1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Alors, aux arrêts ?

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MessageSujet: Alors, aux arrêts ?   Ven 30 Jan - 16:45

– Ah oui ? répliqua Victor d'un ton fort peu intéressé, en regardant le Maréchal. Combien de temps ?

– Vingt jours, plus si jamais il ne sait pas rester à sa place. En isolement, il faut un suivi médical, et je veux que ce soit vous qui le fassiez.

– Pourquoi ?

Le Maréchal le lui expliqua, et les lèvres du médecin s'étirèrent en un lent sourire. D'accord, si on partait sur ce postulat, pas de problème ! Il s'engagea à faire passer la visite médicale, et prépara aussitôt sa sacoche. Son petit cobaye du jour avait bien de la chance... Victor n'avait as encore eu l'occasion de travailler sur un militaires, c'était une chance inespérée ! Surtout un militaire comme celui-là. Aux thermes d'Auvergne, il ne l'avait pas trouvé spécialement louche. Plutôt très loyal et rigide, le genre brave petit chien qui obéissait sans discuter à tous les ordres qu'on lui donnait sans poser la moindre question. Le genre soldat parfait, très ambitieux, qui cherchait à se faire bien voir. Mais si beaucoup avaient des doutes sur lui... Il y avait-il autre chose, sous cette couche de vernis ? Quelque chose qu'il cachait ? Et si oui, quoi ? Cela devenait intéressant, sa curiosité scientifique était piquée.

Il enfila sa blouse blanche d'un geste vif, avec un soutire satisfait. En scène ! Il prit sa sacoche et lut en route le dossier du colonel qu'on lui avait fourni. Alors, alors... Il était entré à l'école militaire normale assez jeune, puis avait intégré l'école des officiers dans la foulée, grâce à d'excellents résultats et une grande volonté. Il avait rempli bien des missions, et était très vite montré en grade. "Aucune résistance aux ordres", disait un de ses formateurs. Pour un militaire, c'était tout de même le moins que l'on puisse attendre, non ? Quoi que, pour des jeunes en formation, la discipline était parfois difficile à acquérir, il fallait de la volonté. Il lut la suite du dossier, tout en poursuivant sa route vers la caserne. Sur quoi le Maréchal avait-il des doutes ? A part son ascension fulgurante, son jeune âge, son équipe très dévouée, ses... Oui, bon, d'accord. Il était louche. Il montra sa carte à l'entrée de la caserne, puis fila dans la cour, se faisant indiquer la route vers les chambres d'isolement.

Un garde lui ouvrit la porte et il ôta son chapeau en entrant, le trouvant assis sur son lit. Bien le bonjour. La porte se referma derrière eux et il posa sa sacoche sur la petite table en bois, repoussant sur le côté le début d'une lettre et quelques feuilles, avec leurs enveloppes.

– C'est bien le dernier endroit où j'aurai pensé vous trouver, vous m'aviez l'air d'une personne sérieuse ! Enfin, tout le monde a droit à ses petits coups de colère, n'est-ce pas ? Rassurez-vous, beaucoup savent que le général frappe bel et bien son fils.

Il prit une chaise et la fit valser vers lui, s'asseyant dessus avec un soupir d'aise.

– Bon, parlons peu mais parlons bien. Comment vivez-vous cet isolement, sachant que vous n'étiez même pas en tord ? Beau sang-froid, je vous admire. C'est même très curieux.
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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Alors, aux arrêts ?   Lun 9 Fév - 11:02

