1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 La foudre n'aime pas l'imprécision

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Rosalie Mercier
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MessageSujet: La foudre n'aime pas l'imprécision   Mer 29 Avr - 10:08

Rosalie se roula en boule dans son lit sous la couverture, geignant alors que sa voisine lui secouait l’épaule pour la pousser à se lever. Elle avait très mal dormi et n’arrivait pas à se réveiller, pas sa faute ! Il lui fallut dix minutes pour réussir à se traîner jusqu’à la salle de bain, puis au réfectoire pour le petit-déjeuner. Elle piquait tant du nez qu’elle aurait pu s’écrouler sur place sans prévenir. Pendant, la messe, elle se pelotonna au fond dans un coin, se servant de Laura comme d’un oreiller moelleux à souhait, puis se rendormit presque aussitôt. Elle n’était pas Chrétienne mais Protestante, n’assistant à la messe que par obligation et parce qu’elle ne voulait pas dévoiler sa foi ici, au risque d’avoir des ennuis. Elle dormit durant toute la messe, imaginant qu’elle était revenue chez elle, dans le petit canapé du salon. Le dimanche soir, elle était blottie contre sa grand-mère, le chat de la maison dans les bras, alors qu’elle lui racontait une histoire de sa jeunesse. Loin de tous les problèmes, loin de tout. Elle avait peur d’arriver trop fatiguée pour son cours d’élément et donc de commettre une grave erreur. Ce serait dangereux.

Une fois la messe terminée, il fallut revenir au Pensionnat pour le début des cours. Elle avait maths, puis son cours d’élément, ce matin, deux heures à chaque fois. Elle se frotta les yeux tout le long du trajet, voyant à peine où elle allait, s’accrochant au bras de Laura pour ne pas tomber. C’était bien d’avoir quelqu’un de plus grand pour vous guider, dans ces moments-là. Elle quitta son amie au premier étage pour rejoindre sa classe et ses copines. Elle aimait bien les mathématiques mais elle n’aimait pas trop leur professeur, madame de Sora. Elle criait beaucoup, fort, donnait sans cesse des punitions à tout le monde et elle notait trop sévèrement. Avant le pensionnat, Rosalie avait plutôt une bonne moyenne en maths, elle avait toujours aimé la logique et les sciences. Mais sa moyenne avait chuté de presque cinq points dès le début de l’année et ça ne s’arrangeait pas. Elle avait voulu demander de l’aide à leur professeur pour améliorer son travail mais elle s’était entendue répondre que c’était de sa faute, que c’était elle qui ne travaillait pas assez.

Rose fit la moue en ouvrant son cahier, regardant ses exercices de géométrie faits la veille au soir. Elle travaillait, pourtant ! Les maths étaient une des matières où elle s’efforçait de réviser plus car elle avait du mal, mais ça ne suffisait pas. Une fois, à un contrôle, elle n’avait que neuf même si tous ses calculs étaient bons, elle avait perdu des points car elle n’avait pas suivi le même raisonnement que celui donné en cours. Elle avait trouvé cela profondément injuste, ses calculs étaient bons en plus ! Elle mordilla son crayon alors que le cours débutait, regardant ce que la prof inscrivait au tableau. Elle se concentrait sur le cours, essayant de suivre malgré la fatigue causée par sa nuit blanche. Être en pleine forme et bien réveillée pour son cours d’élément, c’était très important. Vital, même. Elle ne voulait pas être blessée. Elle inscrivit les chiffres au crayon de bois, clignant des yeux pour se réveiller. Dormir… Juste un peu.

– La prof te regarde, chuchota Sandra en biais. Ferme pas les yeux.

