1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Réveillon et vacances en famille

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Réveillon et vacances en famille   Mer 11 Déc - 20:19

Paris s'était paré de ses décorations de fête, sous une épaisse couche de neige et de verglas. Gabriella avait la tête posé contre la vitre de la voiture, les yeux fermés, somnolant. Son nouveau mari conduisait, chantonnant un air ancien d'un air absent et paisible. Lors de leur nuit de noces, elle lui avait fait comprendre que non, il ne la toucherait pas. Et à sa très grande surprise, il n'avait rien dit. Lui estimait que le coup de foudre n'existait pas, on apprenait à aimer une femme en vivant à ses côtés et en las respectant. Il avait réussi à la désarmer, sur le coup, et elle avait dormi à côté de lui sans rien dire. Dès le lendemain, il avait fallut faire les bagages, et en route pour Paris. Ils allaient passer Noël et le Nouvel An chez le Général Karinof... Nouvelle qui l'avait fait littéralement bondir, puis elle avait préparé son sac en marmonnant qu'il n'avait pas du tout intérêt de trop la chatouiller.

La voiture s'engagea sur un des ponts enjambant la Seine, et elle s'éveilla alors qu'ils s'arrêtaient devant un immeuble particulier, demeure du Général. Formidaaable... Son nouveau mari lui ouvrit même la porte en lui tendant son bras. Très galant. Ils étaient entrés, saluant le couple, et les deux enfants. Gabriella ignorait totalement comment se comporter avec ses jeunes élèves, et se contenta donc de leur dire bonsoir très simplement. Eux étaient déjà prêts pour partir à la messe de minuit, en ce soir du 24 Décembre 1930. Ils lui rendirent son salut comme s'ils étaient à l'école. Elle se prépara vite fait, et ils se rendirent tous à Notre-Dame.

Gaby s'assit où elle put. La cathédrale était littéralement bondée, et cela l'étouffait quelque peu, elle qui préférait chapelles et basiliques, plus intimes et chaleureuses. Notre-Dame, ce soir, était remplie, pleine à craquer, et l'orgue résonnait fortement entre ses murs, comme pour mieux crier l'arrogance et la puissance du symbole Parisien, ou de la religion Catholique. Mais c'était Noël, et tous se prêtaient au jeu, trouvant peut-être une sorte de réconfort dans cette union festive et spirituelle.

Charles - Le petit Jésus, regarde.

Elle releva la tête, fixant la crèche vivante installée près de l'autel. Un bébé, un vrai, gigotait doucement dans les bras d'une femme habillée comme la Sainte Vierge, qui le déposa dans son berceau de paille et de couvertures. Elle songea aux propres enfants qu'elle attendait, qui grandissaient au chaud en elle. Bientôt, elle aussi tiendra son bébé de cette manière, et le regardera avec ce même amour. Elle ne dit rien jusqu'au moment où ils rentrèrent, puis se couchèrent.

Le 25 Décembre, la famille se réunissait pour un repas de fête. Gabrioella s'était levée plus tard que d'habitude, et n'arrivait pas à se décider à rejoindre la "famille". Parce que non, non, non, et NON, elle ne voulait pas déjeuner avec cette sale tête de pioche de militaire ! Elle se contraignit à descendre, trouvant la salle à manger où un feu flamboyant réchauffait la pièce. Le général était déjà là, fumant un gros cigare, et en tenue. Exaspérée, elle s'approcha à grands pas et lui arracha le cigare de la bouche en le jetant au feu.

- La courtoisie veut que ne vous fumiez pas ici, cela risque d'incommoder mes futurs enfants. Et les vôtres par la même occasion.

Au même instant, les deux rejetons du Général étaient entrés. Laura tenait son frère d'une main et se cachait la bouche de l'autre. Malade ? Ou en train de rire ? Peu importe. Gabriella en avait déjà assez, alors que le déjeuner venait à peine de commencer. Elle s'assit avec tout le monde, lors que son mari débouchait une bouteille, puis jeta un regard méprisant au militaire.

