1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Encore des ennuis ?

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Fabrice Gavin
Colonel
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Âge RPG : 34 ans

MessageSujet: Encore des ennuis ?   Mer 18 Fév - 22:57

Un rayon de soleil vint glisser sur son visage et il grogna dans son sommeil, se retournant sur le dos, avant de poser un bras sur ses yeux pour se cacher. Il ouvrit les yeux avec lenteur, encore très endormi, remuant un peu son bras. Il faisait déjà jour ... ? Il soupira longuement, serrant le poing sur la couverture, et gardant le bras sur ses yeux pour se protéger de la lumière, ses mèches brunes éparpillées sur son front. Parfois, pour le taquiner et se moquer de lui, l'adjudant-chef lui disait en réveillant qu'au réveil, il avait l'air encore plus jeune et vulnérable, qu'il faisait un peu gamin qui se réveillait le matin avant d'aller à l'école. Un gamin, hein... Il sourit à moitié, toujours sans bouger. Ouais, peut-être était-il un gamin. Un gamin qui avait grandit trop vite, un gamin dans un corps d'homme... Il se tourna sur le côté, la tête posée sur l'oreiller, les yeux dans le vague. La nuit avait été épouvantable. La solitude lui pesait de plus en plus sérieusement. Il ne restait plus que quelques jours, heureusement, car si sa peine avait duré plus longtemps, il aurait eu de quoi devenir fou. Cela lui rappelait ces moments où son père l'avait enfermé dans un placard après l'avoir battu.

Il s'était couché assez tôt, puisqu'il n'avait rien à faire de mieux, puis avait passé une bonne partie de la nuit à rêver de sa mère. Il l'avait perdu à l'âge de huit ans... Son don commençait tout juste à naître, et il se souvenait d'elle, fière et souriante. Il la revoyait, agenouillée devant lui, lui tenant les deux mains en souriant, et lui disant qu'elle était fière qu'il ait hérité de son propre pouvoir. Il la revoyait lui ébouriffer les cheveux en lui disant qu'il était bien son fils, rieuse. Un mois après l'apparition de ses premières flammes, elle les avait quitté, lui et son père. Un cancer l'avait emporté dans la tombe... Le jour de l'enterrement, son père avait eu un regard étrange, un regard brisé. Le soir, Fabrice avait allumé un petit feu dans la cheminée avec son don. Son père s'était mis en colère. Il l'avait frappé en lui disant de ne plus jamais recommencer cela, que c'était à cause de ça que sa mère était tombée malade. Qu'elle avait défié Dieu avec ce pouvoir et qu'elle avait été punie. Dieu... Il eut une petite exclamation, refermant les yeux. Dieu, hein ? C'était des conneries. Dieu n'existait que dans l'imagination des hommes et rien de plus.

Il se leva, repoussant la couverture, puis jetant un regard vers son uniforme qui l'attendait sur la chaise, près du petit bureau. Nouveau soupir, alors qu'il passait une main dans ses cheveux très noirs et se levait, pour faire sa toilette. Son père ne voulait plus le voir, aujourd'hui. Il crachait qu'il n'avait pas de fils, dans sa maison de retraite, où il rageait chaque jour contre ceux qui "profanaient les créations de Dieu", autrement dit tous ceux qui pouvaient manier les éléments. Fabrice l'avait vu une dernière fois, juste après s'être engagé dans l'armée. Son père avait voulu lui jeter un vase à la tête et lui avait hurlé de dégager, qu'il ne voulait plus jamais le voir. Quel homme charmant. Longtemps, Fabrice avait eu peur que son géniteur ne clame à tout le monde que son fils avait un don, pour lui nuire, mais il n'avait jamais rien fait de tel. Il l'avait juste radié de sa vie et de sa mémoire. Il enfila la veste de son uniforme, remettant son col en place, puis se rassit sur le lit, s'appuyant contre le mur en regardant le plafond.

Il avait aussi rêvé de son équipe, cette nuit... Un cauchemar, plutôt, où il les avait vu courir avec lui dans une ruelle sombre, puis tomber brusquement, sous ses yeux, couverts de sang. Il s'était jeté sur eux, essayant de stopper l'écoulement du sang, de les sauver, et n'avait rien pu faire. Il s'était réveillé en sursaut au milieu de la nuit, croyant encore sentir le lieutenant contre lui, agonisant dans ses bras. Il frémit violemment à ce souvenir, comme s'il revoyait son visage livide, ses yeux fermés et plissés sous la douleur, le sang coulant de sa tempe. Il chassa cette image de sa mémoire, blême. Ça n'arrivera pas. Il fera toujours tout pour les protéger, chacun d'entre eux. La petite trappe s'ouvrit de nouveau, le faisant sursauter.

Garde – Petit-déjeuner, Colonel.

