1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Conseil de Discipline

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Isabelle Robin
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MessageSujet: Conseil de Discipline   Jeu 22 Jan - 13:45

[Avec la réac donnée par Fabrice.^^]

– Oh, pardon, mais j'étais persuadée que vous n'étiez pas du genre à agir sans réfléchir au préalable ! siffla Isabelle, très raide et furieuse, dans la petite pièce. Il y avait autre chose à faire, autre chose pour réagir, alors que là... Colonel, depuis toujours, vous êtes très prudent, mais ici, vous avez commis une grave erreur. Nos supérieurs ne vont pas hésiter à vous tomber dessus et vous le savez. Vous savez que la majorité des Généraux sont contre vous, à cause de votre âge, à cause de de ce que vous faites, et ici, ils tiennent une occasion en or ! Une occasion que vous leur avez fournie, avec ça ! Vous êtes censé être prudent, pas vous attirer tous les ennuis du monde. C'est...

Sébastien – Lieutenant, s'il vous plaît, je suis navré d'avoir à vous le dire, mais vous allez finir par ameuter du monde à crier ainsi.

Isabelle foudroya l'adjudant-chef du regard, s'arrêtant de marcher de long en large à travers la pièce, sans que cela perturbe son équipier qui avait l'habitude ses "crises d'énervement", comme il les nommait. Elle soupira puis reprit sa marche, cherchant à se calmer. Elle n'en revenait pas, jamais elle n'aurait cru que le Colonel puisse commettre une telle erreur ! Elle était arrivée à la caserne ce matin, et avait appris que le Colonel était convoqué pour un conseil de discipline, sur décision du général Karinof. Elle avait aussi été le trouvé dans la pièce où il attendait son jugement, avec le reste de l'équipe. Depuis, elle ne cessait de marcher en long et en large tout en lui faisant bien comprendre à quel point elle trouvait son attitude stupide et irresponsable. Ne pouvant s'en empêcher, elle s'arrêta net près de lui, assis sur un banc.

– Et maintenant, ils ne vont pas vous rater, Colonel ! Ce n'est pas vous qui aviez affirmé garder votre calme, même dans les situations les plus urgentes et difficiles ?!

Colonel – Oui, oui, d'accord, je suis un gros imbécile, j'ai bien compris ! Mais je ne pouvais pas rester sans réagir non plus, ce gros porc était en train de frapper son gamin.

– Mais vous auriez pu réagir autrement ! s'écria-t-elle d'une voix d'un coup suraigu. Alors qu'ici, vous allez avoir droit à un conseil de discipline, que les généraux vont en profiter pour vous tomber dessus, que vous risquez un blâme ou pire, ou que...

John – Isabelle, il a compris, là, je crois... Calme-toi un peu.

– Je me calme si je veux ! Ce n'est quand même pas possible d'en arriver là !

Toute l'équipe soupira en cœur, sans qu'elle y prenne garde. Elle finit par se laisser tomber sur un banc à son tour, près du Commandant qui était occupé à tordre une petite barre en fer entre ses mains. Elle le regarda un moment, la tête lui tournant presque, tant elle était inquiète. Et si jamais les généraux venaient à soupçonner plus de choses, chez le colonel ? Si jamais ils en arrivaient à naviguer sur des eaux dangereuses ? S'ils le poussaient à bout ? S'ils découvraient la vérité ? Ce serait catastrophique ! Elle tourna la tête vers son supérieur hiérarchique, assis non loin d'Enrick, qui lui ne disait rien du tout, tête penchée.

– Soyez prudent, Colonel, c'est la seule chose que je vous demande. Gardez votre sang-froid habituel et en vous laissez pas avoir, ils n'attendent que cela.

