1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un peu d'aide ?

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Un peu d'aide ?   Ven 23 Jan - 16:12

C'était fort... Très fort, ça... Adrien remua avec peine, les yeux fermés, allongé, ou plutôt affalé de tout son long sur son lit, un bras sur le visage, la bouche entrouverte. Il avait lâché la bouteille vide, qui avait roulé plus loin dans la chambre. Bon, mais très fort, un peu trop, même pour lui. Il renifla, se sentant pire qu'une loque, en cet instant. Il avait passé toute la journée à soigner des rhumes, des gastro, des grippes, des blessures diverses, et il n'en pouvait plus. Il n'en pouvait juste plus. C'était le soir des vacances de Noël, et l'épuisement s'était brutalement abattu sur lui, lorsqu'il était rentré dans ses appartements. Les élèves étaient rentrés chez eux, comme la très grande majorité des professeurs. Ce soir-là, au réfectoire, tout le monde avait chanté des cantiques de Noël, avant que chacun parte retrouver sa famille. Les parents étaient venus retrouver leurs gamins, et même la présence des militaires n'avait pas gâché cet esprit de Noël. C'était beau, frais, brillant, vif... C'était la fête. C'était magnifique. C'était Noël... Il eut un sourire affreux avant de se redresser, encore vêtu de sa blouse blanche, qui était à présent très chiffonnée.

C'était à la période des fêtes de fin d'année qu'il avait si brutalement perdu sa femme et son fils. Et depuis, chaque année, il se détruisait d'alcool et de chagrin, sans tenir compte du fait qu'il n'en diminuait que plus son espérance de vie. Il se leva en titubant puis vomit dans les toilettes, avant de se passer de l'eau sur la figure. Il trouva même le courage de se brosser les dents, faisant un effort. Vive Noël... Il s'appuya contre le lavabo et regarda sa tête dans le miroir. Il avait les joues creusées, les yeux cernés, le teint maladif, une barbe de trois jours, les cheveux en bataille. Une loque. Il tenta un sourire, mais son image lui renvoya l'image d'un homme au bout du rouleau et à moitié mort. Ah... S'il devait passer les fêtes ainsi... Il sortit de ses appartements, dans un soupir, et marcha dans les longs couloirs vides, avant de s'arrêter à une fenêtre. Il vit le père Vilette rentrer chez lui, emmitouflé dans son manteau. Tout le monde devait déjà être parti. Presque tout le monde.

Faisant demi-tour, il remonta au second étage puis alla frapper chez Sarah. Comme personne ne venait ouvrir, il poussa timidement la porte, qui était restée ouverte, se recoiffant rapidement pour être présentable. Il regarda à l'intérieur, dans ces lieux où il était déjà venu quelque fois depuis qu'il fréquentait un peu plus Sarah. Refermant derrière lui, il entendit le bruit de la douche. Sur une impulsion, il s'approcha jusqu'à la porte de la salle de bain, ouverte. Et vit, comme une apparition, une longue silhouette assez pâle, entourée de vapeur, une silhouette fine et longiligne, dans un parfum de rose. Il en resta bouche bée, le regard fixé sur elle, alors qu'elle lui tournait le dos. Elle qui était en train de devenir une amie, il était sous le choc de la voir nue, et en resta pétrifié.

– Tu es magnifique, souffla-t-il sans pouvoir s'en empêcher.

Erreur. Très grosse erreur. Sarah se retourna d'un coup et poussa un hurlement perçant qui lui explosa les oreilles, alors qu'elle s'enroulait précipitamment dans une serviette. Il recula d'un bond, hurlant pardon, qu'il n'avait rien vu, qu'il était désolé, qu'il ne voulait pas l'espionner, complètement paniqué, se prenant les pieds dans le tapis et s'écroulant par terre devant la porte de la salle de bain.

– Désolé ! s'écria-t-il. Désolé, je ne voulais pas t'espionner !

Il entendit un autre cri puis fut frappé de plein fouet par une énorme tornade qui l'envoya se cogner trois mètres plus loin, très violemment, contre le mur. Il en eut le souffle coupé, à moitié assommé, et s'affala au sol, se redressant avec peine. Sarah était sortie de la salle de bain, trempée, une serviette serrée autour d'elle, et absolument folle de rage. Il leva très vite les deux mains, retombant par terre avec un petit gémissement terrorisé.

