1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Question de principes

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MessageSujet: Question de principes   Lun 30 Mar - 14:05

Daniel – Allez donc déjeuner, lança Daniel en poussant les filles à quitter plus vite la salle de gym. Profitez de votre pause !

Il ramassa le sac où il avait mis les ballons puis alla les ranger dans le petit local derrière les salles de sport. Il avait moins d'élèves cette semaine, comme eux qui participaient au tournoi d'arts martiaux pouvaient profiter des cours de sport également pour s'entraîner encore un peu ou soigner quelques bleus. Il déposa les ballons au sol puis referma en verrouillant la porte, avant que son regard soit attiré par les préparatifs du mariage. Des ouvriers étaient en train de construire un dais, où les vœux seront échangés. Un mariage qui nourrissait les ragots depuis un bon moment, déjà, aucune des filles de ses classes n'étaient concentrées. Elles étaient beaucoup plus intéressées à émettre des hypothèses sur la coupe de la robe de la mariée, la musique, ou il ne savait quoi encore. Il et un faible sourire en songeant à son propre mariage, réalisé presque en cachette avec Alice. Il avait eu... Comment dire... Il n'avait pas osé inviter beaucoup de ses collègues, pas avec l'ambiance qui régnait actuellement. La fête avait été simple, avec leurs amis proches et leurs deux familles. Les parents d'Alice étaient des personnes très agréables et ils avaient été heureux de voir leur fille mariée. Son propre père, quant à lui, avait passé presque une heure à lui répéter sa fierté de le voir enfin en couple et prêt à être père.

Être père, Daniel ne demandait que ça ! Depuis le jour où il s'était officiellement mis en couple avec la jolie rouquine, il ne demandait qu'à avoir un enfant. Il rêvait d'une vie si simple ! Un travail qu'il aimait, une maison à partager avec sa femme. Avoir un garçon, d'abord, puis une fille. Lorsque son garçon sera grand et que sa fille sera casée, il pourra partir en voyage avec Alice, puis revenir en France pour couler une retraite heureuse, rien qu'eux deux. Ce n'était pas un rêve trop incommensurable, n'est-ce pas ? Cela restait simple, accessible, banal mais c'est qui lui plaisait. Les grandes ambitions n'étaient pas pour lui et il ne voulait pas non plus se retrouver impliqué dans les problèmes. Il n'avait pas les tripes pour participer aux très grandes manœuvres et ne se sentait pas non plus apte à jouer sur le destin de son pays. Rentrant à l'école, il passa par le réfectoire, ayant peu faim, puis vit que Sarah n'était pas à la table des professeurs. Encore. Fronçant légèrement les sourcils, il fit demi-tour et partit à sa recherche.

Il s'inquiétait beaucoup pour elle, ces derniers temps. Elle était plus distante et il avait entendu parler d'une dispute entre elle et Adrien, à propos de l'implication de ce dernier dans la résistance contre les militaires. Elle ne voudrait pas qu'il s'en mêle, qu'il se mette en danger, et Daniel comprenait très bien ce point de vue. Lui-même serait tout à fait terrorisé si Alice se lançait dans tout cela et risquait sa vie à chaque instant. Lorsqu'on aimait une personne, il était tout à fait normal et sain de tout faire pour la garder à l'écart du danger. Rien que pour cela, il plaignait Cyprien qui lui n'arrivera jamais à tenir sa future femme loin des ennuis, vu qu'elle s'y précipitait elle-même tête baissée. Il finit enfin par trouver Sarah au premier étage, alors qu'elle allait rentrer dans sa classe. Il la salua, s'approchant avec un léger sourire. Il n'aimait pas voir ses amis tristes ou distants, et Sarah avait déjà subi assez de malheurs dans la vie sans devoir en rajouter aujourd'hui.

Daniel – Je pensais te trouver au réfectoire, lui dt-il en s'arrêtant près d'elle, alors que les derniers élèves partaient rejoindre leurs amis. Ecoute, je... Je m'inquiète pour toi, en ce moment, tu n'es pas du tout en forme. Je sais que toute cette histoire avec les militaires te tracasse, je peux comprendre que tu ais peur pour ton mari.

