1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Etranger dans le parc

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Emilie Bonnet
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MessageSujet: Etranger dans le parc   Mar 18 Mar - 22:16

Quelqu'un était mort, cette nuit. Elle les avait vu emmener le corps, par la lucarne de sa porte. Ils portaient un brancard, avec un corps recouvert d'un drap blanc. Il était mort. Ils s'étaient arrêtés dans le couloir, pour parler à un homme. Emilie, elle, s'était contenté de regarder la forme sous le drap blanc, fascinée. Elle l'avait longuement détaillé, ses yeux clairs fixés sur les formes, les bouts de chair qu'elle entrevoyait. La mort la fascinait. Elle aimait regarder les cadavres qu'ils transportaient parfois. Elle aimait la pâleur de leur peau, l'expression vide leur visage, sentir le froid de la chair. Cela contrastait si fort avec la chaleur de la vie.

Infirmière - Emilie ? Recule, petite, j'ouvre.

Elle sauta de sa chaise et la poussa. L'infirmière entra et posa le plateau du petit-déjeuner sur son bureau. La fillette se contenta de la regarder, droite et impassible. Elle ne montrait jamais ses émotions, à qui que ce soit. Elle observait, simplement. Elle écoutait. Elle apprenait. Elle parlait, bien sûr, mais seulement à quelques personnes. Une légère brise monta, commençant à l'entourer. L'infirmière lui jeta un coup d'œil effrayé puis partit en refermant la porte.

Elle s'assit, et mangea lentement. Depuis combien de temps était-elle ici, dans cet hôpital ? Elle l'ignorait. Elle avait perdu le décompte des heures et des jours. Elle se sentait parfois comme un animal pris au piège, attendant son heure pour s'échapper et se libérer. Elle alla se rasseoir sur son lit, dans cette chambre d'hôpital qui était sienne depuis des années. La porte s'ouvrit encore plus tard, laissant passer un gros homme en blouse blanche.

Docteur - Bonjour Emilie. Comment vas-tu ce matin ?

Elle ne répondit pas. Elle ne lui répondait jamais. Il ne s'en formalisa pas, commençant les examens qu'il lui faisait passer quotidiennement, afin de "surveiller sa santé". Mais elle allait bien. Elle aurait pu aller bien. C'était eux, et leurs saloperies de médicaments, qui sapaient son esprit et sa personnalité, petit à petit. Elle changeait. Elle se laissa faire, aussi molle qu'une poupée de chiffon.

Docteur - C'est bon, tu peux aller un peu dehors.

Il l'accompagna jusque dans le parc puis la laissa. Elle ferma les yeux en sentant le vent sur son visage. Sur son impulsion, il prit la forme qu'elle désirait. Elle marcha jusqu'à l'immense enceinte de pierre, l'effleurant du bout des doigts. Lorsqu'elle arriva à la grande grille de fer forgée, elle jeta, comme à son habitude, un œil à l'extérieur. Il y avait un garçon, dehors... Un grand, avec des marques sur le corps. Il fumait. Elle ne dit rien, sombre et impassible, le fixant de son regard clair et dérangeant.

- Tu as une autre cigarette ? demanda-t-elle tout à coup, avec la voix si froide et terne qui la caractérisait.
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Andy Rochester
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Mar 18 Mar - 23:02

Cette odeur lui déplaisait. Oui, l'odeur de ce foutu établissement lui donnait la nausée. Il avait comme l'impression d'être dans un hôpital, enfermé comme un malade, que l'on écarte pour éviter au monde d'entendre parler de son infection. Cette impression d'un trépas imminent dans chaque couloir le poursuivait. Aller-t-il voir la mort à chaque recoin durant toute sa vie? Du moins, il ne voulait pas que ça se passe comme cela. Un bol d'air frais, du tabac. C'est de ça qu'il avait besoin pour se remettre d'aplomb. Il posa ses deux valises sur un lit et ne prit même pas le temps de déballer ses affaires. Il inspecta d'un rapide coup d’œil le dortoire. Un blanc lugubre recouvrait le mur. C'était certain, il allait dépasser son cota d’insomnie dans cette pièce. Il tourna la pognée de la fenêtre et la tira vers lui. De là, il regardait le pensionnat. Des clôtures, des clôtures et encore des clôtures. Il avait quitté sa maison pour une prison. Andy ne supportait pas d'être enfermé comme un animale. Il lui fallait sa petite liberté.

