1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Débat à la télé

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Débat à la télé   Sam 24 Aoû - 14:54

Les larmes coulaient sur ses joues, tombant sur le matelas. Il tremblait de tous ses membres, relâchant enfin toute la tension accumulée. Il avait refusé de lâcher ne serait-ce qu'un cri ou une larme devant ses parents. la porte s'ouvrit à nouveau mais il ne bougeait pas. Une main tira doucement sur la couverture et se posa sur son épaule. La prof ? Elle était restée à l'hôpital ? Il essuya ses larmes en reniflant, un peu choqué.

Prof - Allons, ce n'est pas grave, les médecins vont s'occuper de vous. Puis vous retournerai au Pensionnat. Il ne faut pas vous mettre dans des états pareils. Dites, moi, qu'est-ce qui s'est passé pour que vous pleuriez comme ça ? C'est vos parents ? Pourquoi ils ne sont pas restés plus longtemps ?

Elle lui donna un mouchoir en lui disant que ça ira. Il ne répondit pas tout de suite, les yeux dans la vague. Il était littéralement épuisé.

- Ils ne sont pas restés car ils doivent avoir des choses plus importantes à faire, j'imagine, surtout en ce moment. Mon père travaille dans l'armée.

Il laissa sa tête reposer sur l'oreiller et soupira, fermant les yeux.

Quelques jours plus tard, il fut de retour au Pensionnat, le bras en écharpe et poignet plâtré, courbaturé, une grosse attelle qui lui emprisonnait la cheville mais lui permettait au moins de marcher, et plus pâle qu'un fantôme. Alors q'il se dirigeait vers les escaliers, il croisa sœur, dans le foyer des élèves, la cheville bandée et avec des béquilles. Il s'assit à côté d'elle et la regarda, simplement, sans rien dire, mêlé entre la colère et la tristesse. Elle le regarda à son tour.

Laura - Je sais, tu m'en veux mais j'avais peur pour toi et je n'ai vu que cette option-là...

- J'ai vu nos parents à l'hôpital, Laura.

Elle blêmit, puis se figea. Il la regardait d'un air totalement impassible. Elle hésita un moment avant de reprendre la parole.

Laura - Et... Ils ont dit quoi ?

- Des paroles agréables, comme toujours. Mais comme tu sais tout, je n'ai pas besoin de te répéter mot pour mot, n'est-ce pas ? Puisque tu peux tout encaisser, tout assumer, comme tu es grande.

Laura - J'ai pas dit que j'étais grande, j'ai juste dit que même si tu étais grand, tu pourrais avoir besoin de quelqu'un. C'est pas une honte, Jaz', je suis ta sœur !

- Faire du chantage affectif, ce sont les méthodes de nos parents, mais chacun son truc, ma petite.

Laura - C'est pas du chantage affectif, tu comprends pas que je m'inquiétais pour toi ? J'avais peur, peur que tu tombes dans les escaliers ou quoi et je voulais que tu saches que j'étais là moi aussi, que tu devais pas les affronter seul.

Il secoua lentement la tête. Il n'avait pas envie de se disputer avec elle. Il s'apprêtait à s'en aller lorsque la télé attira son attention. Il crut au départ à un télé film, puis reconnut la chambre du Sénat. Il s'assit plus près brusquement, augmentant le son.

- C'est la directrice ! Regarde.

Laura - Mais... Elle est où, là ? Et pourquoi elle passe à la télé' ? Et elle fait quoi ?

- C'est le Sénat, enfin ! J'avais entendu parler d'une Conférence sur l'éducation, à Paris... Tu ne lis jamais les journaux ?

Laura - Heu... Non, j'arrive jamais à les déplier, ils sont trop grands pour moi et je comprends rien.

Les caméras étaient braquées sur la directrice, lorsqu'elle se leva, quelques documents sous le bras, et monta à la tribune. Il ne l'avait jamais vu habillée et coiffée comme ça, avec des talons aussi hauts. Lui se casserait la figure et en beauté. Il augmenta le son, la trouvant tout de même un peu effrayante pour le coup.

