1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 A l'heure du thé

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Robert de Lizeux
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MessageSujet: A l'heure du thé   Sam 14 Mar - 16:59

L'endroit aurait pu être agréable s'il n'avait pas été rempli par des jeunes garçons et filles qui venaient se bécoter sans aucun pudeur. Cela était un tel irrespect ! Robert ôta son chapeau en s'asseyant à la petite table en fer, alors qu'un serveur venait prendre sa commande. Il faisait très beau, aujourd'hui, et le soleil inondait le parc, les rayons du soleil passant à travers la frondaison des arbres. Il déposa sa veste sur la chaise, regardant les autres clients, et le serveurs qui passaient entre les tables, pour servir les clients et prendre les commandes des nouveaux arrivants. Il y avait beaucoup de monde dans le parc, à cette heure. Il déplia le journal qu'il avait apporté pour passer le temps en attendant l'arrivée de sa grande sœur. Il suivait tous les jours les actualités politiques de très près, afin de définir sa propre stratégie. Sans oublier bien sûr les affaires de ses différentes entreprises. Il pinça les lèvres en voyant que le cours d'une autre affaire avait pris de la valeur. Maintenant que son fils avait douze ans, il pouvait commencer à l'initier à ce genre de choses.

Levant le regard, il vit au loin la grande école, qui était régulièrement au cœur de l'actualité. Pour lui, un tel endroit n'aurait même pas dû exister ! Les dons étaient une offense à la nature et au créateur. Les dons étaient une aberration complète. Dieu merci, sa mère, qui avait elle aussi possédé un élément, n'en avait jamais fait usage, ou très rarement, et ne le mentionnait pas. Elle se comportait normalement, comme toute femme de la haute société, et n'essayait pas de sortir des principes ou valeurs familiales Il la respectait beaucoup pour cela, elle était une femme admirable et très respectable. Dommage qu'il en puisse en dire autant de sa sœur. C'était dans cette école qu'elle avait étudié, puis ici qu'elle s'était enfuie et travaillait maintenant. Humph. Il replia soigneusement le journal, les yeux rivés sur la silhouette lointaine du pensionnat. Il regrettait tant que leurs parents n'aient pas envoyé leur fille aînée dans une école pour jeunes filles.

Enfin, soit. Il était encore temps d'arranger les choses. Il s'était déplacé ici pour cela, il avait quitté Paris pour ce coin de province afin de convaincre sa sœur de revenir dans le droit chemin, et il était prêt à tout pour cela. Le serveur vint lui apporter une tasse de thé, et il le prévint d'en préparer une autre pour sa sœur. Il allait faire un effort et tâcher de démarrer la conversation sur de bonnes bases, et prit donc soin de commander son thé préféré. Lorsque le serveur partit, il mit une cuillère de sucre dans tasse, se préparant mentalement à la conversation qui allait suivre. Il espérait que sa sœur allait l'écouter jusqu'au bout, elle avait toujours eu un tel caractère ! Mais soit, elle avait au moins accepté son invitation, c'était un signe encourageant. Peut-être avait-elle déjà commencé à réfléchir à son attitude, et à la façon dont une femme digne de ce nom devait se comporter. Elle allait arriver vêtue d'une robe longue et d'un châle, comme ces femmes qu'il voyait là-bas, les cheveux attachés en chignon comme il se doit, et ils pourront ainsi débuter leur conversation.

Il sourit en buvant une gorgée de son thé, persuadé que tout pouvait encore s'arranger ! Il tournait la tête pour surveiller l'entrée du parc lorsqu'il vit une personne avancer vers lui. De longs cheveux blonds détachés qui volaient au vent, des vêtements... Non, un uniforme, bleu foncé, la crosse d'un pistolet bien visible, une démarche assez raide et droite. Il releva la tête, sa bouche se décrochant sous le choc, alors qu'il en lâchait sa tasse, qui s'écrasa sur la table en fer. Il se leva d'un bond, encore plus blême qu'un fantôme, choqué, pétrifié, le cœur au bord des lèvres. Non.... NON ! Non, non, non ! Ne pas s'évanouir. Une minute. Respirer. Ne pas hurler tout de suite. Il la détailla de haut en bas, sans remarquer le serveur qui nettoyait ses dégâts en lui resservant du thé.

Robert – Ma sœur... Non, non, tu n'as pu faire ça ! Tu t'es engagée dans l'armée ?! Tu....

Serveur – Bonjour, madame, voici votre thé.

Il lui jeta un regard noir, tremblant de tous ses membres, puis se força à se rasseoir, invitant d'un geste son aînée à faire de même. Du calme. La situation était bien pire que prévu. Du calme. Il prit une longue inspiration, jouant un moment avec sa cuillère pour se calmer. Du calme. Il avala sa salive, puis soupira, se redressant. Il était à deux doigts de s'évanouir tant le choc était profond. Il détailla son uniforme, puis eut un hoquet en voyant quel était son grade. L'armée était devenue folle !