- D'ailleurs, avez-vous vraiment besoin de porter cet uniforme immonde en mangeant ici ? Vous n'impressionnerez personne, et si vous préférez passer Noël avec vos petits amis galonnés, rien ne vous en empêche !

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MessageSujet: Re: Réveillon et vacances en famille   Ven 13 Déc - 14:48

La porte de la prison claqua derrière l'homme, dépouillé de toute distinction, escorté comme un criminel par ses anciens collègues, clamant son innocence devant le général impassible, et surtout, inflexible. Il fut poussé à l'intérieurs des bâtiments, emprisonné, désormais déchu de ses droits civiques. Georges sourit lentement, satisfait. Et voilà. Il avait enfin attrapé le salopard qui s'était cru permis de salir l'Honneur de Laura ! Quel abruti, vraiment. Pensait-il vraiment que le général ne bougerait pas ? C'était pourtant son rôle, en tant que père, de préserver la vertu de sa fille en attendant qu'elle soit mariée. Il tourna les talons, quittant cet endroit infect, et retournant chez lui.

Sa femme se reposait dans le salon en attendant la messe du soir. Il donna quelques coups à la porte de la chambre de aura, la pressant de finir de s'habiller. Elle lira plus tard, pour l'instant, il fallait qu'elle se prépare, et enfile une tenue soulignant son rang social ! Il secoua la tête en nouant plus soigneusement sa cravate brune. Un peu plus tard, son beau-frère arriva, juste à temps pour la messe, avec sa très chère épouse. Il ne prit pas garde à elle, trop occupé à surveiller ses enfants et vérifier leur tenue. Il soupira, empêchant Laura de monter dans la voiture pour lui rajuster sa tenue. Enfin, ils purent partir. La messe se déroula sans incidents, même si sa jeune belle-sœur semblait dormir à moitié. Il en fut soulagé, s'étant préparé à des incidents, mais tout alla bien.

Le lendemain, il traîna un peu au lit, regardant sa tendre épouse, Elisabeth, quitta sa chemise de nuit pour enfiler une robe pourpre, qui lui soulignait merveilleusement le teint. Il aimait la regarder s'habiller et se coiffer, se souvenant, ému, de leur rencontre, en ce bal de Noël, où il avait dansé avec cette toute jeune fille, timide et rougissante. Elle dû sentir son regard car elle tourna la tête en souriant.

Elisabeth - Tout cela me rappelle nos jeunes années. A l'époque, tu m'emmener danser toute la nuit et une bonne partie de la journée. Même lorsque j'étais enceinte de Jasper ! Cela rendait père à moitié dingue, il craignait que je ne fasse une fausse couche.

Il eut un petit rire et se leva, enfilant son uniforme d'apparat. Le frère de sa femme passa dans le couloir, encore à moitié endormi. Il n'avait jamais été du matin, le pauvre garçon. Georges se rendit à la salle à manger, allumant un cigare tiré de la grosse boîte que son épouse lui avait offerte. Voilà bien une femme respectable, qui pensait à son mari. Il put tirer deux bouffées avant que sa jeune belle-sœur n'arrive. Tiens, elle avait l'effort de bien s'habiller... Ah, mais oui, elle venait aussi d'une famille Noble, il avait tendance à l'oublier. Cependant, il faillit s'étouffer lorsqu'elle lui arracha son cigare de la bouche et le jeta au feu.

Directrice - La courtoisie veut que ne vous fumiez pas ici, cela risque d'incommoder mes futurs enfants. Et les vôtres par la même occasion.

Pardon ? Mais quelle garce ! Il allait répliquer vertement lorsque ses enfants entrèrent, et il se contint. Celle-là, elle ne perdait rien pour attendre, il allait lui faire passer le goût de se moquer de lui ! Il s'assit à la table, juste en face de la directrice. Charles, lui, semblait bien réveillé, à présent, et plus joyeux. Il s'occupa avec animation de faire passer l'entrée et déboucher une bouteille, alors qu'il s'était lancé, avec la revêche, dans le jeu du "Celui-qui-lancera-à-l'autre-le-regard-le-plus-noir-aura-gagné".

