1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Degré d'obéissance

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Georges Karinof
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MessageSujet: Degré d'obéissance   Mer 26 Mar - 19:19

Les résultats n'étaient pas suffisamment rapide, pour le Général. Les phases de test s'éternisaient, et rien n'indiquait que les chercheurs obtiendront bientôt des résultats probants. On ne cessait de lui répéter qu'il fallait être patient, continuer les expériences, observer les effets sur le long terme, tester d'autres traitements, d'autres mélanges, d'autres expériences, sur chaque catégorie de personnes. Ces discours souffreteux de scientifiques lépreux et incapables énervait Georges comme jamais. Lui, ce qu'il voulait, c'était des résultats ! Du concret ! Quelque chose qui puisse leur servir ! Il n'avait rein à faire du baratin médical, il voulait seulement le produit fini. Ils avaient le temps, mais pour combien de mois encore ? Combien de jours, de semaines, avant qu'il ne soit urgent que leur projet aboutisse ? Combien ?

- Mon Général, on nous informe qu'il y a des fuites, à Paris, à l'hôpital Saint Paul. Les trois personnes ont été retrouvées, mais nous ignorons si elles ont eu le temps d'alerter leurs proches.

- Aucune importance. Ces gens sont internés comme malades mentaux. Personne ne les croira.

Il y avait plus urgent. Il relut le courrier qu'il venait de recevoir, concernant son fils. Maintenant qu'ils avait contrôler et cacher son don, il était inutile de le laisser scolarisé ici. Il sera plus utile ailleurs, soit à l'école militaire, soit à l'intérieur du programme qui se mettait en place. Georges songeait à le faire évacuer à Gray, et là-bas, lui faire subir l'entraînement prévu pour les nouvelles recrues de leur unité particulière. Mais avant cela, il fallait trouver le moyen d'agir durablement sur son don. Il espérait combiner les deux, afin de gagner en rapidité. Jusqu'ici, son fils aîné avait plus ou moins bien réagi au traitement qu'on lui administrait. Il reposa le courrier, puis fit un signe à son subordonné.

- Allez me chercher mon fils, ordonna-t-il.

Peu importe qu'il soit en cours à cette heure, ce n'était guère le plus important aux yeux de Georges Karinof. Il attendit l'arrivée de son rejeton, tapotant des doigts sur son bureau. Lorsqu'il se présenta, Georges dit à son subordonné de les laisser et de refermer la porte. Il regarda longuement son aîné, ne pouvant s'empêcher de voir ses points de ressemblance avec lui-même et Elisabeth. Il aurait tellement voulu que ce gosse fasse un peu plus preuve de coopération et de bon sens. Il ne voyait jamais les opportunités qui s'offraient à lui.

- Tu as l'air de t'être un peu calmé, depuis ton séjour à Gray, c'est très bien.

Il s'avança de quelques pas vers lui en le regardant droit dans les yeux. Il doutait qu'il se pliera sans réagir ou se rebeller, mais même la plus forte des volontés pouvait être brisée. Georges n'avait jamais hésité à le frapper, ni à le menacer. Tous les moyens étaient bons pour arriver à ses fins, et il estimait n'avoir de comptes à rendre à personne en ce qui concerne l'éducation de son propre fils.

- J'ai lu les rapports de tes professeurs. Tu maîtrises visiblement ton don à un niveau plus avancé que les autres élèves de ta classe. Tu vas enfin pouvoir te rendre utile.. Dans un premier temps, veux que tu retournes à Gray, et que tu encadres quelques gamins, à l'hôpital, qui se déchaînent sans raison ni peur. Tu es jeune toi aussi, ils t'écouteront.

C'était la première étape d'un grand plan monté pour lui, et certains élèves de cet établissement.

- Et bien, qu'en dis-tu ?
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Dim 6 Avr - 11:17

Jasper n'avait jamais été un très grand admirateur du système scolaire, ni un élève particulièrement assidu. Il ne détestait pas étudier, mais ne s'investissait vraiment que dans les matières qui trouvaient grâce à ses yeux, et lorsque le professeur n'était pas trop pénible. En Maths, par exemple, il n'avait jamais eu la moyenne depuis son arrivée ici. Dès le premier cours, il avait faillit vomir en entendant la prof leur parler comme s'ils n'avaient que deux ans ou qu'ils étaient des arriérés mentaux incapables de comprendre même le truc le plus simple. Et ça ne s'était pas arrangé par la suite. En histoire, au contraire, la douceur de la professeur donnait envie de travailler son cours et de l'écouter. Elle était intéressante, et on avait envie de lui faire plaisir.

En revanche, malgré tout cela, il n'aimait pas, il détestait, il haïssait être arraché à l'un de ses cours, pour une raison ou pour une autre, car cela signifiait forcément des ennuis. Et il ne fut pas déçu en voyant son père l'attendre de pied ferme, dans la salle où un autre soldat venait de le conduire. Il retint un juron en lui jetant un regard noir. Qu'est-ce qu'il lui voulait, maintenant ? Encore cette histoire d'école militaire ? Si c'était le cas, Jasper se prépara de suite à serrer les dents. D'accord, il devrait avoir l'habitude, mais tout de même.

