1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Chasse au vampire

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Chasse au vampire   Lun 7 Juil - 15:06

Seuls de légers renflements ou bruits de draps froissés agitaient le silence oppressant du Pensionnat, dans le dortoir des garçons, alors que minuit était passé depuis peu. Jasper, qui attendait allongé sur son lit depuis une bonne heure, les yeux grands ouverts, se redressa très lentement, repoussant sa couette. Il était tout habillé, et n'avait qu'à enfiler un pull bien chaud pour affronter la fraîcheur de la nuit et des longs couloirs. Et la fraîcheur du dehors, pour atteindre l'école, séparée du pensionnat par un petit terrain de verdure, de tables et de bancs de pierre, avant de s'y introduire. Il ébouriffa ses cheveux, regardant autour de lui. Antoine dormait profondément, un bras dépassant de son lit, murmurant dans son sommeil. Jasper résista à la tentation de se pencher pour comprendre ce qu'il disait, se contenter d'enfiler des chaussettes et de lasser ses chaussures. Il remonta juste la couverture qui avait glissé sur son meilleur ami, sans le réveiller.

Jasper - Passe une bonne nuit, murmura-t-il.

Se mettant à genoux, il tira son sa à dos de sous son lit. Il contenait une lampe torche, des gousses d'ails dans un petit sac, un flacon d'eau bénite qu'il avait rempli en douce à la chapelle quand le père Vilette avait le dos tourné, à la messe de ce matin, une petite croix en bois, qui était jusqu'à récemment accrochée dans les toilettes du deuxième étage de l'école, et de quoi noter. Antoine se retourna avec un grognement, le faisant sursauter, mais il se rendormit aussitôt. Le jeune homme fit glisser son sac sur ses épaules, puis quitta le dortoir à pas de loups.

Sa sœur l'attendait dans le couloir. Il lui fit une bise sur la joue, content qu'elle soit avec lui, puis lui prit la main. Ils tâchaient de ne faire aucun bruit... Les professeurs dormaient juste à l'étage d'au-dessus et certains avaient le sommeil léger. San,s compter ceux qui avaient des enfants en bas âge et qui se réveillaient la nuit à cause des pleurs. Il descendit avec une précaution extrême l'escalier en bois, veillant à ne pas le faire grincer.

Jasper - On est bons, frangine.

Dans le hall, un militaire était "de garde". Affalé dans une chaise, appuyé contre le mur, il ronflait comme un bienheureux. Jasper retint un rire, puis déverrouilla la porte avec prudence, pour ne faire aucun bruit. Le vent glacial de cette nuit-là les frappa comme une gifle et il frissonna. Le Pensionnat, particulièrement beau le jour, devenait terrifiant la nuit. Ils coururent s'abriter derrière un buisson, où les plus jeunes construisaient des petites cabanes pendant les récréations. S'agenouillant, il donna une de ses lampes torches à Laura, puis rajusta son sac. Jetant un œil vers le pensionnat, il observa les fenêtres de dortoirs, celles du deuxième étage et du troisième. Rien ne bougeait, ce qui le soulagea.

Jasper - On va pouvoir y aller. Faut juste rester prudent, d'accord ? On va entrer, et vérifier ce qu'es vraiment cette fille. Si ça se trouve, c'est la grande sœur de la petite Emilie, elles se ressemblent beaucoup.

Il retint un ricanement, puis ils filèrent jusqu'à l'école. Dans la journée, Jasper avait laissé ouvert une petite fenêtre du rez-de-chaussée, donnant sur un ancien bureau, utilisé il y a trois ans par le secrétariat, qui avait ensuite changé de place. Il aida sa sœur à s'y glisser puis entra lui-même, allumant sa lampe torche. Le faisceau de lumière perça l'obscurité, et il prit garde à l'éloigner des fenêtres. Tout était très calme... Il avança dans le couloir, un peu hésitant, tant le décor faisait film d'horreur. L'escalier, bien plus grand et large que ceux du pensionnat, était encore plus intimidant, s'élançant vers les étages, dans le noir le plus complet, et un silence affreux.

Jasper - Allez, viens.

Il lui reprit la main et s'enfonça avec elle dans les escaliers.

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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Mar 8 Juil - 15:48

Ca y est ! Il ne restait plus qu’une demi-heure à attendre et il serait minuit. Une petite demi-heure de rien du tout ! Laura avait attendu ce moment avec impatience et avait vérifié son sac une bonne dizaine de fois. Elle se tournait, se tournait encore et se retournait dans son lit sans trouver le sommeil. Une sortie nocturne pour une enquête sur la bibliothécaire. Pas de militaires dans l’histoire, rien du tout, juste son frère et elle. Comme depuis des semaines, juste pour s’amuser. Et puis, en plus, ils voulaient savoir ce qu’était réellement cette femme. Les rumeurs disaient qu’elle était un vampire et tout l’indiquait, mais seulement en surface. Cette surface, il fallait la gratter. Et juste à deux, Jasper et elle. Personne d’autre.

Laura guettait les bruits émanant de l’extérieur du dortoir, ainsi que le souffle régulier des filles qui dormaient à côté d’elle. Tout était calme, paisible. Depuis ce matin, depuis le début du week-end, on entendait les mouches voler dans le Pensionnat. Le calme, un plan et un coéquipier pour Océane et Dimitri, et une enquête très très très importante avec Jasper cette nuit. Que demander de mieux ? Comptant les minutes jusqu’à minuit moins cinq, Laura se leva sans un bruit, récupéra son sac contenant tout ce qu’elle avait pu récupérer de son côté, et descendit très prudemment.

Rendez-vous dans les couloirs. Il était minuit lorsqu’elle y parvint et fut rejointe par son frère quelques instants plus tard. Lui faisant un grand sourire en le voyant alors qu’il lui donna un bisou sur la joue, Laura suivit Jasper qui la tenait par la main, faisant bien attention aux endroits où elle posait les pieds. Dans la soirée, elle avait monté et descendu cinq ou six fois l’escalier en bois traitre pour retenir les endroits qui grinçaient à chaque fois. Paaaaaas de bruit ! S’ils se faisaient prendre, pas sûr qu’ils s’échapperaient une nouvelle fois…

Jasper – On est bons, frangine.

Laura hocha la tête avec un grand sourire. Oui, ils venaient de passer l’escalier-traitre-en-bois, ils avaient fait le plus difficile. Enfin, restait encore à traverser le Pensionnat où se cachaient tous les fantômes pendant la nuit… Et qu’on ne vienne pas dire que les fantômes n’existaient pas, elle en avait déjà vu ! Ils tombèrent nez à nez avec un militaire qui était censé monter la garde. Censé, oui, parce qu’il montait la garde en dormant… C’est sûr qu’on se sent très protégé, avec des militaires aussi expérimentés et sérieux. Plaquant une main sur sa bouche pour ne pas rire, Laura resta près de son frère en avançant, pendant qu’il déverrouillait la porte.

