1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Pique-nique au bord du lac

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MessageSujet: Pique-nique au bord du lac   Sam 14 Fév - 11:56

Les plus jeunes élèves dévalaient déjà la douce côte, courant dans l'herbe vers le lac en riant, leurs sacs à dos sur les épaules, et chahutant. Alice leur cria d'aller moins vite, qu'ils allaient se blesser. Il ne manquerait plus qu'il y en ait un qui tombe dans le lac ! Elle s'assit dans l'herbe près de ses collègues, vérifiant que tout le monde était bien en train de manger son pique-nique. Ils venaient d'arriver dans un espace de loisirs, installé il y a deux ou trois ans par le village de Gray, à côté du lac. Beaucoup de fêtes populaires et de rencontres sportives s'y trouvaient chaque année, et c'était également là que tous les ans, on emmenait les élèves du pensionnat pour déjeuner au soleil, se baigner pour les plus courageux – la température de l'eau ne devait pas excéder quinze degrés – jouer au foot, au tir à la corde, ou simplement rêvasser au soleil en bavardant. Les petits du collège s'étaient finalement installés tout au bord de l'eau, sous l'œil vigilant des préfets de discipline, qui ne tenaient pas à en voir un noyé. Elle sortit ce qu'elle avait préparé le matin même, après avoir fermement défendu à Daniel de toucher à quoi que ce soit dans sa cuisine. Pas question de finir avec du pain brûlé ou elle ne savait quoi... Sans compter qu'il n'était guère dans son assiette, depuis que l'autre fou lui avait fait peur.

Wyatt – Mama !

Alice fondit en voyant le petit bout de huit mois, assis sur une petite couverture, tendre son biberon vers sa mère pour avoir de l'eau. Elle-même n'était pas encore enceinte, mais voir Estelle, son fils dans les bras, à s'en occuper avec tant d'amour, cela lui donnait envie d'avoir ses propres enfants à aimer et élever. Elle avait un air si heureux quand elle le tenait contre elle ! Pas comme Gabriella qui avait plutôt un air tendu et glacial, malgré la présence de ses deux enfants. Heu, il y avait un problème ? Tout allait bien, pourtant ! Il faisait très beau, chaud, le soleil brillait, le lac était calme, il n'y avait pas de gros chahut. Et les jumeaux dormaient tout à fait paisiblement près d'elle. Elle échangea un regard avec son mari, puis fit un effort pour retrouver le sourire et détendre l'atmosphère. Leur infirmier, lui, s'était allongé de tout son long, al tête sur les genoux de Sarah, et buvait à une petite bouteille en verre. Alice espérait que ce n'était que de l'eau...

– Ouvre la bouche et ferme les yeux, dit-elle d'un ton amoureux à Daniel.

Il fallait vraiment que tout le monde essaye de se détendre, au moins aujourd'hui ! Ce n'était quand même pas si difficile que ça. Ils n'étaient as tout près de l'école, et rien ne les menaçait ici, donc aucune raison pour rester sur les nerfs. Même les élèves riaient et jouaient, tous ensemble, certains avec leurs dons. Enfin, ceux qui n'avaient ni la foudre, ni le feu, au moins. Pas question de provoquer un accident, et ces deux pouvoirs étaient les plus dangereux, d'autant plus entre les mains de jeunes peu expérimentés. Les professeurs leur avait expressément interdit d'en faire usage aujourd'hui. Elle jeta à nouveau coup d'œil prudent à la directrice, mais pas d'amélioration. Bon... Cyprien ne tentera peut-être rien aujourd'hui, tant elle semblait tendue, mais on ne savait jamais. Cela fera du spectacle.
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Magister
Maître du Jeu
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MessageSujet: Re: Pique-nique au bord du lac   Sam 14 Fév - 19:28

Intervention de Magister...

Un coursier arrive jusqu'aux élèves et professeurs et distribue un journal exclusif avec une photo de Gabriella de Lizeux en première page. "Enquête exclusive", crie-t-il !

Gros titre : Ce qui fait que Gabriella de Lizeux est meilleure militaire que professeure !
Sous-titre : Grâce à un reporter militaire, de source sûre, dont nous allons taire l'identité pour des raisons évidentes de sécurité.

