1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Petit malentendu

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Adrien de Sora
Infirmier
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Récits : 448

Âge RPG : 35 ans

MessageSujet: Petit malentendu   Mer 9 Oct - 18:56

Adrien déboucha la bouteille d'un geste expert, porta le goulot à ses lèvres, et la vida, fermant les yeux de satisfaction, avant de pousser un long soupir et de roter d'un air satisfait. Encore une que le Gouvernement n'aura pas ! Il se frotta le ventre en sifflotant, sa bouteille de gin à moitié vide. Le petit marchand du coin savait décidément où se fournir. Il but encore, longuement, jusqu'à ce qu'une agréable chaleur lui monte à la tête. Huuum, c'était bon. Son seul plaisir de la vie. Enfin, l'un des plaisirs de sa vie !

Il reposa la bouteille vide par terre, vautré dans son fauteuil et les deux pieds posés sur le bureau. Ça fait du bien par où ça passe ! Il alluma ensuite une cigarette, la cala soigneusement entre ses lèvres, et en tira une longue bouffée. Pas beaucoup d'activités, en ce moment. Les étudiants venaient moins, ou alors ils se tenaient plus tranquille. Ses meilleurs clients étaient ceux qui devaient apprendre à manier la foudre et le feu. Il ferma les yeux, grattant sa barbe de trois jours, en attendant l'heure du déjeuner. Il s'ennuyait. N'y tenant plus, il se leva, vacilla très légèrement, jeta sa cigarette et sortit.

Il croisa quelques militaires qui lui jetèrent un drôle de regard. Il faut dire que sa dégaine n'était pas très avenante. Mal rasé, pas coiffé, la blouse blanche mal boutonnée, les joues creuses, les yeux rougis et enfoncés dans leurs orbites, la cravate de travers, les deux mains enfoncées dans ses poches, il avait l'air d'un clochard. Un général qu'il croisa en parut outré et lui lança une remarqua acide au passage. Adrien s'arrêta, se retourna, et l'examina une minute, de haut en bas.

- Suis peut-être une loque, mais moi, j'ai quelque chose dans le pantalon, ce qui ne semble pas être votre cas, mon pauvre monsieur. Passez donc me voir si vous avez des problèmes de virilité.

Il se détourna, alors que le gradé lui hurlait des obscénités et que les autres autour de lui étaient écroulés de rire. Adrien entra d'un pas traînant, dans le réfectoire, bâillant régulièrement, et s'assit lourdement sur sa chaise. Il ne mangea pas, sortant une flasque de rhum de sa poche et la vidant d'un trait. Maintenant, il se sentait tout léger et tout heureux ! Il se leva, titubant sérieusement, et ouvrit grand les deux bras.

- F... Faites l'amour... Hips ! ... Mes enfants, pas la guerre ! cria-t-il dans le réfectoire. L'amouuuur... Ha ha ha ha !

Il se cassa la figure de l'estrade où était placée la table du personnel et s'étala de tout son long. Pas du tout perturbé, il se redressa à une vitesse surprenante malgré son état, puis vit alors la directrice qui s'avançait dans le réfectoire. Il lui sourit largement.

- Madame... Hoc ! De Lizeux ! Hips... Félicitations pour votre... Hips... futur enfant !

Il se pencha et colla son oreille sur son ventre, souriant d'un air béat, comme s'il pouvait entendre le bébé. Il en rigolait, se redressant, posant une main par-dessus la chemise. Il était totalement soûl et ne s'en rendait pas compte. Sans crier gare, il tomba alors à moitié sur elle et l'embrassa à pleine bouche devant tout le monde, élèves, enseignants, et personnels, la serrant très fort dans ses bras. Ouah, délicieux, elle avait les lèvres toutes douces, et sa poitrine commençait déjà à se gonfler de lait maternel. Très, très agréable, des formes bien féminine comme ça ! Il se détacha d'elle en titubant, béat.

- Vous ferais le suivi de grossesse, moi ! Hips ! J'aime bien... Hoc ! Les bébés !

Les élèves semblaient choqués, eux, bien qu'il ne comprenait pas pourquoi. C'était pourtant beau, la vie ! Il fallait en profiiiiiteeeer.