Il récupéra le petit plateau, et la trappe se referma en un claquement. Douce visite du matin, dix secondes maximum, et c'était terminée. Il mangea sans aucun appétit, rendant le plateau lorsque le type revint. Encore une journée ! n jour de plus, à moisir dans cette cellule avec pour seul divertissement ce qu'il entendait du couloir. Il se rallongea sur le lit, les bras dessous la tête, regardant le plafond. Un peu plus tard, il entendait tout à coup des bruits inhabituels, et quelques cris. Il se redressa et se rassit, fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui se passait ? Tendant l'oreille, il finit par comprendre que le jeune enfermé un peu plus loin avait fait une tentative de suicide. Très efficace, donc, la mesure d'isolement pour éviter qu'il ne fasse de conneries ! Il soupira et s'appuya contre le mur, secouant la tête. Il ne prêta plus attention à l'agitation, jusqu'au moment où il entendit la clé se glisser dans la porte de sa cellule. Une nouvelle visite du médecin ? La porte s'ouvrit, et il redressa brusquement la tête en voyant le Maréchal.

– Votre Excellence, dit-il en se relevant très vite et en le saluant.

Finalement, la solitude, ce n'était pas si mal... Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Fabrice n'avait fait aucune connerie, et sa peine était bientôt terminée. Pourquoi venir le voir maintenant ? La porte se referma, les laissant seuls dans la petite chambre. Le Colonel resta très droit et impassible, neutre. Il ne devait pas être impeccable, encore décoiffé, son uniforme froissé à force de se retourner sur le lit, mais tant pis pour cela. Pourquoi venait-il ici... Pourquoi maintenant... Son regard s'assombrit légèrement, alors qu'il sentait qu'il risquait d'avoir d'autres ennuis.

– Que me vaut l'honneur de votre visite, Excellence ? demanda-t-il poliment, tout en restant sur ses gardes. C'est plutôt inattendu.

Il mit ses mains derrière son dos, tâchant de rester parfaitement neutre et poli.

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Encore des ennuis ?   Jeu 19 Fév - 12:07

Elle avait du cran, au moins. Elle fera une bonne recrue. Il sourit tout en marchant, alors que son, subordonné lui expliquait la situation. Fred Button, un soldat de vingt-deux ans, avait essayé de se pendre en nouant ses draps de lit et en les accrochant à la fenêtre. Ce petit idiot serait mort si le gardien, lors d'une ronde, n'avait pas entendu des bruits bizarres et était allé voir ce qui se passait. Lorsqu'il arriva à la cellule, le gamin était allongé sur son lit, se débattant comme un forcené, mais deux soldats l'immobilisèrent pour que le docteur puisse lui faire une piqûre et le calmer. Il pleurait et tremblait de tous ses membres. Il stoppa à l'entrée de la cellule, le regardant, impassible. Le petit sursauta en le voyant, puis blêmit, avant de se mettre à pleurer de plus belle. Il avait été mis ici après avoir tenté deux fois de se tuer, à la caserne. Et même en isolement, il cherchait encore un moyen de se donner la mort ? Bradley retint un soupir, les deux mains dans les poches. Il en avait assez des petits jeunes qui s'engageaient à la légère, alors qu'ils n'avaient pas les nerfs pour être soldats. Et vu l'état de celui-là, il était bon pour un séjour en hôpital psychiatrique. Ou au moins quelques jours à Saint Fernand, l'hôpital d'une petite ville tranquille près de Paris, qui avait l'habitude de recueillir les recrues de l'armée qui devenaient folles, et les remettait sur pied avant de les rendre à la vie civile.

– Faites-le transférer à Saint Fernand, dit-il d'un ton indifférent. Puis prévenez la famille.

– Vous me... balbutia le petit, vous... Vous me chassez de l'armée ?

– Et en vitesse, rajouta-t-il en quittant la pièce.

Il ressortit dans le couloir, laissant un adjoint aller chercher une civière, et un autre soldat se charger de maintenir le gamin au calme. Le médecin était déjà parti à l'accueil pour téléphoner à l'hôpital et les prévenir qu'un nouveau patient allait arriver. Ils avaient l'habitude, à présent. Le regard du Maréchal alla ensuite se poser sur une autre cellule, et son regard se fronça. Un autre problème à régler... Un autre "problème" qui traînait depuis bien trop longtemps à son goût. Il se rapprocha de la cellule en question, puis la fit ouvrir. Le gardien chercha ses clés avec frénésie, comme par peur de le faire attendre, mais Albert restait patient. Il avait plusieurs questions qui étaient restées en suspens, depuis ce fameux conseil de discipline. Plusieurs questions dont il tenait à découvrir la réponse. Ce gamin était à lui seul une énigme... Albert l'observait depuis des années, maintenant. Il essayait de l'analyser, le comprendre, percer le secret dont il s'entourait.

La porte lui fut ouverte, et il trouva le gamin allongé sur son lit, gamin qui redressa la tête en le voyant et se leva d'un bond. S'ennuierait-il par hasard ? Il ferait mieux d'utiliser ce temps pour réfléchir un peu à son attitude et son engagement. Et surtout, tâcher de rester un minimum présentable en cas de visite. Là, le col de sa chemise était de travers, sa veste froissée, et il n'était même pas coiffé correctement. Pathétique. Pensait-il donc rester là sans que personne ne puisse réfléchir à son cas ? Pensait-il qu'il allait simplement être jeté dans un coin vingt jours puis ressortir comme si de rien n'était ? Après ce genre d'histoire, ce n'était pas possible. Pas après ce qu'il avait entendu au conseil.

