1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Bientôt les examens

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Océane Kara
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MessageSujet: Bientôt les examens   Lun 17 Nov - 17:01

Il était encore très tôt, le soleil pointait à peine, et malgré le fait qu'il n'y ait pas de cours de la journée, car tous les profs étaient en réunion, Océane s'était levée à l'aube. Son lit grinça quand elle se redressa, ce qui fit grogner ses voisines, et elle s'excusa dans un murmure. Le reste du dortoir était toujours profondément endormi, et certaines semblaient faire des cauchemars assez affreux. On en pouvait leur en vouloir, avec tout qu'ils avaient découvert en rentrant au pensionnat... Elle aussi en ferait des cauchemars si sa mère n'avait pas su la rassurer. Il en fallait pas se battre contre son propre gouvernement, ce qu'il faisait était pour le bien du peuple, n'est-ce pas ? C'est ce que sa mère lui avait assuré, et Océane la croyait. Bien sûr que la situation était un peu tendue, comme à chaque fois qu'il y avait des changements, mais tout finira par s'arranger ! Repoussant ses couvertures, elle enfila sa tenue de sport, plus un pull léger, des chaussettes, attacha ses cheveux, puis se mit au bord de son lit pour enfiler ses chaussures.

Deux ou trois filles lui jetèrent un coup d'œil lorsqu'elle sortir, puis se rendormirent presque aussitôt. Dodo, sommeil, pas bouger jusqu'à neuf heures au moins. Il restait peu de temps avant les examens, beaucoup allaient en profiter, aujourd'hui, pour réviser. Et c'était exactement ce qu'Océane voulait faire aujourd'hui : réviser. Elle accordait une grosse importance à l'examen sportif, car dès l'année prochaine, en première, elle voulait commencer à participer à des tournois et autres épreuves, pour se préparer, se qualifier et aussi parce qu'elle adorait ça. Depuis qu'elle avait commencé à réfléchir sérieusement à son orientation, elle avait réalisé qu'elle se sentait prête à tenter la compétition professionnelle. Beaucoup de domaines l'intéressaient, mais elle voulait être sportive de carrière, en tant que judoka. Il y avait encore peu de femmes, mais si elle y mettait du sien, elle était certaine de réussir. Du courage te de la volonté, voilà tout ce qu'il fallait !

Un militaire l'arrêta à un des postes alors qu'elle s'apprêtait à descendre. Elle lui montra son nouveau carnet d'identité, distribué à chaque élève, et lui dit qu'elle sortait courir dans le parc et s'entraîner au dojo. Ce fut ce dernier détail qui le fit sourire plus chaleureusement et il lui souhaita bon courage avant de la laisser filer. Avant de sortir, elle alla d'abord au réfectoire. Un des plus vieux cuisiniers était déjà à pied d'œuvre, et la salua d'un grand geste de la main quand elle entra dans la cuisine.

- Que fais-tu déjà debout ?

- C'est la meilleure heure pour courir ! Je voulais manger un bout de pain avant, et boire un peu.

- Sers-toi donc. Et tu m'excuseras, mais je préfère mes fourneaux à la course à pied ! On a de l'énergie à revendre, à ton âge. Moi, toute mon énergie s'accumule là.

Il tapota son ventre rebondit en riant bien fort. Elle sourit et mangea rapidement, avant de repartir en sautillant. Une fois dehors, elle commença par s'échauffer, réveiller ses muscles par des exercices d'assouplissement, s'étirant dans tous les sens, puis se lança dans sa course. Le soleil se levait, de plus en plus haut, et elle eut droit au spectacle magnifique de l'astre solaire illuminant peu à peu le parc et scintillant sur le lac. Elle eut un soupir d'admiration, adorant regarder ce spectacle, tous les jours à la même heure. Rien que pour cela, ça valait le coup de se lever !