Il voudrait qu'elle voit qu'elle n'était pas isolée et que rien ne l'empêchait de se confier à lui. Solidarité entre jeunes professeurs, pouvait-on dire, même s'il était le dernier arrivé. Cependant, il considérait vraiment Sarah comme une bonne amie, il lui faisait confiance et aimerait que ce soit réciproque.

Daniel – Tu ne veux pas en parler ? Je voudrais pouvoir t'aider, même un peu.
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MessageSujet: Re: Question de principes   Sam 4 Avr - 18:33

Il y avait très peu de ses collègues dans la salle des professeurs à cette heure-ci. Beaucoup avaient cours avant déjeuner et les autres en profitaient pour se reposer chez eux. Emma était à l'autre bout de la pièce, assise sur le rebord de la fenêtre ouverte, à fumer une cigarette. Mélanie, qui était aussi professeur de maths, discutait avec elle, apparemment d'un livre publié récemment, une fiction sur le travail d'un agriculteur dans les années dix. Pas le genre de bouquins qu'aimait Sarah, elle préférait lire des livres plus classiques et des biographies. Un peu plus, loin, Frédéric, le professeur de latin et de théâtre, mordillait son crayon en corrigeant des copies. Un homme pas très causant, plutôt solitaire, qui ne se déridait que lorsqu'il exerçait les gamins à l'art de la comédie. Le dernier professeur présent était Eric, un accro au travail dépressif et homosexuel, qui enseignait l'éducation civique. L'enseignement tombait bien bas, dans cette école... Elle pinça les lèvres en prenant les affaires dont elle avait besoin dans son casier. Frédéric vint tout à coup prendre ses propres affaires, lâchant un bref "bonjour" en remarquant sa présence.

Frédéric – C'est toi qui a les sixièmes B à quinze heures ?

Sarah – Pourquoi ?

Frédéric – Ils seront en retard de dix minutes, je les emmène voir une pièce de théâtre après déjeuner.

Bah voyons, perdre du temps à emmener les gamins à aller jouer devant du théâtre alors que les examens approchaient ! Elle se contenta d'hocher la tête alors qu'il retournait à ses copies. N'avait-il rien de mieux à faire avec ses classes en plein mois de mai ?! Quelle irresponsabilité, pour un professeur, que de faire perdre du temps  à toute une classe à la veille des examens. La cloche sonna tout à coup pour le déjeuner, et le brouhaha habituel monta des différents étages. Elle continua ce qu'elle faisait sans se soucier du reste. Elle ne comptait pas descendre au réfectoire, l'appétit coupé depuis déjà un moment. Elle avait beaucoup du mal à s'endormir sereinement, ces derniers temps, tant elle s'inquiétait pour Adrien. Et qu'on ne lui dise pas qu'il n'y avait aucune raison ! Elle estimait, bien au contraire, qu'elle avait parfaitement raison de s'en faire pour lui, il prenait des risques inutiles tous les jours.

Sortant de la salle des professeurs, elle descendit les escaliers pour rejoindre sa classe, remettant en place le léger foulard qu'elle portait pour garder ses cheveux attachés. Elle ne comprenait pas pourquoi il s'acharnait à ce point... Et lui ne comprenait pas qu'elle ne voulait que l'aider ! il devait stopper cette folie avant que ce ne soit trop tard, avant d'être blessé ou tué. N'avait-il donc rien à faire de sa propre vie ?! Tout ça parce qu'il était ami avec elle... Lorsqu'elle était arrivée à Ste Famille, Sarah n'avait rien contre elle. C'était sa supérieure hiérarchique, rien de plus, rien de moins. Mais depuis le début de cette histoire, elle représentait, pour Sarah, un véritable danger public ! Elle avait corrompu Adrien et d'autres membres du personnel. Elle était dangereuse, mauvaise, incontrôlable. Elle ne se comportait jamais comme une femme, bafouant sans vergogne tous les principes et les valeurs les plus sacrés sans aucune honte. Elle n'avait aucune pudeur, se baladant les cheveux détachés comme une vulgaire pute. C'était à cause d'elle que l'infirmier était entraîné dans cette sale histoire...

