1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Discussion trèèèès difficile...

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Discussion trèèèès difficile...   Lun 16 Mar - 22:21

Laura était trempée de la tête aux pieds, un sourire aux lèvres alors qu’elle voyait les autres jouer dans l’eau. Ils étaient restés longtemps, trèèèès longtemps, jouant ensemble bien qu’elle soit un peu plus réservée que d’habitude au début. A mesure que le temps passait, elle s’était détendue, se retrouvant dans son élément avec la sensation qu’elle était protégée. Maintenant, Laura était sûre que Clémence n’était pas au Pensionnat, que la directrice l’avait vraiment renvoyée et qu’elle ne risquait plus de l’ennuyer, de la menacer ou de frapper son frère, de s’en prendre à lui. C’était tout ce qui comptait, à ses yeux.

Elle avait joué avec Antoine, avec des amies, profitant simplement pour essayer de se détendre l’espace de quelques instants. De loin, Laura avait vu Jasper parler avec Adeline, une fille dont elle se méfiait mais elle n’en avait rien dit à son frère. Elle savait qu’il l’aimait depuis deux ans et respectait son choix. Souvent, elle l’avait vu étudier la langue des signes en cachette juste pour pouvoir lui parler, ce qu’elle trouvait adorable. Le problème ? Elle était dans le groupe des militaires, des élèves qui aidaient volontairement. Peut-être était-ce stupide, mais Laura n’avait pas confiance et avait peur que cette fille change son frère, qu’elle modifie ce qu’il pense, qu’elle réussisse à le convaincre de se ranger de leurs côtés. Et cela, elle ne le voulait pas.

Cependant, pour l’instant, elle n’avait rien fait. Jasper non plus, d’ailleurs… Il était resté le même, n’avait pas changé de point de vue, gardait les mêmes convictions et, tant qu’il resterait comme cela, Laura ne voyait pas pourquoi elle s’interposerait entre lui et cette fille. D’accord, elle ne lui faisait pas confiance… Mais il l’aimait. Tant qu’elle ne le changeait pas, la collégienne ne dirait rien, se contentant de garder un œil sur tout cela de loin. Si cette fille rendait son frère heureux, c’était le plus important, après tout. C’est uniquement pour cette raison que Laura était restée dans l’eau, ne voulant pas les interrompre maintenant que Jasper avait l’occasion de lui parler en étant tranquille, dans une atmosphère reposée. Des moments comme ceux-ci étaient rares, ces derniers temps, alors qu’il en profite. Il serait de bonne humeur, après, cela lui ferait un bien immense et… Peut-être pouvait-elle… ?

Non. Non, non, non, définitivement, non. Laura était incapable de lui en parler. Et puis, Jasper n’était pas bien, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Antoine jetait des coups d’œil fréquents vers son meilleur ami, plusieurs fois, et elle ne put s’empêcher de constater qu’effectivement, quelque chose clochait. Il était… mou. Oui, voilà, c’était le mot. Endormi, un regard un peu ailleurs, comme assommé alors que ce n’était jamais le cas. Et il fallait qu’elle lui parle ? Mais non ! Non, non, non ! Et puis, il devait se repos…

Laura ouvrit de grands yeux en reportant son regard sur Jasper et Adeline. Il… Il dormait dans ses bras ? Il… Ne pas intervenir. Elle ne faisait rien, et il se reposait, c’était ce qu’elle avait souhaité, non ? Elle tapota l’épaule d’Antoine pour lui montrer la scène, quoi qu’un peu attendrie même si elle se méfiait. Peut-être que cette Adeline n’était pas si dangereuse ? Il dormait. Il dormait vraiment. Sur ses genoux. C’était mignon, oui, attendrissant, oui, mais inquiétant parce que cela ne lui arrivait jamais. Ils étaient ensemble, alors ? Ou pas ? Détachant son regard de son frère et Adeline, Laura sourit à Antoine avant de recommencer à jouer, décidée à les laisser tranquilles.

Ce n’est que bien après, lorsque la directrice-tout-juste-fiancée annonça le temps libre, que Laura sortit de l’eau pour rejoindre son frère, à nouveau seul. Le lac se vidait petit à petit, les élèves allant se balader dans Gray, ne restaient près du lac que les derniers qui préféraient rester tranquilles, dans un coin, en dehors du Pensionnat, sans militaires. Et si… Il n’y avait personne, près du lac, ou presque, et Jasper devait être plus content, détendu puisqu’il avait parlé à Adeline et même dormi sur ses genoux. Mais lui parler… Vraiment ? Et comment dire ça ? Laura frissonna malgré elle, l’impression des mains de Clémence se faisant une nouvelle fois sentir. La journée était finie, terminée la pause.