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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Conseil de Discipline   Jeu 22 Jan - 20:31

Il n'aurait sans doute pas dû dire ça... Il vit l'air de sa subordonnée se noircir de colère, et il s'assit sur le banc avec un soupir, près du soldat Enrick, qui avait un air assez gêné. Tous, ici, pouvaient sentir l'orage arriver... Le lieutenant était une personne assez sévère – et son garde-fou personnel, entre parenthèses – mais il ne fallait pas la contrarier. A titre d'exemple, une fois, un soldat de rang lui avait fait une remarque déplacée sous prétexte qu'elle était une femme. Elle lui avait tiré dessus très exactement tout autour du corps, le collant au mur tant il avait été terrorisé. Il y avait ensuite un très grand silence, dans le réfectoire de la caserne, et tout le monde avait bien compris de ne plus contrarier la jeune femme. Et ici, il savait qu'il n'allait pas y couper, il le sentait bien. Tout le monde retenait son souffle, alors qu'elle faisait les cents pas, le temps que sa colère monte encore un peu. Le commandant la suivait du regard, les bras croisés, appuyé contre le mur. Enrick, lui, était de moins en moins à l'aise, et ne le cachait pas. John gardait un air impassible, comme si la situation l'intéressait peu, mais Fabrice savait qu'il était très attentif.

Lieutenant – Oh, pardon, mais j'étais persuadée que vous n'étiez pas du genre à agir sans réfléchir au préalable ! Il y avait autre chose à faire, autre chose pour réagir, alors que là... Colonel, depuis toujours, vous êtes très prudent, mais ici, vous avez commis une grave erreur. Nos supérieurs ne vont pas hésiter à vous tomber dessus et vous le savez. Vous savez que la majorité des Généraux sont contre vous, à cause de votre âge, à cause de de ce que vous faites, et ici, ils tiennent une occasion en or ! Une occasion que vous leur avez fournie, avec ça ! Vous êtes censé être prudent, pas vous attirer tous les ennuis du monde. C'est...

Adjudant-chef – Lieutenant, s'il vous plaît, je suis navré d'avoir à vous le dire, mais vous allez finir par ameuter du monde à crier ainsi.

Il garda le silence, l'air impassible, les yeux fixés sur le banc d'en face. Bien sûr que les généraux allaient sûrement en profiter, mais c'était à lui de jouer, maintenant, pour se sortir de là sans trop de dommages. Il savait qu'ils le considéraient trop jeune et trop inexpérimenté pour le costume qu'il avait endossé, et qu'au moindre faux pas, personne n'allait le rater. Mais il savait tout cela, merci, il savait prendre ce risque lorsqu'il avait défendu le gamin contre son père. Il savait que cela allait finir ainsi, après avoir tenu tête à son supérieur hiérarchique, surtout un type comme celui-là... Il était même étonné de ne pas avoir été arrêté directement. Il avait juste passé une journée dans son coin puis avait reçu la convocation pour le conseil de discipline. Le lieutenant s'arrêta tout à coup, plantée devant lui. Il releva la tête pour la regarder droit dans les yeux, sans ciller. Il savait très bien qu'elle était furieuse, mais elle s'inquiétait. Elle s'inquiétait toujours pour lui. Il croisa les mains, bras appuyés sur ses genoux. A quoi servait-il de hurler, maintenant, de toute façon ? A rien du tout ! On ne pouvait pas changer le passé, ce qui était fait était fait.

Lieutenant – Et maintenant, ils ne vont pas vous rater, Colonel ! Ce n'est pas vous qui aviez affirmé garder votre calme, même dans les situations les plus urgentes et difficiles ?!

– Oui, oui, d'accord, je suis un gros imbécile, j'ai bien compris ! Mais je ne pouvais pas rester sans réagir non plus, ce gros porc était en train de frapper son gamin.

Il retint un très long soupir. Oui, il avait très bien compris, il s'était comporté comme un imbécile, et voilà, point. On n'allait tout de même pas en faire un drame. Il s'appuya contre le mur derrière lui, les yeux dans le vague. Ça aurait pu être pire, non ? Et jusqu'ici, il était toujours libre de ses mouvements, en attendant le conseil. Un soldat de rang aura été fichu en cabane pour lui refroidir les idées.

