vélo. Rappelant à l’ordre encore quelques élèves, jetant un œil à ceux qui faisaient des démonstrations pour éviter tout incident, la jeune femme se mit sur son vélo après une dizaine de minutes pour récupérer les possibles blessés et encadrer les élèves. Le parcours était fléché, les élèves ne pouvaient donc pas se perdre normalement. Cependant, certains essaieraient quand même de faire les malins, de prendre un quelconque raccourci stupide, et de se blesser. Daniel avait très bien organisé ça, il avait fait le plus gros, mais ils ne pouvaient pas prévoir tout ce qui passerait par la tête des élèves. Et elle avait raison… Après avoir parcouru une certaine distance, Céleste tomba sur deux élèves assis sur le côté du chemin, l’un d’entre eux se tenant la cheville.

Céleste – Que se passe-t-il ?

François – Mad… Heu… dit-il en devenant soudainement plus pâle.

Mais elle n’allait pas le manger ! Céleste était ici pour les aider ! En plus, François la connaissait, il était dans sa classe et se débrouillait avec la foudre. Alors, pourquoi avoir si peur ? Qu’avaient-ils fait qui puisse leur porter préjudice ? La professeure l’interrogea d’un regard pressant tandis qu’elle descendait de son vélo pour jeter un œil à l’élève qui tenait sa cheville. Rouge, un peu enflée, et il s’était blessé aux bras. Donc, que s’était-il passé ?

François – Il… Il voulait…

Elève – Je suis tombé et je me suis fait mal, c’est tout.

Bien sûr, juste tombé, hein ? Céleste lui lança un regard dubitatif, constatant les signes d’une dégringolade juste à côté d’eux, et un trou dans les buissons. Oui, il était tombé, effectivement. Il avait voulu prendre un raccourci alors que c’était complètement inutile ! Un marathon, oui, mais la tricherie était punie, alors pourquoi prendre des risques aussi stupides ?!

Céleste – Cela vous apprendra à vouloir prendre des raccourcis, dit-elle en se relevant. Bon, vous, vous venez avec moi, et vous, vous continuez la course. Je vous savais plus responsable que cela, vous me décevez. Allez, au pas de course !

François fit la moue et se remit à courir en lançant un regard à son ami. Pas de discussion, zou ! Elle n’allait certainement pas le laisser l’accompagner, son condisciple n’avait qu’à être plus sérieux et ne devait s’en prendre qu’à lui-même. Céleste le ramena lentement, ménageant sa cheville uniquement pour ne pas se faire frapper par Adrien, et parvint à rejoindre le point de départ avec l’élève. Les cinquièmes étaient partis, les quatrièmes aussi, elle venait d’en croiser sur le chemin, assez près de la ligne de départ. La jeune professeure amena l’élève qu’elle tenait au coin des blessés et appela Adrien.

Céleste – Il a voulu prendre un raccourci et est tombé, sa cheville était rouge quand je l’ai trouvé et je crois que c’est enflé, mais c’est à toi de voir. Bon… J’y retourne, on a la preuve que ce n’est pas cette année qu’ils vont rester sérieux.

Céleste s’efforçait de rester amicale avec Adrien. Elle lui avait dit ce qu’elle pensait, elle n’avait strictement rien contre lui. Oui, d’accord, il l’avait mal pris. D’accord, elle n’aurait peut-être pas dû lui parler comme cela. Mais il devait ouvrir les yeux ! Il se sentait moins bien ? Alors, qu’il arrête de se faire manipuler par sa femme. Elle était odieuse, Céleste n’avait jamais eu confiance en elle.  Se remettant sur son vélo, elle se remit en route pour faire le parcours et empêcher les élèves de prendre un quelconque raccourci, encore une fois.

Mais, fort heureusement, les autres élèves semblaient rester sérieux, ou du moins, pour l’instant. Elle put rouler un ou deux kilomètres sans problème, avançant très doucement, profitant simplement. Des arbres, de l’air frais, du calme. Après ce qu’elle avait vécu la veille, cela lui faisait le plus grand bien ! Et les élèves participaient vraiment, ne trichaient pas, étaient prudents… Ou presque. De loin, Céleste vit un élève s’arrêter et se pencher vers un autre élève, une silhouette par terre qu’elle ne pouvait pas encore identifier. Il se passa quelques secondes avant qu’il hoche la tête, puis reparte, mais le deuxième élève restait à terre. Elle se rapprocha encore, arrivant presque à sa hauteur, alors qu’il venait de se relever pour courir… non, marcher. Elle pouvait le reconnaître, à présent : Alexis Robert, un de ses élèves.

Céleste – Monsieur Robert, un problème ? Vous êtes blessé, pour être resté assis par terre un court moment ? Je vous ai vu de loin, vous étiez assis et une main sur votre jambe.

Céleste le jugea d’un regard, constatant qu’il avait vraiment l’air fatigué. Et il n’était pas à l’aise, mais elle ne comprenait pas pourquoi. S’il s’était blessé, il devait le lui dire ! Courir alors qu’on est blessé est complètement idiot, surtout s’il était fatigué également, il risquait de se casser une jambe en tombant mal.

Alexis – Non, ça va mieux, je m'étais fait mal il y a quelques jours, c'est tout.

Céleste – Alors, vous ne devriez pas courir. Je suis désolée, mais vous risquez de vous casser une jambe en étant déjà blessé et aussi fatigué. Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? Je vous ramène au départ, nous allons voir monsieur de Sora, il doit vous examiner.

Céleste ne laissa pas le choix à son élève, refusant qu’il continue le marathon dans cet état. Il ne devait pas courir s’il était blessé, c’était une question de logique ! Peut-être était-il déçu, ou peut-être jouait-il les costauds, mais la santé passait avant ce genre d’activités. Qui plus est, il aurait l’occasion d’y participer l’année prochaine, alors il devait se soigner. C'est tout... Si ce « c'est tout » était du même genre que pour le premier élève qu'elle avait ramené, il y avait quelque chose qu'il ne disait pas. Seulement, elle ne voyait pas ce qui s'était passé pour l'instant, elle préférait laisser le verdict à Adrien. Céleste fit une nouvelle fois le chemin inverse accompagnée, se disant qu’Adrien allait finir par avoir peur de la voir à force. Elle lui ramenait toujours des élèves blessés ! Mais au moins, c’était une preuve qu’elle prenait soin d’eux, n’est-ce pas ?

