1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Aide-moi

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MessageSujet: Aide-moi   Lun 29 Sep - 18:19

Olivia savait que ça ne la regardait pas, mais elle ne pouvait que se poser des questions en voyant ça. Un homme, encore assez jeune, en costume trois pièces, que les autres connaissaient visiblement tous, les bousculaient en larmes, puis s'enfuyait en courant vers le Pensionnat, aussitôt suivi par le professeurs aux yeux bridés et au nom imprononçable. Bouchée bée, immobile sur la route, elle le regarda disparaître au loin, perdue, et un peu ébahie. Mais encore ? Elle savait bien sûr qu'il se passait des trucs peu net dans cet endroit, même si les journaux ne diffusaient que ce que le gouvernement voulait, mais tout de même. Même sa tante n'écrivait plus que rarement... Et elle n'avait pas dit où elle avait disparut, tout un temps. Bref, beaucoup d'histoires étranges, pas mal de rumeurs, et la réalité sur le terrain semblait correspondre à ce qui se racontait en sous-main. Bon, elle n'avait pas encore vu d'attaques ou de trucs de ce genre pour le moment, mais croyait dur comme fer que ça pouvait arriver.

- Heu, c'était qui ?

Elle tourna la tête vers Laura, curieuse, et voulant comprendre la petite scène qui venait de se dérouler, même si ce n'était pas ses affaires. Et puis, zut, on a bien le droit de s'informer ! L'information, c'est la première règle de survie, dans ce bas monde, sa tante lui avait dit ça, un jour, alors qu'Olivia était toute petite, et elle encore adolescente. Elle se souvenait, assise sur ses genoux, encadrée par de longs cheveux blonds qu'elle s'musait à attraper en riant.

- Adrien de Sora, l'infirmier du Pensionnat... Il devait se marier avec la prof de maths mais il y a eu un souci, apparemment...

Du genre, les militaires ont débarqués ? Non, ça ne le mettrait pas dans cet état. Elle soupira, puis elle reprit Laura contre elle en la soutenant pour l'aider à marcher. Ils approchaient quand ils furent dépassés par une femme brune en tenue chic, courant pieds nus. Whouah, pas mal ! Il y avait vraiment des femmes libérées par ici, elle adorait.

- Et elle, c'est l'infirmière ?

Laura eut un petit rire, et Olivia la retint pour éviter qu'elle tombe.

- Non non, c'est la prof d'histoire-géo. Super gentille !

Olivia se retourna, jetant un œil vers le village, puis poursuivit sa route avec Laura et Salomée. Ce n'était pas les militaires, mais c'était quand même bizarre ! Qu'est-ce qui se passait, dans cette école ? Lorsqu'elles furent enfin arrivées, elle furent cette fois bousculée par une autre femme, en robe de mariée, qui se précipita dans les escaliers. Oh là ! Elle aida Laura à s'asseoir sur un banc, passant une main dans ses cheveux. La petite regarda aussi la mariée un moment.

- Tu crois que ma tante va revenir aussi ?

- Oui. Tu veux lui parler... maintenant ? C'est pas... dangereux ?

- Dangereux ? Eh, c'est ma tante, et ma marraine ! Je suis la seule avec elle à posséder un don dans la famille, et on est proches.

Laura n'eut pas l'air convaincu, même si Olivia, elle, était sûre de ce qu'elle avançait. Gabriella pouvait être très colérique, et flippante comme jamais, lorsqu'elle s'y mettait, mais jamais elle ne fera de mal à ceux qui sont placés sous sa protection ! Elle quitta Laura sur un signe de main, retournant dans le parc. Les invités du mariage rentraient peu à peu à leur tour. Elle attendit, surveillant de longs cheveux blonds dans cette masse. Puis elle la repéra enfin, un peu surprise tout d'abord de son ventre arrondit par la grossesse, puis d'une tenue de soir du genre qu'elle portait rarement.

- Gaby !

Elle se précipita sur elle puis se jeta dans ses bras, avec force, entourant son cou de ses bras, fourrant son nez contre elle, les yeux fermés. Elle ne l'avait plus revu depuis les vacances de Noël ! Autrement dit, depuis bien trop longtemps, elle lui avait manqué ! Elle la serra dans ses bras, souriante, puis finit enfin par reculer d'un pas.

