1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 L'art n'est pas du cochon

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MessageSujet: L'art n'est pas du cochon   Ven 23 Mai - 9:24

[Cours destiné aux lycéens.]

Cette journée avait typiquement bien commencé, comme l'une de ses journées où se répète à chaque minutes que l'on aurait mieux fait de rester couché, que le ciel ne nous aime décidément pas, que l'on devrait sans doute s'asseoir dans un coin et ne plus bouger jusqu'au soir sinon ça allait être pire, que tout le monde nous en voulait, qu'un accident allait survenir, etc, etc. Dans l'ordre, Edouard avait commencé par se casser la figure en sortant de son lit, puis s'était pris les pieds dans le tapis en faisant valser du même coup le beau paquet bien propre et classé de copies qu'il tenait en mains, avant de renverser son café sur sa chemise préférée, et donc ne pas prendre de petit-déjeuner parce qu'il avait dû la laver. Et tout cela, c'était sans oublier qu'il avait failli éborgner un collègue dans la salle des professeurs, le tout en évitant soigneusement Sarah, ignorant si elle lui en voulait pour le café qu'il lui avait renversé dessus.

Lorsqu'il fut enfin dans salle de classe, peu avant son cours avec les lycéens, il poussa un soupir de soulagement. Bon, maintenant, plus de catastrophes en vue ! Il était sauvé ! Enthousiaste, il fila un peu trop vivement jusqu'à son bureau et se cogna violemment le genou, pâlissant et rugissant à la fois - exploit - il lâcha alors une bordée de jurons sonores, exaspéré, puis reprit son souffle. Avant de se reprendre lui-même.

- Navré, Seigneur, murmura-t-il en regardant le ciel. J'ignore pourquoi j'ai dit cela, mais j'espère que tu dormais.

Posant doucement ses affaires, il commença à sortir ce qu'il lui fallait lorsque ses élèves arrivèrent en bavardant. Il leur fit vaguement signe d'entrer, occupé à tirer un livre récalcitrant de son sac, et parvint enfin avec un sourire de victoire. Lorsque tous furent installés, il se tourna vers eux avec un large sourire, le livre tant convoité en main.

- Bonjour à tous ! J'ai déjà donné cours à plusieurs classes de collégien, mais je n'ai pas encore eu l'honneur d'en avoir avec vous. Je me présente. Je me nomme Edouard Verrau, vingt-cinq ans, et mes éléments sont le feu et la foudre. Je suis persuadé que nous aurons de bons cours ensemble, cela ne peut pas être autrement !

Il était de toute façon incapable de penser qu'il pouvait y avoir des personnes détestant l'école ou autre joyeusetés du genre dans chacune de ses classes, persistant à ne jamais voir le mauvais côté des gens. Il parvenait à trouver des forces et des qualités à tout le monde, même chez la pire des ordures. Il dit à ses étudiants de sortir leurs livres et de quoi prendre des notes, toujours vif et prêt à se lancer dans de très grands discours assommants.

- Aujourd'hui, nous allons voir l'écriture des nouvelles ! Les bases, pour commencer, un peu de théorie, et comme devoir, vous aurez à en écrire une. Rien de très long, évidemment, mais de quoi vous entraîner ! Quelqu'un peut-il nous parler de ce qu'est un synopsis ?
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MessageSujet: Re: L'art n'est pas du cochon   Jeu 12 Juin - 11:03

Céline avait passé une bonne partie de la nuit les yeux grands ouverts, allongée sur les couvertures malgré la température plutôt fraîche du dortoir, à fixer le plafond. Il l'avait embrassée. Il. L'avait. Embrassée ! Elle se sentit rougir comme l'une de ces filles un peu cruches qui se mettaient à glousser dès qu'un garçon passait à moins de deux mètres d'elle, comme de vulgaire dinde. Céline ne pensait pas leur ressembler, elle l'espérait du moins, mais en ce moment-même, elle avait l'impression que son cerveau, et ses capacités cognitives avec, coulaient comme du beurre fondu par ses oreilles. Elle n'arrivait plus à réfléchir correctement, comme elle s'y efforçait d'habitude. C'était la première fois de son existence qu'un garçon s'intéressait un peu à elle, la première fois qu'on lui accordait une telle attention. Elle soupira à nouveau, levant sa main devant son visage.