Avançant lentement, la jeune professeure surveillait son jeune élève du coin de l’œil, ayant l’impression que son état ne s’arrangeait pas du tout, que du contraire. Elle ralentit la cadence discrètement pour qu’il n’ait pas à forcer, convaincue qu’il s’était blessé et qu’il n’aurait pas dû participer à ce marathon. Il avait sans doute rouvert sa blessure, ou s’était peut-être foulé quelque chose ou… N’importe quoi du genre, mais ce n’était pas « tout » comme il le lui avait assuré. Arrivée à la ligne de départ, Céleste conduisit Alexis jusqu’à Adrien avec un regard d’excuse. Elle ne le faisait vraiment pas exprès !

Céleste – Il s’est blessé il y a quelques jours mais a quand même couru et je suis sûre qu’il a aggravé sa blessure… Tu peux regarder et me dire si, oui ou non, il peut continuer à courir ?

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Ven 29 Mai - 13:42

Océane avait toujours adoré les rencontres sportives, surtout pour l’ambiance de fête au pensionnat ! Elle filait sur les chemins de terre avec quelques amis de sa classe et des élèves en fin de cycle, ses cheveux volant derrière elle à chaque foulée. Il faisait un temps magnifique mais elle avait hâte d’arriver au bout de la course, pas pour se reposer, mais pour la fête ! Il y avait au pensionnat un groupe de musique avec  des lycéens qui s’était monté pour combattre un peu la déprime parmi les élèves, et aujourd’hui, Océane allait être leur chanteuse officielle ! Elle allait chanter en Japonais, langue qu’elle parlait couramment comme le Chinois grâce à des amis d’enfance qui vivaient au Japon. En plus, leur professeur de SVT avait accepté de jouer de la guitare avec eux ! Il leur avait dit qu’il fallait encourager les talents de la jeunesse et que ça remontera le moral de tout le monde. Trois guitaristes, une personne à la batterie, quelqu’un au violon, de façon rythmée bien sûr, plus un autre chanteur, Damien, qui parlait aussi Japonais. Quoi que chanter en cette langue pour les Français était moins difficile qu’en chinois, car les sonorités se ressemblaient.

Elle dépassait quelques élèves plus jeunes et croisa aussi des profs qui leur faisaient coucou en au passage. Tous emportés par l’ambiance et le rythme de la course, ils commencèrent à chanter en chemin, très bon exercice pour le souffle mais très perturbant pour ceux qu’ils croisèrent. Allez, on s’échauffe ! Oh, ce serait génial que Nakajima-sama chante avec eux ! Elle était certaine qu’il s’en sortirait très bien, en plus, et ça lui changerait les idées ! S’il venait les regarder, ce serait drôle, il ne devait pas souvent entendre chanter dans sa langue natale. Elle en rit sur le chemin, tout en discutant et en chantant avec animation. Ils étaient prêts ! Il avait répété durant plusieurs jours et ça plaira sûrement aux autres élèves. Il fallait favoriser l’échange des cultures, après tout, ne pas toujours avoir peur de l’inconnu et des étrangers. En plus, océane était bel et bien Française, elle était née dans ce pays, elle l’aimait, mais elle ne reniait pas ses origines pour autant.

Lorsqu’ils arrivèrent, il y avait déjà pas mal de monde d’arrivé dans le parc, participant aux jeux et s‘amusant. Parfait ! Elle courut rejoindre le groupe qui se mettait déjà en place, tapant sur l’épaule d’Antoine et de Laura au passage pour qu’ils viennent les voir, eux aussi. Ils allaient chanter une bonne partie de l’après-midi et de la soirée, il y avait une fête en fin de journée, mais autant commencer à s‘amuser dès maintenant. Toutes les chansons prévues étaient faites pour donner envie de bouger, danser, se lâcher à fond. Les profs avaient construits une estrade qui était posée dans l’herbe près du stand des boissons.

Océane – Prêt, Damien ?

Ils firent quelques accords, le temps que chacun puisse venir prêt de l’estrade. Elle avait un peu le trac mais elle était très heureuse et enjouée à l’idée de chanter et s‘amuser. Elle souriait en se mettant près du micro, comme son confrère, passant la guitare en bandoulière devant elle. Ils lancèrent la musique puis elle se jeta à l’eau à son tour, sa voix se mêlant et se calant sur celle de Damien, pour le duo qu’ils avaient répété jusqu’à l’épuisement.

Océane – Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai

Tel no mukou kurai kao shiteru
Kiridasu kotoba ni obietenda
Ittai itsu kara bokura konna kimochi ni
Kizukanai furi tsuzukete tanda
Deatta hi no you na ano suki tooru kaze no naka de
Yarinaoseru no nara mou ichido dakishimetai

Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai !


Il ne devait qu’y avoir une ou deux personnes dans le public qui comprenaient les paroles mais peu importe, il fallait juste se laisser entraîner par le rythme très soutenu de la chanson, qui parlait d’une jeune fille croyant être amoureuse mais qui en fait n’éprouvait qu’une amitié très forte pour son compagnon. L’histoire d’un amour frustré et de deux personnes qui ignoraient comment vraiment se parler. C’était simple, mais elle trouvait ça beau.

Océane – Suki datta hazu datta itsu datte koe ga kikitaku naru hodo
Sore nanoni te ga todoku saki no kimi ga mienaku narisouda

Heiki datte sugu gaman shiteta nowa
Kitto bokutachi no warui toko de
Itsumo issho ni itaitte omotteta noni
Surechigai wa genjitsu wo kaeta
Deatta hi no you na ano yawaraka na egao datte
Sugu ni tori modoseru ki ga shiteta dakishimetai

Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai

Damatta mama no kimi no te no hira
Tadori tsuita namida ga hajiketa
Konna bokutachi no jikan wo maki modoshite

Hitohira no hanabira ga mai ochita boku no tonari de ima
Machigatta koi datta nante wasurerareru hazu wa nainda

Suki datta suki datta ima datte sugari tsukitaku naru hodo
Sore nanoni te ga todoku saki no kimi ga mienaku narisouda.


Elle reprit encore plus vite sur le refrain avec Damien, adorant cette langue assez belle avec des consonances fortes, aussi rythmée que l’était le Français. Elle croisa le regard de son maître plus loin, enfin à peu près rétabli, et sourit de plus belle. Ils avaient réussi à faire danser une partie du public devant la scène, s’en donnant à cœur joie. Allez, c’était une fête ! Qu’il y ait des problèmes à l’école en devait pas les empêcher de s’amuser et profiter de leur jeunesse. Leur professeur de Sciences souriait largement lui aussi, tout en jouant de la guitare. Elle encouragea du regard les autres à faire de même, sourire, à tout donner, au moins pour cette journée.