- Je suis venue pour rejoindre ton école ! Papa refusait, mais papi et mamie sont avec moi, ils veulent bien m'aider. Je veux apprendre à me servir de mon don comme toi.

Elle avait pris, sans pouvoir s'en empêcher, l'air d'une enfant émerveillée par ses pouvoirs et qui brûlait d'apprendre à les contrôler. Et, avec ça, elle était ravie de voir sa marraine enceinte. Pour elle, Gaby était la femme qu'Olivia voulait absolument devenir. C'était comme si elle voyait son avenir devant ses yeux. Elle voulait suivre les traces de sa tante. Puis une autre question, qui n'avait rien à voir, pris soudain toute la place.

- Où avais-tu disparue pendant tout un mois ? Ce sont les soldats qui t'avait enlevée ?!
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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Aide-moi   Mer 22 Oct - 21:07

Adrien avait quitté la salle des fêtes en courant, suivi très vite par Estelle, et enfin par Sarah. L'agitation était à son comble,a lors que l'ex de la mariée quittait à son tour les lieux, tête baissée. Gabriella jeta un œil vers les photos accusatrices, à un mètre d'elle, les bras croisés. La petite Sarah, tromper ainsi celui qu'elle comptait épouser ? Peut-être... Elle n'avait pas l'âme d'une traîtresse, mais était en revanche assez naïve pour se laisser manipuler et abuser sans aucun soucis. Les bras croisés, elle resta assise à sa place, alors que tout se levait, criait, se lançait des invectives, chacun voulant imposer son point de vue sur la scène qui venait de se dérouler, donner son avis, accuser ou défendre Sarah, au choix. Seuls quelques invités ne semblaient pas du tout perturbés par l'affaire, allumant une cigarette en bavardant le plus tranquillement du monde, comme s'il s'agissait d'une situation on ne peut plus banale. Valentin se leva et vint s'asseoir à côté d'elle, sur la chaise vide d'Estelle. Elle ne bougea pas d'un pouce, sachant qu'elle devait retourner au pensionnat, mais n'en ayant pas le courage.

Valentin - Tu y crois, à ça ? demanda son ami et collègue en ramassant les photos et en les rangeant dans l'enveloppe.

- Oui et non. Je n'en sais rien, c'est possible. Pourquoi tu récupères ça, que veux-tu en faire ?

Valentin - Bah, les garder ! Sarah n'est pas mal du tout en petite culotte ou toute nue ! Et je...

Gabriella lui arracha l'enveloppe des mains sans lui laisser le temps d'achever sa phrase et y mit aussitôt  le feu grâce à son don, tout en jetant un regard noir à Valentin qui était écroulé de rire sur la table. On se calme ! Elle se leva avec un soupir, alors qu'il essayait de reprendre son calme et son souffle en se tenant les côtes. Les invités partaient peu à peu, et elle suivit le mouvement, marchant sans se presser vers le pensionnat. Elle n'avait pas envie de participer aux débats qui se créaient ci et là, mais juste de rentrer chez elle  et de passer la journée au calme. Avec ça, il faudra aussi qu'elle mette un mot à l'infirmerie pour que les professeurs se débrouillent seul pour soigner les élèves jusqu'au voyage scolaire, le week-end prochain. N'importe qui connaissant un peu Adrien devinera qu'il risquait d'être légèrement indisponible cette semaine, après un coup pareil, et pas seulement à cause du chagrin.

Rien ne pouvait se passer bien... Même pas un mariage. Elle remonta vers l'école, posant une main sur son ventre gonflé lorsqu'elle sentait les enfants bouger. L'approche du terme de sa grossesse commençait à l'angoisser très sérieusement. Elle n'était pas peureuse, peu de choses l'effrayaient vraiment, mais, en revanche, l'idée de mettre des enfants au monde la terrorisait. Elle savait déjà que c'était douloureux mais ignorait jusqu'à quel point. Elle avait aussi peur, ensuite, de ne pas savoir s'occuper de ses bébés, ou mal, de ne pas les soigner comme il faut, et ainsi de suite. Et si elle était une mauvaise mère ? Si elle ne parvenait pas à les protéger ? Avec ce qui se passait en ce moment... Il fallait qu'elle trouve un moyen de préserver ses enfants, alors même que bien souvent, elle ne pouvait même pas protéger efficacement ses élèves. C'était un casse-tête sans fin. Elle savait que son mari l'aidera... restait à savoir si ce sera suffisant. Elle pouvait aussi compter sur ses parents, son frère, ses amis. Estelle était sans doute déjà toute prête à l'abreuver de conseils sur l'accouchement, la maternité, l'allaitement et tout ce qui s'ensuit.

