1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Et c'est la vie

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Adrien de Sora
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Âge RPG : 35 ans

MessageSujet: Et c'est la vie   Mer 16 Oct - 12:54

Adrien venait tout juste de sortir de l'hôpital. Il était littéralement épuisé, et tenait à peine debout. Sa supérieure hiérarchique y avait vraiment été fort ! Il avait cru y rester, sur le coup, et se souvenait encore de la douleur. Mais bon, il fallait bien admettre qu'il l'avait cherché.... L'alcool lui faisait faire des trucs bizarres, parfois. Il se souvenait d'avoir manifesté pour il ne savait plus qu'elle cause et s'était réveillé dans un poste de police, sans aucuns souvenirs. Il soupira en déverrouillant la porte de son bureau, dans l'infirmerie.

S'étirant, il grimaça un peu puis s'assit son lit, débouchant une bouteille de rhum. Il la but lentement, les yeux fermés, savourant la langue brûlante qui lui coula dans l’œsophage. Depuis combien de temps s'était-il mis à boire ? Cela faisait... Deux ans... Trois ans... Cinq ans... Dix ans... Dix ans, déjà ? Il soupira, serrant sa bouteille dans une main, regardant dans le vide. Dix ans, oui. Dix ans qu'il avait commencé à accumuler toutes les vices de terre. Dix ans qu'il ne prenait plus soin de lui-même, prenant seulement soin des autres.

S'asseyant à son bureau, il écrivit une lettre d'excuses pour la directrice. Il était désolé de ce qui s'était passé, sa beuverie avait fait resurgir ses plus bas instincts. Avait fait resurgir ses souvenirs. a la place de la directrice, il avait alors vu une autre femme, portant un autre enfant. Une larme roula sur ses joues alors qu'il traçait des mots repentants. Il était sincère lorsqu'il affirmait aimer les enfants. Et il pensait véritablement proposer à la directrice de lui faire son suivi de grossesse. Pour que tout se passe bien, au moins. Il plia la lettre, puis regarda sa face creusée dans le miroir.

- T'as l'air d'un mort-vivant, mon petit père.

Il alla déposer la lettre dans le bureau directorial, puis se posta non loin du potager, appuyé contre un arbre, pour fumer une cigarette. Dix ans, ouais. Dix ans qu'il était devenu un con associable et alcoolo, dix ans qu'il fumait jusqu'à sept cigarettes par jour, dix ans qu'il prenait un soin maniaque de la santé des autres en négligeant la sienne, dix ans qu'il faisait tout pour que chaque gamin qu'il voyait puisse grandir et vivre, dix ans qu'il craignait le pire pour les femmes enceintes, dix ans qu'il était perdu.

- Mais putain, Dieu ! lança-t-il tout à coup en regardant le ciel. Rends-moi ma famille !

Seul le vent glacial de Décembre lui répondit. Il baissa le regard, tirant sur sa cigarette. Il était définitivement paumé. Et désirait, de plus en plus, retrouver enfin l'amour, retrouver une femme à serrer dans ses bras, être père à nouveau.

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Sarah Smith
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MessageSujet: Re: Et c'est la vie   Mer 16 Oct - 18:42

Sarah était dans ses appartements, elle n'avait pas trop le moral, de plus apprendre que Jasper Karinof a été battu lui a fait un choc. Elle ne pensait pas que ceci avait été allé si loin, certes elle l'avait accompagné à l'hôpital, mais elle ne pensait vraiment pas qu'il avait était battu. En plus, elle avait appris que Gabriella avait été enlevée par les forces de l'armée ! Rien ne va plus au Pensionnat.

Elle décida de sortir prendre l'air pour lui faire un peu du bien, elle se sentait triste et incompétente. Au passage, elle croisait quelques élèves qui se promenaient eux aussi. Sarah continua à marcher, elle pensa aussi à son élève favorite : Carolie Dubois, c'était une jeune élève souriante, aimable, sérieuse et une élève qui aime travailler, Sarah l'appréciait beaucoup.

Une fois sortie dehors, elle vit Adrien De Sora, infirmier de l'école, il avait l'air fatigué, ses traits étaient tirés. Il était adossé à un arbre et fumait une cigarette.

Sarah hésita à s'approcher car, depuis qu'il avait embrassé Gabriella, elle ne savait plus comment se comporter avec lui, ils n'avaient jamais trop parlé ensemble. Pauvre Gabriella, mais aussi pauvre Adrien qui avait subi les dons de la directrice. En même temps, Sarah se dit qu'il n'avait qu'à diminuer sa consommation d'alcool et de cigarette, il irait beaucoup mieux.