Robert – Donc, tu es militaire... Gabriella, écoute-moi. Ecoute-moi très attentivement ! Je suis venu aujourd'hui pour te parler d'un problème très grave. Je sais que tu tiens à cette école, mais à présent, tu dois voir plus largement que ce soin de campagne. Il y a trop d'histoires sur toi qui circulent en ce moment, je ne voulais pas en croire la moitié, mais je dois me rendre à l'évidence, à présent.

Il s'interrompit pour reprendre son souffle, tout à fait outré, la main serrée sur sa cuillère.

Robert – Enfin, regarde-toi ! Tu couvres notre famille de honte ! Tu es une femme, ma très chère sœur, et la véritable place d'une femme, c'est chez elle avec ses enfants. Pense un peu à l'image que tu renvois ! Tu es encore pire qu'une vulgaire prostituée, à te donner ainsi en spectacle. Ton seul devoir devrait être de rester chez toi, tenir ton rang, ton nom, te marier, élever tes enfants sans te soucier de rien d'autre, de recevoir dignement les invités de ton mari. Laisser les pantalons aux hommes et les jupes aux putes, et te vêtir avec des robes. Et attacher tes cheveux !

Il secoua la tête, reposant sa cuillère, crispant son autre main sur l'anse de la tasse.

Robert – Que fais-tu dans l'armée ? Tu n'as donc aucune honte ? Tu ne penses jamais à ta famille ? vas-tu donc te comporter toute ta vie comme un glaçon insensible ?! Tu te fiches de ta famille, tu te fiches aussi de tes enfants puisque tu préfères courir avec l'armée plutôt que de t'occuper d'eux.

Il se redressa un peu plus plus, les yeux flamboyants.

Robert – Es-tu une femme ou juste un mur de glace ?!
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: A l'heure du thé   Lun 16 Mar - 17:18

Son adjoint/aide de camp/gamin qu'on lui avait mis dans les pattes s'empressa de venir lui ouvrir la porte de la voiture, comme si elle n'était pas capable d'actionner elle-même la poignée pour y rentrer. Elle le remercia du bout des lèvres et il lui fit un sourire radieux, comme s'il venait d'accomplir le but ultime de sa vie. Bon, soit, si ça lui faisait plaisir... Elle rentra à l'intérieur du bâtiment principal, regardant les dossiers qu'on lui avait remis au secrétariat. Elle devait commencer par "s'imprégner de tout cela" avant de passer aux choses sérieuses. La plupart des dossiers qu'elle avait sous le bras concernait le groupe des Guetteurs, dont elle avait la charge. D'autres gradés, sous elle, s'occupaient des choses pratiques et de l'entraînement des recrues, et elle-même se chargeait de coordonner le tout, affecter chacun à son poste sur différentes périodes, ainsi que diverses hautes tâches très administratives. Autant dire que ça ne la changeait pas beaucoup. James courait derrière elle, alors qu'elle lisait un dossier sur l'entraînement des nouveaux dans le groupe.

James – Générale, allez-vous vous rendre à l'entraînement de ce soir des nouvelles recrues ? Le capitaine voudrait savoir vos disponibilités pour la prochaine inspection des troupes.

Gabriella – Mettez pour ce soir, oui, ce sera parfait, répondit-elle d'un ton absent en lisant la fiche qu'ils avaient faites pour Océane.

Dans le genre détaillé, c'était assez difficile de mieux faire. Elle glissa la fiche dans le dossier puis se rendit à son bureau. James, toujours très empressé, lui proposa du café ou du thé. Elle leva les yeux au ciel en lui disant qu'il pouvait aller faire ce qu'il voulait, il n'avait rien de particulier à faire ici. Il eut un air choqué, comme si on venait de lui annoncer qu'il était renvoyé. Elle retint un long soupir, et lui dit qu'il ferait mieux d'aller déjeuner, elle n'avait pas besoin de ses services. Une fois qu'il fut parti, elle s'appuya un moment contre la fenêtre, regardant au-dehors. Être ici, dans ce bureau, lui laissait toujours un effet étrange. La veille, elle était encore dans les bras de Cyprien, à essayer de se comporter comme une femme, et en portant diverses robes de mariées. Aujourd'hui, elle était en uniforme, armée, et préparait des plans pour la guerre. Elle se rassit avec un soupir de lassitude, puis se reprit et se mit au travail.

Dans l'après-midi, elle quitta la caserne, sans prendre la peine de se changer, pour se rendre au parc de Gray, au café où son très cher et adorable petit frère lui avait donné rendez-vous. Elle passait outre les regards qu'on lui lançait, bien que la plupart des habitants étaient habitués à voir passer des soldats. Son frère était déjà arrivé, lorsqu'elle entra dans le parc, et sa réaction lorsqu'il la vit en tenue valait de l'or. Elle retint un sourire cynique alors qu'il se levait d'un bond, renversant sa tasse, blêmissant d'une façon très impressionnante. Se retenir de rire fut très difficile, bien qu'elle jubilait intérieurement de voir la tête qu'il tirait. Elle voudrait tant voir aussi les réactions des autres membres de sa famille ! La fille rebelle et avec un mauvais caractère, non contente de travailler et être indépendante, s'était engagée dans l'armée. Il devait en être malade, ce pauvre petit crétin... Lui qui avait passé des heures et des heures à lui dire qu'elle aurait dû aller dans un collège de jeunes filles au lieu d'aller à Ste Famille, lui qui avait crié durant des heures pour qu'elle arrête de travailler et se marie.

