1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Petite altercation

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Petite altercation   Jeu 24 Oct - 0:33

[Avec indications de Ste Famille et ses disciples. Ecrit avec l'un d'eux pour les paroles du Père.]

Deux semaines. Voilà deux semaines que Jasper ne tenait plus en place. TOUTE l'école était au courant, à cause d'Antoine et Laura ! D'accord, d'accord, ils étaient pleins de bonnes attentions et tout ce qu'on voulait, Laura avait voulu l'aider, Antoine avait voulu le défendre. Mais tout de même. Tout de même ! Il en avait assez d'entendre les rumeurs et les ragots. Et surtout, surtout, surtout, il ne voulait aucune pitié. Cela ne servait à rien, à part pourrir les gens. Il pouvait se débrouiller, encaisser et ne rien montrer.

Les vacances de Noël approchaient à grands pas, et tôt le matin, une fine pellicule de neige avait recouvert le parc et le toit de l'école. Il l'avait observé, en se levant, encore blotti sous sa couette, songeant aux cours qui l'attendaient. Avoir l'élément feu était parfois une bénédiction. On avait plus chaud que les autres, car votre petit feu intérieur vous accompagnait en permanence. Il soupira, rajustant sa veste. Il venait de finir ses cours de l'après-midi, et ne rêvait que d'une chose, se blottir sous sa couette avec un bon roman, ou bien discuter des heures avec ses amis. Bref, se détendre. Mais plus tard.

Il bifurqua, et retourna discrètement vers le coin d'où partait les souterrains. Il n'avait toujours pas digéré l'humiliation de la dernière fois ! Se faire prendre aussi facilement était pire qu'humiliant, et rageant. Il effleura le mur du bout des doigt, réfléchissant à ce qui s'était passé.

- Faut-il que tu sois vraiment idiot pour revenir traîner ici...

Il sursauta et n'eut pas le temps de se dégager, une main lui attrapera le col violemment. Merde. Il se sentit tiré en arrière, puis poussé contre le mur. Son sac tomba au sol à côté, et il réajusta sa veste dans un geste mécanique. Il regarda son père, et son ventre se tordit. D'accord, il l'admettait, il s'était encore fourré dans les ennuis. Ça devenait une habitude, mais pour une fois, qu'on admette qu'il ne l'avait pas fait exprès !

- On va simplement dire que je cherchais à savoir si ce qui s'est passé dans ces sous-sols était vrai. Si vous êtes véritablement le plus immonde salaud que la terre ait jamais porté.

Père - Crois-tu avoir rêvé ? Voilà au moins une chose que nous avons en commun, mon cher fils. Nous ne renions pas nos actes.

- Ne m'associez pas à vous ! Je ne suis pas une ordure comme...

Il s'interrompit lorsqu'une gifle violente lui mordit la joue. Il se força à ne pas émettre le moindre bruit, portant une main à son visage, sa joue qui prenait déjà une teinte rouge.

Père - Il y a des rumeurs intéressantes qui circulent, en ce moment.

Jasper ne répondit pas, se contentant de rester collé au mur. Il espérait que personne ne vienne. Si quelqu'un s'interposait, ce serait bien pire par la suite, il le savait. De toute façon, qui aurait l'audace de le faire ? Bon, la directrice, peut-être. Ou deux ou trois de ses profs, qui avaient fait la Grande Guerre et ne laissaient pas impressionner si facilement. Mais mise à à part eux...

Père - Tout irait pourtant tellement mieux si tu te laissais faire ! Tu intégrerais une école de prestige, qui t'enseignerait les bonnes valeurs. Tu monterais rapidement en grade. Tu deviendrais enfin mon digne héritier. En tant qu'aîné, il s'agit de ton devoir.

- Au Diable, mon devoir ! Je ne deviendrais jamais un salaud comme vous, je...

Un autre coup lui coupa le souffle. Il se protégea la tête de ses bras, les dents serrés pour ne pas crier, fermant les yeux. Attendre. Il fallait juste attendre que ça passe. Fermer les yeux, serrer les dents, et attendre. Se concentrer sur un point, un souvenir, n'importe quoi, mais pas sur le corps qui envoyait des dizaines de signaux d'alertes. Il resta prostré, sachant que plus on forçait le corps à se détendre, moins les coups portaient.

Au bout d'un temps qui lui parut infini, son père partit enfin, le laissant là, par terre et amorphe. Il ne bougea pas tout de suite, cherchant à savoir s'il avait quelque chose de cassé. Un élancement furieux dans sa cheville déjà fragilisé par sa foulure récente lui faisait craindre que oui. Le silence était désormais si total qu'il l'étouffait presque. Il se redressa très lentement et se retrouva assis par terre, le dos contre le mur, tremblant comme une feuille et le souffle saccadé. Merde, que lui avait dit sa prof, déjà ? Que la chaleur... Oui, c'était ça.

Chauffant sa main, il l'appliqua sur les hématomes couvrant ses bras. Médecine de fortune, mais qui parvint à le soulager un peu. Par contre, pour sa cheville... Merde. Merde, merde, merde et merde ! Il insulta son père de tous les noms en tentant de vérifier si elle était bel et bien cassée. Gonflée, violette... Boarf.

- Du calme, mon vieux, murmura-t-il pour lui-même. Tu t'es déjà sorti de plus gros pétrins ! Ça va aller, il faut juste que tu te calme.