Directrice - Comme l'a souligné Monsieur le Sénateur, l'éducation peut prendre bien des formes et des visages. Cependant, si certaines formes de cette éducation diffèrent des autres, sont-elles condamnables pour autant ? Après tout, notre but est de fournir à chacun l'éducation qui lui convient, de répondre à chacun des besoins de nos jeunes. Or, il s'avère qu'une partie de la population disposent de prédispositions spéciales, et qu'ils doivent apprendre à maîtriser.

Il échangea un coup d'œil avec Laura. Elle comprenait plus ou moins, au vu de son air, et l'interrogea du regard. Il lui chuchota qu'elle parlait d'eux, les élèves du Pensionnat, et de leurs dons. Il reporta son regard sur l'écran, suivant attentivement.

Directrice - Le Pensionnat remplit ce rôle depuis sa fondation, en 1728. Les élèves qui en sortent deviennent des citoyens respectables et accomplis ! Étouffer un don n'est pas possible, mesdames et messieurs. Si ces jeunes n'apprennent guère à se contrôler, les dégâts qui en résulteront feront frémir d'effroi n'importe qui. D'où toute l'importance de notre école.

Il fronça les sourcils, perplexe, puis la compréhension illumina d'un seul coup son esprit. Glacé, il passa une main dans ses cheveux, sa nervosité augmentant à chaque seconde.

- Ils... Ils veulent fermer ou modifier totalement notre école ! C'est pas possible. La directrice veut sans doute empêcher ça mais... Bon sang !

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Débat à la télé   Dim 25 Aoû - 18:00

Laura avait été transportée à l’infirmerie, tandis que son frère s’était fait conduire de force à l’hôpital. Il la détestait et elle le savait, mais c’était pour son bien. Elle s’inquiétait, après tout, et lui aurait fait exactement la même chose ! Alors, il n’allait pas lui en vouloir… N’est-ce pas ? Il allait tout oublier parce qu’il l’aimait très fort, hein ? Et puis, Jasper n’était pas rancunier, elle le savait, il risquait juste de le lui rappeler durant quelques semaines… Ou quelques mois. Mais il serait tout de même gentil, vu qu’elle était en béquilles, non ? Ils avaient même trouvé des béquilles de « petite taille » juste pour elle, même si se déplacer avec ça dans le Pensionnat était… catastrophique, pénible, incroyablement dur. Laura avait presque peur de se faire plus mal avec les béquilles que sans, c’est pour dire !

Quelques jours plus tard, Laura alla s’installer dans le foyer des élèves pour attendre Jasper qui rentrait aujourd’hui d’après ce que les rumeurs disaient. Evidemment, toute l’école savait qu’il s’était fait emmener de force à l’hôpital à cause de sérieuses blessures. Pas mal d’histoires couraient, ils savaient que sa sœur y était pour quelque chose, mais… Elle se contentait d’ignorer, de se concentrer sur son travail et ses études pour ne pas penser au reste. Cependant, elle n’eut pas à attendre longtemps avant d’entendre, au loin, un « clap » qui retentissait à un rythme plus ou moins irrégulier. Laura releva la tête, vit qu’il s’agissait de Jasper et… La rabaissa aussitôt. Non, elle ne voulait pas lui parler de suite, pas maintenant. Seulement, il n’était pas du même avis qu’elle apparemment puisqu’il s’installa à ses côtés, la regardant sans rien dire. Heu… Elle était censée parler, là ? Dans son regard, elle décelait de la tristesse et de la colère… Mais elle n’avait fait cela que pour l’aider, rien de plus !

Laura – Je sais, tu m'en veux mais j'avais peur pour toi et je n'ai vu que cette option-là...

Jasper – J'ai vu nos parents à l'hôpital, Laura.

