1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Une demande

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MessageSujet: Une demande   Lun 24 Nov - 23:11

Alice avait finit par s'écrouler de fatigue dans les bras de Daniel lorsqu'ils étaient tous rentrés. Elle avait voulu se reposer un peu dans le train, puis s'était à moitié allongée, avant de glisser contre Daniel, de fermer les yeux, et de sombrer dans trois heures de coma sans souvenirs. Elle se rappelait juste que Daniel l'avait serré contre lui pour l'empêcher de tomber, et elle avait cru entendre un murmure, puis s'était enfoncée dans un lourd sommeil sans rêves, à peine consciente des passages en gare où plusieurs élèves descendaient, récupérés par leurs parents pour cette semaine de vacances. Aucun élève ou presque n'habitait à Gary, mais Alice, si, et Daniel aussi. Au fur et à mesure, le train se vidait, les élèves se lançaient des "au revoir, à bientôt !", rejoignaient leurs familles, tirant leurs bagages sur les quais. La jeune femme était restée blottie dans les bras de Daniel tout le trajet, sombrant tantôt dans un sommeil trop lourd, presque maladif, tantôt dans un état semi-conscient.

Cette dernière semaine avait été on ne peut plus longue. Kimmitsu les avait tous réuni, en début de semaine, pour leur expliquer que leur directrice avait été violemment agressée, et qu'il avait préféré la faire rentrer plus tôt à Paris, avec ses enfants, pour qu'elle se repose, se soigne, et se remette de son accouchement. Une agression par un homme sans scrupule, voilà ce que le Japonais leur avait dit, précisant au passage qu'il avait aussi expédié les deux jeunes Karinof au loin pour leur "sécurité", car l'agresseur pouvait toujours se trouver dans la station. Sur le coup, elle n'avait rien dit, mais des bruits de couloir tout à fait horribles avaient commencé à se répandre. D'un accord tacite, les professeurs s'en étaient tenus à la version de Kimmitsu devant leurs élèves. Inutile de jeter de l'huile sur le feu.

Arrivés à Gray, elle fit un effort pour se réveiller, suivant Daniel à l'intérieur de la gare. Elle avait l'impression d'être partie depuis des mois, alors que cela ne faisait que deux semaines. Voir le village toujours aussi paisible lui fit du bien, lui arrachant même un doux sourire. Elle aimait cet endroit, les habitants chaleureux, la fraîcheur du matin, les nombreux sentiers, le lac, les forêts. C'était un endroit on ne peut plus tranquille pour vivre. Curieusement, il n'y avait plus traces de l'occupation militaire. Étaient-ils partis ou bien... Elle leva un regard inquiet vers la silhouette du pensionnat, qui se dessinait à l'horizon. L'école aussi semblait si tranquille. Peut-être les militaires étaient-ils vraiment partis... Ou du moins allaient-ils se faire moins présents, on pouvait l'espérer.

- Allons déposer nos bagages chez moi d'abord, dit-elle à Daniel. On remontra au pensionnat plus tard pour déposer les tiennes.

Elle n'avait plus envie de marcher, voulant juste un repas chaud pour ce midi, et un peu de calme. Elle guida Daniel jusqu'à la petite maison où elle vivait à Gray le week-end et durant les vacances, et y laissa ses affaires. Une fois fait, ils retournèrent sur la petite place du village, s'installant à la terrasse d'un café-restaurant. Le patron vient les saluer et prendre leur commande, leur demandant comment s'était passé le voyage en Auvergne. Elle resta assez vague, ne voulant pas parler des problèmes. Une fois qu'elle fut parti, elle se retourna vers Daniel, avec un léger sourire.

- Qu'as-tu prévu pour les vacances ? J'espérais qu'on puisse passer un peu de temps ensemble.
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MessageSujet: Re: Une demande   Lun 8 Déc - 11:54

Les doigts du jeune professeur passaient et repassaient dans les longues boucles rousses d'Alice, alors qu'elle dormait paisiblement dans ses bras. Ce voyage n'aura pas, finalement, été de tout repos... Mais qu'est-ce qu'il l'était, depuis quelques mois ? Il tourna la tête pour observer le paysage qui défilait, alors qu'ils revenaient à Gray. Il était encore un peu secoué en se souvenant de cette altercation, ce midi-là, avec leur collègue et l'autre type, un colonel. Et un colonel jeune avec ça, ce qui était très rare. Mais Daniel ne voulait pas participer aux jeux des rumeurs qui voulaient qu'il ait un don, le feu. C'était ridicule ! Jamais un homme n'entrera dans l'armée s'il y était forcé de se cacher et de mentir sans cesse. Qui pourrait bien supporter cela ? Alors il fallait cesser les allégations ridicules, il y avait bien assez de véritables problèmes à se soucier comme ça, sans avoir besoin d'en rajouter un peu. Et même si ce type avait vraiment un don... Non, ça, ce n'était pas possible, autant l'oublier.

