1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Sortie privé

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Sortie privé   Sam 22 Juin - 12:42

Jasper ne l'avait jamais avoué à personne, pas même à sa petite sœur. Jamais, jamais, jamais. Ce secret était enterré au plus profond de lui, n'avait jamais franchi la barrière de ses lèvres, était toujours caché au fond de son cœur. Un secret qui, aujourd'hui, papillonnait en lui. Il regardait la professeur prête à accoucher, bien calme au milieu des élèves paniqués. Serrant tranquillement Laura contre lui, alors qu'elle avait couru se jeter dans ses bras, prête à pleurer. Il était sans doute le seul à ne pas être effrayé. Car il trouvait cela beau.

En tant que garçon, et à plus forte raison en tant qu'aîné d'une famille bourgeoise, Jasper n'était pas censé connaître quoi que ce soit sur la grossesse et l'accouchement. C'était là des mystères qui ne regardaient que les femmes. Elles seules en connaissaient les joies et les souffrances, elles seules étaient éduquées à y faire face, s'y préparaient. Mais lui avait lu des livres en secret, interrogé des vieilles femmes qui avaient bien voulu lui parler de ce passage de la vie. Et il trouvait fascinant cette capacité, propre aux femmes, à garder un bébé en elle. Ce pouvoir de donner la vie, somme toute. Il rêvait de ce jour où sa propre femme accouchera, où leur enfant viendra au monde.

Une ambulance vint chercher Madame Martin et l'emmener à l'hôpital. Et eux rentrèrent au Pensionnat avec les profs restant. En tout cas, c'était une sortie mouvementée ! Laura était toujours accrochée à lui, choquée, et elle se mordillait les lèvres, comme lorsqu'elle s'inquiétait de quelque chose. Que se passait-il ? Il attendit qu'ils soient revenus pour s'isoler avec elle sous un grand chêne et s'asseoir avec elle. Puis il lui demanda ce qui la gênait à ce point.

Laura - Elle est pas rentrée... Et s'il lui arrive quelque chose ? Ou s'ils ne la calment pas ou si elle a mal ? Et puis elle a hurlé en plus ! Je l'aime bien moi.

Jasper - Petite sœur... Il ne va rien arriver à la prof. Elle n'était pas malade, ni blessée. Elle allait simplement mettre son bébé au monde. En ce moment, elle est à la maternité de la ville. Dis, Mère t'as raconté des trucs sur l'accouchement et la grossesse, ou pas du tout ?

Laura - Pas du tout...

Bon sang. là, les choses se compliquaient sérieusement. Il insulta mentalement sa mère de tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait. Mais zut, Laura avait treize ans, et il savait qu'elle avait déjà ses règles. Le minimum aurait été de lui apprendre les règles de base, non ? Il chercha un instant ses mots, puis se lança. Avec douceur et décontraction, il lui expliqua noir sur blanc comment ça se passait. Les relations physiques entre un homme et une femme. La façon dont cette dernière tombait enceinte. Que signifiait la grossesse, comment elle se déroulait. Puis comment se passait un accouchement, la douleur, la délivrance. Le bébé.

Laura resta silencieuse un moment, le temps de tout digérer. Au moins, maintenant, elle saurait tout sur ces choses-là. Mais tout de même, ça aurait dû être le rôle de leur mère, pas le sien. Surtout qu'il n'était pas censé être au courant.

Laura - Donc, elle va bien ?

Jasper - Non seulement elle va bien, mais là, elle doit nager dans le bonheur le plus complet. Tu es rassurée ?

Laura - Mais comment tu sais tout ça, toi ? Tu es sûr ? Elle n'aura rien ?

Jasper - Comment je le sais ? Mais je sais tout, Laura, je suis ton grand frère ! Et la prof, elle aura un bébé, une bonne fatigue, puis des années de joie devant elle car ce n'est pas une aristocrate coincée qui élèvera son fils ou sa fille comme si on était à l'armée.

Laura - Comme pour nous, en fait. Je suis rassurée, alors.

Il lui fit un bisou sur le front puis se leva. Puis une autre idée lui vint. pourquoi ne pas se divertir un peu, se changer les idées ? Il se tourna vers Laura et lui demanda ce qu'elle penserait d'une petite expédition nocturne aux ruines. Sa sœur se leva en sautant et accepta avec empressement, lui demandant s'il lisait dans ses pensées. Il sourit et dit qu'il passait la chercher à la tombée de la nuit.

Revenant en courant vers le Pensionnat, il chercha où se planquait Rose Delis. Il l'aimait bien, la nouvelle. Une fille décalée, peut-être hallucinée, mais très amusante. Il finit par tomber sur elle au détour d'un couloir et l'arrête.

Jasper - Hey, Rose, tu veux venir avec Laura et moi aux ruines de Sallat, cette nuit ?

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MessageSujet: Re: Sortie privé   Lun 24 Juin - 16:16

La matinée avait été plutôt mouvementée. Si encore, il n’y avait eu que mes nombreuses et maladroites péripéties. Si encore, il n’y avait eu que les ruines de Sallat, grouillantes d’esprits qui ne pensaient qu’à vous posséder et vous faire sombrer dans la folie. Mais voilà, quand Mme Martin s’est écroulée, j’ai vraiment, malgré moi, cru que c’était la tentative d’un fantôme pour s’emparer d’elle. Stupide idée, Rose, comme d’habitude. Mais je n’avais, à ce moment-là, que ça dans la tête.

Elle était "seulement" en train d’accoucher.  « Ah ? Vous n’êtes pas possédée alors ? »
A la prochaine sortie scolaire, je me rappellerais de ne pas ouvrir la bouche, promis.

Je me remémorais tout cela, juste après cette sortie, alors que j’étais assise à l’unique fenêtre du pensionnat qui permettait d’apercevoir les ruines de Sallat, au-delà de la forêt. J’étais seule, dans une salle de classe, plongée dans la quiétude et une semi-obscurité, due aux nuages gris et bas qui masquaient le soleil. Pensive, je restais là pendant quelques temps, disons un quart d’heure… Une heure. Ou deux ? Une pendule, quelque part, sonna onze heures. Songeant qu’il était peut-être temps que je retrouve le réfectoire, je sortais de la salle, abandonnant presque à regret le calme qui y régnait. Je descendais plusieurs escaliers, avant de me rendre compte que je m’étais enfoncée tellement bas que je me trouvais maintenant dans les combles de l’internat. Je soupirais, continuant ma route en cherchant d’autres escaliers, alors que je m’exhortais à ne pas paniquer, comme l’autre fois. Avisant des marches, je les gravissais rapidement. Je jetais un coup d’œil par la fenêtre, tentant de voir à nouveau le château, avant de me rendre compte que j’étais maintenant bien trop haut. ZUT. Je n’allais quand même pas passer ma vie dans les escaliers, si ? Ca en devenait lassant, à ce point-là, et presque vexant. Je redescendais donc, cherchant un plan du pensionnat, en vain. Ils auraient pu y penser tout de même !

Regardant à nouveau dehors, je vis une silhouette sombre courir vers le pensionnat, suivie d’une autre, plus petite. Mon cœur rata un battement. Bon sang, ils n’étaient tout de même pas venus jusqu’au pensionnat pour nous hanter, si ? Je reculais précipitamment, et m’empêtrais les pieds dans le vieux et lourd tapis qui était, d’après moi, plutôt là pour me piéger que pour faire joli. Je tombais donc, pour la énième fois de la journée … à peine étonnée. Quand on a une moyenne de dix-sept chutes par jour, on est habitué, direz-vous. Je me relevais et époussetais mes vêtements. Là, il fallait vraiment que je trouve des gens, profs, élèves, surveillants, peu importe … tant qu’ils étaient en chair et en os. Je n’avais aucune envie de me retrouver, seule, face à ces esprits. 
 