Elle s'approcha tout doucement, à ce moment-là, elle l'entendit parler en regardant le ciel :

- Mais putain, Dieu ! Rends-moi ma famille !

Heureusement, il ne vit pas Sarah. Elle décida quand même de s'approcher :

- Adrien ? Est-ce que ça va ? Je suis désolée, j'ai entendu votre phrase, je ne vous espionnez pas, mais à vrai dire, j'avais besoin de prendre l'air.

Elle s'arrêta un petit instant puis reprit :

- Si vous voulez parler, vous savez, je suis là.

Elle s'approcha de lui, pour lui faire comprendre qu'il pouvait avoir confiance en elle. Comme elle s'approchait, elle sentit l'odeur d'alcool et de tabac !

*Mon dieu, il a encore bu ! Et la cigarette, il a dû en fumer ! *

- Adrien, vous pouvez avoir confiance en moi, tout ce que vous voudrez me dire restera entre nous.

Elle se tut, attendant une réponse.
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Adrien de Sora
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Âge RPG : 35 ans

MessageSujet: Re: Et c'est la vie   Sam 19 Oct - 12:27

Il faisait froid, et c'est ce froid qui rendait Adrien encore plus malade. Ce froid porteur de mauvais souvenirs et de moments difficiles. Une femme s'approcha tout à coup, et il reconnut l'une des profs du Pensionnat. Sarah Cath, ou Sarah Mith, enfin, une prof avec un nom Anglais. Même son prénom sonnait outre-Manche, d'ailleurs, ses vieux étaient English ?

- Adrien ? Est-ce que ça va ? Je suis désolée, j'ai entendu votre phrase, je ne vous espionnez pas, mais à vrai dire, j'avais besoin de prendre l'air.

Ouais, c'était le cas de beaucoup de monde en ce moment. Maintenant, il écoutait attentivement ses intonations pour savoir si oui ou non elle avait des origines Britanniques. Elle se rapprocha, et son regard passa sur son visage. Pas vilaine, l'English. Et non, il ne faisait pas une fixette sur les Britanniques, il ne comprenait juste pas pourquoi des gens quitteraient leur pays si aucune guerre ou tendance fasciste ne l'agite. Adrien comprendrait qu'un Espagnol ou un Italien fuit en France. Mais un Britannique ? Ils avaient leur Reine et s'en portaient bien.

- Si vous voulez parler, vous savez, je suis là.

Sympa, mais il doutait qu'elle le suive véritablement. A ses yeux, il n'était sans doute qu'un poivrot associable qui fumait comme un pompier. Et c'était le cas. Oh oui, c'était le cas.

- Adrien, vous pouvez avoir confiance en moi, tout ce que vous voudrez me dire, restera entre nous.

Il ignorait si elle était sincère ou non, mais, de toute façon, quelle importance ? Il ralluma une autre cigarette, et en tira une longue bouffée en fermant les yeux. Recrachant la fumée vers le ciel, il ne dit rien durant un petit moment. Il savait qu'il se détruisait, et s'en moquait.

- Vous savez la Miss, j'ai pas toujours été infirmier ici. 'trefois, j'étais docteur en banlieue Parisienne. M'occupais des fiévreux de la société, et j'en étais heureux ! Ah ça oui, j'en étais heureux... Comme ça, j'enculais gaiement mes origines de bourge et mes sales cons de parents.

Il eut un maigre sourire cynique. Ses parents, ouais. Ô combien avaient-ils hurlés lorsqu'il avait ouvert son cabinet en banlieue ! Fils ingrat, comme ils criaient. Après tout ce qu'ils avaient faits pour lui. il jetait l'opprobre sur eux, sur ses frères et sœurs. Il ne savait même pourquoi il racontait tout ça à Sarah. Elle était là, il lui parlait, un point c'est tout.

- J'ai rencontré Anna là-bas. L'Amour avec un grand A ! Juive pratiquante, belle à damner un saint. On s'est mariés selon les préceptes de sa religion. On a eu un enfant. Deux ans plus tard, ils sont morts tous les deux.

Il se tut brusquement, sortit sa flasque de rhum et en but une longue gorgée, les yeux fermés, puis la referma et cracha dans l'herbe. Il se tourna ensuite vers Sarah.

- Z'êtes pas un peu Anglaise, vous ?

