1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Par la force des choses

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Par la force des choses   Lun 9 Fév - 23:46

La voiture passa les grilles du Pensionnat et s'arrêta près des deux immenses portes de l'école. Le Maréchal descendit avec nonchalance, jetant un regard vers les deux bâtiments, côte à côte, l'école et le lieu de vie des ces gamins. Il avait lu beaucoup de livres sur cet endroit... L'école était ancienne, très réputée pour la qualité de l'enseignement, de l'entraînement offert aux élèves, et pour son côté très Catholique. Uniforme obligatoire, messe tous les matins, en plus de celle du Dimanche, cours de latin et de catéchisme. Pour un athée tel que lui, voir cela était ridicule. Comment traiter avec une personne qui ne craint que Dieu et ne vit que pour obtenir la paix éternelle et une meilleure vie das l'au-delà ? C'était d'un ridicule... Ces gens-là ne faisaient rien pour améliorer la qualité de la vie sur terre, ils se contentaient de prier à genoux dans la poussière une utopie du ciel en espérant gagner une place au Paradis. A quoi baver dans le vent en s'adressant à un ciel vide de toute trace divine ? Souvent, on l'avait menacé de la malédiction de Dieu. mais quel "Dieu" était déjà venu le frapper, lui, Albert Jason Bradley ? Si ses ennemis désiraient le châtier, qu'ils s'en chargent eux-même, au lieu d'attendre un quelconque jugement divin.

Il entra comme s'il était maître des lieux, très tranquillement, marchant à son rythme, les mains derrière son dos, dans l'attitude de l'homme qui n'a rien à craindre. Il n'était guère venu ici pour arrêter qui que ce soit. Seulement pour respirer l'ambiance, faire un peu de repérage, et regarder ses adversaires bien en face, mémoriser leurs visages. Une guerre se menait autant sur le plan mental que sur le terrain, armes à la main. Il grimpa les escaliers, passant dans les couloirs du premier étage. Tous ces jeunes, assis sur ces bancs pour étudier... La plupart d'entre eux pouvaient être utiles. D'autres ne serviront jamais à rien, et resteront de petits civils, qu'il faudra protéger. Le bon peuple de France, toujours à s'agiter pour peu de choses. Il poursuivit sa route, salué par les patrouilles. Il grimpa ensuite au second étage, et vint à la salle d'entraînement. Celle qu'il était venue voir s'y trouvait avec un groupe d'élèves. Il resta dans l'ombre du couloir, observant ce qui se déroulait à l'intérieur, par cette porte ouverte, sans doute pour laisser passer un peu d'air. Il faisait très chaud depuis quelques jours. Il l'observa, elle, plus particulièrement. Il s'était renseigné, avait mis des espions et enquêteurs sur cette affaire.

Toujours connaître son ennemi avant de l'affronter.

Il avait pu récupérer des photos d'elle dès son plus jeune âge, en passant par l'adolescence, puis aujourd'hui. Des photos qui la montraient, bébé, dans les bras de sa mère, entourée par son père et deux jeunes garçons, qui devaient être ses frères. Des photos la dévoilant petite fille, puis écolière. Des photos la montrant lors de son premier jour dans cette école, et adolescente, diplômée. Jeune femme, enseignante. Aux côtés de l'ancien directeur. Promue à son tour dans son nouveau bureau. Des photos de son mariage. Des photos d'elle, plus récentes, avec deux bébés dans les bras, mère à son tour. La petite fille avait bien grandi. Il avait récupéré tout ce qu'il avait pu sur elle, par la reproduction de documents, ou le vol : papiers, affaires scolaires, notes personnelles, ainsi que les articles de journaux qui la mentionnaient. Il s'était construit une image mentale de cette femme, qu'il comptait confronter à la réalité. C'était une femme que l'on pouvait facilement remarquer. Indépendante, courageuse, avec un don puissant. Pour lui, plus qu'une femme, elle était surtout une arme. ne arme à très fort potentiel, qu'il voulait recruter.

Il attendit que le cours se termine et que les élèves sortent. Une fois fait, il revint à la lumière du jour et arrêta la directrice lorsqu'elle sortit à son tour, la dévisageant. Il ne la sous-estimait guère, bien qu'elle soit une femme. Elle avait déjà montré l'étendu de ses pouvoirs, n'était pas manipulable, et avait déjà pu pousser bien des personnes à la suivre aveuglément.

– Puis-je me permettre de vous déranger ? dit-il d'un ton affable avec un léger sourire. Je voudrais prendre un peu de votre temps. je suis le Maréchal Albert Bradley, ravi de vous rencontrer.

Peu importe qu'ils n'aient qu'une conversation stérile qui ne mènera à rien. La convaincre aujourd'hui n'était pas son but, et il en cherchait pas non plus une conversation construite et nourrie. Il voulait juste l'observer en détail, "tâter le terrain" s'il pouvait se permettre cette expression. Il suivait le même principe depuis le début. "Pour piéger ton adversaire, parle sa langue, aime ce qu'il aime, déteste ce qu'il déteste. Ainsi seulement tu le comprendras et tu pourras pénétrer au plus profond de son âme."