Je pressais donc le pas, cherchant désespérément à me repérer. Soudain, au fond du couloir, j’aperçus une ombre. Humaine, certes, mais vivante … ? Je me figeais, et regardais, sans oser faire un geste, l’ombre qui se rapprochait. Je m’apprêtais à crier à l’aide, quand je le reconnus. C’était le frère de Laura, celle qui m’était apparue comme un "ange", au beau milieu de la nuit. Comment s’appelait-il, déjà ? Gaspard, Casper, Jean-Pierre ? En tous cas, quelque chose dans ce genre-là, je n’avais jamais vraiment été douée pour retenir les prénoms. Avant que j’eusse pu dire quoi que ce soit, il m’apostropha.

« Hey, Rose, tu veux venir avec Laura et moi aux ruines de Sallat, cette nuit ? »

Pardon ? Il avait bien dit "ruines de Sallat" et "cette nuit"?! Et surtout - cette pensée m’horrifia : "avec Laura" ? Je l’imaginais déjà, avec ses grands yeux, effrayée … Les esprits s’en prendraient certainement plus facilement à elle, vu qu’elle était plus jeune. Je l’aperçus alors, aux côtés de son frère. Cela me rappela leur retenue, qu’ils avaient eu, en partie – voire entièrement – à cause de moi. Gaspard/Casper/Jean-Pierre semblait avoir complètement oublié, mais je ne savais pas vraiment ce qu’il en était pour Laura … Est-ce qu’ils m’en voudraient encore si j’acceptais d’y aller ? Cela ne m’enchantait pourtant guère.  

« Euh, d’accord … ? »

Puis, après une petite hésitation et une grimace d’excuse, j’ajoutais :

« J’espère juste que cette fois vous n’irez pas en retenue à cause de moi … »
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Mar 2 Juil - 10:49

Rose n'eut pas l'air particulièrement emballée, après qu'il lui ait lancé l'idée. Pire, elle semblait plus que réticente, voir effrayée. Mais lui espérait de tout son cœur qu'elle accepte ! Plus on est de fous, plus on rit, comme on dit, et rien ne l'amusait plus dans ce monde que de faire les pires bêtises et y entraîner les autres, par la même occasion. Alors que rose hésitait, lui ne se gênait pas pour la détailler. Elle était mignonne à croquer. Avec ses longs cheveux et ses boucles rebelles, ses grands yeux en amande... Ah oui, oui, oui, très mignonne.

Rose - « Euh, d’accord … ? »

Elle leur fit une petite moue, comme une de ses amies lorsqu'elle voulait s'excuser. Et bien quoi ? Elle allait se rétracter ? Ah non, quand même pas !

Rose - « J’espère juste que cette fois vous n’irez pas en retenue à cause de moi … »

En retenue ? Ah, oui, elle parlait de la retenue qu'il avait eue avec Laura il y a un peu de temps. Elle s'en voulait pour ça ?! Mais pourquoi donc ? Lui l'en remerciait, au contraire, au moins avait-il pu capturer sa sœur et la forcer à parler. Il se mit presque au garde-à-vous devant Rose.

- C'est entendu alors ! A ce soir !

Il fit voler sa sœur contre lui, la serra dans ses bras, l'embrassa sur le front, salua Rose, puis repartit en courant, laissant les deux filles ensemble. On allait enfin pouvoir s'amuser un peu !

Le soir, alors que la nuit venait de tomber, il enfila discrètement des habits chauds, fourra une lampe torche dans son sac à dos, ainsi que quelques bricoles, puis sortir comme un voleur. A pas de loups, il entra dans le dortoir des filles. Réveillant sa sœur, il lui murmura de ne pas faire de bruit, puis alla récupérer Rose. Une fois qu'ils furent prêts tous les trois, ils sortirent discrètement du Pensionnat, puis coururent vers le chemin, dans la forêt, emprunté le matin même. Il tenait la main de Laura bien serrée dans la sienne tout en marchant, braquant sa lampe de l'autre main.

Il avait hâte de revoir les ruines, surtout de nuit. Cette sortie était comme un nouveau challenge, une nouvelle bêtise à ajouter à son tableau de chasse déjà bien garnie. Il lançait souvent de grand et lumineux sourires à Rose, enchanté. Elle était encore plus Belle la nuit. Complètement allumée, certes, mais ce qui faisait tout son charme, à la demoiselle. Après vingt bonnes minutes de marches, ils débouchèrent devant les ruines. Jasper éteignit sa lampe, laissant la Lune seule les éclairer. C'était impressionnant.

Il ouvrait la bouche pour proposer aux filles de s'approcher lorsqu'ils entendirent minuit sonner, au loin. Soudain, une lumière rouge surnaturelle surgit de nulle part et enveloppa le château. Il recula d'un bond, poussant Laura et Rose derrière lui. Sous leurs yeux, le château se reconstitua à une vitesse foudroyante, les pierres s'ajoutant les unes aux autres, reconstruisant les ruines. Bouche bée, il vit alors une puissante forteresse médiévale, dressée dans toute sa splendeur devant eux, et avec des fenêtres où brillaient une forte lumière. Ils entendaient des échos de voix, de la musique et des rires. Il en lâcha sa lampe, stupéfait. Puis l'excitation reprit le dessus et il se tourna vers les filles.

- Alors ? On entre ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Lun 8 Juil - 13:26

[Désolée, j'étais inspirée :p]

Leur professeure allait bien, elle était même plus qu’heureuse d’après Jasper. Bon, son explication était… Horrible. C’était même très beurk, Laura ne comprenait même pas comment lui pouvait savoir tout cela. Après tout, les garçons n’apprenaient pas ces choses-là, si ? Leur mère ne lui avait rien appris, à elle, alors à son frère, c’était encore plus improbable. Mais soit, au moins, maintenant, elle savait tout ! Tout, tout, tout ! Il était génial, son grand frère. Peut-être faisait-il des bêtises, peut-être avait-il une mauvaise influence sur elle selon leurs parents mais peu importe, elle l’aimait comme cela ! Et puis, son grand frère n’allait pas faire d’elle une délinquante, il était gentil et surprotecteur – un peu trop – et adorable et gentil et… Chieur, aussi. Un énorme chieur, même. Bref, vous avez compris. Aussi, lorsqu’il lui annonça l’idée d’une nouvelle bêtise, aller sur les ruines de Sallat de nuit, Laura sauta sur ses jambes, enthousiaste à l’idée de voir les ruines s’illuminer comme l’avait décrit leur professeur. Il partit alors vers le Pensionnat, la laissant devant l’arbre sous lequel ils s’étaient installés. Bah ? Elle n’allait pas rester toute seule ! Elle le rejoignit alors qu’il avait invité Rose Delis, la fille bizarre qui l’avait collée avec son frère alors que Laura essayer de lui échapper depuis des jours.

Rose – Euh, d’accord… ?

Zut. Double zut. Laura n’avait pas envie, ils allaient encore avoir des ennuis à cause d’elle ! Elle faillit tira légèrement son grand frère par le bras mais il était vraiment impatient à l’idée de faire cette sortie avec cette fille. Bon… A la limite… Mais elle lui faisait peur, quand même !

Rose – J’espère juste que cette fois vous n’irez pas en retenue à cause de moi…

Jasper – C'est entendu alors ! A ce soir !

Jasper s’était mis au garde à vous, satisfait de l’acception de Rose alors que Laura avait soigneusement évité le regard de cette dernière et de celui de son frère lors de l’évocation de cette histoire. Elle se sentait encore légèrement honteuse et mal à l’aise, même si Jasper ne lui en voulait plus. En plus, elle avait dû lui promettre de ne plus lui mentir à l’avenir… Ce truc allait lui jouer des tours, elle en était sûre ! Elle ne le sentait pas du tout et avait l’impression d’avoir fait une belle bêtise en faisant cette promesse. Mais soit, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Jasper la fit voler contre lui, la serra dans ses bras et l’embrassa sur le front. Il la déposa ensuite et la laissa seule avec Rose. Heum. Le regardant s’éloigner, Laura dit à Rose :

Laura – Heu… A ce soir, alors.