Lieutenant – Mais vous auriez pu réagir autrement ! Alors qu'ici, vous allez avoir droit à un conseil de discipline, que les généraux vont en profiter pour vous tomber dessus, que vous risquez un blâme ou pire, ou que...

Sous-lieutenant – Isabelle, il a compris, là, je crois... Calme-toi un peu.

Lieutenant – Je me calme si je veux ! Ce n'est quand même pas possible d'en arriver là !

Il soupira avec les autres, secouant légèrement la tête. Ce n'était pas si grave, alors on se calme et on respire. Ils n'auraient même pas dû se sentir obligés de tous courir ici en attendant qu'il passe en conseil. Ce matin, lorsqu'il avait reçu la convocation, on lui avait signalé de se rendre dans cette pièce, où on viendra le chercher lorsque l'heure sera venue. On lui avait pris son arme et il n'avait plus qu'à attendre. Il ferma les yeux deux minutes, alors que le lieutenant se laissait tomber sur le banc, à côté du commandant. Tout cela allait sans doute se terminer vite,et même s'il écopait de quelques jours en prison, ce ne sera pas la fin du monde. Il croisa les bras et les jambes, rouvrant les yeux. Il regarda les membres de son équipe, pensif, touché qu'ils soient tous venus.

Lieutenant – Soyez prudent, Colonel, c'est la seule chose que je vous demande. Gardez votre sang-froid habituel et ne vous laissez pas avoir, ils n'attendent que cela.

– Je serais prudent, lieutenant, ne vous en faites pas, répondit-il en baissant la tête, regardant ses mains croisées. Je ne compte pas leur donner plus de raisons de m'en vouloir ou de se méfier de moi.

Il ignorait si cela l'avait calmé ou non, mais il s'agissait là de la pure vérité, il n'avait aucune intention de donner des armes supplémentaires à ses ennemis, peu importe la situation. Il y eut un moment de flottement, puis la porte s'ouvrit, laissant passer un aspirant, qui fit le salut militaire. Le Colonel se leva et le lui rendit, sous le regard tendu de son équipe.

Aspirant – Colonel Gavin, le Général Bradley vous convoque.

Il fronça légèrement les sourcils. le chef de leur armée en personne, pour un simple conseil de discipline ? Il suivit l'autre militaire dans les couloirs, puis on le fit entrer dans une salle de réunion de la caserne, où étaient assis le général Karinof, le général Bradley, et d'autres militaires qu'il ne connaissait que de vue. Il les salua puis s'assit à son tour, face à Bradley. Il ne le voyait que rarement... Ce n'était pas le genre d'hommes à se balader parmi ses troupes pour demander si tout allait bien. Mais rester bien droit et surtout, garder un air impassible. Toute son équipe attendait, ils étaient derrière lui, et cette idée renforça son courage. Allez, qu'on en finisse. Il écouta ce dont on l'accusait, le rappel des faits, comme dans un véritable procès, alors qu'il ne s'agissait que d'un rappel à l'ordre.

*Ça doit bien vous amuser, tout cela,* songea-t-il. *Essayer d'humilier quelqu'un que vous détestez. La hiérarchie est très utile dans ces moments-là.*

Le général Karinof raconta ensuite sa propre version des faits, où il oubliait très curieusement de mentionner le fait qu'il avait frappé son fils. Tiens donc. Si le décorum les amusait autant, pourquoi ne pas l'avoir fait passer directement en cour martiale ? S'ils voulaient lui faire peur... Il resta impassible, néanmoins, n'affichant aucune émotion. Il soutenait le regard de Bradley, qui ne cessait de le fixer depuis son entrée dans la pièce. Il avait une tâche sur le nez ?