Père - Tu as l'air de t'être un peu calmé, depuis ton séjour à Gray, c'est très bien.

Jasper se mordit les lèvres pour ne pas répondre. Se calmer ? Lui ? Son père le trouvait plus calme ? Soit il n'avait pas les yeux en face des trous, soit il ne voulait rien voir de plus. Se calmer... Le jour où son fils se calmera, les poules auront des dents. Il recula très discrètement vers le fond de la salle, histoire de maintenir une distance respectable entre son père et lui. A chaque fois que son père le convoquait ainsi, il avait l'impression de redevenir un petit garçon, qui n'avait plus la maîtrise de son destin. Une impression particulièrement horrible et qu'il détestait.

Père - J'ai lu les rapports de tes professeurs. Tu maîtrises visiblement ton don à un niveau plus avancé que les autres élèves de ta classe. Tu vas enfin pouvoir te rendre utile.. Dans un premier temps, je veux que tu retournes à Gray, et que tu encadres quelques gamins, à l'hôpital, qui se déchaînent sans raison ni peur. Tu es jeune toi aussi, ils t'écouteront.

Jasper releva lentement la tête et lui jeta un regard incrédule. Il voulait qu'il travaille pour lui ? Et puis quoi encore ?! Jasper avait QUINZE ans ! Quinze ans ! Il ne voulait pas devenir un soldat, il ne voulait pas aider son père, il ne voulait pas travailler pour lui, il ne voulait rien de tout cela ! Qu'il aille au diable, lui et ses idées fumeuses ! Le jeune homme serra les poings en lui rendant un regard noir. Il n'était pas question qu'il reparte à Gray et participe à ce travail infâme, qu'il participe à la privation de liberté de tous ces gamins, c'était hors de question ! Il voulait les libérer, tous ces enfants, pas les entraver encore plus ! Et son père lui proposait ça comme cela, comme une fleur, avec l'air convaincu de celui qui a l'habitude de donner des ordres et d'être aussitôt obéi. sauf que son fils refusait d'obéir. Il n'était pas un pion qu'on pouvait agiter puis jeter comme ça. Il avait des valeurs, des principes, et s'y tiendra jusqu'au bout, quoi qu'il arrive.

Père - Et bien, qu'en dis-tu ?

Jasper haussa les épaules, un peu plus pâle et les lèvres serrées.

- Vous devriez déjà connaître ma réponse. Je ne participerai jamais à vos petits jeux ! Je sais ce que ça fait d'être enfermé, et je ne pousserai pas le vice à l'infliger à d'autres.

Il ne put s'empêcher de reculer encore, sachant ce qui l'attendait. Son père était un homme terriblement violent et emporté. Un mot lui suffisait pour lever la main et frapper. Il en avait déjà fait les frais bien des fois et n'avait pas spécialement envie de recommencer. Il finit par buter dans le mur derrière lui, et eut comme l'impression que la salle rétrécissait, qu'elle se refermait comme un piège.

- Peut-être que je maîtrise assez bien mon don. Mais pas aussi bien que des élèves plus âgés ! C'est bien pour ça que vous m'avez envoyé ici, non ? Pour que j'apprenne ? partir maintenant ne servirait à rien !

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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Mer 14 Mai - 22:40

Son fils se contenta d'hausser les épaules. Il ne s'attendait guère à mieux, de toute façon, ce gosse était tellement irresponsable ! Combien de fois Georges avait-il tenté de l'avertir ? DE lui faire comprendre les enjeux ? Il grandissait, et n'en était que plus catastrophique jour après jour. Pitoyable. Et même affligeant. Même s'il devrait être habitué depuis le temps... Dire qu'il avait été si fier lorsqu'il avait apprit la naissance de son fils, qu'il avait enfin un héritier, que sa femme lui avait donné leur premier enfant, et surtout un garçon.

- Vous devriez déjà connaître ma réponse. Je ne participerai jamais à vos petits jeux ! Je sais ce que ça fait d'être enfermé, et je ne pousserai pas le vice à l'infliger à d'autres.

Son père l'observa, alors qu'il reculait contre le mur. Il le dévisagea comme un scientifique observerait un rat de laboratoire. Jasper finit par être arrêté par le mur derrière lui, ne pouvant reculer davantage. Georges, lui,s 'avança lentement. Ce gosse lui ressemblait tellement. Lui, aussi, à son âge, était emporté et rebelle. mais l'armée avait su lui montrer le droit chemin, sut l'éduquer, lui éclairer la voie qu'il devait emprunter pour réussir. Et Jasper la trouvera lui aussi, c'était son devoir. Il était son seul fils, et par conséquent, son seul héritier. Et il DEVAIT se comporter comme tel ! Dignité, honneur et courage, voilà ce qu'il fallait ! Il fallait l'éduquer, ce mioche. L'éduquer, le faire plier à son devoir.

- Peut-être que je maîtrise assez bien mon don. Mais pas aussi bien que des élèves plus âgés ! C'est bien pour ça que vous m'avez envoyé ici, non ? Pour que j'apprenne ? Partir maintenant ne servirait à rien !