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Lun 8 Juin - 15:15

Valentin avait discrètement parié avec lui sur le nombre d’élèves qui allaient encore trouver le moyen de se blesser bêtement cette année avec leurs bêtises habituelles. Ce n’était pas très bien vu de parier, surtout sur ce genre de sujet, mais un peu de distraction était toujours la bienvenue ! Il y avait une petite tente qui était dressée près de celle où on avait entreposé du matériel et autres affaires pour la fête. Un lit de camp pliable, un brancard, des affaires pour désinfecter, bander, soigner, laver. Il se tenait prête, enfilant sa blouse tandis que les élèves partaient par vagues sur le chemin du marathon. Les gamins avaient bien besoin de décompresser un peu, surtout avec les temps actuels. Il bâilla un peu en stérilisant quelques affaires en avance, se préparant. En général, il y avait pas mal de chevilles ou poignets tordus avant la fin de la journée, sans compter les éraflures et autres blessures coutumières. Son premier client lui fut très vite amené par Céleste, sur son vélo.

Céleste – Il a voulu prendre un raccourci et est tombé, sa cheville était rouge quand je l’ai trouvé et je crois que c’est enflé, mais c’est à toi de voir. Bon… J’y retourne, on a la preuve que ce n’est pas cette année qu’ils vont rester sérieux.

Il hocha la tête et vite asseoir le gamin sur la table, avant d’examiner sa cheville. Il s’efforçait de rester parfaitement courtois avec Céleste, même si elle avait insulté Sarah, car il détestait se disputer avec d’autres et parce qu’il ne voulait pas créer plus de tensions dans cette école. Il y avait bien assez de problèmes comme cela, non ? Il signa le jeune garçon, mettant un bandage léger sur sa cheville et son pied, sans serrer trop fort, mais pour lui, le marathon s’arrêtait là. Il lui sourit en voyant sa moue, lui disant qu’il retrouvera ses amis dès qu’ils auront fini la course. Un peu de bonne humeur ! C’était un jour de fête, aujourd’hui, il avait même entendu dire que des lycéens allaient donner un petit concert. Il le laissa filer dans le parc en boitant un peu puis s’occupa ensuite d’une collégienne qui avait glissé sur un chemin détrempé et s’était ouvert la lèvre. Là, ce n’est pas grave… Il en avait fini lorsque Céleste revint à nouveau, avec un autre collégien.

Céleste – Il s’est blessé il y a quelques jours mais a quand même couru et je suis sûre qu’il a aggravé sa blessure… Tu peux regarder et me dire si, oui ou non, il peut continuer à courir ?

Tss, pourquoi les enfants cherchaient-ils quand même à faire le marathon lorsqu’ils étaient blessés ? Il leva les yeux au ciel puis l’aida à s’asseoir sur la table, levant la jambe de son pantalon avec précaution. Tiens, il ne se souvenait pas de l’avoir reçu à l’infirmerie… il s’était soigné tout seul ? Il marmonna entre ses dents en voyant le bandage qui avait rougi puis l’ôta avec précaution, révélant une plaie assez grande, qui avait commencé à cicatriser, mais qui saignait encore. Il soupira, attrapant une compresse propre pour la presser contre la blessure.

Adrien – Mon garçon, quand on se blesse en cours, on va à l’infirmerie, au lieu de se soigner seul ! Avec quoi t’es-tu fait ça ? Le vent ou la foudre ?

Il souleva la compresse pour examiner la palie puis la désinfecta avant de la nettoyer. Il n’aurait jamais dû courir, il avait rouvert la blessure alors qu’elle était en cours de cicatrisation. Une fois fait, il dû recoudre un peu puis refit un bandage propre, un peu plus serré, avant de se laver les mains, se tournant vers sa collègue.

Adrien – Il ne pourra pas continuer à courir, non, c’est ça qui a rouvert la blessure. Mais pensez à bien l’envoyer tous les gamins qui se blessent avec leurs dons, même ceux qui veulent absolument se soigner seuls.

Il lui fit un sourire poli puis dit au jeune collégien de rester sans bouger un moment avant de filer s’occuper d’un autre gamin que Cyprien venait de conduire.

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Lun 8 Juin - 17:41

Céleste resta à côté d’Adrien en attendant le verdict. S’il pouvait courir, pas de problème, elle le ramènerait elle-même au point où elle l’avait trouvé. Mais, très sincèrement, elle avait de gros doutes et pensait qu’il cachait une blessure plus importante que ce qu’il n’avouait. Pourquoi refuser d’être soigné ?! Leur infirmier faisait de l’excellent travail. D’accord, il ne se soignait pas, ne s’occupait pas de lui, mais on ne pouvait lui reprocher de ne pas prendre soin des élèves. Alors pourquoi diable l’évitaient-ils ?! Céleste retint un soupir en voyant le bandage imbibé de sang du jeune Alexis. Et il avait couru avec ça… ? La réaction d’Adrien confirma ce qu’elle pensait, surtout lorsqu’il ôta le bandage que son jeune élève avait fait lui-même : c’était plus grave qu’une simple blessure.

Adrien – Mon garçon, quand on se blesse en cours, on va à l’infirmerie, au lieu de se soigner seul ! Avec quoi t’es-tu fait ça ? Le vent ou la foudre ?

… Pardon ? Céleste fronça les sourcils et jeta un œil à la blessure, révélée par la compresse qu’Adrien venait de soulever. Ce n’était pas à son cours qu’Alexis s’était fait cela. Elle l’aurait remarqué et était catégorique là-dessus. Il s’était entraîné dehors, elle l’aurait vu s’il s’était blessé, elle gardait un œil sur tous ses élèves et chacun savait qu’il devait se soigner immédiatement. La jeune professeure lança un regard sévère à Alexis, ne disant rien du tout pour l’instant, laissant Adrien faire son travail. Il dut même le recoudre… Mais bon sang, qu’avait-il derrière la tête ?! S’exercer seul avec son don, à cet âge-là, était beaucoup trop dangereux ! Il avait vu l’état de sa jambe ?! Pendant combien de temps espérait-il le cacher, au juste ? Adrien se lava les mains, une fois un bandage propre fait, et se tourna vers elle. Mais elle connaissait déjà le verdict et s’assurerait qu’il ne continue pas à courir.

