1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Cheveux noirs au soleil

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MessageSujet: Cheveux noirs au soleil   Sam 14 Fév - 18:52

Un souffle à côté de lui suffit à le rassurer, alors qu'il était tout prêt à pleurer, après avoir fait un cauchemar où sa maman n'était plus là, avec lui et Aurore. Il rouvrit les yeux, blotti contre sa sœur, puis un sourire étira ses lèvres. Il dormait toujours près d'elle, tous les jours, et quand maman les prenait contre elle, c'était aussi tous les deux. Lui, il aimait maman. Il aimait sa voix, qui les avait bercé tout le temps où ils avaient été dans ce petit cocon tout chaud et toux doux. Sa voix les avait souvent rassuré, car plein de fois, ils avaient senti que maman avait peur, ou avait mal. Ils l'avaient ressenti. Mais à chaque fois, la voix de maman était revenu, et ils avaient eu moins peur. Une fois, aussi, ils avaient si quelque chose de bizarre... Comme s'ils étaient en train de perdre maman... Eux-mêmes s'étaient sentis plus petits, plus fragiles. Puis la voix était revenue, et ils s'étaient "réveillés". Julien agita sa minuscule main pour la poser sur celle de sa sœur, qui dormait toujours. Il referma les yeux, ayant chaud, et entendant plein de voix autour de lui.

Il y eut tout à coup plus de mouvements, et il rouvrit les yeux, voyant un visage inconnu au-dessus de de lui. C'était pas sa maman ! Maman, elle avait les cheveux comme le soleil. Et là, les cheveux étaient comme la nuit. Il tendit le bras et serra son minuscule poing sur le doigt qui s'était approché, avant de le porter à sa bouche pour le téter. Pourquoi le lait sortait pas ? Il téta plus fort, mais ça venait pas. Déçu, il retira sa bouche, puis l'approcha de ses yeux pour l'examiner. C'était un doigt très grand, plus grand que les siens, mais de la même couleur. Il plissa la bouche, frustré que le lait ne sorte pas. Il referma sa deuxième main dessus, perplexe. Pourquoi ce doigt il était grand ? Pourquoi les siens ils étaient tous petits ? Pourquoi il y avait pas de lait ? Car quand il tétait, il y avait toujours du lait ? Le doigt fut retiré, d'un coup, et il leva un regard perdu.

– A'eu !

La madame le souleva et le prit contre elle comme maman faisait, avec un air bizarre. Il mit un moment avant de comprendre qu'elle souriait. Il écarquilla les yeux pour mieux la regarder puis sourit à son tour, comme elle faisait, tendant les deux bras pour essayer de toucher son sourire. C'était beau, et il voyait les cheveux qui flottaient autour d'elle. Il essaya de les attraper, content d'avoir un nouveau jeu à portée de main, et de découvrir autre chose. Il découvrait pleins de choses tous les jours et adorait ça. Il plissa tout à coup les yeux à cause du soleil et mit sa main sur ses yeux. Lumière ? Il fit une moue à fendre le cœur le plus dur. Maman elle les protégeait toujours quand il y avait trop de lumière, car maman, elle venait quand ils pleuraient, qu'ils avaient faim, ou qu'ils avaient besoin d'être dans ses bras. C'était maman, elle les défendait toujours ! Même quand ils étaient dans le cocon, elle était là. La madame fit une moue comme lui, puis se leva. Il faillit réussir à attraper une mèche quand elle se rassit, abritée du soleil. Il se blottit contre elle, ramenant par réflexe ses jambes contre lui. La madame, c'était une amie de maman ?

– Mah ?

Il la regarda, après lui avoir posé la question, fasciné par les cheveux noirs qui flottaient devant lui. Jouer ? Ou pas jouer ? Il jouait toujours avec les cheveux de maman, quand ils tétaient, et ils étaient comme le soleil, c'était très beau. Même Aurore, elle jouait aussi comme ça ! Il cligna des yeux pour chasser une petite bête qui avait frôlé son visage, puis s'agita légèrement.