– Votre Excellence.

Au moins, il restait poli, un bon point pour lui. Brave petit chien, qui agitait la queue quand on le lui ordonnait. Dommage que sa tenue gâche absolument tout. Il n'avait pas l'air d'un soldat, là, et encore moins d'un Colonel. Juste d'un gamin qui venait d'enfiler un costume trop grand pour lui et qui jouait à être adulte. Albert l'observa de plus près, notamment son regard. Il y lisait une certaine méfiance, le gamin devait être sur ses gardes. Il ne pensait pas qu'il avait peur, ce n'était pas son genre, mais il gardait toujours cette distance, toujours cette méfiance, avec tous les officiers, pour ne laisser personne bien le connaître. Et pour Bradley, un gamin comme lui, à ce grade, qui entrait dans l'armée alors qu'il avait visiblement des choses à cacher, c'était comme une bombe à retardement.

– Que me vaut l'honneur de votre visite, Excellence ? C'est plutôt inattendu.

Il mit ses mains derrière son dos, alors que Bradley avançait d'un pas, les yeux fixés sur lui. Une visite plutôt inattendue, disait-il ? Il aurait pourtant dû savoir qu'il l'aurait tôt ou tard, qu'un jour il lui faudra fournir des réponses à certaines questions. Qu'il lui faudra être plus précis. Qu'il lui faudra accepter, tôt ou tard, de jouer franc jeu. L'une des raisons pour lesquelles le Maréchal le méprisait est qu'il n'osait jamais afficher clairement ses intentions. C'était détestable. Qu'on soit allié ou ennemi, il faut avoir le courage de le clamer en face et de l'assumer. Seuls les lâches et les traîtres se battaient dans l'ombre. Il ne respectait que ceux qui osaient s'afficher en plein jour et qui ne craignaient pas de lutter ouvertement.

– Vous auriez dû vous attendre à cette visite, Colonel, répliqua-t-il d'un ton froid. J'ai beaucoup de questions restées sans réponse, à votre sujet. Lors de ce conseil, vous n'avez même pas cherché à vous défendre. Tout le monde sait que le général de brigade frappe son fils. Il peut bien l'élever comme il le veut, ce n'est pas mon problème, mais puisque vous avez réagi d'une telle façon, pourquoi ne pas l'avoir expliqué ?

Il ne le quittait pas des yeux, bien droit et impassible. Pourquoi, en effet ? Avait-il voulu esquiver un débat ? Ou ne pas se retrouver dans une situation où il y aurait eu sa parole contre celle de Karinof ? Pourquoi ne s'était-il interposé et avait ensuite refusé d'expliquer pourquoi ? Dans ce cas, il était très prudent... Un peu trop. Rester ainsi calme dans ce genre de moment n'était pas naturel, il fallait s'y exercer longtemps et se contraindre, le moment venu, pour étouffer dans l'œuf toute envie de rébellion. Il reprit ensuite la parole, sans lui laisser le temps de répondre, d'une voix plus forte.

– Je me suis renseigné, sur vous... J'ai appris que vous-même avez été battu par votre père, avant votre entrée dans l'armée. Vous n'avez pas supporté de revoir ce genre de scène, avec un autre enfant ? C'est fort louable de votre part d'être intervenu... Bien que de façon stupide.

Il eut un léger sourire, quoi que très froid, en lui jetant un regard pensif.

– Expliquez-moi donc pourquoi vous n'avez rien dit sur le moment, pourquoi vous vous êtes laissé enfermer...

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Encore des ennuis ?   Jeu 19 Fév - 17:37

Une légère pointe de nervosité commençait à poindre, mais il tâcha de la refouler au plus profond de lui-même, se contentant de rester calme et silencieux le temps que son supérieur hiérarchique prenne la parole. Il l'avait salué, maintenant, il devait se taire jusqu'au moment où il sera de nouveau autorisé à l'ouvrir. Il n'avait pas oublié cette charmante scène où le Maréchal lui avait tiré dessus, avec son propre pistolet qui plus est, en manquant de le tuer au passage. Bon, il ne l'aurait pas fait, mais l'effet était là. Et puis, que pouvait-il bien lui vouloir ? Il ne lui restait plus que quelques jours à tirer, et il avait cru les passer seuls, sans médecins ni prêtres, avec deux ou trois lettres et à ruminer en attendant l'heure de sa libération. Et certainement pas à recevoir la visite du Maréchal. Il songea à rajuster un peu sa tenue, mais préféra ne pas bouger, pour ne pas se prendre un blâme. Au vu de son caractère, il en serait capable, et Fabrice n'avait pas besoin d'ennuis supplémentaires. De toute façon, en isolement, on gardait son uniforme aussi impeccable que possible, mais il se froissait forcément, à force de tourner comme un lion en cage.

Maréchal – Vous auriez dû vous attendre à cette visite, Colonel, répliqua-t-il d'un ton froid. J'ai beaucoup de questions restées sans réponse, à votre sujet. Lors de ce conseil, vous n'avez même pas cherché à vous défendre. Tout le monde sait que le général de brigade frappe son fils. Il peut bien l'élever comme il le veut, ce n'est pas mon problème, mais puisque vous avez réagi d'une telle façon, pourquoi ne pas l'avoir expliqué ?

