1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Merci, Colonel

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Isabelle Robin
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Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Merci, Colonel   Dim 12 Avr - 18:34

Isabelle grimaça légèrement lorsque le médecin la fit s'allonger dans son lit, rabattant les couvertures sur elle. Elle avait assez mal à la tête, encore, mais les calmants l'aidaient. Elle se mit aussi bien qu'elle le put, assez contente qu'on ne lui ait pas posé de perfusion. Elle se sentait bien, mieux du moins, alors inutile de la traiter comme une malade en phase terminale. Elle se demandait plutôt comment allait le Colonel, s'il avait pu se reposer lui aussi et s'il allait venir avec la Générale avant de rentrer à Gray. Ils devaient parler plus tranquillement de ce qui s'était produit aujourd'hui, de comprendre surtout. Pourquoi les avoir attaqués comme cela ? L'hypothèse du test n'était pas entièrement à écarter mais elle devait être sûre. Elle ramena un peu plus haut la couverture, ayant froid dans cette espèce de chemise blanche d'hôpital. Elle refermait les yeux lorsqu'on toqua à la porte de la chambre. Déjà ? Elle se redressa à nouveau, puis vit avec surprise entrer toute une troupe dans sa chambre. Le Colonel était en tête et lui fit un très grand sourire. Elle répondit timidement, elle était désolée de lui avoir causé du soucis.

– Je vais mieux, lui dit-elle en se mettant comme il faut.

Que s'était-il passé, avec ça, pour que l'ambiance vole aussi bas ? La générale avait l'air sur le point de commettre un meurtre, fixant une fille blonde que le lieutenant se souvenait d'avoir vu une ou deux fois à Gray. Que lui voulait-elle ? Et d'ailleurs, que faisait-elle ici ? Pourquoi tout le monde était ici ?

– Alors... Tu as emmené ici une élève de l'école en prenant le risque de la tuer en cours de route ou la perdre dans Paris... sans aucune autorisation... Dehors, de suite, on va en discuter.

Elles quittèrent la chambre toutes les deux et les premiers cris éclatèrent presque aussitôt. Isabelle ne comprenait plus ce qui se passait, qui était cette fille, pourquoi leur supérieure hiérarchique hurlait, pourquoi il y avait tant de civils dans sa chambre, pourquoi... Tss, elle était épuisée. Elle avait déjà un peu de mal à se souvenir du trajet entre l'endroit affreux où elle s'était réveillée et l'hôpital. Elle manquait d'entraînement ! Elle s'était laissée avoir bêtement, de un, elle n'avait pas pu défendre le Colonel, de deux, elle avait causé du soucis à tout le monde, de trois, elle était clouée au lit pour une blessure bénigne, de quatre. C'était ridicule ! Elle comptait bien sortir d'ici, dès le lendemain, et demander à faire un stage d'entraînement intensif. Elle se remettra en forme, ainsi, et cessera de se couvrir de honte. Surtout avec son grade, elle n'était pas censée se laisser avoir comme cela, c'était indigne.

– Elle va se faire liquider sur-place, la gamine... Ce n'était pas le bon moment pour débarquer.

Mais qui était cette fille, au juste ? Tout le monde semblait peiné pour elle. Bon, se faire engueuler comme ça par la directrice avait de quoi être traumatisant, mais qu'avait-elle fait, au juste ? Elle retint un soupir, palpant sa blessure la couverture, touchant le bandage pour évaluer l'étendue des dégâts. Cela ne prendra pas tant de temps que ça pour la cicatrisation, à son avis, peut-être un jour ou deux. Ce n'était pas la peine de s'en faire, elle avait déjà subi des blessures plus importantes que celle-ci, avait déjà été soignée très vite sur un champ de bataille, évacuée par ses collègues. Ceci dit, les snipers étaient moins exposés aux balles ennemies que les autres soldats.

