1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un mariage en Avril !

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MessageSujet: Un mariage en Avril !   Ven 22 Aoû - 13:11

Aujourd'hui était un jour spécial, Sarah allait enfin devenir Mme Sarah De Sora. Bon, c'est vrai, cela sonne un peu bizarre, mais Sarah en était heureuse. Depuis le temps qu'elle attendait ce jour, rien ne pourrais le gâcher. Sarah était dans une petite salle, elle enfilait sa robe de mariée. Elle se regarda dans le miroir, elle était magnifique ! Sa robe était blanche et longue. Elle avait des manches courtes, décolleté. Au niveau de la coiffure, Sarah avait choisi quelque chose d'assez simple, ses cheveux étaient détachés, légèrement bouclé, une pince était attachée sur le côté. Elle avait aussi choisi un maquillage assez simple.

Alice, se mit derrière elle et lui installa son voile :

- Tu es magnifique !

Sarah lui sourit, oui, elle trouvait aussi. Elle soupira, depuis le temps qu'elle attendait un jour comme cela, elle allait enfin ce marié ! Tout à coup, elle paniqua, elle regarda Alice :

- Il me manque quelques petites choses...

- Ne t'inquiète pas, j'ai prévue !

Elle lui sortit un bracelet bleu :

- Quelque chose de vieux, emprunter et bleu !

Sarah reconnaissait immédiatement ce bracelet, il appartenait à sa grand-mère. A l'époque où elle habitait encore chez ces parents, en Angleterre, Sarah était très proche de sa grand-mère, à vrai dire, c'était la seule qui comprenait son don. Malheureusement, quand ces parents décidèrent de la mettre au pensionnat de Ste famille, elle fut séparée de sa grand-mère, elle ne la revit plus jamais !

- Mais comment as-tu fais ?

- Quand tu es partie, mamie était très triste, elle m'a donnée le bracelet et m'a dit : « tu lui donneras quand tu la reverras ! » elle t'aimait vraiment beaucoup !

A ce moment-là, Sarah en fut très émue ! Malgré qu'elle fût partie, sa grand-mère pensait encore à elle. Sarah prit le bracelet et le mis à son poignet, il était vraiment très beau !

- Je crois que j'ai les 4 : quelque chose de vieux, d'emprunter, de neuf et de bleu.

Alice le savait, c'était une tradition Anglo-saxonne que Sarah voulait garder. Après tout, elle était d'origine anglaise. Sarah soupira, ses parents ne seront même pas là pour son mariage ! Oh, elle avait pensé à leur envoyer un courrier comme quoi elle se mariait, mais elle n'avait jamais eu de réponse de leurs part ! Après toutes ces années, ils lui en voulurent encore. De plus, elle ne verrait même pas ces frères et soeurs ! Sarah fut triste un petit moment, Alice la serra dans ses bras :

- Sarah, ne pense pas à eux, ils sont nuls ! Ne gâche pas ta journée !

Oui, Alice avait raison, Sarah se redressa, il ne fallait pas qu'elle pense à ses parents. Elle sourit à Alice :

- Oui, tu as raison, cela n'en vaut pas la peine !

Sarah se regarda à nouveau dans le miroir, elle se trouvait vraiment belle. Son mariage allait être parfait. Enfin, presque, parce que quand Sarah apprit que c'était Gabriella qui s'occupait de l'organisation du mariage, elle en avait eu peur. En effet, étant à 8 mois de grossesse, elle avait peur qu'elle ne soit pas à la hauteur, de plus après ce qu'il lui était arrivé ! Ensuite, elle apprend qu'Adrien en avait fait son témoin ! Sarah en était très étonnée parce que c'était quand même elle qui l'avait foudroyé un matin. Enfin, Sarah ne cherchait pas à comprendre, personne ne gâcherait son mariage, même pas Gabriella !

