1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Dites-moi, Colonel...

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Georges Karinof
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MessageSujet: Dites-moi, Colonel...   Lun 22 Déc - 13:08

Les résultats n'étaient pas mauvais... Plutôt même satisfaisant. Assis dans un large siège, les jambes à moitié croisées, Georges buvait une grande tasse de café en lisant le rapport qu'on venait de lui fournir. Voilà ce qu'il appréciait ! Du travail bien fait, de l'organisation, et du bon sens. L'école entière était sous leur contrôle, et les gamins s'étaient tous calmés. Même son fils, ce qu'il appréciait d'autant plus. Il but une gorge de café en examinant les résultats analyses, sur leurs derniers cobayes en date. Le docteur Rochard ne perdait pas son temps... Il travaillait très efficacement, et le général avait fait en sorte qu'on lui fournisse tout le soutien logistique et humain nécessaire. Le président sera très content de voir leurs avancées. Il sourit légèrement lisant la conclusion du rapport, portant sa tasse à ses lèvres. Beau boulot. Levant la tête, il jeta un coup d'œil au Colonel Gavin, qui attendait devant le bureau, debout, mes mains dans le dos, très droit. Il avait toujours bien fait son travail.

- Tout ceci est parfait, commenta-t-il en reposant le rapport sur la table. Beau travail, Colonel, je n'en attendais pas moins de vous. Il est heureux que vous et vos hommes aient pu mater cette rébellion navrante.

Il se tut un moment, le regard vague. Même son gamin idiot ne faisait plus de vagues, en ce moment. Comment le colonel s'y était-il pris ? Il avait observé son fils, et l'avait trouvé assez troublé et nerveux, chose assez rare pour que même lui en soit étonné, voire un peu inquiet. Il voulait qu'il se calme, mais pas qu'il devienne névrosé, ou il sera tout à fait inutile pour ses projets ! Enfin, peut-être n'était-ce que le contrecoup. On verra bien sur le long terme, et Georges avait d'autres préoccupations pour le moment. Il observa son interlocuteur avait un œil curieux, lèvres pincées.

- Je ne vous ai pas fait venir que pour ce rapport, je voulais aussi vous parler de certaines choses, rajouta-t-il en posant sa tasse de café. Je me posais des questions, à votre sujet. J'ai relu votre dossier, vous avez eu un parcours plutôt atypique. Mais récemment, on parle de vous d'une autre façon. Le jeune homme que vous avez fait brûler vif à Gray... Beaucoup ont trouvé ça disproportionné, alors qu'il vous aurait suffi de lui mettre une balle dans le pied s'il s'obstinait à résister.

Il se leva, rajustant mécaniquement les pans de son uniforme. Il fallait vraiment en vouloir à une personne pour la tuer de cette façon, ou bien être dépourvu de la plus petite once de remords... Georges avait voulu savoir comment on pouvait avoir un tel mental, et il s'était renseigné sur la famille du colonel. Il n'avait retrouvé que le père, un vieil homme bourru, en maison de retraite, qui s'évertuait à cracher qu'il n'avait pas de fils. Tout à fait charmant.

- Dites-moi, Colonel, pourquoi cet amour des allumettes ? De plus, j'aimerais avoir votre avis sur la suite des opérations, ce que vous comptez faire, vos agissements pour aider à notre projet.
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Fabrice Gavin
Colonel
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MessageSujet: Re: Dites-moi, Colonel...   Sam 3 Jan - 20:17

[HJ : Fait avec le général et son fils.]