Elle courut sur les bords du lac, en longues foulées régulières, regrettant tout de même un peu de ne pas avoir quelqu'un à qui parler et échanger durant cette course. C'était bon pour le moral, et bon pour les poumons, quand on devait gérer son souffle et sa respiration durant un exercice physique. Elle finit néanmoins par repérer une autre silhouette, au loin, qui courait aussi. Elle accéléra pour la rattraper, et se mettre à sa hauteur, lançant d'une voix joyeuse qu'elle voudrait courir en duo, avant même de reconnaître qui il s'agissait.

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Kimmitsu Nakajima
Sous-directeur
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MessageSujet: Re: Bientôt les examens   Mer 19 Nov - 20:51

La lueur de la lampe vacilla, comme la légère flamme de la bougie qui était allumée sur le rebord de la fenêtre. Le regard du professeur d'arts martiaux resta néanmoins fixé sur le parc, à genoux devant la fenêtre, dans une position qu'il avait conservée toute la nuit. Le sommeil lui avait échappé, et à peine s'était-il couché qu'il s'était relevé et habillé, s'installant sur un petit tapis de la laine, devant la fenêtre ouverte, à observer les étoiles, écouter le silence, et implorer ses ancêtres de lui indiquer la route à suivre. Il se sentait perdu, cherchant la voie de la raison, le chemin qu'il devait prendre, que faire à présent. Agir semblait être une évidence, mais il ignorait comment. Former les élèves à l'attaque et la défense comptait, mais comment leur apprendre à se battre, tout bêtement, sans les former aussi intellectuellement, à l'esprit aiguisé, souple, et maîtrisé que doit posséder un guerrier ? Hélas, peu d'élèves de cette école étaient prêts pour l'entraînement qu'il envisageait. Le Bushido, la voie du sabre, qui apportera maîtrise de soi, stratégie, souplesse, contrôle de son énergie, mouvements d'esquive.

Avant l'arrivée de l'aube, il sortit dans le parc, pour ses exercices quotidiens, et pour effectuer le Salut du Jour. Puis il se décida pour courir un peu. Le soleil se levait dans le ciel, baignant le village profondément endormi, plus bas. Il se lança autour du lac, silencieux et préoccupé. Il devait former des élèves, c'était pour lui le seul moyen, mais comment en trouver ne serait-ce qu'un qui serait prêt à apprendre le maniement du sabre ? Ils ne comprendront pas ce qui en sera dégagé, ce qu'ils y gagneront, alors que les soldats en face d'eux utilisaient des armes à feu. Et pourtant, tant de qualités pouvaient être apprises ainsi ! Il courait, le souffle apaisé, quand une voix familière retentit derrière lui. Il tourna la tête et vit la jeune Océane arriver près de lui, courant à ses côtés, visiblement ravie de ne plus être seul dans cet exercice. Il la salua poliment, peu étonné de la voir debout.

- Je vois que vous ne négligez pas votre forme, Kara-san, dit-il en contournant un talus. C'est très bien.

Il continua de courir aux côtés de son élève, une pensée se frayant peu à peu un chemin alors que les soleil continuait de les inonder de lumière. La jeune enfant de sa collègue s'entraînait quasiment depuis la naissance aux arts martiaux. Elle avait les bases d'un combat au bâton, au taekwondo, et à d'autres arts. Sa culture lui permettait de comprendre et d'apprécier ce dont il pourrait lui parler. Pourrait-elle entrer dans un autre entraînement ? Autrefois, du temps de son père et de tous ses ancêtres, les femmes en partaient bien sûr pas en guerre. Mais les épouses et filles de samouraï connaissaient la voie du Bushido et l'appliquaient. Certaines savaient aussi se battre. Certes, le monde avait changé, mais la tradition perdurait. Mais il devait d'abord l'évaluer. Après la course, il se rendit avec elle au dojo, et ouvrit une malle dans la pièce où on rangeait le matériel, prenant deux sabres en bois.

- J'ai cru comprendre que votre mère vous a initié à l'escrime, dit-elle en lui présentant un des sabres avec une légère inclinaison. Un entraînement semble s'imposer.