Oui, oui, d’accord. Elle fit un effort pour se redresser, regrettant de ne pas pouvoir prendre juste une minute pour s’étirer. Le cours s’éternisait, elle commençait à vraiment se sentir mal. Elle avait pourtant bien mangé ce matin… Enfin… Assez, non ? Il fallait manger plus quand on avait très mal dormi ou comme d’habitude ? Elle n’en savait rien, elle ! Elle n’était pas du genre à mal dormir, un point c’est tout, et ne s’était donc jamais posée ce genre de questions. Lorsque la fin du cours sonna, elle alla se passer très vite de l’eau sur la figure avant d’aller en classe de foudre, au second étage. Voilà, elle était un peu plus réveillée, tout allait bien ! Elle respira un bon coup avant d’entrer en classe, grimaçant en voyant qu’ils avaient cours pratique. Pour une fois, elle aurait aimé se contenter de la théorie…  Restant sagement en arrière, elle écouta les explications, bien plus pâle et silencieuse que d’habitude. On lui avait assez répété que cet élément était encore plus dangereux lorsque vous étiez distrait ou épuisé.

– On va faire beaucoup d’exercices ? demanda-t-elle à son voisin alors que tout le monde se dispersait dans la salle.

Il hocha la tête avec un sourire. Mais elle ne voulait pas blesser quelqu’un… Elle se mit au travail avec un temps de retard, hésitant franchement, car elle n’était pas du tout concentrée. Elle avait vraiment le droit d’utiliser son don dans ces cas-là ? Jetant un regard autour d’elle, elle s’assura que personne n’était à côté d’elle avant de produire timidement de petits éclairs, qu’elle envoyait contre un panneau de bois.
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: La foudre n'aime pas l'imprécision   Lun 11 Mai - 0:33

Céleste – Je dois y aller, je donne cours. Tu me tiens au courant pour sa fièvre ?

Céleste sortit de l’appartement de Kimmitsu au moment où Cyprien venait prendre la relève. Il était malade, la fièvre ne cessait de monter, mais elle commençait sérieusement à douter de l’hypothèse « fièvre parce qu’il est malade ». Ce n’était pas simplement cela… Elle ne cessait d’y penser, incapable de se sortir une impression de déjà-vu de la tête. Elle aussi, elle avait ressenti des choses étranges il y avait de cela à peine quelques années. Elle s’était sentie horriblement mal, malade, incapable de bouger, frigorifiée. Augmenter le chauffage n’y faisait rien, comme si le froid venait de l’intérieur… Et il venait effectivement d’elle-même. Cette sensation dura quelques jours jusqu’à s’estomper, la laissant avec son deuxième don.

Céleste – On ne court pas dans les couloirs ! hurla-t-elle.

Céleste arriva assez vite jusqu’à la salle de classe d’élément, les élèves attendant qu’elle ouvre la porte. Elle commençait par les plus jeunes, aujourd’hui, donc les exercices seraient tranquilles et normalement inoffensifs. Ils s’engouffrèrent alors dans la salle, certains plus impatients que d’autres qui semblaient dormir. Allons, on se réveille ! Le cours n’est pas fait pour dormir, ils doivent rester concentrés et attentifs, surtout ici, surtout aujourd’hui. Quiconque semblait trop endormi et pas assez sur ses gardes sortait, telle était la règle et ils le savaient. Ils allaient revoir pour l’examen, la date butoir approchant dangereusement. Elle ne voulait voir personne échouer ou être trop peu prudent, chacun devait se maîtriser à fond et ne pas douter. Surtout, ne pas douter.

Céleste – Aujourd’hui, pratique ! Comme vous le savez, vos examens approchent. Nous allons donc consacrer ces derniers cours à revoir tout ce que vous avez appris cette année. Je ne veux pas de doute, d’hésitation, ou de fausse manœuvre le jour de votre examen. Vous êtes jeunes, mais vous avez un don puissant et vous devez sûrement en être conscients étant donné que je vous le répète depuis le début de l’année.