Directrice - D'ailleurs, avez-vous vraiment besoin de porter cet uniforme immonde en mangeant ici ? Vous n'impressionnerez personne, et si vous préférez passer Noël avec vos petits amis galonnés, rien ne vous en empêche !

Mais c'est qu'elle avait du caractère, la petite ! Il eut un sourire mauvais et leva son verre en son honneur, d'un geste tellement insolent que même sa propre femme le trouva insultant.

- Pourquoi êtes-vous toujours sur les nerfs ? susurra-t-il. C'est mauvais pour les enfants que vous portez ! Détendez-vous, au moins quelques minutes. Si vous n'y parvenez pas, vous risqueriez de partir en congé maternité plus tôt que prévu.

Son regard se fit nettement plus dangereux, et il reposa son verre.

- De toute manière, un congé ne vous fera aucun mal. Et lors de vos dernières "vacances", vous avez manqué de soins, il faudrait corriger cela, non ?

Charles tapota sur la table, semblant assez mal à l'aise. Georges, lui, fixait la directrice droit dans les yeux. La menace n'était aucunement sous-entendue, et luisait au contraire de clarté. Soit cette chère femme se taisait et se laissait faire, soit... Un silence de mort était tombé sur la table, et il tourna l'œil vers ses enfants.

- Laura, il va aussi falloir que l'on parle de ton futur mariage. Dans quelques années, tu seras prête.
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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Réveillon et vacances en famille   Sam 14 Déc - 16:14

Laura et Jasper passaient le réveillon de Noël « en famille ». Pour l’occasion, ils étaient rentrés à Paris et s’ennuyaient déjà à un point incroyable, cherchant désespérément quelque chose à faire. De son côté, elle lisait pour s’occuper, n’ayant pas plus envie que cela de se préparer et de s’habiller. De toute manière, à quoi bon entretenir une image de famille noble et bien élevée, vivant en parfaite harmonie, alors que c’était tout sauf cela ? Soupirant en entendant des coups à la porte de sa chambre, Laura se leva en répondant un bref « Oui » las et entreprit de s’habiller en vitesse, enfilant une robe posée sur son lit la veille. Elle s’attacha les cheveux et descendit en même temps que Jasper, restant à côté de lui. Impossible de s’en détacher depuis qu’ils étaient arrivés à Paris, cet endroit ne la rassurait plus, elle ressentait un malaise constant lorsqu’elle était entre ces quatre murs.

Un moment après, qui sembla durer une éternité pour Laura, leur oncle arriva avec la directrice – nouvelle « tante ». C’était étrange de la voir ici, dans un cadre si familier, dans leur « famille »… Ils ne surent pas comment se saluer, ni elle, ni Jasper. Encore moins la directrice apparemment. Ils se contentèrent donc de la saluer comme ils le faisaient au Pensionnat, au moins une chose qui ne changeait pas. Mais pour l’instant, pas le temps de penser à cela : ils devaient partir pour la messe de minuit. Laura allait monter dans la voiture à la suite de Jasper lorsque leur père la retint en soupirant. Eh ! Elle n’avait rien fait, elle avait été sage depuis leur arrivée ici ! Mais fausse alerte, il voulait juste lui rajuster sa tenue. Pff, à quoi bon entretenir les apparences ?

Le reste de la soirée/nuit se passa sans problème, malgré la tension persistante entre la directrice et leur père. Evidemment, ce dernier n’avait pas quitté Jasper et Laura des yeux de toute la soirée, comme s’ils allaient faire une bêtise. Non mais une messe ! LA messe de Noël, ils la respectaient, tout de même ! Laura avait des étoiles dans les yeux, lors de cette messe, oubliant tout ce qui se passait dehors, se sentant protégée, là, comme cela près de son frère. Elle regardait toutes les personnes qui parlaient, participaient, elle chantait, souriait… C’était magique, la seule soirée en famille qu’elle aimait bien, à vrai dire. La messe se déroula très vite, trop vite à ses yeux, même si Laura sentait la fatigue peser. Elle s’endormit dans la voiture, s’étant lovée dans les bras de Jasper et ne se réveillant que le lendemain matin, dans son lit. S’habillant en vitesse, elle descendit après avoir frappé à la porte de la chambre de Jasper, entendant du bruit à l’étage du dessous.