Robert – Ma sœur... Non, non, tu n'as pu faire ça ! Tu t'es engagée dans l'armée ?! Tu....

Serveur – Bonjour, madame, voici votre thé.

Elle s'assit face à son cher frère, détendue, les bras croisés, amusée par sa réaction. Tiens, il lui avait commandé une tasse de son thé favori, quelle délicate attention. Il aurait sans doute aimé débuter cette petite conversation sur de bonnes bases, avec le sourire, et sans hurler. Dommage pour lui, elle n'était pas du tout disposée à jouer les gentilles jeunes femmes sans histoires ni soucis. Même si lui aurait voulu qu'elle arrive en robe et en poussant la landau de ses enfants devant elle. L'image parfaite de la femme au foyer dont on n'attend rien, à part qu'elle emmène ses enfants à l'école et fasse la cuisine à son mari. Gabriella était très loin de cette image-là, vraiment loin, et était ravie que cela fasse étouffer son cher frère.

Robert – Donc, tu es militaire... Gabriella, écoute-moi. Ecoute-moi très attentivement ! Je suis venu aujourd'hui pour te parler d'un problème très grave. Je sais que tu tiens à cette école, mais à présent, tu dois voir plus largement que ce coin de campagne. Il y a trop d'histoires sur toi qui circulent en ce moment, je ne voulais pas en croire la moitié, mais je dois me rendre à l'évidence, à présent.

Elle mit un peu de sucre dans sa tasse, jambes croisées, avec un regard indifférent pour son frère. Trop d'histoires qui circulaient sur elle ? Elle ne voyait vraiment pas en quoi elle était responsable si les journalistes s'amusaient avec des articles idiots. Il avait déjà fait leurs choux gras avant l'arrivée de l'armée dans le pensionnat, puis sa grossesse. On ne lâche pas une cliente comme ça, après tout, et c'était la seule raison qui les poussait à continuer. Son petit frère en était gêné ? Oh, qu'il croit bien qu'elle en était désolée, mais vraiment, elle n'allait pas s'en remettre !

Robert – Enfin, regarde-toi ! Tu couvres notre famille de honte ! Tu es une femme, ma très chère sœur, et la véritable place d'une femme, c'est chez elle avec ses enfants. Pense un peu à l'image que tu renvois ! Tu es encore pire qu'une vulgaire prostituée, à te donner ainsi en spectacle. Ton seul devoir devrait être de rester chez toi, tenir ton rang, ton nom, te marier, élever tes enfants sans te soucier de rien d'autre, de recevoir dignement les invités de ton mari. Laisser les pantalons aux hommes et les jupes aux putes, et te vêtir avec des robes. Et attacher tes cheveux !

Il laissa retomber sa cuillère, alors qu'elle haussait un sourcil, son menton posé dans le creux de son autre main, coude sur la table. Il venait bien de la traiter de prostituée, là, elle ne rêvait pas ? Elle allait lui casser la gueule. Elle but une gorgée de son thé avec lenteur, les yeux fermés, puis reposa sa tasse, alors qu'il s'énervait de plus en plus. Cependant, ce qui était assez remarquable, ce que Gaby, au contraire, n'était pas du tout énervée, pour une fois. Elle restait très calme, très posée, planifiant très tranquillement la façon dont elle allait refaire le portrait à son frère s'il n'était venu ici que pour l'insulter. Après tout, s'il tenait tant à se réveiller à l'hôpital, c'était son choix, elle le respectait. Une fois cloué au lit avec les deux jambes cassées et défiguré, il aura le temps de méditer sur toutes les conneries qu'il criait à la seconde. Elle eut une petite, minuscule pensée pour sa belle-sœur qui allait retrouver son mari en plusieurs morceaux et qui devra le nourrir à la petite cuillère pendant deux ou trois mois. Mais qu'elle ne s'inquiète pas, il ne pourra pas râler, vu que Gaby allait s'arranger pour lui faire aussi cracher ses dents.

Robert – Que fais-tu dans l'armée ? Tu n'as donc aucune honte ? Tu ne penses jamais à ta famille ? Vas-tu donc te comporter toute ta vie comme un glaçon insensible ?! Tu te fiches de ta famille, tu te fiches aussi de tes enfants puisque tu préfères courir avec l'armée plutôt que de t'occuper d'eux.

Un glaçon insensible ? C'était déjà mieux que prostituée. Elle allait peut-être lui laisser une ou deux dents, finalement. Il était triste de voir à quel point il n'avait aucun instinct de survie. Il ne se rendait même pas compte qu'il se tournait lui-même en ridicule, à s'agiter ainsi en criant au milieu du parc. Quelle pitié.