Vent. Froid. Très froid. Glaçon. Brrrrr…

Resserrant sa veste contre elle, Laura se colla à Jasper à cause du bruit qu’avait fait le vent. Un sifflement digne des maisons hantées ! Lui attrapant le bras, elle ne le quitta pas d’une semelle durant leur brève course jusqu’à un buisson et prit avec un enthousiasme non dissimulé la lampe torche que lui tendait son frère. Un petit peu de lumière, enfin ! D’accord, elle n’était pas allumée, mais avoir cet objet entre les mains était rassurant.

Jasper – On va pouvoir y aller. Faut juste rester prudent, d'accord ? On va entrer, et vérifier ce qu'est vraiment cette fille. Si ça se trouve, c'est la grande sœur de la petite Emilie, elles se ressemblent beaucoup.

Laura acquiesça avec un sourire crispé. Elle n’avait pas spécialement gardé un bon souvenir de la petite Emilie, pendant le cours de maths, et n’était pas franchement rassurée. Cependant, l’envie de découvrir ce qu’était la bibliothécaire surplombait sa légère appréhension. Et puis, dire à Jasper qu’elle avait peur ? Non, non, non. Sans façon. Sur ses talons, ils coururent jusqu’à l’école sans se faire voir. Jasper lui désigna la petite fenêtre qu’il avait laissée ouverte dans la journée et elle s’y glissa, suivant scrupuleusement ses indications. Ne rien casser. Une fois entrée, Laura jeta un coup d’œil à ce qui l’entourait, devinant plus ou moins ce qui se trouvait dans la pièce mais n’osant pas allumer sa lampe sans le feu vert de son frère. Dès qu’il fut descendu, elle se remit à ses côtés et le suivit de près. Cet. Endroit. Était. Terrifiant. Ils se retrouvèrent dans les couloirs de l’école, face à un immense escalier qui semblait monter indéfiniment, dans un gouffre plus noir que jamais. Il voulait vraiment la faire monter ? Il était sérieux, là ? C’était une mauvaise plaisanterie, n’est-ce pas ? Jetant un regard apeuré à Jasper, Laura voulut murmurer quelque chose mais rien ne sortit.

Jasper – Allez, viens.

Laura fit de gros yeux à son frère, n’ayant paaaas du tout envie de monter. La bibliothèque était au quatrième étage ! QUATRIEME ! Il voulait vraiment aller tout en haut ? Et si c’était un vampire, hein ? Si cette femme leur sautait dessus ? Si elle buvait tout leur sang pour être rassasiée jusqu’à la fin de l’année ? Deux élèves, en plus les Karinof, personne ne lui en voudrait. Réprimant un frisson, Laura monta les escaliers, tirée par son frère, sans grand enthousiasme. Cependant, quitte à être venue jusqu’ici… Elle n’avait pas envie de rester toute seule, son frère saurait la protéger, au moins. Non ?

Laura – Cet endroit me fait peur…

Cette phrase n’avait été qu’un murmure, mais elle était sortie toute seule. Grimpant les escaliers, tapis dans le noir, ils arrivèrent lentement mais progressivement au quatrième étage. Les militaires ne semblaient pas surveiller particulièrement l’école, personne n’étant censé s’y trouver ou presque. Bon bah heu… Et maintenant ? Arrêtant son frère au coin du couloir, cachés derrière une statue juste au cas où, Laura fit descendre son sac de ses épaules pour en sortir les gousses d’ail qu’elle attacha à son cou. Pour se justifier face à Jasper, elle dit tout bas :

Laura – J’ai pas envie qu’elle me boive en deux gorgées ! Tu imagines, si jamais elle nous surprend ? Elle ne sera pas très contente…

Elle fit signe à son frère d’attendre ici, étant plus petite. Allant jusqu’à la bibliothèque, Laura regarda discrètement par la petite fenêtre pour voir ce qui s’y passait, hissée sur la pointe de ses pieds. Fort heureusement, tout semblait calme, désert… et incroyablement sombre. Il n’y avait pas âme qui vive ici, de ce qu’elle pouvait voir, et ils pouvaient donc « enquêter » sans risque. Revenant vers son frère à quatre pattes, Laura murmura :

Laura – La voie est libre. Et maintenant ? Je te préviens, je ne reste pas ici toute seule, je viens avec toi…

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Mer 13 Aoû - 18:28

Les escaliers de l'école avaient dû être refaits, car même s'ils étaient eux aussi en bois, ils ne grinçaient pas autant que ceux du Pensionnat. Et monter ainsi dans le noir n'était déjà pas très rassurant, alors s'sils étaient accompagnés par des sons de films d'horreur... Non, vraiment, sans façon ! Il avait beau ne pas être un véritable trouillard, certaines situations crispaient bien plus les nerfs que d'autres. Il se souvenait, lors de sa première année ici, en sixième... Quand ils avaient tous vu le grand escalier, ils avaient aussitôt voulu fuir en pensant qu'il allait s'écrouler dès qu'ils allaient monter dessus. Mais ce vieux gardien de bois était solide, et régulièrement rénové et renforcé. Et aujourd'hui terrifiant. Ils grimpèrent assez lentement dans les étages, et Jasper restait sur le qui-vive. Il ne voulait pas se laisser surprendre par la bibliothécaire s'il lui prenait l'envie de tomber du plafond sur eux comme une grosse araignée et boire leur sang ! Il l'imagina se lover sur les murs et le plafond sans rien pour la retenir, à la façon d'une mouche, puis surgir du plus profond de la nuit, tous crocs dehors. Gloups.

Cependant, le couloir du quatrième étage ne devait pas être en accord avec son imagination débridée car rien ne bougeait. Pas de bibliothécaire au plafond, même pas une mouche endormie sur un meuble, rien. Ils passèrent tout d'abord devant le bureau de la directrice, où il avait été convoqué maintes fois pour ses turbulences, puis devant les bureaux des professeurs, fermés eux aussi, avec une plaque indiquant le propriétaire des lieux. Portes bouclées, qui faisaient face, de l'autre côté du couloir, aux portes des deux salles d'étude, et de la salle des professeurs. La bibliothèque se trouvait tout au bout du couloir.

Laura – Cet endroit me fait peur…

Oui, bon, ce n'était pas exactement rassurant, mais il ne semblait pas y avoir de danger. Et puis, ils connaissaient l'école, mieux que la nouvelle bibliothécaire, ils pourront fuir en cas de besoin ! Il se pencha vers Laura pour lui dire cela et la rassurer, mais s'interrompit, lui jetant un coup d'œil perplexe, alors qu'elle se faisait un collier avec des gousses d'ails. Hum, oui, mais encore ? Elle ne risquait pas de sentir la rose, avec ça, et l'odeur allait imprégner ses  vêtements et ses cheveux. Il valait mieux pour elle qu'elle prenne une douche de bonne heure le lendemain matin ou ses camarades de dortoir allaient s'étonner de sentir l'odeur d'ail, comme si elle avait passé la nuit à en grignoter.

