1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Des mesures à prendre

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Isabelle Robin
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Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Des mesures à prendre   Sam 24 Jan - 14:45

Commandant – Ils ont tiré ! Il a été...

La gorge du lieutenant s'assécha considérablement, alors que son cœur se mettait à se battre à une vitesse folle. Elle fixa la porte au fond du couloir, intensément, comme pour essayer de voir au travers, les poings serrés. Enrick s'était précipité en avant mais il avait été arrêté sèchement par les deux gardes devant la salle de réunion. Sa respiration devint très rapide et tremblante, alors qu'elle avait avancé aussi, les yeux écarquillés. Un coup de feu. Il y avait eu un coup de feu ! Et ce pouvait pas être le Colonel qui avait tiré, il avait été désarmé ! Elle écouta mais plus aucun bruit de ne leur venait. Il n'était tout de même pas... Non... Elle serra encore plus fort les poings, le cœur au bord des lèvres. Non. Ils n'avaient pas pu le tuer. Pas comme ça. Elle regarda les autres, tous aussi tendus qu'elle, prête à saisir son propre pistolet à enfoncer la porte. Elle repéra d'instinct où tirer pour mettre les deux gardes hors d'état de nuire. Sa main fila doucement vers l'étui de son arme, alors que son regard se durcissait, mais une autre main se referma d'un coup sur son poignet, la faisant sursauter.

Adjudant-chef – Lieutenant, non.

Ne pas bouger alors qu'ils avaient entendu un coup de feu, et que le Colonel était peut-être blessé, voire pire ?! Elle serra les dents, puis se mordit les lèvres, se dégageant sèchement avec un grognement. Tss... Les deux gardes avaient eu aussi raffermit leur prise sur leurs armes, devinant sans doute à quoi elle songeait. Si elle les neutralisait, elle pourra passer et aller aider le Colonel ! La porte s'ouvrit au moment où elle s'apprêtait à saisir son arme, et elle eut un gémissement de soulagement en voyant son supérieur debout, bien vivant, et indemne. Encadré par deux autres soldats. Il passa sans s'arrêter, avec juste un faible sourire.  Il avait été mis aux arrêts ? Elle se força à cesser de trembler, le suivant du regard alors qu'il disparaissait avec son escorte. Elle avait eu si peur qu'il ait été tué, comme ça... Un mouvement attira son attention, et elle se mit aussitôt au garde-à-vous, comme ses équipiers, saluant les généraux qui sortaient à leur tour. Avant de blêmir en voyant le Maréchal Bradley en personne sortir de la salle. Il était venu pour un simple conseil de discipline ?! Mais...

Maréchal – Tiens donc, vous attendiez tous ici ? dit-il avec un sourire ironique. Le Colonel a des subordonnés bien dévoués... C'est intéressant.

Il fila avec un petit rire, les mains derrière le dos. Elle relâcha son souffle, tendue comme jamais. Si le Colonel avait été mis aux arrêts... Bon sang, les chefs de cette armée allaient encore prendre plusieurs coups d'avance ! Elle serra les dents, puis se reprit. Ne pas se laisser déborder ! Le Colonel aurait honte s'ils savaient que ses subordonnés se laissaient aller lorsqu'il n'était pas là... L'équipe dû se disperser pour retourner à ses affaires, et elle se retrouva seule avec le sous-lieutenant.

– On va perdre du temps si on attend la sortie du Colonel... Et il nous en voudra si on laisse nos ennemis prendre trop d'avance. Il faut prendre des mesures un peu plus énergiques ! Déjà, se rapprocher de nos alliés... Viens, on va au Pensionnat.

Ils sortirent des bâtiments, et elle jeta un œil vers la section est, où se trouvait la plupart des cellules d'isolement. Pardon, Colonel. Elle ne le laissera pas seul, mais pour le moment, il fallait agir, avant de se retrouver submergée. Suivie par le sous-lieutenant, elle s'engagea à grands pas sur la route menant à Gray, puis monta vers l'école. Le garde à l'entrée le salua lorsqu'ils passèrent, et elle observa les installations de ses "collègues", les camions près de la forêt, et tous les gamins qui paressaient dehors au soleil. C'était sans doute l'heure de la pause de midi. Elle entra dans le réfectoire, alors que le niveau sonore baissait d'un coup, puis s'arrêta près de la table des professeurs, claquant les talons dans un salut martial impeccable.

– Madame la Directrice, dit-elle en portant la main à sa tempe pour la saluer. Nous devons vous parler. C'est urgent.

Elle échangea un regard avec le sous-lieutenant, puis suivit la jeune mère jusqu'à son bureau. Tout en marchant, elle observait les alentours, vérifiant qu'on ne les suivait pas. Arrivés dans le bureau directorial, elle relâcha la tension et son attitude très raide et rigoureuse.

– Tu peux expliquer le début de l'histoire, John ? soupira-t-elle très longuement. Pas le cœur à ça.