Ils retournèrent dehors, car rien ne valait l'air pur du matin pour se rafraîchir et mieux inspirer. Il la salua selon la tradition, puis se mit en garde, l'observant avec une extrême attention détaillant la garde qu'elle adoptait, son expression, son regard. Il l'évaluait, et elle devait sans doute s'en douter. Il attaqua le premier, fendant de son sabre de bois, engageant le combat en la forçant à reculer et esquiver. Ils furent pris assez vite dans la valse ensorcelante du combat, échangeant les coups de plus en plus vite, sous le regard bienveillant du soleil matinal. Un sabre en bois n'était pas dangereux ni tranchant, et moins lourd qu'un sabre ordinaire, mais il ne permettait pas des coups aussi précis ni rapides qu'une lame en acier. Cette dernière, très lourde, nécessitait l'utilisation de tout le corps pour combattre, ainsi que d'une pratique quotidienne.

Il ne se donnait pas à pleine mesure, faisant tout pour asticoter son élève et la pousser dans ses retranchements, frappant pour définir la force de sa défense, évaluant ses mouvements d'esquive. Elle se débrouillait, même si beaucoup de ses mouvements ouvraient de très grosses failles qui auraient causées sa perte dans un combat réel. Sa taille l'empêchait d'avoir une portée très longue, ce qui la forçait à se rendre plus vulnérable quand elle portait une attaque, elle exposait trop, par exemple, ses flancs et son cou. Avec de l'entraînement, elle pourra améliorer sa vitesse, compenser son manque de force par la souplesse et la rapidité. Autant un combat à mains nues ne prenait pas la taille comme un critère essentiel, autant un combat au sabre mettait beaucoup l'accent sur la valeur physique au même titre que mentale.

- Soyez concentrée, murmura-t-il en la voyant faire un faux mouvement, en parant un coup.

Il laissa le combat durer jusqu'à ce qu'il voit ses épaules commencer à trembler, et ses mouvements devenir plus secs et nerveux. Il cessa le combat en reculant, levant une main pour lui faire signe de stopper. La matinée avançait, le pensionnat s'éveillait, et il y avait même quelques têtes curieuses, collées contre les vitres, qui les observaient, les yeux écarquillés. Certains étaient allés jusqu'à s'asseoir non loin dans l'herbe pour regarder.

- Vous ne devez pas vous laisser déconcentrer, dit-il en reprenant position. Maîtrisez votre esprit si vous voulez maîtriser les réactions de votre corps. Êtes-vous prête ?

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Océane Kara
Lycéenne
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Bientôt les examens   Ven 5 Déc - 21:20

- Je vois que vous ne négligez pas votre forme, Kara-san, dit-il en contournant un talus. C'est très bien.

Océane rosit légèrement et hocha la tête. C'était peut-être idiot, mais elle vouait une telle admiration et un tel respect à son professeur que le moindre commentaire positif de sa part suffisait à la ravir. Elle continua sa course, se concentrant sur son corps, sa respiration, le rythme de ses pas. Depuis toute petite, chaque matin après les exercices quotidiens, elle partait courir vingt minutes avec sa mère ou son père. C'était leur rituel du matin, le sport, l'assouplissement physique, le moyen de se débarrasser des crasses de la nuit et de ses toxines. Elle sourit toute seule, au soleil et à l'air frais, alors qu'elle contournait le lac avec son professeur. Ils coururent ainsi un bon moment avant de commencer à revenir vers le dojo. Elle se sentait en forme, et prête à s'entraîner toute la matinée, voire toute la journée. Il n'y avait rien de mieux, selon elle, pour oublier les problèmes du pensionnat. Dommage que personne d'autre ne pense comme ça... Même Dimitri avait beaucoup de mal à sortir du lit aussi tôt le matin.

Rentrant dans le dojo, elle rattacha un peu mieux ses cheveux en un chignon serré, ayant maintenant bien chaud, tous les muscles à vif et prêt. Elle allait passer dans la première salle, mais s'arrêta en voyant son maître prendre deux sabres en bois. Il voulait s'entraîner avec elle ? Ravie, elle attendit qu'il soit prêt, concentrée. Elle se sentait vraiment faite pour ça, et ne rêvait que d'en apprendre toujours plus, aller toujours plus loin, repousser sans cesses ses limites dans les arts martiaux.