Le levée du jour et la tombée de la nuit étaient ses seuls repères, en plus des plateaux-repas qu'on lui donnait à travers la trappe de la porte. On pourrait penser que n'avoir rien à faire du tout, à part manger et dormir, était reposant, mais l'inactivité et l'ennui rongeaient constamment l'esprit. Il était enfermé ici depuis deux ou trois jours, à regarder les quatre murs qui l'entouraient et à écrire des lettres pour son équipe en-dehors, afin de les rassurer et de leur raconter, à mots couverts, ce qui s'était vraiment passé durant le Conseil de Discipline. Son courrier était très certainement censuré et vérifié, et inutile de se rajouter des ennuis, il en avait déjà bien assez. Il regarda sa dernière lettre, éclairée par un bref éclat de soleil. Il ne pouvait savoir ce que faisait son équipe, la sécurité interdirait une telle lettre, mais il avait pu en apprendre un peu plus. Au moins, ils n'attendaient pas qu'il sorte d'ici pour agir et continuer à se battre, dans la mesure de leurs moyens. Il était très fier d'eux. Il passa une main dans ses cheveux avec un sourire, allongé sur son lit, à fixer le plafond.

Les seuls bruits qui lui parvenaient du couloir étaient les rondes des gardiens, quelques échanges, le crissement du chariot quand on apportait le repas aux militaires en isolement. Il devait juste en avoir un ou deux, en plus de lui... Trois cellules plus loin, il y avait un petit jeune qui avait fait une dépression, et qui avait voulu se suicider, avant de tirer une balle dans le pied du militaire qui l'en avait empêché. Il était enfermé autant pour sa sécurité que pour celle des autres. Son psy venait le voir souvent, Fabrice l'entendait, quand il saluait le jeune homme. Il ne restera pas dans l'armée, celui-là... Il sera sûrement démobilisé, et rendu à la vie civile. Sa famille s'occupera de lui, il prendra un travail tranquille, et oubliera le reste. Quand à l'autre "détenu", Fabrice ignorait ce qu'il avait fait pour se retrouver là. Il se trouvait dans la cellule juste à coté de la sienne, et le Colonel l'entendait prier tous les soirs.

Il se leva et s'assit au bord de son lit, après avoir entendu le bruit d'une porte assez lourde qui claquait, puis des pas dans le couloir bétonné. Ce n'était pas pour le petit jeune, qui avait déjà son psy avec lui. Alors pour lui ou pour son voisin ? Il n'avait pas encore reçu la visite d'un médecin, donc c'était probablement à son tour d'y passer. La visite médicale était obligatoire, depuis qu'on s'était aperçu que la majorité des militaires se retrouvant en isolement y arrivaient à cause de dépressions, envies suicidaires, accoutumances à certaines drogues qui leur bouleversaient l'esprit, ou ce genre de choses. La porte de sa cellule grinça, puis il vit entrer ce même médecin qui lui avait donné le poison, en Auvergne. Ce médecin qui était venu aux thermes, et qui lui avait donné ce fameux produit à administrer à l'infirmier du pensionnat. Fabrice était persuadé que c'était également lui qui avait violé la directrice... Il resta impassible, le regardant déposer sa sacoche sur le petit bureau.

Docteur – C'est bien le dernier endroit où j'aurai pensé vous trouver, vous m'aviez l'air d'une personne sérieuse ! Enfin, tout le monde a droit à ses petits coups de colère, n'est-ce pas ? Rassurez-vous, beaucoup savent que le général frappe bel et bien son fils.

Bah voyons. Il s'assit très tranquillement, comme s'ils étaient dans le salon d'une maison de campagne à prendre le thé. Fabrice détestait les violeurs autant que les pédophiles, et s'attaquer à une femme qui venait juste d'accoucher était aussi lâche que dégoûtant. Il ne put s'empêcher d'imaginer le lieutenant à la même place et retint un violent frémissement. Le Général Karinof avait beau être une ordure trop violente, au moins, il ne s'attaquait jamais aux femmes, Fabrice lui accordait cela.

Docteur – Bon, parlons peu mais parlons bien. Comment vivez-vous cet isolement, sachant que vous n'étiez même pas en tord ? Beau sang-froid, je vous admire. C'est même très curieux.

Comment vivait-il d'être enfermé sachant qu'il était innocent... Fabrice eut un mince sourire, durant un bref instant, assis bien droit sur le lit, ses mains sur le rebord. Savoir pourquoi ce docteur venait l'intéressait bien plus que de savoir comment il allait vivre les deux prochaines semaines. Il aurait préféré voir n'importe qui d'autre, même Karinof.