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MessageSujet: Re: Des mesures à prendre   Lun 26 Jan - 23:49

John avait brusquement tendu la main, mais l'adjudant-chef avait été plus rapide, saisissant le poignet du lieutenant pour l'empêcher de saisir son arme et commettre l'irréparable. Non ! Rien ne prouvait que le Colonel ait été blessé, ce coup de feu n'avait pas forcément été tiré à l'intérieur de cette fichue pièce, alors du calme ! Ils ne pouvaient pas foncer dans le tas sans réfléchir, et le lieutenant mourrait d'une telle action. Ils n'allaient tout de même abattre un de leurs militaires au beau milieu d'un conseil de discipline, c'était impossible ! Donc on se calme et on attend. D'ailleurs, ils n'eurent pas à attendre longtemps. Le Colonel sortit enfin, sous escorte, et leur sourit doucement en passant. Tout allait bien, il n'était pas blessé... Tout allait bien. John eut un gros soupir de soulagement, son cœur reprenant peu à peu un rythme normal, apaisé. Leur supérieur avait donc été mis aux arrêts ? Ils ne lui avaient pas tiré dessus... Combien de temps allait-il être en isolement ? John reprit son souffle, une main crispée sur sa veste, en le regardant disparaître au détour du couloir. Il fut réveillé par un brusque coup de coude impatient.

– Hé !

Ils e retourna, puis salua juste à temps les généraux qui sortaient à leur tour, bavardant et riant, comme s'ils venaient d'assister à un très agréable spectacle. Bien sûr, avoir humilié un jeune qu"ils haïssaient, cela avait sûrement dû leur faire beaucoup de plaisir ! Il allait se détendre lorsqu'il vit, à la fois avec horreur et stupéfaction, le Maréchal en personne sortir de la pièce. Il s'était déplacé pour un simple conseil de discipline ?! Mais c'était impossible ! Pourquoi ? Pourquoi venir ici ?! Avait-il... Des doutes sur le Colonel ? Si c'était le cas, la situation devenait dangereuse, très dangereuse. Si jamais qui que ce soit en dehors d'eux apprenait la vérité sur le Colonel, il sera arrêté dans l'heure suivante, et Dieu seul sait ce qui lui arrivera ensuite.

– Tiens donc, vous attendiez tous ici ? dit-il avec un sourire ironique. Le Colonel a des subordonnés bien dévoués... C'est intéressant.

Intéressant... Son rire lui fit froid dans le dos, alors qu'il partait. John était peut-être paranoïaque, mais il devinait très bien ce qu'on pouvait "d'intéressant" lorsqu'on découvrait une loyauté de ce genre. On pouvait s'en servir pour faire du chantage, de la pression, ou de les utiliser comme otages, on pouvait tout imaginer. Comme... Otages... Mais oui ! Mais oui, voilà ce qui allait lui pendre au nez ! Mais rah, c'était pourtant évident ! Il devait faire plus attention ! Depuis le temps, il avait appris à connaître le colonel, à appréhender son caractère. Il était très déterminé, combatif, mais lorsqu'on touchait à ses proche sou à ceux qu'il aimait, plus rien d'autre ne comptait pour lui que de les sauver, à n'importe quel prix. Et si jamais Bradley commençait à trop le soupçonner, il pouvait très bien frapper là où ça lui fera mal. Bon sang, mais bon sang... John respectait beaucoup le Colonel, mais il fallait avouer qu'il était incroyablement naïf. Si on lui posait ce genre de chantage, il pliera sans aucune hésitation. il remarqua à peine le départ des autres, bien trop occupé à envisager les pires scénarios possibles et inimaginables.

– On va perdre du temps si on attend la sortie du Colonel... Et il nous en voudra si on laisse nos ennemis prendre trop d'avance. Il faut prendre des mesures un peu plus énergiques ! Déjà, se rapprocher de nos alliés... Viens, on va au Pensionnat.

Leurs alliés, au pensionnat ? De qui le lieutenant voulait... Ah. Ah oui, d'accord. Il lui emboîta le pas, sans cesser pour autant de s'inquiéter comme un fou pour le Colonel. Et en commençant à s'inquiéter pour leur propre santé, au lieutenant et lui. La jeune femme qui dirigeait cette école avait déjà une sacrée réputation, au sein de l'armée, et il avouait sans craindre craindre de s'approcher d'elle. Sa propre femme était douce, gentille, aimante, très maternelle, parfaite gentille femme au foyer avec ses enfants... Alors que Gabriella de Lizeux était plutôt du genre dure, déterminée, effrayante et colérique. Si le destin l'avait voulu, et si les circonstances avaient été différentes, elle aurait pu rencontrer le lieutenant Robin, et elles auraient pu devenir de très bonnes amies. Las, pour le moment, ça ne risquait pas d'arriver. Il rajusta son uniforme alors qu'ils marchaient vers l'école, pensif, avec l'envie de se griller une cigarette. Il n'avait pas enfilé cette tenue et n'avait pas signé son engagement pour aller frapper des gosses et martyriser des cobayes dans un laboratoire. Était-ce vraiment cela, en ces temps troublés, "servir la France" ? Il savait qu'un militaire était parfois amené à commettre des actes dont il pouvait avoir honte, mais frapper des enfants... Ils devaient protéger le peuple, et non pas le haïr.