Adrien – Il ne pourra pas continuer à courir, non, c’est ça qui a rouvert la blessure. Mais pensez à bien l’envoyer tous les gamins qui se blessent avec leurs dons, même ceux qui veulent absolument se soigner seuls.

Mais elle l’ignorait ! Il n’avait rien montré du tout ! Céleste laissa Adrien s’en aller pour s’occuper d’un autre élève, se plantant devant Alexis en croisant les bras. Elle le couva d’un regard furieux en tapant légèrement du pied sur le sol. Il était complètement inconscient ! Mais non, elle n’allait pas hurler. Les collégiens ne retenaient jamais la leçon lorsque l’on hurlait, la preuve avec Sarah qui passait son temps à leur crier dessus.

Céleste – Je peux savoir quand vous comptiez me le dire ? demanda-t-elle d’un ton dur en pointant le bandage.

Cette question n’attendait pas de réponse. Elle était furieuse, inquiète, se demandait pourquoi il avait fait une telle chose et ce qui lui était passé par la tête. On ne s’entraînait pas seul ! C’était interdit, en plus de mettre sa vie en danger, c’était celle de ses condisciples qu’il négligeait. Prudence était le maître-mot avec l’élément foudre, ne le leur avait-elle pas suffisamment répété ?!

Céleste – Ce que vous avez fait est une faute grave, monsieur Robert. En plus de vous entraîner avec votre don en dehors de votre cours d’élément, vous avez mis votre vie et celle de vos condisciples en danger ! Je vous répète depuis deux ans maintenant que vous devez être prudent, n’ai-je pas été assez claire là-dessus ? Vous voulez causer la mort d’un de vos camarades ? Vous n’êtes pas assez expérimenté pour vous contrôler à ce sujet-là, surtout pour avoir une blessure pareille !

Céleste le fixait sans ciller, réfléchissant à la punition qu’elle allait lui donner, les mains sur les hanches. Dans un premier temps, une retenue pour le faire réfléchir serait une bonne idée. En parler à la directrice, non, elle serait capable de l’exclure, surtout lorsqu’il s’agissait de la sécurité des autres élèves. Et l’exclure alors qu’ils approchaient des examens, elle ne le voulait pas. Il n’aurait rien appris et ce n’était pas son but. En plus de cela, la directrice avait autre chose en tête pour l’instant. L’exclure de son cours ? Non, surtout pas, même si elle surveillerait sa blessure avant chaque cours pour voir son évolution et juger si, oui ou non, il pouvait s’entraîner sans risque.

Céleste – Dans un premier temps, vous viendrez en retenue mercredi après vos cours. Ensuite, je tiens à vous avertir qu’avant chaque cours d’élément, je me renseignerai auprès de monsieur de Sora sur l’état de votre jambe pour savoir si vous pouvez participer sans risque ou si vous avez recommencé, comptez sur moi, il sera au courant et partagera sûrement mon avis. Il va de soi que je vous interdis formellement de vous entraîner en dehors de mes cours. Et je le saurai si vous recommencez.

Céleste fit une pause sans quitter son jeune élève des yeux. Elle n’avait pas hurlé mais se retenait vraiment pour ne pas alerter tout le monde dans les environs. Il était inconscient ! Comment pouvait-il jouer avec son don sans en mesurer tous les risques ?

Céleste – Je ne vous interdis pas de venir à mes cours et je ne vais pas avertir la directrice parce qu’elle tient à la sécurité de ses élèves et parce que vous avez besoin de suivre vos cours, surtout en fin d’année. Mais je vous attends, sans faute, dans mon bureau mercredi pour votre retenue. Ai-je été bien claire ?

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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mar 9 Juin - 11:23

Dès qu’il sera rentré au pensionnat, il ira changer le pansement vite fait, comme il faisait depuis quelques jours. En attendant, terminer le parcours sans rien dire, il était capable de ça. Il continuait à avancer lorsqu’il entendit un crissement de vélo juste derrière lui, qui lui fit tourner la tête. C’était sa prof d’élément, cette fois. Il resta impassible, bien qu’il ait voulu qu’elle passe son chemin. Il n’avait pas besoin de la Sarah numéro deux du pensionnat en ce moment, merci bien, ce n’était pas le moment. Tous les profs, à part un ou deux, pouvaient même arrêter de faire semblant et carrément passer à côté des élèves sans même les regarder, ce serait moins hypocrite.

– Monsieur Robert, un problème ? Vous êtes blessé, pour être resté assis par terre un court moment ? Je vous ai vu de loin, vous étiez assis et une main sur votre jambe.

Mais non, aucun problème ! Rien qui ne vaille la peine qu’on s’en soucie et encore moins qui puisse intéresser un « professeur » lâche et bien trop faible pour se soucier ne serait-ce qu’un minimum des élèves du pensionnat. Il était blessé, oui, mais il n’était pas question que qui que ce soit dans ce corps enseignant s’en occupe, il n’avait aucune confiance en eux, il avait envie de vomir juste en se trouvant à proximité. C’était même pire avec les profs d’éléments car il était tout à fait possible qu’ils n’empêchent pas les soldats d’avoir des informations sur l’évolution des élèves. Les quelques élèves qui étaient morts « par maladie ou accident » depuis le début d’année ne diront pas le contraire. Maladie ou accident… C’était facile de tout mettre sur le dos de ça.

– Non, ça va mieux, je m'étais fait mal il y a quelques jours, c'est tout.

Et en quoi ça pouvait bien la soucier ? Elle n’avait que ça à faire ? Elle voulait perdre du temps, s’amuser, faire semblant d’être utile à quelque chose ? Si c’était le cas, elle pouvait aller jouer avec quelqu’un d’autre, lui pouvait très bien se passer de la compagnie d’un « prof » insensible.

– Alors, vous ne devriez pas courir. Je suis désolée, mais vous risquez de vous casser une jambe en étant déjà blessé et aussi fatigué. Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? Je vous ramène au départ, nous allons voir monsieur de Sora, il doit vous examiner.