– Je suis désolé ! hurla-t-il. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris, je, je... C'était impulsif, je... Désolé, vraiment désolé !

Il se ratatina sur-place, affreusement gêné et plus rouge que jamais.

– Je... balbutia-t-il. Tu... Heu... Désolé...

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MessageSujet: Re: Un peu d'aide ?   Ven 6 Fév - 15:55

Sarah – Oui, bonnes vacances, lança Sarah avec un signe de la main, dans la salle des professeurs. Ouh là, Mylène, qu'est-ce qui t'es arrivé ?

Mylène – Brûlée en faisant un petit exercice... loupé. Je devrais aller au cours d'Alice, moi. Tu pars où, pendant ces vacances ?

Sarah – Nulle part, je reste au Pensionnat. Et toi ?

Mylène – Voir la famille dans les Alpes ! Ma mère aura encore trouvé le moyen de me tricoter une vingtaine de pulls et de tous me les faire essayer au réveillon. Allez, va, bon Noël.

Sarah lui sourit en filant vers ses appartements, alors que les derniers élèves quittaient l'école avec leurs parents. Elle enfila son manteau en passant dans le parc, jetant un regard vers le haut bâtiment, alors que la nuit était déjà tombée. Noël... Cette fête avait toujours été un peu triste pour elle. Voilà des années et des années qu'elle ne voyait plus sa famille, et ne recevait aucune nouvelle d'eux, même pour les fêtes. Elle eut une pensée pour ses parents, ses nombreux frères et sœurs, et le réveillon qu'ils devaient être en train de préparer, tous ensemble, avec les grands-parents. Elle et Alice, une de ses sœurs, avaient été rayées de la mémoire familiale à cause de leurs dons, et ce depuis bien longtemps. Sarah eut un soupir en poussant la porte du pensionnat. L'Angleterre était si loin. Sa patrie natale devenait, au fur et à mesure que les jours passaient, rien de plus qu'un souvenir. Elle avait passé maintenant plus d'années en France que sur la grande île.

Refusant de se laisser aller à la mélancolie, elle rentra dans ses appartements, referma la porte sans la verrouiller, et ôta ses chaussures d'un geste. Alice était chez des amis pour passer les vacances, mais hors de question que sa grande sœur se laisse aller ! Elle était Française, maintenant, et fière de son pays. Française et fière de l'être ! Elle mit une bouteille de champagne au frais, et une bouteille de vin à température ambiante, bien décidée à passer ses congés comme elle l'entendait. C'est  dire à cuisiner des gâteaux, lire, prendre de longs bains bien chaud, et se détendre. La bouffe, c'était important, on n'était pas dans le pays du vin, du fromage et du pain pour rien, après tout. Elle enleva ses habits et fila sous la douche, prévoyant de passer la soirée en nuisette en peignoir, avec un bon livre, peut-être une émission de radio, et un verre de vin rouge en main. Elle fit couler l'eau avec délice, souriante, le savon en main. L'eau chaude vous débarrassait de toute la fatigue de la journée, c'était merveilleux.

Voix d'homme – Tu es magnifique.

Sarah sursauta violemment et poussa un hurlement, sautant sur sa serviette et s'enroulant dedans, tournant la tête vers l'intrus. Elle cria encore plus fort en découvrant Adrien, stupéfaite et choquée, alors qu'il venait de s'écrouler devant la porte de sa salle de bain. La fureur l'envahit toute entière alors qu'elle sortait de la bouche, les cheveux dégoulinants, trempée, sa main crispée sur sa serviette. Il l'avait espionnée ! Il était venu l'observer sous sa douche, cet espèce de m*** !

Adrien – Désolé ! s'écria-t-il. Désolé, je ne voulais pas t'espionner !

Il avait osé !! Immonde salaud ! Ordure ! Elle lui hurla qu'il n'était qu'un sale pervers en l'envoyant valser très brutalement contre le mur d'en face avec son don, plus furieuse que jamais. Non mais il l'avait espionné sous sa douche ! Lui ! Il avait osé ! Pervers ! Elle en l'aurait jamais cru comme ça ! Comment avait-il osé ?! Ils commençaient à devenir amis ! Elle lui faisait confiance ! Elle s'approcha à grands pas alors qu'il levait les deux mains, toute prête à le frapper ou à l'envoyer à l'autre bout de Gray grâce à une tornade.