– Regarde, maman est là-bas !

Elle le tourna, et il vit maman. Il sourit, tout content, puis tourna la tête vers la madame. Maman faisait quoi ? Maman était fatiguée ?

– On reste ici, comme ça, un gentil monsieur va pouvoir lui parler et la faire sourire. Tu vois ? Comme ça !

Sourire ? Maman ? Elle mit sa main avec ses doigts grands devant son sourire, et il lui sourit aussi. Maman allait plus être fatiguée avec le monsieur ? Et elle allait sourire ? Il agrippa son petit poing sur le haut de la madame, puis entreprit de lui expliquer très sérieusement, dans son langage à lui, que maman, elle ne souriait pas, et que maman, parfois, elle avait l'air malade ou pas bien. Aurore et lui, ils pouvaient ressentir cela ! S'ensuivit alors cinq minutes de flots ininterrompu de petits sons, pour que la madame comprenne bien. Puis il montra son sourire et l'effaça, les yeux grands ouverts. Maman n'avait jamais peur, elle pouvait pas, c'était maman, elle était toujours forte ! Mais parfois, elle n'était pas bien, fatiguée... Comme quand ils étaient dans le cocon, c'était comme s'ils la perdaient ! Et il avait très peur... Il fit un regard malheureux pour montrer cette peur, puis mit ses mains sur ses yeux, puis sa bouche.

– Maaah... Ah'eu, mah !
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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: Cheveux noirs au soleil   Mer 18 Fév - 15:01

[Réactions données par Gaby et Julien.]

Sortiiiiie ! Ils allaient dans un petit parc, au bord du lac aujourd’hui et Laura comptait bien en profiter ! Elle savait que Clémence n’était pas là, s’était détendue un peu ces jours-ci, évitant Jasper et Antoine plus que d’habitude les premiers jours qui avaient suivi pour qu’ils ne remarquent rien. Elle ne voulait pas que son frère s’inquiète inutilement, qu’il la couve ou qu’il commette des erreurs à cause d’elle. D’accord, cette impression, ces sensations revenaient parfois dans ses cauchemars, mais il fallait seulement un peu de temps et rien d’autre. Elle avait discuté avec le Père Vilette, cela suffisait, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, ils allaient passer la journée ensemble, à trois sûrement en jouant et s’amusant comme ils devraient le faire en permanence au Pensionnat. Tous les soucis oubliés pour une journée au moins !

Embarquant sa serviette dans son sac à dos, Laura le ferma en nouant les boucles, vérifiant pour la dixième fois que tout y était. Ensuite, elle rejoignit Jasper et Antoine à la sortie du dortoir, avec tous les élèves, leur affichant un grand sourire histoire de dissiper les doutes possibles qu’ils avaient sur son état moral. Elle sautillait à moitié, pressée d’y être, et ne put se retenir de gigoter durant le trajet qu’aux prix d’immenses efforts en se répétant une bonne centaine de fois que Gray n’était pas loin et qu’ils y étaient bientôt. Une fois dans la prairie… Baignaaaaade ! Laura lâcha son sac, le balançant dans un coin… Avant d’être arrêtée dans son élan par un professeur qui leur annonça qu’ils déjeunaient. Ah… Oups. C’est vrai mais… Elle voulait se baigneeeer !

Se renfrognant, Laura s’installa à côté d’Antoine et Jasper, parmi les autres élèves, et mangea sans cesser de regarder le lac, se concentrant sur la journée et rien d’autre. En soi, cette sortie était un vrai défi pour elle parce que les journées au Pensionnat étaient entrecoupées de cours où son frère et Antoine n’étaient pas là. En revanche, ici, ils allaient véritablement rester ensemble. Il fallait qu’elle fasse trèèèès attention, en somme. Et ce lac… Cette eau douce, peut-être un peu froide, mais dans laquelle Laura se sentait vivante, dans son élément, en liberté. Elle se ressourçait dans l’eau et trouvait enfin un terrain large et dans lequel elle pouvait se laisser aller sans qu’on lui dise « tu es trop fragile ».