Quelle petite ? Ah oui, Laura. Isabelle cessa un instant de suivre la conversation fermant un bref moment les yeux pour se reprendre. Plus vite elle sortira d'ici et mieux ce sera ! Elle n'avait pas vocation à perdre plus de temps que nécessaire dans un hôpital, elle n'était pas faite pour rester tranquillement installée dans un coin sans rien faire. Si elle avait fuit la vie de femme au foyer, ce n'était pas pour rien. Elle n'était pas comme beaucoup de ces femmes qui suivaient sagement les conventions sociales en restant chez elles à élever des enfants. Elle préférait travailler, ne se souciait pas de l'avis du ceux qui trouvaient honteux de la voir en uniforme, et encore moins de ceux qui s'insurgeaient de voir une femme être sniper. Elle ne s'attachait pas les cheveux pour être respectable en société mais pour une question de pratique, ne pas avoir de mèches devant les yeux lorsqu'elle tirait.

Il y avait peu de femmes dans l'armée, c'était vrai, mais comment regretter son choix ? Même si elle était blessée ou déconsidérée, elle continuera. parce qu'elle avait une personne à protéger. Et tant que cette personne n'aura pas atteint ses objectifs, elle n'hésitera jamais à appuyer sur la gâchette afin d'atteindre la personne qui sera dans sa ligne de mire, afin de jouer son rôle de protectrice. Elle n'avait pas suivit la formation de sniper uniquement parce qu'elle aimait les fusils de précision, mais parce que cette formation offrait la possibilité d'améliorer bon nombre de techniques dans la protection rapprochée. Elle ne devait pas perdre son niveau, quoi qu'il arrive.

– Pas rassuré, vraiment ? Peu importe, du moment que ça lui met du plomb dans la cervelle.

Elle eut un faible sourire, alors qu'il revenait vers elle en lui demandant comment elle se sentait. Mieux, allons-nous dire, elle n'allait pas s'effondrer. Elle répondit à son sourire, assurant qu'elle se sentait bien. Voyant qu'elle tremblait un peu à cause du froid, il prit sa veste d'uniforme posée sur la chaise et la lui donna pour qu'elle la mette sur ses épaules. Elle le remercia, se remettant à peu près droite sur ses oreillers.

– Je suis navrée de vous causer des ennuis, je manque d'entraînement.

C'était son devoir de le protéger, pas l'inverse. Il secoua légèrement la tête, s'asseyant près du lit sur la petite chaise dédiée aux visiteurs.

– Vous manquez d'entraînement, vraiment ? Vous êtes parmi les rares à toucher votre cible à plus d'un kilomètre de distance.

Mais elle ne parlait pas de ça ! Et savoir viser ne valait rien si vous ne pouviez pas voir votre cible. C'était cela, le plus important, de repérer votre cible avant de pouvoir la toucher. Trouver un point élevé, puis regard, observer le plus attentivement possible, puis bloquer la cible et lui tirer dessus. Les snipers étaient des assassins, finalement. Ils donnaient la mort à distance, sans que l'on puisse prévoir ou esquiver, ni même voir le coup arriver. Mais pour lui, pour le protéger, elle continuera à tirer.

– Ça ne change rien si je ne vois pas ma cible.

– Faites-moi juste confiance, tout va bien se passer. C'est aussi mon rôle de veiller sur mes subordonnés, alors n'en faites pas trop. Et je ne vais pas embaucher les services d'un autre sniper, je ne veux pas me séparer de vous.

– Ah... Vous êtes sniper ?

Elle hocha la tête, se frottant un peu la hanche près du bandage. Et non, elle ne comptait pas lui dire combien de personnes elle avait déjà tué de sang-froid. C'était son travail, elle l'avait choisi et ne reviendra jamais en arrière. Ses visiteurs finirent par partir. Le soir tombait, il y avait du chemin à faire jusqu'à Gray. Restée seule avec le Colonel, Isabelle ne disait plus rien, regardant vaguement par la fenêtre. Elle était déçue, malgré tout, de s'être révélée aussi faible et de ne pas voir réussi à le protéger. Et en même temps, elle avait été si soulagée et heureuse en voyant qu'il était venu la chercher, dans cette pièce sombre.

– Je vous remercie d'être venu me chercher, mon Colonel. Je tâcherais de ne plus me laissera voir la prochaine fois, aussi facilement.