Qui aurait cru qu'un peu de chaleur pouvait l'aider à maîtriser son don ? Jusqu'ici, son pouvoir l'avait toujours quelque peu effrayée. Elle le maîtrisait mal, et cela lui avait valu dès son entrée au Pensionnat la réputation de Reine des glaces, celle qu'il ne faut as approcher sous peine d'être blessé, ou pire. A onze ans, elle avait, suite à un coup de stress, transformé son bureau en une sculpture de glace, sous les yeux terrorisés de ses condisciples et écarquillés du prof. Après deux autres incidents de ce genre, on avait fini par la coller dans des classes avec des élèves plus âgés pour qu'elle s'entraîne à maîtriser son don. Sortie encore plus traumatisée de ces leçons, son don n'avait jamais cessé de lui jouer des tours, et il était arrivé qu'elle blesse plusieurs élèves sans le vouloir.

Et voilà qu'un jour, un peu de feu avait suffit à briser la glace. Elle se remit sous sa couette, le visage fourré dans l'oreiller. Il l'avait embrassé. Et Dieu qu'un contact physique était bon lorsqu'on en avait été privé toute sa vie. Elle passa le reste de la nuit entre rêves étranges et veille à rêvasser, pour se lever complètement épuisée au matin. L'agitation habituelle envahit le dortoir. Se rendant au douche, elle se brossait les dents lorsque sa voisine poussa un cri de terreur en s'écartant brutalement du lavabo. Céline recracha le dentifrice et s'aperçut que son lavabo était à présent recouvert d'une épaisse couche de glace, partie de la main sur laquelle elle s'appuyait. Elle poussa uns soupir de lassitude alors que les autres filles s'écartaient d'elle. Néanmoins, une grande de terminale dû avoir pitié de son expression car elle s'approcha.

- C'est bon, ce n'est rien.

Elle brisa la glace et libéra le lavabo, alors qu'une autre mettait un peu de feu pour tout faire fondre. la tension était si lourde que Céline préféra filer à l'anglaise, n'en pouvant plus de ces regards si lourds. Elle se passa de petit-déjeuner et se réfugia à la bibliothèque en attendant sa première heure de cours. Ils avaient Français, un cours qu'elle aimait beaucoup. Arrivée devant la classe, elle esquiva toujours le regard des autres, baissant la tête. Elle s'installa à sa table, remarquant juste qu'ils avaient encore un nouveau professeur, visiblement très jeune, qui se battait contre son sac. Elle sortit ses propres affaires, tassée sur sa chaise. Le prof se tourna enfin vers eux, très souriant. Ah, si, elle devait l'avoir déjà vu à la table des professeurs en début de semaine.

- Bonjour à tous ! J'ai déjà donné cours à plusieurs classes de collégien, mais je n'ai pas encore eu l'honneur d'en avoir avec vous. Je me présente. Je me nomme Edouard Verrau, vingt-cinq ans, et mes éléments sont le feu et la foudre. Je suis persuadé que nous aurons de bons cours ensemble, cela ne peut pas être autrement !

Enthousiaste, ce type, comment pouvait-il être aussi sûr de ça ? En plus, il choisissait bien son moment pour débarquer... D'ailleurs, personne ici ne savait ce qui était arrivée à leur ancienne prof, Madame Mills. Elle avait disparu du jour au lendemain et n'avait plus jamais donné signe de vie. Que lui était-il donc arrivé ? Avait-elle eu des problèmes avec les militaires ou était-elle partie de son plein gré ? Beaucoup de rumeurs couraient à ce sujet et Céline n'était pas certaine de devoir en croire la moitié. Tout cela sentait le souffre. Et elle espérait que leur nouveau prof n'allait pas disparaître lui aussi...