Laura – J’ai pas envie qu’elle me boive en deux gorgées ! Tu imagines, si jamais elle nous surprend ? Elle ne sera pas très contente…

Elle partit aussitôt en "exploration" jusqu'à la bibliothèque, y jetant un œil avant de revenir. jasper, lui, s'était assuré que personne n'arrivait à l'improviste. Il n'avait aucune envie de se faire surprendre, ni de devoir se passer de petite-déjeuner pour aller passer un sale quart d'heure dans le bureau de la directrice. Mieux valait ne pas énerver leur chère tante dès le matin, sinon tout le monde allait leur en vouloir. Tiens, d'ailleurs, Laura et lui allaient bientôt avoir un neveu et une nièce... Cette idée était si bizarre qu'il ne parvint pas à la digérer avant le retour de sa petite sœur.

Laura – La voie est libre. Et maintenant ? Je te préviens, je ne reste pas ici toute seule, je viens avec toi…

Il hocha la tête et lui reprit la main. Pour l'heure, il fallait s'occuper de leur mission et rien d'autre ! Ils ouvrirent très lentement la porte de la bibliothèque, même pas fermée à clé ce qui était très étrange. Il éclaira l'intérieur avec sa lampe torche, faisant passer le faisceau de lumière sur les rayonnages et les allées, le stables et les petits fauteuils, sur des crayons ou feuilles oubliés, un magazine encore ouvert sur une petite table... Absolument rien ne bougeait, ce qui était à la fois rassurant et terrifiant. Il s'approcha du large bureau de la bibliothécaire avec Laura, puis en alluma la lampe. Éteignant sa lampe torche, il la posa par terre avec son sac. Une petite plaque en argent était posé sur le rebord du bureau, avec le nom "Eva Doucet" gravé en lettres élégantes.

Jasper – Me demande d'où elle vient, murmura-t-il. Elle est super bizarre...

Il ouvrit un tiroir au hasard, tombant sur un épais dossier rempli de coupures de journaux. Il le posa sur le bureau et l'ouvrit. La bibliothécaire avait découpé des articles concernant des faits divers, des meurtres, des disparitions inexpliquées, des accidents, des arrestations, des procès, et pleins d'articles traitant, de façon générale, des viols de la loi, de la simple effraction au code de la route jusqu'au crime sanglant et prémédité. Tout ce que l'homme pouvait inventer pour défier la justice, somme toute. Il fronça légèrement les sourcils, perplexe.

Jasper – Qu'est-ce qu'elle peut bien faire avec ça ? Drôle de passion, collectionner des faits divers...

Rangeant le dossier, il buta, en tâtonnant dans le tiroir, contre un cadre. Le sortant, il put voir une photo, une photo d'Eva, qui semblait un peu plus jeune. Elle avait un style de petite fille sage, comme aujourd'hui, et était assise sur un banc, dans un parc. Elle fixait le photographe sans sourire, avec un air parfaitement impassible, presque ennuyé, les deux mains posées tranquillement sur ses genoux. Il retourna le cadre, mais il n'y avait pas de date, aucune indication pour savoir où et quand la photo avait été prise. Il se contenta donc d'observer le cliché.

Jasper – Elle ressemble vraiment à Emilie, chuchota-t-elle. Tu as vu son regard ? C'est le même... Exactement le même. Un peu comme si elle aussi avait déjà trop vécu, tu vois ce que je veux dire ?

Il reposa le cadre sur le bureau, sans échapper pour autant au regard vide de la bibliothécaire. Elle semblait presque les narguer, car ils en pouvaient comprendre qui elle était vraiment, car ils ne pouvaient rien percer. Un long frisson le parcourut et ils 'assit sur le rebord du bureau.

Jasper – Je ne pourrais pas deviner ce qui se passe dans la tête des personnes comme ça...

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Dim 24 Aoû - 21:43

Laura suivit Jasper sans cesser de regarder derrière eux, n’ayant pas peur de buter contre quoi que ce soit grâce à la main qui la tenait. C’est pratique, parfois, d’avoir un grand frère qui peut assurer que rien ne va nous arriver en marchant devant, nous empêcher de tomber ou de nous faire mal. Surtout avec un grand frère comme Jasper qui faisait attention à ce que rien n’arrive à sa sœur. C’est pour cette raison que, même si elle était terrorisée, Laura avançait, entra dans la bibliothèque dont les portes étaient déverrouillées. Tant mieux ! C’était bon signe, non ? Jetant un regard réjoui à son frère, la collégienne déchanta immédiatement en constatant sa tête. Bon, d’accord, ce n’était peut-être pas bon signe, finalement…

Le suivant de plus près encore, sa tête presque collée à son bras, Laura jetait des regards inquiets à l’endroit qu’elle ne fréquentait, habituellement, que la journée. La nuit, c’était terrifiant. Un peu comme dans les films d’horreur, impression renforcée après le trajet qu’ils venaient d’effectuer dans l’école. Si leur tante avait des problèmes d’argent, un jour, l’adolescente venait de lui trouver une piste pour en gagner : tourner un film d’horreur dans cet endroit. Aucun doute, ce serait un succès. En plus, ils avaient même la première scène ! Deux adolescents, un plus grand et sa petite sœur, qui avancent dans une école terrifiante, montent les escaliers et ouvrent la porte de la bibliothèque en risquant de tomber sur un vampire. Et dans cette bibliothèque, des crayons, des feuilles, des magazines oubliés çà et là, comme si le temps s’était arrêté, comme si les gens avaient mystérieusement disparus.

Voyant qu’il n’y avait personne, gros plan sur une pièce plus loin : le bureau de la bibliothécaire-sûrement-vampire-qui-effraie-tout-le-monde. Convaincus qu’ils étaient seuls, ils allumaient la grande lampe pour explorer ce bureau qui devait être la clef de leur quête, dans lequel ils trouveraient toutes les informations, les preuves qu’ils cherchaient depuis un moment. Une plaque présentant un nom délicatement ouvragé reposerait sur le bureau, une délicatesse dans l’écriture que seuls les plus âgés peuvent connaître, ou les professeurs plus objectivement vu qu’ils doivent apprendre à bien écrire.

Jasper – Me demande d'où elle vient, murmura-t-il. Elle est super bizarre...