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Fabrice Gavin
Colonel
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MessageSujet: Re: Merci, Colonel   Lun 13 Avr - 20:36

Lieutenant – Je suis navrée de vous causer des ennuis, je manque d'entraînement.

Manquer d’entraîner, vraiment ? Il eut un faible sourire, sans plus se soucier des autres « visiteurs » ni des cris dans le couloir. Manquer d’entraînement ! C’était sans doute elle qui s’entraînait le plus, à la caserne, elle passait une majeure partie de son temps libre à ça. Douée naturellement pour les armes à feu, elle ne cessait de s’améliorer avec les années. A l’école, elle ne touchait que sur une vingtaine de mètres de distance. Puis elle s’était améliorée, peu à peu, s’entraînant toujours plus. Elle avait augmenté la distance qui la séparait de sa cible, devenant toujours plus précise. Lorsqu’il s’entraînait près d’elle, il pouvait voir tous les réflexes qu’elle avait acquis. Les snipers ont une façon très spéciale de tirer. Ils étaient beaucoup plus détendus, plus posés, comme si leur arme devenait une extension de leur bras. C’était flagrant, avec le lieutenant. Quand elle tirait, elle faisait abstraction de ce qui se passait autour d’elle pour se concentrer uniquement sur ce qu’elle avait en ligne de mire. Donc qu’elle ne dise pas qu’elle manquait d’entraînement… Il lui faisait entièrement confiance et la savait douée.

– Vous manquez d'entraînement, vraiment ? Vous êtes parmi les rares à toucher votre cible à plus d'un kilomètre de distance.

Elle devrait cesser de se déconsidérer, enfin ! S’il l’avait prise comme subordonnée, c’est parce qu’elle était capable et compétente. Il avait besoin de personnes impliquées, dans son équipe. Avec ça, le lieutenant était sans doute la personne qui le connaissait le mieux au monde, il n’avait pas envie de la voir s’éloigner car elle ne se considérait pas comme assez douée. Il avait déjà eu bien assez peur aujourd’hui… Il n’avait pas réalisé, jusqu’ici,  à quel point il avait peur de la voir disparaître ou mourir. Lorsqu’il l’avait vu à terre et en sang, il avait cru la perdre, la voir mourir dans ses bras, puis avait vu que la blessure n’était pas mortelle. Elle s’en sortira très vite. Elle avait déjà été blessée bien plus sérieusement.

Lieutenant – Ça ne change rien si je ne vois pas ma cible.

– Faites-moi juste confiance, tout va bien se passer. C'est aussi mon rôle de veiller sur mes subordonnés, alors n'en faites pas trop. Et je ne vais pas embaucher les services d'un autre sniper, je ne veux pas me séparer de vous.

Elle devrait pourtant le savoir, n’est-ce pas ? Il entendit à peine la question que posait le professeur, trop occupé à se demander ce qu’il aurait fait si elle avait été morte. Comment aurait-il vécu ensuite ? Comment aurait-il… Il ne savait pas. Mais il aurait cherché tout d’abord à la venger, c’était certain. On ne laissait pas certains crimes impunis, il agirait de la même façon si son meilleur ami mourrait, par exemple. Même s’il y passait des années, il ferait en sorte de ne pas laisser sa mort impuni, d’au moins sauver son honneur afin qu’elle puisse reposer en paix. Ensuite, une fois la vengeance accompli, il pourra mourir lui-même, il partira avec la satisfaction du devoir accompli. Voilà ce qui se serait produit… Il ne voulait pas vivre dans un monde où elle ne se trouvait plus, c’était au-dessus de ses forces. Ce ne serait alors qu’un monde vide et froid. Il comptait sur elle, il comptait sur tous ses subordonnés. Il savait qu’il réussira à atteindre ses objectifs avec l’aide d’eux tous. Ils comptaient sur eux et ils pouvaient compter sur lui.