Bradley – Aviez-vous bu, Colonel, avant cette altercation ?

– Jamais en service, mon Général.

Savait-il que Fabrice avait tendance à un peu trop forcer sur la bouteille ? Il ne sous-estimait pas son réseau d'espionnage, et partit donc du principe qu'il était parfaitement au courant. La partie s'annonçait serrée, mais jamais il n'aurait imaginé que le commandant suprême se déplace pour une histoire aussi bête. Si le lieutenant avait su ça, elle aurait sans doute hurlé encore plus fort pour sa bêtise. Il comptait les battements de son cœur par trois pour contenir ses sentiments et maîtriser sa respiration. Perdre le contrôle serait trop dangereux, pour lui.

Bradley – Pourquoi avoir agressé le général Karinof alors qu'il ne faisait que parler à son fils ? Pourquoi, par ailleurs, vous permettre tout court de remettre en cause l'un de vos supérieurs hiérarchiques ?

– Je ne me l'autorise pas, mon Général, je n'oserais pas remettre le général Karinof en question. Cette altercation était malheureuse, et je n'ai réalisé que trop tard la portée de mes paroles.

Il n'avait pas d'autre choix que de s'écraser, pour le moment, et au diable sa fierté. Dans des situations comme celles-là, on s'asseyait sur son honneur et on filait droit. Beaucoup n'en seraient pas capables, car peu de personnes acceptaient ce genre d'humiliation sans rien dire, ne serait-ce que par fierté, mais il le fallait. Il ragera plus tard. Ici, ce que ces hommes voulaient, c'était l'humilier, le rabaisser, le remettre à sa place. Plus vite ils obtiendront ça, plus vite il pourra partir.

– Général Karinof, vous n'avez aucune raison de les accepter, mais je vous présente mes excuses les plus sincères. Je n'étais pas à ma place en vous parlant ainsi.

Orgueilleux comme il l'était, il avait toutes les chances de les prendre, ces excuses, et de renforcer ainsi son ego déjà surdimensionné. Quel type infect, une véritable maladie ambulante. Il tourna à nouveau la tête vers Bradley, puis Karinof.

– Quelle sera ma sanction ?

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Magister
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MessageSujet: Re: Conseil de Discipline   Ven 23 Jan - 11:49

[PNJ Général de Division Albert Bradley, commandant en, chef de l'armée.]


Subordonné – Mais, votre Excellence, vous allez vous déplacer pour un simple conseil de discipline ?

– Ce conseil-là m'intéresse. Il concerne le Colonel Gavin. J'imagine que vous avez déjà entendu parler de lui, Commandant ?

Subordonné – Le Colonel de flammes... Oui, il a une réputation plutôt mauvaise parmi les hommes, il est considéré comme un homme très cruel.

Le regard du général se plissa très légèrement alors qu'il entrait dans la salle, lâché par son subordonné et salué par les généraux qui étaient déjà présents. Il s'assit très tranquillement, coudes sur la table, mains croisées devant lui. Considéré comme un homme très cruel, n'est-ce pas ? Il ne le croyait pas. Ses actes portaient à le considérer ainsi, mais le général pouvait lire dans son regard qu'il n'était pas aussi dangereux et insensible qu'on pouvait le croire. Le Colonel pouvait tromper bien des gens, mais pas lui, il voyait dans son jeu, il devinait la tromperie et le mensonge, cet aura dont s'entourait le jeune homme pour se préserver. Si jeune... Être à ce grade à son âge était une aberration, tout simplement. Il y avait trop de choses étranges chez lui pour qu'il n'attire pas l'attention. Albert sourit très légèrement, alors qu'on allait chercher le Colonel. Au moins était-il un bon adversaire. Il le reconnaissait intelligent et prudent. Mais il suffira d'une faille dans sa défense pour que le général y plonge.