Oh, il risquait de se casser l’autre jambe, c’était si grave que ça ? Si au moins il pouvait se briser le cou, il n’aurait plus à subir ça… Mais il y avait sa petite sœur, il ne pouvait se jeter dans le lac pour se noyer en la laissant comme ça, complètement seul. Il rentra en boitant, sentant le sang imbiber le bandage, chaud, presque doux, alors que la blessure l’élançait. Il y avait toujours des accidents quand on s’entraînait seul mais à ses yeux, ça restait moins dangereux que de s’entraîner sous le nez de cette femme. La collaboration pouvait aller très loin, n’est-ce pas ? Il retint une grimace, retournant vers le parc le long du chemin qui partait du village pour remonter vers l’école. Les lycéens n’étaient pas encore tous partis, ils attendaient le signal en trépignant. Il alla jusqu’à la petite tente de l’infirmerie avec la prof, sachant déjà ce qui allait se passer. Ils allaient crier par qu’il n’avait pas respecté le règlement, comme si c’était la faute la plus grave au monde, et lui allait faire semblant d’écouter la prof, sans rien dire.

– Il s’est blessé il y a quelques jours mais a quand même couru et je suis sûre qu’il a aggravé sa blessure… Tu peux regarder et me dire si, oui ou non, il peut continuer à courir ?

Alexis s’assit sur la table que l’infirmier lui désigna, voyant, lorsqu’il enleva le bandage tâché de sang, que la palie saignait quand même beaucoup. Et bien tant pis, ce genre d’accident arrivait toujours, mais il n’avait pas l’intention de se décourager pour autant. Oui, c’était un don dangereux, oui, il prenait de risques, oui, il pourrait se tuer. Il était inconscient, c’est vrai, mais personne n’avait le droit de lui ordonner de prendre soin de sa propre vie. Cette école toute entière était mortelle. Il grimaça lorsque l’infirmier appliqua une compresse, appuyant sur la blessure.

– Mon garçon, quand on se blesse en cours, on va à l’infirmerie, au lieu de se soigner seul ! Avec quoi t’es-tu fait ça ? Le vent ou la foudre ?

Foudre, exact, ça se voyait. Le vent produisait des coupures plus nettes et souvent plus profondes, il l’avait vu avec certains de ses amis. Il ne bougea pas lorsqu’Adrien le soigna, mitigé. Il n’était pas mauvais mais il avait quand même épousé la hyène et Alexis ne savait pas quoi penser de lui, s’il était du côté de l’école ou de celui des militaires. Beaucoup disaient qu’il était avec la direction de l’école puis longtemps mais rien n’était sûr. Il jeta un coup d’œil au bandage, pensif. On ne savait jamais vraiment à qui se fier, sauf avec ceux qui montraient sans doute possible pour quelle cause ils se battaient.

– Il ne pourra pas continuer à courir, non, c’est ça qui a rouvert la blessure. Mais pensez à bien l’envoyer tous les gamins qui se blessent avec leurs dons, même ceux qui veulent absolument se soigner seuls.

Et pour cause… La hyène numéro deux ne tarda d’ailleurs pas à se planter devant lui. Il lui rendit son regard, étonné de trouver encore des adultes qui lui inspiraient encore moins de respect que ses propres parents, il n’aurait pas cru ça possible. Quoi que, il exagérait, madame hyène numéro une gardait quand même la première place dans sa liste de lâches. Certains profs étaient gentils, même s’ils étaient couards, par contre, d’autres étaient lâches et invivables, ce qui leur enlevait toute la crédibilité qui leur restait. C’était un peu lamentable, à ses yeux. A la rigueur, on pouvait accepter qu’une personne n’ait aucun courage, mais pas que cette personne collabore sans aucune honte.

– Je peux savoir quand vous comptiez me le dire ? demanda-t-elle d’un ton dur en pointant le bandage.

Jamais, bien évidemment. Il ne répondit pas, toujours assis sur la table, le regard morne. Lui dire puis deux jours plus tard, finir hospitalisé à cause d’un « accident » ? Ou d’une « maladie », ça marchait aussi, comme variante. Puis plus tard, mettons une semaine après, on annoncerait en classe qu’il était mort, d’une façon tout à fait tragique. Regrettable, n’est-ce pas ? Comme Valentine, Oscar et quelques autres. On les oubliait, c’était la vie, on pleurait puis on passait à autre chose. Et pour les amis, il ne restait plus qu’une profonde révolte et le dégoût.

– Ce que vous avez fait est une faute grave, monsieur Robert. En plus de vous entraîner avec votre don en dehors de votre cours d’élément, vous avez mis votre vie et celle de vos condisciples en danger ! Je vous répète depuis deux ans maintenant que vous devez être prudent, n’ai-je pas été assez claire là-dessus ? Vous voulez causer la mort d’un de vos camarades ? Vous n’êtes pas assez expérimenté pour vous contrôler à ce sujet-là, surtout pour avoir une blessure pareille !

Et c’était elle qui l’accusait de mettre en danger ses amis ? Il aurait pu en rire s’il ne trouvait pas cela aussi pathétique ! Au lieu de ça, il se contenta de la regarder, sans ciller, alors qu’elle mettait les mains sur les hanches. Il s’entraînait toujours seul et isolé, il ne mettait personne en danger à part lui-même ! Et lorsqu’il voyait une personne se faire agresser, il allait l’aider, il ne se contentait pas de passer son chemin comme si de rien n’était, sans même prévenir une personne plus apte à aider.

– Dans un premier temps, vous viendrez en retenue mercredi après vos cours. Ensuite, je tiens à vous avertir qu’avant chaque cours d’élément, je me renseignerai auprès de monsieur de Sora sur l’état de votre jambe pour savoir si vous pouvez participer sans risque ou si vous avez recommencé, comptez sur moi, il sera au courant et partagera sûrement mon avis. Il va de soi que je vous interdis formellement de vous entraîner en dehors de mes cours. Et je le saurai si vous recommencez.

Il se retint d’hausser les épaules, fatigué de cette conversation. Quelle importance, qu’elle le sache ou non, qu’il recommence ou non ?! Dans le meilleur des cas, elle le renverra de l’école, dans le pire des cas, il aura juste droit à quelques cris pour son comportement, ce ne sera pas la première fois. Il n’avait rien demandé à personne, lui ! Vraiment désolé de ne pas avoir confiance en elle et donc de ne pas la respecter. S’il pouvait partir d’ici, ce serait le plus beau ! Partir, intégrer une école d’art, où il ferra vraiment ce qu’il aimait ! Il n’était ici qu’à cause de son don et rien d’autre. C’est ce qu’on appelait un cadeau empoisonné, ce truc.