Jasper râlait contre ceux qui ne faisaient rien, mais intérieurement, Céline comprenait leur attitude. Après tout, qui voudrait se faire arrêter, kidnapper, emmener on ne sait où ? Qui voudrait être battu, ou pire ? Tout le monde n'a pas l'étoffe d'un héros, et tout le monde n'a pas non plus le courage ou la volonté de se lancer dans des aventures risquées. Ce n'est pas une honte, selon elle, que de ne pas avoir la même volonté qu'un autre. La peur est, et restera, l'une des plus puissantes forces au monde, tout comme le désir. Et il y a encore tant de personnes qui rêvent de gloire amis qui ont peur des obstacles sur le chemin.

- Aujourd'hui, nous allons voir l'écriture des nouvelles ! Les bases, pour commencer, un peu de théorie, et comme devoir, vous aurez à en écrire une. Rien de très long, évidemment, mais de quoi vous entraîner ! Quelqu'un peut-il nous parler de ce qu'est un synopsis ?

Oui, très enthousiaste, en effet, à croire que lui non plus n'avait aucune conscience de ce qui se passait dans cette école. Elle se remémora ses souvenirs, se souvenant d'avoir vaguement étudié ces notions, mais ne se rappelant plus exactement quoi. Voyant que personne ne se décidait à répondre, elle leva elle-même la main, provoquant un net recul de ses voisins de table. Qu'avaient-ils, cs idiots ? Ils pensaient qu'elle allait attaquer leur nouveau professeur ?! Elle baissa le bras lorsqu'on lui donna la parole, agacée, mais n'en laissa rien paraître.

- C'est une intrigue, un écrit qui donne une vue d'ensemble de l'œuvre. On l'utilise surtout en cinéma. Pour un livre, cela va représenter le résumé, la trame générale du livre.

Elle ignorait si c'était juste, mais autant essayer, non ? Elle se tut, faisant tourner son stylo entre ses mains. Stylo qui se cristallisa tout à coup dans un grésillement. Elle le lâcha aussitôt et il retomba sur la table dans un bruit sourd, du fait de son poids maintenant important. Tout le monde la regardait. Elle releva la tête, lâchant tout à coup une question totalement hors contexte, et qui lui échappa avant qu'elle ne puisse la retenir.

- Qu'est-il arrivé à madame Alicia Mills ?
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MessageSujet: Re: L'art n'est pas du cochon   Sam 5 Juil - 11:34

Ses élèves ne semblaient pas très heureux de l'avoir maintenant comme professeur, mais il espérait que ce n'était qu'une impression désagréable et qui allait vite passer. Tout jeune professeur, Ste Famille était son premier poste, et il s'estimait chanceux d'avoir décroché une place dans une école aussi réputée, et ce malgré tous les ennuis qui l'assaillaient en ce moment. D'autant plus heureux qu'il était fier de venir dans une école distinguée et qui se targuait de fournir une éducation des plus rigoureuses aux jeunes gens. Une école avant-gardiste, proposant diverses activités, et même des cours d'arts martiaux. Pour un premier emploi, ce n'était pas mal ! Il promenait ainsi sa bonne humeur dans toute l'école, et avait passé de très bons moments avec les collégiens, plus enjoués et plus prompts à s'amuser que les lycéens.

Et ce n'était pas un cliché. Cette classe était très silencieuse, et personne ne levait la main pour répondre à sa question. On pourrait croire qu'avoir une classe très calme était bien, mais tout professeur vous dira qu'il est préférable d'avoir un minimum plus d'agitation, afin de faire un cours vivant, plutôt que de parler devant une tribu de légumes amorphes qui vous écoutent, prennent des notes, mais sont très passifs. Allons, pas de défaitisme, c'était sans doute à cause de l'heure matinale ! Ils allaient bien finir par se réveiller, non ? Ils étaient là pour apprendre, alors autant y mettre un peu de bonne volonté puisque, de toute façon, ils ne pouvaient aller nulle part ailleurs pour le moment.

Il s'apprêtait à les relancer quand une élève leva enfin la main. Alléluïa ! Il lui donna la parole, et fronça légèrement les sourcils en voyant le mouvement de recul du reste de la classe. Heu, il avait fait quelque chose de mal ? Il avait un bouton sur le nez ? Une tâche sur sa chemise ? Les dents de travers ? Les jeunes ont généralement le chic pour trouver LE détail ridicule chez leur professeur et en rire pendant tout le reste du cours avant qu'une âme charitable ne daigne faire un signe, plus ou moins discret, pour signaler le problème. Enfin, peu importe. Il écouta plutôt la jeune rouquine, concentré.