La générale et le commandant finirent par quitter l’hôpital, suivi des autres. Le Colonel  les regarda partir, par la fenêtre de la chambre. Le soir tombait déjà, il commençait à se faire tard. Les mains dans les poches, silencieux, il regardait les allées et retour dans la cour de l’hôpital. L’arrivée et le départ des ambulances, les familles des patients qui rentraient chez eux après avoir visités leurs proches. Il devrait partir, lui aussi, chercher un hôtel pour cette nuit. Il ne voulait pas rentrer à Gray dès ce soir, préférant être là demain quand le lieutenant sortira de l’hôpital afin de la conduire à la caserne. Son travail attendra bien un jour encore, d’autant que ce n’était pas de sa responsabilité s’il avait dû passer la journée à courir dans un complexe en déclenchant des incendies. Le Maréchal était-il vraiment derrière tout ça … ? Ce type était infect ! Il n’hésitait pas à blesser ses propres troupes pour ses petites expériences ? Pas de doute, on pouvait avoir confiance.

Lieutenant – Je vous remercie d'être venu me chercher, mon Colonel. Je tâcherais de ne plus me laissera voir la prochaine fois, aussi facilement.

Il se retourna vers elle, lui souriant légèrement. Il était normal qu’il soit venu la chercher, enfin ! Il n’aurait pas pu parti très tranquillement, comme ça, alors qu’il savait qu’elle avait été enlevée elle aussi, d’autant plus qu’elle était blessée. Il faudra aussi qu’il s’explique avec le Maréchal, au moins sur ses « méthodes » ! Depuis quand se permettait-il d’agresser ses soldats pour ses petits jeux ?! Il avait fait blesser sciemment le lieutenant alors qu’elle était un élément important de l’armée ! Agresser comme ça les officiers, c’était nouveau, il n’avait jamais vu ça avant.

– Vous n’avez pas à vous reprocher ça, nous ne pouvions pas prévoir que le Maréchal allait nous faire enlever pour ses petites expériences… Je dois aller le voir, il n’avait pas à vous blesser pour ça. C'est parfaitement indigne.

Il soupira et vint s'asseoir de nouveau sur la chaise près du lit. Tout ça pour... Le Maréchal lui devait au moins des explications. Et lui en devait au lieutenant... Il ne lui avait toujours pas expliqué,a lors que ça faisait plus d'une semaine. Il détestait lui cacher quoi que ce soit. Il se tordit un peu les mains, tête baissée, puis soupira à nouveau.

– Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, reprit-il en se redressant, la regardant dans les yeux. Lors de mon isolement, le Maréchal est venu me voir. Il voulait savoir pourquoi je m'étais pas défendu au Conseil de Discipline, m'a posé quelques... questions sur mon passé, ce genre de chose. Il se méfie de moi, je pense. Mais ne vous en faites pas, j'ai dû endormir ses soupçons grâce à ce "test".

Il se releva, la couvant du regard, même s'il savait qu'elle devait être à la fois inquiète et furieuse.

– Reposez-vous, simplement, tout va bien se passer.

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Isabelle Robin
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MessageSujet: Re: Merci, Colonel   Mar 21 Avr - 11:11

Il se tourna de nouveau vers elle avec un sourire. Il ne souriait pas beaucoup mais cela lui allait bien, même s’il avait un air encore plus jeune ainsi. Elle restait tranquille, dans son lit, essayant de se reposer maintenant au maximum afin de pouvoir quitter l’hôpital dès le lendemain. Elle s’en voulait d’avoir été aussi faible, dans cette histoire, de n’avoir rien pu faire à part regarder son supérieur s’écrouler sous ses yeux puis se faire enlever sans pouvoir riposter. Un mélange de colère et de honte l’envahissaient lorsqu’elle y repensait. C’était si ridicule ! Elle s’entraînait chaque jour, elle faisait toujours de son mieux, tout ça pour se laisser bêtement avoir au sein même de la caserne par deux ou trois hommes qui lui étaient tombés dessus. Elle avait honte, oui, c’était une façon idiote de se faire avoir. Voilà ce qui arrivait quand on ne surveillait pas assez ses arrières ! Mais elle ne refera plus ce genre d’erreurs grossières, elle en faisait le serment. Elle était étonnée, d’ailleurs, que le Colonel ne lui reproche pas cet incident. Elle avait échoué dans sa mission, qui était de le protéger à chaque instant. Au lieu de ça, elle l’avait laissé se faire enlever lui aussi, avait été blessée, ce qui l’avait obligé à prendre des risques supplémentaires juste à cause d’elle. Largement de quoi recevoir un blâme à ses yeux.