– Notre présence ici ne vous convient pas, mais vous n'y voyez aucune opportunité. C'est assez dommage, nous pourrions avoir beaucoup à nous offrir, mutuellement. Beaucoup à offrir à ces jeunes.

Il indiqua les petits groupes qui sortaient à présent des salles de classe, sans doute pour aller déjeuner. Des jeunes qui ne représentaient rien à ses yeux, sauf certains qui étaient des recrues potentiels pour les guetteurs d'Etat. Les autres n'étaient que des civils dont il oubliait jusqu'à l'existence.

– Je ne vais guère vous reprocher de ne pas avoir pliée comme la plupart de vos collègues, je savais que vous ne le feriez pas. Pas de cette manière, toutefois. Mais savez-vous ce qui arrive véritablement aux personnes rejoignant notre groupe ? En avez-vous une idée ? Savez-vous pourquoi nous l'avons mis en place ?

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Mer 11 Fév - 11:41

Gabriella – Faites un peu attention, vous allez vous blesser !

Elle eut un grand soupir, croisant les bras, alors que son élève rougissait. Elle n'avait pas encore repris ses cours, Adrien jugeant que c'était encore trop tôt, mais elle avait recommencé à superviser quelques séances d'entraînements, pour les plus âgés. Les dernières année, les terminales, ceux qui passaient leur bac en Juin et qui allaient quitter définitivement les bancs de Ste Famille. A leur grand soulagement, comme elle le sentait bien... Mais qui pourrait le leur reprocher ? Ils voulaient tous ou travailler ou continuer un peu leurs études, avoir une famille stable... Une vie normale, somme toute, loin de tous les soucis que rencontrait l'école depuis le début de l'année, loin de tout ce bordel. Elle aimerait pouvoir les imiter, parfois, se dire qu'elle aussi pourrait partir pour de bon, à l'autre bout de la France, avec ses enfants, et les élever dans un coin tranquille, être une femme au foyer comme il y en avait tant, en France, et ne se préoccuper de rien d'autre que de l'avenir de son fils et de sa fille, vivre comme si rien ne menaçait le pays.

C'était impossible, bien sûr.

Après cette séance, elle comptait aller chercher ses enfants à la garderie et partir avec eux dans une promenade à Gray et sur les chemins qui entouraient le village et le lac. Elle avait acheté une nouvelle poussette, pour les installer tous les deux, et attendait avec impatience d'aller marcher au soleil, avec eux, et personne d'autre. Un instant de clame, pour réfléchir, et remettre ses idées en ordre. Elle n'y parviendra si elle restait dans son bureau ou dans on appartement du pensionnat. Alors que dehors, en pleine campagne, rien ne pourra lui rappeler les problèmes actuels de l'école, elle pourra se poser et prendre son temps. Le pensionnat n'allait pas prendre feu si elle partait une heure ou deux, après tout, et elle avait confiance en Kimmitsu, il saura réagir si vraiment un autre problème – histoire de changer un peu... – se présentait. Juste une petite pause, près du lac, avec ses enfants, elle n'en demandait pas plus.

Elle ne cessait de repenser à ce que lui avaient dit les deux coéquipiers du Colonel, en début de semaine. Elle en avait parlé à ses alliés restants, et avait voulu contacter sa famille, mais y avait renoncé. Les militaires auraient bien été capables de mettre sa ligne sur écoute, après tout. Elle savait déjà ce que sa mère lui aurait répondu, de toute façon. "Si cela garantit ta sécurité, accepte de plier !". Comme si c'était facile à faire ! Ses parents s'inquiétaient beaucoup trop pour elle, bien qu'ils aient toutes les raisons de le faire. Parfois, oui, il lui prenait l'envie d'essayer, mais beaucoup de détails la freinait encore. Par exemple, ne pas savoir ce que sera exactement sa vie par la suite, ni si elle pourra poursuivre son travail à l'école. Et vers qui se tourner pour se renseigner ? Elle ne connaissait aucun des militaires qui avaient intégré les Guetteurs d'Etat, et se voyait mal se présenter à la caserne pour obtenir des renseignements. La cloche sonna tout à coup, et elle fit signe à ses élèves qu'ils pouvaient partir.

Elle quittait la salle lorsqu'une silhouette se détacha tout à coup du mur et se mit sur sa route. Elle n'eut que le temps de voir un uniforme avant de lever la tête, tombant sur un visage dur et vieillissant. Adieu, sa soirée tranquille... Ils ne pouvaient pas la laisser tranquille plus de cinq jours à la suite, non, c'était vraiment trop demandé ?! C'était pour quoi, cette fois ? Et qui était ce type ?

Bradley – Puis-je me permettre de vous déranger ? dit-il d'un ton affable avec un léger sourire. Je voudrais prendre un peu de votre temps. Je suis le Maréchal Albert Bradley, ravi de vous rencontrer.

Le Maréchal, rien que ça ! Quel honneur, le chef de l'armée en personne qui se déplaçait pour lui parler, elle était censée être flattée, là, non ? C'était comme si elle entendait à nouveau le sous-lieutenant lui sortir qu'elle était l'ennemie numéro une de l'armée. Bon, il était venu l'arrêter ou la manipuler, cette fois ? C'était peut-être sa chance d'en apprendre un peu plus... Elle était une ennemie, mais ils voulaient aussi faire d'elle un membre de leur foutue unité spéciale. Pourquoi ne pas en profiter ?