Adrien – Je suis désolé ! hurla-t-il. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris, je, je... C'était impulsif, je... Désolé, vraiment désolé !

Impulsif ?! C'était impulsif chez lui d'aller espionner des femmes nues sous leur douche ?! Sale pervers ! Impulsif !

Adrien – Je... balbutia-t-il. Tu... Heu... Désolé...

Sarah – Mais tu as tout intérêt à être désolé ! s'écria-t-elle. Alors pour toi c'est impulsif d'aller voir les femmes nues dans leur salle de bain ?! Tu n'es qu'un sale pervers !

Elle serra encore plus fort la serviette contre sa peau nue, ulcérée, furieuse, alors qu'il rougissait de plus en plus. dommage qu'elle n'ait rien sous la main pour lui casser la tête en deux car elle s'en serait donné à cœur joie ! Il avait bu ? C'était pour ça ?! Comme la fois où il avait été bourré et avait embrassé la directrice à pleine bouche devant tout le monde ! Il était resté à l'hôpital une semaine, après ça.

Sarah – Tu as bu ou tu voulais juste faire le malin ?! Si c'est le cas, je ne trouve pas ça drôle ! Qu'est-ce que tu fiches ici, et pourquoi es-tu venu m'espionner ?!
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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Un peu d'aide ?   Jeu 26 Fév - 20:45

Sarah – Mais tu as tout intérêt à être désolé ! s'écria-t-elle. Alors pour toi c'est impulsif d'aller voir les femmes nues dans leur salle de bain ?! Tu n'es qu'un sale pervers !

Adrien devait être tout à fait cramoisi, comme si son propre don le brûlait de l'intérieur sous l'effet de la gêne et de la honte. Il n'avait jamais voulu la mettre mal à l'aise ou l'espionner, jamais ! Il ne comprenait pas pourquoi il avait agi comme ça, ni ce qui s'était passé, c'était comme s'il ne se contrôlait plus. Cette femme l'attirait, il y avait quelque chose, chez elle, qui était parvenu à le toucher. Au sein de l'école, elle avait une très mauvaise réputation, injustifiée, selon lui. Aucun professeur n'était ami avec elle, ou très peu, les autres membres du personnel l'ignoraient, ses élèves la haïssaient. Oui, elle avait un caractère un peu fort et elle était colérique, parfois méchante avec ceux qui l'agaçaient. Mais lui ne s'arrêtait pas aux apparences. Il avait su voir sa solitude... Comme lui, elle avait si peu de véritable amis, et même si elle n'en disait rien, il savait que cela devait la travailler. Il savait qu'elle aussi, le soir, elle devait se sentir mal, seule dans son appartement, sans personne avec qui rire ou parler. Il savait qu'elle avait un passé assez difficile, il en avait entendu quelques brides. Il avait su voir, au plus profond d'elle, la fragilité qu'elle dissimulait. Au fond, elle ressemblait beaucoup à Estelle. Dur en apparence, mais fragile en vérité, si fragile... Elle était une des ces femmes qu'il faut protéger, aimer, désirer, combler, accompagner. Une des ces femmes qui ne sont pas faites pour rester seules, de ces femmes qui, même si elles semblent fortes et colériques, ne sont pas faites pour mener des combats.

Anna avait été ainsi, elle aussi. En apparence, elle était très forte et vivace, ne se laissait jamais marcher sur les pieds. Mais au fond, elle avait surtout besoin d'être épaulée, guidée, cajolée comme il se doit. Dans le privé, elle avait été très douce et vulnérable, comme un vase précieux qu'on craignait de briser. Sarah était ainsi... Comme Anna, elle... Oui, il en était touché, et ensuite ? Si lui acceptait de se battre sans trop de problèmes, il était terrifié à l'idée que son épouse puisse l'accompagner dans la lutte, peu importe la nature du combat. Pour lui, un champ de bataille n'était pas la place d'une femme ! Bon, il admettait qu'il y avait quelques exceptions... Certaines femmes qui étaient parfaitement capables de se défendre toutes seules et qui défendaient les autres dans la foulée. Mais Sarah n'était pas de ce genre là. Elle était colérique, oui, comme une certaine autre femme qu'il ne citera pas, mais c'était différente. Chez cette autre femme, la colère lui donnait des forces pour agir, se défendre, combattre. Chez Sarah, la colère la poussait à se replier sur elle-même et en vouloir à la terre entière.