Elle lissa sa robe, Sarah était quand même un peu anxieuse et si Adrien ne voulais plus l'épouser à la dernière minute ? Et si c'était elle ? Ou alors si les militaires faisaient quelque chose !

*Allons Sarah, ça va aller, tout va bien se passer !*

Elle respira un grand coup, elle était prête ! Elle regardait Estelle, son témoin, celle-ci venait juste d'arriver :

- Je suis prête !

Alice donna à Sarah son bouquet :

- Tout va bien se passer Sarah !

Oui, Sarah espérait que c'était vrai. Le prêtre qui les mariait était le Père Vilette, Sarah et Adrien préférait que ce soit lui qui les marie malgré que le père Vilette n'aimait pas trop Adrien. Sarah s'avança vers Estelle qui elle aussi était vraiment très belle et l'attendit.

Tenue:
 
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MessageSujet: Re: Un mariage en Avril !   Ven 22 Aoû - 15:37

Estelle avait passé plus d'une heure et demie dans la salle de bain, malgré les soupirs très réguliers de François qui lisait son journal en jetant des coups réguliers vers la porte, malgré son fils qui trépignait dans la poussette, près à partir à Paris, avec son père, pour voir ses grand-parents durant tout le week-end. Oui, bon, sans doute était-elle assez longue, mais elle avait de quoi être excitée, aujourd'hui ! Estelle adorait les mariages et les fêtes plus que tout. Le sien avait été merveilleux, et elle tenait à ce que celui de Sarah le soit aussi, c'était dans l'ordre naturel des choses ! Elle enfila une longue robe d'un rose pâle, convaincue qu'il ne fallait porter que des couleurs pastel et solaires pour un mariage. Lorsqu'elle quitta la pièce, François loucha d'un coup sur son décolleté, en renversant à moitié son café. Elle l'embrassa longuement, puis serra Wyatt contre son cœur pour lui dire au revoir. Il allait lui manquer, son bébé, mais maman pensera très fort à lui. Elle mit un châle léger sur ses épaules, puis leur envoya des bises en filant vers la porte.

- Je vous appelle ce soir !

Elle était très excitée, et fila aussitôt dans les couloirs. Quelques élèves la regardèrent bizarrement lorsqu'elle passa, surtout sa tenue, mais elle grimpa très vite au troisième étage pour voir si Gaby était prête. Elle était témoin, elle aussi ! Frappant à la porte, elle ouvrit et chercha Gaby du regard.

- Il faut y aller, grande sœur ! Oh...

Elle la regarda de haut en bas, un peu soufflée. Elle portait une longue robe d'un rouge prononcé, qui épousait bien ses formes. Jolie ! Estelle eut un grand sourire, puis lui dit qu'elle allait rejoindre Sarah. Elle redescendit, les joues un peu roses. La cérémonie allait se dérouler à Gray. D'abord un passage à la mairie, bien entendu, puis à l'église ! Elle paniqua une minute en cherchant les alliance des futurs mariés, puis se souvint que c'était Gaby qui les avait.

Entrant après avoir frapper, elle trouva Sarah habillée et coiffée, avec sa petite sœur. Elle lui dit qu'elle était prête, prenant son bouquet. Très émue, Estelle prit Sarah dans ses bras pour la serrer longuement contre elle, ravie et souriante, puis l'entraîna avec elle avec un petit rire. François les emmenait à Gray en voiture, jusqu'à la mairie. Gaby emmenait d'autres personnes dans son propre véhicule. Le village n'était cependant pas loin, et beaucoup s'y rendaient à pieds. Arrivés à Gray, Estelle rit comme une petite fille.

- Détendue, Sarah ? On y va !