Avait-il des regrets, parfois ? Le Colonel savait que toute son équipe se posait la question. Avait-il des regrets ? Pour devoir obéir à certains ordres ? Enfermer et torturer des personnes qui lui ressemblaient ? Traquer sur toute la planète les personnes avec un don puissant ? Regrettait-il qu'on le prenne pour un salaud ou un vendu ? Regrettait-il de devoir mentir sans cesse, de se dissimuler, de se cacher, d'être craint ou haït ? Voilà les questions qu'ils se posaient. Et à chacune d'entre elle, Fabrice n'avait qu'une réponse : Non. Non, il ne regrettait jamais rien de ce qu'il faisait, il ne regrettait absolument aucune de ses actions. Leur monde n'était certes pas parfait, mais il était là, et si le colonel voulait mener sa quête jusqu'au bout, il ne devait pas se laisser freiner par ses sentiments ou ses états d'âme, mais toujours faire au mieux. Contrôler ses émotions revenait à pouvoir contrôler sa vie, et donc à s'en sortir, à réussir, tout simplement. Et il réussira. Il savait ce qu'il avait à faire, le chemin qu'il devait prendre. Il ne lui restait plus qu'à marcher et tenir jusqu'au bout.

Debout, les mains dans le dos, il restait au garde-à-vous, attendant que le général ait terminé de lire le rapport qu'il venait de lui donner. Il se méfiait de cet homme comme de la peste, mais il lui vouait un profond respect, également, pour le parcours qu'il avait eu, la carrière qu'il avait su mener. Cet homme était un militaire brillant, que ce soit un salaud et une ordure ne changeaient rien à cela. Fabrice le respectait pour ses qualités de meneur d'hommes et pour son courage, certainement pas pour sa fibre paternelle ou son caractère de sauvage. Mais soit, sur ce dernier point, on ne pouvait pas changer grand-chose. Il sourit légèrement, sourire qui se perdit très vite par la suite, en voyant celui du Général.

- Tout ceci est parfait, commenta-t-il en reposant le rapport sur la table. Beau travail, Colonel, je n'en attendais pas moins de vous. Il est heureux que vous et vos hommes aient pu mater cette rébellion navrante.

Trop aimable. Une rébellion d'étudiants n'était guère difficile à mater une fois qu'on s'en donnait vraiment les moyens. Quand au reste... Il resta silencieux, se contentant d'hocher la tête pour le remercier de ses félicitations. Et soutint ensuite son regard, où brillait une certaine lueur de curiosité. Avait-il des questions ou des doutes à son sujet ? Si c'était le cas, Fabrice aimerait autant mieux les soulever maintenant. Cet homme était dangereux, et il avait du pouvoir, ce qui lui donnait deux raisons de se tenir sur ses gardes.

- Je ne vous ai pas fait venir que pour ce rapport, je voulais aussi vous parler de certaines choses, rajouta-t-il en posant sa tasse de café. Je me posais des questions, à votre sujet. J'ai relu votre dossier, vous avez eu un parcours plutôt atypique. Mais récemment, on parle de vous d'une autre façon. Le jeune homme que vous avez fait brûler vif à Gray... Beaucoup ont trouvé ça disproportionné, alors qu'il vous aurait suffi de lui mettre une balle dans le pied s'il s'obstinait à résister.

Il se leva, alors que le colonel restait parfaitement impassible. Il savait la réputation qu'il traînait derrière lui, depuis cet incident, mais qu'on le voit comme un homme cruel et avide de sang n'avait aucune importance. Par ailleurs, malgré le choc éprouvé, il n'avait reçu aucune répercussion, il n'avait eu aucun conséquence, sinon sur sa réputation et son honneur au sein de l'armée. Il s'était attendu à se retrouver convoquer devant le conseil de discipline militaire, mais rien. Assez étrange, lorsqu'on y songeait, bien que cela l'arrange. Il était logique que le général se pose des questions, même lui ne pouvait laisser passer cela. Quel sujet voulait-il aborder d'abord ? Fabrice le suivit du regard, contrôlant ses expressions, et son trouble.

- Dites-moi, Colonel, pourquoi cet amour des allumettes ? De plus, j'aimerais avoir votre avis sur la suite des opérations, ce que vous comptez faire, vos agissements pour aider à notre projet.

- Cet "amour" vient de mon enfance, mon Général, dit-il calmement. Mon père me frappait, et pour me défendre, je lui ai un jour opposé une torche brûlante, attrapée au passage dans la cheminée. Ce jour-là, j'ai découvert que le feu pouvait être une arme.