Voix - Gaby !

La future mère releva la tête, cherchant qui pouvait bien l'interpeller comme ça, et reçut tout à coup brusquement une jeune fille blonde dans les bras. Elle mit trois secondes avant de reconnaître Olivia, et écarquilla les yeux. Que faisait-elle ici ?! Et comment était-elle venue ? Personne ne l'avait prévenu ! Elle lui rendit son étreinte avec un léger temps de retard, choquée de la voir ici. Pourquoi n'avait-elle pas appelé avant pour prévenir qu'elle venait ? Et pour quoi faire ? Où étaient ses parents ? S'ils attendaient à l'intérieur de l'école... Gabriella n'avait pas spécialement envie de voir son frère aîné. Il était arrogant, rigide, imbu de lui-même, et acariâtre. Alors non, elle se passerait très bien de sa visite.

Olivia - Je suis venue pour rejoindre ton école ! Papa refusait, mais papi et mamie sont avec moi, ils veulent bien m'aider. Je veux apprendre à me servir de mon don comme toi.

Elle était venue pour s'inscrire ? Mais qui l'avait conduite jusqu'ici ? Le père de Gabriella était invalide de guerre, il ne pouvait prendre le volant, et sa mère n'avait pas le permis. Son père, s'il était contre, n'aurait jamais fait ça... Elle se mit à couver sa nièce d'un regard on ne peut plus soupçonneux. Elle n'aurait tout de même pas osé... Mais ne pas tirer de conclusions hâtives. Elle était raisonnable, après tout, et très débrouillarde, assez intelligente pour savoir ce qui pouvait la mettre en danger ou non. Donc, non, impossible qu'elle ait osé faire ce à quoi Gabriella pensait. Mais si cela s'avérait vrai, elle l'écorcherait vif sur-place. Enfin, parer au plus pressant. Elle était venue pour s'inscrire sans l'accord de son crétin de père ? Paaarfait ! Au moins, elle en avait un peu dans le ventre, cette enfant ! Gabriella était extrêmement fière d'elle, il était important qu'elle ne se laisse pas faire.

Olivia - Où avais-tu disparue pendant tout un mois ? Ce sont les soldats qui t'avaient enlevé ?!

Le sourire de Gabriella se fana, comme de la neige qui fond au soleil. Olivia, ou l'art de poser toujours les questions auxquelles on s'attend pas du tout. Elle passa un bras autour de ses épaules et l'entraîna avec elle, vers le hall d'entrée. Il y avait peu de monde à y traîner, et Laura y était assise seule, sur un banc. Tiens, bizarre que son frère ne soit pas avec elle... Elle conduit sa filleule vers les escaliers, tout en déboutonnant sa veste, sa longue robe rouge l'empêchant de marcher parfaitement à son aise, toujours sans rien dire.

- Pas ici, dit-elle en sentant que sa nièce allait la relancer. On va rentrer dans mes appartements d'abord.

Elle ne tenait pas à parler de ce genre de sujet à la portée de n'importe qui, que ce soit élèves, professeurs, membres du personnels, ou militaires. En passant au deuxième étage, elle entendit une certaine agitation monter des appartements d'Adrien. Elle passa en secouant la tête, regrettant que tout se soit terminé de cette façon. Elle fit signe à Olivia de venir avec elle dans le dernier escalier, montant au troisième étage, puis la fit entrer chez elle, avant de refermer soigneusement la porte.

- Assis-toi où tu veux, je vais faire du café. Et évite d'aborder ce genre de sujets en public, attend qu'il y ait moins de monde autour de toi ! Il vaut mieux éviter qu'on t'entende, parfois.