En entrant dans le réfectoire de l'école, il sentit très nettement la méfiance augmenter d'un seul coup et le niveau sonore baisser brutalement. Incroyable ce que pouvait engendrer la simple vu d'un uniforme, ces temps-ci. Et le lieutenant ne fit as baisser la tension en saluant la directrice d'une façon très formelle et martiale. Ils pouvaient faire un effort et saluer les civils de façon normale, non ? Non... C'était sans doute l'espion qui parait, sur ce coup-là, l'homme qui devait s'insérer partout en se faisant passer pour un habitant du coin. Il croisa le regard d'Isabelle, puis la suivit avec un maigre sourire jusqu'au bureau de leur interlocutrice. Là seulement son équipière se détendit enfin, relâchant la pression.

– Tu peux expliquer le début de l'histoire, John ? soupira-t-elle très longuement. Pas le cœur à ça.

Il hocha la tête puis se tourna vers la jeune directrice, lui aussi relâchant son attitude un peu raide pour essayer de se détendre, bien qu'il soit très tendu.

– Tous les militaires ne sont pas les ennemis de cette école, et nous n'approuvons pas tous ce qui se passe ici. Vous l'avez vu avec notre supérieur hiérarchique à la station, le Colonel Gavin, lors de ce fameux repas. Pour avoir protégé le gamin du général Karinof, alors qu'il le frappait, il est passé en conseil de Discipline ce matin, et a été mis aux arrêts. Nous ignorons encore pour combien de temps.

Il repensa au coup de feu qui avait été tiré et retint une grimace. Si jamais il avait été blessé... Il reprit une petite inspiration, regardant la jeune femme droit dans les yeux.

– Au lieu de nous battre chacun de nos côté, pourquoi ne pas agir en une action commune ? Nous pouvons prouver que nous n'essayons pas de vous manipuler ou de vous trahir, comman... heu, madame, pardon. Qu'en dites-vous ?
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Des mesures à prendre   Mer 28 Jan - 20:13

Gabriella – Je n'ai pas repris mes cours marmonna Gaby à Valentin en se servant un café, juste mon travail administratif. Alors cesse de râler que je fais pas attention à moi.

Valentin – je pensais que tu voudrais te reposer plus longtemps... Après le voyage, nous...

Gabriella – Ne parle pas de ça ici.

Elle porta un regard sur la longue table, où les professeurs eurent l'intelligence de détourner le regard ou de prendre soin de discuter de tout autre chose. Humph. Elle reporta le regard sur sa tasse de café, les bras sur la table, pensive. Elle n'avait que très peu mangé, malgré les encouragements de Valentin, et le soutien discret des professeurs qui étaient encore avec elle. Manger au milieu d'une compagnie de traître avait de quoi vous dégoûter ! Elle retint un soupir, croisant le regard de Kimmitsu qui restait imperturbable, et celui d'Adrien qui était bizarrement très concentré sur le bout de poisson qu'il avalait. La situation devait être peu confortable, pour lui, au vu de l'engagement de sa femme. lui-même était une cible, alors que Sarah était du côté des militaires... Elle but une longue gorgée de café, ne regardant plus personne. C'était comme ça depuis le retour des vacances. Ceux qui étaient encore avec elle étaient tendus, méfiants, sur les nerfs. Et les autres, ceux qui avaient lâchés, semblaient assis sur une bombe sur le point d'exploser. Pour une fois, Gabriella était très heureuse d'en terroriser les trois-quarts, car cela lui permettait de se venger, au moins un peu, de leur lâcheté.

Le niveau sonore du réfectoire chuta d'un coup, ce qui la fit sourciller et tourner la tête, cherchant l'origine du trouble. Elle trouva vite la cause. Deux militaires venaient d'entrer dans la grande salle, marchant vers eux. Elle les reconnaissait... C'était la femme blonde qu'un de ses stupides collègues avait agressé, s'adressant les foudres du colonel à la place. L'autre ici avait été présent à la station, ce jour-là, même s'il n'avait pas ouvert la bouche au cours de l'altercation. Que voulaient-ils ? Eux aussi semblaient tendus, et s'arrêtèrent près de la table. La femme fit un salut militaire réglé au millimètre près, sa main inclinée près de sa tête, plus droite que jamais. Belle discipline. Gabriella reposa sa tasse, sentant que ça allait encore être pour elle. Donc ennuis ou opportunité ? Alliés ou ennemis ?

Militaire – Madame la Directrice, dit-elle en portant la main à sa tempe pour la saluer. Nous devons vous parler. C'est urgent.

Soit... Elle se leva, après un bref regard à ses collègues. Adrien ne semblait pas inquiet, ce qui lui arracha un minuscule sourire. Espoir d'alliés ? Elle ouvrit la marche pour les guider jusqu'à son bureau, en ignorant les regards. Il avait dû se passer quelque chose, encore, aujourd'hui ou les quelques jours qui venaient de se passer. Mais elle pouvait espérer qu'il en sorte au moins un détail de bon. Après tout, lorsque les militaires voulaient lui parler, ils ne se donnaient pas la peine de lui demander la permission au préalable. Elle les fit entrer dans son bureau et referma la porte. Ils se détendirent aussitôt d'une façon incroyable, ce qui lui fit hausser les sourcils. Elle avait déjà oublié le nom du Colonel, là... Gauvin, Kavin, ou quelque chose comme ça. Leur supérieur hiérarchique, somme toute. Elle savait qu'il existait une certaine loyauté, au sein de l'armée, comme il n'y en avait que peu ici même, ce q'elle regrettait. Mais la loyauté militaire était totalement différente de la loyauté qu'un civil pouvait éprouver vers un proche ou un ami.