Il s'appuya fortement sur sa jambe valide et ses bras pour se relever. Il jura une bonne dizaine de minutes ensuite, les larmes aux yeux. Il n'était pas quelqu'un qu'on pouvait qualifier de douillet, mais un os, cassé, ça ne mettait pas de bonne humeur. La suite fut un véritable parcours du combattant. Il avançait encore plus lentement qu'un escargot, s'aidant de ses bras, faisant porter tout son poids sur sa jambe valide. Son sac lui servait parfois de balancier. Il mit presque une heure à traverser ce malheureux couloir et revenir au hall d'entrée. Il vit tout à coup sa petite sœur non-loin et l'appela, tâchant de garder une voix normale. Elle vint vers lui en courant, alors qu'il s'était assis sur un des bancs. Il brandit les deux mains devant lui pour la calmer.

- Tout va bien ! J'ai juste eu, heu... Tu peux aller chercher l'infirmier ? Il faut que je passe vite fait à l'infirmerie.

Laura - Mais il t'a... Et si l'infirmier le voit ? Je croyais que tu voulais le cacher ?

Jasper fit une grimace, puis reprit.

- Version officielle, je me suis cassé la figure dans un escalier, d'accord ? Et tiens-t-en à ça toi aussi.

Laura - Je ne vais rien dire à personne... Je te le promets. Bouge pas d'ici, je reviens !

Ah ça, aucun risque qu'il ne bouge pour le moment. Il tâcha de se mettre bien, ignorant les regards curieux qu'on lui lançait. Tout allait bien, vraiment très bien. Il attendit aussi patiemment qu'il put, serrant les dents.

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Petite altercation   Sam 26 Oct - 19:24

Adrien fit un dernier examen à sa supérieure hiérarchique avant de la laisser sortir. Bon Dieu de militaires... Elle attendait donc deux enfants ? Deux bébés pour le prix d'un ? Lui prenait ça comme une excellente nouvelle. Il adorait les enfants, et savoir que dans quelques mois, ils pourront tous voir deux adorables petites bouilles dans les bras de leur maman, cela lui mettait du baume au cœur. Enfin. Pour le moment, il lui fallait surtout du repos, éviter tout signe de stress durant au moins une semaine, dormir beaucoup et bien manger. Il lui donna ses instructions puis lui tendit sa veste.

- Reposez-vous, dormez. Ce n'est que comme ça que ça ira mieux.

Il referma la porte derrière elle, se trouvant à nouveau seul. Il se rassit à son bureau et consulta vaguement une revue médicale. Il avait soif. Il pensait à Sarah, aussi. Il ne comprenait franchement pas pourquoi elle lui proposait de l'aide. De l'aide pour qui, pour quoi ? Il se débrouillait très bien tout seul, comme un grand garçon, et il n'avait pas besoin qu'on lui tienne la main. Il bâillait lorsque quelqu'un entra brusquement dans son bureau. Il haussa un sourcil, découvrant la petite Karinof, qui lui bafouilla que son frère était blessé.

- Blessé, comment ? demanda-t-il en se levant.

Une chute dans un escalier... Il suivit la fillette, assez soupçonneux. Une chute dans un escalier, hein ? On pouvait l'accuser de paranoïa, mais sachant que le jeune Karinof n'était pas maladroit et sachant ce qu'il subissait parfois... La chute, ça ne tenait pas vraiment. Il le trouva dans le hall, souffrant visiblement. Effectivement, vu sa tête, une simple chute était tout à fait plausible.

- Bien, bien, mon jeune monsieur, accrochez-vous à moi.

Houuu, pas léger le garçon. Il le porta tant bien que mal jusqu'à l'infirmerie et le déposa sur un lit, suivit par la petite sœur qui ne le lâchait pas. Il entreprit de lui enlever sa chaussure, très, très doucement, et souleva le pantalon jusqu'au genou. Hum, cheville cassé, assurément. Il lui fit une bandage solide, après une piqûre de morphine, et lui plaça une attelle.

- Voilà pour ça, mon garçon, dit-il en attrapant son stéthoscope. Enlevez votre chemise.

Il refusa tout net. La frangine s'était redressée et lui demanda pourquoi. Il poussa un long, long soupir.

- Parce que votre escalier me paraît un peu violent, et s'il s'agit bien de l'escalier auquel je pense, autant soigner les autres blessures.

Laura - C'était une simple chute, Monsieur. J'étais là et il n'a que quelques bleus, c'est tout.

- Si c'est une simple chute, il n'y a rien de mal à me laisser vérifier.

Laura - C'est une simple chute. Je ne vois pas pourquoi il faudrait vérifier le reste alors que sa cheville est soignée. On peut y aller ?

- A l'hôpital directement, mademoiselle ? Je veux bien vous y emmener. Par contre, cela m'ennuie de déranger Madame de Lizeux alors qu'elle vient de sortir d'ici. D'autant plus que votre escalier risquerait d'être au courant si votre frère se faisait encore hospitaliser.

Laura - Si vous... vérifiez, personne d'autre ne sera au courant ?

Il ne répondit pas et claqua des doigts impérieusement sous le nez de Jasper, puis lui fit déboutonner sa chemise d'uniforme. Il avait le corps marqué d'hématomes récents, violets, noirs, et d'autres traces de coups. Et bien... La morphine faisant toujours effet, il pu l'examiner sans crainte de lui faire mal. C'était du joli, tout ça. Il lui passa de la pommade, puis le fit s'étirer, pour lui éviter des courbatures au matin. La frangine semblait surveiller la porte, comme de peur que quelqu'un rentre. Il secoua la tête, et tout à coup, Sarah entra sans prévenir. Il arrêta brusquement Laura et l'empêcha de s'approcher.