Laura se coucha de bonne heure, plus qu’impatiente, ayant soigneusement et discrètement préparé ses affaires pour ce soir. Oh, Jasper lui avait juste dit de prendre un pull pour ne pas avoir froid, elle devait bien se couvrir en somme, et lui se chargeait du reste. Se couchant donc, une fois tout préparé pour leur sortie, elle sombra dans un profond sommeil où, déjà, Laura était actrice dans la légende que leur avait raconté Madame Martin. Les lumières, les rires, les milliers de couleurs… C’était si beau ! Puis les flammes, les cris, la peur. Un coup léger qui la tira de ce rêve virant au cauchemar. Jasper. Il lui murmura de ne pas faire de bruit tandis qu’elle prenait ses affaires, il réveilla Rose et ils sortirent tous les trois du Pensionnat le plus discrètement possible. Laura ne lâchait pas la main de son frère, trop effrayée à l’idée de se perdre ou, pire, de LE perdre. Elle-même jetait de réguliers coups d’œil vers Rose, juste pour être sûre.

Durant la marche, Laura ne cessait de gigoter, de sautiller à droite et à gauche même si Jasper l’empêchait de bouger davantage avec sa main qu’il tenait fermement. Lui jetant un regard boudeur – enfin, seulement quelques secondes –, elle remarqua alors les regards que lui lançait à la fille bizarre. Il avait l’air… Heu… Ce qu’il lui avait raconté dans la journée, après leur retour de la sortie ? Mais non, pas lui. Pas maintenant. Et puis… Non, pas elle, quoi ! Laura ne dit, cependant, rien du tout. Elle n’allait pas lui dire, maintenant, ce qu’elle avait pu constater et puis… Elle était bien trop impatiente et voulait voir les ruines. Ruines que l’on apercevait déjà de loin, d’ailleurs. Une grosse masse sombre irrégulière, faiblement éclairée par la Lune, donnant à l’ancien édifice un air plus que lugubre et terrifiant. Inconsciemment, Laura se rapprocha de son frère, ayant cessé son agitation de tout à l’heure. Heu… C’était peut-être pas une bonne idée, en fait, cette sortie. C’était tout noir, froid, horrible.

Laura – Jaz’, t’es s…

Minuit sonna alors, interrompant Laura et la faisant faire un énorme bond partiellement freiné par la main de Jasper qui la tenait toujours. Une lumière rouge, magique et venant de nulle part, entoura alors le château. Oh… C’était… La légende ? Laura voulut voir, s’approcher encore, mais son frère la poussa derrière lui, comme pour la protéger. Mais elle voulait voir ! C’était lui qui avait voulu venir ici, alors zut, il ne pouvait pas la protéger ! Passant sa tête sous le bras de Jasper, Laura parvint à l’écarter pour se frayer un mini endroit par lequel elle pouvait voir la scène. Le château était en train de se reconstituer sous leurs yeux, les pierres s’ajoutant les unes aux autres à une vitesse incroyable. Après quelques secondes à peine, la forteresse décrite par leur professeure quelques heures auparavant se tenait devant eux, fière et forte, magnifique, tel un monument de croisade imprenable qui n’aurait jamais été détruit.

Laura se frotta les yeux, comme pour être sûre qu’elle ne rêvait pas, que tout cela n’était pas le fruit de son imagination. Elle entendit alors des rires et de la musique. Une fête ! Se tournant automatiquement à droite et à gauche pour trouver la source de ce bruit, la jeune fille dut bien admettre qu’ils étaient seuls et que toutes les maisons des environs étaient plongées dans un sommeil profond, bien loin d’imaginer ce qu’il se passait à côté d’eux. Tout cela venait du château… La lumière éclairait l’intérieur de la salle et on pouvait le voir de l’extérieur, grâce aux larges fenêtres caractéristiques de l’époque. La légende était vraie… Bouche-bée, Laura regarda son frère lorsqu’il se tourna vers elle et Rose :

Jasper – Alors ? On entre ?

Laura – Oui ! Mais pas comme ça !

Laura sautillait, à présent, plus qu’impatiente à l’idée d’entrer dans ce château pour voir de ses propres yeux la légende dont parlait Madame Martin. Elle contourna son frère et tira sur son sac, l’obligeant à s’abaisser même s’il ne comprenait peut-être rien à ce que tramait sa petite sœur. Elle sortit du sac deux robes de soirée – une venant de ses propres affaires, une qu’elle avait trouvée dans celles de Rose – et un genre de costume qu’elle avait retrouvé, abandonné, dans le Pensionnat. Les tirant du sac de Jasper, les montrant à Rose et son frère, elle leur dit pour leur expliquer :

Laura – Je me suis dit… Si jamais la légende était vraie, on ne pouvait pas y aller n’importe comment. Alors, j’ai trouvé ça. Je sais pas si c’est la bonne taille, mais j’me suis dit que ça pouvait être utile. Et je l’ai glissé dans ton sac quand tu réveillais Rose.

Oui, bon, elle ne l’avait pas dit à Jasper mais il n’allait pas lui hurler dessus pour cela. N’est-ce pas ? Laura n’avait pas voulu le dire à son frère pour qu’il ne la prenne pas pour une folle... Après tout, croire à des légendes comme celles-ci, c’est débile. Enfin… Pas tant que cela, apparemment. Faisant sa bouille d’ange en tendant les vêtements à Jasper et à Rose, elle attendit une réaction, une réponse avant de s’habiller. Juste pour être sûre.

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MessageSujet: Re: Sortie privé   Ven 26 Juil - 18:41

[Moi aussi j'étais plutôt inspirée xD]

« Alea Jacta e ». Une formule que je venais d’apprendre en cours. En gros, « les dés sont jetés », enfin, plus ou moins ça. Cette nuit, au lieu de me perdre dans le pensionnat et errer dans les couloirs, poursuivie par les fantômes de mon imagination, je vais me retrouver au milieu de VRAIS esprits, cette fois. Je suis horrifiée. Fascinée. Impatiente. Stressée. Tant de sentiments contradictoires, traduisant mon trouble à l’idée d’être confrontée à un phénomène plus que surnaturel. Laura et Jasper, eux, semblaient plutôt s’en réjouir. Je ne comprenais pas.
J’avais changé d’avis à plusieurs reprises, jusqu’au soir, prête à inventer une excuse à la dernière minute pour ne pas y aller. Excuse qui, de toute manière, n’aurait pas été crédible. Mais, après tout, nous ne perdions rien à nous rendre dans ces ruines. A bien y réfléchir, même, des fantômes ne pourraient pas vraiment faire de mal à trois adolescents. Non ?

C’est en songeant à cela que je me couchais, le soir. Je ne parvins pas à vraiment trouver le sommeil, les doutes m’assaillant sans cesse. Je fermais tout de même les yeux, mimant un semblant de repos, afin de ne pas me faire remarquer par les surveillants. Lorsque Jasper vint me tirer de ma léthargie, j’étais déjà prête, toute habillée – même les chaussures -, dans mon lit.

