1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Personne ne doit piquer maman

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MessageSujet: Personne ne doit piquer maman   Jeu 7 Aoû - 12:20

Wyatt s'agitait dans son berceau, une main serrée sur son doudou, l'autre sur un bout de couverture bleue. Il avait mal dormi, même quand maman était venue la nuit pour le prendre dans ses bras, il avait plein de cauchemars. Il avait vu sa maman s'éloigner, partir, puis revenir avec un bébé dans les bras. mais ce bébé, ce n'était même pas lui, c'était un autre ! Alors il avait pleuré, mais maman n'avait pas lâché l'autre, elle l'avait embrassé, avec le sourire qu'elle donnait à lui d'habitude. Puis il avait pleuré, encore, et quand elle était revenue le chercher, elle avait encore l'odeur de l'autre. Et Wyatt s'était cru abandonné, sa maman ne l'aimait peut-être plus ! Et encore pleuré car dans son rêve, tante Sarah regardait aussi l'autre bébé, et marraine Gaby avait un enfant, elle aussi, et ce n'était pas lui. Tout le monde se détournait, il avait peur.

Voilà pourquoi aujourd'hui, allongé dans son berceau, il remuait beaucoup. Les grandes personnes qui travaillaient avec maman s'arrêtaient parfois pour caresser sa joue ou prendre sa petite main, comme d'habitude, puis repartaient. Maman était assise à la table à côté de son berceau, penchée sur pleins de feuilles de papier où elle mettait des signes tous rouges. Il tendit la main pour la toucher, mais elle était trop loin.

- Maa, ga !

En langage bébé, ça voulait dire "Maman, reviens !", mais personne ne parut comprendre, ce qui augmenta sa frustration. Mamaaan ! Papa n'était pas là non plus, Wyatt ne l'avait pas vu aujourd'hui. Encore plus abandonné, il gémit doucement. Maman, papa ! Il tourna la tête vers les grandes personnes, désespéré. Marraine ? Où ? Pas là non plus. Tante Sarah ? Où était tout le monde ? Papa, maman... Il s'agita de plus belle, voulant sortir de son berceau et retrouver la chaleur et la peau douce d'une personne aimée.

- A... Ar'h..

Prononcer le nom de tata était définitivement impossible. Il essaya encore un peu, toujours en battant des pieds, puis essaya celui de sa marraine. Après des "Ah y ah" à répétition. Il abandonna aussi, trop difficile. Bon, dernière solution. Il souffla un grand coup, laissant colère et peine s'échapper, puis éclata en sanglots bruyants, avec de grands sons plaintifs.
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MessageSujet: Re: Personne ne doit piquer maman   Mer 13 Aoû - 17:54

François avait dû repartir à la capitale très tôt ce matin-là, ce qui chagrinait Estelle. Elle le voyait moins, en ce moment, et voudrait pouvoir passer plus de temps avec lui le matin avant le travail ou le soir lorsque Wyatt était couché. Des soirées au coin de la cheminée, chez eux à Gray, ou blottis dans le canapé en semaine, au pensionnat. Ils pouvaient se câliner, parler de choses et d'autres, lire, se raconter des histoires. Elle adorait ces moments où, juste eux deux, ils prenaient simplement le temps d'être ensemble, sans se soucier de rien d'autre. Bonheur quotidien du mariage, et elle avait envie de plus. Bien sûr, elle comprenait que François doive se rendre souvent à la capitale pour ses affaires, il ne pouvait tout gérer d'ici. Elle espérait simplement qu'il revienne très vite, elle se languissait déjà de lui.

Elle sourit tout en corrigeant ses copies. Après avoir cru le perdre à jamais, elle s'émerveillait à présent de son bonheur chaque jour qui passait. La vie de couple était une chose incroyable. François était un père incroyable et attentionné, un époux adroit, tendre et amusant. Il veillait sur elle, elle se sentait protégée lorsqu'il était là. Il disait toujours qu'il aimait la douceur de sa peau, qu'il trouvait cela parfait. C'était très doux de se sentir aimée et désirée. Et dire que Sarah allait bientôt suivre le même chemin, découvrir le bonheur conjugal ! Elle allait voir de ses propres yeux combien la vie était plus belle à deux.

Elle nota la copie qu'elle corrigeait puis passa à la suivante. Ce n'était pas un devoir très difficile, mais peu de ses élèves avaient appris leur leçon, résultat, le contrôle était une catastrophe. Elle jeta un œil à Wyatt, installé dans son berceau près d'elle, puis retourna à ses corrections. Les vacances approchaient, le voyage scolaire aussi. Elle aurait voulu partir avec François et le petit, à la mer ou ailleurs, mais il allait avoir beaucoup de travail. Dommage, ils resteront dans leur maison de Gray. François y avait aménagé avec elle après leur mariage, gardant tout de même un petit logement Parisien, pour les fois où il devait se déplacer sur plus d'une journée.

Elle corrigeait une nouvelle copie lorsque son bébé éclata tout à coup en longs sanglots, s'agitant dans son berceau. Lâchant le crayon, elle sauta aussitôt de sa chaise pour se précipiter sur lui. Elle le souleva puis le cala tendrement contre sa poitrine et son épaule en lui murmurant des mots apaisants, le berçant pour le calmer. Là, mon bébé, tout va bien, maman est là. Elle l'embrassa sur le sommet de la tête, dans ses fins cheveux blonds, les yeux fermés. Tout va bien, là... Quelque chose l'avait effrayé ? Ou il avait faim ? Elle se rassit en le gardant dans ses bras, le tenant assis sur ses genoux en lui souriant, puis se pencha, frottant son bout de nez contre le sien.

- Tu as faim, mon chéri ? Attends, maman va te donner quelques chose.

Elle le cala contre elle, le tenant par son bras gauche, puis de son bras droit fouilla dans le sac accroché au landau replié pour en sortir un biscuit et un biberon rempli d'eau. Elle fit boire son bébé, la tête penchée sur lui, sans plus se soucier de ses copies à corriger. Elles attendront, elle s'occupait d'abord de son fils. Son tout petit bébé. Reposant le biberon sur la table, elle l'embrassa affectueusement sur la joue, tout sourire. Il sentait bon le parfum du bain de ce matin, avec sa peau très douce de bébé.

- Papa te manque ? Il va revenir très vite, tu sais, mon chéri. Papa travaille beaucoup beaucoup pour toi et moi. Mais je suis certaine qu'il pense toujours à toi.

Elle le serra doucement contre elle pour le bercer et le câliner, plus qu'heureuse de l'avoir dans les bras, de sentir son odeur, sa chaleur. Ce merveilleux petit garçon valait tout l'or du monde à ses yeux. Elle ferait n'importe quoi pour lui, elle accepterait sans hésiter de mourir pour que lui vive.

- Maman a du travail, mon trésor, alors sois bien sage.

Elle le reposa dans sa poussette, en position assise, près de sa propre chaise, et reprit son crayon.
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