- Non mais, vous permettez ?! Je le soigne, là !

Il fit un sourire d'excuses à Sarah.

- Désolé, non seulement les escaliers sont durs, mais ils rendent nerveux.

Sarah - Mais qu'est lui est encore arrivé ?

- Un problème d'escalier, vous dis-je. Un escalier à pattes et en uniforme, visiblement. Ça pullule dans le coin. Mademoiselle Karinof, sortez maintenant.

Elle lui assura aussitôt qu'elle allait rester tout à fait tranquille et le laisser l'examiner. Moui, bon, admettons. Il revint à son jeune patient avec un léger soupir.

- Vous allez passer la nuit ici.

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MessageSujet: Re: Petite altercation   Sam 26 Oct - 20:44

Sarah était dans ses appartements, elle avait la tête ailleurs. En fait, elle pensée à Adrien, elle le trouvait beau, sympathique, elle éprouvée un peu de peine pour lui vu qu'il avait perdus sa femme et son enfant. Le seul problème, c'est qu'elle ne savait pas comment lui faire comprendre qu'elle l'appréciait de plus en plus. Le draguer ? Non, il avait eu beaucoup de relation avec d'autres filles, elle doutait que cela aller marcher. Ce qu'il fut, c'est être franche, sincère, gentille et compréhensive avec lui. Elle décida d'aller le voir à l'infirmerie.

Sarah se leva donc, s'habilla plus élégamment, se refit une beauté et fila à l'infirmerie. Durant le trajet, elle croisa quelques élèves qui se promenaient dans les couloirs. Arrivée à l'infirmerie, elle entra brusquement, vit une de ces élèves, Laura Karinof qui se rapprochait d'un lit, mais Adrien l'en empêcha et dit :

- Non mais, vous permettez ?! Je le soigne, là !

Il fit un sourire d'excuse à Sarah et continua :

- Désolé, non seulement les escaliers sont durs, mais ils rendent nerveux.

Sarah se pencha pour voir qui était dans le lit, elle vit que c'était Jasper Karinof !

- Mais qu'est lui est encore arrivé ?

Adrien répondit :

- Un problème d'escalier, vous dis-je. Un escalier à pattes et en uniforme, visiblement. Ça pullule dans le coin. Mademoiselle Karinof, sortez maintenant.

Laura assura qu'elle allait rester tranquille et qu'elle le laissait l'examiné. Adrien revint sur son jeune patient avec un léger soupir :

- Vous allez passer la nuit ici.

Sarah décida de répondre tout de suite :

- Oh oui qu'il va rester ici cette nuit, Mr Karinof, je croyais que vous alliez mieux ?

Elle s'approcha de lui et vit toutes les marques sur son corps ! Des hématomes violets, noirs et d'autres traces de coups ! Sarah regarda son élève horrifiée :

- Mr Karinof, je ne pensais pas que c'était aussi violent, heureusement qu'Adrien a vu ceci car, il ne faut pas que ça reste comme ça !

Elle se retourna vers la petite sœur de Jasper :

- Mlle Karinof, avez-vous subi la même chose ?

Sarah s'inquiétait, si le général Karinof frappait ses enfants, il était capable de frapper sa femme ! À cette idée, Sarah en fut plus horrifiée, elle secoua la tête et continua sans laisser le temps à quelqu'un de répondre :

- Adrien, il faut que vous auscultiez cette jeune fille aussi, ce n'est pas un hasard si Mr Karinof à des coups pareils, sa petite soeur pourrait bien en avoir aussi !

Elle savait qu'Adrien ne comprenait peut-être pas, mais elle lui expliquerait plus tard car, sinon ses deux élèves risques de mal réagir. Elle reporta encore son regard sur Laura :

- Mlle Karinof, mettez-vous sur le lit à côté de votre frère, l'infirmier va vous ausculter.

Et avant même que la jeune fille réplique elle lança :

- Et pas de discussion, ou sinon ça va mal aller pour vous !

Sarah lui désigna un lit, lui faisant comprendre qu'elle devait s'asseoir obligatoirement et qu'elle n'avait pas le droit de discuter !
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Petite altercation   Dim 27 Oct - 0:24

Jasper ne resta pas seul très longtemps, Laura revint avec l'infirmier. Elle avait dû courir et avaler les étages en quelques secondes pour faire aussi vite, mais il n'allait pas s'en plaindre. L'infirmier le souleva dans ses bras en lui disant de s'accrocher. Il grimaça, les secousses ne l'aidant en rien. Laura les suivait, ne les quittant pas d'une semelle. Il se retenait de crier, ou encore de s'évanouir. Ils arrivèrent à l'infirmerie et monsieur de Sora le déposa sur un lit. Il fit une grimace éloquente, ayant mal partout. Il allait se faire soigner sa cheville vite fait puis se débrouiller pour le reste. Puis aller dire à son père, mais devant témoins, sa façon de penser...

Infirmier - Voilà pour ça, mon garçon, dit-il en attrapant son stéthoscope. Enlevez votre chemise.

Quoi ? Ah non ! Non, non, non ! Il refusa tout net, se crispant aussitôt. Non, pas question, maintenant que sa cheville était soignée, il allait prendre ses clics et ses clacs et se barrer d'ici. Laura demanda même pourquoi il devait rester plus longtemps. Bien dit, frangine, il n'y avait aucune raison, en effet ! Ce n'était pas comme si son très cher père l'avait encore frappé... Non, il était juste tombé dans un escalier un peu dur, pas de quoi en faire un drame.