A vrai dire, cette pensée ne lui était pas venue comme cela, d’un coup. Elle y avait pensé en les regardant, en regardant Antoine après avoir eu des réflexes qu’il avait sans doute jugés étranges, en repensant à l’exclusion de Clémence. Elle pensait qu’elle pouvait se détendre, que cela passerait tout seul… Mais non. Il suffisait que Laura reste un tout petit peu avec Antoine pour qu’il voie une différence ! Elle avait bien multiplié les sourires, prétexté être fatiguée, avoir eu une longue semaine, mais elle doutait que cela ne change quelque chose. Il allait lui tomber dessus dès qu’il en aurait l’occasion… et en parlerait à Jasper, malgré lui. Par conséquent, il ne lui restait que… cet après-midi pour tout dire à son frère. Sans quoi, Antoine lui demanderait et elle éclaterait en pleurs, dans ses bras.

Laura se sécha, enfilant simplement ses vêtements par-dessus son maillot et dit à Antoine qu’elle restait un peu avec Jasper, qu’il pouvait y aller. Sans vérifier s’il partait ou non, elle se rapprocha d’un pas timide de son frère. Elle s’était décidée. Plus ou moins. Bon, pas du tout en fait, mais il valait mieux que son frère l’apprenne par elle que par quelqu’un d’autre. Et puis, il était fatigué, alors c’était le bon moment… Non ? Il ne hurlerait pas, ne s’énerverait pas et ne la couverait peut-être même pas. Qui sait, peut-être prendrait-il les choses bien ? Peut-être pas. De toute manière, elle n’avait plus le choix… Laura s’installa à côté de lui, sans rien dire d’abord, la gorge nouée. Allez, un peu de courage !

Laura – Jasper…, commença-t-elle d’une petite voix. Est-ce que… Je peux te parler ? Ce n’est pas à propos d’Adeline, je respecte ton choix du moment que tu restes prudent, si elle te rend heureux, c’est le principal.

Laura tenta un sourire mais ne réussit qu’à faire une grimace, ou un sourire peu convaincant. Du regard, elle l’implora de ne pas l’interrompre, ne sachant s’il allait comprendre vu son état de fatigue. C’était déjà assez dur comme cela, si elle devait tout lui dire, mieux valait qu’il ne la coupe pas.

Jasper – Adeline ? murmura-t-il. Quel choix ?

Mais… Mais… Bon, d’accord, il était encore fatigué. Laura fit une grimace, réalisant que ça allait se révéler bien plus dur que prévu. Elle ne pouvait pas lui dire tout cela… Elle ne pouvait pas lui raconter, c’était impossible. Et s’il était endormi et que cette mauvaise nouvelle le réveillait ? Et si jamais il s’énervait ? Ou si elle venait tout détruire en annonçant cela ? Non, stop, stop, stop, ne pas se défiler. Laura poussa un soupir, joignant ses mains sur ses genoux pour se donner du courage.

Laura – Tu l’aimes. Elle fait partie des militaires… Mais si tu l’aimes et si elle te rend heureux, alors je respecte ça. Mais Jaz, ce n’est pas ça dont je voulais te parler…

Jasper – Ah, oui, je sais, tu aimes Antoine.

Laura – Quoi ? Mais non ! s’écria-t-elle. Enfin, si, mais ce n’est pas ça le sujet ! Pitié, Jasper, écoute-moi, d’accord ? Ne dis rien, et écoute-moi.

Elle n’allait jamais y arriver. JA-MAIS ! Il était totalement à la masse. C’était une mauvaise idée, elle aurait dû y aller un autre jour, ou laisser Antoine lui en parler plutôt que de le dire elle-même. Laura sentait sa gorge se nouer tant elle se sentait coincée, impuissante, cherchant comment aborder le sujet, voire demander de l’aide à Jasper. D’habitude, c’était toujours lui qui la poussait ou l’aidait à parler, mais ici…

Jasper – D'accord, d'accord... J'écoute.