Militaire – Tu peux expliquer le début de l'histoire, John ? soupira-t-elle très longuement. Pas le cœur à ça.

Ils avaient eu des ennuis ? Elle regarda l'homme, qui semblait assez âgé, puis croisa les bras en voyant la minuscule étoile, sur son épaule. Un sous-lieutenant, donc, comme sa collègue était lieutenant. Deux officiers très tendus qui venaient dans son bureau avec une attitude pour le moins déroutante ? Que s'était-il passé ? Ils avaient subi une attaque et voulaient l'accuser ? Ou avaient-ils encore préparé autre chose et voulaient l'avertir ? La seule chose dont Gabriella était certaine, c'est qu'elle n'abandonnera pas. Pas maintenant, pas après tout cela. Jamais, somme toute.

Sous-lieutenant – Tous les militaires ne sont pas les ennemis de cette école, et nous n'approuvons pas tous ce qui se passe ici. Vous l'avez vu avec notre supérieur hiérarchique à la station, le Colonel Gavin, lors de ce fameux repas. Pour avoir protégé le gamin du général Karinof, alors qu'il le frappait, il est passé en conseil de Discipline ce matin, et a été mis aux arrêts. Nous ignorons encore pour combien de temps.

Le Colonel avait protégé Jasper alors que son frère le frappait encore ? Le gamin n'avait pas pipé mot à ce sujet, mais ça ne devrait même plus étonner la jeune mère. Celui-là... Pourquoi le colonel l'avait-il protégé ? Surtout s'il s'était mis dans une telle situation ? Il y a d'autres moyens d'agir ! Et si l'armée l'avait mis aux arrêts, il perdait tout moyen d'agir... Se faire enfermer était la pire chose qui pouvait lui arriver, dans son cas ! Elle se remémora les souvenirs qu'elle avait de lui, de ce qui s'était dit durant le repas. Elle n'y avait jamais repensé sérieusement, mais maintenant, en y réfléchissant bien, elle devait reconnaître qu'il lui avait paru étrange. Son âge, son comportement, tout détonnait chez lui. Et surtout son don. Il en avait forcément un. Alors qu'il était dans l'armée.

Sous-lieutenant – Au lieu de nous battre chacun de nos côté, pourquoi ne pas agir en une action commune ? Nous pouvons prouver que nous n'essayons pas de vous manipuler ou de vous trahir, comman... heu, madame, pardon. Qu'en dites-vous ?

Gabriella – Vous pouvez le prouver, n'est-ce pas ? sourit-elle d'un air las en s'appuyant contre son bureau. C'est le monde à l'envers. Presque toute mon équipe enseignante abandonne le navire dès qu'il commence à couler, et quelques jours plus tard, ce sont des militaires qui viennent proposer une alliance.

Elle se tut un instant pour réfléchit, sourcils légèrement froncés. Que le Colonel soit aux arrêts pour quelques temps était moins grave que si l'armée avait découvert qui il était vraiment, mais ça ne saurait tarder, s'il continuait de trop se faire remarquer. S'il avait vraiment un don...

Gabriella – La situation n'est pas vraiment en notre faveur... Et si vous agissez contre vos chefs, vous y laisserez des plumes, vous aussi. Avez-vous déjà pensé à un plan, à des moyens d'agir ? Personnellement, en ce moment, je suis plutôt pieds et poings liés. Cette école est affaiblie, et les traîtres sont partout.

Elle tourna la tête pour observer le lieutenant, les yeux plissés.

Gabriella – Si vous voulez vraiment nous aider, dites-moi comment.

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Isabelle Robin
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MessageSujet: Re: Des mesures à prendre   Lun 9 Fév - 14:06

Elle espérait que le Colonel ne restera pas aux arrêts trop longtemps... Il lui faudra un moment avant de regagner la confiance de la hiérarchie. Elle n'arrivait toujours pas à croire que le chef de l'armée se soit déplacé juste pour ça. Ce n'était pas le genre d'homme que l'on croisait beaucoup, il était souvent à Paris ou elle ne savait où, occupé à gérer toutes les troupes, les prochaines attaques, les réseaux d'espionnage, la sécurité extérieur du pays. C'était un homme très occupé, par définition, alors prendre du temps pour un conseil de discipline, chose qu'il an'avait jamais fait jusqu'ici ? Il se rendait aux procès de cour martiale car il y présidait, la plupart du temps. Mais un simple conseil... Juste un rappel à l'ordre... S'il était venu pour ça, c'était parce qu'il ciblait le Colonel, qu'il le soupçonnait, ne lui faisait pas confiance. Et là, c'était très dangereux. Personne ne devait savoir qui il était vraiment ni ce qu'il voulait ! Personne, jamais, ou cela signifiera sa perte.