Laura secoua sa tête comme pour se remettre les idées en place. Imaginer qu’ils tournaient un film d’horreur n’était peut-être pas le meilleur moyen de se rassurer, alors autant revenir à la réalité. Surtout que les films d’horreur ne finissent jamais bien et elle n’avait pas vraiment envie de faire partie des pauvres victimes qui se font avoir ou pire. Etant restée à l’entrée du bureau, perdue dans son imagination de tournage de film d’horreur, Laura se pressa de retrouver son frère et se plaça juste derrière lui pour observer le contenu du dossier qu’il venait de sortir. Sous leurs yeux s’étalaient de nombreuses coupures de journaux, plus ou moins jaunies par le temps et parlant de faits aussi divers qu’effrayants. Les meurtres et les disparitions inexpliquées faisait partie des articles qui retinrent le plus l’intention de la jeune collégienne tandis que Jasper continuait à faire défiler les autres articles les uns après les autres.

Jasper – Qu'est-ce qu'elle peut bien faire avec ça ? Drôle de passion, collectionner des faits divers...

Ah, ça, pour être une drôle de passion… C’était bizarre. Elle était jeune, la bibliothécaire. Alors, pourquoi collectionner des trucs aussi dégueulasses et déprimants ? Sauf si… Mais oui ! On dit bien que des gens gardent toujours un trophée de leurs victimes, non ? Laura avait lu plein d’histoires de ce genre, c’était un peu effrayant, mais très courant. Comme pour prouver ce qu’ils avaient fait, que le « mérite » leur revenait entièrement et que personne d’autre ne pouvait se l’attribuer. Emettant cette hypothèse incroyablement logique, Laura sentit une petite lumière s’allumer au-dessus de sa tête et ne put s’empêcher de passer une main au sommet de son crâne. Suivant son raisonnement… Suivant ce qu’ils avaient sous les yeux… Mais oui !

Jasper – Elle ressemble vraiment à Emilie, chuchota-t-il. Tu as vu son regard ? C'est le même... Exactement le même. Un peu comme si elle aussi avait déjà trop vécu, tu vois ce que je veux dire ?

Laura, perdue dans son hypothèse plus que vraie, n’avait pas regardé la photo que Jasper avait sortie. Elle posa les yeux dessus, observant l’air impassible, l’absence de sourire, comme si la jeune femme photographiée s’était ennuyée et n’était là que par obligation. Elle était dans un parc, d’après le décor que l’on pouvait apercevoir derrière elle, mais semblait comme… comme… pas à sa place. C’était étrange, comme si on mettait la directrice du Pensionnat dans une garderie avec des enfants partout, enfants dont elle avait la garde bien évidemment. Et, avec tout ça, la bibliothécaire n’avait pas l’air d’avoir bougé d’un pouce, comme si elle était restée la même. De quand datait cette photo ?

« Comme si elle aussi avait déjà trop vécu ». Mais Emilie, elle, n’est pas une enfant comme les autres ! Déjà, elle veut de la chaleur, elle a des paroles plus bizarres les unes que les autres, et elle-même avait effrayé Laura dès l’instant où elle s’était mise à côté d’elle. Alors, désolée, mais le rapprochement entre leur bibliothécaire et Emilie n’était pas rassurant, loin de là. Jasper s’était assis sur le bord du bureau, l’adolescente regardant toujours la photo qu’il avait reposée sur le bureau. Elle n’arrivait pas à en détacher son regard, son incapacité à la comprendre l’agaçant sérieusement. Qui était cette femme ? Pourquoi ces coupures de journaux ? Et cette photo… Son teint pâle… Les hypothèses continuaient à se bousculer dans la tête de Laura, lui faisant presque tourner la tête tandis qu’elles soulevaient davantage de questions.

Jasper – Je ne pourrais pas deviner ce qui se passe dans la tête des personnes comme ça...

Laura – Alors, tu ne crois pas que c’est une vampire ?

Ces paroles étaient sorties toutes seules, sans que Laura ne puisse les retenir. Elle avait prononcé cela d’une voix qui laissait transparaître son étonnement, regardant son frère avec un air ahuri. Il croyait vraiment que la bibliothécaire était gentille, qu’elle avait simplement trop vécu, qu’il n’y avait rien à craindre ? Mais ils avaient toutes les preuves sous les yeux ! Les coupures de journaux, la photo ! Bien sûr que non, ils ne pouvaient pas deviner ce qui se passait dans sa tête, dieu sait quel âge elle avait…

Laura – Mais, Jaz’… Enfin, les coupures, la photo ! Il y a plein de gens qui tuent des personnes et qui gardent des choses qui leur appartenaient… Des trophées. J’ai lu ça dans des livres, et je t’assure que c’est vrai. Toutes ces choses… Ces articles… Pourquoi aurait-elle gardé tout ça ? Enfin, Jaz’ ! Elle est… trop jeune. Trop jeune pour s’intéresser à toutes ces choses horribles…

Sa voix s’était cassée sur la fin, son regard se reportant sur le tiroir que Jasper avait fermé et dans lequel reposait le dossier aux coupures de presse. Les disparitions inexpliquées, surtout, la faisaient frissonner. Personne n’aurait laissé une jeune femme garder tout ça. Quels étaient les points communs entre ces papiers ? Pourquoi leur bibliothécaire gardait toutes ces choses dans son tiroir ? Et puis, pourquoi cacher une photo d’elle ? Une photo, on la met sur son bureau, non ? Si elle ne l’aimait pas, elle ne l’aurait pas mise dans un cadre, si ? Laura reprit la parole, continuant sur sa lancée, sûre d’elle :

Laura – Et puis, la photo. Si tu arrives à trouver un argument pour les coupures, d’accord, mais la photo ? Pourquoi la cacher ? Elle était dans son tiroir, dans un cadre… Si elle ne l’aimait pas, elle l’aurait brûlée. Le seul détail qui me chiffonne, c’est que les coupures étaient à portée de main…

Laura se tut, une moue dubitative sur le visage. Il y avait aussi autre chose qui la perturbait… Elle imagina Jasper à sa place, le visage pâle, un regard comme le sien. Ou elle-même. Ou même n’importe quel élève du Pensionnat. Qui laisserait un membre de sa famille ou un ami dans un état pareil ? On s’inquiéterait, on l’aiderait, on… Réprimant un frisson, Laura dit d’une voix plus petite, plus inquiète, regardant son frère :

Laura – Elle est bizarre. Elle me fait peur. N’importe quelle personne qui l’aimait l’empêcherait d’être… comme ça. Si tu étais comme ça, j’aurais… Je ne sais pas ce que j’aurais fait, mais je t’aurais pas laissé. Qui ne va pas s’inquiéter en voyant quelqu’un comme elle dans un état si… Comme si elle était loin, très loin de nous.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Mar 16 Sep - 15:50

Laura – Alors, tu ne crois pas que c’est une vampire ?