Ouf. Laura souffla un « Merci » sans oser le regarder dans les yeux. Bon… Et maintenant ? Elle poussa un nouveau soupir, cherchant les mots. Ne pas penser à cela, parler de ce qui s’était passé comme si c’était loin, comme si c’était une anecdote, une histoire qu’elle racontait, comme si elle demandait à Jasper quelle bêtise ils pourraient faire ensemble. Un sujet banal, en somme. Oui, voilà, c’était un sujet banal, rien de plus. Jasper allait bien prendre cette histoire, il n’allait pas s’énerver – ça, Laura en était plus ou moins sûre vu son état – et il aurait tout oublié le lendemain. Par où commencer ? Ah, oui, le plus important !

Laura – Avant… Tu me promets de ne pas t’énerver ni de faire de connerie à cause de ça ?

Jasper – Tu es enceinte ?

Qu… Hein ? Elle devait abandonner. C’était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Il n’écoutait pas, il était dans le gaz, il n’allait rien comprendre à ce qu’elle allait lui dire. Elle pouvait peut-être encore rattraper Antoine ? Tout lui raconter ? Lui, il pourra parler à Jasper dès qu’il serait moins fatigué et de là, son frère pourra réagir.

Laura – Quoi ? Mais non, s’il te plaît, sois sérieux ! Quelques minutes, pour moi ! Je te demande seulement de me le promettre, rien de plus.

Jasper – Oui, oui, je t'écoute, vas-y, parle.

Boooon… D’accord, oublions la promesse. De toute manière, même s’il promettait, il ne tiendrait pas sa promesse vu ce qu’elle allait lui dire. Mais cela ne l’avançait pas… Comment tout raconter ? Tout dire, comme ça, sans détour ? Non. Impossible. Ou… Peut-être comme avec le Père Vilette ? Il comprendrait ? Faisant la moue, Laura fixa de nouveau ses genoux.

Laura – L’autre jour, on est sortis du cours d’élément plus tôt. Et je… Une élève m’a… coincée dans le dortoir. Madame Chevreuil est arrivée, puis je suis sortie pour…

Laura s’interrompit, sa voix se brisant. Du caaaalme ! Ne pas craquer, pas maintenant, tout allait bien. Ou pas. Mais si, il fallait juste quelques mots, des sous-entendus, et ça suffirait. Rien de plus. Elle ne put rien ajouter pendant quelques secondes, essayant de se reprendre. Elle ne pouvait pas lui dire ça !

Jasper – Coincée, elle t’a frappée ?

Elle fit non de la tête, les larmes aux yeux. Ne pas pleurer, tout allait bien, Clémence était loin, très loin. Même si ses mains… Non, ne pas y penser. A tout, sauf à ça. Si elle pouvait. Comment dire çaaaaa ?! Cherchant les mots, à nouveau, Laura ne put retenir ses larmes mais ne voulait pas que Jasper le remarque. Elle garda obstinément la tête baissée pour ne pas l’inquiéter. Elle pouvait parler comme cela, aucun problème là-dessus. Et puis, son frère était tellement fatigué qu’il n’y ferait pas gaffe…

Laura – Elle… Coincée au sens propre, dit-elle en reniflant. Elle m’a sauté dessus et m’a coincée sur mon lit et elle… Je suis trop petite, alors je n’ai rien pu faire, elle voulait te le faire à toi, alors j’ai… Je pensais que je pouvais m’en sortir, que j’allais oublier, mais je sens toujours… Je suis désolée.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Discussion trèèèès difficile...   Lun 16 Mar - 23:49

Adeline venait de partir à son tour avec ses amis. Toujours allongé dans l'herbe, il la regarda quitter la zone de loisirs, souriant. Il avait dormi contre elle... Il soupira en refermant les yeux, l'information "tu arrêtes pas de dormir" parvenant peu à peu à se frayer un chemin dans son cerveau. Il fronça légèrement les sourcils, rouvrant péniblement les yeux. Pourquoi il... Non, ne pas réfléchir à ça dès maintenant. Profiter du soleil, plutôt ! Le soleil, la chaleur, voilà son véritable élément. Baigné dans la chaleur, même féroce, bercé par les rayons du soleil. Là, il était bien. Mieux. La chaleur l'enveloppait comme un cocon, alors qu'il était couché dans l'herbe, la tête posée sur son sac. Dormir au soleil était vraiment très bien, parfait, bien plus attirant que les eaux gelées du lac. Il ne voyait vraiment pas l'intérêt de se jeter dans une eau glaciale pour s'amuser ! Alors qu'on pouvait se réchauffer au soleil. Il rêvait vaguement des prochains jours lorsqu'il vit Laura revenir s'asseoir à côté de lui. Elle s'était baignée, évidemment, elle aimait beaucoup plus l'eau que lui. Oui, l'eau, c'était bien, pour boire ou se laver, mais pas pour jouer avec. Mmh... Laura devrait essayer la sieste, elle aussi.