Elle lui fit une bise sur la joue puis courut rejoindre les autres témoins, ainsi qu'Adrien, qui attendait devant la mairie. Elle se glissa près de Daniel et Gaby, avec le minuscule Lucas coincé entre eux. Elle lui fit un sourire rassurant, consciente qu'il ne devait pas être trop à l'aise avec tout cela. Les mariés furent assis devant le bureau du mur, et leurs témoins respectifs assis de chaque côté. Le petit Lucas était entre elle et Sarah, et elle fondit encore en lui jetant un coup d'œil. Il était si mignon ! Lissant sa robe, elle suivit attentivement la cérémonie, alors que le maire débutait les vœux d'usage.
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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Un mariage en Avril !   Lun 25 Aoû - 23:07

"Tu as fait une énorme connerie."

"Non, au contraire, c'était ce qu'il fallait faire ! Il n'y a rien à regretter."

"C'est une insulte à la mémoire de ta famille."

"Tu ne vas pas vivre triste éternellement !"

Adrien ferma les yeux un instant, chassant les voix de sa conscience plus loin avec un grand soupir. Il devrait être joyeux, détendu, souriant, prêt à tout, avoir envie de chanter et de danser, et non pas être en train de se battre avec sa conscience pour savoir si ce qu'il faisait était bien ou mal ! Pas possible d'être aussi bête, quel autre homme, le jour de son mariage, irait se poser pareille question ? Il devait être le seul sur terre à faire ça. Il souffla un grand coup, les mains dans le dos, regardant la mairie, presque hagard. Il venait tout juste d'arriver, et s'il était nerveux, ce n'était rien en comparaison de la fête intérieur de ses problèmes d'engagement personnels. Il retint un nouveau soupir, lissant un un pli de sa veste. Il attendait avec Daniel et Gabriella, ses deux témoins. La cérémonie allait commencer, il fallait qu'il se calme. Et surtout, qu'il mette de côté ses soucis et ses fantômes personnels, au moins pour les jours à venir. Tout allait BIEN se passer ! Perdu dans ses pensées, il entendit tout à coup du mouvement et tourna la tête. Sa presque-femme venait d'arriver.

"Tu trahis la mémoire d'Anna", souffla à nouveau la petite voix.

Ignorant ce refrain lancinant, il entra dans la mairie, Sarah à son bras, témoins et invités les suivant. La joie de cette journée se mêlait à la douleur de ses souvenirs. Les années n'avaient rien effacé de la souffrance. Sarah. Anna. Deux femmes. Deux mariages. Deux histoires. Il se concentra sur le maire, essayant de se vider l'esprit. Il avait l'impression de sentir de lourds regards accusateurs. L'impression que le monde entier le pointait du doigt, répétant inlassablement qu'il n'avait pas le droit d'agir ainsi, pas le droit d'entraîner une nouvelle femme à ses côtés. Il allait attirer le malheur sur elle. Il devrait tout arrêter, tout annuler. Mais il ne le pouvait pas. Il ne pouvait pas. Le Maire, debout, commença à parler, à réciter la litanie veille comme le monde, répétée à tant de couples avant eux. Un discours qu'il connaissait, il l'avait déjà entendu. Il voyait de nouveau le fantôme d'Anna, devant lui, seul à la voir dans une longue robe blanche, ses longs cheveux blonds retombant en vagues douces sur ses épaules. Le voyait-elle ? Lui en voulait-elle ? Ou était-elle heureuse qu'il poursuive malgré tout sa vie ? Elle avait été la première dans son cœur. Sans doute le restera-t-elle.

- Jurez-vous protection, fidélité et amour, débitait le maire. Jurez-vous...

Les mots résonnaient dans son crâne. Il avait attendu et redouté ce jour. Il regarda un instant ses témoins, puis ceux de Sarah, et enfin elle-même. Elle rayonnait de bonheur et de fraîcheur, bien loin de ses propres pensées. Il tourna à nouveau le regard vers le maire, sa main dans celle de la jeune professeur. Veux-tu devenir ma femme. Veux-tu de l'épave que je suis. Veux-tu que ce soit moi qui partage ta vie. Veux-tu être la mère de nos enfants. Veux-tu passer ton existence à mes côtés, veux-tu que nous nous éteignons tous les deux dans la même maison, à un âge avancé. Voilà les questions qui méritaient d'être posées. Les seules qui comptaient véritablement.