- J'ai cru comprendre que votre mère vous a initié à l'escrime, dit-il en lui présentant un des sabres avec une légère inclinaison. Un entraînement semble s'imposer.

Elle ressortit au-dehors avec lui. Le monde commençait peu à peu se lever, elle voyait des fenêtres s'ouvrir pour laisser passer l'air et battre les draps au-dehors. S'en détournant, elle se plaça face à son professeur, prenant une garde combat. Il était rare, très rare, qu'elle s'entraîne ainsi avec lui en un duel. Parfois, oui, le soir, après un cours particulier de sa mère, mais cela restait exceptionnel. Elle corrigea sa garde, tenant fermement le sabre, prête à prouver qu'elle avait un minimum de valeur. L'avis de ce prof comptait, à ses yeux, elle ne voulait pas le décevoir, et encore moins qu'il la considère comme faible. Elle chassa une mèche malvenue de son visage en soufflant dessus, observant la garde du professeur, afin de deviner sa première phase d'attaque. Il se lança le premier, et elle para le premier coup en levant le sabre devant son visage, alors que le choc du bois dur contre bois dur retentit dans le silence. Elle recula d'un pas avec légèreté, se tournant pour brandir le plat du sabre devant son flanc droit pour ne pas se faire toucher, mais s'exposant trop d'un coup.

Le combat prit très vite de la vitesse, bien qu'elle ait que le Japonais ne se donnait pas à son niveau réel. Lorsqu'il s'entraînait avec sa mère, le spectacle était beau. Ici, et elle le comprit très vite, il retenait tous ses coups. Mais pourquoi ? Par peur de la blesser ? parce qu'il la croyait incapable ? Ou juste pour l'évaluer ? Impossible à savoir, mais cela ne l'empêcha pas de donner tout son cœur, fendant l'air de son sabre en bois, arme qu'elle utilisait finalement peu, et pour cause. Il n'y avait que des sabres d'acier, chez elle, et il était hors de question de tester la pratique avec ça. Elle bloqua une attaque, mais faillit se retrouver à terre par un coup vers le flanc, sentait le bois la frôler. Oups. Elle reprit sa concentration, n'ayant pas une minute pour souffler, ou regarder le décor, bien qu'elle sentit des regards sur elle. Elle fit un brusque faux mouvement, qui lui valut une petite remarque de son professeur. Désolée... Elle corrigea sa garde aussi vite que possible, sautant pour esquiver un coup de pied balayé. Eh ! Elle sourit malgré elle, et tenta à son tour un coup de son genre, qu'il para sans peine.

Ils continuèrent ainsi, parant, esquivant, attaquant, se fendant. Elle avait beau avoir un bon contrôle sur elle-même, elle en vint à fatiguer sérieusement. Ce sabre pouvait paraître maniable, mais il restait assez lourd, même si ce n'était en rien comparable avec de l'acier. Elle fit plus de grosses erreurs, au bout d'un moment, bien qu'elle fasse de son mieux. Fort heureusement, Kimmitsu finit par lever une main pour lui dire d'arrêter. Elle recula à son tour, retrouvant son souffle, découvrant au même moment qu'ils avaient maintenant un petit public. Elle eut un temps d'arrêt, étonnée. Qui pouvait s'amuser en regardant ce genre d'entraînement ?

- Vous ne devez pas vous laisser déconcentrer, dit-il en reprenant position. Maîtrisez votre esprit si vous voulez maîtriser les réactions de votre corps. Êtes-vous prête ?

Il... continuait ? Gloups. Mais bon, pas question de refuser ou de dire qu'elle était épuisée, qu'allait-il penser d'elle après ? Qu'elle n'était même pas capable d'effectuer deux pauvres heures d'entraînement ? Elle s'efforça très vite de faire le vide dans son esprit et se remit en garde, hochant la tête. Cette fois, elle prit l'initiative, ignorant le premier élancement de douleur dans son bras. Et rata lamentablement son attaque. Bon. Du calme. Pas de panique. Elle n'était juste pas assez concentrée, voilà tout. Elle se remit en garde, plissant les yeux et respirant un coup, avant de s'y remettre. Ce fut déjà mieux, mais elle sentait qu'elle allait moins vite que toute à l'heure. Très vite, elle remarqua que le professeur semblait viser plus spécifiquement le flanc et des parties qu'elle avait tendance à plus exposer. Ce qui l'obligea à modifier toutes ses attaques en conséquence, l'obligeant à de nouveaux mouvements.