Petite sœur – Jasper… Est-ce que… Je peux te parler ? Ce n’est pas à propos d’Adeline, je respecte ton choix du moment que tu restes prudent, si elle te rend heureux, c’est le principal.

Adeline avait fait un choix ? Ou lui ? Hein ? Il rouvrit les yeux, cherchant le sens caché de la phrase que venait de prononcer Laura. Pourquoi était-elle heureuse ? Il avait fait le choix d'être heureux ? Ou, non, l'inverse ? Il se frotta les yeux, en essayant de remettre ça dans le bon sens.

Jasper – Adeline ? murmura-t-il. Quel choix ?

Si Adeline avait choisi quelque chose avec lui, il voudrait bien savoir quoi, car il avait un peu de mal à se souvenir, là. Il avait peut-être trop dormi, ce qui expliquerait qu'il n'arrivait pas à se souvenir. Bon, allez, un petit effort de concentration, maintenant ! Même s'il en doutait pas le moins du monde que s'endormir contre sa petite sœur serait tout à fait adorable et très confortable, il devait d'abord écouter ce qu'elle avait à lui dire, c'était le minimum syndical. Donc on souffle, on se redresse, au moins sur un coude, et on écoute. Alleeez, c'était pas si compliqué !

Petite sœur – Tu l’aimes. Elle fait partie des militaires… Mais si tu l’aimes et si elle te rend heureux, alors je respecte ça. Mais Jaz, ce n’est pas ça dont je voulais te parler…

Ah, oui, l'amour, c'était ça le sujet ! Mais oui, c'était bien, l'amour, c'était même très bien. Il y avait beaucoup d'amour, aujourd'hui, et aussi beaucoup de colère, et beaucoup de dégâts. Mais ils avait déjà que sa sœur aimait son meilleur ami, elle n'avait pas besoin de venir lui redire, il n'avait pas oublié.

Jasper – Ah, oui, je sais, tu aimes Antoine.

Petite sœur – Quoi ? Mais non ! s’écria-t-elle. Enfin, si, mais ce n’est pas ça le sujet ! Pitié, Jasper, écoute-moi, d’accord ? Ne dis rien, et écoute-moi.

Oui, oui, il l'écoutait, oui, c'est bon, elle devait parler, il l'écoutait, d'accord, oui, là, ça allait, oui, c'est bon, oui, il écoutait, d'accord, oui, c'est bon. Il lui affirma que c'était bon, puis se mordit les lèvres pour se réveiller un peu. Voilààà, tout allait bien, il était parfaitement éveillé ! Donc, petite sœur, que se passait-il ? Il fit de son mieux pour se mettre comme il faut et écouter ce qui n'allait pas. Allez, on se bouge, il s'agissait de sa sœur ! Si d'autres l'embêtaient, ou si elle avait eu des mots avec ses copine,s il pouvait au moins la réconforter. C'est alors qu'elle lui demanda de ne pas s'énerver ou de vouloir faire une connerie. Hein, quel rapport avec le reste ? Il lui demanda si elle était enceinte, seule raison qu'il voyait actuellement et qui pourrait la mettre dans cet état. ou alors, elle était malade, option numéro deux. Ou elle s'était engueulée avec Antoine, option numéro trois. Si c'était ça, il ne voulait pas s'en mêler, hein, vaut mieux ne jamaiiis se mêler des histoires de couple, surtout si dans le couple, il y avait sa sœur et son meilleur ami. Vive les embrouilles.

Petite sœur – Quoi ? Mais non, s’il te plaît, sois sérieux ! Quelques minutes, pour moi ! Je te demande seulement de me le promettre, rien de plus.

Jasper – Oui, oui, je t'écoute, vas-y, parle.