La nuit, dehors, était d’un noir d’encre. Seule la lune, ronde et pleine, diffusait sa lueur diaphane, transformant les alentours du pensionnat en un autre monde, nouveau et effrayant. Le moment que je redoutais le plus arriva : nous entrâmes dans la forêt. Je m’attendais déjà à m’étaler par terre, ou, du moins, me prendre une ou deux branches dans la figure. De grands classiques, quoi. Étrangement, il n’en fut rien. Mes sens semblaient aiguisés par le fait que je ne voyais rien, me rendant miraculeusement adroite. Alors que je m’émerveillais de cette découverte, je rentrais dans un tronc d’arbre. Zut. Saleté d’arbre. Qu’est-ce qui lui a pris de pousser juste là ? Reprenant la marche, j’observais les deux autres. Laura marchait, l’air impatiente, et sautillait un peu partout. Son frère … Hein ? C’était toujours Jasper ? Je ne discernais de lui qu’une forme sombre, son sourire et le blanc de ses yeux luisant étrangement dans l’obscurité. Songeant que la nuit transformait bien des choses, des êtres, ainsi  que mon immuable maladresse, je me pris à nouveau un arbre – un peu plus fin, cette fois-ci. Re-zut. Rose ? Bon sang, arrête de réfléchir, et agis ! Coupe des arbres, s’il le faut, mais avance ! Tout en pestant contre moi-même, je me rendis comptes que nous venions d’arriver aux ruines de Sallat. Déjà qu’elles étaient effrayantes de jour, c’était encore autre chose, avec l’obscurité environnante. « Menaçant ». Non, ce n’était pas le mot. Il n’était point de mot pour décrire l’ambiance de ce lieu. Restant en légèrement en retrait, nous l’observions, sans oser bouger. Jasper éteignit sa lampe, rendant ainsi l’atmosphère encore plus irréelle. Laura brisa le silence :

«  Jaz’, t’es s… »

Minuit sonna soudain, la surprenant. Elle fit un petit bon, ouvrant grand les yeux sur ce qui était en train de se passer. Le château et ses alentours s’animèrent. Impossible ! Il nous illumina soudain d’une lumière rouge, comme s’il allait tout à coup s’embraser. Impossible. Le palais s’était rapidement reconstitué, reprenant en quelques secondes les couleurs et la vie qui l’animaient quand il tenait encore debout. Ce qui remontait, à peu près, à neuf siècles. Ce n’était pas possible. Nous reculions, affolés. J’avais l’impression d’être dans un conte de fée, où tout se déclenche à minuit. Jasper se tourna vers nous, avec son éternel sourire.

« Alors ? On entre ? »

Entrer ? Là-dedans ?! Je regardais Laura, quand je vis que celle-ci s’était mise à sautiller partout.

« Oui ! Mais pas comme ça ! »

Elle alla chercher quelque chose dans le sac que portait son frère. Des vêtements. Deux robes de soirées et un costume. Je commençais à comprendre.

« Je me suis dit… Si jamais la légende était vraie, on ne pouvait pas y aller n’importe comment. Alors, j’ai trouvé ça. Je sais pas si c’est la bonne taille, mais j’me suis dit que ça pouvait être utile. Et je l’ai glissé dans ton sac quand tu réveillais Rose. »

Mais c’est qu’ils avaient tout prévu, le duo Karinof ! Je me sentais un peu coupable d’être la plus âgée – et donc, censée être responsable -, et de n’avoir rien préparé. Quoi que … j’avais déjà plus ou moins préparé mon mental, non ? Lui souriant, je pris la robe qu’elle me tendait. Une robe qui avait appartenu à ma mère, simple et élégante. Je guettais une occasion de la porter, et voilà qu’elle se présentait.

« Laura, tu es géniale ! »

Nous nous vêtirent rapidement, en silence. Les portes du château étaient grandes ouvertes, déversant musique et lumière, nous invitant à entrer. Nous pouvions même voir des gens danser, à l’intérieur. Mes craintes s’envolant, je ne songeais plus à la légende quelque peu effrayante contée par Mme Martin, et voyais alors cela comme un bal qui n’attendait plus que nous.

Après nous être échangé quelques regards brillants, nous nous précipitions au cœur de la fête, non sans quelque appréhension. Les gens dansaient sans toutefois sembler remarquer que trois adolescents venaient d’entrer. Ils étaient étrangement vêtus. Ce doit être ça, la mode du XIème siècle, je suppose. Capes, robes aux manches très longues, dorures … La salle était tout simplement magnifique, et très grande. Il y avait même quelques petites terrasses intérieures, comme on peut parfois en voir dans les Opéras. Les musiciens s’étaient postés dans l’une d’elles, amplifiant leur musique. Au-dessus de nos têtes, un gigantesque lustre diffusait une lumière éclatante. Même le sol – un parquet brillant – était magnifique.
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Ven 26 Juil - 20:28

Laura – Oui ! Mais pas comme ça !

Sa petite sœur avait l'air folle d'excitation, sautillant comme une puce autour d'eux. Elle se mit tout à coup à tirer énergiquement sur le sac à dos qu'il portait. Et bah ? il se tortilla pour en faire glisser les sangles et permettre à sa sœur de le prendre. Qu'est-ce qu'il y avait de si important là-dedans ? Il n'y avait pourtant pas mis grand-chose... Elle en sortit deux robes de soirée et un costume pour lui. il la fixa, stupéfait.

Laura – Je me suis dit… Si jamais la légende était vraie, on ne pouvait pas y aller n’importe comment. Alors, j’ai trouvé ça. Je sais pas si c’est la bonne taille, mais j’me suis dit que ça pouvait être utile. Et je l’ai glissé dans ton sac quand tu réveillais Rose.

D'accord. Ne jamais sous-estimer sa petite sœur ! Il lui décrocha un grand sourire et prit le costume, se retenant de l'embrasser sur les deux joues. Il n'en revenait pas qu'elle ait songé à ce genre de détails. Rose se fendit même d'un commentaire admiratif et enthousiaste en prenant sa robe. Ils se changèrent rapidement tous les trois, puis, ensemble, avancèrent vers le château.

Jasper fut d'abord ébloui par la forte lumière. Clignant des yeux, il ne put s'empêcher d'être émerveillé. Une très grande salle avec un parquet, empli de bruit, de rires, de chants, de musiques, de conversations, de danse, de joie et de fête. Une atmosphère s'en trouvant surchargée ! Il contempla les invités présents à la fête, tous bien habillés, heureux, leurs dents blanches luisant dans la lumière alors qu'ils riaient de bon cœur. Des robes et des costumes datant du Moyen-Âge, avec ces riches et lourdes étoffes chamarrées qu'il était impossible de trouver aujourd'hui. Personne n'avait l'air de remarquer que trois adolescents issus d'un monde totalement différent venaient de débarquer. Jasper avait beau être en costume, il se sentait affreusement décalés. Lui, Rose et Laura étaient bien plus jeunes qu'eux tous, et leurs vêtements de soirées détonaient au milieu de tant de costumes datant d'une époque si lointaine.

- C'est incroyable, souffla Jasper.

Il s'apprêtait à rajouter quelque chose lorsque l'évidence le frappa de plein fouet, lorsque la réalité lui retomba dessus comme une masse. Tous ces gens étaient morts ! Depuis plusieurs siècles ! Morts, massacrés par l'armée royale ! Tout ceci, tout ce qui les entourait... Ce n'était qu'une gigantesque illusion. Ou plutôt une malédiction. Une fête éternelle, mais finissant toujours dans le sang, dans l'odeur du massacre.

Néanmoins, il n'y avait danger que s'ils se laissaient envoûter par le sortilège, que s'ils se laissaient entraîner par tous ces esprits ! N'est-ce pas ? Madame Martin les avait prévenus. S'ils se "perdaient", c'était la fin. S'ils étaient toujours là à l'aube, ils mourront eux aussi, rejoignant à leur tour la malédiction. Fête et mort. Joie et sang. Chaque nuit depuis des siècles. Mais seulement s'ils se laissaient piéger ! Il se tourna vers rose et lui tendit galamment la main.

- Une danse, très chère ?

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MessageSujet: Re: Sortie privé   Ven 26 Juil - 21:24

Nous étions tous trois ébahis par la beauté des lieux, de la musique aussi. Les musiciens en entonnèrent d’ailleurs une nouvelle, une valse, qui se voulait joyeuse et … plutôt rapide. J’observais les gens se mouvoir lestement autour de nous, me demandant comment est-ce qu’ils faisaient pour qu’aucun ne tombe, quand Jasper me présenta sa main.