Elle voulaiiiit ! L’eau l’appelait, à grands cris. Ne pouvait-on pas écourter le déjeuner, juste un peu ? Elle pouvait manger après, aussi, promis, mais elle voulait y aller ! Un petit peu ? Même les pieds pour commencer ? Ou manger au bord de l’eau ? Cette fraîcheur, le bruit, tout l’attirait. Cependant, par respect pour Jasper qui n’était pas réellement dans son élément, ils ne mangèrent pas au bord du lac. Le pauvre, ne pas pouvoir s’amuser avec… Mais il y avait de quoi s’occuper, dans le coin, alors pas de problème ! Ils devront juste attendre un peu… Trois heures… Trois loooongues heures… Comment s’occuper, avec ça ? Il y avait des occupations, oui, mais l’eau était celle qui attirait le plus Laura.

Un petit bruit attira alors son attention, plus haut. Son regard tomba sur leur tante qui surveillait les élèves et… Les bébéééééés ! Mais ouiii ! Laura sautilla jusqu’à la directrice avec son petit air angélique auquel personne ne résistait. Voilà une occupation ! De petits bébés tout mignons, innocents, adorables, avec qui on peut jouer, cajoler, peut-être un peu fragiles mais… Siiii mignoons ! Et puis, elle avait entendu des rumeurs sur les attentions de leur professeur de SVT. Il voulait profiter de cette journée pour « se rapprocher » de la directrice. Avec deux bébés sur les bras, il n’y arriverait pas !

Laura – Je peux jouer avec Julieen ? Pitié, pitié, pitié ? Promis, je fais très attention !

Sa tante hocha la tête et Laura lui fit un énorme sourire en se penchant au-dessus des bébés qui dormaient. Julien était siii mignon ! Il tendit le bras alors qu’elle avait avancé un doigt vers le berceau pour simplement lui chatouiller le visage et… Il referma son petit poing tout minuscule et tout mignon sur son doigt. Oooooh ! Et maintenant, il le portait à sa bouche et Laura sentit qu’il… Il tétait ? Roooh, encore plus adorable ! Après un moment, réalisant sans doute que rien ne sortirait de son doigt, il le relâcha et l’approcha de ses yeux, comme pour l’examiner. Il était adorable, tout mignon, tout fragile… Et voilà qu’il mettait sa deuxième main sur son doigt. Laura se sentit fondre littéralement, devant sans doute faire un sourire béat et niais à souhait. Mais elle s’en fichait ! Elle aussi, elle aura un bébé comme Julien, quand elle sera plus grande. Et elle sera gentille, une bonne mère, et très attentionnée. Elle ôta son doigt pour prendre le petit dans ses bras, doucement, délicatement, prudemment, avec la peur grandissante de le laisser tomber.

Julien – A'eu !

Elle lui sourit d’un air attendri alors que lui-même la regardait d’un air perdu. Ah… Oui, bon, d’accord, c’est vrai que leur tante ne souriait pas beaucoup, mais de là à ne pas connaître ça ? Mais soudain, il sourit à son tour ! Il avait compriiiis ! Il tendit soudainement les bras vers son visage et agitait les bras vers elle alors qu’elle était à genoux à côté du berceau. Elle souriait toujours, le regardant, le détaillant. C’était son cousin. Son petit cousin tout mignon, même si un bébé reste mignon dans toutes les circonstances en réalité.

Il plissa alors les yeux, portant sa main jusqu’à eux pour se protéger au moment-même où Laura constatait qu’il devait être ébloui. Ooooh ! Et cette moue… Pas bouger, elle allait trouver une solution ! Faisant la moue, la collégienne redressa la tête à la recherche d’un endroit à l’ombre et vit, plus loin, un arbre assez grand pour les protéger du Soleil. Elle se leva très doucement et alla s’installer sous l’arbre en protégeant Julien qui venait de se blottir dans ses bras… en ramenant ses jambes contre lui. Ooooh, encore plus adorable ! Elle allait finir comme neige au Soleil et se retint tout juste de vérifier si, oui ou non, il n’y avait pas d’eau à côté d’elle, signe qu’elle avait commencé à fondre. Mais non, ne pas être stupide, c’est elle qui fait venir l’eau à elle, elle le décide, et pas l’inverse.