Il se concentra plutôt sur leur semaine de vacances. Il faudra qu'il boucle ce qu'il avait prévu pour les examens du mois de Juin, mais aussi qu'il passe du temps avec Alice. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'il avait l'occasion de se retrouver en tête-à-tête avec elle sans que personne ne vienne les déranger, et il était bien décidé à en profiter enfin. Pour se déclarer, pour lui dire qu'il l'aimait, qu'il voulait l'épouser, qu'ils voulaient qu'ils s'installent tous les deux au village, ensemble. Qu'il voulait lui donner pleins de jeunes enfants roux comme leur mère qui courront dans leurs jambes le soir après être rentrés de l'école. Il voulait cette vie simple et heureuse dont il rêvait, le soir avant de s'endormir. Il n'avait pas de désirs si grands qu'ils ne puissent être réalisés, n'est-ce pas ? Un foyer, une épouse, des enfants, tout cela était bien simple.

Au village, ils furent accueillis sur le quai par quelques personnes qu'ils connaissaient, dont la vieille fleuriste qui venait à la gare tous les matins proposer ses fleurs aux voyageurs. Il prit une partie des affaires d'Alice en main, traversant la gare, saluant ceux qu'ils croisaient. Les gens de Paris trouveraient cette ambiance ennuyeuse, mais lui aimait la vie rurale, où chacun se connaissait, où on pouvait passer chez les uns et les autres prendre un café ou discuter d'un point d'actualité en quelques mots. C'était la campagne, dans toute sa splendeur, il faisait très bon vivre ici. Du moins, il faisait très bon quand aucun soldat ne confondait le village avec un pays en guerre... Il s'était crispé, prêt à faire face à l'énorme char qui stationnait sur la place du village depuis longtemps déjà, mais il n'y avait rien. Rien du tout. Il ouvrit très grand la bouche sous le choc. Les militaires étaient partis ?! Mais vraiment ? Ils étaient vraiment partis ? Il eut une brusque envie de crier victoire, mais s'arrêta net en voyant la silhouette du pensionnat, au loin. Partis... Hum, il valait mieux vérifier avant de s'emporter.

- Allons déposer nos bagages chez moi d'abord, dit Alice d'un ton un peu las. On remontra au pensionnat plus tard pour déposer les tiennes.

Il hocha la tête, la suivant dans les rues du village. Il avait peur, à présent, d'espérer le départ des militaires... Oui, ils n'étaient visiblement plus à Gray, mais ça ne voulait rien dire, et si jamais ils avaient bel et bien concentré toutes leurs forces sur l'école, ça n'augurait rien de bon. Alice le guida jusqu'à chez elle, une petite maison non loin de la place, avec un jardin envahit de fleurs. Il laissa glisser son sac au sol, s'imaginant vivre ici, une alliance au doigt, au bras d'Alice. Retournant dehors, ils allèrent s'asseoir à la terrasse d'un restaurant. C'était le moment... Il rassembla tout son courage, essayant d'occulter de son esprit tout ce qui n'avait aucun rapport avec Alice. Il ne devait penser qu'à elle et rien d'autre, juste à elle, et au diable le gouvernement. Juste elle, avec son beau profil, ses longs cheveux roux qui retombaient en cascade sur ses épaules fines. Il passa commande d'un plat sans même réfléchir, bien trop occupé à chercher ses mots, à trouver un angle d'approche.

- Qu'as-tu prévu pour les vacances ? J'espérais qu'on puisse passer un peu de temps ensemble.

- Oh, pour ça, oui ! s'écria-t-il un peu trop vite, avant de sentir une certaine rougeur envahir ses joues. Enfin, oui, je... je voulais aussi passer du temps avec toi, ce serait très bien, et je...

Il se tut, avant de paraître encore plus ridicule. Bravo, alors là, bravo, félicitations, il n'aurait pas pu faire encore plus crétin ! Il tâcha de se reprendre, n'osant même plus regarder Alice en face, par peur soit de la voir affligée, soit de la voir avec un sourire moqueur. Il laissa passer deux minutes sans parler avant de se tourner à nouveau vers elle, avec une grande inspiration. Allez, un peu de courage !

- Alice, je veux te parler d'une chose, depuis un moment, dit-il en parvenant à retrouver une voix plus apaisée. Ça fait un moment, maintenant, qu'on est collègues, et j'ose penser qu'on est devenus amis.

Il s'interrompit une petite seconde pour chercher confirmation dans ses jolis yeux puis lui sourit, retrouvant un peu plus de confiance en lui. Ce né'tait plus le moment de se dégonfler. Ils étaient tous les adultes, majeurs et vaccinés, alors il devait agir. Au pire, si elle le repoussait... Mais ne pas songer à cela.

- Je... je t'apprécie beaucoup, parvint-il à avouer, la voix un peu plus haute. Même plus que ça. J'éprouve de forts sentiments pour toi. Quand je te regarde... Je voudrais aller plus loin avec toi, qu'on ne soit plus de simples amis. Je... je voudrais vivre avec toi.
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MessageSujet: Re: Une demande   Mer 17 Déc - 11:47

- Oh, pour ça, oui ! Enfin, oui, je... je voulais aussi passer du temps avec toi, ce serait très bien, et je...