Infirmier - Parce que votre escalier me paraît un peu violent, et s'il s'agit bien de l'escalier auquel je pense, autant soigner les autres blessures.

Laura - C'était une simple chute, Monsieur. J'étais là et il n'a que quelques bleus, c'est tout.

Infirmier - Si c'est une simple chute, il n'y a rien de mal à me laisser vérifier.

Laura - C'est une simple chute. Je ne vois pas pourquoi il faudrait vérifier le reste alors que sa cheville est soignée. On peut y aller ?

Infirmier - A l'hôpital directement, mademoiselle ? Je veux bien vous y emmener. Par contre, cela m'ennuie de déranger Madame de Lizeux alors qu'elle vient de sortir d'ici. D'autant plus que votre escalier risquerait d'être au courant si votre frère se faisait encore hospitaliser.

Laura - Si vous... vérifiez, personne d'autre ne sera au courant ?

Ho là, ho là, STOP ! Non mais stop, là ! Stop, stop, stop ! Il supplia mentalement sa petite sœur d'arrêter, de ne rien dire, de ne plus s'enfoncer, d'arrêter le débat, de ne pas relancer... En plus, il commençait à la sentir très, très mal cette histoire. L'infirmier n'avait pas avalé une miette de leur histoire d'escalier, ça se voyait. Il ne voulait surtout pas atterrir à l'hôpital une seconde fois, c'était hors de question. Il avala difficilement sa salive et sursauta lorsque l'infirmier claqua des doigts sous son nez puis lui fit déboutonner sa chemise. Rah, d'accord, c'est bon... Il regarda soigneusement ailleurs tandis qu'il se faisait examiner et soigner. Là, c'était impossible de se cacher.

Il allait renouveler le souhait de ne rien dire à personne lorsque la porte s'ouvrit sur... Sarah Smith. Ah non ! Non, pas elle ! Mais vraiment pas elle ! Que foutait-elle ici ?! Pas elle, quoi... Il remarqua tout à coup que l'infirmier avait repoussé sa sœur, sans qu'il comprenne pourquoi. Heu... ? Il avait loupé un épisode, là ?

Infirmier - Un problème d'escalier, vous dis-je. Un escalier à pattes et en uniforme, visiblement. Ça pullule dans le coin. Mademoiselle Karinof, sortez maintenant.

Hein ? Ah non ! Et puis quoi, encore ? Il voulait pas l'enfermer quelque part, non plus ? Pas touche à sa petite sœur ! Le premier qui s'en approchait de trop près, ou qui la regardait d'un air louche, il l'étripait sur-place. La mettre dehors, ben voyons ! C'était SA sœur, elle avait le droit d'être là, bien plus que la hyène ! Il entendit à peine l'injonction de rester là pour la nuit, occupée à échanger un long regard avec Laura.

Hyène - Oh oui qu'il va rester ici cette nuit, Mr Karinof, je croyais que vous alliez mieux ?

Oui, oui, il allAIT mieux, en effet. Il fit la tête lorsqu'elle s'approcha, voulant refermer sa chemise mais entravé par l'infirmier. Mais, un peu d'air, ça l'aiderait aussi à aller mieux, non ? Et il n'avait pas envie que le fauve vienne encore plus fourrer son nez dans ses affaires.

Vautour - Mr Karinof, je ne pensais pas que c'était aussi violent, heureusement qu'Adrien a vu ceci car il ne faut pas que ça reste comme ça !

Naaaaan, sans blague ? Comment le savait-elle, qu'il fallait se faire soigner ? Lorsqu'elle se retourna vers Laura, cependant, il faillit lui sauter dessus. Oh là, bas les pattes le serpent !

Scorpion - Adrien, il faut que vous auscultiez cette jeune fille aussi, ce n'est pas un hasard si Mr Karinof à des coups pareils, sa petite sœur pourrait bien en avoir aussi !

Laura ? Ah non, certainement pas. Vu la façon dont leur père considérait la gente féminine, il n'accordait jamais un seul regard à sa fille cadette, dédaignant totalement son existence. Et en cela, Jasper lui en était reconnaissant, car au moins il ne la touchait pas ! Mais il fulmina lorsque la limace osa ordonner à sa sœur de se coucher, elle aussi, comme si elle avait la moindre autorité pour ça ! Depuis quand était-elle infirmière ?! D'ailleurs, heureusement qu'elle ne l'était pas, ou ses malheureux patients émigreraient vers un autre continent !

Vache - Et pas de discussion, ou sinon ça va mal aller pour vous !

- Non mais et puis quoi ?! s'écria Jasper, coupant les protestations indignées de sa petite sœur. Monsieur de Sora, Laura est venue HIER pour une coupure, et même, vu toutes les fois où elle vient, vous le sauriez si elle se faisait frapper ! De toute façon, madame, vous n'avez aucune autorité pour la forcer à se faire ausculter !

Sa petite sœur avait jeté un regard noir à la professeure et s'était rapprochée de lui. Il lui fit un petit sourire avant de fixer à nouveau le fauve, tendu comme un arc.

- Pourquoi Laura ne se fait pas battre ? Car notre père méprise les femmes et ne les regarde même pas, même sa propre fille. Et si elle s'était fait battre, je l'aurais traînée ici de force, alors hein... Dans mon cas, aucune importance, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude.

Cette fois, ce fut à lui que Laura jeta un regard noir, puis marmonna des paroles inintelligibles. Oui, bon, désolé, mais c'était la pure vérité ! Il regarda alternativement les deux adultes.

- Enfin bref, toute l'école n'a pas besoin d'être encore au courant...