Elle observait les mouvements de maître Nakajima, pour voir ce qu'il fallait faire, contre ce genre d'attaques. Elle n'avait que les bases du combat au sabre, et sa mère n'avait que peu de temps pour l'entraîner. Puis ce qui devait arriver arriva. Elle ne put parer un coup et reçut un bon coup à la tempe. Elle recula avec une grimace, vacillant légèrement, puis abaissa son sabre.

- Je déclare forfait, bredouilla-t-elle.

Elle présenta son sabre à son adversaire en le portant sur les deux poignets, s'inclinant, avec un léger soupir. Désolée, mais là, elle n'en pouvait plus continuer, ce serait des coups à finir par terre à quatre pattes. Elle se redressa, légèrement tremblante, puis reprit son souffle. Elle avait très chaud, mais se sentait bien, malgré tout, incroyablement bien. C'était une sorte de paix profonde qui s'insinuait dans le corps, la laissant tranquille et apaisée. Et avec une profonde envie de s'améliorer.

- Je veux progresser. Pourriez-vous m'apprendre ce que vous savez, Nakajima-sama ?

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Kimmitsu Nakajima
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MessageSujet: Re: Bientôt les examens   Jeu 18 Déc - 12:27

Kimmitsu aimerait bien faire partir les "spectateurs", mais il ne voulait pas lancer de polémique, il ne fera qu'y perdre du temps et de l'énergie, et ce n'était guère le moment. Il trouvait juste déplorable que des élèves viennent assister à cela, sachant qu'il s'agissait d'un entraînement entre lui et la jeune fille, et qu'aucun d'entre eux n'était concerné. Lors de ce genre de séance, aucun élément ne devait venir perturber le fil entre le maître et son élève, rien ne devait s'immiscer lors de cet échange ! Un apprenant devait avoir du calme et de la concentration, et non pas être perturbé par d'autres personnes trop curieuses. En temps normal, il les aurait tous chassé avec force. Par chance pour eux, il n'avait plus guère de temps à perdre. Mais soit, qu'ils en profitent, les prochains cours allaient être très durs pour tout le monde s'ils persistaient à rester ici, sans comprendre que cela ne les regardait pas. Kimmitsu refusait de laisser un tord impuni, et l'ignorance n'était pas une excuse valable à ses yeux. Cela prouvait juste que l'on était naïf et que l'on manquait cruellement de bon sens.

Sa jeune prit l'initiative, frappant néanmoins plus faiblement que toute à l'heure. Le professeur prit position, et fit en sorte de frapper uniquement là où il avait vu que la jeune fille s'exposait trop, la poussant dans ses retranchements pour l'obliger à prendre consciences des faiblesses de sa défense et à agir en conséquence. Le flanc, les tempes, les genoux, et le bas du dos. Il allait moins vite, pour qu'elle ait le temps de saisir ces nouvelles attaques et de les parer. Il cherchait à lui faire découvrir par elle-même comment éviter de prendre un coup. Cependant, il la sentait moins à l'aise, depuis le début du combat. Ses gestes étaient moins vifs, et moins précis, et son souffle moins maîtrisé. Fatiguée ? Chaque fois qu'il débutait une nouvelle formation, il enseignait à ses élèves des avoir reconnaître leurs limites, et d'arrêter avant de finir évanoui au sol. Il n'y avait aucune honte à savoir reconnaître qu'on était moins fort que son adversaire, ou que la fatigue était trop présente. Il n'y avait plus de duels à mort, au sabre, et s'arrêter lorsqu'on ne pouvait plus signifiait simplement que vous aviez des progrès à faire.