Fabrice entrouvrit la bouche, surpris qu'on vienne le relancer sur ça. Bradley aurait voulu qu'il se défende quand on l'avait accusé de s'être interposé entre le général et son fils ? Qu'il raconte lui-même ce qui s'était vraiment produit ? Ça n'aurait pas vraiment été très malin... C'était un Conseil de Discipline, et chercher à rejeter la faute sur un autre ou crier à l'innocence n'était pas vraiment le meilleur moyen pour arranger son cas. Et puis, expliquer à tous ces messieurs pourquoi il avait réagi ainsi... Non merci. Il n'était pas là pour raconter sa vie ni son enfance, et encore moins pour faire une thèse sur les enfances bafouées. De toute manière, ce n'était pas le seul sujet. Bradley avait dit avoir beaucoup de questions, mais sur quoi ? Que lui voulait-il, plus précisément ? Que voulait-il lui reprocher ? Fabrice ne voyait pas ce qu'il avait fait mal, sinon son incartade avec Karinof. Il ne croisait que rarement le Maréchal, et ne lui adressait jamais la parole. De par son rang, il avait bien plus souvent affaires aux généraux qu'au chef en personne. C'était un système très pyramidal, et on n'en dérogeait pas.

Maréchal – Je me suis renseigné, sur vous... J'ai appris que vous-même avez été battu par votre père, avant votre entrée dans l'armée. Vous n'avez pas supporté de revoir ce genre de scène, avec un autre enfant ? C'est fort louable de votre part d'être intervenu... Bien que de façon stupide.

Fabrice retint de justesse une grimace, se raidissant un peu plus. Il s'était renseigné sur lui ? Il avait fait mener une enquête sur lui ? Il était... Mais pourquoi, enfin ?! Pourquoi avait-il fait ça ? En général, lorsqu'on enquêtait sur un militaire, c'était parce qu'il avait commis une faute grave, était soupçonné de trahison, ou avait un comportement tel qu'on allait chercher dans sa vie privée pourquoi il voulait se suicider ou avait des accès de colère ou il ne savait quoi. Mais qu'avait fait Fabrice pour qu'on enquête sur lui ?! Il obéissait à tous les ordres sans broncher, accomplissait parfaitement ses missions, et ne faisait jamais remarquer. Et voilà qu'on lui balançait que sa privée et son passé avaient été inspectés. Ils savaient que lui-même avait été battu, donc. Il n'aurait jamais cru que ce sujet puisse être abordé avec le Maréchal. Mais bon. Restons calmes.

Maréchal – Expliquez-moi donc pourquoi vous n'avez rien dit sur le moment, pourquoi vous vous êtes laissé enfermer...

Fabrice serra les dents un bref instant, se demandant où ce vieux croûton voulait en venir, exactement. Sur quel terrain comptait-il l'amener ? Et en abordant quels sujets ? Il ne sentait pas cette petite conversation, et ne voulait pas commettre une erreur qui lui rapporterait vingt jours d'enfermement supplémentaires. D'abord parce qu'il n'avait pas la force mentale de le supporter, ensuite parce que son équipe le réduirait en charpie. Déjà qu'ils avaient tendance à un peu trop le couver, pas question de leur donner des raisons supplémentaires.

– Je ne voulais pas créer une nouvelle dispute, votre Excellence, et cela aurait été ma parole contre la sienne. De plus, peu importe les circonstances, je n'avais tout de même pas à m'interposer, et je le regrette.

Il s'interrompit deux secondes, cherchant ses mots, et la façon la plus adéquate de s'exprimer sur ce sujet-là. C'était un terrain très glissant, et il faisait très attention à la moindre de ses paroles, s'empêchant même de bouger d'un pouce.

– Puisque vous vous êtes renseigné, vous savez donc pourquoi j'ai réagi de cette façon, reprit-il en tâchant de rester impassible. Même si ça ne justifie pas mon comportement, cela explique ma réaction. Cependant, lors du conseil, je n'ai pas voulu créer un débat ou une polémique.

Il marchait sur des œufs, sans pour autant détourner le regard ou laisser paraître le moindre signe de nervosité ou de faiblesse. Quand on était face à un adversaire dangereux, il ne fallait rien montrer qui puisse servir pour vous agresser.

– Avez-vous d'autres interrogations à ce sujet, votre Excellence ?