- Oui, je le veux.

Il s'engageait de nouveau. Il repartait pour un nouveau tour, au bras d'une autre femme. Et les applaudissement de leurs invités, alors qu'ils s'embrassaient, il ne les entendait pas. Il avait peur, mais il était heureux. Il crevait de trouille, mais il n'aurait voulu se trouver nulle part ailleurs qu'ici même, au bras de cette femme. On les accueillit à la sortie de la mairie avec des fleurs et des pétales, du riz, des chants. On les suivit, dans un long cortège pour se rendre à l'église. Leurs invités entrèrent et s'y installèrent, riant et bavardant. Il profita de cette petite pause pour embrasser Sarah dans le cou, tenant fermement son bras, et lui offrit un large sourire.

- J'ai maintenant bien hâte d'être à ce soir, madame de Sora.

Il n'eut pas le temps d'en rajouter, car le Père Vilette était venu les retrouver, aux portes de l'église. A lui, il sourit d'une façon on ne peut plus gênée. La dernière fois qu'il l'avait vu, il avait bien faillit vomir sur les bancs de la chapelle du pensionnat, et s'était comportée d'une façon parfaitement indigne. Il n'aurait pas cru qu'il allait les marier, lui et Sarah ! Et n'avait rien osé dire quand sa femme avait exprimé le souhait que ce soit le vieux prêtre qui les marie. Huuum, d'accooord... Il piétina un peu sur place, regardant tout sauf le prêtre. C'était gênant !

- Nous sommes prêts, bafouilla-t-il en fixant ostensiblement une moulure de la porte de bois, qu'il trouvait soudain particulièrement fascinante.

La musique fut lancé. A moitié mort de gêne, il s'engagea dans l'allée avec Sarah, suivant le Père Vilette pour le mariage religieux.

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MessageSujet: Re: Un mariage en Avril !   Mar 26 Aoû - 14:14

Des jeunes gens étaient venus assez tôt ce matin pour cirer les bancs de l'église et y accrocher des petits bouquets de fleurs blanches. Pendant ce temps, Xavier y avait déposé le petit livret de chants et de prières, que les futurs mariés avaient préparés avant la cérémonie, puis s'était assuré que tout était prêt. La décoration, les fleurs, ses textes, tout était en place. Le vieil homme rentra dans son cottage, s'agenouillant un moment près de l'autel qu'il avait installé dans un coin de chez lui. Un autel tout simple, recouvert d'une nappe blanche, surmonté de deux cierges, et de quelques photos. Un coin petit, exigu, et sombre. Un coin caché à la vue de celui qui restait dans l'entrée du cottage. Un coin presque dissimulé, et était pourtant le plus cher à son cœur. Le plus intime, le plus brillant, luisant de vie.

Toutes les photos représentaient des habitants du village où il avait été prêtre si longtemps, de son ordination jusqu'à la grande guerre. Vingt-cinq ans de sa vie, de son histoire. Vingt-cinq ans de bonheur. Ce village n'existait plus du tout aujourd'hui. Bombardé durant la guerre, ses habitants disparus, éparpillés, ou morts. Des ruines rongées par la végétation et le délabrement des années. Il n'y était pas retourné depuis la fin de la Grande Guerre, où il avait courut voir si le village avait résisté, courut voir si ses habitants n'avaient pas besoin d'aide. Il n'avait trouvé qu'un spectacle de pure désolation. L'église en ruine avait abrité des familles, jusqu'au dernier moment. Il ferma doucement les yeux, essayant de chasser ces images d'horreur pour ne conserver que les souvenirs heureux. De ne visualiser que ce que la vie lui avait apporté comme joies.