Céleste balaya la salle du regard, toutes les petites têtes blondes tournées vers elle. Sa voix forte résonnait en échos, se répercutant sur les murs et amplifiant considérablement sa voix. Tout était calme, silencieux, on pouvait entendre une mouche voler. Et c’était le but. Ces derniers cours étaient les plus importants, ceux qui les conduiraient directement à l’examen, ceux durant lesquels ils pouvaient encore se permettre de se tromper pour travailler les erreurs qu’ils commettaient. Elle était là pour cela. Pour éviter les erreurs, même si leur don n’était pas encore trop développé, même s’ils ne risquaient vraisemblablement rien de très grave. Cependant, avec les tests des militaires…

Céleste – Les cinquièmes, je veux que vous vous mettiez face à une cible, chacun, et que vous refassiez les exercices étudiés depuis le début de l’année. Surtout, devant la cible et rien d’autre !

Cédric – Pourquoi ? Nous n’allons même pas les utiliser et c’est nul de viser sur une cible !

Céleste – Vous voulez sans doute blesser un de vos camarades ? demanda-t-elle d’une voix dure. Je ne vous laisserai pas faire une telle chose, mais je vous en prie, je ne vous retiens pas si vous trouvez que mes cours sont « nuls ».

L’élève grondé se ratatina sur place sans plus oser dire quoi que ce soit et s’exécuta sagement lorsque Céleste leur donna le feu vert pour aller se placer face à leur cible. Un tel comportement était désespérant ! Comment pouvait-il encore douter de ses paroles alors qu’il savait que son don était dangereux ?! Vraiment… Une fois que les élèves de cinquième année furent lancés dans leurs propres exercices, la jeune professeure se tourna vers les plus jeunes de l’école. Elle ne comptait pas donner tout son cours en différenciant les deux années, bien sûr, mais le début n’était qu’un échauffement de façon à leur remettre tous les gestes et exercices en tête. Cependant, pendant qu’elle parlait, Céleste remarqua une de ses élèves à moitié endormie. Elle n’allait pas participer, n’est-ce pas ? Admettre que l’on est fatigué est primordial et faisait partie de la base de l’apprentissage.

Céleste – Vous allez faire la même chose avec tous les exercices que vous connaissez, sur les cibles que vous voyez là-bas. Je passerai auprès de chacun de vous pour voir si vous vous débrouillez, n’hésitez pas à m’appeler si vous n’y arrivez pas. Au boulot !

Céleste lança un regard à la petite Rosalie, curieuse. Participera ? Participera pas ? Elle devait faire attention et ne pas tenter le diable ! D’accord, le don des élèves de sixième et cinquième étaient moins développés, mais aussi relativement instables selon l’état moral et physique de la personne qui le détient. Elle-même l’avait vécu et expérimenté, alors elle refusait catégoriquement que quelqu’un ne se surestime par orgueil. La vie n’a pas de prix, chose qu’elle essayait d’inculquer à ses élèves dès le premier jour de l’année. Du coin de l’œil, Céleste vit Rosalie hésiter et ne pas faire de geste, puis faire apparaître timidement des étincelles. Bon… Au moins, elle réalisait qu’elle était fatiguée. Mais elle devait oser le dire ! La jeune femme se rapprocha de son élève, l’observant encore quelques instants.

Céleste – Un problème, Mademoiselle Mercier ?

Ce n’était pas une question. Sa jeune élève devait savoir qu’elle savait tout et qu’elle avait remarqué sa fatigue. La question, maintenant, était de savoir ce qui se passait exactement et pourquoi elle ne l’avait pas prévenue d’elle-même. Céleste était sévère, elle était dure, elle l’admettait. Mais jamais, ô grand jamais, elle n’abandonnait ses élèves.

Céleste – Je sais que vous êtes fatiguée. Mais pourquoi ne pas me l’avoir dit directement ? Quelle en est la raison ? Vous savez que venir au cours d’élément, surtout un cours pratique, est dangereux lorsque l’on ne se maîtrise pas. Je vous le répète depuis le début de l’année ! Je refuse de vous voir risquer la vie de vos camarades parce que vous êtes fatiguée, alors je vous écoute. Que se passe-t-il ?