Elle allait rentrer dans sa classe lorsqu'elle entendit son nom, tournant la tête. Daniel arrivait vers elle et elle arrêta son mouvement, prête à déverrouiller la porte, avec un faible sourire pour son ami. Elle n'avait fait que le croiser, depuis une semaine, prenant malgré elle une certaine distance avec ses amis, tant elle s'en voulait de ne rien trouver pour convaincre Adrien de tout laisser tomber, surtout s'il se battait pour une cinglée psychopathe. Mais qu'elle parte avec eux, avec les militaires, si ça lui plaisait tant ! Elle est déjà des leurs, de toute façon.

Daniel – Je pensais te trouver au réfectoire, lui dt-il en s'arrêtant près d'elle, alors que les derniers élèves partaient rejoindre leurs amis. Ecoute, je... Je m'inquiète pour toi, en ce moment, tu n'es pas du tout en forme. Je sais que toute cette histoire avec les militaires te tracasse, je peux comprendre que tu ais peur pour ton mari.

La tracasser, c'était peu dire ! Elle n'en dormait plus, n'en mangeait plus, se réveillait chaque matin avec la peur de ne pas le trouver près d'elle. Et tout ça pour défendre les enfants qui ne risquaient rien, embrigadé par une folle névrosée ! Ah ! Si Cyprien aimait vraiment cette dingue, il ferait tout pour la convaincre d'arrêter ce bordel, d'abandonner son poste, de laisser tomber son travail au pensionnat, et de partir quelques temps loin de tout ça. Si ça ne tenait qu'à elle, Sarah la ferait aussi enfermer à double-tour dans un asile psychiatrique pour qu'elle soit soignée.

Daniel – Tu ne veux pas en parler ? Je voudrais pouvoir t'aider, même un peu.

Sarah – En parler, pourquoi pas ? marmonna-t-elle en déverrouillant la porte de sa classe. Je ne sais pas si ça va changer grand-chose... Entre, je vais nous faire du thé.

Elle referma la porte derrière eux et posa ses affaires sur son bureau, avant de préparer deux tasses de thé. Elle gardait toujours de l'eau chaude sur le poêle de la classe, avec quelques tasses et des sachets de thé dans un placard près de son bureau. Elle resta silencieuse en préparant ce qu'il fallait, le souffle saccadé, puis finit par se reprendre, apportant le thé à Daniel.

Sarah – Les militaires ne font rien de dangereux ni de mal contre nous ! Ils travaillent simplement sur les dons ! En essayant de leur nuire, en revanche, on s'expose à de très graves ennuis... Comment je suis sensée vivre en ne sachant jamais si mon mari sera toujours vivant le lendemain ?!

Elle s'assit face à son ami, légèrement tremblante, oppressée, puis se frotta les yeux avec un grand soupir.

Sarah – Lorsque tu aimes une personne, tu veux l'éloigner du danger ! Alors qu'ici, Adrien ne voit pas qu'il lutte pour rien et qu'il risque sa vie... C'est comme si pour toi, Alice se battait et mettait sa vie en, danger tous les jours ! Comment réagirais-tu ?
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MessageSujet: Re: Question de principes   Ven 17 Avr - 10:34

Sarah – En parler, pourquoi pas ? marmonna-t-elle en déverrouillant la porte de sa classe. Je ne sais pas si ça va changer grand-chose... Entre, je vais nous faire du thé.

Elle avait l’air si mal… Il comprenait ce qu’elle devait ressentir, néanmoins, elle avait déjà traversé des moments difficiles pour être avec Adrien et risquer de le perdre aujourd’hui devait être particulièrement dur. Pourquoi rien n’était jamais simple ?! Il s’installa pendant qu’elle préparait du thé, pensif. Il ne savait plus quoi penser des militaires, honnêtement. Il ne croyait pas aux rumeurs qui circulaient, sur les expérimentations médicales et ce genre de choses. On était en France, bon sang ! Dans un pays libre, démocratique, avec un gouvernement stable qui ne laissera jamais les pleins pouvoirs à l’armée pour commettre de tels actes. Il y a un moment où il fallait arrêter la psychose et se poser un peu pour réfléchir. Ces rumeurs étaient ridicules, elles enflaient la peur et la méfiance, comme s’ils avaient besoin de ça en ce moment. Après tout, que changeait la présence de l’armée ? Les cours se poursuivaient normalement, les examens allaient se dérouler comme prévu, tout se passait bien. Le bazar ne venait que parce que certaines personnes étaient convaincues de l’existence d’un immense complot visant à tous les enchaîner ou les détruire. Comme si cela pouvait être possible dans ce pays… Dans une dictature militaire, oui, il ne disait pas le contraire, mais pas dans une république ! Il y avait tout de même des limites, avoir peur pour rien était ridicule, d’autant plus qu’il n’était jamais bon d’aller se fourrer dans les pattes de l’armée.