Bradley – Notre présence ici ne vous convient pas, mais vous n'y voyez aucune opportunité. C'est assez dommage, nous pourrions avoir beaucoup à nous offrir, mutuellement. Beaucoup à offrir à ces jeunes.

Il fit un signe en direction des élèves qui quittaient les salles de classe, alors qu'elle retenait une moue furieuse et dégoûtée. Beaucoup à offrir à ces jeunes, elle n'en doutait pas une seconde, surtout si cela concernait la violence, les blessures, et elle en passait. Qu'est-ce qui la retenait d'étriper ce type d'un bon coup d'éclair et de foudre, déjà ?! Ah, oui, elle devait obtenir des informations... Tss. Elle contint la colère qui montait, la ravalant au plus profond de son cœur.

Bradley – Je ne vais guère vous reprocher de ne pas avoir pliée comme la plupart de vos collègues, je savais que vous ne le feriez pas. Pas de cette manière, toutefois. Mais savez-vous ce qui arrive véritablement aux personnes rejoignant notre groupe ? En avez-vous une idée ? Savez-vous pourquoi nous l'avons mis en place ?

Elle haussa légèrement les sourcils. Ah, s'il venait lui parler de cela lui-même, c'était parfait ! Elle n'aura pas besoin de trouver un stratagème pour amener cette histoire sur le tapis. Sa simple présence suffisait déjà à lui taper sur le système, alors une conversation trop longue et détournée, elle doutait de pouvoir le supporter, du moins pas très longtemps.

Gabriella – Comment pourrais-je le savoir, sachant que je n'en fais pas parti ? dit-elle avec un vague geste de la main. Tout ce que je sais, c'est que vous cherchez à vous préparer pour la guerre. Les journaux ont beau essayer de pondre des articles rassurants, tout le monde connaît le risque d'une autre guerre mondiale. En tant que chef des armées, vous ne pouvez pas ignorer ça, et des mesures sont à prendre pour que la France soit prête le moment venu.

Elle était au moins d'accord sur ce point, bien que les méthodes utilisées lui répugnent, et réussit à faire un sourire normal, voire encourageant. Que la France doive se tenir prête, elle ne pouvait qu'être d'accord. Mais utiliser le chantage, la force, le lavage de cerveau, et la manipulation, cela, non, elle ne pouvait pas le cautionner. Encore moins que l'on se serve des personnes comme des cobayes de laboratoire pour augmenter artificiellement la puissance de leurs dons !

Gabriella – Je comprend que certaines choses soient nécessaires... Mais j'ignore ce que vous fichez véritablement avec votre unité, ni la façon dont vivent les personnes en faisant parti. Et je ne vous cache pas que cela contribue à améliorer les rumeurs les plus affreuses, comme celles sur la torture et la manipulation.

Elle s'appuya contre le mur, près de la porte, bras croisés contre sa poitrine. Il la dominait d'une bonne tête, et elle était agacée de devoir lever les yeux pour lui parler.

Gabriella – Ne devriez-vous pas faire en sorte de dissiper ces rumeurs ?

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Mer 11 Fév - 13:36

– Comment pourrais-je le savoir, sachant que je n'en fais pas parti ? dit-elle avec un vague geste de la main. Tout ce que je sais, c'est que vous cherchez à vous préparer pour la guerre. Les journaux ont beau essayer de pondre des articles rassurants, tout le monde connaît le risque d'une autre guerre mondiale. En tant que chef des armées, vous ne pouvez pas ignorer ça, et des mesures sont à prendre pour que la France soit prête le moment venu.

Pas idiote, celle-là... Il savait qu'elle avait dans le cerveau, elle ne serait pas parvenue à cette place, sinon, mais le sujet semblait la toucher. La sécurité de la France était une chose que personne ne pouvait se permettre d'ignorer ! Ce pays qui était le leur, ils devaient tous être prêts à de nombreux sacrifices afin de le protéger et de le voir grandir. Le patriotisme devait être dans le cœur de chacun, et élever chaque personne afin qu'elle se dresse devant sa nation pour la préserver. Voilà pourquoi étaient nés les Guetteurs ! Il en était fermement convaincu, et comptait porter son idée aussi haut qu'il le pourra. Mais pour cela, pour accomplir ses objectifs, il devait recruter les personnes qui sauront utiliser et manier la puissance dont la France avait besoin. Oui, une autre guerre approchait. Peut-être encore plus terrible et meurtrière que la précédente, mais ils ne se laisseront pas abattre. Ce pays traversa ce fleuve de sang, porté par un pouvoir que personne d'autre ne pourrait manier. Que cette femme en prenne bien conscience. Peu importe les moyens utilisés, peu importe ce qui sera produit, peu importe le nombre de personnes qui seront enrôlées de force, peu importe les méthodes, tout sera bon afin d'atteindre leurs objectifs. Ainsi, lorsque la guerre éclatera, ils seront prêts.