Et bien plus qu'une arme. Il était un moyen de se défendre, une protection, une bouée de secours, dans les moments les plus difficiles. Il ne chercha pas à dévisager son supérieur pour voir sa réaction, se contentant de poursuivre.

- Concernant le projet, mon Général, je pense qu'il est temps de profiter de la paix retrouvée pour mener à bien nos opérations. Tout est en place, nous pouvons avancer à un bon rythme. Les professeurs se sont presque tous ralliés à nous, les dernières poches de résistance sont trop peu influentes pour contrer nos plans.

La réaction des "professeurs", d'ailleurs, avait réussi à le mettre dans une colère noire, lui qui ne perdait pourtant jamais son sang-froid. Fallait-il qu'ils soient lâches ! Et aveugles. Aveugles au point de ne rien voir, de ne rien savoir, de ne rien deviner. Aveugles et lâches au point de conduire eux-même leurs élèves à la défaite ! Beaucoup de soldats en avaient été outrés. Il était heureux de voir des résistances disparaître, mais une telle lâcheté était immonde pour bien des militaires, qui prônaient la valeur de certaines qualités, comme le courage. Même le Général Karinof avait été indigné, ce qui en disait très long.

- En parlant de résistance, qu'avez-vous fait à mon fils, au juste ? Il n'est pas du genre à chouiner, mais lorsque je l'ai vu, j'ai remarqué son trouble...

- J'ai appliqué les ordres, mon général, et lui ait dit pourquoi il devait se calmer, comme je me devais de le faire.

- Allez me le chercher. Et ramenez-le ici.

Fabrice entrouvrit la bouche, surprit, puis hocha la tête et sortit de la pièce, après un bref salut. Pourquoi voulait-il le voir maintenant ? Vérifier s'il s'était bien calmé ? Fabrice espérait que le gamin avait retenu la leçon et n'allez pas recommencer à se comporter comme un parfait idiot devant son père ! Pour gagner, il faut consentir à de nombreux sacrifices, au niveau personnel, et le gosse avait tout intérêt à s'en souvenir. Il finit par le trouver, alors qu'il sortait d'une salle de classe, et lui attrapa le bras au passage, l'écartant de son groupe d'amis. Ces derniers commencèrent aussitôt à râler et crier, mais d'autres soldats vinrent les disperser tandis qu'il emmenait le gamin, qui lui tirait sur la main du colonel pour libérer son bras.

- Ton père veut te voir.

- Mon...

Il blêmit un peu plus, et Fabrice ne rajouta rien, se contentant de l'emmener. Les autres élèves s'écartaient en baissant la tête, libérant le passage. Il retourna dans les caves, jusqu'au bureau du Général, et y entra de nouveau, refermant la porte, et relâchant le gamin. Il se remit au garde-à-vous, silencieux, pendant que le Général s'avançait vers eux, examinant son fils comme s'il ne l'avait plus vu depuis bien des années. A toi de jouer, gamin... Et sans faire de conneries, cette fois !

- Alors, t'es-tu enfin calmé ? Es-tu enfin prêt à écouter la voix de la raison ?

Le petit releva la tête, et Fabrice vit son air noir, son regard furieux. il n'avait décidément rien compris... Mais rien du tout ! Il faillit soupirer et lever les yeux au ciel, désespéré. Qu'il se calme, dès maintenant, et se ressaisisse, avant de faire n'importe quoi, avant de déjà perdre son sang-froid. C'était un test, il devait le comprendre tout de suite, ou il allait être trop tard.

- Si la voix de la raison sort de votre bouche, Père, et bien non, je ne suis pas prêt à l'écouter.

Comment se retrouver échec et mat en un seul coup, et de son propre chef... Ce gosse était désespérant ! Il grimaça lorsque le général gifla son fils, lèvres pincées, le visage rouge de colère. Il se retint de justesse de bouger, le cœur battant, supportant très mal qu'on batte un enfant devant lui, depuis ce qu'il avait vécu. Il resta droit, restant impassible, pendant que le gamin reprenait sa position initiale, une main sur sa joue très rouge.