Mais il savait que la jeune Océane arrêtera avant que ce ne soit trop tard, sa mère l'avait bien élevé. Et elle le fit peu de temps après, après avoir reçu un coup à la tempe. Elle abaissa son sabre de bois, déclarant forfait, et le lui présenta selon le salut traditionnel, tête baissée. Il recula d'un pas, faisant glisser son propre sabre dans sa ceinture. Parfait pour ce matin. Il avait tendance à oublier qu'elle n'avait encore que quinze ans, il ne pouvait lui faire suivre le même entraînement qu'un adulte en pleine force de l'âge.

- Je veux progresser. Pourriez-vous m'apprendre ce que vous savez, Nakajima-sama ?

Il sourit en inclinant la tête. C'était très exactement ce qu'il voulait, en effet. La voir progresser, maîtriser les enseignements qu'il voulait lui prodiguer, et la voir capable de se battre sans fléchir, toujours dans le respect de l'autre. Il lui indiqua de rentrer avec lui dans le dojo, laissant là les curieux, et referma la porte. Les sabres de bois retrouvèrent leur place dans le coffre, et il fit signe à Océane de s'asseoir.

- Je comptais vous enseigner cette voie, Kara-san, et j'ai pu tester vos capacités, ce matin. Vous avez de bonnes bases, mais vous exposez bien trop certaines parties de votre corps, surtout les flancs. Et vous avez encore du mal à tenir votre souffle, au bout d'un certain temps. Il doit provenir de plus bas, ici.

Il toucha son torse pour lui montrer, prenant une longue inspiration. Le souffle, tout était là. La respiration. C'était de là qu'on reprenait des forces, et qu'on contrôlait toutes les réactions de son corps. Il s'assit en tailleur face à son élève, les mains jointes devant lui.

- Je vais vous prendre comme élève. Connaissez-vous d'autres de vos collègues qui voudraient suivre ces leçons ?

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Bientôt les examens   Dim 4 Jan - 11:22

Son professeur inclina la tête avec un sourire, et elle sut qu'elle devait prendre cela pour un oui. Son cœur se gonfla de joie et elle le salua à son tour. Enfin elle allait pouvoir suivre un autre chemin pour progresser ! C'était d'une importance vitale, pour elle, et pas seulement pour son ou ses futurs métiers. Si elle apprenait, elle s'améliorera, et pourra donc conserver une meilleure discipline dans tous les aspects de sa vie. Beaucoup pensaient qu'il était parfaitement inutile de savoir se battre avec un sabre, des bâtons, à mains nues, ou de connaître les rats martiaux, surtout dans ce monde moderne. Ils se trompaient. Il ne s'agissait pas simplement d'apprendre à se battre, mais d'exercer le plus parfait contrôle sur soi-même, afin d'échapper aux dérives habituelles, telles que le dépression, la mauvaise alimentation, la maladie, le stress, et elle en passait. Rester en bonne santé ne tenait pourtant qu'à deux choses : s'alimenter correctement, et pratiquer un sport, quel qu'il soit. Deux choses qui étaient pourtant bien difficiles pour une large partie de la population, ce qu'elle ne comprenait définitivement pas.

Suivant son professeur à l'intérieur du dojo, elle rendit le sabre de bois qui alla retrouver sa place au fond d'un coffre, puis s'assit en tailleur, suivant le mouvement de son professeur. Peut-être était-ce stupide, mais avec lui, elle ne craignait pas d'être jugée sur ses origines, ses goûts, ses centres d'intérêt, ou même sa façon de se comporter. Bien qu'elle adore la vie qu'elle menait au Pensionnat, elle y supportait mal le racisme et l'ambiance, parfois. Les élèves "plus pauvres", c'est à dire ceux issus du peuple ou les boursiers, étaient mal considérés par les autres élèves. On les jugeait moins doués, moins aptes à travailler ou s'intégrer, et cela provoquait un certain ostracisme. De même, les "étrangers", ce qui la concernait directement cette fois, étaient souvent rejetés, mal vus, ou carrément mis à l'écart. On reprochait à Océane d'être Chinoise, de ne pas avoir la même culture ni les mêmes façons de faire. D'être différente, tout simplement. Dimitri souffrait de la même chose. C'était même pire pour lui, qui parlait mal Français depuis le traumatisme qu'il avait subit. Très peu d'élèves, ici, acceptaient ceux qui venaient d'un autre pays. Et pire encore, ceux qui venaient d'un pays communiste et autoritaire, comme Dimitri et elle-même.