Il reposa ses mains sur la table lorsque le Colonel s'assit face à lui. Nous y voilà. Le général écouta à peine le rappel des faits, puis ce que raconta le général Karinof. Il se moquait bien de ce qui s'était passé, tout ce que lui importait, c'était de confronter à ce blanc-bec et de découvrir ce qu'il cachait. Il voulait le tester, voir ses failles, ce qui le perturbait le plus, découvrir qui il était vraiment, somme toute. Avec cela, il n'ignorait pas que ce jour-là, Karinof avait bien frappé son morveux, bien qu'il affirme n'avoir rien fait contre lui. Et il savait aussi bien des choses sur le jeune homme face à lui, y compris qu'il avait lui-même été frappé par son père, étant enfant. Ce que faisait le général Karinof avec son fils n'avait aucune importance aux yeux du Maréchal. Il l'élevait comme cela lui chantait. Ce conseil était cependant un belle opportunité. Il détaillait toujours le colonel, pensif. Alors, où étaient ses limites et ses points faibles ? Il y en avait un, en tout cas, qui pourra jouer contre lui, à l'avenir.

– Aviez-vous bu, Colonel, avant cette altercation ?

Colonel – Jamais en service, mon Général.

Ce qui était faux, il lui était déjà arrivé, bien des fois, de se laisser un peu trop aller alors qu'il portait encore son uniforme. Voilà bien autre chose que le général voulait élucider sur lui. Pourquoi avoir endossé cet uniforme ? Ce blanc-bec était un peu trop ambitieux, et si, en temps normal, Bradley avait besoin d'hommes de ce genre, il se méfiait de lui. Ce petit jeu ne venait que de commencer, et le Colonel allait regretter d'être vite d'avoir été convoqué ici. Nulle peur, pour le moment, ne se lisait dans son regard, ce qui amusa son supérieur. Il avait du cran, ce petit.

– Pourquoi avoir agressé le général Karinof alors qu'il ne faisait que parler à son fils ? Pourquoi, par ailleurs, vous permettre tout court de remettre en cause l'un de vos supérieurs hiérarchiques ?

Colonel – Je ne me l'autorise pas, mon Général, je n'oserais pas remettre le général Karinof en question. Cette altercation était malheureuse, et je n'ai réalisé que trop tard la portée de mes paroles.

Hum, en effet, son sang-froid était des plus excellents, c'était un bon point pour lui. Il avait parfaitement intégré la hiérarchie militaire et le respect qui en découle. Brave petit. Il continua de le fixer, cherchant sur son visage une trace de tension ou de peur, mais il restait impassible. A quoi pouvait-il bien songer ? A son équipe ? Et quelle équipe... Un ancien espion que beaucoup prenaient pour un vulgaire traître. Un balourd trop grand qui adorait s'amuser avec des armes à feu. Un petit idiot qui n'avait jamais réussi à être chose que simple soldat de rang, autrement dit, de la chair à canon. Un type qui avait été accusé de meurtre et qui ne saurait pas toucher un éléphant dans un couloir. Et une femme qui avait pour seule mérite de bien viser. Pathétique. Et le tout dirigé par un colonel trop jeune et alcoolique, encore plus louche que tout le reste de son équipe réunie.

Colonel – Général Karinof, vous n'avez aucune raison de les accepter, mais je vous présente mes excuses les plus sincères. Je n'étais pas à ma place en vous parlant ainsi.

Bradley ne voyait vraiment pas pourquoi ils le suivaient, ce morveux. Quel intérêt y voyaient-ils ? Mais soit, ce n'était pas le sujet du moment. Il croisa le regard du jeune homme, pensif. Qui es-tu, petit ? Et que caches-tu ? Le général comptait bien lui faire cracher tous ses secrets, de gré ou de force.

Colonel – Quelle sera ma sanction ?

– Considérant la gravité de votre faute ? Vous allez être mis aux arrêts pour vingt jours, à effet immédiat, avec une période d'isolement assortie. Cela vous donnera le temps de réfléchir à vos actes.