Robert – Es-tu une femme ou juste un mur de glace ?!

Elle haussa les sourcils, buvant une autre gorgée de thé, croisant à présent les bras sur la table, sans répondre pour le moment. Elle lui sourit ensuite, d'une façon tout à fait insolente et cynique, pour le simple plaisir de l'énerver encore plus, cet abruti.

Gabriella – Ce que je fais dans l'armée ? On m'y a invité, voilà tout. Je me suis rendue à la caserne de Gray, dimanche dernier, où le Maréchal m'a remis mon grade et cet uniforme. Et non, je n'ai pas honte. C'est un des points qui nous séparent, mon cher frère. Contrairement à toi, je me fiche de ce que les autres peuvent bien penser de moi, je ne changerais pas le cours de ma vie à cause des opinions de qui que ce soit.

Elle s'interrompit pour boire une autre gorgée, avant de touiller à nouveau le contenue de sa tasse, remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

Gabriella – Qu'est-ce qui t'oblige à attacher ton nom au mien, dis-moi ? Personne ne te force à clamer que je suis ta sœur ! Car tu peux être sûr que je me moque totalement de ce que ma réputation peut avoir comme effet sur la tienne. Tu peux croire que je suis un glaçon, ce n'est pas ton opinion qui va changer quoi que ce soit pour moi.

Elle lui sourit à nouveau pour l'agacer, se rencognant dans sa chaise, les bras croisés.

Gabriella – Sinon, je vais me marier, par amour cette fois. Je porterais une robe, ça devrait te faire plaisir, non ?

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Robert de Lizeux
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MessageSujet: Re: A l'heure du thé   Mar 17 Mar - 16:57

Sa sœur se contenta de lui sourire pour toute réponse, mais d'une façon telle qu'il en fut terriblement agacé. Ce qu'elle allait lui dire n'allait pas lui plaire, il le sentait bien. Il but une gorgée de son thé, patient, et n'ayant plus vraiment envie qu'elle lui donne une réponse. Discuter avec elle était toujours aussi difficile que d'habitude, elle n'avait pas changé sur ce point-là. Même lorsqu'ils étaient enfants, elle se comportait déjà comme un glaçon. Lui et leurs deux frères ne jouaient que rarement avec elle, car elle ne supportait pas de rester enfermée dans le jardin avec eux, sous la surveillance des domestiques. Elle préférait escalader les murs de la propriété pour sauter dans la rue et s'enfuir en courant pour aller trouver des "amies", parmi les gamins du peuple. Il n'avait jamais compris l'intérêt de faire ça, très sincèrement, pourquoi avait-elle toujours perdu temps à courir avec la racaille dans les rues de Paris ? Et encore, si ce n'était que ça ! Un glaçon, le mot était encore faible pour la qualifier. Vu son côté très câlin et doux, elle n'avait jamais non plus su jouer et s'amuser comme une gentille fillette de sa condition.

Gabriella – Ce que je fais dans l'armée ? On m'y a invité, voilà tout. Je me suis rendue à la caserne de Gray, dimanche dernier, où le Maréchal m'a remis mon grade et cet uniforme. Et non, je n'ai pas honte. C'est un des points qui nous séparent, mon cher frère. Contrairement à toi, je me fiche de ce que les autres peuvent bien penser de moi, je ne changerais pas le cours de ma vie à cause des opinions de qui que ce soit.

Et c'était bien ce qu'il lui reprochait ! Cette attitude arrogante et insolente, cette façon de se comporter, de parler, de vivre ! Elle n'aimait rien ni personne, elle ne se préoccupait jamais de sa famille, elle ne souriait jamais, elle n'avait même pas voulu de fête pour l'arrivée de ses enfants ! Il ne l'avait jamais vu s'amuser une seule fois, même enfant, jamais ! Elle était froide, insensible... Ce qu'elle disait à présent en était une parfaite illustration ! Une preuve de plus que rien ne compatit pour elle, à part le travail et son "combat". On l'avait donc invité dans l'armée ? Au final, ce n'était pas si étonnant que ça, vu son tempérament. Il souhaitait bon courage à celui qui osera l'épouser un jour, maintenant qu'elle était libérée de son premier mari. Qui voudrait d'un mur de glace gelé qui ne savait pas sourire, on se le demande ?

Gabriella – Qu'est-ce qui t'oblige à attacher ton nom au mien, dis-moi ? Personne ne te force à clamer que je suis ta sœur ! Car tu peux être sûr que je me moque totalement de ce que ma réputation peut avoir comme effet sur la tienne. Tu peux croire que je suis un glaçon, ce n'est pas ton opinion qui va changer quoi que ce soit pour moi.