Le jeune homme dévala les escaliers et atterrit dans ce qui semblait être un parc ou un jardin. Il se mit alors à longeait les grillages, les mains dans les poches de son jeans usagé. Lacy devra bientôt lui en acheter un autre. Deux trous se formaient clairement au niveau de ses genoux. Il réalisa d'ailleurs bien vite qu'il posséder une tache de sang sur son pantalon. Comment avait-il put se couper à un endroit pareil? Surement à cause de se trou dans la herse, que quelqu'un avait sectionner brutalement. Tandis que d'autres y voyaient un acte de délinquance, Andy ne voyait qu'une chose; un ticket vers la liberté.

Rochester rejoignit donc la route en quatrième vitesse. Par chance, une voiture passait par là. Une Renault. Identique à celle de Lacy. Peut-être les gentes arrières étaient différentes, ou l'épaisseur des pneus. Passons, il arrêta la voiture d'un rapide signe et monta au côté du conducteur.

"- Vous pouvez m'emmener à Gray? "

L'homme au volant se contenta d'acquiesçait en souriant. Les sourires... C'était tellement faux à ses yeux. Comment un homme peut-il sourire en sachant ce qu'il ce passe? Sourire alors que des familles entières ont périt, alors que des femmes sont devenues veuves et des enfants, orphelins. C'était clair, Andy devait être le seule gamin à avoir été autant marqué par la guerre, alors qu'il n'était même pas un âge d'avoir des souvenirs à ce moment là.

Durant dix minute, ils roulèrent, sans s'échanger la moindre parole. Andy n'était pas bavard. Naturellement, il l'est encore moins avec les inconnus. Enfin, la silhouette du village apparut. Il descendit à une intersection, l'homme ne s'arrêtait pas là. Il marcha encore jusqu'à une grille en fer. De là, il s'appuya sur la capot d'une voiture et sorti un paquet de cigarette de sa veste. Il l'alluma et la déposa sur ses lèvres.

Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas ressentis ce bien-être. Il inspira un grand coup, jusqu'à sentir un chatouillement dans la gorge, et relâcha la fumé d'un long souffle. Il tira une nouvelle fois, fixant le ciel. Il voulait se souvenir de cette sensation. Avec cette histoire de pensionnat, il ne risquait pas d'avoir souvent l'occasion de faire ce genre de chose.

Il fut extirpé de ses pensées par une jeune fille qui l'interpellait de l'autre côté du portail. Enfin, jeune, plutôt une petite fille. En se fiant à ses traits fort juvéniles, il lui donner la douzaine. A douze ans, elle réclamait un cigarette? Andy ne pouvait pas faire de morale à ce sujet là; c'était l'âge où il avait commencer. Sans un mot, il lui tandis le paquet.


Dernière édition par Andy Rochester le Mer 19 Mar - 22:19, édité 1 fois
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Emilie Bonnet
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Mer 19 Mar - 13:12

Elle observait le garçon, ses mains serrées autour des barreaux de la grille en fer. Il était rare que les promeneurs s'arrêtent ici. L'établissement se trouvait à l'écart de Gray, et il n'y avait pas de sentiers de randonnée. Elle connaissait le coin par cœur, pour y avoir longtemps couru, avant qu'on ne l'enferme ici. Lorsqu'elle avait encore le droit de vivre. Mais passons les détails. D'où sortait ce type ? Il n'était pas de Gray, elle le saurait sinon. Emilie avait la chance de posséder une excellente mémoire. Elle retenait le nom et le visage de toutes les personnes qu'elle croisait et rencontrait dans sa vie, y associant, pour chacune, un événement particulier, une émotion. Elle avait toujours agi ainsi, pour tout le monde. C'était un simple instinct de survie. Retiens toujours le visage de ceux qui t'ont blessés, retiens toujours le nom de ceux qui t'ont aidés, retiens toujours l'odeur de ce que tu as aimé, retiens toujours la colère qui t'a animé.