Les dons pouvaient servir. Ils pouvaient trouver les personnes plus plus puissantes, les former, les entraîner, augmenter encore leur puissance, et les mettre au service de la nation. Entrer dans le groupe lorsqu'on vous en donnait la chance n'était pas un droit, c'était un devoir. Et cette femme finira par le saisir ! La nature lui avait offert un pouvoir qui dépassait l'entendement, un pouvoir qu'elle avait perfectionné avec le temps. Ne comprenait-elle pas l'opportunité qui se dressait à portée de ses mains ? Elle pourrait devenir plus puissante et encore, et ne plus protéger seulement cette école, mais la France toute entière. Elle, et d'autres, qui viendront grossir ces rangs. Leurs rangs. La perspective de la guerre ne devait guère les effrayer. Un Guetteur d'Etat était un citoyen ordinaire, mais si l'armée l'appelait, il devait tout quitter pour servir la France. Tel était leur Devoir.

– Je comprend que certaines choses soient nécessaires... Mais j'ignore ce que vous fichez véritablement avec votre unité, ni la façon dont vivent les personnes en faisant parti. Et je ne vous cache pas que cela contribue à améliorer les rumeurs les plus affreuses, comme celles sur la torture et la manipulation.

Elle s'appuya contre le mur, croisant les bras. Des rumeurs affreuses, n'est-ce pas ? Il eut un mince sourire, se retenant d'hausser les épaules. Qu'elles courent donc, les rumeurs ! Il se moquait bien que le peuple ne comprenne pas son action. Le peuple d'un pays n'avait pas à comprendre ni même à connaître ce qu'entreprenait l'armée pour le protéger. Au contraire, s'il restait dans l'ignorance, nul temps ne sera perdu à fournir des explications ou à justifier l'emploi de certaines méthodes qui ne seraient pas comprises. L'armée de ce pays se devait d'être forte et de ne pas plier, coûte que coûte, quoi qu'il arrive. Idée utopique ? Irréalisable ? L'Impossible n'existait pas, à ses yeux. Tout pouvait être réalisé si on y mettait tout son cœur et son âme. La vie personnelle, la famille, les amis, tout cela était relégué au second plan, seule restait le Devoir. La Loyauté envers une cause.

– Ne devriez-vous pas faire en sorte de dissiper ces rumeurs ?

– Qu'importe ce qu'on puisse en penser ? dit-il en s'approchant de la fenêtre, près d'eux, jetant un regard dans le parc où sortaient les élèves.

Le peuple pouvait biens 'agiter de toutes les façons qu'il le voulait et inventer Dieu sait quelles rumeurs, il n'en avait cure. Ce n'était qu'une distraction, et il avait bien autre chose à penser. L'intégrité de la France, cela seul comptait pour lui. Chantage, torture, manipulation ? Soit, s'il le faut, oui ! Il retourna la tête vers la directrice, toujours planté près de la fenêtre qui laissait le soleil remplir le couloir.

– Chaque personne faisant partie de cette unité continue d'exercer une vie normale, si ce n'est qu'elle doit se rendre chaque jour à la caserne pour s'y entraîner, et souvent lors des week-end. Durant ces moments, elle porte un uniforme, comme n'importe quel soldat. Lorsque la guerre éclatera, ces personnes seront en première ligne, à défendre leur patrie !

Il avait dit cela d'une voix forte, convaincu de parler et d'agir pour le bien de son pays. Que cela passe par le déni des libertés personnelles n'était qu'un détail mineur qu'il chassait de son esprit.

– De forts privilèges leur sont octroyés. Une place importante au sein de l'armée. Un salaire on ne peut plus confortable. Une protection, également. L'armée veille au confort et à l'intégrité des membres de cette unité. Chacune de ces personnes pourra également augmenter la force de son don, grâce à nos chercheurs et médecins qui travaillent chaque jour pour cela.

Il revint vers la directrice, toujours avec une allure sévère et rigide, la regardant de haut en bas, puis un mince sourire vint flotter sur ses lèvres.

– Vous savez que nous vous voulons dans cette unité. Venez de votre propre chef, cela vous évitera bien des souffrances... Par ailleurs, montrer cette bonne volonté vous permettrait d'en retirer des avantages. Nous pouvons vous libérer de votre mariage imposé, et vous offrir une place de choix au sein du groupe.

Il s'approcha encore d'un pas, se retrouvant à quelques centimètres d'elle, la fixant droit dans les yeux.

– Vous nous rejoindrez. De gré ou de force. Acceptez une main tendue qui vous permettra de gagner en liberté et en privilèges. Ou attendez-vous à ce que cette main vous enserre pour vous lier à jamais.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Jeu 12 Fév - 13:17

Bradley – Qu'importe ce qu'on puisse en penser ?