Elle ne voulait pas qu'Olivia s'attire aussi des ennuis, à peine arrivée. D'autant plus que si les soldats apprenaient qu'elle était sa nièce, ils pourraient vouloir l'utiliser contre elle. Elle débarrassa la petite table, puis prépara du café, laissant de côté ses chaussures à talons pour rester pieds nus sur le parquet.

- Peu importe où j'avais disparu, Olivia, dit-elle en tournant la tête vers sa filleule. C'est du passé, et il vaut mieux que tu ne te mêles pas de ça, c'est trop dangereux !

Elle sortit deux tasses, du sucre et des cuillères, posant le tout sur la table, puis s'assit en face de sa nièce le temps que le café chauffe.

- Dis-moi plutôt ce qui s'est passé avec ton père pour que tu viennes ici si brusquement.

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MessageSujet: Re: Aide-moi   Mar 4 Nov - 16:11

Sa tante cessa instantanément de sourire après sa question. Aïe... Elle allait crier, lui dire que ça ne la regardait pas, ou lui répondre qu'elle n'avait pas à lui poser ce genre de questions ? A moins que ce ne soit encore un souvenir trop douloureux pour qu'elle puisse en parler... D'un coup, Olivia s'en voulut de lui avoir demandé, de ne pas avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Elle parlait toujours trop, et surtout, trop vite ! C'était un de ses plus grands défauts, elle ne pouvait s'empêcher d'ouvrir sa grande bouche pour déverser des flots de conneries en oubliant qui elle avait en face d'elle et si le sujet était sensible ou non. Sentant ses joues se colorer de rouge, elle se tortilla sur-place, très gênée, et sursauta à moitié quand sa marraine passa un bras autour de ses épaules pour l'emmener avec elle. Elle semblait triste, et Olivia crut un moment qu'elle allait pleurer. Peur sans doute stupide, par ailleurs, elle ne l'avait absolument jamais vu pleurer, au point de se demander si elle en était capable.

Rentrant avec elle, la jeune adolescente chercha à toute vitesse un moyen de s'excuser, de lui dire q'elle était désolée, qu'elle n'avait pas voulu la blesser, ou quoi que ce soit du genre, mais sa tante l'arrêta, lui disant qu'elles rentraient d'abord. Elle se tint donc coite, se contentant de savourer le contact retrouvé. Elle ne l'avait plus vu depuis si longtemps ! Beaucoup trop longtemps, d'ailleurs, elle lui avait manqué, d'autant plus avec les ennuis que connaissaient l'école. La radio était avare en détails, la presse aussi, et la jeune fille avait l'impression d'ignorer quasiment toute l'histoire. Et Gaby n'était pas revenue à Paris depuis le mois de Septembre, ce qui avait encore aggravé son inquiétude. Personne, au moins à la capitale, ne savait vraiment ce qui se passait ici.

Elle monta les escaliers, sans pouvoir s'empêcher de regarder le ventre bien arrondi de sa marraine, encore mieux mis en forme grâce à la robe qu'elle portait. L'accouchement ne devrait pas être dans longtemps, non ?  Grand-mère s'en inquiétait, depuis déjà un moment. Elle se plaignait que sa fille ne lui donne pas souvent des nouvelles, et que, à chaque fois qu'elle l'appelait, c'était pour des conversations courtes, où elle sentait bien la tension. Olivia allait souvent chez ses grands-parents, ces temps derniers, et elle avait bien vu qu'ils se faisaient beaucoup de soucis pour leur fille, qu'ils voudraient qu'elle rentre à Paris, avec son mari, et ne se soucie plus des problèmes qui couvaient au pensionnat. Espoir utopique... Elle entra dans l'appartement du troisième étage, en jetant un large coup d'œil autour d'elle. Sa tante, abandonner l'endroit ? Aucune chance. Si l'école tombe, elle tombera avec elle, Olivia en était convaincue.

- Assis-toi où tu veux, je vais faire du café. Et évite d'aborder ce genre de sujets en public, attend qu'il y ait moins de monde autour de toi ! Il vaut mieux éviter qu'on t'entende, parfois.