Sarah – Les militaires ne font rien de dangereux ni de mal contre nous ! Ils travaillent simplement sur les dons ! En essayant de leur nuire, en revanche, on s'expose à de très graves ennuis... Comment je suis sensée vivre en ne sachant jamais si mon mari sera toujours vivant le lendemain ?!

Il lui lança un regard désolé lorsqu’elle s’assit. Il ne comprenait pas pourquoi Adrien réagissait ainsi, pourquoi il s’obstinait à ce point… A quoi bon allait gêner l’armée dans ses travaux et risquer ainsi de prendre des coups ? Personne n’avait à aller se mêler de ce genre d’affaire sans invitation, au sein de la population civile, ça ne les concernait pas et il n’y voyait aucun intérêt. La Défense, la Politique, autant de notions dont il ne souciait guère. Adrien ne pouvait donc pas songer ainsi ? Il était infirmier dans une école de campagne, pas un militant engagé dans une lutte contre le gouvernement ! Daniel trouvait très égoïste de ne se soucier que de ça au lieu de penser d’abord à sa femme, les enfants qu’il pouvait avoir… C’est comme s’il se fichait de Sarah, qu’il ne l’avait épousé que pour mieux la jeter dans un coin pour qu’elle ne gêne pas. Il ne souciait donc pas de ce qu’elle ressentait, de sa peur lorsqu’il partait pour des combats inutiles et dangereux ? Voilà où était l’égoïsme. Lui-même n’oserait jamais infliger cela à Alice. Il l’aimait et pensait d’abord à ce qui la rendra heureuse, et pas à ce qu’il pourrait faire pour aller se battre en la laissant sur le côté à s’inquiéter.

Sarah – Lorsque tu aimes une personne, tu veux l'éloigner du danger ! Alors qu'ici, Adrien ne voit pas qu'il lutte pour rien et qu'il risque sa vie... C'est comme si pour toi, Alice se battait et mettait sa vie en, danger tous les jours ! Comment réagirais-tu ?

Il frissonna à cette seule idée, s’étranglant à moitié avec sa tasse de thé. Il s’essuya la bouche avec une petite serviette, déboussolé. Il ne supporterait pas de voir Alice faire cela… De la voir se lever tous les jours avec la peur que le soir venu, il la retrouve blessée, ou pire… Ce serait un véritable enfer, une agonie quotidienne, et c’était bien pour cela qu’il voulait aider et soutenir Sarah, car c’était ce qu’elle devait vivre jour après jour, encore et encore, depuis des mois. Elle avait bien du mérite, car lui-même serait déjà devenu fou.

Daniel – J’ignore comme le raisonner, avoua-t-il. Je serais déjà devenu fou si Alice se comportait ainsi… Je l’aurai supplié de ne pas continuer, j’aurai pleuré, crié, je… Je ne sais pas, mais ce n’est pas supportable de voir la personne qu’on aime se mettre ainsi en danger. C’est pour ça que je veux t’aider, sincèrement, je comprend ce que tu dois vivre et je ne veux pas que ça continue ainsi.

Il essaya de lui sourire pour la rassurer, lui prenant la main un instant pour la serrer. Elle ne devait surtout pas penser qu’elle était seule ! Elle pouvait avoir confiance en lui, elle pouvait se reposer sur lui et sur Alice, elle ne sera pas toute seule, elle pouvait s’en sortir si elle acceptait de compter sur eux. Il pouvait l’aider à trouver un moyen de convaincre Adrien de se rallier au bon sens.

Daniel – Il faudrait un message assez fort, pour qu’il comprenne que tu n’en peux plus, que cette situation n’est plus vivable pour vous deux… Je sais que tu as déjà essayé, mais quelqu’un d’autre a dû le manipuler encore, pour qu’il reste obtus.