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Albert J. Bradley
Maréchal
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MessageSujet: Re: Encore des ennuis ?   Mer 25 Fév - 23:07

Il vit le petit serrer légèrement des dents. Et bien, qu'allait-il répondre ? Albert s'attendait déjà à un genre de réponse huilée qui esquivait les véritables interrogations, comme il avait l'habitude de le faire face à bien des personnes. Encore une raison de se méfier de lui, aux yeux du Maréchal. Tout comme pour la directrice du pensionnat, il avait pris soin de compulser lui-même, avec beaucoup de soin, le dossier complet du Colonel. Il avait ainsi appris qu'enfant, il avait été battu par son père, après le décès de sa mère, d'un longue maladie. Il avait même été visité son ancienne maison, là où il avait vécu avant son entrée à l'école militaire, afin de se faire une idée plus précise. C'était un appartement très commun, dans un immeuble semblable à tant d'autre, dans un quartier banal, inhabité depuis le départ du vieux père Gavin en maison de retraite. Les voisins se souvenaient surtout du gamin pour l'avoir vu s'échapper de chez lui couvert de bleus. Puis pour l'avoir vu un matin, jeter son sac sur ses épaules, à quinze ans, et courir au loin, sauter dans un camion de l'armée qui avait ramassé au passage des gamins qui allaient à l'école militaire faire leur rentrée. "Un beau gamin, pourtant," avait soupiré un voisin, quand il l'avait interrogé. "C'est dommage..."

– Je ne voulais pas créer une nouvelle dispute, votre Excellence, et cela aurait été ma parole contre la sienne. De plus, peu importe les circonstances, je n'avais tout de même pas à m'interposer, et je le regrette.

Prévisible... Une fois de plus, il sortait une réponse aseptisée, sans aucune touche ou note personnelle. Il cachait quelque chose, cela semblait si évident ! Pourquoi n'exprimait-il pas clairement ses intentions ? Qu'avait-il donc de si terrible à cacher ? Que craignait-il que l'armée découvre ? Ou bien était-il trop lâche pour simplement s'imposer ? Sa parole contre celle du Général... Ce blanc-bec n'était pas non plus à un grave si peu élevé qu'il ne vaudrait pas la peine qu'on lui accorde la plus petite attention. Un pas de plus et il était lui-même général de brigade, le niveau de Karinof. Il était définitivement trop prudent, alors même qu'il devrait être fier d'avoir grimpé si haut dans la hiérarchie à un âge aussi jeune. Parlons de Karinof, justement... Lui aussi avait eu une ascension très rapide mais, au contraire du Colonel, mais il ne s'était jamais caché de son ambition et de sa volonté. Et n'avait jamais plié l'échine devant qui que ce soit, et surtout pas devant d'autres officiers, qui étaient à peine plus ou moins gradés que lui. Il était étrange que ce jeune militaire, lui, persiste à plier le dos comme s'il était toujours adjudant.

– Puisque vous vous êtes renseigné, vous savez donc pourquoi j'ai réagi de cette façon. Même si ça ne justifie pas mon comportement, cela explique ma réaction. Cependant, lors du conseil, je n'ai pas voulu créer un débat ou une polémique.

Une polémique, certes pas, car il n'aurait pas été dans son droit. Mais pourquoi pas un débat ? Les Colonels étaient les assistants direct des généraux, et les premiers liens entre ces derniers et le reste de l'armée. Étrange qu'un Colonel, même de cet âge, puisse oublier ce léger détail, oublier quelle était sa place au sein de l'armée. Voilà une interrogation de plus à son sujet qui venait s'ajouter à toutes les autres. Une de plus, dans cette liste immense, concernant ce misérable petit morveux à peine sorti des couches. Il avait vraiment été traumatisé durant son enfance, pour qu'il se comporte d'une façon aussi stupide. Une mère au tombeau, un père violent, un appartement sordide, tout ce qu'il fallait pour qu'un gamin trop bizarre soit poussé dans les rangs de l'armée. Il ne s'en serait pas soucié si ce gamin ne s'était pas retrouvé à un tel poste. Si ce gamin n'avait pas autant attiré l'attention.

– Avez-vous d'autres interrogations à ce sujet, votre Excellence ?

– Bien sûr, je trouverais intéressant de savoir si vous êtes conscient de votre place. Colonel est le grade qui arrive au-dessous de celui de Général de brigade. Vous étiez donc en droit de lancer un débat, et de vous défendre. Plus que ça, vous en aviez le devoir. Courber la tête est juste honteux, vous portez sur vos épaules l'honneur de l'armée !

Le petit gamin eut comme un temps d'arrêt, comme s'il n'y avait jamais pensé. Donc ? Qu'avait-il à dire pour sa défense ? Albert attendait des réponses claires et franches, il attendait que ce mioche se décide enfin à montrer ce qu'il avait dans le ventre, sans plus de faux-semblant !

– M'opposer frontalement à celui qui m'accusait dans un conseil de discipline me concernant, je ne trouvais pas cela très judicieux.

Albert haussa un sourcil et s'avança de deux pas, réduisant la distance entre lui et le gosse, se dressant juste devant lui de toute sa hauteur. Il l'observa un court instant, du regard du loup qui couverait un mouton du regard avant de lui sauter dessus et de l'égorger. De si près, il repéra même une trace d'ancien coup, sur le cou, près de la nuque, dévoilé par la chemise mal fermée. Il tendit la main puis l'appuya dessus sans crier gare, secouant légèrement la tête.

– Il semble que vous ayez eu des ennuis avec la discipline, étant gamin.

Le petit sourcilla, mais ne bougea pas, gardant les mains derrière le dos et le regard droit. Mais il s'était raidit, dévoilant une certaine tension. Albert retint un sourire, restant impassible. Un peu contrarié, le petit ? Alors, à quel moment allait-il enfin se décider et dévoiler sa véritable personnalité ? A quel moment daignera-t-il enfin se comporter tel que le devait un officier de l'armée ?