Julien – Mah ?

Mah ? Mah, ça veut dire maman ? Il commençait à s’agiter un peu, après avoir cligné des yeux. Il voulait voir sa mère, elle avait compris ! Laura le tourna, le soulevant un petit peu sans le lâcher, en faisant très attention, et lui répondit, fière d’avoir compris le langage de bébé, avec un grand sourire.

Laura – Regarde, maman est là-bas !

Et il sourit à son tour en tournant la tête vers elle. Il souriaiiiit ! Donc, elle avait réussi à lui montrer comment sourire ? Elle avait réussiiii ! Mais là, sa tête signifiait plutôt « que fait maman ? » d’après ce qu’elle supposait, sinon, il ne la regarderait pas. N’est-ce pas ?

Laura – On reste ici, comme ça, un gentil monsieur va pouvoir lui parler et la faire sourire. Tu vois ? Comme ça !

Laura lui montra une nouvelle fois, espérant peut-être que les enfants de leur tante lui apprendraient à sourire à force de sourire eux-mêmes. Elle étira ses lèvres en un grand sourire et porta sa main à sa bouche pour désigner ses lèvres, lui expliquant très sérieusement ce qu’elle venait de dire par des gestes. Il porta alors son minuscule petit poing jusqu’à son haut, l’agrippa et se mit à lui parler… Sans que Laura ne comprenne quoi que ce soit. Elle repérait des « Mah » de temps en temps, devinait donc qu’il parlait de sa mère mais heu… Le reste ? Quelqu’un a un dictionnaire pour comprendre le langage de bébé ? S’il vous plaît ? Ou quelqu’un peut-il faire la traduction ?

Ce monologue continua pendant cinq bonnes minutes, les sons se répétant sans que Laura ne comprenne le moindre mot. Enfin, Julien fit un sourire et… l’effaça. Aaaaah, ça y est ! Elle avait compris ! Il disait que sa mère ne souriait jamais ! Mais et les autres sons ? Il fit un regard malheureux, mit ses mains sur ses yeux puis sa bouche. Oui… Mais encore ? Pitiéééé, un traducteur ! Quelqu’un qui comprend le langage de bébé ! Elle l’admettait, Laura ne comprenait rien, ne parlait pas le bébé comme elle le pensait. Mais c’était cruel, comme méthode, pour lui faire comprendre qu’elle s’était trompée !

Julien – Maaah... Ah'eu, mah !

Laura réfléchit, ouvrit grand la bouche en cherchant quoi répondre lorsqu’un grand cri et un coursier, comme elle en voyait souvent à Gray ou à Paris, arriva dans le parc en hurlant « Enquête exclusive ! ». Il distribuait les journaux à tout le monde, alors que Julien le regardait, le suivant du regard et tirait sur le haut de Laura. Elle baissa la tête vers lui, cherchant ce qu’il voulait, pourquoi il tirait comme ça. Quoi il… Il en voulait un ? Le livreur de journaux passa à côté d’eux juste à ce moment-là, leur en lançant un avec un grand regard, et fila aussitôt. Tout le monde, élèves, professeurs et personnel de l’école, avait un exemplaire de la fameuse « enquête exclusive »… Où la directrice était en première page. Laura ouvrit le journal, gardant Julien dans ses bras, et le parcourut en lisant ce qui s’y trouvait. Ils… Ils avaient…

Julien – Mah !

Il tapotait les photos pendant qu’elle regardait et lisait le journal, ce qui provoqua adoucit immédiatement son regard qu’elle lui lança. Il n’était pas effrayé ? Il n’avait pas peur ? Pourtant, les photos prises n’étaient pas à l’avantage de sa mère… Il était bien le fils de la directrice, aucun doute là-dessus. Laura allait refermer doucement le journal lorsqu’un hurlement et un rire terrifiant retentirent, la faisant sursauter en rapprochant immédiatement Julien d’elle dans l’intention de le protéger.