- S'il vous plaît, mon Général, il ne pourra plus vous écouter si vous le frappez...

Il soutint le regard de son supérieur, un moment, et ce dernier haussa les épaules, reculant d'un pas, puis secoua la tête. Il y eut un court moment de silence, si oppressant qu'on aurait pu entendre une mouche voler dans la pièce. Puis le Général posa lentement une main sur l'épaule de son fils, avec un sourire mauvais.

- Vous ais-je autorisé à reprendre la parole, Colonel ? Non, n'est-ce pas ? Alors fermez-la.

Soit... Fabrice ne baissa pas le regard, mais n'ajouta rien non plus, bien qu'il commençait à bouillir intérieurement. Très agréable, cet homme, il n'y avait rien à dire ! Le Général soupira, puis baissa la tête pour observer son gamin de plus près, alors que Fabrice priait pour que le petit ait l'intelligence de ne plus l'ouvrir, sauf pour dire un truc intelligent. Mais ce ne fut pas le cas. Il fit pire. Bien pire. Il se redressa, regarda son père, puis s'écarta d'un bond en criant de ne pas le toucher, qu'il avait déjà eu son compte d'ordures, et que son "père" n'avait pas besoin d'en rajouter. Quel... La réaction du Général ne se fit pas attendre, et le gamin cria. Fabrice hésita un instant, conscient qu'il en pouvait pas s'en prendre à son supérieur, mais un autre cri du gamin le décida, comme s'il avait reçu une décharge électrique. Il s'interposa brusquement entre le militaire et son fils puis attrapa le gamin dans ses bras en s'éloignant de quelques pas, le serrant contre lui et le couvrant de ses bras pour le protéger.

- Je vous en prie, mon Général, c'est un enfant !

Le gamin tremblait, et Fabrice comprit d'un coup qu'il pleurait. Dans ses bras. Il en resta choqué, mais ne fut pas le seul, car le Général fixait aussi son fils, la bouche grande ouverte. Le colonel ne pouvait pas savoir que le père de Jasper ne l'avait absolument jamais vu pleurer de sa vie. Puis il se reprit, rajustant son uniforme.

- Vous passerez en conseil de discipline pour insubordination, Colonel. En attendant, il vous est interdit de quitter le périmètre du Pensionnat. Compris ?!

- Oui, mon Général.

Il tenait toujours le gamin, dans une étreinte serrée, cachant son visage à la vue de son père. Le Général quitta tout à coup le bureau, les laissant comme ça, tous les deux, claquant la porte. Fabrice poussa un très long soupir, secouant la tête. Voilà qui était fait. le lieutenant allait avoir sa peau quand elle allait apprendre ce qui venait de se produire ! Mais il ne pouvait pas non plus laisser un enfant être battu devant lui sans qu'il réagisse. Bon, au pire, qu'est-ce qu'il risquait ? Un blâme, une mise à pied, voire quelques jours en cabane le temps de lui rafraîchir les idées.

- Franchement, Jasper... Pourquoi as-tu répondu comme ça ?! Ce n'est pas possible... Tu ne sais pas faire profil bas ?

Il ferma les yeux une minute, en le gardant contre lui, car il tremblait toujours.

- Tu es blessé ?

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Dites-moi, Colonel...   Lun 19 Jan - 14:07

Colonel – Ton père veut te voir.

– Mon...

Il cessa aussitôt d'essayer de se libérer, alors que la peur et le stress continuaient à lui tordre le ventre. Il n'avait absolument rien fait, depuis le voyage scolaire ! Il s'était calmé, il n'avait fait aucune connerie, du moins pas autant au grand jour qu'auparavant, et il ne voyait vraiment pas ce que son père pouvait bien encore trouver à lui reprocher. Il jeta un rapide coup d'œil au Colonel, serrant les dents devant son air impassible. Lui et son père, dans la même pièce, avec lui, la situation ne pouvait pas être pire ! Il fit de son mieux pour reprendre son calme avant d'arriver dans le bureau, où le Colonel le relâcha. Du calme, tout allait bien se passer. Ce n'était rien, après tout, il avait déjà connu pire, à l'hôpital de Gray. Il s'efforça de faire le vide dans son esprit. Plus vite il saura ce que son père lui voulait, plus vite il sera sorti d'ici. Cependant, malgré toutes ses résolutions, il aurait été plus qu'heureux de ne pas avoir que son père et le Colonel devant lui, mais aussi un allié, quelqu'un qui pourrait l'aider à se défendre en cas de besoin. Adrien, par exemple, ou sa tante, où le sous-directeur, ou le prof de sport qui boitait, ou...