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Rosalie Mercier
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MessageSujet: Re: La foudre n'aime pas l'imprécision   Lun 11 Mai - 16:27

Allez, on se réveille, maintenant, elle ne pouvait quand même se laisser abattre comme ça alors qu’il restait peu de temps avant les examens de fin d’année. Elle voulait réussir et passer à l’année supérieure ! N’empêche que… Non, c’était ridicule. Elle repensait à ce que lui avait dit Laura, sa réaction lorsque Rosalie lui avait parlé de l’armée, puis ce qu’elle lui avait raconté ainsi, qu’il fallait se méfier et tout. La petite sixième ne comprenait pas pourquoi elle avait répété ça. Les militaires avec qui elles parlaient n’étaient pas dangereux ! Ils lui avaient toujours répondu et jamais méchamment. Celui à qui elle avait demandé avait pris le temps de lui expliquer pourquoi elle ne pouvait pas essayer leurs tests, il avait pris le temps de lui répondre qu’elle était encore trop jeune et inexpérimentée. Donc ils n’étaient pas si affreux… Pour elle, l’année n’avait pas été une « catastrophe ». Elle avait beaucoup appris, s’était amusée, n’avait pas trouvé ces mois si perturbants que ça. Les militaires protégeaient la population, non ?

Elle regarda ses mains, fermant les poings pour faire disparaître les étincelles. Elle se demandait si elle devait culpabiliser de vouloir entrer dans l’armée, elle aussi, comme tout le monde les détestait. Mais elle ne voyait pas où était le mal ! Elle voulait juste grandir, se sentir à sa place, développer son don. En faire quelque chose, être utile aux autres. Le problème de son élément était qu’il s’exportait très difficilement dans le monde professionnel. Elle en voyait pas comment elle pourra le développer une fois qu’elle aura terminé les cours et cela l’effrayait. Sans avoir de grandes ambitions, elle voulait tout de même progresser. Quand elle se maîtrisera à la perfection, elle saura qu’elle n’y aura plus de risques de tuer accidentellement quelqu’un ! Et elle n’avait pas cent façons différentes de parvenir à ça, il lui fallait un métier où elle pourra s’entraîner souvent, un lieu où personne n’aura peur d’elle et où elle pourra utiliser son pouvoir. Comme ça, adulte, elle ne tuera personne. Une ombre la recouvrit tout à coup et elle leva le regard.

– Un problème, Mademoiselle Mercier ?

Oups. Elle avait dû voir que Rose ne travaillait pas comme les autres. La fillette rougit légèrement, prise en faute. Mais elle allait s’y mettre ! Il fallait jute qu’elle s’écarte un tout petit peu pour ne pas faire de bêtises, voilà tout, elle n’avait pas envie de blesser quelqu’un. Même si elle savait que Mme Dumoulin pouvait intervenir à tout moment pour contrôler les dérapages, la fillette n’avait pas envie de la décevoir en étant la cause d’un accident. Elle n’avait encore jamais blessé personne et n’allait pas commencer aujourd’hui. Elle allait vraiment s’éloigner pour s’exercer, promis. Comme ça, personne ne risquera rien et sa professeure n’aura aucune raison de la réprimander.

– Je sais que vous êtes fatiguée. Mais pourquoi ne pas me l’avoir dit directement ? Quelle en est la raison ? Vous savez que venir au cours d’élément, surtout un cours pratique, est dangereux lorsque l’on ne se maîtrise pas. Je vous le répète depuis le début de l’année ! Je refuse de vous voir risquer la vie de vos camarades parce que vous êtes fatiguée, alors je vous écoute. Que se passe-t-il ?

Mais elle… Rosalie rougit un peu plus, ses poings serrés contre sa poitrine, sur la petite croix qu’elle portait au cou, sous sa chemise d’uniforme. Il fallait prévenir, dans ce cours, quand on était fatigué ? Ça ne suffisait pas, de se mettre à l’écart des autres ? Elle avait dû louper l’information en cours d’année, consciente qu’elle pouvait être peu attentive lors des cours théoriques.