Tante – Alors pour vous, cette nuit-là, c'était un orage, hein ?! s'écria-t-elle. Non mais je vais vous montrer ce que c'est, moi, un VRAI orage !

De gros nuages se rassemblèrent au-dessus de la tête de leur chère directrice qui venait de se lever. Des nuages noirs. Qui menaçaient d’exploser. A tout moment. Elle… Elle n’allait pas faire ça ici, n’est-ce pas ? Il y avait des aaarbres ! Julien regardait sa mère avec de grands yeux et… sourit. Il venait de sourire alors que sa mère faisait apparaître de gros orages ! Pire encore, il venait de s’accrocher au haut de Laura sans avoir l’air d’être terrorisé le moins du monde, disant simplement « Mah ? » ! La collégienne le regarda avec de gros yeux, l’air choqué, reporta son regard sur sa tante et s’éloigna précipitamment de l’arbre. Si, vraiment, elle était furieuse, pas question de rester près de ça !

Une fois éloignée, plus ou moins rassurée, Laura constata que Julien suçait son pouce sans avoir l’air de comprendre ce qui se passait. Peut-être était-ce pour cela qu’il n’était pas terrorisé ? Peut-être ne comprenait-il tout simplement pas ce qu’étaient ces gros nuages noirs au-dessus de la tête de sa mère ? Peut-être, après tout, était-il émerveillé comme ça pour tout… Oui, c’était possible. Il venait de montrer la directrice du doigt en souriant, ce qui confirmait l’hypothèse de Laura… Lorsque sa tante détruisit un bâtiment, plus loin, dans un énorme bruit d’orages et d’éclairs pendant que Julien tapait dans les mains. Julien. Tapait. Dans. Les. Mains. Non mais eeeeh oh ! Un bâtiment entier venait de s’effondrer, là !

Laura chercha Jasper et Antoine du regard pour être sûre qu’ils n’avaient rien, instinctivement, inquiète alors que la directrice n’en avait pas après eux d’après ce qu’elle pouvait constater. Ca va, ils n’avaient rien, ils étaient plus loin, ensemble, entiers, tout allait bien. Une pression sur son bracelet lui fit baisser les yeux pour tomber sur la main de Julien qui jouait avec. Ce petit était, définitivement, le digne fils de sa mère… Aucun doute là-dessus. Il lui parla encore dans son langage propre à lui sans lâcher le bracelet. Oui ? Il voulait savoir ce que c’était ?

Laura – Bracelet, dit-elle en levant un peu son bras pour désigner l’objet.

Et là… Catastrophe. Le petit fronça le nez, les larmes aux yeux, sans que Laura ne comprenne pourquoi. Elle n’avait rien faiiiit ! Elle avait juste montré le bracelet ! Il avait peur des bracelets ? Quelque chose l’avait effrayé dans le ton qu’elle avait employé ? Il avait peur de ça alors qu’il avait tapé dans ses mains alors qu’un bâtiment s’effondrait à moins d’un kilomètre d’eux ?! Paniquée, Laura éloigna Julien d’elle pour l’examiner, voir si elle ne lui avait pas fait mal, si elle le tenait bien, puis fonça vers monsieur Redfire et sa tante. Elle n’avait rien faiiiit !

Laura – Il ple… Heu…

Julien, qui menaçait de pleurer quelques secondes auparavant, avait attrapé une de ses mèches de cheveux et… jouait avec, la mâchouillant d’un air victorieux. Mais… Mais… Mais il pleuraiiiiit ! Il allait pleurer ! Elle n’avait pas rêvé, non plus ! Mais là, aucune trace de larmes, il examinait ses cheveux, jouait avec, comme si le souvenir du bracelet était loin, très loin derrière lui. Heu… Et maintenant ?