Sarah – Tu as bu ou tu voulais juste faire le malin ?! Si c'est le cas, je ne trouve pas ça drôle ! Qu'est-ce que tu fiches ici, et pourquoi es-tu venu m'espionner ?!

– J'ai un peu bu, oui, mais... Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris, je te le jure ! Je ne voulais pas te faire peur ni t'espionner, crois-moi, je me suis comporté comme un crétin, mais jamais je ne voudrais te faire de mal. Je suis désolé.

Sarah – Tu as bu... Tu es vraiment...

Elle poussa un soupir enragé puis retourna à grands pas vers la salle de bain, et s'y enferma en claquant si fort la porte qu'elle en fit trembler tout l'appartement. Il se releva avec lenteur, s'appuyant contre le mur, puis se secoua un peu, penaud. Il n'osait ni bouger ni parler, ni faire le moindre petit geste. Il entendait la jeune professeur râler contre lui tout en s'habillant, maugréant contre d'autres choses qu'il ne comprenait pas. Il s'assit sur le rebord d'un fauteuil, tête baissée, et tressaillit lorsqu'elle revint. Elle s'assit sur l'autre canapé, les bras croisés, et le fixait, lèvres pincées. Il releva lentement la tête, renouvelant ses excuses. Elle marmonna que ce n'était pas grave. Il y eut un silence, assez écrasant, qui plana un moment dans la pièce. Ni l'un ni l'autre ne parlait, ce qui alourdit la gêne. Au bout d'un moment, elle finit par soupirer longuement et se détendit, se rencognant dans son canapé.

Sarah – Pourquoi as-tu bu ?

– A cause de vieux souvenirs.

Sarah – Mmmh...

Un nouveau silence s'installa, encore plus lourd que le précédent. Il se tortilla sur son fauteuil, plus gêné que jamais, puis prit une grande inspiration. Elle avait le droit de savoir, après qu'il lui fait un coup pareil, et s'il ne lui expliquait pas, elle allait lui en vouloir pendant longtemps. Il ne voulait pas perdre son amitié, elle comptait déjà à ses yeux.

– Je bois souvent, commença-t-il avec lenteur, mais encore plus à Noël. Il y a des années, j'ai... J'ai perdu ma famille dans un accident de voiture... Depuis, je me laisse aller.

C'était un mot assez faible, mais il n'avait pas envie de rentrer plus que ça dans les détails, du moins, pas tout de suite, il n'en avait pas la force.

– Je ne savais plus ce que je faisais, ce soir, je suis désolé... Je noie ce passé dans l'alcool, et ce soir, ça t'est retombé dessus. Je m'enfermerais chez moi, la prochaine fois, je ne veux pas te voir t'éloigner à cause d'une histoire aussi idiote.

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MessageSujet: Re: Un peu d'aide ?   Mar 24 Mar - 13:13

Adrien – J'ai un peu bu, oui, mais... Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris, je te le jure ! Je ne voulais pas te faire peur ni t'espionner, crois-moi, je me suis comporté comme un crétin, mais jamais je ne voudrais te faire de mal. Je suis désolé.

Sarah – Tu as bu... Tu es vraiment...

Elle poussa un soupir exaspéré puis fila s'enfermer dans la salle de bain, claquant la porte. Elle laissa tomber sa serviette sur le sol puis entreprit de s'habiller et sécher ses cheveux, encore furieuse. boire, boire, boire, il ne savait faire que ça ! Combien de fois l'avait-elle vu se mettre dans des états incroyables ? Pourquoi refusait-il de se faire soigner ou de partir en cure, on se le demande ?! La directrice devrait l'obliger à partir en cure, ça lui ferait un bien fou ! Elle prit son peigne pour démêler ses cheveux, marmonnant diverses insultes contre son visiteur. Tout en se préparant, elle se demanda alors pourquoi il persistait à se mettre dans de tels états, encore et encore. Était-ce juste une addiction, ou il y avait-il autre chose derrière cela ? Il avait vraiment eu l'air très mal, toute à l'heure... Elle songea alors que lui aussi aurait pu connaître certains évènements, dans sa vie, qui auraient pu le conduire à ça... Il pourrait boire pour oublier quelque chose, un traumatisme, un choc violent, quelque chose. Elle boutonna sa robe en réfléchissant, pensive. Adrien avait toujours eu, depuis son arrivée ici, un regard perdu, triste, comme s'il se moquait bien de la marche du monde, se contentant de vivre dans ses propres souvenirs. Il y en avait d'autres, comme lui, au pensionnat, parmi les professeurs, à croire que cette école était un refuge pour les âmes brisées.