… Leurs… Leurs parents ? Laura blêmit instantanément puis se figea, commençant à le dévisager pour s’assurer qu’il n’avait aucune blessure supplémentaire. Elle le détailla assez longtemps, plus qu’inquiète à présent, culpabilisant de l’avoir envoyé à l’hôpital pour ça. Elle n’avait pas pensé que leurs parents se déplaceraient pour le voir, vu qu’ils se foutaient littéralement de leurs enfants ! Laura hésita un long moment, ne répondant pas dans un premier temps, cherchant ses mots pour ne pas poser de questions stupides, puis demanda :

Laura – Et... Ils ont dit quoi ?

Jasper – Des paroles agréables, comme toujours. Mais comme tu sais tout, je n'ai pas besoin de te répéter mot pour mot, n'est-ce pas ? Puisque tu peux tout encaisser, tout assumer, comme tu es grande.

D’accord… Il lui en voulait. Beaucoup, même. Laura eut un léger pincement au cœur en entendant tout cela, mais ne le montra pas. Elle ne comptait pas céder aujourd’hui, elle savait qu’elle avait eu raison d’agir ainsi.

Laura – J'ai pas dit que j'étais grande, j'ai juste dit que même si tu étais grand, tu pourrais avoir besoin de quelqu'un. C'est pas une honte, Jaz', je suis ta sœur !

Jasper – Faire du chantage affectif, ce sont les méthodes de nos parents, mais chacun son truc, ma petite.

Laura – C'est pas du chantage affectif, tu comprends pas que je m'inquiétais pour toi ? J'avais peur, peur que tu tombes dans les escaliers ou quoi et je voulais que tu saches que j'étais là moi aussi, que tu devais pas les affronter seul.

Jasper secoua la tête, semblant prêt à partir. Quoi, et c’était tout ? Il allait partir comme cela, ne lui répondant même pas ? Mais c’était injuste, elle n’avait pas à regretter ce qu’elle avait fait ! Laura était sûre et certaine d’avoir agi au mieux, même si la visite de leurs parents n’était pas prévue. Et puis, Jasper s’en était tiré sans trop de problèmes apparemment, donc le sujet était clos. N’est-ce pas ? Elle ne risquait plus rien et il n’allait plus aborder le sujet, donc, tout était parfait. Laura aurait presque pu soupirer de soulagement si elle n’avait pas été interrompue par la réaction étonnée de Jasper qui augmentait le son de la télévision en s’en rapprochant :

Jasper – C'est la directrice ! Regarde.

La… Hein ? La directrice ? A la télévision ? Et elle était où, là ? Et que faisait-elle là-bas, d’ailleurs ? C’était un endroit plutôt bien décoré, l’air officiel, des journalistes, une assemblée… La directrice était habillée comme lors des grandes occasions, coiffée comme si elle allait dans un endroit fréquenté par des gens nobles et… Elle faisait franchement peur, dans cette tenue. Perdue, Laura demanda :

Laura – Mais... Elle est où, là ? Et pourquoi elle passe à la télé' ? Et elle fait quoi ?

Jasper – C'est le Sénat, enfin ! J'avais entendu parler d'une Conférence sur l'éducation, à Paris... Tu ne lis jamais les journaux ?

Les journaux ? Ces gros trucs qu’elle galérait toujours à replier dès qu’elle avait le malheur d’en déplier un ou d’avoir l’idée d’en lire un ? Et puis, elle ne comprenait rien à l’organisation des journaux, alors non, elle ne les lisait jamais. Un peu honteuse, Laura répondit à son frère avec la plus grande sincérité du monde :

Laura – Heu... Non, j'arrive jamais à les déplier, ils sont trop grands pour moi et je comprends rien.

La directrice se leva, Jasper augmenta le son. Laura trouvait toujours les discours d’un ennui sans nom, mais voir quelqu’un qu’elle connaissait, au moins de loin, à la télévision était étrange et attisait son intérêt. Elle restait donc avec son frère, tentant de comprendre ce qu’il se disait :

Directrice – Comme l'a souligné Monsieur le Sénateur, l'éducation peut prendre bien des formes et des visages. Cependant, si certaines formes de cette éducation diffèrent des autres, sont-elles condamnables pour autant ? Après tout, notre but est de fournir à chacun l'éducation qui lui convient, de répondre à chacun des besoins de nos jeunes. Or, il s'avère qu'une partie de la population disposent de prédispositions spéciales, et qu'ils doivent apprendre à maîtriser.