Il file aussitôt après avoir distribué le journal à tout le monde et précise que ce militaire a suivi la directrice jour et nuit, ce qui garantit l'authenticité des faits relatés.
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Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

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Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: Pique-nique au bord du lac   Sam 14 Fév - 22:27

Gabriella se pencha à la fenêtre, observant le parc d'un œil suspicieux. Que fichaient-ils, encore ceux-là ? Ils amenaient encore du matériel ou elle ne savait quoi ? Ils avaient arrêté quelqu'un ? Elle sentit ses mains la picoter, alors que l'énervement la gagnait. Elle ne supportait que très mal de les voir se balader impunément dans son son école, maîtres chez eux, tout ça pour leurs petites expériences ! C'était à vos rendre fou ! Elle resserra son peignoir contre elle et referma ma fenêtre en la claquant, avec un immense soupir. Il était encore tôt, mais il fallait se préparer, aujourd'hui, tout le monde était de sortie. Gabriella avait longtemps hésité avant de dire si elle s'y rendait ou non. Perdre une journée entière à s'amuser dehors alors que l'école était dans une telle situation ? C'était insensé ! A quoi bon perdre du temps et de l'énergie à jouer au bord du lac dans un moment pareille ?! Ce qui l'avait décidé était la peur qu'un des soldats en profite pour empoisonner un des élèves durant le pique-nique. Ils en seraient bien capables, tant ils étaient fourbes.

Elle s'habilla assez vite, avec une robe simple, des chaussures plates, puis coiffa ses cheveux blonds en un chignon lâche. Elle alla ensuite réveiller ses enfants, puis leur faire prendre leur bain, se calmant en les prenant dans ses bras. Elle leur donna le sein l'un après l'autre, pensive, tout en regardant par la fenêtre le soleil qui grimpait dans le ciel. Sortir et s'amuser... Mais pourquoi faire, au juste ? Elle aurait tant voulu rester chez elle et se préparer mentalement à la "visite guidée" qu'allait lui faire le Maréchal de la caserne de Gray le lendemain. Visite, et sans doute entrée officielle chez les Guetteurs. Quelle perspective agréable, de quoi passer un magnifique week-end ! Elle regarda ses enfants, une moue résignée aux lèvres, puis les habilla pour la sortie. La grossesse, à sa grande horreur, lui avait laissé deux tailles de poitrine en plus, et sa robe était tendue, elle détestait ça. Selon Adrien, c'était très bien pour allaiter, mais comment on pouvait se battre convenablement ? C'était gênant, pour tirer.

Gabriella – Allez, c'est parti, dit-elle. Plus vite ce sera terminé...

Ils se rendaient dans un centre de loisirs, près du lac, un endroit aménagé par la mairie de Gray. Elle installa ses deux enfants dans leur couffin, pour qu'ils puissent dormir. Elle leur avait préparé de quoi boire et être à l'aise, mais n'avait rien préparé pour déjeuner elle-même. Elle avait l'appétit complètement coupé, depuis le début de la semaine, et serait incapable de manger quoi que ce soit. Elle observa les élèves qui s'installaient par petits groupes, pensive, répondant vaguement au salut que lui fuit Cyprien lorsqu'il se laissa tomber dans l'herbe à son tour. Elle songeait au lendemain, à ce qu'elle allait pouvoir faire obtenir des informations et repérer qui étaient ses alliés. Elle élaborait diverses stratégies, sans écouter ce qui se disait autour d'elle, regardant tour à tour chacun des jeunes. Former un plan, voilà son unique préoccupation du moment. Même les généraux ont des faiblesses, il faudra taper en plein cœur pour les atteindre. Le pouvoir peut être un jeu, et elle pouvait gagner si elle s'en donnait les moyens.

Oui... Il y avait toujours un moyen de parvenir à ses buts. Elle avait un plan, ne restait plus qu'à le mettre en pratique. Cette armée était comme un immense serpent à plusieurs têtes, dont certaines voulaient la mordre, et d'autres étaient prêtes à la soutenir. Après tout, là-bas, elle était certaine de ne pas tomber que sur des couards et des lâches qui tremblaient au moindre coup de tonnerre et qui en savaient rien ni de la loyauté, ni de la résistance. Elle peaufinait son plan lorsqu'elle vit Laura arriver vers elle en sautillant, l'arrachant à ses pensées. Mmh ? Qu'est-ce qui se passait, il y avait encore eu un problème ? C'était une habitude, maintenant. Mais elle espérait qu'aucun élève n'avait été assez idiot pour se jeter dans le lac sans savoir nager.