– Tous les militaires ne sont pas les ennemis de cette école, et nous n'approuvons pas tous ce qui se passe ici. Vous l'avez vu avec notre supérieur hiérarchique à la station, le Colonel Gavin, lors de ce fameux repas. Pour avoir protégé le gamin du général Karinof, alors qu'il le frappait, il est passé en conseil de Discipline ce matin, et a été mis aux arrêts. Nous ignorons encore pour combien de temps.

Le pire était que le Général frappait bel et bien son fils, et que personne ne s'était jamais dressé contre lui pour ça ! C'était considéré comme faisant parti de l'éducation, et tout parent pouvait agir comme bon lui semblait pour éduquer et élever son enfant. Par ailleurs, l'armée se fichait bien des affaires personnelles des gens avec leurs enfants, leurs épouses ou maris. Dans un sens, c'était très bien, car la vie personnelle n'intervenait nulle part. Mais dans cas dangereux ou extrêmes, c'était un gros frein. A quoi bon avoir des enfants si c'était pour les maltraiter ? A quoi bon avoir des enfant si c'était pour les jeter dans un tel monde... A 37 ans, Isabelle était toujours célibataire et sans gamins, alors que la norme voudrait qu'elle en ait déjà deux ou trois. Elle était en train de tourner vieille fille, sa carrière passant avant tout le reste. Elle ne se souvenait même pas si elle avait déjà eu le désir d'être mère. Femme indigne, pourrait-on dire dans cette société, qui clamait que le seul travail possible pour une femme est de donner des enfants à son mari.

– Au lieu de nous battre chacun de nos côté, pourquoi ne pas agir en une action commune ? Nous pouvons prouver que nous n'essayons pas de vous manipuler ou de vous trahir, comman... heu, madame, pardon. Qu'en dites-vous ?

Il a failli l'appeler commandant, là ? Amusant. Mais elle ne pouvait lui jeter la pierre. Dans l'armée, les femmes qui combattaient, sans se contenter de rester assises derrière un bureau, avaient toutes des caractères plus ou moins forts. Les généraux voulaient que la directrice intègre le groupe qu'ils avaient créé, et elle ne détonnerait pas du tout dans le décor, même avec un uniforme et une arme dans les mains. Cela lui irait d'ailleurs sans doute mieux qu'une jupe longue et des talons, comme elle en portait actuellement.

– Vous pouvez le prouver, n'est-ce pas ? sourit-elle d'un air las en s'appuyant contre son bureau. C'est le monde à l'envers. Presque toute mon équipe enseignante abandonne le navire dès qu'il commence à couler, et quelques jours plus tard, ce sont des militaires qui viennent proposer une alliance.

Une alliance qu'elle devait saisir. D'accord, leur équipe devra agir dans l'ombre, et cela prendra sans doute du temps, mais ils ne pouvaient pas laisser tomber. Lus les jours passaient, et plus le gouvernement resserrait son emprise. Gray était au centre de son attention. Ce village tranquille de campagne, qui serait resté invisible sans tout cette histoire, était devenu un point stratégique de la carte pour la préparation de la prochaine guerre. Cette femme le savait. Elle savait aussi que son école pouvait être le théâtre d'un drame à n'importe quel moment. Que ses alliés l'avaient laissé tomber. Alors comment refuser ce genre d'offre ? Ils n'étaient pas ici pour la piéger, mais parce qu'eux aussi avaient besoin d'aide et de soutien. Le marché était équitable.

– La situation n'est pas vraiment en notre faveur... Et si vous agissez contre vos chefs, vous y laisserez des plumes, vous aussi. Avez-vous déjà pensé à un plan, à des moyens d'agir ? Personnellement, en ce moment, je suis plutôt pieds et poings liés. Cette école est affaiblie, et les traîtres sont partout.

Elle se tourna vers elle, croisant son regard. Pieds et poings liés ? Isabelle ne le croyait pas... Si c'était vraiment le cas, elle ne serait pas montée ici avec eux, et ne parlerait as de tout cela. Elle aurait déjà abandonné tout espoir. Certes, il y avait de nombreux traîtres, mais pas suffisamment pour les empêcher d'agir. Isabelle ne sous-estimait pas le réseau d'espionnage du Maréchal, cependant, et restait constamment sur ses gardes.

– Si vous voulez vraiment nous aider, dites-moi comment.

– Vous n'êtes pas pieds et poings liés. Si c'était le cas, vous ne seriez pas ici, à discuter avec nous. Ce que nous sommes venus vous proposer, c'est un échange, passer un marché. Nous avons autant besoin d'aide que vous.

Elle s'interrompit lorsqu'un craquement dans le couloir indiqua que plusieurs personnes étaient en train d'y passer. Des professeurs visiblement, qui bavardaient en riant et en demandant qui voulait un peu de café avant de corriger ses copies. Elle ne dit rien, attendant qu'ils passent et s'enferment dans la salle des professeurs, juste en face dans le couloir. Une fois le calme revenu, elle prit une petite inspiration, parlant un ton plus bas.