De prédi… Quoi ? Hein ? Laura secoua la tête, comme pour essayer de remettre de l’ordre dans ses idées. Des prédisquoi ? Elle n’avait pas tout compris, pour le coup. Et puis, de quoi la directrice parlait-elle, là ? Saisir un débat au vol, pour une adolescente, était plus que compliqué, surtout avec les mots qu’ils utilisaient. Elle lança un regard à Jasper lorsqu’il se tourna vers elle, l’interrogeant pour comprendre. Il lui chuchota que la directrice parlait d’eux. Ah… D’accord. Bon, elle suivait plus ou moins, mais c’était dur.

Directrice – Le Pensionnat remplit ce rôle depuis sa fondation, en 1728. Les élèves qui en sortent deviennent des citoyens respectables et accomplis ! Étouffer un don n'est pas possible, mesdames et messieurs. Si ces jeunes n'apprennent guère à se contrôler, les dégâts qui en résulteront feront frémir d'effroi n'importe qui. D'où toute l'importance de notre école.

Etouffer un don ? Pourquoi parlait-elle de cela ? Elle les détestait à ce point ? Qu’avaient-ils loupé, au juste ? Depuis combien de temps ce débat avait-il commencé ? Et puis… Une minute… Non. Non, non, non. Laura devait sûrement mal comprendre, son cerveau avait loupé une information primordiale et elle avait interprété les choses n’importe comment. Elle ne quittait pas l’écran des yeux, choquée, cherchant à comprendre ou à se remémorer ce qu’elle venait d’entendre. Elle avait sûrement mal compris, il n’y avait pas d’autres explications possibles.

Jasper – Ils... Ils veulent fermer ou modifier totalement notre école ! C'est pas possible. La directrice veut sans doute empêcher ça mais... Bon sang !

... Si. Laura avait bel et bien compris ce que voulait dire la directrice. Ils voulaient fermer l’école… Mais où ils iraient ? Et s’ils étaient séparés ? Si les élèves du pensionnat étaient répartis un peu partout, au compte-goutte, et séparés selon les éléments ? Une vague de panique se répandait progressivement à l’intérieur de Laura. Elle ne voulait pas être séparée de son frère et elle ne voulait surtout pas rentrer chez elle, avec leurs parents qui allaient les sermonner pour ne pas être des enfants « normaux ». Elle voulut dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. A la place, elle se blottit dans les bras de son frère, le serrant contre elle pour se rassurer tout en faisant très attention à se mettre de manière à ne pas lui faire mal – pas facile avec un bras en écharpe, mais soit. Elle avait peur.

Un autre homme se leva, prenant la place de leur directrice, après avoir applaudi d’une façon hautaine et méprisante, comme s’il la détestait. Laura comprit plus ou moins pourquoi par la suite, un genre d’écriteau ou une banderole, bref, une indication renseigna le nom de l’homme en question : le Sénateur. Laura ne quittait pas les bras de son grand frère, mais écoutait toujours :

Sénateur – Bien, Mademoiselle, très bien. Vous venez de prouver qu'avoir un joli minois ne suffit pas pour diriger une école, surtout de ce prestige. Mesdames et messieurs, notre chère Miss ici présente devrait se contenter de rester chez elle à tricoter si elle n'est pas capable de faire un raisonnement convenable. J'ai ici quelques documents qui pourront vous éclairer.

Eh bah, il ne l’aimait pas du tout, le Sénateur. D’accord, leur directrice n’était pas un ange, elle était plus sadique que quiconque dans l’école et Laura ne l’aimait pas beaucoup, mais… Quand même. Pour le coup, elle détestait plus le Sénateur que la directrice.