- C'est une intrigue, un écrit qui donne une vue d'ensemble de l'œuvre. On l'utilise surtout en cinéma. Pour un livre, cela va représenter le résumé, la trame générale du livre.

Il hocha la tête avec un grand sourire. Bonne réponse ! Il comptait remémorer un peu tout cela à ses élèves avant de passer à la suite, et ne perdre personne en cours de route. D'ordinaire, c'était un cours qui intéressait les jeunes, mais ce matin, personne n'avait l'air trop motivé. Il ouvrit son livre pour prendre la définition exact et la noter au tableau, lorsqu'il entendit un bruit sourd. Se retournant, il vit que la jeune fille avait accidentellement cristallisé son crayon. Allons, bon, pas la peine que les autres la fixent ainsi, ce n'était pas trop grave. Juste de la glace, on ne va pas en faire une maladie.

- Qu'est-il arrivé à madame Alicia Mills ?

Lui qui ouvrait la bouche pour la rassurer la referma aussitôt, pris de court. Alicia Mills ? Hum, ah, oui, c'était celle qui l'avait précédé s'il avait bien compris. Il reprit son livre en main, réfléchissant deux secondes. Il ne savait pas trop pourquoi elle avait quitté l'école, même si c'était sans doute à cause des militaires. D'après ce qu'il avait pu comprendre, il y avait beaucoup de départs parmi les professeurs à cause de la situation actuelle. La plupart de ses collègues étaient assez jeunes, et là depuis peu de temps. Il sourit néanmoins à sa classe, pour les apaiser.

- Votre professeur est partie car elle ne voulait plus travailler dans de telles conditions, dit-il simplement. Vous n'êtes pas sans savoir qu'à présent, vous avez beaucoup de nouveaux professeurs, n'est-ce pas ? Vos enseignants des années précédentes n'étaient pas mauvais, très loin de là, mais ils sont partis à cause du climat actuel.

Hum... Cyprien était là depuis longtemps, lui. Sarah Smith aussi. Estelle, de même. Valentin, le professeur de sport, était aussi un ancien. Mais l'autre professeur de sport, Daniel, était là depuis peu. Même chose pour Alice Dublin et Emma Mirvan s'il avait bien compris. mais les enseignants des autres éléments étaient tous là depuis un bon moment. Il n'y avait pas non plus de nouveau dans le reste de l'équipe. Mais bon, c'était déjà pas mal.

- Mais ne vous préoccupez pas de ça, tout va finir par s'arranger ! Concentrez-vous plutôt sur vos cours, plutôt que sur les enseignants. Prenez vos cahiers et notez la définition que je vais mettre au tableau.

Il se retourna et s'empara de la craie pour écrire sur le tableau très noir, quoi qu'un peu usé. Après cela, il distribua des feuilles d'exercices, fit travailler les élèves sur plusieurs définitions, et sur certains mots de vocabulaire. Appuyé contre son bureau, il épelait distinctement chaque mot, les faisait répéter, puis demandait à certains élèves d'expliquer de quoi il s'agissait avec ses propres mots.

- Faites surtout attention à votre orthographe ! La correction de la langue est essentielle, car personne ne veut lire un texte bourré de fautes, ne l'oubliez pas.

Il se déplaçait beaucoup dans la classe, détestant rester statique, et aussi car cela était mieux que de rester assis derrière son bureau à donner son cours. Avec cela, il aimait bien regarder comment les élèves prenaient le cours en note, prêt à corriger ou modifier un élément s'il y avait besoin.

- Quelqu'un pourrait-il raconter une petite histoire et en trouver l'élément déclencheur ?
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Magister
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MessageSujet: Re: L'art n'est pas du cochon   Mer 20 Aoû - 12:36

Intervention de Magister

"Edouard vient de demander de raconter une histoire. Un élève se lève, et se met à raconter avec beaucoup de détails une grande histoire de fesses. La classe éclate de rire, et presque tout le monde enchaîne en s'y mettant de son anecdote grivoise."
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