Il avait avancé jusqu'à la fenêtre, alors qu'elle le suivait du regard, silencieuse. Donc il se moquait des rumeurs ? Pourtant, cela ternissait l'image de l'armée, encore plus dans la population et les journaux. Comment pouvait-il espérer gagner le soutien de la population s'il se comportait ainsi ? Enfin... Ce que pouvait bien penser le peuple Français n'avait sans doute aucune importance pour lui. L'armée avait pris une très grande place, dans ce pays, et l'avis de cet homme valait sans doute plus que l'avis du Président lui-même. A vous faire vomir ! La France était en train de devenir un Etat militaire... L'engrenage était fermement lancé, elle ignorait comment y mettre un terme. Ou si on pouvait seulement y faire quelque chose. Pour cela, il fallait du pouvoir. Elle retint une grimace, revoyant le lieutenant et son équipier lui dire qu'elle pourrait le faire. Facile à dire... Il tourna à nouveau la tête vers elle, sans qu'elle bouge pour autant. Elle était comme face à un fauve, tout mouvement pourrait être mal interprété et déclencher un combat. mais elle avait une chance de gagner. Depuis son agression par des militaires, alors qu'elle était enceinte, elle gardait toujours une arme sur elle. Sans compter son don. Ce type, lui, avait aussi une arme, mais il était plus âgé. En combat singulier, elle pourra tenir.

Bradley – Chaque personne faisant partie de cette unité continue d'exercer une vie normale, si ce n'est qu'elle doit se rendre chaque jour à la caserne pour s'y entraîner, et souvent lors des week-end. Durant ces moments, elle porte un uniforme, comme n'importe quel soldat. Lorsque la guerre éclatera, ces personnes seront en première ligne, à défendre leur patrie !

Elle haussa un sourcil. Alors voilà à quoi servait ce groupe ? Devenir de la chair à canon pour les batailles les plus atroces que pourra engager l'armée ? Elle imagina des personnes fermer leurs magasins ou quitter leurs lieux de travail, puis rentrer chez elles, enfiler un uniforme, et partir pour la caserne. Quelle douce perspective... Elle qui pensait que c'était une vie à plein temps dans la caserne. Mais bon, les membres de cette unité ne faisaient pas parti de l'armée régulière, c'était quelque chose "en plus". Considérés comme soldats, mais dans une branche annexe à l'armée ordinaire et à son fonctionnement.

Bradley – De forts privilèges leur sont octroyés. Une place importante au sein de l'armée. Un salaire on ne peut plus confortable. Une protection, également. L'armée veille au confort et à l'intégrité des membres de cette unité. Chacune de ces personnes pourra également augmenter la force de son don, grâce à nos chercheurs et médecins qui travaillent chaque jour pour cela.

Elle se crispa lorsqu'il se rapprocha à nouveau d'elle. Elle ne masqua pas le dégoût qu'elle avait face à lui et à ce qu'il lui disait. Un bon salaire et une protection ? Ce groupe était donc bel et bien un rassemblement des petits chiens de l'Etat, obéissants, embrigadés, et devant se soumettre à tout ce qu'on leur disait. Plus aucune liberté, une vie réglée, contrôlée, des pouvoirs utilisés sans honte. Un groupe d'armes humaines, voilà de quoi il s'agissait ! D'autres y verraient aussi une prison dorée. On vous offre une protection, de l'argent, des privilèges, et en échange, vous accepter de perdre votre humanité pour devenir des armes au service de l'armée. Sans oublier ces "médecins" qui pourront travailler sur eux et leurs pouvoirs. Il sourit, d'un coup, et elle sentit encore moins bien la suite de cette petite conversation. Il n'était pas venu jusqu'ici pour le simple plaisir de discuter... La tuer n'était visiblement pas au programme, donc la capturer ?

Bradley – Vous savez que nous vous voulons dans cette unité. Venez de votre propre chef, cela vous évitera bien des souffrances... Par ailleurs, montrer cette bonne volonté vous permettrait d'en retirer des avantages. Nous pouvons vous libérer de votre mariage imposé, et vous offrir une place de choix au sein du groupe.

Il voulait l'appâter ? Ou lui faire croire qu'elle n'avait rien à perdre et tout à gagner en se laissant avoir ? Au moins, il avait le mérite de lui dire très clairement ce qu'il voulait. Il espérait vraiment qu'elle se laisse faire comme cela ? Mais elle le devait... Si elle voulait avoir une véritable chance d'agir. Tss... Elle se sentait piégée, acculée, forcée de devoir céder à ce qu'elle avait toujours combattu jusqu'ici. La recruter, elle ! Ils n'avaient pas les yeux en face des trous, que pouvaient-ils trouver d'intéressant chez une directrice d'école ?! Elle ne pensait pas représenter une si grande menace. Elle n'avait presque plus d'alliés, la France leur avait tourné le dos, et elle était encore très fatiguée de son accouchement et de ses débuts en tant que mère. Oui, il y avait son don, mais elle n'en avait pas fait souvent une arme de guerre, hormis la nuit de ce fameux orage. Bradley la collait quasiment, et elle dû se retenir de toutes ses forces de ne pas lui jeter son pouvoir avec rage, elle aurait été plus que ravie de faire un gros trou dans ce corps ! Il paiera ainsi pour tous les autres.

Bradley – Vous nous rejoindrez. De gré ou de force. Acceptez une main tendue qui vous permettra de gagner en liberté et en privilèges. Ou attendez-vous à ce que cette main vous enserre pour vous lier à jamais.