Georges leva les yeux au ciel ne continuant d'avancer, avec un grand soupir. on, il ne comprenait décidément rien ! mais bon... Son père pouvait essayer de lui faire comprendre, encore une fois. Il avança jusqu'à être très prêt de son fils, le surplombant de toute sa hauteur. l lui jeta un regard noir, l'air hautain et supérieur. Son fils avait-il autant reculé parce qu'il avait peur ? Il serait temps ! S'il ne le respectait pas, au moins, il aura peur, c'était déjà un bon point.

- Là où je veux t'envoyer, tu t'entraîneras aussi à maîtriser ton don... Le but n'est pas de vous les enlever, mon très cher fils ! Ce serait idiot et contre-productif.

Il approcha lentement une main pour prendre le menton de son fils et lui relever la tête, le forçant à le regarder droit dans les yeux. Il désirait tellement qu'il accepte de les aider de son plein gré ! Ce serait plus facile pour tout le monde, surtout pour lui.

- A ton âge, j'avais déjà commencé à gagner mes galons. Ce n'est pas en restant assis sur les bancs d'une école que tu réussiras. Avec ça, tu te fourvoies complètement.

Il ne le lâchait pas, le regard dur et cinglant. La colère le gagnait de nouveau, à chaque fois qu'il se remémorait certains actes, certaines scènes. A chaque fois qu'il repensait à certaines choses. Ses sourcils se froncèrent, et il eut envie de le frapper, maintenant, de lui tout lui faire payer, de lui faire rentrer dans le crâne sa bêtise infinie.

- Pour le moment, tu me fais honte ! Et pourtant, il tes reste une chance de t'amender. fais-le, et tu tu revaudras quelque chose aux yeux de ta famille. Sinon...

Il le relâcha puis le frappa violemment au visage, le touchant à la tempe, si fort qu'il l'envoya à terre, sans aucune honte ni remord.

- Sinon ta vie ne sera faite que de ça !
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Jeu 15 Mai - 20:33

Jasper n'avait jamais crié à l'aide de sa vie, même la fois où, à cinq ans, il s'était cassé la cheville en jouant dehors, ni la première où il s'était fait battre, ni quand il s'était fait poursuivre par tout une horde de chiens enragés dans les rues de Paris, alors qu'il avait huit ans. Ce n'était pas son style, voilà tout, il préférait encaisser sans rien dire et serrer les dents, se soigner seul dans son coin, et n'y mêler personne. Mais aujourd'hui, il se demandait si son père allait reculer s'il se mettait d'un seul coup à hurler. Ce n'était pas certain, il risquait juste d'attirer d'autres militaires, ce serait la pire des choses à faire. Il fixa son père alors qu'il avançait vers lui, tendu et méfiant. Pour une fois, il aurait bien aimé que la directrice soit là et lui colle un peu d'électricité, comme la nuit dernière.

Père - Là où je veux t'envoyer, tu t'entraîneras aussi à maîtriser ton don... Le but n'est pas de vous les enlever, mon très cher fils ! Ce serait idiot et contre-productif.

Jasper ne put s'empêcher d'afficher un air ébahi. Ah non ? Ce n'étaient le but qu'ils recherchaient tous, depuis le début ? Là, il avait dû louper une épisode, ou alors il hallucinait. Pourquoi les martyriser ainsi si ce n'était pas pour leur retirer leurs pouvoirs... ? Il comprit d'un seul coup lorsqu'on son père lui releva la tête et que leurs regards se croisèrent. Evidemment. Ça ne pouvait être que ça ! Ils voulaient qu'ils soient des armes. La directrice l'avait assez prouvé durant la nuit. Un don pouvait être une arme terrible. Quel camps ennemi résisterait à une tornade de vent, d'eau ou de feu, après tout ? Il resta coi, le cœur battant soudain bien plus vite. Il imaginait un peu trop bien ce qu'on pourrait leur ordonner de faire, à quoi on pourrait les obliger.

Père - A ton âge, j'avais déjà commencé à gagner mes galons. Ce n'est pas en restant assis sur les bancs d'une école que tu réussiras. Avec ça, tu te fourvoies complètement.

Et alors ? S'il voulait se fourvoyer, qu'est-ce que ça changeait ? S'il ne voulait pas suivre la même voie que son père, s'il voulait dévier, s'il voulait devenir celui qu'il voulait, faire des études qui lui plaisaient ? L'expression de son géniteur ne lui disait rien qui vaille. Il prenait toujours cet air-là lorsque, furieux, il le frappait sans honte ni raison. Jasper se prépara aussitôt mentalement, essayant de se détendre totalement. Cela faisait toujours beaucoup plus mal lorsqu'on se crispait, car on était plus sensible.

Père - Pour le moment, tu me fais honte ! Et pourtant, il te reste une chance de t'amender. Fais-le, et tu tu revaudras quelque chose aux yeux de ta famille. Sinon...