Laura – Je peux jouer avec Julieen ? Pitié, pitié, pitié ? Promis, je fais très attention !

Oh, c'était ça ? Elle hocha la tête, surveillant lorsqu'elle prit son fils dans ses petits bras et alla s'asseoir avec lui sous un arbre, à un mètre de là. Bon... Tant qu'elle faisait attention. Elle replongea dans la préparation de son plan, répondant parfois par monosyllabes à ce que lui racontait Cyprien. Ce qui compatit pour gagner, c'était le mental ! Tant qu'elle gardait une bonne volonté, elle pouvait s'en sortir. Elle n'était pas comme Alice, dont l'unique préoccupation actuelle était, visiblement, de jouer les femmes au foyer soumises et énamourées. Ridicule ! Mais bon, ce n'était pas pire que Sarah, qui était l'image parfaite de la gentille petite épouse souriant à son mari en lui bavant dessus, sous prétexte de l'embrasser. Comment faisaient-elles pour être aussi naïves et inconscientes ? On leur avait ôté le cerveau pour le remplacer par le guide de "Comment être une gentille mère au foyer" ? Elle secoua la tête, désespérée. Et on s'étonnait qu'elles aient laissé tomber ! En voyant ça, ce qui étonnait Gaby, c'est qu'elles n'aient pas laissé tomber plus vite.

Un autre cri la fit tout à coup sursauter et se redresser d'un bond, à moitié debout, prête à attaquer et se défendre, un éclair jaillissant violemment dans sa main droite. Elle s'arrêta net en voyant qui hurlait. Un pauvre imbécile de livreur de journaux qui criait "Enquête exclusive" ! Espèce deee.... Il se sentait obligé de faire ça, ce pauvre petit crétin d'imbécile de journaliste ?! Elle fit disparaître la foudre d'un geste sec du poignet et se rassit, le couvant d'un regard bien noir. Sérieusement, pourquoi s'amusait-il à hurler, si ce n'était pas pour le plaisir de mettre tout le monde en alerte ?! Elle souffla un grand coup pour se détendre, se répétant en boucle que tout allait bien, ses enfants étaient en sécurité, personne n'était blessée, l'école était entière. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, elle prit le journal d'un air peu amène, puis fronça les sourcils lorsqu'il balança que tout était véridique et certifié, puisqu'un "militaire avait suivi nuit et jour" pour cela. Plaît-il... ? Il courut alors pour quitter l'espace de loisir, alors qu'elle regardait le journal.

Gros titre : Ce qui fait que Gabriella de Lizeux est meilleure militaire que professeure !
Sous-titre : Grâce à un reporter militaire, de source sûre, dont nous allons taire l'identité pour des raisons évidentes de sécurité.

Ses mains se crispèrent violemment sur le journal alors q'elle fixait, la bouche grande ouverte, le titre qui s'étalait au-dessus d'une photo d'elle, en première page. Ils Avaient. Osé. Ils avaient fait tout un portrait la montrant comme une femme très dure, glaciale, qui ne souriait jamais, ne pensait qu'à son école, ne savait pas abandonner quand il le faudrait, avec un don qui terrorisait tout le monde... Elle lut l'article, la gorge sèche, sans se rendre compte que de très lourds nuages bien noirs se rassemblaient dans le ciel juste au-dessus d'elle, dans des grondements inquiétant. Ils avaient osé... Ils l'avaient vraiment fait ! Pire, ils l'avaient prises en photo à son insu pour leur fichu article ! Ils étaient... Ils parlaient aussi de l'orage qu'elle avait provoqué cette fameuse nuit. Elle éclata d'un rire cynique et brûlant, folle de rage.

Gabriella – Alors pour vous, cette nuit-là, c'était un orage, hein ?! s'écria-t-elle. Non mais je vais vous montrer ce que c'est, moi, un VRAI orage !