– Ne dites pas que je ne suis pas en tord, docteur, car ce serait contester la décision de mes supérieurs de me placer ici, répondit-il d'un ton parfaitement impassible. Pour le moment, et bien, je pense que ça va. Il n'y a pas grand-chose à faire ici.

Un civil comme lui pouvait trouver "curieux" qu'il ait su garder son sang-froid dans une situation pareille, mais aucun militaire ne s'en étonnera. On ne conteste pas les ordres. On ne remet pas en cause la hiérarchie. Ceux qui ne sont pas d'accord restent à la vie civile. Ce n'était pas à lui d'accuser le Général Karinof de mentir dans une telle situation, car cela aurait été sa parole contre la sienne, et il aurait perdu, ce qui aurait aggravé son cas. Donc autant faire profil bas et la fermer.

– Je crains qu'on ne vous ait fait déplacer pour rien, docteur Rochard, je suis en excellente santé, et je n'ai aucun pensée suicidaire qui pourrait demander un suivi durant cet enfermement. Mon "sang-froid" n'a rien de très curieux, je vous rassure. Je suis simplement loyal, et je ne me permettrais pas de remettre mes supérieurs en cause.

Il mentait avec une parfaite assurance, acquise avec le temps, gagnée après des années d'efforts. Il sourit même au docteur, très naturel, avec l'attitude de celui qui sait pourquoi il est enfermé et l'accepte sans se rebeller ni poser de questions. Peu importe qu'on le voit comme un brave toutou tenu en laisse. Seule l'opinion de son équipe lui tenait à cœur. Ce que pouvait bien penser le reste du monde à son sujet l'indifférait.

– Vous allez devoir venir souvent pour vérifier que je ne veux pas me tuer ?

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MessageSujet: Re: Alors, aux arrêts ?   Sam 28 Fév - 23:04

Son interlocuteur se contenta de sourire, alors que Victor restait assis à l'observer, les bras croisés. En quoi toute cette histoire était si drôle, on se le demande ? Être enfermé et mis en isolement pour une faute qui n'en était pas une, cela pouvait vous donner envie de vous tirer une balle en pleine tête ! Victor n'en revenait toujours pas de le voir ici, aux arrêts, alors qu'il lui avait semblé si sérieux et professionnel, lors de leur brève rencontre aux thermes, en Auvergne. Tous ceux qui se frottaient de près ou de loin à Karinof avaient des ennuis, de toute façon, tôt ou tard. Il n'aimait guère ce type, même s'il lui reconnaissait certaines qualités. En tout cas, avec lui, on travaillait vite et bien.

Colonel – Ne dites pas que je ne suis pas en tord, docteur, car ce serait contester la décision de mes supérieurs de me placer ici, répondit-il d'un ton parfaitement impassible. Pour le moment, et bien, je pense que ça va. Il n'y a pas grand-chose à faire ici.

Quel brave toutou, décidément ! Même dans une situation pareille, il arrivait à ne pas dire du mal de ses chefs et accepter sa condition. Il ne lui manquait plus que la queue et le museau pour faire un bon petit chien docile et toujours prêt à venir chercher une caresse et un morceau de sucre. La bêtise militaire incarnée en un seul homme, qui aurait cru cela possible ? Victor ne voyait vraiment pas pourquoi les chefs de l'armée se méfiaient d'un type pareil. Qu'avait-il de si spécial ? Il était juste assez idiot pour obéir à tout ce qu'on lui disait sans chercher plus loin, voilà tout. Il était un peu agacé qu'on lui ait fait miroiter un nouveau mystère et un sujet d'étude fascinant alors que tout ce qu'il trouvait en face, c'était un soldat commun, sans intérêt, qui aboyait dès qu'on lui en donnait l'ordre.