– Je ne vous interdis pas de venir à mes cours et je ne vais pas avertir la directrice parce qu’elle tient à la sécurité de ses élèves et parce que vous avez besoin de suivre vos cours, surtout en fin d’année. Mais je vous attends, sans faute, dans mon bureau mercredi pour votre retenue. Ai-je été bien claire ?

– Bien sûr, très clair, même si je ne comprends pas ce que ça peut bien changer pour vous si je suis blessé ou pas. J’ai cru comprendre que ce n’était pas vraiment la priorité de nos professeurs, ces derniers temps. Et ne vous gênez surtout pas pour me renvoyer de vos cours, je préfère m’entraîner seul et risquer d’y rester plutôt que d’assister à des cours donnés par des collabos.

Il espérait vraiment qu’elle le renvoie de ses pseudos-cours, voire de l’école. Il lui restera assez de temps pour s’inscrire ailleurs en septembre, avoir enfin de l’air, voir autre chose, fuir d’ici et essayer d’étouffer son don. Il haussa les épaules d’un air agacé, blasé, se demandant pourquoi tant s’obstinaient à garder un certain respect pour leurs professeurs. Il n’y avait aucun respect à avoir pour des personnes qui n’hésitaient pas à vous jeter dans les bras de la mort sans aucune hésitation.

– Je ne peux pas juste être renvoyé de l’école ? Pour trouver le moyen d’étouffer ce don ou le faire disparaître.
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mar 9 Juin - 17:50

Alexis – Bien sûr, très clair, même si je ne comprends pas ce que ça peut bien changer pour vous si je suis blessé ou pas. J’ai cru comprendre que ce n’était pas vraiment la priorité de nos professeurs, ces derniers temps. Et ne vous gênez surtout pas pour me renvoyer de vos cours, je préfère m’entraîner seul et risquer d’y rester plutôt que d’assister à des cours donnés par des collabos.

Céleste se retint de lever les yeux au ciel, exaspérée par de telles pensées, tandis que son élève haussait les épaules d’un air agacé. Il pensait que tous les professeurs étaient contre les élèves et elle ne pouvait le lui en vouloir, mais il ne s’attaquait pas à la bonne personne. Elle les aidait ! D’accord, à sa manière et sans pouvoir agir avec son don, mais elle réfléchissait et avait essayé d’échafauder un plan avec Cyprien pour ramener Daniel et Alice et garder Adrien. Elle n’était pas « sur le terrain », mais elle se battait comme elle le pouvait. Si Alexis pensait vraiment qu’elle collaborait, elle n’allait pas l’obliger à la croire. Céleste serait bien mal placée pour demander à quelqu’un de lui faire confiance, après tout… Seulement, qu’il s’entraîne seul et risque sa vie, ou la vie de ses amis, elle ne le permettait pas. Elle ne voulait pas qu’il passe le reste de son existence à regretter.

Alexis – Je ne peux pas juste être renvoyé de l’école ? Pour trouver le moyen d’étouffer ce don ou le faire disparaître.

La jeune professeure sentit un poids énorme lui tomber dans l’estomac, blêmissant à vue d’œil en regardant Alexis. Il voulait étouffer son don… Elle avait l’impression d’être projetée plusieurs années en arrière, le souvenir des événements de la veille toujours très frais dans son esprit. Elle ne voulait pas être la personne qui allait tout briser, qui allait lui dire que c’était impossible et qu’il devait vivre avec. Et pourtant, Céleste était la mieux placée pour le faire… Sa colère disparue avec cette « révélation », elle regardait Alexis avec un air triste, cherchant les mots, la manière de le dire, baissant d’un ton cependant pour éviter que d’autres les entendent discuter. Inutile de mettre tout le monde au courant, si son élève l’avait gardé pour lui, il y avait une raison. Céleste poussa un soupir et s’installa sur une chaise qui traînait là. Par où commencer ? Il n’avait même pas confiance en elle…

Céleste – Je sais que vous ne me faites pas confiance et je ne peux pas vous y obliger. Mais je ne suis pas contre vous, ce n’est certainement pas moi qui irai dire quoi que ce soit aux militaires. Gardez votre méfiance, elle vous sauvera, mais je ne suis pas contre vous et j’aimerais que vous le gardiez en tête pour ce que je vais vous dire.

Céleste joignit ses mains sur ses jambes et posa un regard sérieux sur son élève, cherchant ses mots. Elle ne voulait pas tout détruire ! Et pourtant… Il valait mieux que ce soit elle qui le dise à Alexis plutôt que la directrice ou un autre professeur. Les élèves qui voulaient faire taire leur don n’étaient pas spécialement bien vus, ici, quelle que soient leurs motivations. Et pourtant, ils avaient le droit de le vouloir ! Mais c’était impossible. Elle-même en avait fait les frais, le vivait au quotidien en craignant son don et se retrouvait obligée à le lâcher avec un couteau sous la gorge. Elle ne voulait pas mourir. Ce don faisait partie d’eux, ils devaient l’accepter. Cependant, Céleste ne voyait pas comment faire accepter une telle chose à un élève en une seule discussion alors qu’elle-même ne l’avait accepté qu’après plusieurs années… D’ailleurs, Alexis ne semblait pas enclin à parler puisqu’il marmonna avant de répondre, bien que Céleste devine ses pensées.

Alexis – Vous perdez votre temps... Parler de ça ne sert à rien.

Céleste – Ecoutez-moi, dit-elle d’un ton sans réplique. Je sais ce que vous ressentez, j’ai été à votre place, moi aussi. Vous devez comprendre que ce don fait partie de vous… Il coule dans vos veines, influence votre caractère, vous vient d’un membre de votre famille qui l’avait hérité d’un parent, et ainsi de suite depuis des générations.

Céleste se tut un instant pour s’assurer que son élève l’écoute toujours et enregistre bien ce qu’elle allait lui dire. Il devait comprendre, même si c’était très dur à expliquer lorsque l’on a fait cette découverte il y a moins de vingt-quatre heures. Seulement, c’était elle, sa vie et uniquement la sienne. Ici, il s’agissait de celle d’un élève qui s’apprêtait peut-être à faire la même bêtise qu’elle. Et il ne le fallait pas.