Il était très sérieux, en plus ! Il se remit sur le dos, les yeux dans le vague, à fixer le ciel très bleu, mais où le soleil et la lumière commençaient à baisser. C'était drôle, il avait encore très chaud, comme si propre don brûlait sous sa peau. C'était... Bizarre... Comme Laura, qui était un peu bizarre, aujourd'hui. Il avait l'impression d'être drogué. Il se mordit la langue assez fort pour reprendre ses esprits mais ne réussit qu'à se faire mal, et un goût de sang lui envahit la bouche. Bweuard. Comment aider votre sœur quand elle a un problème ? Mordez-vous la langue ! Cette technique totalement stupide vous était offerte par Jasper Karinof. Il referma les yeux un moment, se concentrant sur Laura et rien d'autre.

Petite sœur – L’autre jour, on est sortis du cours d’élément plus tôt. Et je… Une élève m’a… coincée dans le dortoir. Madame Chevreuil est arrivée, puis je suis sortie pour…

Il plissa les yeux. Elle avait encore été agressé ? On l'avait frappé ? Il lui posa la question, commençant à rager de ne pas montrer plus d'énergie que ça alors que sa sœur venait de lui dire qu'elle avait été agressée. Non mais agressée, quoi, alors debout, on se bouge ! Il tourna la tête vers elle, la vue un peu trouble, mais avec un gros effort pour garder les idées claires. Voilà, c'est bon, il écoutait. Qui l'avait frappé et pourquoi ? Et ce n'est que maintenant qu'elle lui disait ça ? Elle aurait dû dénoncer l'autre élève à un prof ? Ou même à la directrice, tiens, elle aurait passé ses nerfs dessus.

Petite sœur – Elle… Coincée au sens propre, dit-elle en reniflant. Elle m’a sauté dessus et m’a coincée sur mon lit et elle… Je suis trop petite, alors je n’ai rien pu faire, elle voulait te le faire à toi, alors j’ai… Je pensais que je pouvais m’en sortir, que j’allais oublier, mais je sens toujours… Je suis désolée.

Elle l'avait frappé alors ? Il tendit la main pour attraper la sienne, se jurant de se lever pour aller casser la gueule de cette fille. Dans deux minutes, d'accord ? Juste le temps de se lever. Il serra sa main dans la sienne, tout à fait éveillé à présent, et tira un peu pour qu'elle s'allonge à son tour, comme il n'arrivait pas à se redresser. Même une minute, hein, il voulait juste la consoler. Il était son frère, c'était son rôle, son devoir, et c'était fini, maintenant, il était là, elle ne risquait rien du tout. Elle s'installa à côté de lui et il referma les yeux, en lui tenant toujours la main.

Jasper – Elle pourra plus jamais te frapper... Je suis là... Ça sent pas le brûlé ?

Il renifla, perplexe, et sentit sa sœur se relever d'un bond, ce qui le fit sursauter, alors qu'elle se mettait à hurler.

Petite sœur – Jaz, ton don !

Il ouvrait la bouche pour réagir lorsqu'une énorme masse d'eau s'abattit d'un coup sur eux deux et sur le périmètre qu'ils occupaient. Il hoqueta, assis dans l'herbe, trempé jusqu'aux os, et vit alors un large cercle d'herbe noire en cendres autour d'eux. Oups... Il secoua ses mains, toussant à moitié, puis sursauta encore lorsqu'un cri perçant s'battit sur lui. Son professeur de SVT venait de se planter devant lui, les deux mains sur les hanches, et visiblement furieux.

Professeur – Qu'est-ce que vous avez foutu ?! Ce n'est pourtant pas votre genre de ne pas réussir à vous contrôler !

Jasper – Heu, je...

Professeur – Vous auriez pu brûler vive votre petite sœur ! Qu'est-ce qui vous a pris ?!

Il se ratatina sur-place, tête baissée, les joues en feu. Il n'avait jamais voulu ça ! Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait déclenché son don ! Il le jurait, jamais il ne ferait de mal à Laura, il...

Petite sœur – Ce n'est pas sa faute, monsieur ! Il... Il n'est pas bien, il dort souvent, il est tout le temps fatigué, il n'y est pour rien ! Même ici, il...Il n'a rien écouté de ce que je lui ai dit, je ne sais pas ce qui se passe...

... Merci... Laura... Et il l'avait écouté en plus ! Elle vaiat dit qu'une élève l'avait frappé ! Il voulut se relever à son tour, puis fut pris d'un brusque vertige. Ouh là. Stooop, la terre, reste bien droite s'il te plaît ! Là, voilà, c'était mieux. Il reprit son souffle, les joues encore cramoisies, puis présenta ses excuses au professeur. Il ne l'avait vraiment pas fait exprès !