Jasper, pour une fois, vit le coup arriver avant de se le prendre. Il reçut un choc violent en pleine tempe et se rendit à peine compte qu'il s'était fait envoyer au sol, une douleur sourde fusant dans son crâne, alors que sa vision s'altérait un moment. Il retint de justesse un gémissement, n'entendant même pas la dernière sentence de son père. Sa tempe lui faisait un mal de chien, il n'y avait pas été de main morte. Il porta sa main au point le plus douloureux en grimaçant.

- Me frapper, murmura-t-il, ça ne me poussera pas plus à vous obéir.

Il s'appuya contre le mur pour se relever, pris de vertiges. Prévisible, quand on se fait frapper à cet endroit, les nausées n'allaient guère tarder à suivre. Il prit une grande inspiration en regardant son père, essayant de rester bien droit, une main à sa tempe.

- Vous pouvez bien aller vous faire foutre.

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Mar 20 Mai - 12:20

Certaines journées étaient trop calmes, et d'autres, trop agitées. Adrien ignorait lesquelles il préférait, finalement... Celles qu'il passait dans son bureau à boire et classer des papiers sans intérêt, ou celles où il courait partout en jurant cent mille Dieux. La tête dans une grande armoire, il marmonnait bon nombres d'insanités entre ses dents en essayant de retrouver où est-ce qu'il avait bien pu ranger le flacon antiseptique tout neuf qu'il s'était procuré au village la semaine passée. Mauvais plan, de ranger les courses en étant bourré, il tâchera de garder les idées claires la prochaine fois. Il se coinça les doigts dans une rainure et poussa un nouveau juron sonore, râlant,puis continuant à chercher. Derrière lui, Cyprien était scotché au chevet de la directrice. Pas possible, il l'aimait ou quoi ? Adrien mit tout à coup la main sur le fameux flacon et eut une exclamation de victoire.

- Je le tiens !

Revenant vers sa patiente, il prépara son matériel, retrouvant des gestes vifs et assurés. Il fallait suturer correctement la plupart des coupures, bander soigneusement les autres, et surtout désaffecter. Il se mit au travail, tout en observant le visage de Cyprien par de brefs coups d'œil. Alors... Était-il oui ou non amoureux ? Voyons voir, il la regardait comme si elle risquait de disparaître à tout moment ou pire. Ouais, il était mordu, quoi. Et complètement, vu son regard. Très mignoooon !

- Je vais lui donner un sédatif pour qu'elle se repose. Heureusement, les coupures étaient nettes, ça facilitera la guérison.

Il acheva ce qu'il devait faire, ne disant plus rien pendant un moment. Il devrait aussi aller chercher les pansements plus solides qu'il s'était procuré et qu'il avait oublié chez Sarah, l'autre jour. Il rentrait avec son sac et avait pris un café chez elle, partant en oubliant ses achats. Bon, autant aller les récupérer tout de suite. Il filait vers le second étage lorsqu'il entendit un cri. Son sang ne fit qu'un tour et il changea aussitôt de direction en courant comme un dératé. Ah non, hein ! Ils n'allaient pas déjà recommencer ! Il s'arrêta au même étage que la plupart des salles de classe et ouvrit brusquement la porte, les yeux écarquillés, restant un moment figé d'horreur.

Le général Karinof était en train de frapper son fils, violemment, sans aucune retenue. Son fils qui était à terre, se protégeant la tête avec les bras. Adrien ne fit pas dans le détail et fit jaillir un mur de flammes de trois mètres de hauteur entre eux deux, repoussant le général, le séparant de son enfant, puis se précipita aux côtés du jeune homme.

- Jasper ?

Il maintint le mur, qui les enveloppait comme un cocon, ignorant le militaire qui jurait et hurlait. Militaire qui finit par quitter la pièce. Adrien retourna l'élève avec délicatesse et le soutint. Il avait un énorme hématome noir à la tempe, et était en mauvais état. Quelle brute de ** ! Salaud ! Il prit appui sur un genoux et passa ses bras dans le dos du jeune garçon.

- Vous pouvez marcher ?

Un gémissement fut sa seule réponse. Le connaissant, ça voulait sûrement dire oui, mais Adrien avait comme un doute, là. Il le souleva avec douceur, puis l'emmena avec lui, lentement, jusqu'à l'infirmerie, bénissant que les couloirs sont complètement vides à cette heure. Il ne croisa qu'un ou deux professeurs avant de rentrer à l'infirmerie, le jeune homme dans les bras, et le déposa sur un lit, juste à côté de la directrice. Cyprien s'était levé d'un bond.

- C'est la journée, décidément, marmonna l'infirmier en se penchant pour soigner Jasper.

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Dim 25 Mai - 16:11

Jasper leva les bras juste à temps pour se protéger le visage, mais il reçut le coup au torse, ce qui lui coupa violemment le souffle. Il hoqueta et recula contre le mur, les yeux fermés, les dents serrées. Il se fit violence pour réussir à détendre sous ses muscles et ne pas avoir encore plus mal à cause de la crispation. C'était la clé de tout, réussir à ne pas se crisper, afin d'avoir moins mal. Mais son père y allait fort, trop fort, et il se retint de ne pas hurler, du moins pas tout de suite, de ne pas lui faire ce plaisir. Il se protégea toujours la tête avec les bras, par terre, essayant de ne pas avoir peur. S'il le montrait, son père, comme les chiens enragés, ne ferait que frapper encore plus fort. Et les coups continuaient de pleuvoir, de plus en plus violemment.

