1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Un cours particulier

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MessageSujet: Un cours particulier   Jeu 7 Aoû - 13:08

Xavier inséra en tremblant légèrement la grosse clé dans la serrure du placard, afin de le refermer. La messe avait été très perturbée aujourd'hui... Il avait débuté la cérémonie dominicale en voyant dès le début qu'il y avait bien moins de fidèles que d'ordinaire. Il manquait à l'appel de nombreuses familles du village, qui venaient pourtant chaque dimanche. Puis, au beau milieu de la messe, alors qu'il entonnait un chant Saint, des cris avaient jaillit du dehors, des hurlements même, ce qui l'avait coupé net. Des personnes, assises au fond, s'étaient précipitées pour voir ce qui se passait, prêts à appeler une ambulance. Et ils avaient vu, sur la place devant l'église, une jeune femme à demie-évanouie. Elle avait balbutié que, ne s'étant pas poussé assez vite pour laisser la place à un véhicule militaire de patrouille, elle avait été violemment repoussé et avait faillit être écrasée. En état de choc, elle fut soutenu jusqu'à l'hôpital par deux fidèles. Xavier, sorti pour savoir s'il pouvait aider, avait ensuite découvert, en se retournant, tout un pan de l'église contre lequel on avait jeté de la peinture et des œufs. Des traces toutes fraîches...

Scandalisé, il avait eu peine à terminer l'office dans de bonnes conditions. Terminant de ranger, il ressortit avec du matériel pour nettoyer. Ému, il vit arriver quelques villageois, armés eux aussi de seaux, de chiffon et d'eau chaude, qui étaient venus l'aider. Un voisin leur prêta son échelle, et tous ensemble, ils nettoyèrent le mur de l'église. La jeune sacristine pestait entre ses dents contre des actes de vandalisme aussi honteux. Il lui tapota l'épaule en passant, avec une parole de réconfort. Mieux valait ça que le cimetière profané ou une quelconque autre horreur.

Après avoir nettoyé, il fut invité chez des paroissiens pour déjeuner. Pendant le repas, ils essayèrent de deviner qui avait pu vandaliser ainsi l'église. Quel intérêt à faire cela ? C'était stupide, inutile, et ça ne servait à rien ! Xavier but lentement un verre d'eau, fatigué d'un seul coup. Stupide, oui, c'était le mot... A quoi bon jeter des œufs sur une église ? Il connaissait bien les jeunes du village, pour les avoir tous eu en catéchisme, et ne les croyait donc pas coupables, cela venait d'ailleurs.

- Mon père, murmura tout à coup le chef de famille Pensez-vous que les vandales puissent être aussi ceux qui ont agressés mademoiselle Durand ?

Il tapota doucement la table. Les militaires ? C'était possible... Mais il ne voulait guère s'avancer sur son terrain. Ayant lui-même connu les tranchées, il n'avait pas autant de préjugés négatifs que d'autres. Pour lui, le mal venait du Gouvernement, et de ceux qui donnaient des ordres infâmes. Les soldats en eux-mêmes ne devaient que suivre et se taire. Il se contenta donc de dire cela, puis changea de sujet sur la fin du repas.

Rentrant au presbytère, il attendit ses élèves pour les cours de défense habituels qu'il donnait, sous le couvert de cours de catéchisme. C'était à présent beaucoup plus simple, maintenant que l'accès au village était rouvert librement, mais il restait prudent. Lorsque les jeunes arrivèrent, il les fit entrer au presbytère, montant à l'étage derrière eux pour entrer dans une pièce emménagée en salle de cours.

- Installez-vous, les enfants.

Il leur distribua du papier et des crayons, en leur rappelant de garder chacun leur Bible sur la table au cas où il y aurait une visite imprévu. Il s'assit ensuite, les regardant. Les tables étaient disposées de façon à ce que chacun puisse se voir et se se parler facilement.