– Je pensais que ça irait si je restais un peu à l’écart, dit-elle en re-baissant la tête. Mais ce n’est rien, je ne veux déranger personne, je tiens vraiment à bien faire.

Elle réalisa au même moment que finalement non, elle ne pouvait pas bien faire… Car après tout, même si elle était très jeune, on l’avait peut-être repoussé car son don était trop faible, par rapport à d’autres enfants de son âge ? Elle avait bien vu lors des entraînements que des sixièmes ou cinquièmes étaient parfois plus avancés que les autres. Donc c’était peut-être de sa faute, elle ne s’exerçait pas assez.

– Madame, mon don est plus faible que les autres, c’est ça ? demanda-t-elle tout à coup en se retournant vers elle. C’est pour ça qu’on m’a dit que j’étais trop jeune ? Je m’exerce, pourtant ! Je veux vraiment le maîtriser, comme ça, quand je serais adulte, je ne mourrai pas comme mes parents. Mais ça ne suffit même pas, ils me l’ont dit. Comment je dois faire ?

Elle leva un regard plein d’espoir sur sa professeure, persuadée qu’elle saura lui dire comment s’exercer pour devenir plus forte.

– Je veux progresser, même si je suis jeune.
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: La foudre n'aime pas l'imprécision   Mer 20 Mai - 19:20

Céleste attendait, voyant son élève rougir et serrer les poings contre sa poitrine. Inutile de jouer la petite élève fragile, elle savait que Rosalie n’était pas du genre à commettre de graves erreurs mais il suffisait d’une fois, une seule et unique fois, pour que tout dérape et dégénère. Et la jeune femme refusait cela, pas dans son cours, pas ici. Elle avait posé sa candidature pour conscientiser les jeunes élèves et leur apprendre l’importance et la dangerosité de leur don, leur faire prendre conscience qu’il était dangereux et qu’ils ne pouvaient pas en user à loisir. Elle le répétait encore et encore, toujours, à chaque cours. Et, apparemment, ça ne suffisait pas ! Ce n’était pas le genre de Rosalie, elle était consciencieuse, il fallait qu’elle fasse attention.

Rosalie – Je pensais que ça irait si je restais un peu à l’écart, dit-elle en re-baissant la tête. Mais ce n’est rien, je ne veux déranger personne, je tiens vraiment à bien faire.

Hum. Bon, d’accord, elle allait se reposer et semblait vraiment avoir retenu la leçon. Céleste allait s’en aller pour la laisser se reposer, au moins un peu, sans la sanctionner, et la jeune adolescente serait en forme au prochain cours. Ce n’était pas pour une fois ! Ce qui importait, dans ce cours, était d’être en forme et la jeune professeure ne voulait pas que ses élèves soient traumatisés ou gênés lors du cours suivant pour une question de fatigue. Ils pouvaient rester, observer, mais hors de question qu’ils fassent d’exercices s’ils étaient fatigués. C’était le seul critère sur lequel Céleste refusait toute discussion, sécurité oblige.

Céleste regardait sa jeune élève de haut en bas, essayant d’estimer son niveau de fatigue. Elle voulait la calmer, la rassurer, lui dire qu’elle n’aurait aucun ennui et qu’elle devait seulement rester à l’écart pour éviter de blesser quelqu’un. Mais comment ? Ce n’était pas dans ses habitudes, seulement, l’armée plombait le moral des élèves et elle n’avait pas envie de leur retirer un cours qu’ils adoraient, surtout Rosalie. Céleste cherchait ses mots mais la collégienne la devança.

Rosalie – Madame, mon don est plus faible que les autres, c’est ça ? demanda-t-elle tout à coup en se retournant vers elle. C’est pour ça qu’on m’a dit que j’étais trop jeune ? Je m’exerce, pourtant ! Je veux vraiment le maîtriser, comme ça, quand je serais adulte, je ne mourrai pas comme mes parents. Mais ça ne suffit même pas, ils me l’ont dit. Comment je dois faire ?