– Nous pouvons espionner, et tenter de saboter les programmes qui ont été mis en place. Ce genre de choses... Et pour ça, il va falloir changer de stratégie. Pour le moment, les personnes qui font parties de groupe formé par le Gouvernement sont toutes bien gagnées à la cause. L'Eglise les appelle les guetteurs de l'Etat pour se moquer, mais le surnom a fini par rester, et eux-mêmes se nomment ainsi, maintenant. Si on veut pouvoir agir, il faut savoir ce qui se passe dans ce groupe, s'y infiltrer, et jouer avec ses propres règles pour le briser.

Elle ignorait si c'était possible, mais ils devaient essayer ! Elle échangea un regard avec John puis se tourna à nouveau vers la directrice.

– Si vous faisiez semblant de capituler et de devenir guetteuse... Vous verriez ce qui se passe là-bas. Et vous auriez plus de moyens d'agir.

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MessageSujet: Re: Des mesures à prendre   Mar 10 Fév - 10:37

– Vous pouvez le prouver, n'est-ce pas ? sourit-elle d'un air las en s'appuyant contre son bureau. C'est le monde à l'envers. Presque toute mon équipe enseignante abandonne le navire dès qu'il commence à couler, et quelques jours plus tard, ce sont des militaires qui viennent proposer une alliance.

Il ne put s'empêcher d'esquisser un maigre sourire. Vu comme cela, la situation était en effet assez ironique, mais elle n'en restait pas moins dangereuse. Cette alliance représentait une opportunité, autant pour elle que pour eux, elle devait le comprendre ! Elle n'avait aucune idée de la façon dont on parlait d'elle, au sien de l'armée, ni même ailleurs en France. C'était une femme, d'accord, une toute jeune mère, aussi, mais elle était aussi le symbole de la résistance du Pensionnat. La moitié de la France la soutenait, l'autre moitié la haïssait. Elle avait rassemblé autour d'elle et de son nom tous ceux qui s'élevaient contre les plans et les objectifs du Gouvernement. Elle n'en avait peut-être pas conscience, mais c'était ainsi. Un mouvement devait avoir un chef, un visage sur lequel projeter tous les espoirs. Si on lui offrait le moyen d'agir véritablement... Elle pouvait fédérer.

– La situation n'est pas vraiment en notre faveur... Et si vous agissez contre vos chefs, vous y laisserez des plumes, vous aussi. Avez-vous déjà pensé à un plan, à des moyens d'agir ? Personnellement, en ce moment, je suis plutôt pieds et poings liés. Cette école est affaiblie, et les traîtres sont partout.

Pieds et poings liés... Elle le pensait vraiment ? Même si on al contraignait, elle, personnellement, à rester tranquille, il n'en restait pas moins que bien d'autres personnes pourront continuer à se battre en son nom. C'était toujours ainsi que cela se passait. Lors d'une guerre, on choisissait une personne, sur qui sera projeté tous les rêves et les buts de la communauté, et même si cette personne était arrêtée, ceux qui la suivaient la considéraient toujours comme le symbole de la lutte. Oui... C'était très symbolique, en fait. Chaque lutte doit être associée à quelqu'un. Une place qu'il n'enviait guère à la directrice, d'ailleurs... Ce genre de personne était la première visée par le camps adverse, et mourrait assez vite, de façon globale. Son camp en faisait alors un martyr et le combat continuait, jusqu'à la défaite complète de l'un des adversaires.

– Si vous voulez vraiment nous aider, dites-moi comment.

Il ouvrait la bouche pour répondre, mais sa coéquipière le devança. Il resta donc à sa place, les bras croisés, toujours en jetant des regards en biais à al directrice. Hum, elle ressemblait à Isabelle, sur quelques points, elles auraient pu bien s'entendre, dans d'autres circonstances.

– Vous n'êtes pas pieds et poings liés. Si c'était le cas, vous ne seriez pas ici, à discuter avec nous. Ce que nous sommes venus vous proposer, c'est un échange, passer un marché. Nous avons autant besoin d'aide que vous.

Exactement ce qu'il songeait depuis toute à l'heure, merci lieutenant. Il était temps de passer au-delà de la méfiance que pouvait inspirer chacun, ou ils n'avanceront pas. Le sous-lieutenant sentait que cette cause était juste. Il répugnait qu'on s'en prenne à des enfants ! Lui-même en avait quatre, et serait capable de tuer de sang-froid le premier qui voudrait s'en prendre à eux. Le silence se fit d'un coup dans le bureau lorsque du monde passa dans le couloir. Il ferma les yeux une minute, impassible, tête baissée, comme s'il priait. Il tâchait de ne plus être si tendu en permanence, mais cela se révélait très difficile. Une fois le calme revenu, il se redressa, rouvrant les yeux.

– Nous pouvons espionner, et tenter de saboter les programmes qui ont été mis en place. Ce genre de choses... Et pour ça, il va falloir changer de stratégie. Pour le moment, les personnes qui font parties de groupe formé par le Gouvernement sont toutes bien gagnées à la cause. L'Eglise les appelle les guetteurs de l'Etat pour se moquer, mais le surnom a fini par rester, et eux-mêmes se nomment ainsi, maintenant. Si on veut pouvoir agir, il faut savoir ce qui se passe dans ce groupe, s'y infiltrer, et jouer avec ses propres règles pour le briser.