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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Petite altercation   Mar 29 Oct - 12:40

Sarah - Mr Karinof, je ne pensais pas que c'était aussi violent, heureusement qu'Adrien a vu ceci car il ne faut pas que ça reste comme ça !

Adrien ne put s'empêcher de sourire bêtement. Eh ouais, il l'avait impressionnée, l'Anglaise. Il surveillait la santé de ses élèves et était heureux que Sarah le fasse remarquer. Il cligna des yeux, reprenant ses esprits. Oui, bon, ok, ce n'était pas le moment de jouer à l'idiot. Ce qui ne l'empêcha de remarquer du coin de l'œil que l'English s'était manifestement pomponnée. Hum, flatteur.

Sarah - Adrien, il faut que vous auscultiez cette jeune fille aussi, ce n'est pas un hasard si Mr Karinof à des coups pareils, sa petite sœur pourrait bien en avoir aussi !

La fille ? Oh, non, ça il en doutait... Il connaissait bien le genre d'ordures dont faisait parti le général Karinof, pour en avoir beaucoup côtoyé lors de sa jeunesse. Il s'agissait le plus souvent de vieux machos rétrogrades, qui ne parlaient aux femmes que pour leur donner des ordres. Adrien était certain que, pour le père Karinof, sa fille n'était qu'un joujou, donnée à sa femme pour l'occuper, qu'il comptait marier à seize ans pour s'en débarrasser. De préférence à un bon parti, pour ne pas galvauder l'honneur de sa lignée. C'est pour cela qu'il savait que la fillette n'était sûrement pas battue. Méprisée, oui, certainement, mais pas frappée. Le fils, lui, c'était une autre histoire.

Sarah - Et pas de discussion, ou sinon ça va mal aller pour vous !

Jasper - Non mais et puis quoi ?! Monsieur de Sora, Laura est venue HIER pour une coupure, et même, vu toutes les fois où elle vient, vous le sauriez si elle se faisait frapper ! De toute façon, madame, vous n'avez aucune autorité pour la forcer à se faire ausculter !

Adrien faillit éclater de rire. Celle-là, il l'attendait ! Tout le monde dans ce pensionnat connaissait le caractère un peu importé du jeune Karinof. D'ailleurs, tous ceux possédant le feu ou la foudre étaient de naturel vif et agité. Il croisa les bras tranquillement, les regardant tour à tour. Il était vrai que la gamine était un peu maladroite... Mais il y avait des cas pires que le sien, et avec un frère comme ça, elle ne risquait pas de blessures graves.

Jasper - Pourquoi Laura ne se fait pas battre ? Car notre père méprise les femmes et ne les regarde même pas, même sa propre fille. Et si elle s'était fait battre, je l'aurais traînée ici de force, alors hein... Dans mon cas, aucune importance, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude.

Hum, là, il venait de s'enfoncer. Son père le battait donc depuis assez longtemps... Désespérant. Des ordures pareilles ne méritaient pas d'avoir des enfants, selon lui ! Lui n'aurait jamais pensé une seule seconde à lever la main sur son fils ! S'il avait vécu... S'il avait grandi... Il l'aurait élevé, choyé, accompagné à chaque instant de sa vie. Il n'avait pas eu cette chance. Et refusait que d'autres en soient privé.

Jasper - Enfin bref, toute l'école n'a pas besoin d'être encore au courant...

- Non, bien sûr... Mais il va tout de même falloir prendre des mesures, mon jeune monsieur. En attendant, j'aimerais que tout le monde se calme ! C'est une infirmerie, ici, pas un champs de foire. Rallongez-vous, M. Karinof. Et vous, gamine, asseyez-vous quelque part au lieu de rester plantée là. Je savais déjà que vous n'étiez pas battue.

Elle lui dédia un immense sourire et s'assit juste à côté de son frère. Sans oublier de lancer un regard éloquent à sa professeure, l'air de dire '"J'ai gagné". Mais lorsqu'elle lui tira la langue en plus, il éclata de rire et acheva de soigner le frangin. Ses blessures n'étaient pas belles, mais en le soignant bien, il guérira rapidement.

- Restez tranquille pour le moment, la pommade doit rentrer, et il vaut mieux ne pas bouger. Mademoiselle, vous pouvez rester, mais pas de bêtises. Vous venez, Sarah ?

Il lui tendit galamment le bras et l'emmena boire un café, laissant le duo en tête-à-tête.

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MessageSujet: Re: Petite altercation   Sam 9 Nov - 15:49

Georges marchait rapidement dans les couloirs, repoussant les élèves qu'il croisait sur son chemin. Quelle cohue ! Dans son ancienne école, les élèves sortaient de classe en rang et ne s'éparpillaient pas partout en jacassant comme des poules. La discipline avait définitivement déserté cet endroit, qui se devait pourtant d'être une école de prestige, glorieuse et haut de gamme. Lamentable. Enfin, peu importe pour le moment, il avaient des problèmes plus urgents à régler. L'installation de la zone 3 dans les souterrains n'avançait pas assez vite à son goût. Comment travailler dans de telles conditions ?!

Il descendit l'escalier principal et se dirigea vers la partie Est, qui abritait les principaux passages pour descendre aux caves. Il eut alors la surprise de voir son fils aîné y traîner ! Quel idiot, revenir ici après ce qui s'était passé la dernière fois...

- Faut-il que tu sois vraiment idiot pour revenir traîner ici...