Il haussa les épaules sans rien dire, un peu perdu. D'un côté, il avait envie de dire que oui, c'était un vampire, que toutes les preuves étaient là, qu'ils suffisaient de regarder : une photo qui semblait vieille alors que le sujet était restée la même, sa pâleur trop inhabituelle, le ton presque étouffé de sa voix, sa démarche très silencieuse, son air, cette passion bizarres pour les faits divers sanglants ou inexpliqués, bref, tout. Si elle était un vampire, tout s'expliquerait. Elle vivait depuis des milliers d'années, ou des centaines, n'exagérons pas, et elle égorgeait ses victimes pour boire leur sang. Et d'un autre côté, il voulait dire non. D'abord grâce à son côté très rationnel qui lui soufflait que les vampires, ça n'existe pas, point barre. Et aussi parce qu'il avait déjà vu d'autres personnes comme ça, et pas seulement Emilie, qui n'étaient pas des vampires pour autant. Tous ceux qu'il avait vu, à l'hôpital de Gray. Tout ceux qui étaient là-bas depuis longtemps.

Laura – Mais, Jaz’… Enfin, les coupures, la photo ! Il y a plein de gens qui tuent des personnes et qui gardent des choses qui leur appartenaient… Des trophées. J’ai lu ça dans des livres, et je t’assure que c’est vrai. Toutes ces choses… Ces articles… Pourquoi aurait-elle gardé tout ça ? Enfin, Jaz’ ! Elle est… trop jeune. Trop jeune pour s’intéresser à toutes ces choses horribles…

Oui, d'accord, pour les coupures de journaux, il n'avait pas d'explication. Enfin, si, mais c'était le genre d'hypothèses qu'il n'avait pas envie de formuler, conscient que lui aussi risquait d'en arriver là un jour s'il retournait à Gray. Mais oui, elle était jeune, trop pour avoir commis ces crimes, dont la plupart datait de bon nombres d'années. Pour certains, Jasper n'était même pas né, d'ailleurs. Il ignorait quel âge pouvait avoir Eva, mais sûrement pas trente ans, ni même vingt-cinq ans. Était-elle une meurtrière, une psychopathe, ou simplement une malade mentale ? Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Qu'avait-elle vécu ? et pourquoi venir ici, à Ste Famille ? Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Que pouvait-elle bien penser ? Cette femme faisait froid dans le dos, et pas qu'un peu.

Laura – Et puis, la photo. Si tu arrives à trouver un argument pour les coupures, d’accord, mais la photo ? Pourquoi la cacher ? Elle était dans son tiroir, dans un cadre… Si elle ne l’aimait pas, elle l’aurait brûlée. Le seul détail qui me chiffonne, c’est que les coupures étaient à portée de main…

Parce qu'elle se fiche qu'on les découvre, voilà ce qui frappa d'un seul coup Jasper. Elle se moquait que quelqu'un puisse voir un jour ces coupures, cela ne lui nuisait en rien. Il n'y avait effectivement rien d'interdit à collectionner des articles de journaux, mais plus plus que ça, cela n'entravait pas ses objectifs, quels qu'ils soient. Il fronça les sourcils, réfléchissant. On ne pouvait pas deviner grand-chose avec un dossier, des articles, et une simple photo, même pas datée. Laura était inquiète, elle aussi, mais peut-être pas pour les mêmes raisons, et sa voix se faisait de plus en plus petite. Pas de panique, petite sœur, tout va bien.

Laura – Elle est bizarre. Elle me fait peur. N’importe quelle personne qui l’aimait l’empêcherait d’être… comme ça. Si tu étais comme ça, j’aurais… Je ne sais pas ce que j’aurais fait, mais je t’aurais pas laissé. Qui ne va pas s’inquiéter en voyant quelqu’un comme elle dans un état si… Comme si elle était loin, très loin de nous.

Mais si on la laissait comme cela, c'est que justement, elle n'était pas seulement loin d'eux, mais du monde entier. Il les prit les mains de sa sœur, les serrant pour la rassurer. Et si elle avait vraiment eu le parcours qu'il imaginait ? C'était plus que possible, probable, certain. Et cela expliquerait beaucoup de choses. Lui, on l'avait libéré. Mais pour d'autres... Hum. Il jeta à nouveau un coup d'œil à la photo, dans son simple petit cadre argenté.

Jasper – J'ai déjà des personnes comme ça, à l'hôpital, à Gray. Certains qui sont là-bas depuis très longtemps, des années pour la plupart. Ils ont le même regard.

Relâchant Laura, il remit la photo à sa place et ouvrit les autres tiroirs, voyant s'il pouvait trouver d'autres informations. Il dénicha de nombreux crayons, des feuilles, du papier à lettre, des enveloppes, une pile de formulaires pour les prêts, un registre des inscrits de la bibliothèque, un petit trousseau de clés, une lampe torche, un miroir... Il prit les clés, les examinant un instant, puis les testa sur toutes les serrures autour de lui. Il put ouvrir un petit placard où étaient conservés de vieux volumes de cours, datant de l'époque où leurs professeurs actuels étaient eux-mêmes élèves.

Jasper – Il y a rien non plus, là-dedans, souffla-t-il, dépité.

Il alla refermer lorsque son regard accrocha une sorte de dessin bizarre derrière le placard. Il le poussa, gémissant car il était très lourd, et dévoila une porte, enfoncée dans le mur, à peine assez grande pour qu'un tout jeune enfant y passe debout. Il poussa une exclamation, faisant signe à Laura de le rejoindre. Tâtant la porte, il chercha comment l'ouvrir, s'il y avait une poignée ou une serrure quelque part. Il y eut un déclic et le panneau de bois s'ouvrit en grinçant. Jasper projeta le faisceau de sa lampe à l'intérieur. C'était un tunnel, si étroit qu'ils devront marcher à quatre pattes, en file indienne.

Jasper – Éteint tout, souffla-t-il à sa sœur, excité par la découverte du passage. Je vais remettre le placard derrière nous.

Il eut un peu de mal à le repousser, camouflant le passage, puis referma le panneau de bois. Partant avec Laura, ils avancèrent dans le tunnel, moitié en tâtonnant. Ils ne tardèrent pas à descendre en pentes douces, avec de nombreux coudes et virages. Ils filèrent ainsi un bon moment, le tunnel descendait toujours, devenant parfois plus raide. A un moment, il crut entendre des bruits et s'arrêta, mais il n'y avait rien. Et enfin, ils arrivèrent au bout du tunnel. Poussant le panneau qui cachait la sortie, ils débouchèrent dans une salle très poussiéreuse, et noire.

Jasper – Je crois qu'on est dans les caves, chuchota-t-il.