« Ils me l’ont dit »… ? Ils… Non. Non, non, non. Elle ne pensait pas sérieusement à rejoindre l’armée et les guetteurs, n’est-ce pas ? Elle était en train de plaisanter, ou alors Céleste avait mal compris, mal interprété les paroles de sa jeune élève. Oui, c’était sûrement cela, il n’y avait pas d’autres solutions. Rejoindre les guetteurs, enfin ! Avait-elle seulement idée de ce que cela représentait ? Connaissait-elle les conséquences de cet engagement, ce qu’ils faisaient endurer aux élèves, ce à quoi ils étaient destinés – même si personne ne le disait platement – ? Non, définitivement, non ! Rosalie ne pouvait rejoindre ce mouvement.

Céleste dévisageait l’adolescente, choquée, terrifiée, mais restait impassible extérieurement. Elle avait seulement brièvement ouvert la bouche, sous le coup de la surprise, puis l’avait refermée pour ne pas effrayer les autres élèves. S’engager chez les guetteurs… Dans l’armée… Elle avait ONZE ans, enfin ! Onze ans et elle voulait vraiment entrer dans l’armée… Comment lui faire comprendre que c’était mauvais, néfaste, et que l’armée n’était pas faite pour elle, qu’elle aggravait la situation de l’école et que les choses n’allaient pas en s’améliorant à cause d’elle ? Céleste ne savait pas ce qu’elle pouvait répondre, alors que la petite levait un regard rempli d’espoir vers elle. Chez les guetteurs…

Rosalie – Je veux progresser, même si je suis jeune.

Céleste – Je ne vous empêche pas de progresser, dit-elle d’emblée.

Non, elle ne voulait pas l’empêcher de progresser, loin de là. Les objectifs de Rosalie étaient logiques, et la jeune professeure la comprenait sans problème de par son passé. Cependant, il fallait qu’elle comprenne que mettre son don au service de l’armée était une mauvaise idée. Céleste lui indiqua une direction pour se mettre sur le côté et ne pas déranger les autres élèves qui s’entraînaient. Ne pas être dans le chemin pour ne rien risquer, elle devait la raisonner sans pour autant menacer sa vie. Elle se mit face aux élèves pour ne pas leur tourner le dos et pouvoir tous les voir, de façon à intervenir très rapidement en cas de problème. Voilà, maintenant, elle pouvait lui parler. Céleste croisa les bras en regardant sa jeune élève. Il fallait qu’elle comprenne !

Céleste – Votre but est tout à fait louable, ce n’est pas moi qui vais vous reprocher de vouloir maîtriser votre don. Seulement, il faut que vous ouvriez les yeux, l’armée est dangereuse : les guetteurs vont vous manipuler et vous utiliser pour leurs propres besoins. Au risque de blesser, ou pire, d’autres personnes qui n’auront rien fait. Et je sais que ce n’est pas ce que vous souhaitez.

Ses paroles étaient peut-être dures, mais Céleste connaissait Rosalie depuis le début de l’année, la voyait progresser et faire d’énormes efforts. Elle ne devait pas tout anéantir comme cela ! Elle pouvait progresser, s’améliorer, mais ce n’était pas plus mal si l’armée la refusait. Au moins, elle ne risquait pas sa propre vie…

Céleste – Vous n’êtes pas plus faible que vos condisciples, ajouta-t-elle en souriant. Je ne souhaite pas vous voir vous engager dans l’armée uniquement pour progresser, vous pouvez tout autant vous améliorer en cours ! Si vous trouvez vraiment que vous n’êtes pas assez forte, ou si vous pensez être vraiment faible, je veux bien m’occuper moi-même de vous et vous donner des cours particuliers, mais je vous demande d’éviter les guetteurs.

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Rosalie Mercier
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MessageSujet: Re: La foudre n'aime pas l'imprécision   Lun 1 Juin - 13:56

– Je ne vous empêche pas de progresser, dit-elle d’emblée.