Et pourtant, Océane aimait cette école. Elle avait pu s'entendre avec quelques élèves, s'investir dans les cours, aimer ces longs couloirs, ce qu'elle apprenait, l'ambiance du dortoir, d'autant plus que, fille unique elle n'avait jamais connu la chaleur d'un frère ou d'une sœur durant son enfance. Elle aimait les courses dans le parc, elle aimait la France, pour son Histoire, son identité. Elle aimait la France comme elle aimait son pays d'origine, la Chine. Elle était née ici et y avait grandit. Et c'est pourquoi elle avait à cœur de défendre cette école autant qu'elle le pourra, défendre la liberté dont ce pays vibrait. Ils étaient en démocratie, et il fallait la préserver. Même si le pays était dans une mauvaise passe, ils pourront s'en sortir.

- Je comptais vous enseigner cette voie, Kara-san, et j'ai pu tester vos capacités, ce matin. Vous avez de bonnes bases, mais vous exposez bien trop certaines parties de votre corps, surtout les flancs. Et vous avez encore du mal à tenir votre souffle, au bout d'un certain temps. Il doit provenir de plus bas, ici.

Il s'assit face à elle, et lui montra d'où devait venir le souffle. Son attention était toute entière fixée sur ce moment, car elle se sentait prêt à s'engager dans cette voie, et à suivre ce qui lui disait son professeur. Son "maître", comme on appelait celui qui vous enseignait les arts martiaux. Les Européens voyaient cela comme une marque d'asservissement idiote et humiliante, alors qu'il en s'agissait que d'une marque de respect, qui n'incluait aucun "asservissement". Le maître était simplement celui qui possédait le savoir et qui se chargeait de le transmettre à une autre personne, rien de plus. C'était une grosse responsabilité, et celui qui l'endossait se devait de faire de son mieux et de veiller au chemin qu'empruntait son élève. être toujours à ses côtés, le soutenir, l'aider, le pousser à progresser, encore et toujours. Ce n'était pas un engagement que l'on prenait à la légère. L'élève, de son côté, devait suivre au mieux, respecter l'autorité et les conseils, et ne pas souiller l'honneur de celui qui avait accepté de le guider.

- Je vais vous prendre comme élève. Connaissez-vous d'autres de vos collègues qui voudraient suivre ces leçons ?

Elle inclina la tête pour le remercier, tout en réfléchissant. Connaissait-elle d'autres élèves... Peut-être, oui, mais elle n'était sûre de rien. Certains s'intéressaient beaucoup aux arts martiaux, et seraient sans doute heureux d'avoir plus de cours, mais l'étaient-ils au point d'accepter d'entrer dans un cycle de formation plus mature et sérieux, en prenant un réel engagement ? Elle devait s'en assurer avant de proposer un nom, mais était certaine que oui, parmi ses connaissances, d'autres seront intéressés.

- Je suis sûre que oui, mais je dois m'en assurer. Je vous remercie, Nakajima-sama, d'accepter de me former. C'est très important pour moi, et j'espère ne jamais vous décevoir.

Elle craignait cela, de ne pas être à la hauteur, ou qu'il pense qu'elle était une incapable, ne sachant ni suivre les conseils, ni faire ce qu'on lui demandait. D'une façon générale, elle avait toujours eu très peur de décevoir son entourage ou les personnes qui comptaient, à ses yeux. Elle le remercia encore, puis put retourner s'entraîner, encore, avant le déjeuner, car lui-même devait partir pour une réunion. Elle voulait progresser, et en avait les moyens. Il ne lui restait qu'à faire de son mieux.

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