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Sarah Smith
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MessageSujet: Re: Et c'est la vie   Sam 19 Oct - 16:06

Adrien ralluma une autre cigarette, il en tira une longue bouffée en fermant les yeux. Il recracha la fumée vers le ciel et ne dit rien pendant quelques minutes puis répondit :

- Vous savez la Miss, je n'ai pas toujours été infirmier ici. 'trefois, j'étais docteur en banlieue Parisienne. M'occupais des fiévreux de la société, et j'en étais heureux ! Ah ça oui, j'en étais heureux... Comme ça, j'enculais gaiement mes origines de bourge et mes sales cons de parents.

Il fit un petit sourire puis continua :

- J'ai rencontré Anna là-bas. L'Amour avec un grand A ! Juive pratiquante, belle à damner un saint. On s'est mariés selon les préceptes de sa religion. On a eu un enfant. Deux ans plus tard, ils sont morts tous les deux.

Il se tut, sortit sa flasque de rhum et en bu. Il referma sa flasque puis cracha dans l'herbe et se tourna vers Sarah :

- Z'êtes pas un peu Anglaise, vous ?


Sarah fut étonnée de sa question, mais dit :

- Si, mon père est Anglais, du coup j'ai du sang anglais dans mes veines, mais je suis née en France.

Sarah se tut, elle ne savait pas comment réagir face à ce qu'Adrien lui est dit. Elle avait de la peine pour lui, fonder une famille, puis ne plus rien avoir en peu de temps, c'est triste ! Elle comprit aussi, qu'il n'aimait pas trop ces parents.

- Je suis désolée pour votre femme et votre enfant, ceci doit être dur à oublier !

Elle s'interrompit, ne sachant pas comment le réconforter sans lui faire du mal.

- Adrien, je suis prête à vous aider, à ce que vous alliez mieux, votre histoire me touche beaucoup, une famille c'est très important et la perdre dans ses circonstances est dur d'oublier.

Elle essaya de lui sourire et continua :

- Ce que je vous dis, c'est sincère, vous êtes un homme qui est passé par de mauvaise passe et vous avez besoin d'aide, du moins si vous acceptez mon aide.

Elle s'approcha de lui, pressa son épaule pour le rassurer et s'appuya à côté de lui à l'arbre attendant une réponse de sa part.
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Adrien de Sora
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Récits : 448

Âge RPG : 35 ans

MessageSujet: Re: Et c'est la vie   Mer 23 Oct - 10:00

- Si, mon père est Anglais, du coup j'ai du sang anglais dans mes veines, mais je suis née en France.

Bah voilà, il savait bien qu'elle devait avoir des origines English. Le père, donc ? Ouais, logique d'un côté. Il jouait avec sa flasque tout en la regardant. Vraiment pas vilaine... Adrien n'avait plus eu de véritable relation avec une femme depuis la mort d'Anna. Il avait juste eu, en dix ans, quelques aventures ci et là, le temps d'une soirée, après un verre de trop ou une belle crise de larmes. Des filles qui passaient, qu'il aimait le temps d'une nuit, puis qui disparaissait au matin, dès les premières lueurs de l'aube, comme si elles n'avaient été qu'une brève illusion.

- Je suis désolée pour votre femme et votre enfant, ceci doit être dur à oublier !

Oublier ça ? Non, c'était impossible. Toutes ces femmes, en revanche, s'étaient effacées de sa mémoire. Il ne souvenait plus de leurs noms ou de leurs visages. Lorsqu'ils leur faisaient l'amour, seul le beau visage d'Anna restait dans ses pensées. Les autres n'étaient que des brefs passades. Du sexe sans sentiments qui ne lui laissait qu'un goût toujours plus amer dans la bouche.

- Adrien, je suis prête à vous aider, à ce que vous alliez mieux, votre histoire me touche beaucoup, une famille c'est très important et la perdre dans ses circonstances est dur d'oublier.

Tout dépend de quelle famille. Adrien avait renié ses frères, ses sœurs, ses parents, et toute la smala. Quelle importance, hein ? Ils n'étaient plus, pour lui, que de vulgaires ombres, aux confins de sa mémoire. Il vivra et mourra sans les revoir ou penser à leur parler. Adrien était mort à leurs yeux, et ils l'étaient aux siens. Chacun sa vie, à présent, et chacun sa merde. Adieu Paris, Adieu ses origines de connard friqué. Personne ne viendra verser une larme le jour de son enterrement.

- Ce que je vous dis, c'est sincère, vous êtes un homme qui est passé par de mauvaises passes et vous avez besoin d'aide, du moins si vous acceptez mon aide.