Elle ressortit puis alla à son tour s'installer dans le canapé de son petit salon, les bars croisés, en fixant l'infirmier. Il lui dit à nouveau qu'il était désolé, et elle marmonna que ce n'était pas grave. Elle attendait des explications, mais lui ne semblait pas disposé à briser le silence qui venait de s'installer. Bon, si elle ne se décidait pas elle-même, ils allaient rester ainsi pendant des heures, à se fixer en chiens de faïence, sans que l'un ou l'autre ne daigne ouvrir la bouche. De toute manière, s'il avait vraiment vécu une chose terrible qui le poussait à boire, il devait en parler. Tout garder pour soi sans en parler à personne ne servait strictement à rien, à part vous rendre dingue. Les personnes qui persistaient à ne pas parler méritaient, à ses yeux, de tourner folles, car rien ne les empêchaient de s'ouvrir à une personne de confiance. Se contraindre à tout garder pour soi était complètement crétin, et valable pour ceux qui aimaient souffrir et se faire plaindre, rien de plus.

Sarah – Pourquoi as-tu bu ?

Adrien – A cause de vieux souvenirs.

Sarah – Mmmh...

Donc il avait bel et bien vécu un traumatisme... Maladie, perte d'un proche, accident ? Il y avait tant de choses qui pouvaient arriver et vous jeter dans diverses addictions. Sans compter les personnes qui possédaient un don et qui en étaient influencées. Elle-même avait eu une grosse période où elle avait eu beaucoup de mal à garder la maîtrise de son élément, mais cela allait mieux aujourd'hui. Pourquoi ? car elle avait parlé à des personnes qu'elle aimait, et à qui elle faisait confiance. Quant à ceux qui refusaient de faire confiance à qui qu ce soit alors qu'ils en avaient besoin, qu'ils n'aillent pas se plaindre ensuite d'être encore plus mal, puis qu'ils prenaient plaisir à s'enfoncer tous seuls. Heureusement, Adrien ne semblait pas être de ce genre-là. Et elle était là, elle pouvait l'écouter, comme un véritable ami se devait de le faire.

Adrien – Je bois souvent, commença-t-il avec lenteur, mais encore plus à Noël. Il y a des années, j'ai... J'ai perdu ma famille dans un accident de voiture... Depuis, je me laisse aller.

La mort... Elle le regarda un instant, sentant qu'il n'avait pas terminé. Elle savait qu'il était arrivé au pensionnat quelques années avant elle, et dans uns ale état d'après les rumeurs. Cette école semblait attirer ceux qui voulaient se réfugier loin du monde ou qui avaient besoin de se reconstruire. Ceux qui devaient repartir à zéro. Au moins, ici, il n'y avait pas la crainte d'être jugé ou repoussé car on est "différent". Cette école était comme un refuge, un cocon qui enveloppait beaucoup d'adultes, ici, et les préservait du monde extérieur. Adrien pouvait avoir confiance... Elle ne comptait pas le rejeter, et elle était capable de comprendre ce qu'il ressentait. Sa propre famille était en vie, mais elle avait perdu et ne les reverra jamais. Ils ne voulaient pas de personnes "différentes" parmi eux, et elle était consciente qu'ils refuseront toujours de reprendre contact avec elle. Elle pouvait comprendre ce que cela faisait de perdre ce à quoi on tenait le plus.

Adrien – Je ne savais plus ce que je faisais, ce soir, je suis désolé... Je noie ce passé dans l'alcool, et ce soir, ça t'est retombé dessus. Je m'enfermerais chez moi, la prochaine fois, je ne veux pas te voir t'éloigner à cause d'une histoire aussi idiote.

Sarah – Je ne vais pas m'éloigner... Je sais que ça fait, de perdre sa famille.

Elle se leva, puis s'activa dans la cuisine pour préparer du chocolat chaud, remède à bien des chagrins. Elle sentait qu'Adrien en avait bien besoin, et il n'était pas question de le laisser repartir tout seul chez lui dans cet état. Il pourrait boire à nouveau, ou elle ne savait quoi En plus, c'était le début des vacances, qui voudrait rester tout seul absolument ? Elle fit craquer une allumette pour allumer le petit feu sous la casserole, versant du lait dedans.