Il y avait certains de leurs collègues qui étaient tout à fait capables de le faire… Des collègues si persuadés d’avoir raison qu’ils n’hésitaient pas à tout faire pour briser un couple et rejeter une jeune femme qui ne demandait pourtant qu’à vivre en paix. Il y avait une autre solution, sinon, mais c’était quand même radical…

Daniel – Sinon, menace-le de divorcer ?
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MessageSujet: Re: Question de principes   Mar 26 Mai - 11:01

Il faillit renverser sa tasse en entendant cela, toussant. Elle poussa une serviette vers lui, pensive et silencieuse. Cette situation était une torture, ni plus ni moins. Ils pourraient pourtant être si heureux, en se détachant de tout cela ! Ils avaient des projets pour l’avenir, le rêve de devenir parents, ensemble, alors pourquoi s’obstiner à vouloir tout gâcher ? Adrien était si manipulable… Il se laissait trop facilement embobiner par des personnes qui ne cherchaient qu’à briser leur couple, par des personnes qui ne supportaient pas, bien qu’elle ne comprenne pas pourquoi, qu’ils puissent être heureux ensemble. Il avait pourtant bien le droit qu’on le laisse en paix, n’avait-il déjà pas assez subi de malheurs ?! Ces personnes devaient s’en moquer puisqu’elles s’acharnaient ainsi ! C’était parfaitement honteux. Une telle cruauté, elle ne pouvait pas comprendre comment c’était possible. Pourquoi leur en vouloir autant ? Pourquoi tant chercher à le traîner dans des histoires aussi idiotes, sinon pour le plaisir de le voir détruit une seconde fois ?!

Daniel – J’ignore comme le raisonner, avoua-t-il. Je serais déjà devenu fou si Alice se comportait ainsi… Je l’aurai supplié de ne pas continuer, j’aurai pleuré, crié, je… Je ne sais pas, mais ce n’est pas supportable de voir la personne qu’on aime se mettre ainsi en danger. C’est pour ça que je veux t’aider, sincèrement, je comprend ce que tu dois vivre et je ne veux pas que ça continue ainsi.

Il lui serra un instant la main, alors qu’elle lui rendait doucement son sourire. C’était en de pareilles situations que l’on reconnaissait ses véritables amis. Daniel ne la laissait pas tomber, lui, et il ne cherchait pas non plus à détruire Adrien ! Elle était heureuse de voir que tous les professeurs n’avaient pas été pris de folie dans cette école, depuis la nomination de leur chère « directrice ». Voilà la pire chose qui était arrivé dans ce pensionnat ! Rien n’allait comme il faut depuis qu’elle dirigeait l’école. Pourquoi ne partait-elle pas définitivement avec l’armée ?! Qu’elle aille se faire mettre là-bas puisque c’était tout ce qui l’intéressait, puisqu’elle était une cinglée de la guerre ! Une tarée de ce genre n’avait rien à faire dans une école ! Elle était trop dangereuse, les enfants n’avaient pas besoin de cette hystérique psychopathe près d’eux, elle pouvait partir et ne plus jamais remettre les pieds ici. Cette blondasse sauvage et mauvaise, si seulement elle pouvait disparaître ! Ou même crever, le monde s’en remettra très bien. Pauvres enfants… Dire qu’ils avaient une mère pareille…

Daniel – Il faudrait un message assez fort, pour qu’il comprenne que tu n’en peux plus, que cette situation n’est plus vivable pour vous deux… Je sais que tu as déjà essayé, mais quelqu’un d’autre a dû le manipuler encore, pour qu’il reste obtus.

Sarah hocha vaguement la tête, plus pensive. Pauvres enfants, oui… D’un coup, elle eut peur. La cinglée ne se maîtrisait pas, l’orage qu’elle avait déclenché était la preuve, sans compter le bâtiment à Gray qu’elle avait démoli. Comment s’assurer qu’elle ne fera pas subir le même sort aux deux bébés ? Ils étaient en danger, avec cette tarée bonne pour l’asile ! Deux bébés, innocents, qui n’avaient rien demandé à personne… Oui, ils étaient en très grand danger. Elle pourrait très bien les tuer puis camoufler la vraie cause de leur mort, en faisant croire à elle ne savait quel accident. Personne n’irait la soupçonner de meurtre. Elle ne les avait même pas fait baptiser, elle se fichait complètement d’eux ! Jamais on ne la voyait s’en occuper, elle les confiait toujours à la garderie ou à Estelle.