Il lui tendit le paquet sans rien dire, qu'elle attrapa en passant le bras entre les barres de la grille. Bien, a moins, ce n'était pas un de ces abrutis qui tentait de lui faire la morale pour qu'elle fasse attention à elle, qu'une petite fille ne devrait pas se conduire comme ça, et toutes ces conneries. Son "traitement" lui faisait sans doute bien plus de mal que les cigarettes qu'elle pouvait parfois fumer. De toute façon, ça n'avait aucune espèce d'importance. Elle avait déjà goûté pire que de la fumée de cigarette. Elle en colla une entre ses dents et lui redonna le paquet, sortant le paquet d'allumettes qu'elle avait volé à la cuisine. Puis tira une première taffe, les yeux fermés.

- Merci, t'es cool.

C'était la chaleur qu'elle recherchait. La chaleur et rien d'autre. Que ce soit celle du sang ou du feu, d'une cigarette ou de n'importe quoi. Elle aimait toucher ce qui était chaud, comme elle aimait jouer avec le froid de la mort. Elle fuma en silence, appuyée contre la grille qui la séparait du monde extérieur. Son élément s'éleva autour d'elle sans qu'elle y prenne garde, voletant autour de son corps comme un cocon qui la protégeait, comme la chaleur d'une mère qu'elle n'avait plus. Le vent tournoyait et sifflait, et elle rouvrit les yeux pour le regarder jouer avec les volutes de fumée, avec l'air d'une droguée perdue dans son monde. Cigarette en main, appuyée contre la grille, elle laissa son regard se perdre dans le vide, alors que le vent jouait avec ses mèches brunes.

- T'es du Pensionnat toi aussi ? Les soldats traînent des gens de là-bas jusqu'ici. Les têtes brûlées...

Elle se souvenait surtout d'un jeune homme qu'elle avait vu passer devant sa chambre, l'air mal en point, et d'un soldat qui jurait comme ce n'était pas permis. Elle prit une autre taffe, refermant les yeux.
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Andy Rochester
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Mer 19 Mar - 22:54

- T'es du Pensionnat toi aussi ? Les soldats traînent des gens de là-bas jusqu'ici. Les têtes brûlées...

C'était la seule phrase qu'il avait daigner écouter. Le voilà donc, son destin? Il allait finir dans un asile psychiatrique, comme cette gamine. Shooté au médicament qui serait censé "le rendre normale" tout ça pour finir avec un pic à glace dans le lobe orbitaire. Devenir un légume pour le restant de sa vie, lobotomiser. Il ne pouvait pas croire que Lacy laisserait faire ça. Elle l'avait vue grandir, elle l'avait aidé à faire ses devoirs, elle lui avait même donné des leçons de piano. Comment pourrait-elle se soumettre à ça, et laisser des médecins enlevaient toute sa mémoire au garçon qu'elle à élever comme son propre fils? Elle ne pourrait tout simplement pas. Lui-même, il se souvient encore des tant de chose. Il se souvenait du visage heureux de celle qu'il considérait comme sa mère, quand il avait réussi à jouer un morceau périlleux sur le piano de l'arrière boutique de Lacy. A la boutique de fleur... Toutes ses couleurs, c'était parfait. L'époque où il respirait encore la joie de vivre. Où la vieille dame du dessus venait lui apporter des chocolats quand il lui réunissait son bouquet de fleurs. Ah, la bonne époque.

"- Dire que je suis du pensionnat, c'est un peu forcé. J'y suis depuis deux voir trois heure. "

Andy se demandait, quel sanction allait-il avoir? Il était en train de faire une chose illégale vis à vis du règlement de l'établissement. Il ne se rendait pas en cours, il avait quitter le pensionnat tel un fugitif et pour finir, consommer des cigarettes. Il été bon pour des siècles de punitions, du moins, à une bonne heure dans le bureau de la direction. Il pourrait toujours plaidé la folie, où bien, il pourrait faire jouer son arriver en sa faveur. Convaincre les professeurs qu'il n'était pas au courant de tout les règlements et qu'il ne recommencerait plus. Même si cela serait un énorme mensonge. Dès qu'ils auraient le dos tourné, il repartirait par le passage de la clôture.