- Veuillez laisser la paix à cette dame. Elle n'a certainement pas besoin de ça, lui murmura tout à coup le sous-directeur à l'oreille et en le tirant par les épaules en arrière.

Ra... Rabat-joie ! Hips ! Il se retourna vers la directrice, et son sourire s'évanouit en voyant son visage tordu par la colère. Et bien quoi ? Il tituba légèrement, s'écartant du sous-directeur.

- Heu, ne vous énervez pas, ce n'est pas bon dans votre état...

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Gabriella de Lizeux
Directrice
Général de division

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Fonction :
  • Fonda
Récits : 1310

Âge RPG : 33

MessageSujet: Re: Petit malentendu   Mer 9 Oct - 20:04

Gabriella regarda d'un air morne les derniers rapports qu'elle avait reçu. La presse se déchaînait, en ce moment, tous comme les institutions politiques. Ces braves gens insultaient publiquement le Pensionnat, désormais, réclamant une Réforme profonde et adaptée. Ils ne pouvaient donc pas comprendre qu'il fallait que ces jeunes apprennent à se maîtriser ?! Vraiment pas ? Mais enfin ! Elle poussa un long soupir et jeta cette paperasse sur un coin de son bureau. Inutile de passer une heure là-dessus.

La sonnerie lui rappela l'heure, et elle rangea ses documents. Elle n'avait pas très faim, mais étant donné la situation actuelle, mieux valait préserver des liens solides avec étudiants et enseignants. Elle descendit lentement les escaliers, réfléchissant à ce qu'elle pourrait faire en plus pour protéger le Pensionnat. Entrant dans le réfectoire, elle vit tout à coup leur infirmier s'écraser par terre devant l'estrade. Il avait encore bu ? Cela devenait une habitude ! Mais bon, comme il était très bon patricien... Elle s'avança vers lui, voulant l'inciter à garder un peu de tenue, et il lui fit un grand sourire.

Infirmier - Madame... Hoc ! De Lizeux ! Hips... Félicitations pour votre... Hips... futur enfant !

Il se pencha tout à coup et colla une oreille sur son ventre avec un air allumé. Gabriella écarquilla les yeux, ouvrant la bouche de stupeur, beaucoup trop choquée pour réagir. Mais qu'est-ce qu'il fichait ?! Il appliqua une main sur le nombril, souriant béatement. Elle serra les poings, outrée et choquée, et s'apprêtait à lui hurler dessus lorsqu'il se jeta littéralement sur elle et l'embrassa. A pleine bouche. Devant tout le monde.

La stupeur était si grande qu'elle en était tétanisée. Il se pressait contre elle, la serrant dans ses bras, puant l'alcool et la fumée de cigarette. S'il n'était pas aussi soûl, elle l'aurait sans doute assassiné sur le champs ! Il la relâcha enfin, s'écartant avec son air de pur idiot.

Infirmier - Vous ferais le suivi de grossesse, moi ! Hips ! J'aime bien... Hoc ! Les bébés !

La colère monta d'un seul coup, et elle ne prit même pas garde à leur nouveau sous-directeur qui avait jugé bon d'intervenir. Elle était plus qu'outrée, choquée, en colère, folle de rage, indignée, scandalisée, et prête à commettre un meurtre.

Infirmier - Heu, ne vous énervez pas, ce n'est pas bon dans votre état...

- ESPÈCE D’ENFOIRÉ ! hurla-t-elle de toute la force de ses poumons.

Et là, toute l'école eut droit à une magnifique démonstration de la façon dont on utilisait l'élément foudre. Il y eut un craquement de tonnerre et un grand éclair foudroyant, qui envoya valser l'infirmier valser à l'autre bout de la salle, dans un grand flash et le hurlement de douleur qui va avec. Elle ne l'avait pas tué, mais il avait sûrement des brûlures au troisième degré. Elle renifla d'un air méprisant, rajustant sa chemise, les mains encore fumantes. Le plus grand silence s'était fait.

- Appelez une ambulance pour cet imbécile, ordonna-t-elle sèchement au gardien.

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