Elle jeta le journal dans l'herbe puis se leva d'un bon, sans tenir compte de toux ceux qu'elle terrorisait autour d'elle. Ils voulaient jouer au plus fin ? Voir qui avait le plus d'humour ici ? Elle leva le regard vers le ciel, prenant une grande inspiration, puis les nuages filèrent vers Gray, avant de s'arrêter juste au-dessus de la rédaction du journal. Un sourire de pour sadisme étira ses lèvres, et la seconde d'après, un éclair frappa brutalement le toit en fit de la charpie. Elle attendit que tous les journalistes sortent de leur locaux, hurlant de terreur, puis fit tomber le reste de la foudre sur le bâtiment, jusqu'au moment où il fut réduit en miettes. Une fois fait, les nuages se dissipèrent, et le soleil reprit ses pleins droits. Elle ramassa le journal, y jetant un coup d'œil. Un reporter militaire... Celui-là, il avait vraiment tout intérêt à ce qu'elle ne lui mette jamais la main dessus ! Elle se rassit avec un petit soupir, puis caressa la joue de la petite Aurore.

Gabriella – Tout va bien, ma puce, maman te protège.

Elle l'a pris dans ses bras, doucement, alors que tout le monde autour d'elle se secouait enfin. L'article devait au cœur de toutes les conversations... Elle s'ingénia à ne pas écouter, vérifiant que Laura tenait toujours le petit correctement, puis berça sa fille.

Gabriella – Si jamais je le retrouve, ce reporter, grinça-t-elle dans un murmure.

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Pique-nique au bord du lac   Mer 18 Fév - 18:11

Tous les ingrédients étaient pourtant réunis ! Il faisait un temps magnifique, le ciel était bleu, le soleil était jaune, les arbres étaient verts, le lac était bleu, la poussette de Wyatt était rouge, son sac à dos était marron, la jupe d'Alice était blanche, les lunettes de Grégoire étaient noires, son nouveau caleçon était orange, les cheveux de Gabriella étaient blonds, bref, tout allait pour le mieux ! Il avait préparé un super pique-nique, tous les élèves étaient joyeux, aucun militaire ne traînait dans le coin, la nuit avait été calme, l'eau du lac était assez chaude pour se baigner, personne n'était malade, les gamins de l'école couraient déjà dans l'herbe, tout allait bien ! Alors pourquoi, pourquoi, POURQUOI Gaby restait aussi tendue ?! Il la regarda avec un air totalement désespéré, priant le ciel pour qu'elle accepte de se détendre, de respirer, de souffler, de profiter un peu de cette journée, comme tout le monde, ce n'était quand même pas si compliqué ! Tout le monde se détendait ! Même Adrien s'endormait sur la jupe de sa femme, même Kimmitsu s'était mis plus à l'aise ! Alors pourquoi pas elle, hein ? Le pensionnat n'allait pas s'effondrer si elle le quittait cinq minutes du regard ! Et aucun élève n'allait disparaître non pluuus !

– Gaby ? tenta-t-il.

Il n'était pas sûr qu'elle l'écoute, mais il lui fit tout de même la conversation, tout en déjeunant. A un moment, la petite Laura vint sautiller près d'eux, puis prit Julien dans ses bras pour aller jouer avec lui plus loin. Allez, fillette ! Lui s'occupait de sa mère. Qui semblait encore moins réceptive que d'ordinaire à tous ses efforts de drague, pourtant consistant, qu'il déployait avec ardeur. Il aurait pu tout aussi s'adresser à une poignée de porte avec le même résultat... Mais il n'abandonnera pas ! Sauf qu'elle ne réagissait à... rien. Elle lui répondait parfois, mais sans plus. Ne pas se décourageeer ! A un moment, il prit la petite Aurore dans ses bras, voyant qu'elle s'était réveillée à son tour, puis joua avec elle, tout en discutant avec la jeune maman. Mais la fille était bien plus réceptive et souriante que la mère... Rah, allez, on y croit ! Redéposant la petite lorsqu'elle plongea à nouveau dans la somnolence, il se rapprocha de Gaby, tout sourire, et se mit à lui déclamer quelques mots doux. Qui la laissèrent de marbre. Booon.... Elle ne devait l'écouter que d'une oreille.