Oh, mais il n'était pas le seul à penser ainsi, très chère sœur ! La France toute entière la voyait ainsi, désormais. Il suffisait d'ailleurs de la regarder, tout simplement, pour comprendre qui elle était ! D'ailleurs, elle était bien plus pâle que d'habitude... Elle avait les traits tirés, le teint blême. Elle était malade ? Voilà ce qui arrivait à force d'accumuler les conneries ! Il reposa sa tasse avec lenteur, exaspéré. Franchement... Elle n'avait aucune conscience de son image publique, ni aucune conscience du chemin sur lequel elle s'engageait. Ce n'était pas à une femme de se battre ! Quand allait-elle le comprendre ?! Cela faisait plus de dix ans qu'ils ne s'étaient plus véritablement parlés, pas longuement en tout cas, et il était assez choqué de la revoir. Militaire, le regard encore plus froid que jamais. Si différente de l'image qu'il gardait d'elle... Lorsqu'elle avait quitté la maison, elle était une tête brûlée, déjà indépendante, mais pas aussi sèche ni aussi tendue. Elle avait un peu trop changé pour son propre bien. Elle lui sourit à nouveau, d'une façon tout à fait insolente. Autre illustration de ce qu'il venait de penser. Elle se rendait compte qu'on ne pouvait la voir que comme une boule de nerfs ?

Gabriella – Sinon, je vais me marier, par amour cette fois. Je porterais une robe, ça devrait te faire plaisir, non ?

Robert – Tiens donc, grinça-t-il, il y a un homme assez masochiste sur cette terre pour vouloir t'épouser ?

Il sursauta lorsque la seconde d'après, il reçut brusquement son thé à la figure. Il s'essuya avec sa serviette, souriant à moitié, alors qu'elle le fixait, furieuse, lèvres pincées. Et voilà, elle était tellement tendue qu'elle ne supportait plus la moindre petite remarque ! Il finit de s'essuyer, alors qu'elle se levait, puis jeta sa serviette sur la table. Il se leva à son tour, rajustant sa veste.

Robert – Tu rentres chez toi pour passer du temps avec tes enfants ? Ou tu vas rentrer à la caserne pour continuer ton cher travail ?

Elle leva brusquement la main pour le gifler, mais il l'arrêta par le poignet à la dernière seconde. Eh, ça ne va pas ?! Il resserra sa prise pour l'empêcher de se dégager, tirant sur son bras, prêt à lui tordre le poignet, puis stoppa tout mouvement lorsqu'il sentit le canon d'une arme se poser sur sa nuque. Que... Il tourna à moitié la tête, tombant sur un autre soldat, dont il ne put reconnaître le grade, avec un air dur, très droit, le regard noir.

Soldat – Merci de relâcher madame tout de suite.

Il remarqua alors l'air de sa sœur. Elle était totalement choquée, la bouche à moitié ouvert, les yeux écarquillés. Il la relâcha avec lenteur, alors que le plus grand silence s'était fait autour d'eux, puis recula. Le type rengaina alors son arme et vint se placer aux côtés de Gabriella. Humph. Elle avait donc déjà rassemblé de braves petits toutous autour d'elle qui aboyaient sur son ordre ? Brave glaçon. Il haussa les épaules et remit son chapeau avec un soupir de lassitude, enfilant ses gants.

Robert – Tu as l'air bien entourée, à ce que je vois... Nous nous reverrons bientôt, ma chère sœur, il y a d'autres choses dont nous devons parler.
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Magister
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MessageSujet: Re: A l'heure du thé   Mer 18 Mar - 16:30

[PNJ Commandant Henri Beauvais, 38 ans]


Il n'était décidément pas du matin... Henri ouvrit péniblement un œil, tâtonnant pour arrêter son réveil, ou plutôt frapper dessus pour le faire taire. Silence, les honnêtes gens veulent dormir ! Il refourra aussitôt sa tête sous son oreiller, pas du tout disposé à quitter tout de suite la chaleur de son lit. Dormiiir ! Une main douce vint tout à se glisser sur nuque et il eut un frisson. Sa petite amie du moment se pencha et l'embrassa, l'enveloppant de ses longs cheveux bruns. Ils sortaient ensemble depuis plus de deux semaine,s ce qui était quasiment le record personnel d'Henri. Il était assez... volage, et ne restait pas souvent avec une seule et même femme. Il avait le don pour tomber amoureux de tout ce qui portait une jupe ou qui avait un joli minois. Bref, tout ce qui avait un regard clair, de longs cheveux, un sourire tendre, donc les femmes. Ah la la, merveilleuse œuvre de Dieu que les femmes ! Ces magnifiques et douces créatures, si délicates, qui parvenait à vous faire fondre en un seul regard. Il sourit à sa dulcinée, alors qu'elle se redressait et commençait à s'habiller. Il se leva à son tour, cherchant sa chemise à tâtons. Il était encore assez tôt, même si le soleil montait déjà haut dans le ciel. Pfff, il ne pouvait pas se recoucher, tout simplement ? Une heure ou deux ? Devoir se lever aussi tôt, c'était de la torture !

Stéphanie – Allez, debout ! Tu m'avais dit que ta nouvelle affectation entrait en vigueur aujourd'hui, non ? Tu dois te préparer.