Il reprit discrètement son souffle, et son calme. Il ne voulait pas monter à son père qu'il avait peur de son copain militaire, et encore moins qu'il avait été secoué, cela lui ferait bien trop plaisir ! Non, il devait tenir, absolument, et lui prouver qu'il ne craquera pas aussi facilement. C'était un plus facile à dire qu'à faire, cependant. Il n'avait pas eu le temps de se remettre totalement, et le fait qu'il dormait très mal en ce moment n'arrangeait rien.

Père – Alors, t'es-tu enfin calmé ? Es-tu enfin prêt à écouter la voix de la raison ?

"La voix de la raison" ? Venant de lui ! Il aurait pu en rire s'il ne trouvait pas cette phrase aussi affligeante ! Son Père ignorait tout de la raison, il ne connaissait que la violence et la crainte qu'il inspirait, même à ses propres troupes ! Ce type le faisait vomir, et le destina avait été cruel en faisant en sorte que lui et Laura soient liés à cet homme odieux. Peut-être était-il courageux, peut-être était-il un bon meneur d'hommes, amis il n'en restait pas moins qu'il était instable et violent.

– Si la voix de la raison sort de votre bouche, Père, et bien non, je ne suis pas prêt à l'écouter.

S'il ne vit pas le coup venir, il le sentit toutefois à la perfection. Sa joue le brûla férocement et il ferma les yeux par réflexe, grimaçant. Jasper porta une main à sa joue, le souffle court, alors que la colère l'envahissait. Son père n'était qu'une sale brute ! Incapable de se contrôler, intolérant, imbécile et violent ! Il recula d'un pas, pris d'une furieuse envie de lui jeter son don, de le blesser à son tour, et conscient qu'il n'osera pas le faire. Il ne pouvait se servir de son pouvoir pour ça, pour blesser une autre personne, même s'il s'agissait de son père. Une barrière mentale l'en empêchait, il ne parvenait à se résoudre à lever la main, utiliser son don de cette façon pour se défendre, brûler exprès, consciemment, une personne.

Colonel – S'il vous plaît, mon Général, il ne pourra plus vous écouter si vous le frappez...

Hein, il le défendait ? Surpris, Jasper lui jeta un coup d'œil, essayant de dissimuler sa surprise, puis grogna lorsque son père lui posa une main sur l'épaule. Bas les pattes ! Le jeune homme en supportait plus qe son géniteur le touche, ou même qu'il l'approche à moins de deux mètres.

Père – Vous ais-je autorisé à reprendre la parole, Colonel ? Non, n'est-ce pas ? Alors fermez-la.

Jasper se redressa, furieux contre cet homme odieux, puis le repoussa en s'écartant d'un bond, criant qu'il ne devait plus le toucher, ni l'approcher, ni même respirer le même air que lui, il en avait marre, des ordures incapables comme lui ! Il ouvrait la bouche pour en rajouter lorsqu'il reçut un nouveau coup, qui lui coupa momentanément le souffle, et il serra les dents. Mais le second coup vint directement sur un point sensible et il ne put s'empêcher de crier, levant les bras devant son visage pour se protéger. Et il cria encore lorsque son père le frappa à l'épaule, qui était encore meurtrie et peinait à guérir, en partie parce qu'il n'était pas allé voir Adrien à temps. D'autres bras l'encerclèrent tout à coup, et il faillit trébucher alors qu'on le traînait plus loin. Il se retrouva le nez contre une chemise assez dure, plaqué contre un homme qu'il peina d'abord à identifier. Le... Le Colonel ? Il le protégeait ? Tout le choc et la peur lui retombèrent dessus d'un seul coup, en un violent contrecoup.