A un moment, il ne put pourtant s'empêcher de crier. Comme s'il avait entendu un signal, son père se déchaîna encore plus fort. Tout son corps le brûlait, et certains endroits enflaient déjà, comme sa cheville. Il gémit, n'osant plus bouger, quelques larmes ruisselant sur ses joues. Il criait encore, parfois, la tête entre les mains, le cœur battant à une allure folle. Il allait arrêter. Il allait forcément finir par s'arrêter ! Cela finissait toujours à un moment ou à un autre, il suffisait d'être patient et d'attendre. Et une fois que tout sera fini, que son père partira en le laissant ici, il pourra reprendre son souffle, puis repartir, se soigner dans son coin.

Il s'accrochait à cette pensée lorsqu'une brusque chaleur lui monta à la tête, accompagnée d'une lumière très vive et forte. Il crut un instant halluciner, ou que son don lui avait échappé, mais c'était Adrien. Il l'appela, mais le jeune homme avait du mal à seulement desserrer les dents. Il ne répondit pas, essayant de déterminer s'il avait des os cassés et où.

Infirmier - Vous pouvez marcher ?

Oui, oui, ça allait aller... Il gémit pour le signifier, ne pouvant toujours pas articuler quelque chose de cohérent. Il n'avait pas dû être particulièrement convaincant car Adrien le souleva puis le transporta. Pour une fois, il ne protesta pas, se contentant de se laisser emmener. valait sans doute mieux ça que de se faire virer de cours... Et il préférait paraître toujours ne forme, devant tout le monde, afin que personne ne sache que son père l'avait de nouveau frappé. En arrivant à l'infirmerie, il tressaillit en voyant sa tante, allongée et couverte de bandages, les yeux clos. Qu'est-ce qui lui était arrivée, à elle aussi ?! Il grimaça lorsque Adrien le posa sur le lit et commença à le soigner. Son professeur de SVT était là, lui aussi, le seul à ne pas être éclopé, avec Adrien.

- Ça va, murmura-t-il.

En fait non, mais bon. Il tourna la tête sur l'oreiller pendant que l'infirmier s'occupait de lui. Il observait la directrice, cherchant à comprendre ce qui lui était arrivée. Était-elle inconsciente ou dormait-elle simplement ? Elle était blessée comme si... On l'avait poignardé. Il eut un très long frisson et déglutit. C'était la journée, comme disait si bien Adrien. Il retourna la tête vers lui, grimaçant lorsqu'il toucha à sa cheville. Puis regarda Cyprien, debout entre les deux lits.

- Vous voulez bien prévenir le professeur de mon prochain cours que je vais être en retard ?

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Gabriella de Lizeux
Directrice
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Dim 1 Juin - 13:11

Gabriella n'avait pu s'empêcher de crier, alors que la lame froide avait transpercé sa peau, laissant échapper un filet de sang chaud qui coula lentement, puis plus abondamment. Elle ferma les yeux, alors que l'autre malade continuant de la frapper, hurlant à présent. Elle tira violemment sur les menottes, les yeux fermés, sentant le couteau frapper, le sang s'échapper de son corps. Elle avait froid et chaud en même temps, tellement crispée que les blessures n'en devenaient que plus douloureuses. Cette fois, c'était terminé, elle allait mourir là. et comme si le sang qui coulait "l'éveillait" à ce qui l'entourait, elle avait une connaissance quasi-parfaite de tout. Elle entendait très bien les hommes rire autour d'elle,e t elle sentait ses deux enfants bouger dans son ventre, comme s'ils pouvaient comprendre ce qui se passait. Ils remuaient, les deux, elle les sentait. Elle prit une brève inspiration, puis un autre cri jaillit, mais pas d'elle. Plus d'elle.

Au bout d'un moment, le corps finit par être comme "anesthésié", il ne ressent plus la douleur et s'engourdit vraiment. C'est le prémisse de la mort. Elle se sentit basculer en arrière. C'était fini ? Elle était morte ? Ne pouvant ouvrir les yeux, trop épuisée pour cela, elle se contenta d'attendre, sans bouger. Quelqu'un appuyait contre ses blessures, comme si ce n'était as déjà assez douloureux ! Ils ne pouvaient pas la laisser partir en paix, il fallait en rajouter jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle ? Elle sentit une main chaude se poser sur sa joue. Ça y est, un ange était enfin venu la chercher pour la conduire au paradis, avec ses deux enfants. Ils n'auront même pas pu vivre... Si elle mourrait, ils mourront avec elle...