Laura – Heu je…

Son cousin, au bord des larmes il y a quelques secondes à peine, venait de brandir une mèche de cheveux de Laura vers sa mère en riant, agitant les cheveux qu’il tenait. D’accord. C’était tout à fait normal… On ne peut plus normal. Un bébé qui a peur des bracelets, ou d’un mot, ou elle ne savait trop quoi, mais qui n’a pas peur d’un orage. Pourquoi pas… Autre miracle, Gabriella lui sourit ! Sa mère fit un sourire à son fils ! Il le lui rendit, bien sûr, avant de sourire à son tour à Laura. Elle. Était. Perdue. Que s’était-il passé, au juste, là ? Elle reprit ses esprits, secouant un peu la tête pour se remettre les idées en place. Bon. Et maintenant ? La collégienne adressa un regard gêné à son professeur et la directrice, ne sachant plus où se mettre.

Laura – Je… Désolée, je… Je vous assure qu’il allait pleurer ! Il a pris mon bracelet et il… Il a commencé à jouer avec alors je lui ai dit « Bracelet » et heu… Comme il voulait pleurer, je…

Chuuuut ! Laura s’enfonçait plus qu’autre chose, là, et se défendait comme un enfant qui n’a jamais dû se défendre auparavant. Bon, du calme, et tout va bien. Après tout, Julien ne pleurait pas, il semblait calme et, au contraire, s’amusait avec les cheveux de Laura. Il avait trouvé un nouveau jeu ? Merci, mais il aurait au moins pu le trouver avant qu’elle ne se précipite vers son professeur et sa tante ! Non ? Impossible ? Et maintenant, il enroulait la mèche avec laquelle il jouait depuis cinq minutes autour du doigt de Laura… En la regardant et ouvrant grand les yeux. Elles étaient bien loin, les larmes !

Julien – Mah ah oh ?

Tante – Tu vas t'en sortir ?

Laura hocha la tête, attendrie par Julien malgré elle maintenant qu’il était calme, apaisé, jouant avec une simple mèche de cheveux comme s’il s’était agi du meilleur jeu jamais inventé. Oui, oui, tout se passerait bien, il fallait juste qu’elle heu… Qu’elle devine ce qui effrayait ce petit ou non. Alors qu’il n’avait pas peur des orages, mais bien des bracelets. D’accord…

Laura – Je crois... Heu... Je vais vous laisser seuls, désolée.

Bredouillant quelque chose d’inaudible, Laura s’éloigna avec Julien vers l’arbre sous lequel ils s’étaient installés avant l’orage. Maintenant, c’était calme, plus aucun risque de finir carbonisé, sauf si un élève maîtrisant mal son élément s’amusait et laissait son don déraper. Mais bon, c’était dans le pire des cas et les professeurs avaient expressément interdit à ceux maniant le feu de s’amuser avec leurs dons, sauf pour les élèves de dernière année. Elle les regardait avec envie lorsqu’elle sentit Julien lui attraper le doigt… pour le mettre dans sa bouche. Il aimait jouer avec son doigt ? Oh… Une idée lui vint à l’esprit en regardant les autres élèves jouer avec leur don, attendant de pouvoir de baigner.

Laura – Tu aimes mon doigt, toi, hein ?, demanda-t-elle en souriant. Attends… Regarde.

Bien installée, calant Julien contre elle dans ses bras pour être sûre de ne pas lui faire mal, elle reprit doucement son doigt, fronça les sourcils en se concentrant et fit flotter une petite boule d’eau dans les airs. Petite boule d’eau, concentration de ce qu’elle ressentait, de tout ce qu’elle était, de ce qui l’attirait au plus profond d’elle-même sans qu’elle ne sache l’expliquer. Julien aussi semblait attiré par cette petite boule, hypnotisé, avec ses yeux grands ouverts. Il mit alors ses mains dans la boule, ce qui la fit exploser en petite gouttelettes qui retombèrent sur le visage de son cousin. Oups. Crise ? Pas crise ? Pleurs ? Cherchant une serviette, son cousin fronçant le nez comme après l’histoire du bracelet, Laura dénicha la sienne dans son sac à dos alors que les premières larmes coulaient sur les joues de son cousin, accompagnées des cris qui vont avec. Elle avait compriiiiis, patience !