« Une danse, très chère ? »

Je cherchais dans ses yeux une quelconque lueur d’amusement, de plaisanterie. N’en décelant aucune, mon visage s’enflamma. J’étais terriblement gênée. Non seulement parce qu’il m’avait appelée « très chère » - formule que je n’avais entendue que chez les personnes de la Haute Société -, mais aussi parce qu’il voulait que je danse. Que je danse ! Moi, danser ! Rien que le fait d’y penser me faisait frissonner d’appréhension. J’étais bien loin d’être capable de danser comme les personnes présentes ! Je n’avais jamais appris. A part quand j’étais petite, mais … C’étaient des danses de petits, quoi. Enfin, j’en connaissais bien une. C’était plus un jeu qu’une danse mais bon … Le but était plus ou moins d’écrabouiller les pieds de son partenaire, en se tenant par les coudes, sans que les siens soient écrasés. Remarque, j’imagine que même en essayant de danser normalement, ou même sans danser du tout, je n’aurais aucun mal à marcher sur les pieds de quelqu’un. Ou bien de les empêtrer dans ma robe. De tomber. De glisser sur le parquet brillant. De faire tomber tout le monde, par effet domino. Même le lustre, oui, je suis sûre que j’en serais capable. Et de toute manière, je ne pouvais me résoudre à laisser Laura seule. C’était la plus jeune d’entre nous. La plus vulnérable, je ne sais pas, mais … Elle ne pouvait pas rester seule, sans aucun être vivant avec qui rester ! Je reportais mon attention sur Jasper. Je ne pouvais pas refuser, mais accepter était aussi hors de question.

« Jasper, je suis désolée. Je ne connais pas ce genre de danses, et, honnêtement, j’ai bien peur qu’essayer ne cause une catastrophe... Comme attirer leur attention sur nous. »

Je jetais un œil sur les gens qui dansaient autour de nous. Me mordant les lèvres, j’ajoutais, après un demi-temps de réflexion :

« Et puis, Laura … La laisser toute seule ? Il vaut mieux qu’on reste tous les trois ensembles, non ? »
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Sam 27 Juil - 19:53

Rose – Laura, tu es géniale !

Jasper lui fit un énorme sourire juste avant la remarque de Rose, ils étaient contents ! Au moins, Laura avait réussi à les surprendre et ne s’était pas révélée inutile comme elle l’avait pensé quelques minutes auparavant. Elle se changea rapidement, tout comme son frère et Rose, et ils avancèrent, entrant dans le château. Elle cligna des yeux pendant une bonne minute, éblouie par la lumière super forte qui les éclairait actuellement. Le parquet était en bois, il y avait des dorures partout, de longues robes, des milliers de couleurs. Tout le monde dansait, tournoyait. Personne ne semblait les voir, personne ne faisait attention à eux, tous riaient et mangeaient, plaisantaient ou cherchaient quelqu’un. C’était étrange… Mais ça avait l’air génial ! Sans plus attendre, elle se précipita au milieu de la salle, regardant partout. Ils dansaient tous et avaient tous l’air heureux. Penser à la fin de cette soirée… Imaginer le dénouement, savoir comment les choses allaient se terminer… C’était horrible.

Jasper – C’est incroyable.

Incroyable, oui. C’était pile le mot qui convenait, pour l’instant. Elle avait peur de la suite mais… Tant qu’ils restaient ensemble, et qu’ils sortaient au bon moment, c’était bon, non ? Enfin, ensemble… Les seuls vivants dans cette fête, ils ne risquaient pas de se perdre, loin de là. Ils étaient les seuls présents en chaire et en os et se voyaient donc sans problème, si ce n’est que la scène et les gens avaient l’air on ne peut plus réels. Danser avec des morts… Des fantômes… Des personnes qui n’existaient plus depuis des années… Non, mais, de vraies fantômes, quoi ! Lorsqu’elle le dirait à ses amies, personne ne la croirait. Mais vraiment personne. Et pourtant, tout existait. Tout existait vraiment, comme son frère qui voulait danser avec Rose, comme leurs parents qui… Une minute. Son frère qui voulait danser avec Rose ? Mais, et elle ? Il la laissait toute seule ? Et si jamais les fantômes la prenaient, si elle se perdait et tout ? Ils avaient dit qu’ils devaient rester ensemble, non ? Laura écoutait d’une oreille, faisant comme si elle regardait les autres danser, comme si elle ne les écoutait pas. Elle tapait même des pieds au rythme de la musique pour faire genre.

Rose – Jasper, je suis désolée. Je ne connais pas ce genre de danses, et, honnêtement, j’ai bien peur qu’essayer ne cause une catastrophe... Comme attirer leur attention sur nous.

Ce coup-ci, Rose n’avait pas tort. Elle était maladroite, très maladroite, alors danser et attirer l’attention sur eux, c’était une mauvaise idée. Et si Madame Martin se trompait et qu’ils pouvaient agir, les envoûter et les empêcher de partir ? A bien regarder, il y avait même un enfant ou deux, là-bas, qui dansaient. Peut-être des enfants qui avaient fait comme eux et qui s’étaient retrouvés envoûtés… Depuis combien de temps étaient-ils là ? Depuis combien de temps dansaient-ils sans arrêt ? Depuis combien d’années portaient-ils les mêmes vêtements ? Beurk. On peut mourir de fatigue, d’ailleurs ? A force de danser…

Rose – Et puis, Laura … La laisser toute seule ? Il vaut mieux qu’on reste tous les trois ensembles, non ?

Ah bah, enfin, cette fille bizarre était un tout petit peu logique quand même. Laura ne l’aimait pas beaucoup, mais au moins, elle la défendait cette fois-ci. Seulement, si son frère aimait cette fille… Peut-être Laura devait-elle le laisser tranquille avec elle ? Peut-être devait-elle les laisser danser ? Après tout, il y avait sûrement plein de trucs drôles à faire, ici. Des bêtises ou… Enfin, des trucs, quoi. Seulement, Rose n’avait pas tort en disant qu’ils devaient rester ensemble… Bah… Alors ? Laura lança un regard à son frère, puis dit – comme si elle suivait miraculeusement la conversation à ce moment précis :

Laura – C’est bon Rose, vas-y. Vous en faites pas pour moi.

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MessageSujet: Re: Sortie privé   Lun 5 Aoû - 18:55

Alors que je commençais à m’inquiéter pour Laura, celle-ci nous dit, de sa petite voix d’ange :

« C’est bon, Rose, vas-y. Vous en faites pas pour moi. »

Je la regardai. Après tout, c’est vrai qu’elle nous avait montré qu’elle était indépendante et capable de prendre des décisions toute seule, en emmenant de quoi nous déguiser pour la fête. Haussant les épaules, je me tournais à nouveau vers Jasper, et lui rentrais dedans … Attends ? C’était pas Jasper, ça. Il a pas de poitrine, Jasper, quand même ?! Ni de cheveux longs, noirs et ondulés qui lui tombent sur les épaules ?! Je levais les yeux, étonnée, vers un visage à la fois beau et hautain. Sans le faire exprès, j’avais touché la peau de cette femme. Elle était froide, molle, comme un poisson mort. Bon, d’accord, cette comparaison n’est pas géniale … Elle me regardait avec le même sourire qu’un chat aurait alors qu’il lorgne une souris. Encore une comparaison, pas mieux. Reculant précipitamment, je m’empêtrais les pieds dans ma robe (oui, je l’avais bien dit), et tombais en arrière. J’eus la désagréable impression que, dans un même mouvement, tous les convives avaient porté leur attention sur moi, avant de la détourner à nouveau et de faire comme si de rien n’était. Gloups.

La femme continuait de me fixer de son air menaçant, alors je songeais soudain à … Prendre. Mes jambes. Mon cou. Vous faites le rapprochement ? Je n’avais qu’une seule envie, me retrouver loooooin de ce regard froid. Je reculais à nouveau, mais je ne fis que m’étaler davantage. Ca me faisait l’effet d’une brasse coulée. Plus tu tentes de retrouver la surface, plus tu t’enfonce … Jusqu’à toucher le fond. Alors que j’étais par terre, je me rendis compte que j’avais heurté quelqu’un d’autre. Zut et re-zut ! Je levais les yeux. Re-gloups. C’était une autre personne. Un homme. Qui me toisait, pareil à la femme. J’eus la même impression qu’auparavant : celle que tout le monde me fixait avant de se détourner. Je regardais par terre, cherchant désespérément une cachette, n’importe quoi, pour me tirer de là. Je tombais sur des chaussures qui se détachaient des autres, car plus modernes que les autres. Celles de Jasper. Soulagée, je fis la première chose qui me vint à l’esprit : Je me jetais sur mes mollets, l’entraînant par terre lui aussi … Et entraînant aussi trois autres personnes. Oups. Là, tout le monde nous regardait. Et personne ne détournait les yeux. Il me fallut un gros effort pour ne pas nous ensevelir sous deux mètres de terre afin de nous cacher.