Il regardait tout de même la jeune fille, elle était mal en point. Des cernes immenses sous les yeux, un teint pâle. Elle ne devait pas sortir souvent. Ce genre d'endroit devait la tuer psychologiquement. Comment pouvait-on être diagnostiqué de dérangé à son âge? Au pire, elle avait beaucoup d'imagination mais au point de l'enfermer. Et si elle avait un "don" elle aussi? C'est fort probable. L'homme à toujours eu peur de l'inconnu.

Andy tira une énième taffe, et expira la fumer vers le ciel. Il devra se débarrasser de l'odeur du tabac avant de rentrer. Avec un peu de chance, il ne se ferra pas attraper. Le jeune tapota sur le bout de la cigarette, faisant tomber les cendres au sol.

"- Dis moi, tu as quel âge? Je t'en donnerais une douzaine, mais je peux me tromper. "

Il racla sa gorge et observa la jeune fille. Elle semblait trop jeune pour se trouver derrière cette grille. Elle devrait se trouver au pensionnat, comme les autres. Pas dans une cage. Andy avait un gros problème avec tout ce qui ce rapporter à l'enfermement. Peut-être était-il claustrophobe. Il avait toujours besoin d'air, de nouveauté. Ça lui était déjà arriver, des découcher plusieurs nuits, juste pour le plaisir du changement. Voir les mêmes têtes, les mêmes pièces, les mêmes arbres, ça le fatiguait rapidement. Il était de ces gens, qui avait un perpétuel besoin de fraîcheur.

Andy jeta un rapide regard à la fillette. Il n'aurait pas aimer être à sa place. Elle le touchait presque, à l’intérieur de sa carapace de pierre, elle lui faisait de la peine.

"- Je m'appelle Andy. "
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Emilie Bonnet
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Jeu 20 Mar - 19:15

On se battait toujours pour simplement exister. Puis on mourait.

Voilà la conception qu'elle avait de la vie. D'abord, votre mère vous mettait au monde. Si vous avez de la chance, vous avez une enfance normale avec un ou deux parents qui vous aiment. Les moins chanceux finissaient à la DDASS, en foyer, ou elle ne savait où. après la naissance, vous commenciez votre combat pour exister. Pour marcher, parler, s'ouvrir aux autres, aller à l'école. L'adolescence était cruelle, elle aussi, mais sans doute moins que la vie adulte. On vieillissait, on subissait les guerres, les massacres, les horreurs, la perte de nos proches. Puis on mourrait. C'était simple, non ?

Garçon - Dire que je suis du pensionnat, c'est un peu forcé. J'y suis depuis deux voir trois heures.

Un nouveau, alors... Elle resta appuyée contre la grille, seul soutien qui l'empêchait de tomber, sa cigarette entre les doigts. Elle fit chuter la cendre sur le gravier, se demandant à quoi ressemblait le Pensionnat exactement. Elle ne l'avait vu que de loin, en passant en balade près de son enceinte. Une très grande école, avec un immense portail très classe, de grands murs de pierre, des allures de château. Une école de riches, même si la nouvelle directrice avait réussi à imposer l'entrée des élèves boursiers. C'était bien ça. Emilie aurait sans doute pu y entrer elle aussi, si elle n'était pas ici. Petite, cette idée l'avait fait rêver. Idée qui n'était guère plus qu'un tas de cendres aujourd'hui.

Elle appuya sa tête contre les barreaux, tirant vaguement sur la cigarette. Elle ignorait ce que les médecins voulaient faire avec son don. L'amplifier, ou le faire disparaître ? Le contrôler ? S'en servir ? qu'était-elle, au juste ? Après tout, peut-être était-elle véritablement folle. Son "don" n'était sûrement que le fruit de son imagination. Elle ne pouvait pas jouer avec le vent, ni le contrôler. Elle n'était qu'une gamine pathétique, abandonnée par ses parents, jetée ici pour la soigner. Ou l'achever. Quel effet ça faisait, de mourir ? Il y avait quoi après ? Pouvait-elle prétendre à un paradis, si elle n'avait déjà pas le droit de vivre ?

Garçon - Dis moi, tu as quel âge? Je t'en donnerais une douzaine, mais je peux me tromper.