Sa tante, alertée par le bruit et plus protectrice et mère qu’on ne pouvait le penser, s’était retournée pour voir ce qui se passait mais n’était pas intervenue puisque Laura avait réagi assez vite. Elle essuyait, à présent, le visage de Julien et, dès que ce fut chose faite, elle lui rendit son doigt pour qu’il puisse jouer avec. Il avait l’air de bien l’aimer, pourquoi ne pas l’utiliser pour le calmer, après tout ? Et ça fonctionnait ! Il le tétait, comme depuis le début, en reniflant maintenant qu’il était calmé. Lààà, c’est fini. Ce n’était qu’un peu d’eau, pourtant !

Laura – Tu es un bébé bizarre…, dit-elle en le regardant. Tu n’as pas peur lorsque ta mère fait éclater un orage, mais tu pleures à cause d’un bracelet et parce que tu reçois un peu d’eau sur le visage… Tu as peur de ça ?

Laura se concentra à nouveau, reprenant son doigt délicatement, et fit apparaître plusieurs minuscules boules d’eau, cette fois, qu’elle faisait voleter en l’air juste au-dessus d’eux, tournoyer pour amuser son cousin. Hors de portée, bien sûr, pour éviter la même catastrophe. Il ne pouvait pas avoir peur de ça ! Le soleil, perçant à travers quelques feuilles dans un coin, fut alors reflété dans une boule d’eau, répandant son éclat atténué près d’eux.

Laura – Tu ne trouves pas ça beau ?

Accompagnant ses paroles, elle fit descendre une petite boule, guère plus grande qu’un caillou, au sein de sa main qu’elle approcha de Julien en faisant très attention. Elle le redressa un peu de façon à lui montrer la petite boule d’eau, minuscule, au creux de sa main, sans cesser de faire tournoyer les dizaines de boules autour d’eux.

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Julien de Lizeux
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MessageSujet: Re: Cheveux noirs au soleil   Dim 19 Avr - 15:14

Il tendit ses petits poings et les accrocha à la chemise de la madame, attendant qu'elle lui réponde. Il voulait savoir ! Lui et Aurore, ils voulaient savoir, et la madame allait leur dire ? Il entendit alors un cri et vit un monsieur s'agiter avec pleins de feuilles de papier. Son regard brilla aussitôt. Nouveau jeu ! Il aimait bien le papier, lui, on pouvait jouer avec ! Il tira donc un peu plus sur la madame pour qu'elle lui en donne un et qu'elle joue avec lui. Elle comprit et il sourit encore plus. Papier ! Son regard s'agrandit lorsqu'il vit alors une jolie image de sa maman. Maman était sur le papier ! Il tapota aussitôt le papier, tout fier d'avoir trouvé une image, et la montrant à la dame pour qu'elle la voit bien. Regarde, madame, là, c'était sa maman, sa maman à lui, elle était sur l'image.

– Mah !

La dame sauta d'un coup comme si elle avait peur. Plus jouer ? Pourquoi ? Il porta son pouce à sa bouche, et vit sa maman se lever, là-bas. Maman jouait aussi ? Avec qui ? Il suça son pouce tout en la regardant, puis s'accrocha de nouveau à la madame en lui demandant dans son langage à lui à quoi jouait sa maman. Eux aussi pouvaient jouer à ça ? Parce que, maman, elle jouait pas beaucoup, mais eux, ils voudraient bien ! Il ouvrit de grands yeux en voyant d'un coup plein de trucs noirs dans le ciel. Oooh, maman était forte, elle pouvait changer la couleur du ciel ! Il suça encore un peu son pouce, émerveillé. Le ciel il changeait quand maman le voulait, c'était beau. Puis il entendit un très grand bruit et rit aux éclats en tapant dans ses mains, persuadé que maman avait fait ça pour un jeu. Comment on faisait la même chose ? Parce que si maman pouvait le faire, eux aussi, non ? Il regarda ses mains d'un air perplexe, réfléchissant. Alors maman s'était levée et elle avait bougé les mains. Comme ça ? Comment on faisait ?