Daniel – Sinon, menace-le de divorcer ?

Sarah – En dernière extrémité, oui, murmura-t-elle. Je viens de penser à autre chose.

Elle but une gorgée de thé puis exposa à Daniel toutes ses craintes vis-à-vis des deux enfants, de ces bébés innocents exposés à un danger plus qu’évident. Il sembla d’abord dubitatif, puis pâlit lorsqu’elle lui démontra, avec les exemples de la rédaction détruite et de l’orage, que leur directrice ne se maîtrisait pas lorsqu’elle était en colère. Et qui allait protéger les enfants, dans ce cas-là ?! Certainement pas Cyprien, il rentrait dans son jeu, ne faisait rien pour la calmer ou éloigner leur entourage du danger. Pouvait-on encore qualifier cette femme de « mère » ? Elle les délaissait, ne s’en occupait presque pas, ne les avait pas baptisé, les confiait toujours à d’autres, les laissait exposés à la mort sans aucune précaution ! Il s’agissait de bébés !

Sarah – Il faudrait lui en retirer la garde, vraiment, siffla-t-elle. On ne peut pas se permettre de la laisser mettre des bébés en danger comme cela !

Daniel – Je, balbutia-t-il, je ne sais pas, là…

Sarah – Plus on hésite, et plus on les laisse exposés à la mort, Daniel ! Ils ne peuvent pas se défendre… Les laisser comme ça, c’est de la non-assistance à personnes en danger.

Elle lui expliqua qu’il fallait réunir des preuves de tout cela, démontrer qu’elle ne s’en occupait et était dangereuse pour eux deux, puis envoyer tout cela aux administrations pour qu’ils fassent le nécessaire. Hélas, constituer un tel dossier prendra du temps, mais ils n’avaient pas le choix, ils devaient le faire.

Sarah – Pourquoi hésites-tu ? Ça ne te fait rien, de savoir qu’une « mère » délaisse ses propres enfants ? Eux aussi ont droit à une véritable famille.
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MessageSujet: Re: Question de principes   Mer 27 Mai - 9:46

– En dernière extrémité, oui, murmura-t-elle. Je viens de penser à autre chose.

Un autre problème ? Elle ne tarda cependant pas à lui expliquer le fond de sa pensée… Daniel pâlit un peu, alors qu’elle détaillait tout le problème, mais sur le moment, il ne sut pas quoi en penser. Sarah insistait sur le fait que la directrice ne savait pas s’occuper de ses enfants, pire, qu’elle les mettait en danger, qu’elle ne prenait jamais le soin de les protéger, qu’ils ne pourront même pas être inhumés de façon Chrétienne s’ils n’étaient pas baptisés, et ainsi de suite. Il serra sa tasse brûlante entre ses mains, perturbé, ne s’attendant pas à ce que la discussion vire sur ce sujet. D’accord, la directrice n’était pas la mère la plus douce au monde, mais de là à l’accuser de mettre ses propres enfants en danger de mort … ? Elle était puissante, dangereuse, mais il ne la voyait pas sciemment exposer ses propres enfants ainsi… Elle était plutôt du genre à les surprotéger, quitte à être moins douce ou maternelle. Il la pensait capable de se contrôler, bien assez pour ne blesser personne par accident, elle n’était pas devenue directrice de cette école pour rien, après tout.

Ceci dit, Sarah n’avait pas tord sur toute la ligne non plus… Etant donné la situation, ces deux enfants n’avaient d’ores et déjà pas une vie qu’on pouvait qualifier de « normale ». Leur père biologique restait un grand inconnu, ils n’avaient pas été baptisés, et ils voyaient sans doute plus souvent Estelle que leur propre mère. Ils avaient droit à une certaine stabilité, oui, mais au point de les retirer à la garde de leur mère ? Que leur arriverait-il ensuite ? Cyprien n’était pas reconnu comme leur père biologique sur leur certificat de naissance, même avec son mariage, ce n’est pas à lui que seront confiés les bébés. Ils finiront dans un orphelinat ou foyer, ce qui sera bien pire pour eux que tout le reste. Au mieux, ils auront une famille d’accueil, mais rien ne garantira qu’ils resteront ensemble. Il baissa la tête sur sa tasse, perdu. Oui, il fallait d’abord penser à l’intérêt des enfants, mais… De là à les retirer à leur mère…

– Il faudrait lui en retirer la garde, vraiment, siffla-t-elle. On ne peut pas se permettre de la laisser mettre des bébés en danger comme cela !