Son âge. Ah oui, elle avait un âge, elle aussi. Quel âge avait-elle ? Presque... onze ans... Bientôt onze ans. Il croisa son regard, se raclant la gorge. Et lui, il était vieux comment ? Seize ans ? Dix-sept ans ? Il n'y avait pas d'âge pour s'attirer des ennuis, et il n'y avait pas d'âge non plus pour mourir. En tout cas, elle savait au moins qu'elle était hospitalisée depuis ses sept ans, ça, elle en était sûre. Les hommes étaient venues la chercher, quelques jours après son anniversaire. Il faisait très froid, ce jour-là, et elle avait beaucoup pleuré. Et crié. Et s'était débattue. Mais aujourd'hui, ces souvenirs glissaient sur elle sans l'atteindre. Abrutie par les médicaments, l'esprit d'une folle, beaucoup de choses ne la touchaient plus.

Andy - Je m'appelle Andy.

Elle releva le regard, étonnée qu'il se présente. Elle-même ne l'avait pas fait. elle s'était juste approchée, en le voyant, un point c'est tout. Par curiosité, ou envie de voir quelqu'un qui ne soit pas lié à cet endroit. Quelqu'un de sain d'esprit. Ou qui semblait l'être.

- Moi, c'est Emilie. J'ai dix ans. Et onze ans au mois de Mars.

Elle jeta le bout de sa cigarette dans le gravier. Ils allaient sûrement hurler en sentant l'odeur sur ses vêtements, lorsqu'elle rentrera, mais quelle importance ? Juste alors qu'elle pensait cela, elle entendit quelqu'un criait son nom. Ce devait l'heure pour elle de retourner dans sa chambre, de passer des examens, d'avoir un entretien avec un psychiatre, ou de se faire injecter elle ne savait quel produit. Mais elle n'avait pas envie de partir. Elle ne voulait pas retourner là-bas. Elle voulait rester dehors, même s'il faisait froid. Elle voulait rester près de la grille, à effleurer la liberté. Elle se blottit donc contre la grille, comme si elle voulait passer au travers.

- Tu vas avoir des ennuis, s'ils te trouvent là, murmura-t-elle. L'autre garçon du Pensionnat, il a voulu s'enfuir pleins de fois. Je le sais, je l'ai vu. Et ils l'ont frappé.

Elle se tourna à nouveau vers lui, accrochée au portail.

- Dis-moi comment c'est, le monde sans médecins ni soldats.
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Andy Rochester
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Dim 23 Mar - 14:28

Un légère brise heurta délicatement son visage. Cela lui rappelait inconsciemment ce qui c'était passer la nuit de l'accident. La nuit où Lacy avait perdu l'usage de ses jambes. Il savait faire des choses qu'il n'aurait jamais dût pouvoir faire. Malgré que part sa faute, elle ne pourrait plus jamais marché ni se déplacer à sa guise, du moins, se déplacer sans son fauteuil, elle avait tenue à l'accompagné jusqu'au Pensionnat. Le fauteuil, il le lui avait payé de sa poche, travaillant sans relâche pour lui offrir un tel cadeau. Ils n'étaient plus en Angleterre, là-bas, il en aurait surement reçut en gratuitement. C'était ça faute, il le savait. Pourtant, il y avait toujours ce trou, une page blanche sur cette nuit. Comme si quelque chose le poussait à oublier.

"- Tu vas avoir des ennuis, s'ils te trouvent là. L'autre garçon du Pensionnat, il a voulu s'enfuir pleins de fois. Je le sais, je l'ai vu. Et ils l'ont frappé. "

Il y avait donc en autre garçon comme lui. Enfin, d'après Emilie. S'il n'avait pas réussi à s'enfuir, c'est qu'il n'en n'avait pas l'habitude. Andy les avaient observé, les élèves du pensionnats. Tous de bourgeois de bonne famille, bien éduqué et couvert d'amour parentale. Aucun ne lui ressemblait vraiment. Ils étaient surement le genre à se faire imposé les règles, à subir et ne pas trop se révolter. Rien que la présence des soldats devrait les déranger! Mais ça allait changé. Tout allait être différent. S'il fallait les chaperonner nuit et jour pour qu'ils se réveillent, il allait le faire.