Il l'attrapa sans crier gare par le col et le poussa contre le mur avant de lui faire face. Il était de plus en plus exaspéré par le comportement inepte de son fils ! Il pourrait pourtant avoir une vie bien plus facile s'il acceptait de suivre le chemin tracé pour lui. Et bien non, il restait borné, incapable de voir ce qui est bon pour lui. Ce comportement était exaspérant. Mais Georges ne désespérait pas, son fils reviendra à la raison, de gré ou de force.

- On va simplement dire que je cherchais à savoir si ce qui s'est passé dans ces sous-sols était vrai. Si vous êtes véritablement le plus immonde salaud que la terre ait jamais porté.

- Crois-tu avoir rêvé ? ricana Georges. Voilà au moins une chose que nous avons en commun, mon cher fils. Nous ne renions pas nos actes.

- Ne m'associez pas à vous ! Je ne suis pas une ordure comme...

La main de son père fusa et il le gifla violemment. L'ordure ne tolérait pas qu'on lui manque de respect, surtout de la part de son propre fils ! Il devra apprendre à se contenir, et respecter ses supérieurs, en particulier sa propre famille. Mais passons. En ce moment, il entendait certains ragots, sur des choses qui ne le concernait lui. Il était un peu étonné que son fils colporte ça, connaissant son caractère, et aimerait savoir d'où venait la fuite.

- Il y a des rumeurs intéressantes qui circulent, en ce moment.

Jasper ne répondit pas. Prévisible... Même s'il refusait de l'admettre, il ressemblait à son père. Le même caractère déterminé et endurci. La même volonté. Oui, ils se ressemblaient beaucoup. Et c'était bien pour cela que le militaire plaçait de si grands espoirs en lui. Il voulait que son fils prenne la relève, qu'il rende fier sa famille ! Était-ce si compliqué ?

- Tout irait pourtant tellement mieux si tu te laissais faire ! Tu intégrerais une école de prestige, qui t'enseignerait les bonnes valeurs. Tu monterais rapidement en grade. Tu deviendrais enfin mon digne héritier. En tant qu'aîné, il s'agit de ton devoir.

- Au Diable, mon devoir ! Je ne deviendrais jamais un salaud comme vous, je...

Le premier coup fusa, frappant Jasper à la tempe. Georges se sentait de nouveau envahit par la colère. Son fils ne comprenait décidément rien ! Il ne voyait pas la chance qui s'offrait à lui ! Il le frappa, sans se soucier de ses grimaces de douleur, de ses piètres tentatives pour se protéger un tant soi peu. Il le battra tant qu'il le faudra, mais il finira par comprendre ! Il finira bien par se mettre dans la tête quel était son devoir ! Même s'il fallait lui briser plusieurs os, il apprendra à obéir ! Il défoula sa colère sur lui, puis le laissa là, partant, tendu et furieux.

Rentrant dans une autre tente, il se servit un verre, crachant un ordre sec pour envoyer balader son subordonné. Le général Henry, un de ses camarades de promotion, entra au même moment, et fit un sourire entendu.

- Toujours ton fils ?

- Oui...

- Bah, ne t'en fais pas. Ça finira bien par s'arranger !

- Mmmh.

Plus tard, après avoir longuement discuté avec son ami, il repartit au Pensionnat. Son intuition le conduisit à l'infirmerie, où il dénicha son fils, installé dans un lit, et Laura juste à côté. Il vint à côté d'eux, jetant à peine un regard vers sa fille. Elle n'était pas importante à ses yeux. Tout juste un joujou bon à distraire sa femme et qui ne sera pas utile avant des années. Il se retourna vers Jasper, le regard dur.

- Tu dois juste réfléchir, gronda-t-il. Tout cela n'arriverait pas si tu acceptais ton destin. Je vais organiser une rencontre au lycée militaire pour toi dès les vacances de Noël.
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Jasper K. Nakajima
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Petite altercation   Sam 9 Nov - 19:14

[Avec indications de Marion.]

Infirmier - Non, bien sûr... Mais il va tout de même falloir prendre des mesures, mon jeune monsieur. En attendant, j'aimerais que tout le monde se calme ! C'est une infirmerie, ici, pas un champs de foire. Rallongez-vous, M. Karinof. Et vous, gamine, asseyez-vous quelque part au lieu de rester plantée là. Je savais déjà que vous n'étiez pas battue.

Sa petite sœur dédia un regard victorieux à leur professeur et lui tira la langue. Jasper obéit, retenant une grimace. Bon, ça, c'était fait. Car oui, après tout, qu'on foute la paix à Laura ! Elle n'était pas blessée - encore heureux - et personne n'avait à l'embêter ! C'était quoi, de toute façon, cette manie de la Hyène de fourrer son nez partout ? Qu'elle s'occupe de ses affaires ! Elle n'avait qu'à faire des gosses et s'en occuper, au lieu d'aller fouiner dans les affaires des autres. Il la détestait de plus en plus, et cela ne risquait pas de s'améliorer. L'infirmier continua de le soigner et il se laissa faire.

Infirmier - Restez tranquille pour le moment, la pommade doit rentrer, et il vaut mieux ne pas bouger. Mademoiselle, vous pouvez rester, mais pas de bêtises. Vous venez, Sarah ?

Beuuuurk, l'infirmier et la prof de maths... Il faillit vomir et se rallongea, écœuré. Oui, qu'ils aillent se reproduire ailleurs si c'était vraiment leur intention ! Ces deux-là, ensemble, mais beurk ! Il lâcha un soupir, tournant la tête vers Laura.

- C'est carrément dégoûtant, t'imagine ces deux-là en train de s'embrasser ?