Henri – Laisse-moi me réveiller... Et oui, c'est aujourd'hui. Il était temps, je commençais à devenir fou. Je ne me suis pas engagé pour frapper des gamins, moi ! Et encore moins des femmes. C'est pour ça que j'ai demandé à être muté, je n'en pouvais plus...

Stéphanie – Bon courage, mon amour, sourit-il en volant vers lui sur le lit pour l'embrasser.

Une foule de pensées fort peu Catholiques vinrent envahir le militaire, mais sa belle se releva et fila dans la salle de bain. Roh, bon, plus tard alors. Il s'étira soigneusement puis enfila sa chemise comme il faut, avant d'aller se raser, debout devant le miroir de la chambre. Il était à la fois impatient et un peu effrayé. Très impatient, car il avait attendu des jours avant que sa nouvelle affectation soit acceptée. Dès qu'il avait su que la directrice était devenue générale, et qu'elle continuait à affronter Bradley malgré tout, il avait aussitôt demandé à être promu dan son équipe. Il voulait travailler avec quelqu'un qui respectait la dignité humaine, et surtout quelqu'un qui ne voulait pas s'en prendre à des gosses ! Il n'avait même pas hésité une seconde avant de se rendre au bureau des affectations. Et en même temps, il était aussi un peu effrayé. La réputation de cette femme la précédait, après tout... Il ne l'avait vu qu'en photo, et une seule fois en vrai, de loin. Il ne savait rien d'elle à part ce qu'il avait lu dans les journaux, et pourtant, il voulait, il était prêt à la suivre ! Il se demandait juste si elle avait le regard aussi froid en vrai qu'elle ne l'avait sur les photos.

Stéphanie – Chéri, dit-elle en passant la tête dans la chambre, enroulée dans sa serviette. Tu vas partir avant moi ? Je laisse les clés au concierge en bas ?

Henri – Oui, merci, répondit-il en enfilant sa veste et en mettant son col en place. A plus tard, ma belle !

Il ferma la porte, puis descendit les escaliers, sortant du bâtiment. Il y avait encore peu de monde à courir dans la cour de la caserne à cette heure. Il se rendit d'abord au bureau des affectations pour signer les derniers papiers, maintenant que tout était en ordre. En entrant, la secrétaire lui jeta un drôle de regard, comme si elle avait pitié. Ses collègues aussi eurent un temps d'arrêt en le voyant entrer. Et bien quoi ? Que se passait-il ? Il demanda son dossier, et la secrétaire lui fit un sourire triste en se levant pour aller le chercher.

Capitaine – Commandant ? Le Maréchal vient de signer votre dossier. Il... Heu...

Henri – Il a ?

Capitaine – Il vous a nommé bras droit de la Générale. Il vous considère comme apte à ce poste, comme vous avez déjà servi sous les ordres du Général Richard.

Henri – Vraiment ? C'est un honneur !

Il perdit son sourire béat en voyant les regards lourds de pitié posés sur lui. Mais tout allait très bien se passer ! C'était lui qui avait demandé à être le subordonné de la générale, après tout ! Il savait très bien ce qu'on disait d'elle, merci bien ! D'ailleurs, il ne croyait pas toutes les rumeurs qui circulaient. Il était certain qu'elle sera très bien à ce poste, et il était prêt à tout pour la conseiller et la soutenir. Il signa les papiers qu'on lui tendait, ignorant les autres qui murmuraient à présent sur tout cela. Une fois fait, il se rendit au réfectoire pour le repas du matin, avec quelques amis. Amis qui eux aussi eurent des réactions assez étranges lorsqu'il leur annonça qu'il venait d'être nommé bras droit de la nouvelle générale. Bon, ça suffit les bêtises maintenant !

Il se plongea dans son travail une bonne partie de la journée, prenant juste deux heures pour faire un peu de gym. Il tenait à rester en forme ! En milieu d'après-midi, déchargé des dossiers qu'il devait terminé avant de changer son poste, il se mit enfin en quête de la générale, afin de se présenter. Ne la trouvant pas dans on bureau, il croisa alors son aide de camps, un petit jeune tout mignon et très souriant, qui lui apprit qu'elle était à Gray, voir son frère. Parfait, il allait la retrouver là-bas ! Il s'y rendit à pied, se préparant mentalement. Il tenait vraiment à faire bonne impression, c'était d'une importance vitale pour lui ! Nom, prénom, âge, grade, parcours, et motivations. Et ensuite lui jurer qu'il sera un soutien de tous les instants. Il avait vraiment hâte, maintenant qu'il était enfin détaché de ceux qui lui demandaient de torturer des gosses...

Il chercha un moment la générale à Gray, passant dans les cafés, puis un commerçant finit par lui dire qu'il l'avait vu entrer dans le parc. Il s'y rendit, souriant, passant par l'arrière du parc. Bien, bien, bien ! Il sursauta tout à coup en la voyant, face à un homme qui venait de lui attraper le poignet avec un regard mauvais. Il courut aussitôt vers eux, sortant son arme, et le pointa directement sur la nuque de ce sale type pour l'arrêter, le regard dur, sourcils froncés, et très droit dans son uniforme. Qu'il ne touche pas à sa supérieure !