Laura – Jasper ? Tu viens ? J’entends du bruit en bas, je crois qu’ils vont enfin se crier dessus !

Laura attira son frère et l’entraina avec elle dans les escaliers, décidant d’arriver « comme par hasard » après le moment où la directrice arracha le cigare de la bouche de leur père. C’était PAR-FAIT ! Ils allaient bien s’amuser, elle le sentait ! Lorsque la directrice ajouta quelque chose, cependant, Laura ne put s’empêcher de se cacher la bouche avec sa main libre pour ne pas rire devant tout le monde, tenant Jasper par l’autre main.

Directrice – La courtoisie veut que ne vous fumiez pas ici, cela risque d'incommoder mes futurs enfants. Et les vôtres par la même occasion.

Laura regarda son père, il semblait plus que furieux mais ne dit rien, ne réagit même pas à ce que la directrice avait dit. Roh, allez quoi, une petite dispute ! Jasper et Laura attendaient ce moment depuis des jours, à présent. C’était le seul point positif à leur retour à Paris, alors qu’ils se crient dessus, ils pouvaient se lâcher ! Laura s’installa à côté de son frère à table, en silence, alors que leur oncle déboucha une bouteille, tandis qu’eux eurent un verre de jus d’orange.

Directrice – D'ailleurs, avez-vous vraiment besoin de porter cet uniforme immonde en mangeant ici ? Vous n'impressionnerez personne, et si vous préférez passer Noël avec vos petits amis galonnés, rien ne vous en empêche !

Youhou ! Un point pour la directrice, allez, zou ! La bataille reprenait, après les regards noirs venait la joute verbale. Que du bonheur ! Leur père répondit à la directrice en levant son verre d’un air qui offusqua leur mère, comme s’il avait insulté la directrice. Bon, d’un côté, elle n’avait pas tort, il l’avait vraiment insulté vu le regard avec lequel il avait effectué ce geste. Mais la directrice gardait toujours son point.

Père – Pourquoi êtes-vous toujours sur les nerfs ? C'est mauvais pour les enfants que vous portez ! Détendez-vous, au moins quelques minutes. Si vous n'y parvenez pas, vous risqueriez de partir en congé maternité plus tôt que prévu.

Laura lança un regard inquiet à son frère, lui attrapant la main sous la table. C’était un aveu, là. Non ? Leur directrice avait disparu deux semaines, ils ne savaient pas exactement pourquoi de leur côté mais avaient de gros soupçons. Et là, leur père venait de tout avouer ! Elle était à moitié choquée, apeurée, bloquée. Ils ne pouvaient rien faire, d’autres risquaient bien plus et lui, il était là, en train de boire et de manger honteusement, sans se soucier de rien. C’était… révoltant.

Père – De toute manière, un congé ne vous fera aucun mal. Et lors de vos dernières "vacances", vous avez manqué de soins, il faudrait corriger cela, non ?

Laura se figea complètement, devenant blême d’un seul coup. Il fallait qu’ils fassent quelque chose ! Ils… Ils ne pouvaient pas laisser la directrice comme cela, ils ne pouvaient pas ne pas l’aider. Il fallait qu’ils agissent ! Un silence de mort régnait à table, tout le monde de plus en plus mal à l’aise. Personne ne bougeait, ne parlait, tout le monde délibérément concentré sur son assiette exception faite pour la directrice qui fixait leur père. Bon… Heu. Laura commença à jouer avec sa fourchette, n’ayant plus faim du tout pour l’instant. Ce ne fut que lorsque son père s’adressa à elle qu’elle releva la tête.

Père – Laura, il va aussi falloir que l'on parle de ton futur mariage. Dans quelques années, tu seras prête.