Il avait célébré bien des mariages, dans la petite église du bourg. Bien des couples étaient passés devant l'autel, entendre les paroles éternelles et sacrées les ayant liés à jamais devant le Seigneur. Signer le registre de l'église, avec leurs témoins. Ce registre, il avait pu le récupérer dans les décombres du presbytère, à moitié brûlée et très endommagé. Un des rares objets qu'il avait ensuite emmené avec lui, le conservant comme un trésor précieux. Le registre des baptêmes, lui, était resté introuvable, ce qui le chagrinait. Il était pourtant souvent indispensable pour la préparation des mariages Chrétiens. Il rouvrit lentement les yeux, les mains posées à plat sur ses genoux. Il espérait ne plus jamais connaître de telles horreurs, ne plus jamais revoir la guerre. La vie était trop courte, et trop belle, pour la gâcher ainsi. Il baissa la tête, murmurant un Notre Père dans le silence de son petit cottage.

- Bénissez ce jour, Seigneur. Que les enfants qu'ils auront ne connaissent rien des grandes guerres de ce monde.

Se relevant, il se prépara. La cérémonie à la mairie était achevée, mariés et invités arrivaient à l'église. Xavier les regarda entrer et s'asseoir, un sourire aux lèvres. C'était pour cela qu'il vivait. Pour continuer à guider sur le chemin de la foi et de la lumière tous les jeunes gens et les moins jeunes, pour rassurer, prêter une oreille attentive à ceux qui le désiraient. Lorsque que presque tout le monde fut assit, il sortit sur le parvis de l'église où patientaient les mariés. Sarah Smith. Adrien de Sora. Il leur sourit doucement, heureux de voir ce jeune couple emprunter la route sacrée du mariage. Peut-être une femme parviendra-t-elle à assagir l'infirmier du pensionnat, peut-être réussira-t-elle à chasser les démons qui l'accompagnaient. Cet homme en avait grandement besoin. Xavier n'était pas idiot, et avait bien vu que l'alcool n'était pas son seul tourment. D'autres fantômes le suivaient, sans doute plus lourds et douloureux que tous les ravages que l'alcool pouvait poser.

- Nous sommes prêts.

Il ne le regardait pas, comme gêné. Xavier ne fit aucun commentaire, et débuta plutôt la procession. La musique s'envola, jouée à l'orgue par une paroissienne plutôt douée dans ce domaine. Il les conduit à l'autel, s'inclinant devant, et fit asseoir les mariés sur les deux chaises blanches prévues pour eux. Lui-même prit la place qui lui revenait, écartant les bras pour saluer toutes les personnes présentes à la cérémonie. Un voile de tristesse obscurcit cependant son regard en voyant l'assemblée, car de tous les invités, la jeune mariée n'avait que deux membres de sa famille auprès d'elle, et Adrien n'en avait pas du tout. Il voyait là deux âmes esseulées, et espérait qu'ils trouveront du réconfort à voir leurs amis auprès d'eux dans un tel jour. Il salua d'une voix douce et posée, commençant à parler, répéter les mots forts du mariage, d'une cérémonie Chrétienne. Remercier les personnes pour leur présence, leur soutien aux deux nouveaux époux.

- Levez-vous. Ensemble, chantons en ce jour, rendons grâce en ce jour au Seigneur pour avoir réuni ces deux âmes, à l'Amour pour les avoir liés l'une à l'autre.

Une toute jeune femme vint au pupitre avec des feuilles, et entonna un chant, accompagnée par l'orgue, et dont le refrain fut repris en chœur par toute l'assemblée. Chant, prières, moment de paroles, témoignages de proches, mots des enfants, voilà ce que devait être un mariage à l'église. Xavier y mit tout le cœur possible, afin de laisser le plus beau des souvenirs aux deux mariés. L'église résonnait du son de l'orgue et de la voix des personnes présentes. Il présidait ainsi la cérémonie, veillant à ce que tout se déroule dans la joie, et dans l'amour entre tous, le respect au seigneur.
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Magister
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MessageSujet: Re: Un mariage en Avril !   Lun 8 Sep - 22:11