Colonel – Je vous en prie, mon Général, c'est un enfant !

Jasper serra les dents le plus fort possible pour retenir un sanglot, mais les larmes lui échappèrent tout de même, et il s'en voulut terriblement, tremblant terriblement. Il n'avait encore jamais craqué devant son père... Jamais, alors qu'il le frappait depuis des années. Et pire encore, il se mettait à pleurer comme un gosse dans les bras de l'homme qui l'effrayait le plus au monde ! Un homme qui l'avait... Protégé... Il pinça les lèvres, incapable de bouger ou même de parler, se maudissant de pleurer.

Père – Vous passerez en conseil de discipline pour insubordination, Colonel. En attendant, il vous est interdit de quitter le périmètre du Pensionnat. Compris ?!

Colonel – Oui, mon Général.

Il entendit une porte claquer et frissonna. Il devait arrêter de pleurer. Maintenant. Se redresser. Faire face. Ne plus craquer aussi bêtement, c'était bien trop lâche. Respirer. Remettre de l'ordre dans ses idées. Prier pour n'avoir aucune marque sur le visage afin que personne ne sache ce qui venait de se produire. Penser à aller voir Adrien quand même, pour les hématomes. Et respirer, respirer, respirer un bon coup pour se détendre et arrêter de trembler.

Colonel – Franchement, Jasper... Pourquoi as-tu répondu comme ça ?! Ce n'est pas possible... Tu ne sais pas faire profil bas ?

Il réalisa alors qu'il se trouvait toujours serré contre lui et rouvrit les yeux, conscient à présent que le Colonel avait refermé ses bras autour de lui dans une étreinte serrée, et lui avait mis une main derrière la tête, sans doute pour cacher son visage. Mais il... Pour qui travaillait-il, au final ? Pourquoi l'avait-il protégé ? Il n'était pas un ennemi ? Il ne savait plus, ses idées s'embrouillaient, et il comprenait de moins en moins cet homme, ce qui avait le don de l'angoisser. Dire qu'à cette heure, il pourrait être encours, avec ses amis, à passer une journée normale... Laura était peut-être même déjà au courant que les militaires l'avaient arrêté. Bon sang... Mais au moins, leur père ne lui avait rien fait. Jasper referma les yeux un instant, la gorge serrée. Il ne pouvait même utiliser son don pour se protéger de son père...

Colonel – Tu es blessé ?

– Je... Non...

Il n'en savait rien, en vérité. Il s'écarta finalement du militaire, portant une main à son visage, puis à sa joue, et grimaça en la sentant brûlante et un peu gonflée. Formidaaable, il avait déjà une marque noire, bleue, ou violette ? Ça allait encore être facile à cacher, ça ! Il bougea un peu pour vérifier le reste, mais s'il était moulé et très raide, il ne semblait avoir rien de cassé. Il releva le regard sur le militaire, mourant d'envie de lui demander pourquoi il l'avait protégé, pourquoi il avait risqué sa propre position pour ça, mais les mots ne franchirent pas la barrière de ses lèvres. Il devait d'abord remettre ses idées en place et réfléchir. Savoir si oui ou non il pouvait lui faire confiance.

– Vous allez passer en conseil de discipline à cause de moi, murmura-t-il. Il fallait le laisser faire, ce n'est pas la première fois.

Et ça s'était déjà passé d'une façon bien plus brutale et douloureuse. Jasper avait déjà eu des os cassés. Et à la maison, le fait que son très cher militaire de père l'enferme dans la cave après l'avoir frappé n'arrangeait rien.

– Je dois y aller... Merci.

Il avait chuchoté le dernier mot, avant de tourner les talons et de quitter la pièce. Autant passer d'abord à l'infirmerie avant de retourner en cours. Il ne voulait pas que les autres le voit comme ça.

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