Pardon ?! Non mais, si son père pensait sincèrement qu’elle comptait rester ici, qu’elle comptait écouter et le laisser décider de sa vie encore après, il rêvait ! Laura interrompit tout mouvement et répondit froidement à son père, se fichant bien des « bonnes attitudes » qu’il lui avait inculquées. Après tout, il pensait qu’elle était bientôt prête… Eh bien, il allait avoir la preuve que non. D’habitude, Laura s’écrasait et se réfugiait dans les bras de Jasper dans des situations pareilles. Mais ici, elle n’en avait pas envie, elle en avait marre.

Laura – Père, avec tout le respect que je vous dois, je ne vous laisserai pas me diriger comme vous dirigez vos chiens à l’armée. Je compte mener MA vie comme JE l’entends, et rien ne pourra changer cela.

Elle fit une pause, puis reprit.

Laura – Vous nous dictez une conduite dont nous n’avons pas envie depuis que nous sommes nés, Jasper et moi. Vous ne nous aimez pas, Jasper ne fait pas ce que vous voulez et vous allez le frapper en cachette et niez tout en bloc après. Moi, il faut que je me fasse agresser pour que vous ayez un moment de gentillesse qui vous serve à mon égard. Qui vous dit que je n’ai pas déjà été « salie » par quelqu’un d’autre que ce militaire, parce que je l’aurais voulu ? Et si c’est le cas, que comptez-vous faire ?

Laura n’avait jamais parlé comme cela, n’avait jamais osé tenir tête à son père. Mais les derniers évènements changeaient la donne, elle ne voulait plus se laisser mener comme les militaires.

Laura – Je ne serai pas quelqu’un qui vous servira. J’ai déjà quelqu’un dans ma vie, qui m'aide, qui est là quand j'ai besoin de lui et qui me protège, et je ne compte pas changer mes sentiments parce que vous l’aurez choisi.

Comme elle s'y attendait, leur père lui dit d'aller dans sa chambre, sans dessert. Jasper, lui, avait simplement éclaté de rire, elle lui fit un sourire avant de monter et de s'enfermer dans sa chambre pour lire jusqu'à s'endormir, la tête dans son livre. Pour se réveiller vers deux heures du matin, les larmes aux yeux, suffoquant et pleurant à cause d'un horrible cauchemar. Leur père voulait les séparer, Jasper et elle, les empêchant de se voir ou même de se parler. C'était horrible, elle ne voulait pas que cela arrive ! Son frère... Son grand frère. Elle ne voulait pas que ça arrive ! Sans réfléchir, Laura sauta hors du lit et fonça dans la chambre à côté de la sienne, pleurant toujours. Elle savait que la directrice logeait ici et, après tout, elle avait aidé Jasper. Elle pouvait bien l'aider à nouveau, non ? Elle ne laisserait pas leur père les séparer, n'est-ce pas ? Laura poussa la porte et se jeta sur la directrice, leur "tante", en disant :

Laura – Ne le laissez pas nous séparer ! Il... J'ai rêvé que notre père nous séparait, Jasper et moi. Je veux pas, je peux pas, c'est mon frère ! S'il nous sépare... Je ne veux pas, faites quelque chose ! Vous nous avez aidé, déjà, vous pouvez nous aider ici aussi. S'il vous plaît...

Laura se hissa alors dans le lit et agrippa la directrice, s'y accrochant et entourant sa taille de ses bras - essayant du moins - sans réussir à se calmer.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: Réveillon et vacances en famille   Lun 16 Déc - 21:16

Abruti – Pourquoi êtes-vous toujours sur les nerfs ? C'est mauvais pour les enfants que vous portez ! Détendez-vous, au moins quelques minutes. Si vous n'y parvenez pas, vous risqueriez de partir en congé maternité plus tôt que prévu.