Colonel – Je crains qu'on ne vous ait fait déplacer pour rien, docteur Rochard, je suis en excellente santé, et je n'ai aucun pensée suicidaire qui pourrait demander un suivi durant cet enfermement. Mon "sang-froid" n'a rien de très curieux, je vous rassure. Je suis simplement loyal, et je ne me permettrais pas de remettre mes supérieurs en cause.

Victor était vraiment déçu. On l'avait fait venir pour "ça" ? Pour un type qui souriait tout en tendant le bâton pour se faire battre ? Mais vraiment pour ça, c'est tout ? Incroyable ! D'ordinaire, jamais l'armée ne lui demandait de se déplacer pour si peu, ils savaient que Victor ne s'intéressait qu'à certains sujets spécifiques, dont il y avait quelque chose à retirer. Pas pour un simple officier trop jeune qui ne réalisait même pas à quel point sa situation actuelle était parfaitement injuste et qu'elle devrait le faire bondir. Tss... Pourquoi le Maréchal l'avait-il envoyé voir ce type ? Que trouvait-il de spécial ou de louche ? Il était terriblement frustrant de ne pas comprendre et de potentiellement laisser s'échapper un point important.

Colonel – Vous allez devoir venir souvent pour vérifier que je ne veux pas me tuer ?

Victor – Mouais, soupira-t-il en allant ouvrir sa sacoche et en sortant quelques instruments. Les aléas du métier, faire parfois des choses dont on se moque. Pourtant pas leur genre de me faire déplacer pour rien, à ces cons-là...

Il jeta à son patient du jour d'enlever sa veste et dé déboutonner sa chemise, d'un à la fois blasé, déçu, et désespéré. Il enfila des gants, puis commença à l'examiner, une de ces visites médicales banales, qu'il était parfois obligé de faire. Rythme du cœur, tension, couleur de la langue et de la gorge, respiration... Il faisait le tout assez vite, sans y prendre aucun soin, puis le fit s'allonger sur le dos, sur le lit.

Victor – Respirez doucement, marmonna-t-il d'un ton indifférent. Voilà. Relâchez, puis inspirez encore.

Il le laissa se redresser puis jeta ses gants dans sa poche, avec un immense soupir. Voilà qui était fait ! Il se laissa de nouveau tomber sur la chaise, regardant le militaire se rhabiller, les yeux plissés. Mais qu'avait-il de si spécial ?! Hein ? Quoi ?! C'était frustrant de ne pas savoir !

Victor – Vous-même, vous êtes con, ou vous faites juste semblant ? A vous écraser pour rien comme ça ?

Il se releva, s'appuyant contre le mur, les bras croisés, en observant son interlocuteur.

Victor – Vous avez vraiment aucune fierté ! Vous êtes là, à jouer les petits chiens, à remuer la queue... Ça vous gêne pas qu'on vous considère comme de la chair à canon modulable à souhait ?
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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Alors, aux arrêts ?   Dim 15 Mar - 14:30

Victor – Mouais, soupira-t-il en allant ouvrir sa sacoche et en sortant quelques instruments. Les aléas du métier, faire parfois des choses dont on se moque. Pourtant pas leur genre de me faire déplacer pour rien, à ces cons-là...

Le faire déplacer sur rien ? C'est à dire ? On avait demandé à ce type de venir exprès l'examiner pour savoir s'il cachait quelque chose ? Cela voulait dire que le haut commandement de l'armée se méfiait de lui ou... Il se déshabilla, sous l'ordre du médecin, avec la plus extrême méfiance. Qui se méfiait de lui ? Et pourquoi ? Au point de lui envoyer ce docteur pour un bête examen médical ? C'était peut-être un coup de Karinof... Mais pourquoi aurait-il fait ça ? Il se calma en se rappelant que le docteur n'avait pas l'air d'avoir le moindre soupçon sur lui. Au contraire, il semblait plutôt déçu de ne pas en avoir. Comme c'était agréable, d'être vu comme un charmant petit cobaye avec tout plein de secrets à percer... Le colonel avait toujours cru, jusqu'ici, que personne ne faisait particulièrement attention à lui, mais si des généraux commençaient à avoir des soupçons à son encontre, le jeu devenait risqué. Il resta coi, alors que le médecin l'examinait. L'armée était bien plus méfiante, aujourd'hui, qu'elle n'avait pu l'être ces dernières années. La menace d'une nouvelle guerre mettait le pays sur les nerfs, et le Maréchal tenait à ce que les forces de la nation soient prêtes. Rien en devait les faire plier, quitte à ce que le pays devienne un état totalitaire. La sécurité avant la liberté, tel était le credo actuel.