Alors que j’essayais de me calmer, sans toutefois tenter de me relever – j’appréhendais déjà ma prochaine chute -, je remarquai qu’un homme aux traits grossiers, mais bien plus richement vêtu que les autres, s’avançait vers nous à grands pas. Allons donc. Je nous avais déjà mis à dos tous les convives, est-ce que le maître de la soirée allait nous congédier, maintenant ?! Mais celui-ci s’adressa à nous d’une voix forte, et avec un grand sourire, nous souhaitant la bienvenue. Oh là là … Mais qu’est-ce que j’avais encore fait … ? Cela ne me plaisait pas du tout … Je parcourais la forêt de pieds des yeux, cherchant désespérément ceux de Laura. J’osais espérer que même si nous nous étions fait remarqués – pardon, si JE nous avais fait remarqués -, elle s’en sortirait. Ne la trouvant pas je chuchotais rapidement à Jasper :

« Euh ... Encore désolée. Où est-ce qu’on se cache maintenant ? »
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Lun 5 Aoû - 20:35

Rose - Jasper, je suis désolée. Je ne connais pas ce genre de danses, et, honnêtement, j’ai bien peur qu’essayer ne cause une catastrophe... Comme attirer leur attention sur nous.

S'il était très déçu, il tâcha de ne pas trop le montrer. Oh, dommage... Il aurait littéralement adoré la prendre par la main pour l'emmener valser au rythme d'une dan,se tumultueuse, au même rythme que battait son cœur. Plus il la regardait, plus il la trouvait mignonne à croquer, avec son minois adorable et son apparente fragilité.

Rose - Et puis, Laura … La laisser toute seule ? Il vaut mieux qu’on reste tous les trois ensembles, non ?

Ah, oui, pas faux. Il s'en voulut de ne pas avoir songé à Laura. Pour lui, il n'était pas dangereux qu'elle reste là alors qu'il dansait quelques minutes avec Rose, mais il était vrai qu'il pouvait se passer n'importe quoi, et que ce n'était que très peu prudent. Il retint un soupir, et fit un sourire d'excuse à sa petite sœur. Elle lui rendit son regard, n'ayant pas l'air d'être furieuse ou vexée d'avoir été laissée pour compte.

Laura – C’est bon Rose, vas-y. Vous en faites pas pour moi.

Oh ? Il était surpris, mais en même temps profondément reconnaissant. Sa frangine avait sans doute compris que Rose ne le laissait pas totalement indifférent... Bon, oui, elle était bizarre, mais c'était justement cela qui l'attirait. Elle n'était pas banale, elle avait des choses à raconter, et osait dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Elle rentra tout à coup dans quelqu'un en voulant sans doute se retourner. Une femme, une des convies de la fête, qui les regardait d'un air... Comment dire... peu engageant... Rose recula tout à coup et se prit les pieds dans les voiles de sa robe avant de tomber à la renverse.

Ouh là. Un peu maladroite, sa princesse ! Il eut tout à coup une impression étrange, comme si l'atmosphère avait brutalement changé. Nerveux, il promena un regard autour de lui. Alors que jusqu'ici, personne n'avait fait attention à eux, les convives semblaient s'être rendus compte de l'irruption de trois adolescents. Elle s'accrocha tout à coup à ses mollets dans un mouvement de panique totale. Pris par surprise, il chuta à son tour avec quelques autres personnes. Se cognant contre le carrelage, il vit que tout le monde les observait. Pour la discrétion, c'était râpé ! Un autre fantôme s'approcha à grands pas d'eux. Oups. Aïe. Au secours. Fuite. Se cacher. Vite, vite, vite.

- Bienvenue au château de Sallat ! Profitez bien de la fête.

...

Ah, bah, d'accord... Les autres convives se relevèrent et s'éloignèrent un peu, alors qu'il était toujours par terre avec Rose. Le charme avait évolué, et ça ne lui plaisait pas du tout. On les voyait, on les entendait, on pouvait les toucher ! Il avala difficilement sa salive, regrettant à présent d'avoir posé un orteil dans cet endroit infernal.

Rose - Euh ... Encore désolée. Où est-ce qu’on se cache maintenant ?

- Se cacher ? répéta-t-il. On ne va pas se cacher, on va sortir de là ! Laura, tu...

Il prit alors conscience de l'absence de sa sœur. son sang ne fit qu'un tour et il se releva à toute vitesse, tirant Rose avec lui. Non ! Laura ! Ah non, non, non ! Où était-elle ?! Il fouilla frénétiquement la salle des yeux et ne la vit nulle part. Attrapant la main de Rose, il l'entraîna avec lui à la recherche de sa petite sœur.

Cependant, c'était plus facile à dire qu'à faire... Désormais, la cohorte de fantômes se pressaient autour d'eux, leur offraient à boire, les invitaient à danser, le tout dans un tourbillon perpétuel d'odeurs et de couleurs. ils étaient si charmants et si attirants qu'il était plus que difficile de leur dire non. Jasper sentait sa volonté faiblir. Il ne retrouvait pas Laura, et avait peur de perdre aussi Rose, qu'il tenait fermement par la main.

Il aperçut tout à coup Laura. elle dansait au bras d'un bel adolescent, une expression de pure extase sur le visage. elle avait l'air droguée, ou envoûtée. En tout cas, pas bien du tout. Il s'approcha avec Rose et tenta de capter son attention, mais elle semblait ne pas l'entendre.

- Laura !

Peine perdue. elle dansait sans se soucier d'eux et semblait nager dans le bonheur le plus complet. Il crut entendre l'heure sonner, au loin, et eut un long frémissement. Ce n'était pas possible, il n'avait pas pu se passer autant de temps ! Ils n'étaient ici que depuis une heure ! N'est-ce pas... ? Le doute et la peur, tout se mêlait. Il finit par arracher Laura des mains de son cavalier.

- Laura, reprends-toi !

Soudain, ils entendirent des bruits étranges au-dehors. Comme des épées que l'on tirait...

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Mer 7 Aoû - 15:17

« C’est bon Rose, vas-y. Vous en faites pas pour moi. »… Quelle cruche ! Avoir dit cela à Rose, avoir donné la permission à son propre frère de danser avec une fille que Laura n’aimait pas, qu’elle trouvait bizarre et effrayante ! Franchement, qu’est-ce qui lui avait pris, que lui était-il passé par la tête lorsqu’elle avait répondu à Rose ?! Jasper n’y avait vu que du feu, pour une fois, et n’avait pas manifesté de l’inquiétude ou quoi que ce soit du style, il l’avait même oubliée en fait. Bah, c’est ce qu’il lui avait dit lors de leur retenue, après tout. Ils partiraient chacun de leur côté dès qu’ils auraient terminé leurs études, dès qu’ils sortiraient du Pensionnat, et plus rien ne serait comme avant. Il faut croire que cette séparation commençait dès maintenant, sans qu’ils ne le remarquent, sans qu’ils ne puissent agir en conséquence comme Laura était la seule à en être consciente. Laura fila s’installer dans un coin, la tête basse, prenant un verre « pour les grands ». De l’alcool ? Possible. Peu importe. De toute façon, dans les films, dès qu’un grand déprimait, il buvait alors elle pouvait en faire autant. Non ?

Garçon – Puis-je offrir une danse à la demoiselle ?