- Vous allez prendre le temps de réfléchir, puis chacun devra inventer un code secret pour écrire une information importante devant être dissimulée. Par exemple, un deux est égal à la lettre a, voyez-vous ce que je veux dire ? Laissez libre au cours à votre imagination, mais faites en sorte que l'on ne puisse pas se douter tout de suite que votre texte contient une information cachée.
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Un cours particulier   Dim 31 Aoû - 17:19

[Avec Indications de Magister, désolée, juré, j’y suis pour rien ^^’]

Laura se laissa retomber dans son lit avec un gros soupir fatigué et satisfait. Ayant fini ses devoirs et étudié un peu, elle n’avait plus rien à faire jusqu’au cours du Père Vilette. Elle venait tout juste de revenir de la messe, avec les autres élèves, et était franchement épuisée pour pouvoir faire quoi que ce soit. Un peu comme les autres élèves qui commençaient à travailler et étudier, surtout ceux pour lesquels les devoirs s’accumulaient alors qu’ils étaient dans leur année d’orientation pour la suite de leurs études. Encore heureux, Laura n’avait pas à se soucier de tout cela, elle était tranquille, pour l’instant. La collégienne put donc s’endormir sans stresser, se disant qu’elle avait du temps pour récupérer. Juste une demi-heure, pas plus. Une toute petite demi-heure, ce n’était pas trop, si ? Elle serait en forme, après.

Anna – Laura ! LAURA ! Lauraaaaa, réveille-toi !

Laura – Mmh ? Laisse-moi dormir, veux pas, veux dormir, j’ai fermé les yeux juste dix minutes.

Laura avait marmonné ces phrases en enfonçant sa tête dans son oreiller, bien décidée à dormir encore un peu. Anna, elle, continuait à la secouer comme un véritable prunier jusqu’à ce que son amie montre des signes de faiblesses. On ne pouvait même pas la laisser dormir dix minutes ?! Ils râlaient constamment parce qu’elle débordait d’énergie, qu’elle sautillait sans cesse et avait de plus en plus d’idées pour tuer le temps à force de côtoyer son frère… Eh bah, qu’ils en profitent, maintenant qu’elle était fatiguée ! La collégienne lança un regard noir à Anna, se demandant pourquoi elle venait la déranger maintenant.

Anna – Dix minutes ? Laura, ça fait une heure que tu dors ! Si tu veux manger avant de partir…

Laura – Une… ? Oups…

Ces paroles eurent l’effet d’une douche froide sur Laura qui se leva immédiatement pour descendre engloutir quelque chose avant d’aller au cours. Elle ramassa tout ce dont elle avait besoin, enfournant dans son sac crayons et feuilles de papier ainsi que les notes prises précédemment, et suivit Anna avec le regard encore un peu embrumé. Se frottant les yeux en baillant, plus fatiguée qu’avant sa sieste prolongée, Laura resta silencieuse durant tout le déjeuner et essaya d’émerger tant bien que mal lorsqu’elles sortirent du Pensionnat. L’air frais lui fouetta le visage et la réveilla bien plus que le repas ou le réveil un peu violent d’Anna. Parfait, maintenant, elle était réveillée et prête à faire les quatre cents coups !

De sa démarche sautillante, marchant plus vite qu’Anna qui peinait à la suivre, elles se rendirent à Gray pour leur « cours de catéchisme ». Lorsqu’elles arrivèrent, quelques élèves étaient là, dont des nouveaux qu’elle n’avait jamais vus auparavant. Mais elle était mal placée pour dire quoi que ce soit, alors autant faire profil bas et rester très, très discrète durant ce cours. Ainsi, à l’arrivée du Père Vilette, Laura baissa la tête en trouvant ses ongles soudainement plus intéressants. D’habitude, seul Jasper arrivait à l’intimider lorsqu’il était en colère et qu’elle avait fait une bêtise, mais ici… Avec le Père Vilette, depuis la disparition de Jasper et leur discussion dans la chapelle, la collégienne était franchement mal à l’aise. Elle ne disait rien aux cours, se contentait de faire les exercices et évitait, dans la mesure du possible, de lui poser des questions. Si Laura ne comprenait pas quelque chose, une consigne ou un « exercice », elle demandait des éclaircissements à la personne assise à côté d’elle.