Il tenta une autre approche, après avoir soufflé un grand coup. Aujourd'hui, il ALLAIT réussir ! Personne ne prêtait attention à eux. Aurore dormait à moitié, la main serrée sur sa peluche. La petite Laura avait pris Julien, bien plus réveillé, mais avait eu la bonne grâce de filer plus loin et de leur foutre la paix, assise contre un arbre. Ils étaient tranquilles, ils pouvaient discuter ! En plus, elle était divorcée, et toute l'école était déjà au courant qu'il en pinçait pour elle. Donc pourquoi se gêner ? Allez, on oublie un peu les élèves, ils pouvaient survivre seuls un après-midi une journée ensoleillée au bord d'un lac à s'amuser ! Hein ? Gaby ? Aucun parasite dans le coin, ils pouvaient... Il s'approchait pour déposer un baiser très délicat sur sa joue lorsqu'un imbécile de coursier arriva tout à coup en beuglant, des journaux sous le bras, ce qui fit aussitôt bondir l'amour de sa vie. Raaaaah....

Il se rassit correctement, avec un immense soupir, pendant que le petit jeune donnait son édition. Il avait tout gâché ! C'était pas vrai ! Il attrapa son journal avec une moue agacé, secouant la tête. Décidément, tout le monde s'était ligué pour lui pourrir son plan drague, aujourd'hui ! Il jeta un coup d'œil au journal. Oh, Gaby ! Oh, le titre... Le... Aïe. Danger. mauvais. Fuir. Il écarta aussitôt le berceau d'Aurore, alors que Kimmitsu et Adrien s'étaient eux aussi redressés d'un bond. Il pâlit en voyant l'air de Gabriella, la connaissant assez pour sentir le degré de rage qui montait, montait, montait. Il s'empara d'Aurore et s'écarta un peu plus avec elle, alors que sa mère éclatait de rire, avec l'air de celle qui s'apprête à mettre le feu à la planète toute entière.

– Alors pour vous, cette nuit-là, c'était un orage, hein ?! s'écria-t-elle. Non mais je vais vous montrer ce que c'est, moi, un VRAI orage !

Eh, oh, non, personne n'avait envie de voir ça ! Il grimaça lorsqu'elle se leva, compatissant vraiment pourquoi, là, pour ceux sur qui allait tomber la foudre. Ce genre d'article était immonde, ça oui, mais là... Il garda la petite dans ses bras tout le temps que dura l'apocalypse, regardant le bâtiment être réduit en miettes avec des yeux ronds. Elle avait conscience de la puissance qu'il fallait déployer pour obtenir un résultat comme ça ... ? Il remit Aurore dans le couffin, ébahi, à genoux dans l'herbe. D'un coup, ses deux dons, la terre et l'eau, lui semblaient bien ridicules. Bon, bon, voilà qui était fait. Elle avait anéanti un bâtiment de trois étages à elle seule en quelques minutes, tout à fait normal, quoi. Il la regarda soupirer et se rasseoir, prenant sa fille dans les bras. Ça va mieux ? Il jeta un coup d'œil au journal incriminé, haussant les sourcils. Ceux qui avaient fait imprimer ce truc ne tenaient décidément pas à la vie. En plus, ils l'avaient encore plus énervé ! Comment il faisait, lui, pour la draguer, si tout le monde persistait à venir lui gâcher la fête ?

– Tout va bien, ma puce, maman te protège.

Il préféra ne pas faire de commentaires lorsqu'elle ragea contre l'auteur de l'article, pas la peine de rajouter de l'huile sur le feu. Il attendit qu'elle se calme un peu, puis qu'elle repose sa fille. Il s'apprêtait à se rapprocher de nouveau lorsque la petite Laura courut vers eux, Julien dans les bras, ce qui faillit lui arracher un gémissement de désespoir. Mais zut, quoi, de l'air ! Il se laissa retomber dans l'herbe, ruminant son désespoir. Qu'on les laisse seuuuuls ! Fort heureusement, le passage de la gamine ne dura pas longtemps, et cela eut même le mérite de faire sourire Gaby, quand elle vit son fils. Voilà, c'est bon, il pouvait y aller, là ? La gamine Karinof fila de nouveau, avec le petit. Ah, bien ! Plus d'enfants dans les pattes, on allait pouvoir passer aux choses sérieuses ! Il alla donc se rasseoir juste à côté de Gaby avec un très grand sourire, et lui posa une main sur l'épaule. Elle lui jeta un regard fatigué, comme si elle se demandait ce qui allait encore lui arriver. Mais tout va bien, on se détend ! Il jeta le journal par-dessus son épaule, puis lui sourit de plus belle, dévoilant ses dents extra-blanches, spécial dentifrice du matin.