Laura redressa la tête et regarda derrière elle, ayant la nette impression que cet adolescent – plutôt séduisant, entre nous – s’adressait à elle. Mais… Il n’y avait personne. Ils pouvaient la voir, maintenant ? C’était quoi, ce truc qu’elle avait bu ? Jetant un regard à Rose et à son frère, elle les vit par terre, les autres fantômes les fixant bizarrement. Non, mais non, c’était une hallucination. Ils ne pouvaient pas les voir, c’était impossible ! Peut-être l’adolescent n’était-il pas un fantôme ? Mais… Si. Elle voyait à travers son corps, même si elle avait l’impression de pouvoir le toucher, que si elle acceptait cette danse, cela serait comme si elle avait accepté une danse avec un être vivant. Bah, où était le risque ? Après tout, quitte à rester toute seule, autant danser… Et puis zut, son frère l’avait laissée sur le côté, elle pouvait bien s’amuser, elle aussi ! Tant pis s’il la voit danser après, c’était pas grave. Oui, bon, ils avaient dit qu’il ne fallait rien toucher mais… Techniquement, Laura ne touchait à rien si elle dansait avec ce garçon. Vidant son verre d’une traite, elle le jeta – tout allait être détruit, un peu de trucs par terre ne faisait pas de mal – et prit le bras que lui tendait l’adolescent. Elle le suivit jusqu’au milieu de la piste, prête à danser. Danser. Danser. Danser…

Laura ignorait depuis combien de temps elle dansait, mais, à vrai dire, elle n’en avait cure. Elle se sentait si bien, si légère, si gracieuse… Comme Maman, avant ! Comme lors des soirées que sa mère lui avait contées à de nombreuses reprises, avec de belles couleurs partout, avec des rires, de la joie, de fortes lumières, des boissons avec des noms qu’elle ne connaissait pas, et plein d’autres choses. En fin de compte, cette soirée était géniale, même si Laura avait été laissée sur le côté. Enfin, c’était trop beau pour être vrai. Sans savoir ce qu’il se passait, comment ou pourquoi, l’adolescente sentit qu’on la tirait des bras de son cavalier malgré son attachement à ce dernier. Lorsqu’elle aperçut qui l’avait arrachée ainsi à sa danse, Laura lança un regard noir à Jasper. Mais zut quoi, elle avait le droit de danser, lui le pouvait, pourquoi pas elle ?!

Jasper – Laura, reprends-toi !

Laura en avait marre. Ras-le-bol. Pourquoi devait-elle se reprendre alors que lui pouvait danser ? Ce n’était qu’un fantôme, il ne lui ferait rien de mal, alors zut ! Elle allait riposter et envoyer littéralement balader son frère lorsque des bruits de métal, d’épées plus précisément, parvinrent à ses oreilles. Mais… Mais c’était impossible ! Elle n’avait dansé que quelques minutes avec cet adolescent, ils étaient ici depuis seulement quelques minutes ! Une demi-heure grand maximum ! N’est-ce pas ? Les doutes l’envahirent, de plus en plus pesants. Ils avaient perdu la notion du temps… S’ils ne sortaient pas très, très vite, ils resteraient coincés ici à jamais. Mais comment sortir alors que les fantômes pouvaient les toucher, maintenant ?! Comment se précipiter vers la sortie alors que tous s’y précipitaient aussi ? Laura avait l’impression qu’ils étaient déjà coincés, et que c’était en partie de sa faute vu qu’elle s’était éloignée d’eux en dansant. Et dire qu’elle n’avait eu le temps de boire qu’un seul verre et de faire une seule danse… Pfff. Mais soit, ce n’était pas le moment de râler, il y avait plus urgent. Ils étaient à trois, encerclés par des soldats dehors, des fantômes à l’intérieur. Ils étaient dans un château ancien, qui avait appartenu à un roi ou un truc du genre, un homme riche, et… Mais oui ! Tirant sur la manche de Jasper, le forçant à s’arrêter, elle hurla :

Laura – Des passages secrets ! Jaz’, les hommes riches en avaient toujours dans des châteaux comme celui-ci, pour lutter contre les embuscades !

Ce coup-ci, Laura était fière d’elle. Au moins, ses lectures servaient à quelque chose ! Le seul problème qui se posait maintenant : où en trouver un qui mène à la sortie ? Logiquement, un passage secret se trouvait toujours dans une pièce facile d’accès, une pièce dans laquelle se réfugiaient les seigneurs en dernier recours. Il n’y avait donc que deux options qui s’ouvraient à eux : les cuisines où un passage secret devait d’office mener à l’extérieur, ou la chambre du seigneur qui était dans un endroit sans doute trop inaccessible. Bah… Les cuisines, alors. Sans avertir les autres de sa déduction, Laura s’assura simplement qu’ils la suivaient. Lorsqu’elle avait jeté son verre, elle avait pu remarquer que tous les « serveurs » venaient du même endroit, par le même couloir. Il ne restait plus qu’à remonter la piste. Seulement, le temps pressait… Elle entendait les coups d’épées et les cris qui se rapprochaient, le château s’assombrissait de plus en plus. Ils n’avaient plus beaucoup de temps avant que les soldats ne débarquent ici. Fort heureusement, les cuisines n’étaient pas très loin, ils arrivèrent dans une énooooorme salle remplie de senteurs plus attirantes les unes que les autres. Son ventre criait famine, mais il ne fallait pas céder. S’adressant à Jasper et à Rose, Laura dit :

Laura – D’après les livres que j’ai… Enfin, bref. Un passage secret peut se trouver dans une armoire sous la table de travail, ou derrière une grosse étagère ou une bibliothèque. Celui qu’on trouvera ici nous mènera à l’extérieur, à un ou deux kilomètres du château… Je crois.

Oui, bon, les détails concernant le savoir de Laura sur les trucs dans ce style, elle pouvait les garder pour elle. Inutile de tout dire à Jasper, ils avaient plus important à faire pour l’instant. Sans plus attendre, elle s’attela à la tâche de dénicher ce passage secret, évitant en même temps Jasper. Elle n’avait pas envie de s’expliquer maintenant.

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MessageSujet: Re: Sortie privé   Mer 14 Aoû - 15:39

Prochaine mission : trouver Laura. Cela n'allait pas être des plus facile, vu la foule qui se pressait autour de nous. Les gens semblaient vouloir presser le temps, vouloir accélérer les choses. Plusieurs serveurs vinrent nous harceler avec leurs boissons. J'en bousculais un, lui faisant tomber son plateau dessus. Oups. Bon. Au moins Jasper tenait fermement ma main, m'empêchant ainsi - plus ou moins - de tomber. J'avais de plus en plus l'étrange impression d'être un poids - un boulet. Je soupirais carrément de soulagement lorsque nous retrouvions Laura. Cependant, celle-ci était ... Comme hypnotisée. Son frère la secoua, sans grand succès toutefois.

« Laura, reprends-toi ! »

Elle finit par se rendre compte de notre présence, tandis que des bruits étranges se faisaient entendre à l'extérieur. Comme du métal qui tapait sur du métal, qui glissait sur du métal ... Ces bruits me firent revenir brusquement à la mémoire la légende de Sallat ... Et sa fin tragique. Oups. Fallait vraiment qu'on file d'ici, et vite. C'était ce que pensait la plupart des gens, dans la salle : paniqués, ils se précipitaient tous vers la sortie, alors que c'était de là que venaient les bruits. Quelques enfants avaient trouvé refuge sous une table. Cela ne les sauverait certainement pas. Soudain, Laura tira sur la manche de son frère, en criant, afin de couvrir le raffut causé par toute cette agitation :

« Des passages secrets ! Jaz’, les hommes riches en avaient toujours dans des châteaux comme celui-ci, pour lutter contre les embuscades ! »

C'est vrai, ça. Sans attendre de réponse, Laura se précipita, nous entraînant à sa suite. Nous arrivâmes enfin dans une grande salle. La cuisine, semblait-il. Elle ajouta, après quelques instant - elle semblait en savoir un rayon sur les passages secrets :

« D’après les livres que j’ai… Enfin, bref. Un passage secret peut se trouver dans une armoire sous la table de travail, ou derrière une grosse étagère ou une bibliothèque. Celui qu’on trouvera ici nous mènera à l’extérieur, à un ou deux kilomètres du château… Je crois. »