Il cherchait à lui redonner le sourire, la rassurer, lui faire savoir que tout allait bien, qu'elle ne devait pas s'en faire. Il crut avoir réussit jusqu'au moment ou leur père entra dans la pièce... Jasper se redressa brutalement, lui jetant un regard noir. Que venait-il faire ici ?! Il n'en avait pas assez pour la journée ?! Stop, là, qu'il lui fiche la paix !

Père - Tu dois juste réfléchir, gronda-t-il. Tout cela n'arriverait pas si tu acceptais ton destin. Je vais organiser une rencontre au lycée militaire pour toi dès les vacances de Noël.

QUOI ?! Ah non ! Non, certainement pas ! Jasper s'enflamma aussitôt, la colère et le dégoût revenant en force.

- C'est hors de question ! Je n'irais pas, à votre fichue école ! Jamais !

Son père s'était rapproché assez près de lui, de l'autre côté du lit. Il se redressa autant qu'il put, cachant à moitié Laura. Et hoqueta lorsqu'une gifle violente lui mordit le visage. Il porta une main à sa joue et ne dit plus rien. Ne pas s'enfoncer. Se taire. Mais une larme roula tout de même sur sa joue, alors qu'il serrait les lèvres pour ne plus répliquer.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Petite altercation   Dim 10 Nov - 0:10

Infirmier – Non, bien sûr... Mais il va tout de même falloir prendre des mesures, mon jeune monsieur. En attendant, j'aimerais que tout le monde se calme ! C'est une infirmerie, ici, pas un champ de foire. Rallongez-vous, M. Karinof. Et vous, gamine, asseyez-vous quelque part au lieu de rester plantée là. Je savais déjà que vous n'étiez pas battue.

Et toc ! Na ! Méchante prof’ de maths, zéro, Laura, un ! Laura fit un immense sourire à l’infirmier pour le remercier et lança un regard noir à leur professeure, jubilant plus qu’autre chose. Ce n’était certainement pas elle qui allait lui dicter sa conduite ! Hors de question qu’elle se fasse examiner, elle n’avait rien du tout ! En plus, c’était à cause de sa prof’ que Jasper était allongé ici et elle en rajoutait de grosses couches bien lourdes, remuant le couteau dans la plaie, à chaque parole. Alors hein, chut !  Plus fière que jamais, Laura s’installa à côté de son grand frère, tirant au passage la langue à leur professeure de maths, et reporta sur Jasper un regard inquiet pendant que l’infirmier finissait de le soigner. Il allait s’en remettre, il était fort, son frère. Il allait s’en sortir, il n’aurait plus aucune blessure et, la prochaine fois, il frapperait son père ! Il n’allait pas se laisser faire, pas après tout ça. Pourquoi ? Parce que c’était son frère, et qu’il était fort et courageux.

Infirmier – Restez tranquille pour le moment, la pommade doit rentrer, et il vaut mieux ne pas bouger. Mademoiselle, vous pouvez rester, mais pas de bêtises. Vous venez, Sarah ?

Pas de bêtise, pas de bêtise… Mais oh, Laura ne fait pas toujours des bêtises, non plus ! Elle sait se tenir tranquille, elle ne fait que suivre son frère. Et là, Jasper était incapable de faire une bêtise, il était cloîtré au fond d’un lit. Alors hein, des bêtises, c’était un tout petit peu impossible. En plus, où est l’intérêt d’en faire, si c’est pour les faire toute seule ? Puis, pour l’instant, Laura n’avait pas l’envie d’en faire. Elle s’inquiétait pour son frère, faire des bêtises et rester loin de lui… Non, non, non. Impossible, inconcevable, impensable. Elle regarda l’infirmier et la prof’ de maths s’éloigner alors que Jasper poussait un soupir, tournant la tête vers elle. Quoi ? Il avait mal quelque part ? Elle avait fait une bêtise en l’emmenant ici ? Mais elle n’avait fait que l’écouter, à la base ! C’était sa demande !

Jasper – C'est carrément dégoûtant, t'imagine ces deux-là en train de s'embrasser ?

Laura – Jaz ! C’est dégueulasse !

Cependant, Laura ne put s’empêcher de sourire, parfaitement consciente de ce que venait de faire son grand frère. Lâcher une connerie pour la faire sourire, alors qu’il était sur un lit d’infirmerie… C’était bien son genre. Au moins, elle avait la preuve qu’il n’était pas si mal en point que cela, qu’il allait vite se rétablir et que tout irait bien mieux après. N’est-ce pas ? Elle commençait à y croire, curieusement, malgré l’endroit où ils se trouvaient, malgré l’ambiance et le climat régnant au dehors, malgré la tournure que le monde prenait. Oui, Laura y croyait. Ou presque… Son visage blêmit d’un coup lorsqu’elle vit leur père entrer dans la pièce, Jasper lui lançant un regard noir et se redressant par la même occasion. Ah non hein, plus de coups ! Il n’avait pas le droit ! Où était l’infirmier ?! Il ne l’avait pas vu, en partant ?

Père – Tu dois juste réfléchir. Tout cela n'arriverait pas si tu acceptais ton destin. Je vais organiser une rencontre au lycée militaire pour toi dès les vacances de Noël.

Hein ? Mais… Mais… Et les séparer ? Non, non, non ! Il n’y arriverait pas, pas ici aussi ! C’était leur endroit, leur coin, leur vie ! Il n’avait pas le droit de tout saboter ! Pas comme ça ! Elle ne voulait pas… Elle ne voulait pas perdre son frère, pas avec tout ce qui s’était passé cette année… Inconsciemment, Laura se rapprocha de lui, s’y agrippant comme s’il allait s’envoler, comme s’il allait l’abandonner à cause de leur père.