Il avait rougit, il avait rougit, il avait rougit ! Ça voulait dire qu'il allait enfin se décider ! Alice était tout aussi excitée qu'une adolescente pré-pubère qui découvre ce qu'est l'amour dans la vie réelle, et plus seulement dans les romans ou les contes de fées. Allez, parle enfin, décide-toi ! Elle n'attendait que ça depuis des mois, qu'il lui montre que lui aussi avait des sentiments pour elle. Depuis des mois, elle faisait tout pour qu'il le comprenne ! Elle lui parlait souvent, elle lui souriait, elle proposait de l'aider quand il n'arrivait pas quelque chose, venait l'accompagner lorsqu'il se retrouvait seul, lui proposer de déjeuner ensemble, d'aller au cinéma pour regarder les informations et voir des courts-métrages. Bref, elle faisait tout pour qu'il la remarque, qu'il s'intéresse un peu à elle. Las, il semblait avoir un masque devant les yeux, alors qu'Alice commençait à avoir les hormones en furie. Mais aujourd'hui était peut-être le bon jour. Enfin. Il allait peut-être enfin lui dire que lui aussi s'intéressait à elle. Ce n'était peut-être pas raisonnable, de rêver ainsi de romance, mais c'était comme ça. Elle ne voulait pas rester vieille fille. Elle voulait se coucher le soir avec un homme à ses côtés. Elle voulait avoir un enfant à élever et cajoler.

- Alice, je veux te parler d'une chose, depuis un moment, dit-il en parvenant à retrouver une voix plus apaisée. Ça fait un moment, maintenant, qu'on est collègues, et j'ose penser qu'on est devenus amis.

Elle lui rendit son sourire, le cœur battant. Amis, oui, mais elle souhaitait aller plus loin. Simple amis ne lui convenait pas ! Même les militaires l'inquiétaient moins que de savoir enfin le moment où Daniel viendra vers elle. Donc dis-le. Parle-moi. Elle enviait Estelle qu'elle avait vu au bras de son mari, ce jour-là, vêtue d'une longue robe blanche. Elle voulait marcher comme elle vers l'autel au bras de son père, qui donnera sa main à Daniel. Comme elle, elle voulait prononcer les vœux du mariage, devant un prêtre, devant Dieu. Elle voulait avoir le plaisir de décorer la chambre qui accueillera leur bébé, elle voulait passer ses vacances avec son mari. Presque toutes ses collègues étaient mariées, et avaient des enfants. Estelle était déjà enceinte de son deuxième ! Oui, ce n'était pas un concours de vitesse, mais Alice aussi voulait tout cela, elle le désirait. Et avec lui, avec Daniel, et personne d'autre, qu'on comprenne bien.

- Je... je t'apprécie beaucoup, parvint-il à avouer, la voix un peu plus haute. Même plus que ça. J'éprouve de forts sentiments pour toi. Quand je te regarde... Je voudrais aller plus loin avec toi, qu'on ne soit plus de simples amis. Je... je voudrais vivre avec toi.

Bizarrement, le ciel lui sembla soudain bien plus bleu, le village bien plus beau, le soleil bien plus chaud, le chant des oiseaux bien plus magnifique. Elle lui attrapa la main sur la table et la serra avec force, ne pouvant s'empêcher de sourire largement, avec presque les larmes aux yeux. Enfin. Enfin il lui avouait partager ses sentiments. Elle ne prêta aucune attention au serveur qui cherchait comment déposer le plat devant elle, sans devoir lui demander de lui faire de la place, bien trop occupée à admirer son futur mari en lui prenant l'autre main. Il finit par sourire, gêné, et lui indiqua le pauvre jeune homme qui attendait. Elle rougit et se poussa, le remerciant. Dès qu'il fut partit, elle reprit aussitôt la main de Daniel et la porta à ses lèvres, touchée, profondément émue.

- Depuis le temps que j'attendais que tu me dises ça ! dit-elle en souriant comme une parfaite idiote, incapable de s'en empêcher. Je ne savais plus quoi faire pour que tu remarques que je m'intéressais à toi. Je veux que l'on passe toutes nos vacances ensemble, et toute notre vie ! Je veux te jeter dans mon lit et te faire l'amour comme jamais.

Il prit une teinte cramoisie alors qu'elle relâchait sa main pour prendre sa fourchette et goûter le plat, guillerette, et pas gênée le moins du monde. Elle se contentait de dire ce qu'elle pensait ! Tout en mangeant, elle parla avec enthousiasme de leur prochain mariage, et de comment aménager la maison pour qu'ils vivent au mieux, ainsi que leur appartement au pensionnat. Une fois le repas terminé, ils payèrent, puis elle tira par la main jusqu'à chez elle, refermant la porte et le plaquant contre le mur pour l'embrasser à pleine bouche, les yeux fermés. Il était enfin à elle...
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