Oups. Hum, bon, voilà, elle savait qu'elle devait faire plus attention que ça, oui. Elle s'assit sur un des canapés avec un petit soupir, observant la pièce, pendant que sa tante s'activait à côté. Gaby avait aussi une maison à Paris, avec son mari, mais c'était une maison assez grande, un peu vide, et froide, le genre meublée parce qu'il le faut, mais dépourvue de traces d'habitation. Une maison où il n'y avait que rarement de la lumière, somme toute. Ici, tout montrait que l'endroit était habité et entretenu. C'était ici qu'étaient les photos, les livres avec leurs marques-pages, une veste oubliée... Rien à voir avec Paris, où la maison était impeccablement rangée, si bien qu'on croirait que personne n'y a jamais mis les pieds. Sa grand-mère y allait de temps en temps pour aérer, et laissait toujours, semaine après semaine, un bouquet de fleurs de lavande dans le hall d'entrée, comme si quelqu'un allait venir les admirer. Olivia avait horreur de cette manie, c'était comme si on venait fleurir une tombe.

- Peu importe où j'avais disparu, Olivia. C'est du passé, et il vaut mieux que tu ne te mêles pas de ça, c'est trop dangereux !

Elle s'assit en face d'elle, posant des affaires sur la table, alors que la jeune fille retenait une exclamation. Même si c'était dangereux, elle ne pouvait quand même pas rester les bras croisés à ne rien faire pendant que sa famille était agressée ! Elle n'était plus en sucre, et pouvait encaisser plus de choses maintenant. Surtout avec le bordel actuel... Elle n'était pas dupe, et pouvait aider, même avec de maigres moyens. Avec ça, dans la famille, personne n'était du genre à rester bien tranquille !

- Dis-moi plutôt ce qui s'est passé avec ton père pour que tu viennes ici si brusquement.

Oh, son père, son père, ils s'étaient un tout petit peu criés dessus, comme d'habitude, rien de bien méchant ! Olivia le trouvait coincé, méchant, mauvais, arrogant et idiot. Lui la trouvait naïve, insolente, incapable, méprisante et trop agitée. Bref, ils ne se supportaient plus ! Elle haussa les épaules, dans un geste qui n'engageait à rien, cherchant comment qualifier une situation qui était devenue son pain quotidien depuis qu'elle avait atteint l'âge de raison.

- On s'est juste pris la tête car il veut que je fasse disparaître mon don, dit-elle en enlevant ses chaussures pour pouvoir s'asseoir en tailleur sur le canapé. Du coup, je me suis enfuie chez papi et mamie, qui m'ont aidé pour venir ici. Je suis restée à Gray depuis ce matin, car t'étais au mariage.

Elle ne pouvait pas vraiment lui avouer qu'elle était venue en stop, no... De toute façon, elle lui mentait par gentillesse, car il ne fallait pas d'énervement, dans son état ! Donc elle l'aidait à prendre soin d'elle en lui cachant le fait qu'elle était venue en stop pour ne pas l'agacer et la mettre mal à cause de sa grossesse. CQFD. Elle savait déjà que ses grands-parents la couvriront, si jamais Gaby leur téléphonait pour vérifier les faits, si tout s'était bien passé comme ça. Voyant que le café était chaud, elle se leva pour aller chercher la petite casserole et la déposer sur la table basse.

- Je sais que ça me regarde pas, mais j'ai le droit de m'inquiéter ! Tu as disparue tout un mois ! Papi et mamie étaient à moitié mort d'inquiétude... Ils téléphonaient tous les jours à la maison pour savoir si papa ou si mon oncle avaient des nouvelles. J'ai aussi appelé ici mais personne n'a pu me répondre. Ils avaient même pas l'air de s'en faire...

Ça, par contre, elle en était toujours extrêmement choqué et dégoûtée. Bravo pour l'entraide, chez les profs ! C'était du beau, elle n'avait jamais vu ça ailleurs ! Elle crissa des dents, buvant une gorgée de café, et se brûla la langue. Elle toussa puis plaqua une serviette contre sa bouche, frissonnante.

- En plus, il y a plein de rumeurs, à Paris, reprit-elle très vite en rajoutant un sucre dans sa tasse. La presse dit que le gouvernement travaille pour faire disparaître les dons, et beaucoup de parents d'élèves sont d'accord sur ça. Mais tu crois que c'est possible ? Que c'est vraiment ce qu'ils veulent ?
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