– Je, balbutia-t-il, je ne sais pas, là…

Jamais la directrice ne les mettra elle-même en danger, c’était certain, en revanche, il y avait en effet la possibilité qu’on cherche à les toucher eux pour l’atteindre elle. C’était si classique, lorsqu’on s’en prenait à des leaders ou ce genre de personnes. Toucher les proches, le mari, les enfants, les parents, l’entourage était souvent bien plus simple été efficace que s’attaquer à la personne elle-même pour la faire plier. L’Histoire grouillait d’exemples de ce genre. Au vu du tempérament de la directrice, elle ne cédera pas si on s’en prend à elle, mais elle sera coincée si on touche à ses enfants.

– Plus on hésite, et plus on les laisse exposés à la mort, Daniel ! Ils ne peuvent pas se défendre… Les laisser comme ça, c’est de la non-assistance à personnes en danger.

Elle rajouta qu’il fallait constituer un dossier avec toutes les preuves et l’envoyer aux autorités compétentes, afin qu’ils décident de la procédure à suivre. Il serra sa tasse un peu plus fort, perdu. La directrice elle-même n’était pas un danger pour ses proches, mais le danger viendra de ses ennemis et touchera forcément sa famille. Pas seulement ses bébés, mais aussi ses parents, ses frères, sa sœur, même Cyprien.

– Pourquoi hésites-tu ? Ça ne te fait rien, de savoir qu’une « mère » délaisse ses propres enfants ? Eux aussi ont droit à une véritable famille.

– J’ai plus peur que ses ennemis attaquent ses enfants pour la toucher elle, avoua-t-il.

Il crut voir Sarah sourire, tout à coup, mais elle avait retrouvé son air habituel, alors qu’il la regardait mieux. Ils discutèrent de cette éventualité, un moment, mais Daniel n’était pas rassuré. Il avait tendance à toujours imaginer le pire, surtout dans ce genre de situation. Il pensait la directrice capable de défendre et protéger ses proches, cependant, ce qu’il affirma à Sarah. Elle ne parut pas convaincue, même si lui était persuadé qu’elle était assez puissante pour les défendre. Après tout, elle savait se battre et réparer certains plans. En plus, n’avait-elle des alliés, maintenant, au sein de l’armée ? Il l’espérait pour elle, en tout cas. Tous les militaires n’étaient pas entièrement mauvais, certains n’approuvaient pas ce qui se passait dans cette école. Comme ce mec, là, celui qu’ils avaient vu à la station en Auvergne, le Colonel il-ne-savait-plus-comment.

– Avec ça, si on lui retire ses enfants, où iront-ils ? Sûrement dans un orphelinat ou au mieux dans une famille d’accueil. Il y a aussi un gros risque qu’ils soient séparés. Où vois-tu de la stabilité là-dedans ?

– Il suffit qu’un couple sérieux et stable se propose pour les prendre en charge et leur offrir une vie normale. Un couple qui pense d’abord à leur intérêt avant de penser à la guerre.

Ça ne se trouvait pas comme ça, un couple prêt à accueillir deux bébés du jour au lendemain. Il ne répondit pas, terminant son thé, pensif. Un couple stable, oui… Il ne savait pas. Ces enfants avaient eu une vie chaotique avant même de sortir du ventre de leur mère, avec la grossesse décriée et montrée du doigt, leur mère blessée gravement, puis l’accouchement… peu… Disons que ça n’avait jamais été simple. Si Sarah voulait vraiment constituer un dossier solide, elle devait aussi trouver le couple en question, afin de ne pas jeter les bébés à l’orphelinat, pupilles de la nation parmi tant d’autres. Il en fit la remarque, reposant sa tasse sur la table.