Des gens s'agitaient autour d'elle, et on tirait de nouveau sur ses blessures. Elle voulait repousser la personne mais avait peine plus de forces qu'un chaton nouveau-né. Une vague odeur de désinfectant médical lui arriva alors. Que se passait-il ? Elle était en vie ou morte ? Et qui était là ? Et ses bébés ? Comment allaient-ils ? C'était cruel... Ils allaient mourir eux aussi. Elle se moquait bien d'y passer si eux pouvaient au moins rester en vie. Mais c'était impossible. Leur destiné tait lié au sien tant qu'elle les portait dans son ventre.

- On va l'emmener à l'infirmerie. Tiens-lui les jambes, Cyprien, il faut y aller lentement, ses blessures peuvent se rouvrir.

Cyprien... Il était là ? Elle ne parvenait pas à reconnaître l'autre voix, à moitié inconsciente. Quelqu'un la souleva par les épaules, et deux bras l'entourèrent, tandis que Cyprien lui prenait les jambes. D'ordinaire, elle détestait se faire transporter comme un sac, mais n'était pas en état de protester. Elle avait mal dès qu'ils bougeaient, et la montée jusqu'à l'infirmerie fut un calvaire, lui faisant regretter de ne pas être inconsciente pour de bon. Ils voulaient l'achever ?! On la déposa sur un lit, alors qu'elle s'efforçait toujours d'ouvrir les yeux.

- Il faut la laisser se reposer maintenant...

Se reposer... Se reposer... Oui, elle allait se reposer tranquillement dix minutes, et ensuite, elle allait leur montrer ce qu'est un véritable orage. Mais une vraie tempête, cette fois-ci, rien à voir avec le vulgaire amuse-gueule de la nuit précédente ! Ces lâches... Ces triples lâches ! Elle bouillonnait intérieurement de colère, prête à exploser, et l'aurait déjà fait si elle n'était pas si affaiblie. Non seulement ils l'avaient attaqué de la pire manière qui soit, mais ils avaient aussi mis en danger la vie de ses enfants, et cela, elle ne le supportait pas ! Ses bébés n'avaient strictement rien fait, et elle montrait les crocs si on y touchait. Ces trois ordures allaient payer, elle se le jurait !

Elle finit par se rendormir, un moment, puis fut de nouveau réveillée par une nouvelle agitation. Adrien devait avoir un autre patient... Elle ne bougea toujours pas, à présent consciente des nombreux bandages qui l'enserraient de partout. Les ragots risquaient d'aller bon train dès que les élèves la verront dans cet état. Elle entendit quelqu'un s'agiter juste à côté d'elle. Cyprien était-il toujours là ?

- Vous voulez bien prévenir le professeur de mon prochain cours que je vais être en retard ?

Cette voix... Elle parvint, au prix d'un immense effort, à ouvrir les yeux et tourner la tête. Son neveu était allongé sur le lit voisin, blessé, et se faisait soigner par Adrien. Son père l'avait encore frappé ?! Elle faillit hurler d'indignation et ne se contint qu'à grande peine. salaud. Il allait payer pour les autres, ce sale type ! C'était la journée combat des militaires ?! Ils s'en prenaient à tout le monde ?!

- Ne rêve pas, marmonna-t-elle à l'adresse de Jasper. Tu vas rester dans ce lit pour aujourd'hui.

Il serait bien capable d'aller tout de même en cours, ce jeune imbécile, elle commençait à bien le connaître. Mais soit, elle était légèrement mal placée pour parler sachant qu'elle-même se serait déjà levé si elle le pouvait. Elle toucha ses bandages du bout des doigts, puis croisa le regard de Cyprien. Savoir qu'il était resté près d'elle lui donnait chaud au cœur. Elle reposa sa main sur son ventre, inquiète pour ses enfants.

- Il faut porter plainte contre ces ordures et contre le général Karinof, dit-elle en se redressant du mieux possible contre ses oreillers. eux aussi ont des lois à respecter, et on peut les faire condamner pour ça ! Toute la France n'est pas contre nous, et ceux qui nous soutiennent peuvent pousser à un procès.

Essayer d'emmener son cher beau-frère au tribunal ne lui posait strictement aucun problème de conscience. Ce genre d'agression était condamnée par les lois civiles, et s'appliquaient à tout le monde ! L'opinion publique ne pouvait cautionner ce genre d'agression sur une femme enceinte, pas plus que les coups d'un père violent sur son fils.

- Il faut le faire maintenant ! Ou laissez-moi le faire, peu importe.

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Mar 10 Juin - 16:36

Cyprien respectait leur jeune infirmier, aucun problème là-dessus... Bon, lorsqu'il était arrivé, il devait admettre qu'il avait eu un certain a-priori négatif en voyant ce jeune homme toujours soûl, qui fumait deux paquets de cigarettes par jour et qui pleurait toutes les nuits, prétendre pouvoir s'occuper des maux et blessures de jeunes enfants. Il avait été méfiant un moment, jusqu'au jour où il s'était rendu compte que si leur infirmier se détruisait avec une conscience professionnelle très rigoureuse, il n'en était pas moins très porté à surveiller de près celle des autres et soignait les gens avec la rigueur d'un véritable médecin. C'est pour ces raisons que Cyprien vouait une entière confiance à Adrien. Il était droit, honnête, rigoureux, et son penchant très marqué pour l'alcool ne lui enlevait rien à ce niveau. toutefois, et c'était le plus important, si jamais il avait le malheur de faire encore plus à mal à Gabriella, il lui casserait la tête avec sa bouteille de rhum sans hésiter une seule seconde.