Céleste – Un don vient de très loin, il est inscrit dans nos gênes et nous ne pouvons pas jouer avec tout cela… Ce que ces militaires font vous le prouvent et vous n’êtes pas indifférent à tout ce qui se passe, vu votre réaction. S’ils n’ont pas réussi à faire ce qu’ils voulaient, vous devez vous douter que c’est pour une raison bien précise. On ne peut pas étouffer un don. C’est impossible…

Elle camoufla la pointe de tristesse qui perçait dans sa voix du mieux qu’elle le pouvait mais se sentait horriblement mal à l’aise. La discussion de la veille avec Cyprien, la sensation qu’elle avait ressentie en utilisant son don, en le lâchant beaucoup plus que de coutume après deux ans… Tout revenait en force. Céleste baissa la tête un instant, posant le regard sur ses mains pour se reprendre quelques secondes, avant de la redresser.

Céleste – Une personne qui cherche à étouffer son don risque de mourir. Il doit sortir, s’exprimer… C’est comme si on vous privait d’air. Essayez de transformer vos raisons d’étouffer votre don en forces, en motivations pour progresser et apprendre à maîtriser la foudre. Mais n’essayez pas de contenir votre don… Vous ne ressentirez peut-être pas les conséquences après un an, mais croyez-moi, elles seront néfastes après plusieurs années. Et je refuse de vous voir vivre cela. Contrairement à ce que vous pensez, je n’en ai pas « rien à faire ».

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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mer 10 Juin - 13:50

Il gardait le regard fixé droit devant lui, sur un vélo posé contre le rebord de la tente. Un passant extérieur aurait pu se demander ce que ce vélo avait de si extraordinaire, pour qu’il le fixe avec autant d’intensité. Il évitait de regarder la « prof », comme cela, toujours furieux et révolté. Elle pouvait bien le coller jusqu’à la fin de ses jours si elle voulait mais elle ne devrait pas s’interdire de le renvoyer de ses cours ! Une fois, il avait demandé au sous-directeur si on ne pouvait pas le renvoyer, si un élève pouvait demander ça. Il avait reçu un regard stupéfait en retour puis s’était éclipsé avant d’avoir à fournir des explications. Il avait plusieurs fois été jusqu’au bureau de la directrice mais s’était toujours dégonflé au dernier moment. Elle était une des rares qui défendaient encore cette école alors il n’avait pas eu le cœur d’aller la trouver pour balancer qu’il voulait partir. Ses parents refusaient de l’enlever d’ici, s’ils se souvenaient d’avoir un fils, déjà, à la base.

– Je sais que vous ne me faites pas confiance et je ne peux pas vous y obliger. Mais je ne suis pas contre vous, ce n’est certainement pas moi qui irai dire quoi que ce soit aux militaires. Gardez votre méfiance, elle vous sauvera, mais je ne suis pas contre vous et j’aimerais que vous le gardiez en tête pour ce que je vais vous dire.

Bah voyons… Ce n’était pas avec des paroles qu’on pouvait convaincre qui que ce soit mais avec actes. Et personne n’avait jamais vu cette femme faire quoi que ce soit, c’était pourtant simple ! Ils avaient Adrien, l’infirmier, revenir en courant et se cacher des militaires. Ils avaient vu le sous-directeur défendre des élèves. Ils avaient vu al directrice frapper un médecin fou et faire tomber un orage violent sur les militaires. Ils avaient vu aussi le Père Vilette cacher un jeune homme du village et l’aider à s’enfuir ensuite. Mais elle, elle restait dans son coin et ne faisait rien. Pourquoi devrait-il perdre du temps à l’écouter ? Il continuait de fixer le vélo, sans tourner la tête, toujours assis sur la table.

– Vous perdez votre temps... Parler de ça ne sert à rien.

– Ecoutez-moi, dit-elle d’un ton sans réplique. Je sais ce que vous ressentez, j’ai été à votre place, moi aussi. Vous devez comprendre que ce don fait partie de vous… Il coule dans vos veines, influence votre caractère, vous vient d’un membre de votre famille qui l’avait hérité d’un parent, et ainsi de suite depuis des générations.

Et alors ? Quelle importance, d’où venait un don et pourquoi ? Et pourquoi, au nom du ciel, se fatiguait-elle à lui dire ça alors qu’elle voyait très bien qu’il n’avait pas envie de parler ?! Même si ne collaborait pas vraiment avec les militaires, il n’en restait pas moins qu’elle n’agissait pas. C’était à cause de personne comme elle qu’Oscar était mort ! S’il n’avait pas eu son don, s’il n’avait pas été plus puissant que ceux de sa classe, si… Il serra les mains sur le rebord de la table, jusqu’à en faire rentrer les arrêtes dans la peau. Pas question de pleurer devant elle, quoi qu’il arrive.

– Un don vient de très loin, il est inscrit dans nos gênes et nous ne pouvons pas jouer avec tout cela… Ce que ces militaires font vous le prouvent et vous n’êtes pas indifférent à tout ce qui se passe, vu votre réaction. S’ils n’ont pas réussi à faire ce qu’ils voulaient, vous devez vous douter que c’est pour une raison bien précise. On ne peut pas étouffer un don. C’est impossible…

Est-ce que ça empêchait vraiment de ne s’en servir qu’un minimum, le moins possible, juste quelques fois par an s’il le faut ? Cela changera quoi ? Dommage que l’armée, n’ait pas trouvé le moyen de faire disparaître un don, ils auraient eu de nombreux candidats très intéressés. Il baissa le regard, fixant le sol à présent. Laisser un don disparaître, avoir une vie normale, ce serait si bien. Plusieurs élèves seraient toujours vivants. Des adultes aussi. Il lisait les journaux et régulièrement, certains articles parlaient de disparitions étranges, de personnes possédant des dons puissants. Il se demandait pourquoi la directrice n’élargissait pas son champ d’action, pourquoi elle ne s’adressait pas directement à tout le pays… Elle avait du soutien, pourtant, même lui s’en rendait compte… Si elle le voulait, elle pourrait mener une révolte populaire ! Quoi que, non, le pays était déjà au bord de la guerre civile, ça ne servait à rien de souffler sur les braises.

– Une personne qui cherche à étouffer son don risque de mourir. Il doit sortir, s’exprimer… C’est comme si on vous privait d’air. Essayez de transformer vos raisons d’étouffer votre don en forces, en motivations pour progresser et apprendre à maîtriser la foudre. Mais n’essayez pas de contenir votre don… Vous ne ressentirez peut-être pas les conséquences après un an, mais croyez-moi, elles seront néfastes après plusieurs années. Et je refuse de vous voir vivre cela. Contrairement à ce que vous pensez, je n’en ai pas « rien à faire ».