Intervention de Magister

Un homme brun, élancé, avec les cheveux courts, s'avance vers les jeunes mariés en lançant un regard entendu à Sarah. Il tend une enveloppe à Adrien, contenant plusieurs photos de l'inconnu et Sarah dans un lit, datées de deux semaines avant. Il dit qu'il est l'amant de Sarah et lui demande de partir avec lui plutôt que de se marier avec "ça".
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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Un mariage en Avril !   Mar 9 Sep - 19:34

Adrien leva le regard vers la nef, alors que le Père Vilette débutait son laïus, un sacrements sans doute répété des dizaines, voir des centaines de fois depuis qu'il avait endossé la soutane noire. Il écouta, baissant la tête, les yeux entrouverts, concentré. Il ne voulait pas lever la tête vers l'autel, hanté par une autre vision. Il revoyait de nouveau Anna. Il la revoyait devant lui. Jeune, la peau fraîche, éclatante comme une rose. Elle était devant l'autel, sa longue robe blanche épousant harmonieusement chacune de ses formes, avec grâce et douceur. Les manches, échancrées vers les poignets révélaient des mains très fines et délicates. Ses cheveux étaient coiffés très simplement, et descendaient en petites vagues jusqu'au milieu de son dos. Il releva les yeux. Elle était tournée vers lui. Elle tendit une main, silencieuse, sa robe de mariée, agitée par un vent surnaturel. Lui seul la voyait. Elle était là, fantôme éternel, seule, si seule. Elle était là, devant l'autel.

Il se leva avec Sarah, le regard semblant briller de concentration, alors qu'il ne voyait qu'Anna. La question revint, lancinante, brûlante, terrible, l'obsédant. La trahissait-il en épousant une autre femme ? Que pensait-elle de lui ? Pourquoi revenait-elle le hanter, le jour de son mariage, si ce n'était pas pour exprimer sa colère ? Il faillit en lâcher la main de Sarah, alors que sa première épouse se retournait vers l'autel. Il l'observa de dos, troublé, alors qu'il récitait presque mécaniquement le serment du mariage. Anna. Anna ! Regarde-moi... Il dit "Oui" comme il l'avait fait à la mairie. Il traçait un nouvel avenir, il débutait une autre existence, et il ne pouvait que culpabiliser, s'en vouloir, se demander s'il avait tord. Sarah dit Oui à son tour. Ils étaient à présent mari et femme, unis pour le meilleur et pour le pire.

Ils sortirent de l'église sous les applaudissements de leurs invités, les rires, les cris du photographe officiel qui les fit se mettre sur la deuxième marche, afin de les prendre en photo. Il sourit doucement, saluant la petite foule d'un signe de tête, son bras serré sur celui de sa femme. Et il vit Anna sortir doucement de l'église, le frôlant, traçant son chemin à travers la foule. Comme un fantôme esseulé, dont la robe de mariage prenait la forme d'un linceul mortuaire. Il cligna des yeux plusieurs fois, et la vision disparu. Décidément, ça n'allait vraiment pas bien, dans sa tête ! Il prit une grande inspiration, souriant véritablement, et conduit sa femme et le cortège jusqu'à le salle des fêtes, où tout avait été dressé pour un grand repas et une très belle fête.

- Félicitations ! lança un invité qu'il n'eut pas le temps de reconnaître, emporté par le mouvement.

Il sourit, embrassant sa femme alors qu'il s'asseyait. Le repas de noces débuta dans les cris de joies, les rires et les chansons. Ils arrivaient bientôt au plat principal, lorsqu'un homme se glissa jusqu'à leur table, glissant un long regard à sa femme. Oh, ce devait être un de ses amis ! Il le salua, content de voir qu'elle avait mis sur la liste des invités quelques amis, car elle était assez solitaire. Invité qui lui donna tout à coup une enveloppe assez épaisse. La tradition voulait qu'on donne les cadeaux de mariage seulement à la fin, mais Adrien se contenta de le remercier, ne voulant pas être désobligeant. Il l'ouvrit, et trouva des photos. Il ne comprit pas tout de suite de quoi il s'agissait. Ou il ne voulut pas comprendre tout de suite...