"- Dis-moi comment c'est, le monde sans médecins ni soldats."

Un monde sans médecin, il pouvait le lui décrire, mais un monde sans soldats? Il n'avait connue que ça. Son père était mort en soldats, Archy était un soldat, finalement, il s'est fait adopté par la femme d'un soldat en vivant pendant fort longtemps encadré par l'armée. Le jour où il quitta Paris, il se retrouva à emménager à côté d'un ex-générale qui, soi-disant passant, à tenter de le tuer pour être sorti avec sa fille malgré son interdiction. Et à présent, il se retrouvait entouré de militaire.

Andy jeta sa cigarette au sol et l'écrasa de son pied gauche. Il fixait la jeune fille. A onze ans, on avait besoin de rêver, de croire que le paradis se trouvait dans le champs d'à côtés. De penser qu'il suffirait de tendre le bras, pour attraper ne serais-ce qu'une miette de ce monde inaccessible entre ses doigts. Il ne pouvait tout simplement pas lui dire que ce monde si merveilleux auquel elle rêve n'est qu'un champs de bataille à l'abandon, où les plus riches sans sorte la tête haute et où les pauvres rampent au sol, écrasait par les dommages irréparables de la guerre. Qu'il à suffit d'un coup de canon pour anéantir des milliers de vies. Le paradis n'était en fait que des ruines, sans vie et sans expression. Que seule ceux qui était loin du feu et des explosions, on pût continuer leur petite vie tranquille et heureuse d'honnête citoyen.

Mentir, c'était le seul moyen de rendre les gens heureux. " Ne t'inquiète pas, ton papa va revenir." Non, son papa était mort écraser par un obus, il n'allait jamais revenir. "Tout va bien ce passer, la guerre n'attendra jamais l’Angleterre." Mensonge, que faisait-il en France alors? Des petits mensonges qu'on avait raconté aux enfants pour qu'ils continuent de jouer et de rire? Pour que leurs parents puissent voir une dernière fois leurs visages innocents, "au cas où".

"- C'est pas mal, mais ce n'est pas en France que tu trouveras un endroit pareille. Non, il faudrait que tu ailles aux Etats-Unies d'Amérique. On dit que là-bas, c'est une grande fête perpétuelle. Rien que de la joie. Rien n'à voir avec le Pensionnat ou Gray. Là-bas, les soldats n'oppressent pas les civils et les guerres ne se passent pas sur leurs continents. Il y à des feux d'artifices presque tout les jours et les étoiles sont beaucoup plus belle. Les gens comme toi et moi ne sont pas cloîtrer dans des endroits mais libre de leurs actes. C'est un pays merveilleux, dit-on. "

Tout ce qu'il voulait voir, c'était des lumières dans les yeux bleu d'Emilie. La voir s'évader un peu. Voir qu'il lui rester encore un peu d'espoir, l'espoir de quitter un jour cette endroit maudit. Mais vue le peu d'émotion que transmettait son visage, il en abandonna vite l'idée.

"- Dis moi, ne rêves tu jamais de quitter cette endroit?
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Emilie Bonnet
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MessageSujet: Re: Etranger dans le parc   Lun 24 Mar - 19:43

Emilie termina sa cigarette, attendant que Andy réponde à sa question. S'il y répondait... Il n'avait peut-être pas la réponse. Il n'y avait peut-être pas de réponse. Peut-être qu'un tel monde n'existait pas. Et elle aurait voulu y croire, pourtant. Croire à un endroit où elle vivrait avec ses deux parents, un grand frère ou une grande sœur, quelqu'un qui saurait veiller sue elle. Un endroit où elle pourrait courir toute la journée, à l'air libre. Un endroit où elle ne passera jamais d'examens médicaux. Un endroit où la guerre n'existait pas. Un endroit où elle ne serait aps venue comme une folle. Un endroit où elle pourra apprendre des tas de trucs. Un endroit où elle aura le droit d'exister.