Un militaire mis aux arrêts effectuait son service de façon normale, mais dès la fin de ce service, il lui était interdit de quitter le périmètre défini par son supérieur, et toute permission était reportée au-delà de la période d'arrêt. Lorsqu'une période d'isolement était ajoutée, le militaire aux arrêts était alors suspendu de son service, placé dans un local fermé, et soumis à un suivi médical. Il pouvait communiquer par écrit aux personnes de son choix, recevoir du courrier, et la visite de supérieurs hiérarchique. Le général observa un moment le jeune militaire, un léger sourire aux lèvres, puis tira à lui la petite boîte posé sur la table. Il en tira l'arme du Colonel, un pistolet de calibre 45. Une arme réglementaire, chargée, qu'il soupesa dans sa main.

– Ce conseil aurait dû avoir lieu il y a déjà longtemps, Colonel... dit-il en examinant l'arme. Je me souviens de cette histoire, avec le jeune Marc Sandar, un soldat du rang. L'ordre avait été donné de l'arrêter, de le tuer en cas de résistance. Effectivement, vous l'avez arrêté, mais pas de la façon convenable.

Il redressa le pistolet et tira tout à coup en direction du Colonel, dans un brusque bruit. La balle vint s'écraser sur le mur de derrière, frôlant la tempe du jeune homme, dont les mèches brunes voletèrent un instant sus le souffle du tir.

– Voilà ce que vous auriez dû faire. Tirer avec ceci.

Il pointa de nouveau l'arme sur lui, presque négligemment, le coude posé sur la table.

– Expliquez-moi donc pourquoi vous avez jugé utile de le brûler vif... Et répétez ensuite vos excuses au général Karinof, je n'ai pas très bien entendu, la première fois.
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Fabrice Gavin
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MessageSujet: Re: Conseil de Discipline   Ven 23 Jan - 15:03

Bradley – Considérant la gravité de votre faute ? Vous allez être mis aux arrêts pour vingt jours, à effet immédiat, avec une période d'isolement assortie. Cela vous donnera le temps de réfléchir à vos actes.

Vingt jours d'arrêt avec un isolement ? De la prison, quoi... Il serra les dents, sans se départir de son air impassible. Vingt jours... Bon, très bien, ça aurait pu être pire, l'armée pouvait monter jusqu'à quarante jours d'un seul coup, voire plus s'il y avait des circonstances aggravantes. Il imaginait déjà la réaction de son équipe lorsqu'ils allaient apprendre qu'on le foutait en cabane pendant presque un mois, ils allaient sûrement mal prendre la blague. Sans compter que s'ils attendaient au-dehors, ils allaient le voir passer, sous escorte, alors qu'on ira l'enfermer. Mais restons positif, ça pouvait être pire. Ce n'était que vingt jours, il pouvait très bien survivre à ça. Et puis, il pourra au moins écrire à ses proches ou ses amis. Tout ce qui l'embêtait, c'était la surveillance médicale qui allait avec l'isolement. On surveillait aussi bien la personne pour éviter qu'elle ne se suicide que pour vérifier si elle ne présentait pas des troubles qui justifieraient son comportement. Chez lui, on pouvait causer l'alcool ou il ne savait quoi. Joyeuses perspectives, bouclé dans une pièce pendant presque un mois avec pour seule visite son médecin traitant dans l'armée. Mais soit. Bradley prit tout à coup son arme, qui lui avait confisquée avant le conseil. Pourquoi jouait-il avec ça, il n'en avait jamais vu ? Fabrice se méfiait de cet homme, il était imprévisible, et trop froid pour être honnête.

Bradley – Ce conseil aurait dû avoir lieu il y a déjà longtemps, Colonel... dit-il en examinant l'arme. Je me souviens de cette histoire, avec le jeune Marc Sandar, un soldat du rang. L'ordre avait été donné de l'arrêter, de le tuer en cas de résistance. Effectivement, vous l'avez arrêté, mais pas de la façon convenable.