Gabriella – Ça a au moins le mérite d'être clair, grinça-t-elle d'une voix glaciale. Ou je viens de moi-même, ou vous m'y traînez de force, somme toute ? Mais vous avez des conditions intéressantes...

Elle gardait les bras croisés, plus pour former une barrière entre elle et lui que pour montrer qu'il ne l'impressionnait pas. Si elle devait jouer le jeu... Autant lui faire croire que certains points de son argumentation avaient fait mouche. L'idée d'être libéré de son mariage avec François était tentante, mais 'il n'y avait pas la possibilité de pouvoir agir, ne serait-ce qu'un peu, pour le bien de la cause, elle refuserait tout net. Elle fit un gros effort de volonté pour dissiper toute colère et calmer les battements frénétiques de son cœur. Ce n'était pas le moment, elle devait garder la tête froide te réfléchir. Ce "choix", si on pouvait l'appeler comme ça, la mettait sur les nerfs.

Gabriella – Et que ferais-je exactement, dans ces moments où je serais avec vous ? Vous n'êtes pas très clair, là-dessus... Je ne dis pas que vous avez éveillé ma curiosité, mais avant de vous dire si je vais me battre ou non contre l'idée d'intégrer votre groupe, il me faut plus de précisions !

Elle savait parfaitement qu'elle jouait avec le feu, mais qui ne tente rien n'a rien, comme on dit.

Gabriella – Dites-en un peu plus.

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Jeu 12 Fév - 18:14

– Ça a au moins le mérite d'être clair, grinça-t-elle d'une voix glaciale. Ou je viens de moi-même, ou vous m'y traînez de force, somme toute ? Mais vous avez des conditions intéressantes...

Il retint un sourire. Au moins, elle était capable de réfléchir un peu, il s'était attendu à ce qu'elle ne cède pas directement. La traîner de force à la caserne ne lui posera aucun problème de conscience, elle devait bien s'en douter. L'important restait l'honneur et la puissance de la France, et au diable les libertés individuelles. A présent, il fallait qu'elle prenne en compte tous les paramètres de sa situation. Elle était piégée, et pouvait retourner cela dans tous les sens, le résultat sera le même. Une fois entre leurs mains, plus qu'une arme humaine, elle deviendra aussi un atout dont ils pourront user. Officialiser le pouvoir qu'elle détenait déjà pour retourner la situation à leur avantage. Beaucoup l'admiraient, au sein de la population, mais il n'était pas sans ignorer que beaucoup, au sein de l'armée elle-même, voulaient aussi l'aider et la soutenir. En entrant dans l'armée, ils pourront à la fois calmer tout le monde, mais aussi commander vers leur objectif tous ceux qui se mobilisaient derrière elle. Il n'y avait que des avantages. Peu importe qu'elle mette du temps à accepter ce qu'elle était devenue et ce qu'elle devait faire. Plus une personne est puissante, plus elle est proche du pouvoir réelle de l'armée, et plus on peut contrôler le moindre des faits et gestes de cette personne. Le rapport de force est un véritable jeu.

– Et que ferais-je exactement, dans ces moments où je serais avec vous ? Vous n'êtes pas très clair, là-dessus... Je ne dis pas que vous avez éveillé ma curiosité, mais avant de vous dire si je vais me battre ou non contre l'idée d'intégrer votre groupe, il me faut plus de précisions !

Elle en revanche était claire, à son tour, quand à ses idées. Si ce qu'il lui répondait ne lui convenait pas, elle se battra et refusera de les suivre de son plein gré. Soit. Il aimerait bien sûr que tout se règle sans le recours à la force, mais s'il n'avait guère le choix, cela sera fait. Avec une arme braquée sur le front et deux autres dans la nuque, elle ne pourra pas faire grand-chose, don ou pas don. Voulait-elle prendre ce risque ? Risquer un autre combat et se voir assommée, jetée dans une voiture, entravée, et se réveiller dans une cellule ? Voulait-elle souffrir encore plus, être séparée de ses enfants, perdre tous droits jusqu'au moment où elle cédera enfin ? C'était à elle de choisir, après tout... A elle de voir quel genre de vie elle voulait mener. Une vie privilégiée, où pouvoirs et puissance se côtoieront, en abandonnant derrière elle sa fierté, ou une vie où elle gardera sa fierté mais sans droits ni liberté.

– Dites-en un peu plus.

– Vous ferez ce que vous faites déjà aujourd'hui. Coordonner, fédérer autour de vous et des idées de ce programme. Les gens vous aiment et vous suivent... Ils continueront si vous devenez militaire, car si vous l'êtes, c'est que notre cause est juste. Tout doit être fait pour protéger ce pays.

Il recula d'un pas pour lui laisser un peu d'air. Qu'elle le croit ou non, peu importe, elle finira bien par réaliser seule l'effet qu'elle pouvait produire sur une certaine partie du peuple. Tôt ou tard, elle en aura les preuves, ouvrira enfin les yeux.

– Bien sûr, il me semble évident que vous ne serez pas simple soldat de rang... Avec une personne de votre niveau, ce serait du gâchis. Votre grade n'est pas encore clairement définie, avec les hautes Instances de l'armée, mais j'ai mon idée.