Professeur – Depuis quand ne contrôlez-vous plus votre don comme ça ?

Jasper – Heu... Là, à l'instant... Mais je vais bien, je n'ai pas fait attention, je suis désolé, ça ne se reproduira plus.

Professeur – Adrien, ramène tes fesses ! J'ai un client pour toi !

Jasper – Quoi ?! Mais non ! Non, non, non, ça va !

Il recula d'un pas, le souffle court, puis fut pis d'un nouveau vertige. Fatigue, là... Le sol n'était plus stable... Il eut une petite inspiration puis se sentit tomber, s'écrouler au sol, évanoui.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Discussion trèèèès difficile...   Mer 25 Mar - 18:20

Laura avait réussi. Elle avait réussi à tout dire à son frère, même si elle continuait à penser que c’était une mauvaise idée. Elle n’aurait pas dû… Il était malade, il n’allait pas bien, il n’écoutait rien de ce qu’elle lui disait. Après, il risquait de s’en vouloir parce qu’elle avait pleuré, et elle le savait. La collégienne se gifla mentalement pour se calmer. Reprends-toi ! Pleurer devant Jasper, alors qu’il est malade, ne va rien arranger du tout. Que du contraire… Elle aurait dû attendre d’être plus forte pour tout lui révéler, attendre encore une petite semaine ou deux. Voire trois. Ou un mois. Après tout, c’était fait et Clémence avait été renvoyée, alors elle ne risquait plus rien. Oui, voilà, elle aurait dû attendre…

Jasper tendit la main vers la sienne pour l’attraper. Perplexe, Laura lui prit la main et sentit qu’il la serrait, même faiblement, puis s’allongea lorsqu’il l’y poussa. Qu’est-ce qu’il… ? Ne rien dire. Rester comme ça. Elle gardait la tête baissée, posée sur le torse de son frère, pour éviter qu’il ne la voie pleurer. Il n’était pas bien, inutile de lui rajouter des soucis supplémentaires. Elle ignorait ce qu’il avait, mais plus elle restait avec lui, plus elle s’inquiétait. Pourquoi était-il fatigué à ce point-là ? Ce n’était pas normal… Il fallait qu’elle se reprenne et qu’elle se calme. Jasper avait besoin d’elle, il avait besoin d’un médecin, d’un adulte pour l’examiner et voir ce qu’il avait.

Jasper – Elle pourra plus jamais te frapper... Je suis là... Ça sent pas le brûlé ?

Le brûlé… ? Le… Le brûlé ! Feu, feu, feu ! Jasper avait mis le feu autour d’eux ! Elle se releva d’un bond en secouant son frère, désignant les flammes et hurlant. Il ne contrôlait plus son don ?! Depuis quand ? Comment cela se faisait ? C’était possible, lorsqu’on était trop fatigué ?

Laura – Jaz, ton don !

Pile à ce moment, ils sentirent une énorme masse d’eau leur tomber dessus. Laura hoqueta, toussa et tenta de se reprendre, de respirer. Elle toussait toujours lorsqu’elle réalisa que le feu, autour d’eux, avait été éteint. Heu… Par qui ? Elle n’avait rien fait, cette fois ! Elle se maîtrisait et ne provoquait pas des raz-de-marée miniatures sans réfléchir. Ici, c’était… Laura blêmit en levant la tête. Les professeurs. Monsieur Redfire. Ils étaient morts… Mais Jasper n’avait rien fait de lui-même, il savait qu’il ne devait pas utiliser son don ici !

M. Redfire – Qu'est-ce que vous avez foutu ?! Ce n'est pourtant pas votre genre de ne pas réussir à vous contrôler !

Jasper – Heu, je…

M. Redfire – Vous auriez pu brûler vive votre petite sœur ! Qu'est-ce qui vous a pris ?!

Eh, non ! Qu’il n’en rajoute pas une couche, Jasper était déjà assez mal comme cela ! Il ne le voyait pas ? Oubliant de cacher sa tête, même si l’eau avait dû camoufler ses joues mouillées, Laura se redressa entièrement pour répondre à leur professeur avant Jasper et le défendre. Il n’avait rien fait ! Enfin, si, mais ce n’était pas sa faute !