Elle lui pressa un peu l'épaule avec un jolie sourire. Il rangea sa flasque de rhum dans la poche de son manteau, et eut un ricanement cynique.

- Pas besoin d'aide, la Miss. Je suis une loque qui s'assume ! Je bois, je fume, je ne respecte personne, même pas moi-même, et je vis bien comme ça. Pas envie de faire l'effort d'être sociable pour me faire aimer.

Pour ça, non, il n'avait pas envie de jouer aux hypocrites, sourire à tout le monde, faire semblant d'être aimable, juste pour que le bon peuple le considère comme un type bien. Pas question de mentir à lui-même et aux autres. Surtout pas aujourd'hui. Il reporta son regard sur Sarah, la fixant droit dans les yeux, et lui fit un sourire provocant.

- On ne peut pas oublier, mais même si je me laisse aller, mon bateau n'a pas encore totalement coulé. Souriez, Miss. On est en France et il y a du soleil plus souvent qu'en Angleterre. Z'êtes pas mariée, vous ? Ni enceinte ? J'aimerais pas qu'un gros mec baraqué vienne me casser la gueule si je vous parle.

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Sarah Smith
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MessageSujet: Re: Et c'est la vie   Mer 23 Oct - 19:47

Adrien rangea sa flasque de rhum dans sa poche de manteau et eu un rire cynique :

- Pas besoin d'aide, la Miss. Je suis une loque qui s'assume ! Je bois, je fume, je ne respecte personne, même pas moi-même, et je vis bien comme ça. Pas envie de faire l'effort d'être sociable pour me faire aimer.

Il fit une pause puis finit par dire en regardant Sarah droit dans les yeux et en faisant un sourire provoquant :

- On ne peut pas oublier, mais même si je me laisse aller, mon bateau n'a pas encore totalement coulé. Souriez, Miss. On est en France et il y a du soleil plus souvent qu'en Angleterre. Z'êtes pas mariée, vous ? Ni enceinte ? Je n'aimerais pas qu'un gros mec baraqué vienne me casser la gueule si je vous parle.

Sarah rougit un peu puis décida de répondre franchement à ces questions, il aurait peut-être confiance en elle :

- Eh non, je ne suis pas mariée, je n'ai même pas quelqu'un dans ma vie, je suis désespérée !

Elle lui sourit pour lui montrer qu'elle n'était pas une fille méchante puis reprit :

- Et malheureusement, je ne suis pas enceinte, non à mon grand désespoir car, j'aime beaucoup les enfants.

Elle ne savait pas trop quoi lui dire sachant qu'il refusait d'avoir de l'aide de plus, elle avait peur en parlant d'être maladroite et lui faire du mal. Elle appréciait Adrien, mais elle ne supportait pas qu'il fume et qu'il boit.

Elle décida de reprendre la conversation :

- Vous savez Adrien, je sais que c'est dur d'oublier, j'ai moi-même était séparée de mes frères et soeurs et tout particulièrement d'Alice, ma petite soeur qui a eu beaucoup de difficultés avec nos parents depuis qu'elle a découvert son don, elle a suivi le même chemin que moi, parfois je suis malheureuse de ne plus vois ma famille, mais enseigner ici me permet d'évacuer ceci et de m'épanouir et puis, maintenant je vois beaucoup Alice au Pensionnat du coup je me sens beaucoup mieux.

Sarah s'interrompit, secoua la tête et continua :

- Enfin bref, je ne sais pas pourquoi je me mets à parler de moi alors, qu'il s'agit de vous. Adrien, vous traversez une mauvaise passe, mais je suis sûre qu'avec un peu d'aide et beaucoup de temps, vous irez beaucoup mieux. Alors, si vous refusez mon aide, ce n'est pas grave, je ne vous en veux pas, au contraire, je compatis à votre douleur. Je sais que ce n'est pas facile et je respecte votre choix.

Elle lui sourit, sentant ses yeux mouillées, elle se retourna pour ne pas qu'il la voit, s'essuya les yeux, se retourna et fini par dire :

- Vous ne devez surtout pas vous renfermez sur vous-même, ce n'est vraiment pas bon pour le moral.

Sarah renferma son manteau, elle commençait à avoir froid. Elle regarda Adrien, le fixant des pieds à la tête.

*qu'est-ce qu'il est beau quand même, il pourrait l'être encore plus s'il faisait attention à lui et à sa santé. Je ne comprends pas pourquoi il ne veut pas accepter mon aide*

Elle lui sourit, regarda le ciel bleu et attendit patiemment.
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