– C'est du passé, Votre Excellence, je n'ai plus de soucis avec cela aujourd'hui.

– Ah, vraiment ? répliqua Bradley en l'empoignant derrière la tête par les cheveux pour qu'il dévoile son visage en pleine lumière. Vous êtes donc resté une larve bien obéissante qui ne prendra jamais de risques ? Qui fera toujours tout pour esquiver ?

Le Colonel ferma les yeux par réflexe en grimaçant et leva les mains pour se dégager. Le Maréchal lui saisit brutalement le poignet de sa main libre, avec un rictus satisfait. Enfin il commençait à se bouger un peu ! Cette petite conversation devenait intéressante, finalement. Le gamin rouvrit les yeux, lèvres pincées, et le regard froid, n'essayant plus de se débattre. Brave toutou. Mais Albert voulait encore voir ses crocs.

– Alors, vous commencez enfin à vous défendre un peu ? siffla-t-il en tirant un peu plus fort et en resserrant sa prise sur son poignet. Quel progrès magnifique... Et si nous continuons ?

– Si je me bats contre vous, je vais avoir le reste de l'armée sur le dos, Maréchal, grimaça-t-il. Et quand je vois où ça m'a mené en m'interposant face au général Karinof...

Au moins, il réfléchissait un peu... Albert eu un fin sourire, amusé. Il avait vraiment un sang-froid des plus excellents, ce gamin. Voilà la seule qualité que le Maréchal lui reconnaissait, que pour ça, il était à même de se débrouiller. Mais il restait bien des points d'ombre, qui pesaient encore sur sa tête de morveux. Des points que Bradley voulait éclaircir. Il avait tout son temps, et pouvait y consacrer bien des heures s'il le voulait. Lorsqu'un militaire se dévoilait ainsi sur son chemin, le Maréchal ne détournait plus le regard de lui jusqu'au moment où il avait obtenu ce qu'il désirait.

– Vous n'avez décidément pas les tripes, quand je vous compare à d'autres hauts gradés... Vous avez une nouvelle Générale, d'ailleurs, qui vient d'entrer en fonction. La directrice de Ste Famille, celle qui nous combat depuis le début.

– La... La... La dir...

– Pas satisfait ?

– Elle... Vous... Elle a...

Tss, tss, il était choqué... Albert secoua doucement la tête, se retenant de lever les yeux au ciel. Choqué pour si peu ? Enfin peu importe. Il lui relâcha enfin la tête, ne lui gardant que le poignet pris dans l’étau de fer de sa poigne, puis le regarda longuement. Oui, il était vraiment choqué, répétant en boucle "Elle, Générale..." Il reconnaissait que c'était très ironique. A ce grade alors qu'on avait toujours combattu l'armée, quoi de plus drôle ? Il avait adoré la tête qu'avait eu la jeune femme lorsqu'il lui avait annoncé la nouvelle.

– Revenons à nos moutons, mon cher Colonel... Visiblement, il y a certaines choses qui nous ont échappé, lors de vos visites médicales obligatoires. Pourquoi votre père vous frappait ?

– Qui pourrait l'expliquer ? soupira le gamin.

– Vous le savez sûrement.

Il le repoussa vertement puis recula de nouveau d'un pas, le regard inexpressif, le visage impassible. Les joues du Colonel avaient pris une teinte cramoisie, preuve, s'il en fallait encore une, qu'il cachait quelque chose. Il avait bien de la chance que le Maréchal ne soit pas homme à pratiquer la torture. Il fixa le petit, alors qu'il s'était redressé, le regard un peu plus brillant.

– Sauf votre respect, votre Excellence, cela relève de ma vie privée.

– Et le fait que vous soyez autant sur vos gardes, à chaque instant, cela relève aussi du privé ?

Le regard de Bradley se fixa sur le coup qu'il avait remarqué, puis sur le visage du gamin. Il voulait savoir, et allait obtenir ce qu'il voulait. En attendant, il voulait récolte d'autres informations. En savoir un peu plus. Il lui ordonna alors d'une voix froide d'ôter sa veste et sa chemise, et de se tourner. Le gamin lui jeta un regard un peu halluciné, comme s'il n'y croyait pas, puis s'exécuta avec lenteur. Une fois torse nu, il lui tourna le dos. Dos qui portait d'autres marques anciennes de coups, et quelques traces, anciennes également, de brûlures. Le regard du Maréchal se durcit encore.

– Votre père vous frappait, soit. Et ces autres marques ? Vous aimez vraiment jouer avec le feu, à ce que je vois, et pas seulement depuis votre entrée dans l'armée... Je ne vous demanderai d'enlever le reste, je me doute que vous portez d'autres marques de ce genre. Comment les avez-vous eu ?

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Encore des ennuis ?   Dim 15 Mar - 12:32

Maréchal – Bien sûr, je trouverais intéressant de savoir si vous êtes conscient de votre place. Colonel est le grade qui arrive au-dessous de celui de Général de brigade. Vous étiez donc en droit de lancer un débat, et de vous défendre. Plus que ça, vous en aviez le devoir. Courber la tête est juste honteux, vous portez sur vos épaules l'honneur de l'armée !