Il leva un regard interrogateur vers la madame pour qu'elle lui explique comment maman faisait. On jouait comment à ce jeu ? On agitait les mains et ça faisait plein de bruit, et le ciel changeait de couleur, et ça venait comment ? Et comment elle s'appelait, la madame ? Il tira sur son bracelet pour attirer son attention puis gazouilla pour lui demander son nom. Mais elle ne lui dit pas. Elle dit juste "bracelet". Il fronça le nez, les larmes aux yeux, triste qu'elle ne veuille pas lui répondre, tout prêt à pleurer. Elle voulait pas lui dire ! Il allait pleurer lorsqu'une des mèches noires tant convoitées vola près de son nez et il réussit à l'attraper. Roooh. Il la prit entre ses petites mains aussitôt, toute trace de tristesse envolée.

– Il ple… Heu…

Il mâchouilla la mèche pour voir quel goût ça avait. Celles de maman étaient plus épaisses, d'abord. Pourquoi c'était tout noir ? Il brandit la mèche vers sa maman, tout content de l'avoir attrapé, et maman lui sourit ! Elle était fière de lui, alors ! Encore plus content, il sourit à son tour, tout en jouant avec les cheveux. Maman était fière de lui, donc il avait fait quelque chose de bien. Il porta la mèche à sa bouche, très satisfait, toute trace de larmes envolée au loin. La dame ne lui avait pas dit son nom mais c'était pas grave parce qu'elle avait des cheveux et il pouvait jouer avec. Il voulait toujours jouer avec ceux de maman lorsqu'il était dans ses bras, mais par contre, il n'arrivait pas à jouer avec ceux du monsieur qui venait tourner autour de maman. Julien, lui, n'était pas du d'accord qu'on lui prenne sa mère, personne n'avait le droit de la toucher ou de lui tourner autour.

La fille bougea et il retrouva les feuilles de toute à l'heure, alors que la mèche noire lui échappait à nouveau. Frustré, il se consola en reprenant le doigt pour le mettre dans sa bouche, fermant les yeux, ses deux mains accrochées dessus. Il aimait bien les doigts mais il préférait quand le lait sortait quand on tétait, c'était meilleur. La dame lui reprit tout à coup le doigt, sous son regard étonné, puis agita la main. Il y eut alors des boules d'eau qui volèrent autour de lui. Oh, comme le monsieur qui voulait toucher à maman, il pouvait faire ça aussi ! Il tendit aussitôt les mains pour les attraper, car il pouvait toucher celles du monsieur, amis l'eau lui tomba d'un coup dessus, le surprenant. Il se mit à pleurer, criant, surpris et malheureux qu'il ne puisse pas prendre les boules. Avec le monsieur, il pouvait, en plus ! Pourquoi pas là ? Il se calma lorsque la dame lui redonna le doigt, qu'il téta aussitôt.

– Tu es un bébé bizarre…, dit-elle en le regardant. Tu n’as pas peur lorsque ta mère fait éclater un orage, mais tu pleures à cause d’un bracelet et parce que tu reçois un peu d’eau sur le visage… Tu as peur de ça ?

Pleurer ? Maman ? Il renifla lorsqu'elle lui reprit le doigt, encore, mais les boules d'eau revinrent. Pourquoi il ne pouvait pas toucher ? Pourquoi c'était pas comme avec le monsieur ? Elle lui parlait, il ne comprenait pas, mais il n'osait plus toucher les boules d'eau. C'était pas drôle, comme jeu... Le monsieur de maman cria tout à coup quelque chose et la dame se leva. Plus jouer ? Mais il retrouva le sourire lorsqu'elle le ramena à sa maman. Il fourra aussitôt le nez contre elle, dès qu'il fut dans ses bras, et referma les yeux, plongeant à nouveau dans le sommeil. Avec maman, tout allait bien. Il ne risquait rien du tout.
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