Il croisa le regard du lieutenant, devinant où elle voulait en venir. Bien sûr, tous les guetteurs étaient soumis au gouvernement... Mais si une personne alliée à leur cause y entrait ? Eux-mêmes auraient déjà tentés le coup s'ils n'étaient pas stoppés par un léger détail : l'absence de dons. Ils ne pouvaient créer des tornades, faire pousser des arbres en un clin d'œil, et incendier une maison en claquant des doigts. Longtemps, il avait été assez effrayé par ce genre de dons. Puis il en avait vu l'utilité, et la beauté. Une fois, il avait assisté à l'un des entraînements secrets du Colonel... Et n'avait ensuite pas réussi à allumer son briquet pendant une semaine tant il avait peur de revoir ne serait-ce que l'ombre d'une flammèche. Utile, oui, beau, sûrement, mais aussi dangereux, très dangereux.

– Si vous faisiez semblant de capituler et de devenir guetteuse... Vous verriez ce qui se passe là-bas. Et vous auriez plus de moyens d'agir.

Il hocha la tête et avança à son tour d'un pas, décroisant les bras, restant néanmoins prudent.

– Vous voulez sûrement nous envoyer paître, en entendant cela, mais je vous demande d'y réfléchir. Nous n'avons aucun allié parmi les guetteurs d'Etat, personne qui ne puisse travailler de l'intérieur pour notre cause. Or c'est vital. Et l'armée veut vous recruter ! Pour eux, vous êtes une ennemie, sans doute leur première ennemie. Mais vous êtes aussi une personne qu'ils tiennent à prendre, pour votre pouvoir, votre position.

Lui dire cela ainsi était peut-être un peu rude, mais il n'avait pas vraiment le choix. Le temps de l'hésitation n'avait plus lieu d'être, il fallait qu'ils se bougent, tous et qu'ils fassent au mieux pour ne plus se laisser piétiner allègrement, dans un irrespect le plus total des droits humains de base.

– Nous ne vous demandons pas de décider tout de suite, mais d'y réfléchir Vous pouvez compter sur nous pour vous épauler. Il faut une personne qui s'engage tout en gardant son envie de se battre contre le gouvernement.
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Des mesures à prendre   Mer 11 Fév - 10:23

Lieutenant – Vous n'êtes pas pieds et poings liés. Si c'était le cas, vous ne seriez pas ici, à discuter avec nous. Ce que nous sommes venus vous proposer, c'est un échange, passer un marché. Nous avons autant besoin d'aide que vous.

Pas pieds et poings liés ? Elle en doutait fortement, surtout lorsqu'elle regardait de plus près la situation du pensionnat et sa propre situation. Elle se sentait de plus en plus isolée, coupée de tous ses alliés ou presque. Mais de là à passer un marché avec des militaires... Elle hésitait à leur faire confiance, pas après tout ce qui s'était passé, tout ce qu'elle avait vu et entendu. Bien sûr, certains d'entre eux désapprouvaient ce qui se passait au Pensionnat, mais que pouvaient-ils faire contre ? L'armée, ce n'était pas la vie civile, la désobéissance n'était pas une option envisageable. D'un autre côté, elle ne voyait pas pourquoi ils seraient venus lui parler comme ça s'ils ne voulaient pas vraiment faire quelque chose... Depuis le début, les soldats frappaient de face et en plein jour, jamais dans le dos, et ne masquaient pas leurs intentions de prendre le contrôle de l'école et de la vie de ses habitants. Son propre mari lui avait aussi parlé des desseins de l'armée, et elle n'ignorait pas être devenue une cible. Très ironique, en un sens, de se dire que pour l'armée, une jeune accouchée pouvait être une menace sérieuse. Des bruits de pas se firent tout à coup entendre, et elle perçut les voix de ses collègues. Déjà terminé de déjeuner ? Elle se renfrogna un peu plus en les écoutant rire. Pas un qui s'inquiéterait de savoir si elle était toujours vivante, après être partie au milieu du déjeuner avec deux militaires. Une telle solidarité, on n'avait jamais vu ça, elle pourrait en pleurer tellement c'était beau ! Ils lui paraissaient tous tellement faux... 'un coup, ses deux interlocuteurs semblaient avoir repris des couleurs, plus réels que ses collègues insouciants qui se moquaient de tout.

Lieutenant – Nous pouvons espionner, et tenter de saboter les programmes qui ont été mis en place. Ce genre de choses... Et pour ça, il va falloir changer de stratégie. Pour le moment, les personnes qui font parties de groupe formé par le Gouvernement sont toutes bien gagnées à la cause. L'Eglise les appelle les guetteurs de l'Etat pour se moquer, mais le surnom a fini par rester, et eux-mêmes se nomment ainsi, maintenant. Si on veut pouvoir agir, il faut savoir ce qui se passe dans ce groupe, s'y infiltrer, et jouer avec ses propres règles pour le briser.