Oui, Marc... Ces messieurs feraient une drôle de tête s'ils savaient que le jeune n'était pas mort. Bradley redressa tout à coup l'arme et appuya sur la détente, faisant sursauter le colonel qui sentit le souffle brûlant de la balle lorsqu'elle frôla sa tempe. Il s'interdit de justesse de bouger, sous l'ait glacial du général. Il était dingue ! Il venait de lui tirer dessus ! Et avec son propre pistolet, qui plus est. Il eut une pensée pour son équipe, au-dehors, qui avait sûrement entendu la détonation.

Bradley – Voilà ce que vous auriez dû faire. Tirer avec ceci.

Il le tenait toujours en joue, et Fabrice se raidit sensiblement. Ce homme était... Cette armée était vraiment dirigée par des cinglés, c'était très inquiétant. Il crispa les deux mains sur ses genoux, sous la table, une légère goutte de sueur sur la tempe. Il se voyait très mal expliquer cette petite scène aux autres, déjà qu'ils avaient tendance à trop s'inquiéter.

Bradley – Expliquez-moi donc pourquoi vous avez jugé utile de le brûler vif... Et répétez ensuite vos excuses au général Karinof, je n'ai pas très bien entendu, la première fois.

Fabrice fronça légèrement les sourcils, bien qu'il tente de n'afficher aucune émotion. Ils s'en serviraient aussitôt contre lui, et ce n'était pas le but de l'affaire. Il aurait bien voulu qu'on l'emmène tout de suite, même devant tout le monde, être emprisonné une vingtaine de jours était toujours mieux que d'être là, face à ces fous, qui tiraient ou frappaient sans réfléchir.

– Je n'ai fait que suivre les ordres, mon Général, qui disaient d'abattre le prévenu s'il résistait. Un peu vivement, je l'admet.

En plus, il s'était donné beaucoup de peine, à fabriquer un faux cadavre pour le griller à la place de Marc, et pour évacuer ensuite le jeune homme loin de la France, pour q'il puisse refaire sa vie, libre, loin de l'armée Française.

– Et je vous adresse de nouveau mes excuses, mon Général, pour mon comportement.

Il inclina la tête pour le saluer, fermant les yeux cinq secondes. Là, heureux ? Il pourra en rire avec sa famille et ses amis, le soir, dans un bar, en racontant comment s'était déroulé ce conseil. Et lui, pendant ce temps, il sera en train de ruminer ses pensées dans une petite pièce fermée à clé, seul. Il pourra au moins écrire ou recevoir du courrier, c'était mieux que rien. Il savait que le lieutenant ne restera pas vingt jours sans donner ou prendre aucune nouvelle.

Bradley – J'espère que ça ne se reproduira plus jamais. Vous êtes de toute façon trop jeune pour remettre en question la moindre remarque de vos aînés.

Charmant. Il n'écouta pas la suite, se contentant de se lever, très raide, lorsque deux autres militaire vinrent l'encadrer. Il salua ses supérieurs puis les suivit, quittant la pièce. Comme il s'y était attendu, toute son équipe attendait au-dehors. Il leur fit un maigre sourire pour les rassurer mais ne put s'arrêter pour leur parler. Désolé... Le général Karinof se fera sans doute un malin plaisir de leur dire ce qui s'était passé. Il fut emmené dans l'aile est de la caserne, puis bouclé dans une petite chambre avec juste un lit en fer, des affaires de toilettes, une fenêtre grillagée et un bureau. La porte se referma derrière lui avec un claquement, et il soupira longuement, passant une main dans ses cheveux.

– Allez donc au diable, mon Général, murmura-t-il entre ses dents.

Il s'assit sur le lit, ou plutôt s'y laissa tomber, et regarda le plafond, l'air dans le vague. C'était parti pour vingt jours...

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