Elle lui jeta un regard mauvais, outrée. et il osait lui dire cela comme ça ! Devant tout le monde ! Devant ses enfants ! Voilà bien la preuve qu'il n'avait aucune honte, aucun remords, et qu'il était malfaisant au possible. Elle le haïssait de plus en plus, sentant une vague de haine monter en elle. Dieu merci, ses enfants n'étaient pas nés pour entendre ça. Elle lui aurait arraché les yeux sur-le-champs, cela lui soulagerait les nerfs. Elle prit une grande inspiration, refusant de flancher. Il n'attendait que ça, cet imbécile.

Despote – De toute manière, un congé ne vous fera aucun mal. Et lors de vos dernières "vacances", vous avez manqué de soins, il faudrait corriger cela, non ?

Elle ne baissa pas le regard, le fixant d'une moue méprisante et fière. Autour d'elle, les convives observaient le plus grand silence, comme gênés. Même son cher et tendre mari. Quelle larve, celui-là, aucun caractère ! Elle l'ignora, concentrée sur le général. Ils se fixaient en chiens de faïence, et la tension était si lourde qu'on croirait facilement qu'ils allaient se déchirer mutuellement. Elle prit sur elle pour ne pas répliquer, et la conversation dériva ensuite sur Laura. Et de son futur mariage. Gabriella faillit bien recracher tout ce qu'elle avait dans la bouche. Il était dingue ! Elle avait treize ans ! Et il pensait déjà à la marier ?!

Fort heureusement, la petite ne resta pas inerte et se défendit. Ah, un bon point pour elle, même si la future mère craignait qu'elle ne fasse frapper à son tour. Elle prépara son don, juste au cas où, observant l'échange. Si ce malade essayait de frapper sa fille, elle lui collera une décharge si violente qu'il en restera un bon moment dans le coma. Quelle famille. Mais Laura ne se fit pas frapper, simplement renvoyée dans sa chambre, alors que son frère éclatait de rire.

Son mari lui jeta un regard bizarre alors qu'elle faisait disparaître les étincelles, l'appétit coupé. Elle s'éclipsa dès qu'elle le put, voulant éviter l'autre dingue et sa femme, mais également son nouveau mari. Elle s'enferma dans sa chambre pour lire et se détendre un peu. Allez, du calme, c'était Noël. Elle put passer une soirée un peu tranquille, puis enfila une robe de nuit blanche, spéciale grossesse, détacha ses cheveux, et se mit au lit.

Bien plus tard, un bruit la tira quelque peu du sommeil lourd et agité où elle s'était enfoncée. Elle ouvrit à moitié les yeux, péniblement, alors qu'une main petite et chaude se posait sur son bras. Mmmh ? Elle ne distinguait rien, dans le pénombre de la chambre, à peine réveillée. Une toute petite voix, tremblante et faible, parvint jusqu'à elle, alors qu'elle ne saisissait que des brides de phrases.

– Ne le laissez pas... J'ai rêvé... nous séparait, Jasper et moi... c'est mon frère ! ... Vous... aidé, déjà... ici aussi. S'il vous plaît...

L... Laura ? C'était Laura ? Elle émergea un peu plus lorsque la petite s'agrippa tout à coup à elle et se mit sur le lit, l'enlaçant par la taille. Oh. Surprise, Gabriella mit un peu de temps à comprendre qu'elle avait fait un cauchemar, où elle perdait son frère. Elle rabattit la couverture sur elle et l'enlaça à son tour, la serrant contre elle pour la rassurer. Elle lui murmura de ne pas s'inquiéter, que leur père n'avait aucun moyen de les séparer définitivement. Pris d'un instinct maternel, elle l'embrassa dans les cheveux puis la berça un long moment, jusqu'à ce qu'elle se rendorme.

La nuit fut un peu plus calme par la suite. Au matin, Gabriella se rendit compte qu'elle tenait toujours Laura dans ses bras. Elle remua avec une extrême douceur pour ne pas la réveiller, et se redressa, la laissant dormir encore un peu à côté d'elle. Elle posa une main sur son ventre et l'autre dans ses cheveux en désordre. Elle n'avait jamais passé de vacances aussi bizarre de sa vie. Elle se rallongea doucement, se frottant les yeux. Il devait être encore très tôt, le soleil perçait à peine le ciel Parisien, même en cette fin décembre. Elle attendit encore un moment, puis se leva pour de bon, enfilant une robe de chambre. Avant de quitter la pièce pour se rendre dans la salle de bain, elle réveilla doucement Laura en lui touchant l'épaule. Elle ouvrit les yeux, se les frotta, puis descendit du lit. Et sursauta en la voyant.