– Vous n’avez pas à vous reprocher ça, nous ne pouvions pas prévoir que le Maréchal allait nous faire enlever pour ses petites expériences… Je dois aller le voir, il n’avait pas à vous blesser pour ça. C'est parfaitement indigne.

C’était le Maréchal qui avait fait tout cela ?! Mais… Non, c’était… Elle interrogea son supérieur du regard alors qu’il revenait s’assoir en soupirant. Donc ce n’était qu’une expérience, rien de plus, organisée par la hiérarchie ? C’était juste le haut commandement qui avait voulu faire un test ?! Et bien bravo… Depuis quand s’amusaient-ils à blesser leurs officiers lorsqu’ils voulaient faire des tests ? Le Colonel était en droit d’exiger des explications, en effet, ce genre de méthodes était nouveau ! Quoi que, ça ne devrait même pas l’étonner, en fait, vu la direction prise par l’armée en ce moment. Et ça voulait dire aussi que tout était prévu pour les piéger à Paris, elle n’avait donc pas faillit à son devoir… Elle retint un soupir de soulagement, fermant les yeux une seconde. Elle avait un poids en moins sur la conscience, bien qu’elle soit outrée par de tels agissements. Elle repensait au moment où le Colonel s’était effondré juste devant elle. On avait dû le droguer ou lui faire avaler des somnifères.

– Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, reprit-il en se redressant, la regardant dans les yeux. Lors de mon isolement, le Maréchal est venu me voir. Il voulait savoir pourquoi je m'étais pas défendu au Conseil de Discipline, m'a posé quelques... questions sur mon passé, ce genre de chose. Il se méfie de moi, je pense. Mais ne vous en faites pas, j'ai dû endormir ses soupçons grâce à ce "test".

Quoi ?! Le Maréchal était venu alors qu’il était en isolement et se méfiait de lui ?! Et c’était aujourd’hui qu’il l’avouait enfin ! Pourquoi n’avoir rien dit plus tôt ?! Elle le fixa, effarée, alors que toutes les conséquences possibles et inimaginables lui venaient en pensées. Il allait peut-être avoir des espions sur le dos, une enquête sur lui, et fatalement, tôt ou tard, ils perceront ses secrets les plus profonds. Le Colonel aurait dû lui parler plutôt, à elle et à toute leur équipe ! Il était pourtant connu que le Maréchal ne lâchait jamais une personne une fois qu’il commençait à avoir des soupçons sur elle ou qu’il voyait un intérêt à se servir d’elle. La Générale n’était-elle pas le parfait exemple ?! Enfin, il aurait dû leur en parler !

– Reposez-vous, simplement, tout va bien se passer.

– Vous auriez dû nous en parler plus tôt ! Vous savez très bien que ce n’est pas rien lorsque le maréchal commence à douter d’une personne ou vouloir se servir d’elle ! Vous ne devez pas attirer l’attention, vous devez toujours vous maîtriser, vous devez en sorte que personne ne puisse jamais douter de vous, pour quoi que ce soit ! Je vous protège, vous avez toute votre équipe derrière vous, mais ça ne suffit pas !

Elle poussa un long soupir en se laissant retomber contre ses oreillers, un bras sur le front, en fixant le plafond. La prudence devrait être le mot phare de son vocabulaire ! Elle tourna le regard vers lui, la bouche entrouverte, très inquiète mais déterminée à aller jusqu’au bout pour le protéger, jusqu’au jour où il atteindra son but. Elle ne s’arrêtera pas aujourd’hui, pas ce soir. Tant qu’elle n’aura pas achevé sa mission, elle n’hésitera jamais à viser et appuyer sur la gâchette pour le préserver.

– Faites attention, Colonel. Je ne veux pas vous voir attaché sur une table de laboratoire à agoniser.

Elle referma les yeux, le cœur lourd. Elle espérait juste que tout allait bien se passer…

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