Le bruit qu'il avait entendu quelques minutes avant résonna d'un coup, plus fort, bien plus fort. Il poussa aussitôt sa sœur dans un coin pour la cacher, le cœur battant, et éteignit sa lampe.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Sam 4 Oct - 22:59

[HJ : Pour l’histoire du chauffage, j’ai vérifié, ça colle :p J’ai juste un doute sur les termes employés…]

Jasper – J'ai déjà vu des personnes comme ça, à l'hôpital, à Gray. Certains qui sont là-bas depuis très longtemps, des années pour la plupart. Ils ont le même regard.

A Gray ? Mais… Jasper avait été entouré de personnes comme la bibliothécaire ? Et s’il avait raison, si elle avait subi le même traitement au point d’être « morte » intérieurement, au point de donner cette impression d’appartenir à une autre époque ? Inconsciemment, Laura avait resserré ses mains un peu plus fermement en sentant Jasper les lui prendre. S’il n’avait pas réussi à sortir, s’ils ne l’avaient jamais libéré, il serait devenu… comme elle ? Comme la bibliothécaire, comme Emilie ? La collégienne préférait, d’un coup, mille fois plus leur hypothèse de bibliothécaire-vampire à celle-ci…

Laura resta immobile un court instant lorsque Jasper la relâcha, reprenant ses investigations, elle-même continuant à le regarder. Pour ne pas montrer que ce qu’il venait de dire l’avait ébranlée, l’adolescente se remit à farfouiller un peu partout. Mais elle ne dénicha rien, ses gestes se faisant plus fébriles. Et puis, de toute manière, elle savait qu’ils ne trouveraient rien. Jasper avait raison : la bibliothécaire avait « trop vécu ». Elle faisait partie des victimes de traitements bizarres qui vous changent pour toujours, ce qui expliquait ces coupures de presse, tout ce qu’elle collectionnait. Et dire que Jasper avait failli être comme elle… Mais non. Il était son grand frère, Jasper, personne ne pouvait le changer. N’est-ce pas ?

Jasper – Il y a rien non plus, là-dedans, souffla-t-il, dépité.

Manquant de sursauter, Laura jeta un coup d’œil à ce qu’il faisait. Il était devant un petit placard rempli de vieux classeurs, de livres, des archives en somme. Tout cela semblait incroyablement ancien, du moins pour elle. Imaginer que ces livres tenaient compte de choses qui s’étaient passées du temps de leurs professeurs… Mais Laura fut interrompue par un gémissement de Jasper qui essayait de pousser le placard en question. Heu ? Fronçant les sourcils, elle l’observa sans rien dire, la curiosité se mêlant à l’inquiétude. Curiosité car il y avait forcément une raison qui avait poussé son frère à vouloir bouger ce placard, et donc cela signifiait quelque chose de caché derrière, et inquiétude parce qu’il pouvait aussi être malade ou avoir halluciné…

Première hypothèse vérifiée. Ouf ! Se rapprochant de Jasper après son exclamation et son signe de main, Laura remarqua… une porte cachée, comme elle l’avait pensé ! Surexcitée, oubliant son inquiétude, elle fit un grand sourire à son frère en trépignant d’impatience. Ils allaient entrer, hein ? Ils n’allaient pas laisser passer l’occasion de découvrir un autre passage ? Son côté « surprotecteur » l’admettait quand même à ses côtés, n’est-ce pas ? Son impatience décuplée lorsque Jasper parvint à déverrouiller la porte, les yeux de Laura supplièrent Jasper de la laisser venir avec lui à coups de « S’il te plaît je serai très sage et je t’écouterai, promis ».

Jasper – Éteint tout, souffla-t-il à sa sœur, excité par la découverte du passage. Je vais remettre le placard derrière nous.

Laura sautilla sur place avec un sourire encore plus grand, comme si ce que Jasper venait de lui dire avait été un secret de la plus haute importance. S’exécutant immédiatement, l’adolescente se dirigea vers la lampe pour l’éteindre et rejoignit son frère en lui agrippant le bras, lui murmurant que c’était bon. Le laissant refermer derrière eux, voulant l’aider mais l’espace restreint l’en empêchant, Laura patienta et tenta de discerner quelque chose dans le noir qui les entourait. Le faible faisceau lumineux de la lampe de poche dirigé vers la porte, autant dire qu’elle n’y voyait rien…

Et ils purent se mettre en route. Le tunnel était assez large, là n’était pas le problème, mais la visibilité réduite n’aidait pas à avancer rapidement. Laura trébuchait régulièrement au début, aussi décida-t-elle de se fier uniquement à la lumière et aux pas de Jasper. Pentes, montées, virages, tournants… Tout s’enchaîna pendant un moment, si bien que la collégienne se demandait s’ils arriveraient à sortir un jour. Où étaient-ils ? Sur quoi allaient-ils tomber ? Et si c’était un piège ? Ils avaient parcouru combien de kilomètres, exactement ? Etaient-ils toujours au Pensionnat où était-ce un passage menant à Gray ? Pile au moment où Laura eut cette pensée, des bruits étranges retentirent, poussant Jasper à s’arrêter. C’était normal, ça ? C’était quoi, au juste ? Peut-être n’auraient-ils pas dû continuer, s’enfoncer. Et si quelqu’un les avait suivis ? Mais non, du calme. Et puis, en plus, ils étaient arrivés. Poussant un soupir rassuré en constatant la fin du tunnel, Laura jeta un coup d’œil à l’endroit dans lequel ils venaient d’atterrir. Pièce poussiéreuse, noire, silencieuse… Moui. Bon, ils avaient déjà fait de plus belles découvertes que celle-ci.

Jasper – Je crois qu'on est dans les caves, chuchota-t-il.

Un bruit fort résonna avant que Laura ne puisse dire quoi que ce soit. Le même bruit que lorsqu’ils étaient dans le tunnel, mais bien plus fort cette fois, comme s’il était dans la pièce ou derrière le mur, ou même derrière la porte. Cependant, la collégienne n’eut le temps de ne rien faire, Jasper l’ayant immédiatement poussée dans un coin et éteint sa lampe de poche. Mais eh ! Elle ne voulait pas qu’il se fasse prendre ! Laura allait riposter, attirer son frère à elle pour qu’il se cache aussi, mais le bruit retentit une nouvelle fois de manière plus irrégulière. C’était comme un crachotement, ou une quelque chose qui frappait, rebondissait… Du métal, très fort. Ce bruit lui rappelait quelque chose. Ce n’était pas un militaire ! Bondissant de joie, rassurée, Laura sortit de sa cachette en attrapant le bras de son frère et murmura :

Laura – Jaz’ ! Ce n’est pas quelqu’un, c’est quelque chose ! Je connais ce bruit !