– Et alors ? souffla-t-il en essuyant vite fait la larme qui avait roulé sur sa joue. Je ne serais pas le premier à mourir de ça, ni le dernier.

Il descendit de la table, appuyant un peu sur sa jambe en marchant pour tester le degré de douleur. Mais l’infirmier avait fait du bon boulot, sa jambe l’élançait mais il ne saignait plus et tenait bien debout. Il en profita pour retourner dans le parc, cherchant un droit tranquille en boitillant. Il finit par se laissa tomber au pied d’un arbre, en lisière de la forêt, puis ramena ses genoux contre lui, entourant ses jambes de ses bras. C’est bon, il n’en pouvait plus. Il fourra sa tête entre ses bras, posant le front sur ses genoux, puis se relâcha enfin, pleurant doucement sur la mort de son meilleur ami. Profitant que personne n’allait venir le voir, les derniers élèves partant pour le marathon et les autres n’étant pas encore arrivés.
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Adeline Brian
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MessageSujet: Re: Marathon de juin   Mar 16 Juin - 16:58

Ils avaient de la chance qu’il fasse aussi beau, Adeline avait entendu à la radio qu’il y avait des risques d’orage, ce mois-ci. Elle courait en longues foulées régulières dans les chemins de frontière, ses cheveux attachés en queue-de-cheval sautant par à coup derrière elle selon le rythme de sa course. Le marathon annuel était un excellent moyen pour voir de suite ceux qui avaient été un minimum sérieux durant l’année pendant les cours de sport, car ils étaient seuls à ne jamais s’arrêter et à ne pas briser le rythme en essayant de prendre des « raccourcis », qui se terminaient mal, la plupart du temps. Elle avait déjà croisé deux élèves plus jeunes qui se faisaient ramener par les profs à l’infirmerie, après avoir voulu couper au plus court et se blessant au passage. De quoi terminer l’année avec une attelle au bras ou en béquilles, c’était très utile, bravo ! Elle leva les yeux au ciel en voyant un élève de troisième se relever d’un buisson en pestant contre les raccourcis qui n’étaient plus ce qu’ils étaient. Suis les flèches comme tout el monde, il t’arrivera moins de bricoles !

Elle continua sa course en longeant un champ, maîtrisant son souffle, dépassant quelques collégiens et un lycéen à la traîne. Tout cela avait un air de fin d’année… La chaleur du mois de juin, les révisions pour les examens, le tournoi d’arts martiaux et le marathon, les options choisies pour les classes de première, le baccalauréat qui se préparait, les projets pour cet été qui se consolidaient. Elle sourit toute seule tout en courant, songeant à ses propres vacances. Elle n’avait pas encore de projet clairement défini, ayant envie de faire plusieurs choses. Son père ne pourra peut-être pas prendre de permission donc elle se retrouvait livré à elle-même, mais ce n’était pas si grave, il n’était pas obligé de s’en excuser tous les jours, elle pouvait se débrouiller. Elle pouvait prendre le train pour aller voir des amis ou de la famille, par exemple, ou faire elle ne savait encore quoi.

Elle arriva assez vite à l’école, ayant couru plus rapidement qu’elle ne l’aurait dû. Elle s’arrêta un moment pour reprendre son souffle et boire toute une gourde d’eau, un peu assommée par le soleil qui avait tapé très fort. Océane passa tout à coup à côté en agitant les bras vers d’autres élèves. Ils allaient faire une animation ? Elle s’approcha, curieuse, puis vit un petit groupe de musique se monter, avec Océane, d’autres lycéens, et même le prof de SVT. Elle sourit en les regardant se préparer, n’ayant jamais entendu Océane chanter et très curieuse de la voir à l’œuvre. Pas mal d’élèves eurent le temps de se rassembler près de l’estrade avant la première chanson. Puis les premiers accords s’élevèrent, les deux lycéens mêlant leur voix pour une chanson en Japonais.

– Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai

Tel no mukou kurai kao shiteru
Kiridasu kotoba ni obietenda
Ittai itsu kara bokura konna kimochi ni
Kizukanai furi tsuzukete tanda
Deatta hi no you na ano suki tooru kaze no naka de
Yarinaoseru no nara mou ichido dakishimetai

Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai !


Si l’accent et les sonorités lui étaient devenus familiers, Adeline n’avait en revanche strictement aucune idée de ce que signifiaient les paroles. Elle se laissa porter par le rythme, souriante, car la jeune fille chantait très bien, tout comme son collègue du jour. Ils y mettaient du cœur et cela se voyait, tout comme le prof de sciences qui se donnait à fond dans son rôle de guitariste. Elle dansa un peu avec quelques autres élèves de sa classe, s’amusant, profitant pleinement de cette journée.

– Suki datta hazu datta itsu datte koe ga kikitaku naru hodo
Sore nanoni te ga todoku saki no kimi ga mienaku narisouda

Heiki datte sugu gaman shiteta nowa
Kitto bokutachi no warui toko de
Itsumo issho ni itaitte omotteta noni
Surechigai wa genjitsu wo kaeta
Deatta hi no you na ano yawaraka na egao datte
Sugu ni tori modoseru ki ga shiteta dakishimetai

Hitohira no hanabira ga yurete iru boku no tonari de ima
Machigatta koi datta sonna koto omoitaku wa nai

Damatta mama no kimi no te no hira
Tadori tsuita namida ga hajiketa
Konna bokutachi no jikan wo maki modoshite

Hitohira no hanabira ga mai ochita boku no tonari de ima
Machigatta koi datta nante wasurerareru hazu wa nainda

Suki datta suki datta ima datte sugari tsukitaku naru hodo
Sore nanoni te ga todoku saki no kimi ga mienaku narisouda.


Beaucoup d’élèves dansaient, à présent, se laissant emporter par la musique et l’enthousiasme des chanteurs. Beaucoup d’activités commençaient à se déployer dans le parc, entre les démonstrations de dons, les duels d’arts martiaux improvisés, les jeux, les tirs à la corde ou autres, la musique, c’était vraiment un jour de fête ! Elle se mêla aux autres, jouant avec son propre don pour amuser les enfants et s’essayant à la lutte avec d’autres élèves. La joie était contagieuse, tout le monde devait profiter de cette journée, l’un des dernières festives avant les examens.

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