Les Guetteurs d'Etat... Elle avait toujours ignoré le nom, jusqu'ici. Voilà donc le fameux "groupe" formé par les militaires ? Ou par le gouvernement, peu importe, ce n'était qu'un détail sans intérêt. Soit. Ils s'étaient organisés, ils avaient un nom, des chefs, des règles... Humph. Comment espérer le briser de l'intérieur ? Ils n'avaient aucun allié à leur cause dans ce groupe ! Il fallait une personne possédant un don assez puissant pour les intéresser, capable de ne pas se laisser ni influencer ni embrigader, capable de résister aux coups durs, refusant d'abandonner, et qui pourrait aussi être assez motivée pour grimper tous les échelons de la hiérarchie sans se faire prendre. Cela, c'était vital, car pour modifier les règles du jeu, il fallait d'abord accéder au pouvoir, au sein même du groupe, et s'allier avec d'autres personnes, dans l'armée régulières, qui elles-même auront du pouvoir. Bien, ne restait plus qu'à trouver une personne pouvant faire tout ça et qui acceptera.Très simple, en effet... Ils... Le lieutenant et son coéquipier.. Ils voulaient que... Elle comprit d'un bloc en les voyant échanger un regard et faillit s'étrangler.

Lieutenant – Si vous faisiez semblant de capituler et de devenir guetteuse... Vous verriez ce qui se passe là-bas. Et vous auriez plus de moyens d'agir.

Ils voulaient que ce soit elle qui entre dans l'armée ?! Halte-là ! Et que faisaient-ils de l'école, dans ce cas là ? Et des élèves ?! Ce serait les jeter en pâture ! Les pousser dans le vide depuis le haut d'une montagne sans parachute ! Si elle faisait ça, elle n'aurait plus aucun moyen de les protéger, plus rien, ce serait... Non. Non, elle ne pouvait pas. Pas si cela ouvrait la porte à toutes les idées tordues des généraux de l'armée ! Elle se souvint d'un bloc que Kimmitsu et Adrien étaient toujours là, eux, mais tout de même. Y aller elle-même ? Se rendre, comme ça, paf ? Troublée, elle manqua de sursauter lorsque le sous-lieutenant s'approcha à son tour.

Sous-lieutenant – Vous voulez sûrement nous envoyer paître, en entendant cela, mais je vous demande d'y réfléchir. Nous n'avons aucun allié parmi les guetteurs d'Etat, personne qui ne puisse travailler de l'intérieur pour notre cause. Or c'est vital. Et l'armée veut vous recruter ! Pour eux, vous êtes une ennemie, sans doute leur première ennemie. Mais vous êtes aussi une personne qu'ils tiennent à prendre, pour votre pouvoir, votre position.

Sa position et son pouvoir ? Ils ne faisaient un peu trop, là ! Elle était juste la directrice d'une école prise dans la tourmente à cause d'un Gouvernement tordue, et au milieu de l'indifférence générale de la population Française, sans compter que presque tous les adultes de cette école l'avait lâché comme un rien. Entendre qu'elle était l'ennemie numéro un de l'armée était un peu dur à avaler. Mais s'ils voulaient la recruter... Tout ça pour une question de pouvoir... Pouvait-elle vraiment faire parti du groupe, gravir les échelons, gagner des alliés, tout cela sans dévoiler ses véritables intentions ? Faire semblant d'avoir capitulé comme ils le réclamaient ? Ce sera un jeu extrêmement serré.

Sous-lieutenant – Nous ne vous demandons pas de décider tout de suite, mais d'y réfléchir. Vous pouvez compter sur nous pour vous épauler. Il faut une personne qui s'engage tout en gardant son envie de se battre contre le gouvernement.

Oui, d'accord, mais s'engager... Elle devrait faire croire à l'armée qu'elle avait abandonné à son tour et qu'elle avait enfin vu "l'immense chance" qu'on lui offrait. Quelle perspective agréable. Elle se mordit les lèvres, sa nervosité ayant augmenté d'un bloc. Elle s'imaginait, en uniforme, les cheveux attachés un fusil sur le dos, son pouvoir entre les mains. Quel était le travail de ceux qui faisaient parti de ce groupe, exactement ? Ses deux hôtes devaient l'ignorer. Mais, si pour gagner, il fallait en passer par là... Et si eux étaient prêts à al soutenir... Elle ne pouvait pas se permettre de partir sans aucun allié, au sein de l'armée. Mais avant tout, elle devait s'assurer qu'il n'arrivera rien de grave ou d'inéluctable à l'école.

Gabriella – Je dois réfléchir, finit-elle par répondre d'une voix plus rauque. L'école est... Ecoutez, je vous recontacterais plus tard, il faut que je réfléchisse à tout ça.

Elle ne pouvait pas se décider tout de suite. D'abord s'en ouvrir à Adrien et Kimmitsu, ensuite s'organiser pour l'école, puis prendre sa décision. Elle les salua donc, voulant prendre un peu de temps, mais ne les raccompagna pas jusqu'à la sortie du pensionnat. Elle avait besoin de temps.

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