Lui attrapant la main à son tour, Laura tendit l’oreille en faisant silence. Le bruit n’était pas très loin, pas loin du tout, mais son origine ne se trouvait pas dans cette pièce. Entrouvrant très légèrement la porte de la pièce dans laquelle ils se trouvaient, l’adolescente vérifia qu’il n’y avait personne et fit signe à son frère de la suivre. Tout était désert, le couloir était vraisemblablement celui d’une cave aux dimensions extraordinaires. Les caves du Pensionnat ? Peut-être. C’était possible, après tout, Laura avait déjà lu que des caves entières avaient été aménagées sous des maisons pour remplacer des cimetières. Mais ne pas penser à cela, imaginer qu’ils marchaient sur d’anciennes tombes étaient…

Laura – Là !

Laura avait murmuré ce mot en entraînant son frère vers la porte d’une autre pièce, le bruit en provenant à coups sûrs. Elle allait entrer mais, préférant éviter une situation pareille à celle de la pièce toute noire, elle entrouvrit à nouveau la porte très lentement pour constater qu’il n’y avait personne. Au même instant, des bruits de pas parvinrent jusqu’à leurs oreilles. Vite, vite, vite ! Entraînant son frère avec elle, Laura referma la porte derrière eux en soufflant et resta immobile. Les pas se rapprochaient. Beaucoup. Trop. Echangeant un regard avec Jasper, elle se rapprocha de lui en sentant son cœur battre à tout rompre, plus attentive aux bruits de pas qu’au bruit unique et inoffensif provenant de la pièce où ils étaient. Partez… Partez… N’entrez pas…

Militaire – Je trouve ces rondes stupides. Que feraient des gamins ici, sincèrement ? Et puis, ils doivent tous dormir, à l’heure qu’il est.

Militaire n°2 – Sûrement, oui. Je trouve qu’on les surestime trop, ils sont calmes depuis un moment. Entre nous, je regrette qu’ils se soient assagis aussi vite, on y est peut-être allé trop fort...

Militaire – Peut-être. Mais mieux vaut éviter de dire une telle chose devant les autres, ils nous renverraient et nous serions bien moins efficaces qu’ici.

Militaire n°2 – Tu as raison, soupira-t-il. Bon, continuons, cette machine me donne la migraine.

Et les pas s’éloignèrent jusqu’à s’estomper complètement. Laura lança un regard émerveillé à Jasper, à la fois rassurée de ne pas les avoir vus entrer, étonnée par ce qu’ils avaient entendu, et contente de savoir, qu’effectivement, des militaires les soutenaient. Il y avait peut-être un espoir, alors ? Et si les militaires eux-mêmes voulaient les aider, ou se rebeller, ils ne risquaient pas de servir de cobaye pour leurs expériences ? Laura allait parler, dire ce qu’elle pensait, demander ce que son frère pensait lui-même, lorsque le même bruit que celui du tunnel retentit, beaucoup plus fort. A vrai dire, ils l’avaient déjà entendu, mais Laura était terrifiée à l’idée de se faire prendre et elle n’y avait pas fait attention.

Mais, à présent que la peur était passée, le bruit étrange revenait au centre de ses préoccupations. Ils étaient dans une pièce totalement opposée à la précédente : chaude, étouffante même, éclairée par une lueur orangée, une forte odeur de plastique brûlé flottant dans l’air – entre autre. L’air ambiant de la pièce était si chargé en chaleur et odeur bizarre que rester ici plus d’une heure était, en effet, impossible. Au bout de la pièce se dressait une énorme machine, origine de la lumière et de la chaleur. C’était un genre de four immense dans lequel brûlait quelque chose, un immense tuyau à son sommet et des tubes en verre sur les côtés. Le condensé de vapeur s’y transformait en gouttes qui retombaient dans des espèces de tubes transparents géants.

Laura – Jasper… Cette machine sert à quoi ? Je pensais que le bruit provenait d’un chauffage géant pour le Pensionnat, mais ça… Regarde, il y a des boîtes avec des médicaments, comme celles que Dimitri voulait me montrer quand… Enfin, il y a un moment.

A quoi servait cette machine ? Laura avait déjà vu les anciens chauffages, cela y ressemblait un peu ou, en tout cas, elle avait l’impression que les pièces avaient été tirées de plusieurs machines différentes. Mais à quoi servait le liquide récolté ? Et que faisaient-ils brûler ? Récoltaient-ils le liquide ou ne pouvait-on pas ouvrir les tubes ? Et pourquoi cet endroit était-il gardé ? Pourquoi la bibliothèque avait-elle un passage qui y menait ? Déposant une boîte qu’elle tenait en main, Laura se tourna vers son frère et rajouta, continuant à murmurer :

Laura – Que font-ils avec tout cela ? Pourquoi font-ils des rondes autour d’un chauffage géant ? Ils transportaient ce truc-là dans leurs camions ? Tu crois que… la bibliothécaire sait quelque chose ? Ou qu’elle les aide, ou qu’elle leur sert de cobaye ? Cet endroit ne me rassure pas…

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Chasse au vampire   Dim 23 Nov - 16:44

Tous les sens en alerte, Jasper écouta les sons qui leur parvenaient. Des sons malgré tout familier, qui résonnaient, cliquetaient, grinçaient, frappaient, en un rythme incohérent, comme un orchestre mal réglé qui ne suivrait pas les directions de son chef. Qu'est-ce qui se tramait encore, là-dedans ? Jasper était tout disposé à croire n'(importe quelle horreur, à présent, il en avait déjà vu des pas mal. Mais alors qu'il allait faire rebrousser chemin à sa sœur, sortir des caves pour retrouver la toute relative sécurité du pensionnat, Laura bondit d'un coup de sa cachette, avant qu'il n'ait eu le temps de la retenir. Non mais eh ! Du calme ! C'était dangereux, par ici, on ne pouvait pas se permettre de se comporter comme ça, il fallait faire attention ! Attention, ce mot ne faisait pas parti de son vocabulaire ?! D'accord, il était mal placé pour la ramener, mais s'il ne faisait pas grand soin de lui-même, on ne pouvait lui reprocher de négliger sa petite sœur. Il se redressa à son tour, prêt à l'attraper, pour la couvrir, la mettre à l'abri, lui éviter le moindre mal.

Laura – Jaz’ ! Ce n’est pas quelqu’un, c’est quelque chose ! Je connais ce bruit !