Sarah – Je connais un bon restaurant, à Gray, tu sais. On en dit beaucoup de bien, et ils font de bons repas pour le réveillon. Cela t'intéresserait ? On ne va pas passer Noël chacun dans notre coin, ce serait idiot.

Elle tourna la tête vers lui pour lui sourire, tout en remuant le lait dans la casserole.

Sarah – Pour une fois, je voudrais que tu passes de vraies vacances.
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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Un peu d'aide ?   Mar 26 Mai - 10:29

– Je ne vais pas m'éloigner... Je sais que ça fait, de perdre sa famille.

Il sentit son cœur se serrer, alors qu’elle se levait et se dirigeait vers la cuisine. Il savait qu’elle était arrivée très jeune d’Angleterre mais avait toujours ignoré pourquoi, ce qui avait pu la pousser à venir étudier ici, en France, alors que l’école de la grande île était alors encore ouverte. Avait-elle perdu les siens, elle aussi ? Il baissa la tête alors qu’elle préparait du chocolat, se sentant comme un homme debout au bord d’un gouffre en hésitant à sauter et à en finir pour de bon. Il se revoyait, le jour de l’enterrement, debout devant les deux cercueils, un grand et un tout petit. Ses amis qui restaient près de lui, en silence. Quelques collègues. Les amis et la famille d’Anna. La litanie du prêtre, les mots sacrés pour rendre un dernier hommage aux morts. Il avait maudit Dieu, ce jour-là. Il l’avait maudit corps et âme pour lui avoir pris les deux personnes qui comptaient le plus à ses yeux. Il avait quitté Paris le soir même, dans un coup de folie, fuyant sans regarder où il allait, malade, détruit. Comment avait-il fini par se cogner contre les grilles du pensionnat ? Il n’en avait aucune idée. Mais ce jour-là, il avait vu en l’école un refuge où se cacher à jamais, un lieu où personne ne viendra le chercher. Cette école à part était devenue son nouveau foyer.

– Je connais un bon restaurant, à Gray, tu sais. On en dit beaucoup de bien, et ils font de bons repas pour le réveillon. Cela t'intéresserait ? On ne va pas passer Noël chacun dans notre coin, ce serait idiot.

Il releva la tête, avec un air un peu idiot, alors qu’elle lui souriait, la tête tournée vers lui. Passer le réveillon avec elle ? Vraiment ? Elle ferait cela. Il ne sut pas quoi répondre sur le moment, pris de court. C’était bien la première fois qu’on lui offrait une proposition pareille… Pas qu’il ne s’entendait pas avec ses collègues ou autres, mais son côté « je bois comme un trou en me foutant de tout » n’incitait pas à l’inviter à déjeuner. Il n’était pas associable, loin de là, mais restait tout de même assez distant. Le soir, il restait chez lui, à boire le plus souvent, rêvant de sa famille perdue, ne prenant aucun soin de lui-même alors qu’il prenait un soin maniaque des élèves qu’il avait en charge. Il était très touché par la proposition de Sarah, en ayant presque les larmes aux yeux. Elle avait vraiment un cœur en or, elle était une véritable amie pour lui.

– Pour une fois, je voudrais que tu passes de vraies vacances.

– C’est… Je te remercie, ça me touche beaucoup, je…

Il s’interrompit, rougissant un peu, ne disant plus rien jusqu’à ce qu’elle leur serve le chocolat, dans deux bols sur la petite table du salon. Il prit le sien en la remerciant, buvant du bout des lèvres. Après un moment passé juste à se réchauffer, il finit par lui répondre que ce sera avec plaisir et bien mieux que de rester seuls, chacun chez soi, pendant les fêtes. Il lui sourit doucement, assez ému. Il ne comprenait pas que des élèves puissent se plaindre d’elle, elle était adorable et prenait soin de ses proches. Il lui en était reconnaissant, vraiment. Près d’elle, il se sentait mieux, comme s’il pouvait reprendre goût à la vie, avoir des projets. Il se détendit et la discussion dériva sur d’autres sujets, un peu de tout, sans qu’il voie le temps passer. Il était juste bien, avec elle, il aimerait que cela dure très longtemps.

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