Mais ce n'était qu'un rêve, et elle le savait. Son monde était ici, désormais. Dan,s cet hôpital, même si de l'extérieur, il n'y ressemblait guère. C'était sa chambre blanche, son lit avec des sangles, les serrures, les grilles, les barrières, les cages et les verrous. Abrutie de médicaments du matin au soir, bouclée la nuit. Elle oubliait comme on rêvait. Ses traitements ne lui laissaient qu'un sommeil comateux et lourd, noir et vide d'images. Elle ne vivait pas, tout simplement. Elle n'en avait pas le droit. On l'avait enfermé ici comme un animal, car elle était dangereuse pour les autres,folle pour ses parents.

C'est pour cela qu'elle recherchait la chaleur et des traces de la vie Pour se prouver qu'elle aussi était vivante.  Elle aimait le sang... Le sang faisait la vie et il était chaud. Elle aimait le voir et le toucher. Elle aimait sentir son odeur. Elle aimait lorsqu'il effleurait ses lèvres et coulait dans sa bouche. Elle adorait le sang, car il était tout ce qu'elle recherchait, chaleur et symbole de vie. Elle pourrait même en boire si en lui donnait l'occasion, car elle croyait qu'en absorbant la vie des autres, cela la rendra plus vivante elle-même, qui sait ? Elle voulait y goûter à nouveau, le sentir sur sa peau.

Andy - C'est pas mal, mais ce n'est pas en France que tu trouveras un endroit pareil. Non, il faudrait que tu ailles aux Etats-Unis d'Amérique. On dit que là-bas, c'est une grande fête perpétuelle. Rien que de la joie. Rien à voir avec le Pensionnat ou Gray. Là-bas, les soldats n'oppressent pas les civils et les guerres ne se passent pas sur leur continent. Il y a des feux d'artifices presque tous les jours et les étoiles sont beaucoup plus belles. Les gens comme toi et moi ne sont pas cloîtrés dans des endroits mais libres de leurs actes. C'est un pays merveilleux, dit-on.

Elle le regarda longuement. Les Etats-Unis ? Oui, elle en avait déjà entendu parler... Mais c'était très loin. Il fallait d'abord traverser toute la France, puis franchir l'Océan. Loin. Trop loin. La lassitude s'empara à nouveau d'elle, devant ces rêves de liberté totalement utopiques. Elle ne savait pas si elle sortira un jour d'ici. Sa vie se confondait dans une suite floue de mauvaises images, de voix déformées et de cauchemars. Les beaux pays des contes étaient si loin. Elle ne savait quasiment rien de la France, ni de la vie. Elle jeta sa cigarette dans le gravier, plus pâle que jamais.

Andy - Dis moi, ne rêves-tu jamais de quitter cet endroit ?

Elle se retourna, dos à lui, s'appuyant contre l'immense portail, et son regard dériva vers les bâtiments que l'on voyait au loin. Partir d'ici ? Elle ne pouvait plus le rêver. Elle était enfermée en ces lieux depuis trop longtemps, avec ses pensées noires pour seules compagnies. Elle n'avait jamais trouvé de sortie, et les murs, même à certains endroits plus faciles, étaient encore trop hauts pour elle. Et aller où ? Même si ce n'était qu'une évasion de quelques heures, elle ne saurait plus quoi faire, comment goûter à la liberté, car elle était comme un animal qui n'osait presque plus sortir seul de sa cage.

- J'y ai rêvé, murmura-t-elle. Avant. Je rêvais que mes parents allaient changer d'avis et venir me chercher. Je rêvais de vivre entourée d'autres enfants. Je rêvais d'avoir une sœur ou un frère qui veillerait sur moi. Je rêvais d'un tas de trucs avant.

Elle baissa encore la voix, toujours appuyée sur la grille, se sentant comme épuisée. Elle finit par se laisser glisser contre et tomba à terre, assise dans les cailloux et le gravier. Elle avait besoin de se sentir vivante. De sentir qu'elle existait et en avait le droit. Attrapant une pierre, elle l'appuya contre sa peau et s'entailla brusquement le poignet droit. Le sang coula sur sa peau très blanche, en une ligne file. Elle leva sa main devant elle, la bouche légèrement entrouverte.

- Le sang, c'est un symbole de vie et de chaleur, reprit-elle, sentant à peine la douleur. J'aime ça. C'est la vie.

Elle porta la blessure à sa bouche, y apposant ses lèvres.

- Et quand on a chaud, c'est c'est qu'on est vivants. Tu crois pas ?
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