Il s'assit près du lit de la jeune femme, alors que l'infirmier avait filé chercher il ne savait quoi. File donc, mon garçon, lui était bien trop occupé à vérifier si Gabriella respirait correctement. Il lui prit doucement la main, en veillant à ne pas déranger ses bandages. Casser la gueule de ses agresseurs en l'avait pas calmé, et il brûlait toujours d'une rage féroce et ardente. Qu'ils aillent crever ! Frapper une femme enceinte ! C'était pire qu'indigne ! Il en bavait presque de rage, alors qu'il imaginait des dizaines de tortures différentes pour punir ces trois soldats de ***. Il aurait pu les achever à l'instant même dans il était furieux.

Entendant du bruit derrière lui, il crut qu'un élève malade arrivait, ou quelqu'un s'était blessé. Il se retourna; près à accueillir l'élève avec le sourire et lui dire de patienter un peu le temps qu'Adrien revienne, mais ce fut ce dernier qui passa la porte de l'infirmerie, le jeune Karinof dans les bras. Cyprien se leva d'un bond, les yeux écarquillés. On l'avait agressé, lui aussi ?! Et qui était l'ordure qui avait osé ?! Il reprit son souffle, médusé, en le regardant. Il avait un gros hématome noir sur la tempe, et devait aussi être blessé ailleurs. Si jamais il avait quelque chose de cassé... Il regarda le jeune homme, puis celle qu'il aimait. Appeler une ambulance serait sans doute plus raisonnable.

- C'est la journée, décidément.

Son élève murmura que ça allait, mais sa tête de déterrée parlait pour lui. Bon, et bien, Cyprien en s'étonnera pas de ne pas le voir au cours du lendemain matin. Vu son état, il allait être absent encore un petit moment. Il croisa tout à coup son regard, alors que Adrien s'activait silencieusement.

- Vous voulez bien prévenir le professeur de mon prochain cours que je vais être en retard ?

Hein ? Dans ses rêves ! Il allait rester ici, oui ! Il leva les yeux au ciel en soupirant. Retourner en cours dans son état ? Bah voyons ! Et il ne voulait pas aller courir le cent mètres, aussi ? Ou faire une petite randonnée dans la forêt ? Cyprien retint une remarque acide, mais son regard parlait pour lui. Il hallucinait toujours devant ces élèves qui pensaient toujours, même blessés, qu'ils pouvaient continuer le cours de leurs vies comme si de rien n'était. Et bien désolée, mon garçon, mais tu ne quitteras pas ce lit avant de pouvoir marcher seul. Il était déjà à deux doigts de finir à l'hôpital aux urgences.

- Ne rêve pas. Tu vas rester dans ce lit pour aujourd'hui.

Il fit un brusque bond en arrière, puis croisa le regard de Gaby. Il n'avait pas vu qu'elle s'était réveillée, et avait été effrayé, l'espace d'un instant. Il la regarda poser une main sur son ventre, fou d'inquiétude. Et si elle faisait une fausse couche, avec toutes ces histoires ? Hein ? Elle ne pouvait pas perdre ses enfants, c'était impossible ! Elle ne pouvait pas. Il se rapprocha d'elle, la couvant du regard. Une petite pensée le traversa brièvement, l'informant qu'il était censé donner cours aux quatrième, mais il n'en avait rien à faire pour le moment, qu'ils révisent leur cours sans lui, pour cette fois.

- Il faut porter plainte contre ces ordures et contre le général Karinof, dit-elle en se redressant du mieux possible contre ses oreillers. Eux aussi ont des lois à respecter, et on peut les faire condamner pour ça ! Toute la France n'est pas contre nous, et ceux qui nous soutiennent peuvent pousser à un procès.

Oui, ils pourraient essayer, mais Cyprien doutait que ça fonctionne... Il l'aida plutôt à se caler correctement, afin qu'elle ait le moins mal possible. Ils pouvaient essayer, oui, amis demain, ou en fin de semaine ! Elle ne devait pas se surmener pour le moment, elle était trop affaiblie ! La connaissant, il était persuadé qu'elle voudrait bien se lever tout de suite, mais des clous, il n'était pas question qu'elle bouge.

- Il faut le faire maintenant ! Ou laissez-moi le faire, peu importe.

Il soupira légèrement et posa une main sur son épaule, celle qui n'était pas blessé, se penchant légèrement  sur elle. Il lui sourit, dans l'espoir de l'apaiser, et de lui donner un peu de baume au cœur.

- Gaby... Je peux le faire cette après-midi, mais toi, tu dois te reposer ! Reste tranquille, il ne faut pas que tu te surmènes... Et pour être honnête, j'aimerais plutôt vous voir tous les deux à l'hôpital.