Peut-être, mais ce n'était pas certain, alors du calme. Il la suivit néanmoins lorsqu'elle alla voir -doucement, encore heureux - ce qui se tramait dans la pièce d'à côté. Même s'il n'y avait pas un chat, le lycéen restait très méfiant. On ne pouvait jamais savoir, avec les militaires, et sa plus grande hantise était qu'il arrive quelque chose à sa petite sœur. Depuis tout jeune, depuis la première fois où il l'avait tenu dans ses bras, depuis le jour où, à deux ans, il l'avait vu, bébé, dans les bras de sa mère, il s'était juré de toujours tout faire pour être un grand frère exemplaire, et de toujours la protéger. Il s'était tenu à cette promesse depuis lors, même si, parfois, il avait plus besoin de protéger sa sœur d'elle-même que des autres. Elle aussi avait la manie de s'attirer tous les ennuis du monde, même si, heureusement, leur père n'avait jamais levé la main sur elle. Il ne lui avait jamais avoué, mais lorsque son père l'enfermait dans la petite pièce, à côté de la cave, il pleurait de peur à l'idée qu'elle aussi se fasse frapper.

Laura – Là !

Il fila avec elle vers une autre porte, l’entrouvrant avec méfiance. Jasper aimerait savoir où ils se trouvaient exactement, regrettant de ne pas avoir de carte sous la main. Dieu que cette école était grande, quand on y songeait bien ! Qui était le mec tordu qui avait eu l'idée de creuser des fondations aussi profondes pour ces bâtiments ? Et pour y mettre quoi ? Lorsqu'il était en sixième, par curiosité, il était allé fouiner dans les archives, avec Antoine, pour en apprendre un peu plus sur ces lieux où ils allaient étudier pendant quelques années. Ils avaient trouvé beaucoup de choses, mais rien qui explique précisément ce que le premier directeur de l'école voulait faire des caves, tunnels et souterrains, qui formaient un réseau très complexe sous les bâtiments du pensionnat, et sans doute sous tout le parc  jusqu'au lac.

Il allait proposer de rallumer quand ils entendirent tout à coup des bruits de pas derrière eux, qui les fit aussitôt rentrer dans la pièce et refermer la porte, le souffle court. Il échangea un coup d'œil inquiet avec sa petite sœur, le cœur battant, l'oreille tendue. Ce ne pouvait être que des militaires, aucun professeur ne viendrait se balader dans le sparages en pleine nuit. Une voix assez grave s'éleva, une voix qu'il associa mentalement à un homme assez costaud, barbu, bien droit dans son uniforme. Une voix assez blasée et exaspérée, comme un homme qui en aurait assez de son travail. Ce qui fut confirmé lorsqu'il rechigna contre les rondes qu'il devait effectuer, pendant que son collègue répliquait que les élèves s'étaient tranquillisés, qu'ils y avaient peut-être été trop forts...

Jasper grimaça, en se retenant de lever les yeux au ciel. Un peu trop fort, vraiment ? La découverte du siècle ! Et bien non, messieurs, tout le monde ne se tenait as tranquille, à commencer par lui. Bien au contraire, il multipliait les conneries, pourrissant tous les jours la vie des militaires, mais en veillant à ne pas impliquer sa petite sœur, pour éviter qu'elle ne se fasse prendre et ait mal ensuite. Antoine venait parfois avec lui, mais il était moins téméraire et l'incitait plutôt à être plus prudent. Il lui reprochait de mal dissimuler ses traces et agissements. Peut-être bien, mais peu importe, il était déjà fiché de toute façon.

Ils s'éloignèrent, et il haussa un sourcil en voyant l'air émerveillé de sa sœur. Était-elle enthousiaste après ce qu'ils avaient dit ? Pour sa part, il était plutôt sceptique, pour ne pas dire carrément soupçonneux. Des militaires voulant les aider ? Il attendait d'avoir des preuves concrètes avant de le croire, car il n'avait jamais rien vu jusqu'ici pour prendre cette affirmation comme juste. Il n'avait pas oublié son arrestation, et encore moins l'hôpital de Gray où il avait servit un temps de cobaye. Peut-être était-il trop méfiant... Il soupira, puis revint à leur première préoccupation, le bruit sourd et fort qu'ils entendaient. Ils finirent par en trouver la source, peu de temps après. Au début, Jasper crut qu'il s'agissait simplement du chauffage central de l'école, mais il n'y avait pas que ça. Il examina la machine, sans oser y toucher.

Laura – Jasper… Cette machine sert à quoi ? Je pensais que le bruit provenait d’un chauffage géant pour le Pensionnat, mais ça… Regarde, il y a des boîtes avec des médicaments, comme celles que Dimitri voulait me montrer quand… Enfin, il y a un moment.

A quoi ça servait, il n'en avait aucune idée ! Laura croyait toujours qu'il avait la science infuse, et ça le faisait toujours sourire, tant il trouvait ça attendrissant. Il examina une des boîtes, la retournant entre ses mains, essayant de l'ouvrir, mais elle était bien fermée. Il se méfiait, maintenant, comme Dimitri avait été blessé... Il essaya de se souvenir s'il avait déjà vu ces trucs à Gray, mais ne pensait pas. D'un autre côté, ce n'est pas comme s'il avait eu l'occasion de voir grand-chose, à part sa chambre, des couloirs, et les deux gorilles qui s'étaient pris pour des rugbymans et l'avaient plaqué au sol. Il avait encore mal aux côtes en y repensant.

Laura – Que font-ils avec tout cela ? Pourquoi font-ils des rondes autour d’un chauffage géant ? Ils transportaient ce truc-là dans leurs camions ? Tu crois que… la bibliothécaire sait quelque chose ? Ou qu’elle les aide, ou qu’elle leur sert de cobaye ? Cet endroit ne me rassure pas…

Il secoua lentement la tête, puis reposa la boîte avant d'aller faire le tour de la machine pour l'examiner. l faisait très chaud, ici, leurs mains devenaient moites, et l'odeur était écœurante. Il pinça le nez, avec un grognement de dégoût, puis haussa les épaules, tête levée pour mieux observer la machine.

– Tout ça doit servir pour leur hôpital à Gray, je pense, dit-il en revenant près de Laura. On ne pourra rien deviner en examinant ce qui se trouve ici, de toute façon. S'ils l'ont laissé comme ça, sans protection, c'est que ça ne doit pas être très important. Viens.

Il retourna avec là vers le tunnel, conscient qu'il valait mieux éviter de rester trop longtemps traîner ici, juste au cas où. il avait eu sa dose d'enlèvements et de coup pour le reste de son existence, merci bien. Il fit passer sa sœur devant lui dans le tunnel et referma derrière eux, rallumant sa lampe torche. Il s'arrêta une minute pour vérifier qu'il n'y avait aucun bruit, puis grimpa avec elle, pensif.

– Faudra surveiller la bibliothécaire, dit-il au bout d'un moment. Je ne sais pas si elle les aide, mais faut se méfier de tout le monde, maintenant...

L'escapade de cette nuit était terminée. Ils en avaient assez vu, et risquer plus était inutile. Autant rentrer se coucher, ils avaient déjà de quoi bien réfléchir.

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Chasse au vampire
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