– Tu ne devrais pas t’en faire autant, Sarah, je ne pense pas que ces petits risquent tant que cela, leur mère peut les protéger, comme toi tu vas protéger ton bébé, non ? On s’en fait sans doute pour rien.
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MessageSujet: Re: Question de principes   Ven 5 Juin - 11:11

Daniel – J’ai plus peur que ses ennemis attaquent ses enfants pour la toucher elle, avoua-t-il.

Elle sourit très brièvement, heureuse d’avoir un élément de plus à insérer dans le dossier qu’elle comptait composer. En effet, c’était un risque de plus, dont elle parla un moment avec Daniel, tout en buvant son café. Il pensait peut-être qu’elle était assez forte pour le défendre mais elle-même n’était guère convaincue… Il suffisait de voir comment s’était déroulée sa grossesse ! Elle n’était pas capable de s’occuper d’eux comme une mère digne de ce nom, c’était un fait établi depuis longtemps, depuis bien avant la naissance de ces petits bouts. Laisser des enfants à la garde de ce genre de personnes, c’était au mieux indigne, au pire être une ordure en laissant commettre un meurtre. Ces enfants ne méritaient pas ça, elle en était fermement convaincue ! Elle fera tout ce qui était en son pouvoir pour les arracher au danger et aux bras de la mort. Peu importe qu’on l’aide ou pas, réunir des preuves sur cette affaire n’aura rien de difficile ni d’insurmontable.

Daniel – Avec ça, si on lui retire ses enfants, où iront-ils ? Sûrement dans un orphelinat ou au mieux dans une famille d’accueil. Il y a aussi un gros risque qu’ils soient séparés. Où vois-tu de la stabilité là-dedans ?

Sarah – Il suffit qu’un couple sérieux et stable se propose pour les prendre en charge et leur offrir une vie normale. Un couple qui pense d’abord à leur intérêt avant de penser à la guerre.

Il lui fit remarquer qu’un couple stable ne se trouvait pas comme cela, du moins un couple prêt à accueillir deux bébés de cet âge chez eux du jour au lendemain. Oh, mais qu’il ne s’en fasse pas ! C’était un détail, comparé au reste, et elle avait déjà une idée très exacte du couple qui pourrait accueillir ces petits sans aucun problème. Elle était toute prête à les prendre en charge et les élever dans les meilleures conditions, bien mieux que leur mère biologique ne le fera jamais ! Sarah n’était pas une hystérique folle de l’armée qui ne songeait qu’à la guerre et à l’avenir de la France ! Peu lui importait de la direction politique de ce pays, elle pensait d’abord à l’intérêt des enfants ! S’il le faut, elle déménagera en Angleterre avec Adrien, dans un village de campagne, ils seront très bien. Les jumeaux y seront en parfaite sécurité, là-bas, tout comme le bébé qui se développait en elle. Loin de la France et des dingues qui y vivaient, elle y sera heureuse avec Adrien et leurs enfants.

Daniel – Tu ne devrais pas t’en faire autant, Sarah, je ne pense pas que ces petits risquent tant que cela, leur mère peut les protéger, comme toi tu vas protéger ton bébé, non ? On s’en fait sans doute pour rien.

Sarah – Elle va essayer de les protéger, oui, c’est certain, dit-elle en reposant sa tasse. Mais tu connais la situation aussi bien que moi, ne sois pas naïf… Il y aura toujours des gens pour s’en prendre à elle et tôt ou tard, cela touchera ses enfants. Si elle se souciait véritablement d’eux, elle saurait qu’ils sont en danger avec elle et elle aurait déjà cherché une famille d’accueil pour eux deux. Une vraie mère fait toujours tout pour éloigner son bébé du danger !

Elle prit les tasses pour aller les laver, rangeant le thé dans une petite boîte à biscuits en fer, puis eut un sourire fatigué pour Daniel, tout en essuyant les deux tasses.

Sarah – Merci, en tout cas, ça fait du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls.

Il était l’heure d’aller en cours, à présent, mais Sarah était plus galvanisée que jamais, prête à se battre jusqu’au bout pour ce qu’elle considérait juste. Elle fit la bise à Daniel avant de le laisser filer, rangeant un peu en attendant la classe qu’elle avait ensuite. Oui, elle se battra. Cette femme ne méritait pas d’être mère.
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