Il ne disait absolument pas rien, comme flottant dans un monde irréel, croyant d'abord à une mauvaise blague. Anna réapparut à nouveau, superbe même avec le linceul des morts, et vint glisser ses bras autour de son cou, dans son dos. Étreinte très légère mais qui lui donna un très long frisson glacial. La salle dû se rendre compte peu à peu que quelque chose n'allait pas, car le silence se fit lentement. Adrien n'entendit même pas ce que l'inconnu dit à sa femme, au milieu d'un silence de mort. Il regardait toujours les photos.

- Papa, murmura ensuite une voix d'enfant.

Il baissa les yeux. Son fils se tenait près de sa mère, vêtu lui aussi d'un linceul blanc. Mais, comme Anna, leurs habits se couvraient lentement de sang. Ils saignaient. Ils saignaient tous les deux. Il laissa tomber le paquet de photos sur la table. Ainsi que son alliance. Il se leva. Son fils s'accrochait doucement à sa mère, son regard brillant d'innocence levé vers elle. Il ne pouvait pas les rejoindre... Il partit presque en courant, aussitôt, quittant la salle, fuyant les regards trop lourds, fuyant absolument tout.

Il courut à en perdre haleine dans le village, puis sur la route menant au pensionnat. Ce ne fut que sur le trajet qu'il sentit des larmes brûlantes couler sur ses joues. Voyant mal où il allait, il s'arrêta juste à temps pour ne pas percuter un petit groupe, mené par Kimmitsu. Il faillit tomber, ne se redressant qu'à la dernière minute, et reprit son souffle. Il y avait une élève de seize ans, une autre du même âge qu'il ne connaissait pas, et la petite Laura.

- Tu as frappé quelqu'un ? demanda-t-il en balbutiant à Laura, la voyant blessée.

- Pardon ? Mais non, je suis tomb... Monsieur, tout va bien ?

Elle était choquée, ce dont il eut peine à réaliser. Mais peu importe. Anna marchait toujours derrière lui, tenant leur petit garçon par la main, et ne disait rien. Il fut soudain pressé de rentrer, de s'enfermer dans ses appartements au pensionnat, ou dans son bureau de l'infirmerie, et ne plus en sortir, ni ce soir, ni demain, ni jamais ! Le Pensionnat. Il devait juste le rejoindre. S'enfermer chez lui, dans son coin, dans un parfait havre de paix et de calme. Il voulait le silence et l'oubli. Oublier, oui. Et il ne connaissait qu'un seul moyen pour cela. plantant le petit groupe sur-place, il continua sa course, filant comme une flèche à ses appartements. il grimpa les escaliers quatre à quatre, se boucla chez lui, et se laissa glisser au sol. Arrachant veste et cravate, il se servit un alcool fort avec des mains tremblantes.

L'alcool coula dans sa gorge, le brûlant et le réchauffant. Il frissonna violemment puis se servit un second verre, le buvant tout aussi vite. Et un troisième verre. Et un quatrième. Le monde commença à ne plus être stable au cinquième verre, et il s'assit à même le sol. Il but encore, savourant la douleur et le réconfort qu'il éprouvait en se soûlant. Il vida la bouteille assez vite, en déboucha une autre. Il but un long moment, pleurant en même temps, jusqu'à être trop soûl pour pouvoir se redresser. Il s'affala de tout son long sur le parquet, au bord du coma éthylique, et la bouteille tomba de la table et se brisa. Couché près des éclats de verre, il cligna des yeux, hébété.

- Je suis si désolé, Anna, bafouilla-t-il.

Il ferma les yeux, ses sens engourdis. Il était si fatigué. Dormir... Il devait dormir...

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