Il lui fit un sourire tout à fait paisible, puis lui offrit son bras.

– Permettez que je vous fasse une visite de nos installations ?

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Ven 13 Fév - 12:39

Bradley – Vous ferez ce que vous faites déjà aujourd'hui. Coordonner, fédérer autour de vous et des idées de ce programme. Les gens vous aiment et vous suivent... Ils continueront si vous devenez militaire, car si vous l'êtes, c'est que notre cause est juste. Tout doit être fait pour protéger ce pays.

Les gens l'aimaient et la suivaient, hein ? C'était sûrement pour ça que presque toute son équipe l'avait laissé tomber, c'était parce qu'elle donnait tellement envie de la suivre ! Elle avait conscience d'avoir un caractère assez fort et emporté, ceci dit, et croyait, de ce fait, encore moins qu'on pouvait "l'aimer". Elle ne cherchait pas à se faire aimer, d'ailleurs. Si une chose ne lui convenait pas, ou si une personne l'énervait, elle ne faisait absolument aucun effort pour s'en cacher. Elle ne supportait pas les compliments qui n'étaient que de fausses flatteries à ses yeux. Cela relevait juste d'une certaine hypocrisie bien dure, inutile, et qui ne pouvait pas être sincère, puisque toutes les relations étaient déjà "guidées", par la famille, le groupe social dont on faisait parti, par la religion, la peur, la colère. Si peu de monde osaient dire ce qu'ils pensaient vraiment, c'était si agaçant ! Elle ne faisait confiance qu'à ceux qui suivaient leurs propres convictions sans chercher à paraître pour ce qu'ils ne sont pas et sans chercher à "plaire" à d'autres. Seuls les lâches essayaient de se dérober, dissimuler leurs pensées, et refusaient de se battre pour ce en quoi ils croyaient. C'était lamentable. Pathétique.

Le Maréchal recula enfin d'un pas, la laissant respirer plus sereinement. S'il n'avait pas utilisé de telles méthodes, elle aurait été entièrement d'accord avec lui. Ironie du sort... Elle comprenait la mentalité qui vous guidait afin de protéger un groupe, un endroit, une nation, des principes, une cause. Si une guerre éclatait, elle ferait bien entendu tout pour protéger la France. Elle aimait ce pays et avait à cœur de le défendre. Quel dommage que l'armée ne voit comme solution que le chantage, la manipulation, et pire encore. Il existait d'autres moyens ! Ne pas les voir, ou feindre de les trouver obsolètes, c'était de la pure bêtise, bêtise qui avait le don de la mettre hors d'elle. Elle lui jeta un coup d'œil peu amène, lèvres pincées. Elle ne comptait pas se laisser manipuler si facilement, que ce soit par des promesses, de grands discours, ou de faux sourires.

Bradley – Bien sûr, il me semble évident que vous ne serez pas simple soldat de rang... Avec une personne de votre niveau, ce serait du gâchis. Votre grade n'est pas encore clairement définie, avec les hautes Instances de l'armée, mais j'ai mon idée.

Parce qu'en plus, il voulait lui coller un grade plus élevé et donc plus de responsabilités dès le départ ?! Mais voyons, c'était vrai, après tout, pourquoi se gêner ?! Qu'avait-il comme "idée", au juste ? Elle n'entrait déjà dans cette fichue armée que contrainte et forcée, et ne voulait pas se payer en plus toutes les joies de la hiérarchie ! Ce sale type souriait, comme heureux à cette perspective. Elle se voyait déjà en uniforme, forcée d'assister à des réunions barbantes pour mettre au point des plans pour contrainte tous ceux qui possédaient des dons puissants, dans ce pays, à rejoindre l'unité des guetteurs. L'avenir lui semblait de plus en plus sombre, mais s'il fallait passer par là pour arriver au cœur du système et le détruire, et bien soit. Elle pourra y arriver, gagner la confiance de ceux avec qui elle "travaillera", augmenter son propre pouvoir afin d'être à même de se défendre et surtout attaquer, et piéger ceux qui voulaient la manipuler à leur aise. Un plan commençait à se dessiner dans son esprit, bien qu'elle soit toujours dégoûtée. S'il voulait jouer à ça, ils pouvaient être deux. Le pouvoir n'est rien de plus qu'un jeu. Il lui tendit tout à coup son bras, la tirant de ses pensées.

Bradley – Permettez que je vous fasse une visite de nos installations ?

– J'en serais ravie, mais une autre fois. Pourquoi pas ce week-end ? Du travail m'attend, ce soir, et je ne veux pas délaisser cette école, vous le comprendrez bien.

A présent, il allait falloir jouer très fin. S'il pensait la manipuler complètement, ce sera d'autant plus facile pour elle de se faire bien voir et de parvenir à son objectif. Se redressant, elle lui proposa de le raccompagner jusqu'à la sortie, sa veste sur son bras, tâchant de garder un air impassible. Ils traversèrent l'école, sous les regards des élèves qui traînaient encore dans les couloirs. La plupart devait se dire qu'elle s'était encore attirée des ennuis avec l'armée. Ils descendirent dans le rez-de-chaussée, où tous les militaires présents se mirent aussitôt au garde-à-vous devant leur chef, ébahis, n'en revenant pas de le voir ici. Elle s'arrêta non loin des doubles-portes puis se retourna vers son visiteur du jour.

– Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, dit-il en souriant, sourire qu'elle avait au passage emprunté à une vieille amie, pour les fois où elle aurait besoin de paraître plus innocente. Merci de m'en dit un peu plus sur cette unité, je ne comprenais pas certaines choses, mais cette conversation était intéressante.

Elle avait hâte de le voir partir, puis d'aller récupérer ses enfants. Et au diable la balade de ce soir, initialement prévue, elle n'avait plus le cœur à ça. Il fallait toujours qu'il se trouve quelqu'un pour venir lui gâcher tous ses moments de détente.

– Je vous souhaite une bonne soirée, conclut-elle en faisant un geste vers la porte.

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Par la force des choses   Dim 15 Fév - 11:40

– J'en serais ravie, mais une autre fois. Pourquoi pas ce week-end ? Du travail m'attend, ce soir, et je ne veux pas délaisser cette école, vous le comprendrez bien.

Il comprenait tout à fait, oui... Il est vrai qu'ils disposeront de plus de temps pour bien faire les choses, ce samedi ou ce dimanche, n'est-ce pas ? Il était heureux de voir qu'elle commençait enfin à se montrer raisonnable. La perspective d'être contrainte puis enfermée à double-tour aidait bien souvent à avoir une réflexion saine. Et c'était bien dans son intérêt ! Après tout, pourquoi se priver d'une meilleure situation lorsqu'on pouvait l'avoir à portée de main ? Une seule chose était plus puissante que la peur, c'était l'espoir. Et un peu d'espoir offert à son adversaire était un moyen de le manipuler et de le contrôler. L'ennemi pensait ainsi avoir gagné une marge de liberté, alors qu'il n'était que plus enfermé encre, glissant dans des chaînes invisibles qui flottaient étroitement autour de lui sans qu'il en ait conscience. L'espoir était une merveilleuse arme de guerre, et si on en usait bien, elle devenait un atout puissant. Le Maréchal savait comment mener ses troupes de cette façon, et beaucoup étaient fermement convaincus du bon droit de leur mission.

Mais d'autres étaient fermement convaincus du bon droit de cette femme, de la cause qu'elle défendait. Et c'était précisément pour cela qu'elle avait le potentiel de devenir un instrument formidable et fédérateur. S'il mettait sous ses ordres ceux de l'armée qui la suivaient, – et il les connaissait tous grâce à son réseau d'espionnage – il pourra ramener l'armée dans une unité parfaite. Cette femme à ses ordres, les soldats qui la suivaient reviendront du même coup sous la botte des Hautes Instances. Tout était clair, et limpide. Il était logique de donner le pouvoir de commander à une personne capable de rassembler et que d'autres accepteront de suivre sans se poser la moindre question. Elle lui proposa de le raccompagner à la sortie et il la suivit avec un sourire. Et dire qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle représentait.... Il vaudrait mieux pour elle qu'elle le saisisse un jour, ou elle n'en sera que plus facile à manipuler ! Incroyable d'être aussi aveugle... Mais soit, peut-être les prochaines semaines lui ouvriront les yeux. La regardant de biais, il remarqua alors la crosse d'une arme, qu'elle portait sur le côté. Charmante, pour une directrice d'école...

Ils arrivèrent au rez-de-chaussée, où tous les militaires présents se mirent aussitôt au garde-à-vous. Certains semblaient étonnés de le voir ici... Ils ne devaient guère avoir beaucoup de notions de stratégie. N'était-il pas normal qu'il se déplace en personne pour assurer ses plans ? Un bon chef de guerre ne craint pas d'avoir du sang sur les mains ni de partir lui-même au combat. Un chef d'armée veille lui-même à la réussite de ses plans et suit comme il se doit chacune de ses phases. Un officier ou un général, plus encore que tous les autres, ne doit penser qu'à la cause qu'il sert, et uniquement elle. C'était ainsi qu'une armée pouvait protéger et défendre un pays. C'était ainsi qu'elle pouvait se développer et garantir la sécurité du peuple. Un bon chef ne devait pas lésiner sur les moyens pour y parvenir ! La vie privée et familiale passait au second plan.

– Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Merci de m'en dit un peu plus sur cette unité, je ne comprenais pas certaines choses, mais cette conversation était intéressante.

Il hocha la tête, bien qu'il sache qu'elle ne pense pas réellement ce qu'elle venait de dire. Mais peu importe, ce n'était pas le sujet principal, pour le moment. Cette petite entrevue avait en effet été très intéressante, il avait pu apprendre ce qu'il voulait.

– Je vous souhaite une bonne soirée, conclut-elle en faisant un geste vers la porte.

– A vous de même, dit-il d'un ton mielleux et assez hypocrite. Je crois me souvenir que vous avez des activités prévues avec votre école ce samedi, j'enverrais donc une voiture vous chercher dimanche prochain.

Il al salua, puis quitta l'école, d'un pas martial. Une très bonne chose de faite. Ce dimanche promettait d'être intéressant...

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