Père Vilette – Installez-vous, les enfants.

Ils étaient arrivés dans une salle de classe on ne peut plus normale, à présent, quoi que légèrement différente par rapport à celles du Pensionnat. A présent, Laura y était habituée et s’installa à sa place habituelle, au milieu pour entendre, évitant d’être tout devant pour ne pas se retrouver juste à côté du Père Vilette, et évitant d’être dans le fond pour louper une quelconque consigne dite à voix plus basse. Elle prit du papier et un crayon parmi les tas qui passaient à travers les bancs, sortant sa Bible comme d’habitude dès que le Père Vilette le leur rappela. Oui, bon, petit oubli, mais le cours n’avait pas encore commencé alors ce n’était pas trop grave. En plus, la moitié des élèves avait oublié cette consigne sur le moment…

Père Vilette – Vous allez prendre le temps de réfléchir, puis chacun devra inventer un code secret pour écrire une information importante devant être dissimulée. Par exemple, un deux est égal à la lettre a, voyez-vous ce que je veux dire ? Laissez libre au cours à votre imagination, mais faites en sorte que l'on ne puisse pas se douter tout de suite que votre texte contient une information cachée.

… Hein ? Laura fit de gros yeux à sa voisine qui lui expliqua à nouveau en deux ou trois mots. Oui, oui, d’accord, elle n’était pas stupide non plus ! Mais comment pouvait-on crypter un texte qui n’ait pas l’air de l’être ? C’était impossible, enfin ! Crypter sans crypter, ou sans que cela en ait l’apparence… Laura ne voyait définitivement pas comment faire une telle chose était possible. Si on crypte un message, la personne l’interceptant le sait immédiatement, non ? Mais le message est impossible à décrypter, à moins d’en avoir le code… Alors, à quoi cela servirait-il de ne pas s’encombrer d’artifices ? En plus, personnellement, Laura ne connaissait pas d’autres cryptages possibles que celui des lettres représentées par des chiffres. Et comment faire passer un message très long, crypté, sans l’y faire ressembler ? Raaaaah, casse-tête !

Bon, du calme. Laura resta sans rien faire, réfléchissant un moment. Elle était la seule à trouver cette consigne bizarre ? Les autres élèves avaient trouvé un moyen ? La seule solution était de donner une information très courte, dans une information plus longue… Oui, peut-être. Se mordant les lèvres, Laura resta là, à regarder les autres élèves présents dans la pièce s’exécuter comme si cet exercice semblait on ne peut plus simple. Bon… Autant gribouiller quelque chose sur sa feuille, histoire de ne pas attirer l’attention du Père Vilette, c’était toujours mieux que de rester inactive.

Laura s’empara donc la première feuille de papier sans être convaincue de ce qu’elle allait faire. Elle ne savait pas quoi faire. Une information plus longue donnant des informations plus courtes… Plus longue… Une lettre ! La collégienne se mit à écrire sa lettre fictive, partageant des banalités avec son interlocuteur imaginaire. Dans cette lettre, elle inscrivit plusieurs dates l’air de rien, des numéros écrits en lettres, suivant l’exemple du Père Vilette. Voilà, il l’avait, son message crypté… Non ? C’était crypté, et on ne voyait rien au premier coup d’œil. Cependant, appeler pour vérifier sa proposition… Non. Laura continua donc de gribouiller sur sa feuille, la dissimulant au cas où, la coloriant distraitement avec un crayon pour passer le temps, sans véritable idée derrière la tête.

Anna – Pssst ! Tu as trouvé ?

Laura – Oui, une lettre et…

Le reste de sa phrase se perdit, Laura se tournant immédiatement vers la porte tout comme les autres élèves. Des cris. Des voix paniquées criant « Au feu ! ». Des pas précipités. De la fumée…

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