Henri – Merci de relâcher madame tout de suite.

Le type lui jeta un regard un peu perdu, qui le remplit de fierté. En revanche, voir l'air absolument choqué de la générale lui arracha un hoquet stupéfait. Mais il ne faisait que venir l'aider, c'est tout ! Il n'aurait pas dû ? Heu, bon, ne pas se laisser distraire. Il attendit que le type relâche sa supérieure, puis vint se placer à ses côtés, très martial. Après tout, elle était peut-être juste surprise de voir quelqu'un arriver comme ça à l'improviste, et pas surprise car elle n'aurait jamais imaginé une seconde qu'on puisse vouloir l'aider.

Ordure – Tu as l'air bien entourée, à ce que je vois... Nous nous reverrons bientôt, ma chère sœur, il y a d'autres choses dont nous devons parler.

Ah, c'était lui, le frère en question ? Et bien, il avait de sacrés manières ! Il tourna les talons puis quitta le parc, alors qu'Henri avait un léger soupir. Bien ! Il recula d'un pas puis se retourna vers sa supérieure, claquant des talons dans un salut militaire réglé au millimètre près.

Henri – Bonjour, ma Générale ! lança-t-il d'une voix forte, avant de reprendre un ton de voix plus normal. Commandant Henri Beauvais, 38 ans, à votre service.

Il inclina la tête pour la saluer, restant ensuite au garde-à-vous, les deux mains derrière le dos.

Henri – J'ai demandé à devenir votre subordonné, ma Générale. Ce matin, j'ai appris que le Maréchal m'avait nommé pour être votre bras droit, votre subordonné direct, ce qui est vraiment un très grand honneur pour moi. Je soutiens tout ce que vous défendez, et je vous suivrais jusqu'à la mort s'il le faut.

Il allait rajouter qu'il était fier de cette affectation lorsqu'il s'aperçut qu'elle le fixait, encore plus choquée, la bouche grande ouverte. Heeu... Non, ne rien dire, elle n'avait pas l'habitude, voilà tout.

Henri – Êtes-vous blessée, ma Générale ? Désirez-vous que je vous escorte jusqu'à la caserne ou à l'école ?
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: A l'heure du thé   Jeu 19 Mar - 19:10

Robert – Tiens donc, grinça-t-il, il y a un homme assez masochiste sur cette terre pour vouloir t'épouser ?

Gabriella ne réfléchit même pas, lui jetant brusquement le contenu de sa tasse à la figure avant de se lever d'un bond,  tendue et furieuse. Pauvre abruti ! Il se croyait peut-être drôle, avec ses blagues à deux sous ?! Il n'avait pas à insulter Cyprien alors qu'il ne le connaissait même pas, qu'il ne l'avait jamais vu, jamais parlé ! Il pouvait l'insulter elle si ça l'amusait, mais pas son futur mari, point barre ! Mais pourquoi avait-elle accepté de perdre son temps avec ce parfait crétin ?! Si elle ne lui adressait la parole que par mono-syllabes depuis des années, c'est qu'il y avait une raison ! Elle voulait bien faire un effort à Noël, au Nouvel An, ou à un anniversaire, passe encore, mais franchement,q u'est-ce qui avait bien pu lui prendre lorsqu'elle avait accepté de le voir dans ce parc ?! Elle aurait mieux fait de se casser une jambe plutôt que de lui renvoyer une réponse positive. Mais ce charmant petit rendez-vous était fini, elle avait sa dose. Il s'était levé, lui aussi, alors qu'elle rajustait sa veste et remettait ses cheveux derrière son épaule. Gâcher un après-midi entier pour ça ! Mieux valait qu'ils continuent à s'éviter, tout simplement, ils n'avaient pas les mêmes valeurs, ni la même façon de penser. Il pouvait bien vivre comme il le voulait, mais il n'était pas question qu'il vienne lui imposer quoi que ce soit.

Robert – Tu rentres chez toi pour passer du temps avec tes enfants ? Ou tu vas rentrer à la caserne pour continuer ton cher travail ?

Si elle était dans cette "caserne", c'était avant tout pour faire le travail que lui ne fera absolument jamais car ils e fichait de ce qui pouvait arriver à son pays ! Elle voulut le gifler et lui hurler de dégager de sa vue mais il lui attrapa le poignet au vol et tira, serrant, sans doute pour le lui tordre. Elle allait l'électrocuter un bon coup pour l'assommer lorsqu'elle vit un autre militaire braquer d'un coup son frère, après avoir couru vers eux. Quoi... ? Elle stoppa net tous ses gestes à son tour, même si elle n'était pas visée par l'arme. Mais pourquoi il l'aidait ? D'où il sortait ? Et elle était capable de se défendre toute seule ! Pourquoi se sentait-il obligé d'intervenir ? Son regard glissa sur son uniforme, et elle put voir qu'il était commandant. Elle n'essayait même pas de se dégager tant elle était surprise qu'un soldat agisse ainsi.