– Ouh là, du calme, je ne vais pas vous manger, dit-elle avec un petit sourire. Vous avez bien dormi ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Réveillon et vacances en famille   Mar 17 Déc - 12:01

La directrice enlaça Laura et la couvrit avec les couvertures, lui murmurant qu’elle n’avait pas à s’inquiéter, que leur père ne pourrait jamais les séparer, Jasper et elle. L’adolescente n’était pas plus rassurée que cela, sachant que leur père pouvait les séparer s’il le voulait, qu’il avait tous les moyens qu’il voulait à sa disposition. Quoi qu’en dise la directrice. Même elle ne pouvait rien faire, la preuve : elle avait été obligée d’épouser un militaire pour être tranquille, pour une raison inconnue de Laura. Donc non, elle n’était pas rassurée pour autant, c’était tout bonnement impossible. Mais le bercement de la directrice et la fatigue refaisant surface, Laura s’endormit après elle ne savait combien de temps, sans même pouvoir sortir de la chambre.

Ce ne fut que le lendemain matin que Laura rouvrit les yeux en sentant une légère pression sur son épaule. Peu habituée à ce genre de réveil, elle se frotta les yeux et s’étira, découvrant qu’elle était toujours dans la chambre de la directrice. Heu. Chambre. De. La. Directrice. La directrice ! Surprise et gênée, rouge de la tête aux pieds, Laura sursauta et tomba du lit mais se releva illico presto alors que la directrice lui dit :

Directrice – Ouh là, du calme, je ne vais pas vous manger. Vous avez bien dormi ?

Laura – Heu… Oui… Merci.

Laura était complètement déstabilisée. Des gestes doux provenant d’une autre personne que son frère, dans sa famille, était perturbant. Elle s’était plutôt habituée à des cris, des sermons, au maximum à un bonjour mais toujours de la distance, partout. Il fallait faire bonne figure et, à treize ans, elle était grande, pas question qu’elle reste accrochée à papa et maman ! Il n’empêche qu’un peu de douceur était très bienvenue et que Laura était surprise de ne pas s’être fait rejeter pendant la nuit, ou de ne pas s’être réveillée dans son propre lit. Elle ne savait pas trop comment réagir, ni quoi dire. Renvoyer la question ? Non, elle l’avait empêchée de dormir, mauvaise idée. Et puis, c’était la directrice ET une grande personne, une adulte, une future mère. Il valait mieux faire profil bas, si ses parents apprenaient qu’elle s’était réfugiée chez la directrice cette nuit… D’ailleurs, quelle heure était-il ? Soudain prise de la peur de se faire prendre alors qu’elle était ici, Laura reprit :

Laura – Je… Heu… Je vais vous laisser tranquille, pardonnez-moi de vous avoir dérangée. Et… Merci pour…

Laura ne savait pas vraiment comment terminer sa phrase, un simple « merci » aurait suffi, en fin de compte. Toujours gênée, elle baissa la tête en murmurant un « Pardon » et se dirigea vers la porte, ne regardant la directrice que lorsqu’elle allait sortir pour lui faire un sourire timide. Une fois sortie, Laura referma la porte derrière elle et fila dans sa chambre sur la pointe des pieds pour ne pas se faire prendre. Enfin… Presque. Au dernier moment, après une brève hésitation, elle ne put s’empêcher d’ouvrir la porte de la chambre de son frère. Juste pour vérifier qu’il était toujours là. Elle avait besoin de savoir que leur père n’avait réellement rien fait, elle se glissa donc près de Jasper en murmurant son prénom. Il était là, ce n’était qu’un cauchemar. Un simple cauchemar.

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