Nous nous mettions alors à chercher, chercher, chercher ... Quelque chose, n'importe quoi. Nous touchions à tout, toquons contre les dalles du mur pour voir si elles sonnaient creux, soulevions même un tapis. Rien. Pas l'ombre d'un passage secret. Le désespoir s'emparait de nous, alors, que des cris, des bruits de lutte, nous parvenaient de l'autre côté de la porte. Découragés, nous nous arrêtions un moment de chercher. Je me laissais tomber par terre, adossée à une tapisserie ... Qui sembla reculer dans mon dos. Hein ? Elle était contre le mur, cette tapisserie, non ?! Je m'appuyais carrément dessus, et tombais en arrière. J'avais la tête de l'autre côté, et les pieds dans la cuisine. Je comprenais pourquoi nous ne l'avions pas remarqué avant : il fallait vraiment s'appuyer dessus pour comprendre qu'il y avait un passage. Je rampais rapidement et me retrouvais de l'autre côté. Il faisait noir, vraiment. Et je devais me tenir courbée afin de ne pas me cogner contre le plafond. Ce n'était pas vraiment le summum du confort, mais si cela pouvait nous tirer d'affaire, j'étais prête à marcher courbée, voire à ramper sur quelques kilomètres.

« Wahou. C'est ici, je crois ! Venez ! »

Tout en disant cela, je soulevais la tapisserie, légèrement, du sol, afin de leur permettre de passer. C'est qu'elle était lourde ! Ils me rejoinrent rapidement. Je laissais retomber la carpette, tandis que des bruits se faisaient entendre dans la pièce juste à côté. Pour faire bonne mesure, et afin qu'on ne nous suive pas, je faisais apparaître un assez gros bloc de terre devant l'entrée, coupant ainsi notre seule source de lumière. Qu'ils essayent de passer maintenant.
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Sortie privé   Dim 18 Aoû - 12:10

Des bruits d'épée, des ordres et imprécations, les invités commençant à paniquer... Le seigneur des lieux qui tirait une épée, appelant ses hommes. Laura, Rose et lui qui se retrouvaient au milieu de tout cela. Au beau milieu d'une légende, d'un truc qui s'était déroulé des centaines d'années auparavant. Il entendait encore la voix de madame Martin, leur conter tout cela.

« Alors que la fête battait son plein, le Roi, avec son armée, fit bloquer les issues et entrer ses hommes. Les invités ne portaient bien sûr pas leurs armes, étant en tenue de soirée. Ils furent tous décimés. Quand à Guillaume de Sallat, il fut abattu sur-place, avec toute sa famille, et son corps abandonné au milieu de ceux des invités. Le Roi reprit le contrôle de ces territoires, et pour faire bonne mesure, mit le feu au château. »

Ils étaient en danger en très grand danger. et pourtant, ça ne faisait même pas une heure qu'ils étaient ici ! Non... ? Ce n'était pas possible, la malédiction les avait piégés ! Et ils se retrouvaient ici, coincés avec tant d'autres, prêts à mourir à leur tour. Laura tira tout à coup sur sa manche et cria à moitié :

Laura – Des passages secrets ! Jaz’, les hommes riches en avaient toujours dans des châteaux comme celui-ci, pour lutter contre les embuscades !

Il la suivit sans chercher à comprendre. Ils prirent leurs jambes à leur cou, fuyant les bruits d'épée et de combats. Ils arrivèrent dans la cuisine, alors que Jasper se remémorait toujours les paroles de leur professeur, qui résonnaient à ses oreilles. « C'est ainsi que, toutes les nuits, depuis des centaines et des centaines d'années, le château se reforme, se pare à nouveau de ses merveilles, et les gens qui ont péris cette nuit-là se retrouvent pour danser. Jusqu'au moment où le soleil se lève et qu'un feu embrase le château, le remettant à l'état de ruine. Toutes les nuits, ces gens revivent leurs derniers instant, dans une fête éternelle se terminant toujours en massacre, et ce jusqu'au Jour du Jugement Dernier. » Il grimaça, regrettant d'avoir emmené sa sœur là-dedans. ils avaient cru sortir bien avant l'aube mais avaient perdus la notion du temps. Résultat, ils risquaient tous les trois de mourir cette nuit et de rejoindre les fantômes pour de bon.

Laura – D’après les livres que j’ai… Enfin, bref. Un passage secret peut se trouver dans une armoire sous la table de travail, ou derrière une grosse étagère ou une bibliothèque. Celui qu’on trouvera ici nous mènera à l’extérieur, à un ou deux kilomètres du château… Je crois.

Il regarda autour de lui, puis se mit comme les filles à chercher. Ils déplacèrent les énormes pots de grès rempli de denrées, frappèrent le sol, les murs, inspectèrent les armoires, déplacèrent les tapis, les chaises et les meubles, fouillèrent chaque recoin, inspectant la moindre interstice. Mais Dieu, cette salle était immense et les échos des combats se rapprochaient dangereusement. Tout à coup, il entendit un petit cri et vit Rose s'enfoncer dans un mur et disparaître à moitié derrière une lourde tapisserie. Elle en sortit peu après, l'air réjouie.

Rose – Wahou. C'est ici, je crois ! Venez !

Ils se glissèrent tous les trois dans le passage. Étroit, noir, ils durent marcher à quatre pattes pour s'y faufiler, puis entamèrent péniblement leur progression. Ils ne savaient pas du tout où ils allaient, se contenta,t d'avancer. Jasper avait pris la tête du groupe, juste au cas où ils tomberaient sur des trucs pas nets, Laura au milieu car elle était la plus jeune, et Rose fermant la marche.

Il aurait pu faire apparaître des boules de feu pour s'éclairer mais n'osait pas. Si jamais il y avait des poches de gaz, cela pourrait exploser. Il y avait suffisamment d'histoires de ce genre qui tombaient, tous les ans. De plus, son père lui avait assez raconté sur le gaz pour qu'il se méfie. Il pouvait si facilement devenir une arme mortelle.

Au bout d'un très long, un peu de lumière filtra. Il accéléra légèrement l'allure, puis il trouvèrent la sortie. Condamnée par une énorme et lourde grille.

Et merde.

Il en testa la solidité, frappant, secouant la barreau, mais elle ne bougea pas d'un pouce. C'était rageant, alors que la nature paisible, sous l'œil bienveillant de la Lune, s'étendait juste sous leur nez. Il poussa une volée de jurons, à genoux dans la terre. Bon, et maintenant ? Du calme et un peu de réflexion. Il suffisait juste de détruire cette grille pour avancer. Elle était trop lourde pour qu'ils puissent la brûler à mains nues. Alors...

- Restez derrière, les filles.

Il joignit ses mains, une lueur orangée apparaissant entre ses paumes. Il ferma les yeux, concentrant la chaleur entre ses doigts, sentit le frisson habituel le parcourir, comme à chaque fois qu'il utilisait son don. Lorsqu'il se sentit prêt, il appliqua ses mains sur les différentes soudures de la grille, calmement, méthodiquement. La grille grinça sous l'effet de la chaleur et une légère fumée s'éleva, en même temps qu'une lourde odeur de métal chauffé à blanc. Lorsqu'elle fut à point, il donna de violents coups de pieds dedans, faisant craquer les dernières résistances. La grille céda dans un grand bruit et fut repoussée.

Sortant à toute vitesse, il aida les filles à s'extirper du tunnel. Ils étaient tous les trois couverts de poussière, de terre et de saleté, mais vivants. Il sursauta lorsque soudain, l'aube, qui s'était fait très timide le temps qu'il travaillait sur la grille, se déploya et qu'ils virent au loin le château s'embraser littéralement. Il resta figé, alors que, une petite minute plus tard, ils n'avaient plus sous les yeux que les ruines habituelles, vidées de ses fantômes et de magie. Il poussa un long soupir de soulagement. On était dimanche matin, et tout était terminé.

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