Il ignora superbement le regard indigné du jeune Karinof. C'était pour son bien ! Quant à Gaby, il fallait qu'un spécialiste puisse vérifier si ses bébés n'avaient rien eu, c'était d'une importance vitale. Il n'en revenait déjà pas qu'elle n'ait toujours pas pris de congé maternité, comme la prudence, ou la simple logique l'exigerait. Elle en était à son septième mois de grossesse, après tout ! Il était plus que temps ! Mais allez donc lui expliquer ça. Il était certain qu'elle serait capable de travailler jusqu'au jour de l'accouchement.

- Ce serait mieux si on appelait une ambulance. De plus, Gabriella, il serait bon que tu te mettes enfin en congé maternité.

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MessageSujet: Re: Degré d'obéissance   Sam 28 Juin - 15:31

Gabriella était toute disposée à engager une procédure dès maintenant et dans les formes. Elle avait atteint un tel degré d'énervement qu'elle doutait de parvenir à se calmer entièrement un jour, remontée comme jamais contre les militaires. Elle avait envie de leur hurler qu'ils étaient dans une école ici, pas dans un asile de fous et encore moins dans un de leurs camps d'entraînements pour jeunes recrues ! Pourquoi le gouvernement approuvait-il tout cela ? Qu'espéraient-ils ? Que voulaient-ils ? Il fallait qu'elle trouve un moyen de repartir seule à Paris... De filer là-bas afin de défendre les droits de l'école une fois de plus ! Elle pouvait voyager assez vite, et essayer de se faire entendre, secouer la pouplation pour la faire réagir. Ils ne pouvait pas fermer les yeux sur tout ce qui se passait !

Cyprien posa une main sur son épaule et lui sourit, sans doute dans l'espoir de la détendre. Mais en ce moment, Gaby était tout sauf détendue, et bouillait plutôt d'aller arracher la tête de ses agresseurs et celle de Georges Krainof pour faire bonne mesure. Elle était sûre que ses enfants s'en remettront très bien, ce ne serait pas une très grosse perte.Et elle pourra ainsi piquer la tête devant la porte de son salon pour que tout le monde sache qu'il ne faut jouer trop longtemps avec ses nerfs ! Roh, riche idée, ça. Et elle laissera ses enfants jouer à la balle avec.

- Gaby... Je peux le faire cette après-midi, mais toi, tu dois te reposer ! Reste tranquille, il ne faut pas que tu te surmènes... Et pour être honnête, j'aimerais plutôt vous voir tous les deux à l'hôpital.

Son regard indigné fit écho à celui de Jasper. A l'hôpital, et puis quoi encore ! Elle allait parfaitement BIEN ! Elle n'allait pas se laissera battre pour quelques coups de couteau, et avait déjà été soignée, avec ça. Il était tout simplement hors de question qu'elle se retrouve dans un lit d'hôpital, ayant déjà goûté à cela, merci. Les militaires avaient assez joués aux apprentis sorciers en se servant d'elle comme cobaye, et c'était la même chose pour Jasper. De toute façon, elle n'avait pas le temps, il fallait qu'elle agisse ! Marre de recevoir les coups et attendre le prochain, il fallait se bouger ! Si elle n'avait pas si mal en bougeant, elle se serait levé depuis déjà un moment. Ils croyaient avoir vu un orage ? Elle allait leur montrer, elle, ce qu'était un véritable orage.

- Ce serait mieux si on appelait une ambulance. De plus, Gabriella, il serait bon que tu te mettes enfin en congé maternité.

En... Congé ma... Mais pour quoi faire ? Elle lui jeta un regard incrédule, avant de regarder à nouveau son ventre. Ses enfants n'étaient même pas nés, ça ne servait à rien ! Elle trouvait stupides les femmes qui passaient les deux derniers mois de grossesse assises dans un canapé à tricoter des chaussons, pendant que leurs maris travaillaient. Et qui ne reprenaient jamais le travail, bien souvent. Cyprien lui répondrait sûrement, à cet argument, que la plupart des femmes ne se faisaient pas poignarder peu avant leur accouchement, mais il s'agit là d'un détail mineur et sans importance. Elle allait s'en remettre, et cela ne l'empêchera pas de poursuivre la lutte. Elle se redressa contre ses oreillers avec un soupir.

- Je prendrais un peu de repos quand ils seront nés s'il le faut, mais avant, ça ne sert à rien. Je me sens bien, et ça ira mieux quand je me serais reposée.

Elle croisa le regard blasé d'Adrien. Et bien quoi ? C'était vrai ! Il avait dû voir des gens dans un bien plus sale état qu'elle, après tout, avec tout ce qui se passait dans les quartiers les plus chauds de Paris. Plus jeune, elle avait vu et entendu des histoires particulièrement horribles, et pas seulement à cause de la Grande Guerre. Conclusion, elle allait très bien s'en sortir, ce n'était pas quelques hématomes et des coups de couteaux qui allaient la tuer. Elle se sentit épuisée, d'un seul coup, et laissa sa tête reposer de nouveau sur l'oreiller, fermant les yeux.

- N'oublie d'aller porter plainte, Cyprien, souffla-t-elle.

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