Fabrice eut un léger temps d'arrêt, se retenant néanmoins de bouger. Peut-être aurait-il été dans son droit, mais cela n'aurait fait que rallonger le débat, son procès, le conseil, et en arriver, fatalement, à en arriver à un terrain plus glissant pour lui. Le seul fait que Bradley ait été présent suffisait à rendre toute l'histoire très dangereuse. Peut-être était-il paranoïaque, mais rien dans cette visite ne le poussait à être détendu. Parfois, il vaut mieux s'écraser plutôt que de prendre le risque que d'autres puissent découvrir certains de vos secrets. Agir imprudemment était la pire des solutions ! L'honneur de l'armée, comme il le disait, pouvait attendre un peu. D'autant plus que cet honneur était bafoué depuis déjà bien des mois ! Bafoué par les ordres que suivaient tous ces soldats, des ordres qu'il suivait lui-même, quitte à en être malade. Mais ce n'était pas le moment de songer à cela, il devait rester calme, ne pas perdre son sang-froid, et garder les idées claires, coûte que coûte.

– M'opposer frontalement à celui qui m'accusait dans un conseil de discipline me concernant, je ne trouvais pas cela très judicieux.

Le Maréchal se rapprocha, doucement, le dévisageant. Il resta parfaitement impassible, espérant qu'il allait enfin se tirer d'ici et le laisser moisir en paix. Il ne pouvait l'oublier juste quelques jours seulement ?! Juste quelques jours de plus ? Seulement cela, ce n'était pas possible ? Bradley tendit tout à coup la main et la posa sur son cou, à la nuque, près d'un endroit où son père le touchait tout le temps à coups de ceinture autrefois. Il se raidit, surpris par le contact, et se retenant de justesse de bouger. Du calme. Il essayait juste de lui mettre la pression... Il aurait quand même dû reboutonner sa chemise comme il faut et rajuster sa veste, cela lui aurait évité qu'on voit certaines remarques.

Maréchal – Il semble que vous ayez eu des ennuis avec la discipline, étant gamin.

Il se raidit un peu plus, plus sombre. Il essayait de le déstabiliser, rien de plus, Fabrice devait garder cela en tête. Il ne devait pas se laisser avoir ! Mais il aimerait qu'il ne le touche pas, cela lui portait sur les nerfs ! Et surtout, qu'il arrête de parler de ce sujet sur un ton aussi léger. Tout était fini, et très loin derrière lui. Jamais plus il ne pliera sous les coups de poing ou de ceinture de son père. Il était adulte, cette partie-là de sa vie était à présent bien loin derrière lui, et personne n'avait besoin de la faire resurgir. Pas même son supérieur hiérarchique, qui faisait tout pour le faire craquer.

– C'est du passé, Votre Excellence, je n'ai plus de soucis avec cela aujourd'hui.

Le Maréchal lui empoigna tout à coup les cheveux et tira, lui relevant la tête de force en lui tordant le cou. Il sursauta et voulu se dégager par pur réflexe, alors que son supérieur lui crachait d'un ton soudain bien plus hargneux et glacial qu'il n'était qu'une larve qui ne prenait jamais de risques. Le Maréchal lui saisit tout à coup la poignet, et Fabrice retint son don de toutes ses forces, alors qu'il avait manqué de jaillir par pu réflexe. Il se fit violence pour cesser de se débattre, les yeux plissés et les dents serrés. Ce type était un malade ! Pourquoi tenait-il tant à le provoquer ?! Qu'y gagnera-t-il ? A part le droit d'être encore plus détesté ? Heureusement que personne en pouvait assister à cette petite scène bien humiliante... La main gauche bloquée, serrée dans la poigne du Maréchal, il se contraignit à ne plus bouger, aussi tendu que s'il s'apprêtait à sauter dans le vide sans parachute.

Maréchal – Alors, vous commencez enfin à vous défendre un peu ? siffla-t-il en tirant un peu plus fort et en resserrant sa prise sur son poignet. Quel progrès magnifique... Et si nous continuons ?

– Si je me bats contre vous, je vais avoir le reste de l'armée sur le dos, Maréchal, grimaça-t-il. Et quand je vois où ça m'a mené en m'interposant face au général Karinof...

Il bloqua son souffle un moment pour se calmer, résistant à l'envie de le renvoyer balader, ou pire, d'utiliser son don. N'était-il donc venu ici que dans le seul but de l'humilier encore un peu plus ? Cela ne lui avait pas suffit de le traîner dans la boue lors du conseil de discipline puis de lui tirer dessus ? Mais Fabrice ne comptait pas pour autant craquer bêtement, il avait déjà eu son compte et avait retenu la leçon. Il resta impassible face au sourire du Maréchal, qui attendait sûrement qu'il fasse une connerie. Hélas pour lui, ce ne sera pas le cas. Avec ça, s'il continuait de se comporter comme un crétin, le lieutenant aura sûrement sa peau. l n'avait pas envie de la décevoir, et encore moins de l'inquiéter. Elle s'en faisait déjà assez pour lui, même trop, bien souvent. Il ne voulait pas lui donner plus de soucis.