– Ne t'en fais pas, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, ça ne changera rien ! Moi, je t'aime comme tu es !

– Mais je n'ai pas besoin d'être réconfortée, tu sais, ça va très bien ! Tout ce que je veux, c'est retrouver ce pauvre imbécile de reporter et lui arracher la tête ! Tu as vu ce qu'il a écrit ?! J'en ai assez, ça fait des mois qu'ils font ce genre d'articles ! Même maintenant, ils continuent !

Il faillit lever les yeux au ciel, souriant néanmoins. Qu'est-ce qu'elle pouvait être tendue ! Mais soit... Il l'enlaça tout à coup, sans tenir compte de son sursaut, puis l'embrassa à pleine bouche devant tout le monde, la gardant tout contre lui dans ses bras, et la couchant à moitié dans l'herbe, dans un magnifique geste de film très romantique, digne des plus grands. Il ferma les yeux, la serrant contre lui, alors que la plupart des élèves se mettaient à applaudir. Il sourit tout en continuant de l'embrasser et la câliner, la gardant dans ses bras, cherchant à la détendre jusqu'au plus profond d'elle-même. Il se redressa au bout d'un moment, la gardant contre lui, alors qu'elle était devenue cramoisie. Il avait réussit ! Il l'embrassa à nouveau, plus heureux que jamais, la tenant dans ses bras comme s'il venait de gagner le plus beau trésor du monde, puis s'écarta de quelques centimètres, le souffle court, puis l'embrassa dans le cou, souriant, les yeux fermés. Il avait tant attendu ce jour...

Il s'écarta enfin, rajustant sa chemise, puis courut jusqu'à son sac avant de revenir se jeter à genoux près d'elle, dans l'herbe, attendri alors qu'il la voyait légèrement décoiffée et baignée par le soleil. Il lui présenta la petite boîte noire qu'il gardait toujours avec lui depuis des mois et l'ouvrit devant elle, dévoilant une bague, alors que le plus grand silence s'était fait.

– Gabriella Aurore Line de Lizeux, je vous aime et je veux passer le reste de ma vie avec vous, vous aimer, vous combler, être le père de vos enfants. Voulez-vous m'épouser ?

Tout le monde les fixait, dans un silence parfait, avec seulement le bruit des oiseaux. Elle devint encore plus rouge, les yeux brillants, puis hocha la tête, murmurant un "Oui" qui le remplit de joie. Il prit sa main en tremblant comme une feuille, lui passa la bague à son doigt, puis se leva, l'entraîna avec lui, puis la souleva et al fit tourner avec lui en la soulevant, avec un rire de joie, avant de s'écrouler dans l'herbe avec elle, sans la lâcher pour autant. Il y eut tout à coup un tonnerre d'applaudissement, et il rougit à son tour, souriant, tenant toujours sa fiancée contre lui, ne pouvant se résigner à la lâcher. Il allait se marier... Enfin ! Avec elle ! Il se redressa puis l'embrassa à nouveau, avec la tête qui tourne, la gardant sur ses genoux. Cette journée était formidable ! Il ne pouvait plus se résoudre à la lâcher. Même la petite Laura faisait applaudir Julien, avec un large sourire.

– Reste détendue, au moins aujourd'hui, murmura-t-il à son oreille. Profite de cette journée.

La bonne ambiance et bonne humeur était revenue. Des élèves filaient vers le lac pour aller se baigner. Il eut un petit rire, nichant le nez dans le cou de sa future femme, puis se redressa.

– Allez, c'est l'heure des jeux dans l'eau !

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