Laura – Ce n'est pas sa faute, monsieur ! Il... Il n'est pas bien, il dort souvent, il est tout le temps fatigué, il n'y est pour rien ! Même ici, il...Il n'a rien écouté de ce que je lui ai dit, je ne sais pas ce qui se passe...

Laura lança un regard désolé à son frère. Elle savait qu’il n’aurait pas voulu qu’elle révèle tout à leurs professeurs, mais il avait besoin d’aide, il n’allait pas bien. Et s’il recommençait ? S’il ne maîtrisait plus son don, qu’il le déclenchait en cours, ou dans son lit, et qu’il se tuait ou tuait des élèves ? Cette seule pensée suffit à la glacer alors que Jasper s’excusait une nouvelle fois devant les professeurs debout devant eux. La collégienne n’ajouta rien, attendant, évitant le regard de son frère. Maintenant, il irait mieux, il serait guéri dès qu’il aura vu l’infirmier ou un médecin et tout sera rentré dans l’ordre.

M. Redfire – Depuis quand ne contrôlez-vous plus votre don comme ça ?

Jasper – Heu... Là, à l'instant... Mais je vais bien, je n'ai pas fait attention, je suis désolé, ça ne se reproduira plus.

M. Redfire – Adrien, ramène tes fesses ! J'ai un client pour toi !

Jasper – Quoi ?! Mais non ! Non, non, non, ça va !

Ca va… Laura leva les yeux au ciel, exaspérée. Non, il n’allait pas bien, qu’il accepte de se soigner, pour une fois ! Elle voulut dire autre chose, le convaincre, lui dire qu’au moins, il ne risquera plus sa vie après… Lorsqu’il s’effondra d’un coup par terre. Jasper ! Elle s’agenouilla à côté de lui, lui attrapant la main, le touchant, essayant de le réveiller et hurlant son prénom. Elle s’écarta pour laisser la place à son professeur de SVT qui allongeait Jasper d’une certaine manière. La directrice, elle, venait d’envoyer quelqu’un appeler les secours. Jasper… Jasper… Il allait se remettre, n’est-ce pas ? Ce n’était pas grave, hein ?

Laura – Jasper…

Pendant un temps qui lui sembla interminable, Laura attendit les secours, ne cessant de regarder s’ils arrivaient, s’ils arrivaient enfin. En réalité, il ne fallut que cinq minutes pour qu’ils arrivent. Elle se leva lorsqu’ils déposèrent Jasper sur un brancard, s’écartant pour laisser les secouristes s’occuper de lui. Il irait bien, n’est-ce pas ? Ce n’était pas grave ? Laura les observa, les regardant s’éloigner avec la directrice en se sentant horriblement impuissante.

Elle n’aurait jamais dû le déranger avec ça, elle n’aurait pas dû parler, pas maintenant. Les autres élèves avaient repris leurs activités, parlant sûrement de ce qui s’était passé, leur professeur de SVT avait emmené les jumeaux et les autres professeurs parlaient de nouveau ensemble. Et… Maintenant ? Jasper n’était plus là, elle avait laissé ses amies partir pour rester avec son frère et, de toute façon, elle n’avait pas envie de parler, et Antoi… était là. Laura se sentit blêmir d’un seul coup. Il était resté tout près et avait sûrement tout entendu, vu la tête qu’il faisait. Mais elle… Mais… Ce n’était pas prévu, ça ! Bon… Et maintenant ? La collégienne se rapprocha de lui, penaude. Ne pas parler du reste, faire comme si elle allait bien.

Laura – Il… Il s’est évanoui d’un coup, mais je suis sûre qu’ils vont réussir à le soigner, Jasper est solide.

Laura avait une voix plus rauque et essayait de se rassurer – de gagner du temps – plus que de rassurer le meilleur ami de son frère. Elle ne voulait pas aborder le sujet. Pourtant, elle devait bien lui dire, le prévenir. Elle savait qu’il avait tout entendu, c’était évident, sinon pourquoi serait-il resté ici ? Quitte à se faire hurler dessus… Autant lancer le sujet soi-même. Non ?

Laura – Antoine, je…, commença-t-elle d’une petite voix. Si tu as tout entendu, je… Désolée, je ne voulais pas vous inquiéter pour rien, et puis… Et puis je m’en suis tirée, donc ça va, et l’élève a été renvoyée, donc tu ne dois pas t’inquiéter. Et je vais très bien.

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