Victor – Respirez doucement, marmonna-t-il d'un ton indifférent. Voilà. Relâchez, puis inspirez encore.

Il fit ce qu'on lui disait, puis se redressa, alors que le médecin jetait ses gants. Au moins, il avait réussit à le tromper, puisque ce charmant docteur infect le voyait juste comme un crétin trop docile qui suivait aveuglément les ordres sans réfléchir de lui-même. Il pourra rapporter ça au général qui l'avait envoyé ici ! Il avait de plus en plus hâte de sortir et de retrouver toute son équipe. De pouvoir enfin parler librement. De pouvoir agir sans être constamment surveillé. De pouvoir rire et discuter, juste comme ça, sans crainte qu'on analyse la moindre de ses paroles. De respirer, enfin ! Il commençait à devenir fou, à être bouclé ici, c'était insupportable. Il récupéra sa chemise et l'enfila, remettant les boutons, pendant que le docteur se laissait retomber sur sa chaise. S'il en avait terminé, il pouvait partir, non ? Fabrice n'avait pas la moindre envie de se coltiner sa sale tête de psychopathe plus longtemps, merci bien. Qu'il aille emmerder quelqu'un d'autre, cela lui fera de l'air.

Victor – Vous-même, vous êtes con, ou vous faites juste semblant ? A vous écraser pour rien comme ça ?

Fabrice haussa les sourcils, en terminant de remettre le col de sa chemise en place. Et bien, il était direct, ce type ! Est-ce que Fabrice était con ou est-ce qu'il faisait semblant... Un mélange des deux, mon capitaine ? Oui, il était vraiment très con à rester dans l'armée alors qu'il avait un don, il était très con à risquer sa vie entière, et en même temps, il faisait semblant d'être obéissant et fidèle envers ses supérieurs. Très loyal envers ses subordonnés, traître envers ses propres supérieurs, il était un peu le miroir à double face de l'armée. Rares étaient les personnes qui pouvaient véritablement lui faire confiance, et il ne donnait pas non plus sa confiance à n'importe qui. Double vie, double jeu, il risquait sa tête à chaque instant, et ne voulait pourtant pas se sortir de ce cercle vicieux. Il ne le pouvait pas non plus. Il devait atteindre son but, et ainsi préserver les personnes auxquelles il tenait vraiment. Et il y avait des personnes qui comptaient sur lui. Il y avait le lieutenant. Il ne voulait pas vivre dans un pays qui la rendra malheureuse, et ne voulait pas non plus la décevoir en ne réussissant pas ses objectifs, alors qu'elle avait donné sa vie pour le suivre et le soutenir.

Victor – Vous avez vraiment aucune fierté ! Vous êtes là, à jouer les petits chiens, à remuer la queue... Ça vous gêne pas qu'on vous considère comme de la chair à canon modulable à souhait ?

– A vrai dire, je préfère être un chien en laisse qu'un chien errant, docteur, dit-il avec un maigre sourire en remettant sa veste. Tous les soldats sont de la chair à canon, au final. Notre travail est de nous battre et mourir, rien de plus, rien de moins.

Le docteur haussa les sourcils, puis mit son manteau avant de prendre sa sacoche. Fabrice l'avait agacé ? Il s'en fut ainsi, claquant à moitié la porte. Le colonel se rallongea sur le lit, un large sourire aux lèvres. Bye bye, docteur, il pourra s'épargner la peine de revenir...

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