Soldat – Merci de relâcher madame tout de suite.

Relâcher madame ? Elle entrouvrit la bouche, choquée, ne réagissant même pas lorsque son frère la laissa en paix. Elle se frotta le poignet, fixant le commandant. On pouvait savoir pourquoi il se sentait obligé d'intervenir, au juste ? Il vint se placer à côté d'elle, et elle le regarda de haut en bas, stupéfaite, puis méfiante. Cela cachait quoi, encore ? Un sale coup de Bradley ? Ou d'un autre général ? Oui, elle était paranoïaque, et elle l'assumait parfaitement. Elle n'écouta même pas les "menaces" de son frère avant son départ, juste prise de court. Pour elle, il était devenu tellement étrange qu'on lui vienne spontanément en aide qu'elle avait du mal à accuser le choc. il se retourna vers elle et recula un peu avant de la saluer de la façon militaire, très officiellement. D'accord... Avec seulement ça, il avait déjà attiré l'attention de la moitié des clients du café. Encore une histoire de plus qui allait circuler et faire enfler les rumeurs, elle en était certaine.

Commandant – Bonjour, ma Générale ! lança-t-il d'une voix forte, avant de reprendre un ton de voix plus normal. Commandant Henri Beauvais, 38 ans, à votre service.

Ah... ? Une minute, qu'entendait-il exactement par là ? Et pourquoi venait-il se présenter comme cela ? Non, autre question plus urgente, pourquoi diable l'avait-il aidé ? Elle n'avait pas appelé à l'aide et n'avait rien fait ! Alors pourquoi ? Même pire que ça, il avait couru l'aider ! Fait tellement incroyable et inédit qu'il allait lui falloir un bon moment avant de le réaliser. Elle était plutôt habituée à ce qu'on ignore les appels à l'aide... Et là, quelqu'un courait pour l'aider, sans qu'elle ne demande ? Mais spontanément ?

Commandant – J'ai demandé à devenir votre subordonné, ma Générale. Ce matin, j'ai appris que le Maréchal m'avait nommé pour être votre bras droit, votre subordonné direct, ce qui est vraiment un très grand honneur pour moi. Je soutiens tout ce que vous défendez, et je vous suivrais jusqu'à la mort s'il le faut.

Hein... Il... Sa bouche se décrocha sous le choc alors qu'elle fixait sans pouvoir réagir, les yeux écarquillés. Stop, pause, une minute ! Il avait demandé à être son subordonné ? Et il voulait la suivre jusqu'à la mort ? Mais il ne la connaissait même pas, dix minutes plus tôt ! Elle ne se souvenait même pas de l'avoir déjà vu une seule fois en face-à-face ! Et ici, il voudrait la suivre jusqu'à la mort ? mais pourquoi ? Pourquoi avait-il décidé comme cela alors qu'ils ne s'étaient jamais rencontré auparavant ? Elle se souvint à ce moment-là du Maréchal qui lui disait qu'elle aussi avait des alliés, que des personnes étaient prêtes à la suivre les yeux fermés. Et ça, elle ne comprenait toujours pas pourquoi. Combien de militaires désapprouvaient la politique de Bradley ? Et combien étaient prêts, par voie de conséquence, à la suivre elle, sans même la connaître ? Ils avaient confiance, juste comme ça ? Gaby, qui avait beaucoup de mal à accorder sa confiance, avait du mal à comprendre ceux qui l'offraient sans retenue envers une personne qu'ils ne connaissaient même pas. Et lui, il avait demandé de son propre chef à être son subordonné. Son bras droit, même.

Commandant – Êtes-vous blessée, ma Générale ? Désirez-vous que je vous escorte jusqu'à la caserne ou à l'école ?

Gabriella – Non, je... Non, merci, je vais très bien, je ne suis pas blessée. Et pas besoin d'escorte on plus, ça va aller, je peux rentrer toute seule.

Elle tenta de lui sourire, mais réussit à faire plutôt une grimace. Bon, pas très grave... Se rendant compte qu'elle se tenait toujours le poignet, comme si elle était vraiment blessée, elle reprit une attitude plus banale, reprenant contenance.

Gabriella – Je vous remercie, commandant, je suis très honorée que vous ayez demandé à devenir mon subordonné. Toute aide est la bienvenue. Et on en parlera plus en détails lundi, ça ne vous dérage pas ? Là, il faut que j'aille... me reposer...

Elle s'était arrachée les deux derniers mots de la bouche MAIS elle l'avait dit ! Il y avait un progrès indéniable et fantastique ! Elle salua son nouveau subordonné en lui donnant rendez-vous le lundi suivant. Maintenant, qu'on lui foute la paix, s'il vous plaît. Elle partit avec lui dans Gray, puis le laissa pour retourner au pensionnat. Bon week-end à présent.

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