Maréchal – Vous n'avez décidément pas les tripes, quand je vous compare à d'autres hauts gradés... Vous avez une nouvelle Générale, d'ailleurs, qui vient d'entrer en fonction. La directrice de Ste Famille, celle qui nous combat depuis le début.

...

...

La... La direc... Il l'avait nommé générale ?! Cette fois, il ne put dissimuler le choc, la bouche à moitié ouverte, les yeux écarquillés. Générale ! Non mais il l'avait nommé générale ! Pourquoi ?! Pour la faire entrer dans le groupe des guetteurs ? Pour mieux la contrôler ? Ou pour autre chose ? Pourquoi lui donner ce genre de pouvoir alors qu'il la considérait comme son ennemie ? Il en bafouilla, choqué, saisi, incapable de faire entrer tout autre information dans son esprit pour le moment. Non mais générale ! Alors elle avait finalement échoué ? C'était... Non... Non, ce n'est pas possible, elle n'aura pas abandonné comme ça, si facilement, c'était impossible. Cela cachait autre chose. Il fit de son mieux pour cesser de balbutier, reprenant ses esprits. Il avait besoin d'en savoir plus, mais il devait attendre d'être sorti pour ça. Il l'avait nommé générale. Elle ! Du calme... C'était dingue ! Bon, il ne doutait pas qu'elle puisse faire ce travail, le problème n'était pas là. Mais elle, dans l'armée, alors qu'elle les combattait depuis le tout début de cette histoire ! Et voilà qu'elle rejoignait leurs rangs. C'était inimaginable. Avait-elle un plan d'action ? A quoi pensait-elle ? Il avait le plus grand mal à avaler le choc, et cela devait se voir.

Maréchal – Revenons à nos moutons, mon cher Colonel... Visiblement, il y a certaines choses qui nous ont échappé, lors de vos visites médicales obligatoires. Pourquoi votre père vous frappait ?

Comment savait-il cela ? Fabrice se renfrogna légèrement, puis répondit qu'on ne pouvait l'expliquer. Ce à quoi le Maréchal lui rétorqua qu'il le savait sûrement, avant de le repousser brutalement, le relâchant. Il reprit son équilibre de justesse, les joues plus rouges, et le regard brillant. L'armée n'avait pas à enquêter sur ça, et encore moins à venir l'interroger ! Son passé ne concernait personne d'autre que lui, et personne n'était en droit de venir le cuisiner là-dessus ! Il s'agissait de sa vie privée, comme il le dit au maréchal, sa vie privée ! S'il voulait en parler à quelqu'un, il le fera de lui-même, et uniquement avec certaines personnes. D'ailleurs, jusqu'ici, il n'en avait parlé qu'à une seule personne, et encore, à demi-mots. Il ne l'avait avoué que face au lieutenant, et personne d'autre. Une journée, il y a déjà quelques années, durant un bref instant, avant de fermer son cœur à nouveau. Une brève explication, après qu'elle ait vu par accident certaines vieilles traces de coups.

Maréchal – Et le fait que vous soyez autant sur vos gardes, à chaque instant, cela relève aussi du privé ?

Il n'allait pas le lâcher... Qu'est-ce que Fabrice lui avait fait, au juste ? Pourquoi le Maréchal s'acharnait-il ainsi sur lui ? Avait-il des doutes pour... Il eut un frisson, retenant une grimace. Il espérait très sincèrement que non, ou de graves ennuis allaient bientôt lui tomber dessus. Son supérieur lui ordonna d'un coup d'ôter sa veste et sa chemise, puis de se retourner. Le colonel eut un temps d'arrêt, perdu. Pardon ... ? Il... Bon. Ne pas protester. Il s'exécuta avec lenteur, déboutonnant sa chemise, puis la posant sur le lit avec la veste avant de se retourner. Il y eut un moment de silence, alors qu'il fermait les yeux. Avoir attiré la méfiance du maréchal était la pire nouvelle qu'il avait entendu depuis des bien des mois... Il connaissait la réputation de ce sale type. Il savait très bien qu'une fois qu'il avait une personne en ligne de mire, il ne la lâchait plus.

Maréchal – Votre père vous frappait, soit. Et ces autres marques ? Vous aimez vraiment jouer avec le feu, à ce que je vois, et pas seulement depuis votre entrée dans l'armée... Je ne vous demanderai d'enlever le reste, je me doute que vous portez d'autres marques de ce genre. Comment les avez-vous eu ?

– C'est à cause d'une des corrections de mon père, votre Excellence. En voulant me protéger de ses coups, enfant, j'ai trébuché et me suis brûlé à la cheminée en tombant sur le dos. Rien de très grave, mais j'ai aussi compris ce jour-là que je pouvais me servir du feu pour me défendre et qu'il ne s'approche plus de moi. On se protège comme on le peut.

Il tourna à moitié la tête pour voir ce que le Maréchal faisait, sur ses gardes, tout en essayant de paraître le plus détendu possible.

– Pourquoi ce genre d'histoire mineure vous intéresse, votre Excellence ?

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