Ah ? Donc elle voulait bien lui dire si elle était plus faible que les autres ou s’il y avait un problème chez elle ? Merci ! Elle se rangea du chemin des autres lorsque sa prof lui fit signe, admettant qu’elle ne devait pas déranger. Elle aimerait bien savoir, maintenant, car cela la rongeait depuis quelques jours. Et surtout, elle voulait qu’on arrête de la considérer comme une petite fille bien idiote qui ne comprenait rien ! Elle avait l’impression qu’il n’y avait que Flavien qui la comprenait ici. Mais elle était persuadée que madame Dumoulin allait la comprendre. Après tout, elle était gentille ! Et grande, et forte, et puissante, et compréhensive, donc elle saura l’aider, c’était sûr ! Rosalie lui vouait une admiration sans borne depuis le premier jour où elle était entrée au pensionnat. Elle avait d’abord été éblouie par ses très beaux yeux bleus, puis par son don. Elle aussi sera forte comme elle un jour ! Elle voudrait l’avoir comme professeur jusqu’à la fin de sa scolarité mais elle ne s’occupait que des collégiens. Rose n’avait jamais osé lui demander pourquoi, même si elle le voudrait.

– Votre but est tout à fait louable, ce n’est pas moi qui vais vous reprocher de vouloir maîtriser votre don. Seulement, il faut que vous ouvriez les yeux, l’armée est dangereuse : les guetteurs vont vous manipuler et vous utiliser pour leurs propres besoins. Au risque de blesser, ou pire, d’autres personnes qui n’auront rien fait. Et je sais que ce n’est pas ce que vous souhaitez.

Rosalie eut comme l’impression de recevoir brusquement une douche froide… Elle… Alors madame Dumoulin aussi pensait que… Elle se fit violence pour ne rien laisser paraître, ayant l’impression d’entendre Laura à nouveau. Elle devait faire attention, elle devait ouvrir les yeux, armée égal danger… Une fois de plus, on lui soutenait qu’il ne pouvait y avoir personne de gentil dans l’armée, uniquement des fourbes et des manipulateurs. Alors qu’ils n’étaient pas tous comme ça ! Et qui voudrait la manipuler ou se servir d’elle, en plus ? Elle avait onze ans, un don assez faible, elle ne savait pas se battre. Brillant, comme recrue, en effet ! Mais elle voulait apprendre ! Progresser, essayer, s’améliorer. Elle ne pensait pas que ce soit trop demandé.

– Vous n’êtes pas plus faible que vos condisciples, ajouta-t-elle en souriant. Je ne souhaite pas vous voir vous engager dans l’armée uniquement pour progresser, vous pouvez tout autant vous améliorer en cours ! Si vous trouvez vraiment que vous n’êtes pas assez forte, ou si vous pensez être vraiment faible, je veux bien m’occuper moi-même de vous et vous donner des cours particuliers, mais je vous demande d’éviter les guetteurs.

– Mais tous ceux qui sont dans l’armée ne sont pas tous mauvais, souffla-t-elle. On m’a déjà dit que l’armée est dangereuse, mais personne n’a encore admis que même là-bas, il y a des personnes qui n’approuvent pas ce qui se fait ici. Mais merci… Je vais me débrouiller…

Elle se mordit les lèvres puis retourna à sa place initiale, mais le cœur n’y était plus. Elle était épuisée et en avait assez que personne ne veuille comprendre. Fatiguée, mais surtout déçue, si déçue que madame Dumoulin ait exactement le même discours que les autres, que rien ne change, qu’elle était toujours considérée comme une gosse incapable. Elle ne produisait que des étincelles, s’arrêtant pour se frotter les yeux. Elle devrait parler de tout ça à Flavien, pour qu’il lui dise ce qu’il pensait de tout ça. Et aussi au pasteur, elle ira le voir dimanche prochain. Elle soupira, retenant un bâillement. Elle aimerait que quelqu’un comprenne…
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