Jasper – C'est hors de question ! Je n'irais pas, à votre fichue école ! Jamais !

Directement, leur père s’était rapproché tandis que Jasper se redressait pour cacher Laura, pour la protéger aussi par la même occasion. Mais elle ne voulait pas qu’il se fasse à nouveau frapper ! C’était hors de question, pas encore ! Il n’avait pas le droit ! Elle s’apprêtait à hurler, à appeler l’infirmier lorsqu’une gifle fusa, provoquant un « hoquètement » de la part de Jasper. Laura sentit les larmes lui monter aux yeux, elle se sentait affreusement impuissante alors que son frère se faisait gifler sous ses yeux. Il pleurait, même ! Enfin, une larme, une seule, mais qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Laura. Cette fois, c’en était trop ! Sans réfléchir, l’adolescente se jeta entre son père et son frère, prête à recevoir les coups à sa place, ne cherchant même pas à se protéger le visage. Non, que du contraire, elle leva les bras comme pour couvrir son frère et lâcha, soutenant le regard de leur père, hurlant :

Laura – Vous ne devez plus faire de mal à Jasper ! Et encore moins nous séparer !

Elle improvisait totalement, mais ne voyait pas d’autres solutions, priant intérieurement pour que Jasper ne dise rien. Pour en rajouter niveau crédibilité, Laura laissa les larmes couler le long de ses joues, puis reprit, jetant un regard en biais à Jasper pour appuyer ce qu’elle allait dire :

Laura – Il est le seul à me protéger de… des militaires. Ils m’ont… Certains ont… m’ont touchée. J’ai essayé de les en empêcher, mais j’ai pas pu, je suis beaucoup trop petite. Et ils sont trop forts pour moi. Jasper ne me quitte pas, plus du tout, et il a pu me protéger, mais si vous nous séparez et si vous le frappez, il ne pourra plus le faire.

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Dernière édition par Laura Karinof le Dim 10 Nov - 12:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petite altercation   Dim 10 Nov - 12:17

– Vous ne devez plus faire de mal à Jasper ! Et encore moins nous séparer !

Elle s'était précipitée entre lui et son frère, levant les bras et s'agitant d'une façon tout à fait ridicule. Il lui jeta un regard exaspéré. Laura, enfin ! Elle n'avait pas à se mêler de ça ! Cela ne concernait que Jasper et lui, et personne d'autre. Sa propre femme n'avait pas son mot à dire sur la manière dont il éduquait leur fils, alors leur fille, encore moins. Laura restera ici, au moins quelques années, et une fois qu'elle sera assez âgée, il la fera marier. Ainsi, elle entrera dans la vie que se doit d'avoir une femme parisienne de son rang. Elle vivra dans un endroit chic, entourée de personnes très comme il faut, avec un mari qui lui donnera de nombreux enfants. Et elle restera chez elle à s'en occuper, ne sortant que pour aller voir ses amies ou accompagner son époux à une soirée. Voilà ce qui l'attendait ! Mais en attendant, qu'elle daigne rester tranquille ! Elle s'était mise à pleurer, prouvant à quel point elle n'était qu'une enfant.

– Il est le seul à me protéger de… des militaires. Ils m’ont… Certains ont… m’ont touchée. J’ai essayé de les en empêcher, mais j’ai pas pu, je suis beaucoup trop petite. Et ils sont trop forts pour moi. Jasper ne me quitte pas, plus du tout, et il a pu me protéger, mais si vous nous séparez et si vous le frapper, il ne pourra plus le faire.

Georges écarquilla les yeux et entrouvrit la bouche. QUOI ?! QUI était l'ordure qui avait osé faire ça ?! Qui était le salaud qui osait bafouer la vertu de sa fille, d'une future femme ? Qui était cette ordure, qui avait osé ?! Il allait le tuer sur-place ! Sa fille était ici pour devenir une femme cultivée et bonne à marier. Et Georges avait une très haute idée de l'Honneur, qui incluait protéger les femmes, fragiles par définition. Il saisit Laura par les épaules, sans lui faire mal toutefois.

– Qui ? demanda-t-il d'une voix grondante de rage.

Elle détourna le regard puis ne dit rien, crispée et se mordant les lèvres. Bon, très bien. Peu importe si elle ne pouvait pas parler, il allait tout de même retrouver son agresseur. La prenant par la main, il l'entraîna avec lui assez vite, ne la lâchant pas. Il la conduisit jusqu'à une grande tente à l'extérieur, faisant sursauter son adjoint qui jeta un coup d'œil curieux à la petite. Il fit asseoir Laura sur une chaise, s'accroupit devant elle, et lui prit les deux mains.

– Laura, il faut que tu me décrives au moins celui qui t'a fait ça.

– Mais je veux pas qu'il recommence, si je le décris...

– Il ne risque pas de recommencer si je m'occupe de son cas ! Un coup pareil le conduira à la Cour Martiale. Donc dis-moi.

– Mais y'en a partout ! Je sais plus ! Il... Il a des cheveux noirs, une... une espèce de cicatrice sur le menton et de grandes mains et... Et... Et il fait au moins trois ou quatre fois ma taille et...

– Une cicatrice au menton... Je vois.

Il se releva puis échangea quelques paroles à voix basse avec son adjoint. Il paraissait choqué qu'on touche une petite fille, et jura de faire le nécessaire. Poussant un soupir, Georges fit signe à sa fille qu'elle pouvait y aller, puis se mit au travail.
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