Sénateur – Un de nos compatriotes, Monsieur Yves Chato, a accepté de nous fournir son témoignage. Grâce à un travail acharné, effectué durant son adolescence, il a pu étouffer son don. Pas le faire disparaître, je le conçois, simplement l'atténuer presque entièrement. De plus, la médecine avançant à grands pas dans ce cas, nous pouvons supposer que bientôt, ces dons auront disparus.

La médecine ? La disparition des dons ? L’étouffement de leur don ? Mais Laura voulait garder son don ! Elle ne voulait pas le perdre, elle voulait le garder, le développer, l’utiliser ! Elle adorait l’eau, manier cet élément qu’elle connaissait à peine, elle voulait en apprendre davantage et non pas taire son don. Elle leva un regard terrifié vers Jasper, sentant les larmes monter. Elle ne voulait pas… Ils ne pouvaient pas faire cela… C’était impossible. Et ils voulaient les opérer pour cela ou faire quelque chose dans ce style ? Mais elle ne voulait pas ! Non, hors de question !

Sénateur – Il est plus que temps soit reprise en mains. Par quelqu'un de fiable, et de sérieux. Autrement, tout le contraire de Mademoiselle. D'ailleurs, j'aurais une question vous poser, Miss : Vous osez penser pouvoir diriger une telle école, une école prisée, chic, et Catholique, alors que vous ne respectez pas vous-même les bonnes mœurs ? L'Eglise désapprouve les mères non mariées, mademoiselle ! Et ce Pensionnat n'a pas besoin d'une dépravée à sa tête.

… Il… C’était… Il avait dit « mères non mariées » ? Alors… Tout était de leur faute ? Si jamais le Pensionnat fermait, c’était de leur faute ? Mais jamais Laura n’aurait pensé cela, jamais elle n’aurait cru que cette histoire risquait de provoquer la fermeture de leur école ! Terrorisée, un sentiment de culpabilité l’envahissant de plus en plus, Laura lâcha en se sentant presque défaillir après avoir réalisé tout cela :

Laura – Qu’est-ce qu’on a fait… C’est… à cause de nous ?

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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Débat à la télé   Lun 26 Aoû - 9:33

Le vieux sénateur parlait d'une façon hautaine et arrogante, et on sentait das sa voix qu'il haïssait leur directrice et le Pensionnat avec. Jasper était outré que l'on s'adresse à une personne de cette manière, fusse-t-elle Gabriella de Lizeux. Laura contre lui, les yeux plissés, il suivait le débat avec une attention extrême.

Les caméras montraient parfois le "public". Jasper reconnaissait certains d'entre eux, pour les avoir vu à la télé ou dans les journaux. Ou même dans les réceptions que leurs parents organisaient, et où lui et Laura étaient tenus d'assister, en restant "de bons enfants polis et bien élevés". Naturellement, il avait toujours veillé à paraître l'inverse, ce qui lui avait valu quelques coups et séjours dans le petit cachot du sou-sol.

Sénateur – Un de nos compatriotes, Monsieur Yves Chato, a accepté de nous fournir son témoignage. Grâce à un travail acharné, effectué durant son adolescence, il a pu étouffer son don. Pas le faire disparaître, je le conçois, simplement l'atténuer presque entièrement. De plus, la médecine avançant à grands pas dans ce cas, nous pouvons supposer que bientôt, ces dons auront disparus.

Il voulait faire disparaître ces dons grâce à la médecine ?! Jasper écarquilla les yeux, glacé d'horreur. Ils n'avaient pas le droit de faire ça ! Ce n'était pas une maladie, non plus ! D'accord, ils vivront peut-être en paix, mais à quel prix ? Sentir ce pouvoir qui les faisait frémir disparaître à jamais ? C'était hors de question ! Pour la première fois de son existence, il soutenait entièrement la Directrice, priant pour qu'elle puisse défendre l'école, les défendre tous.

Sénateur – Il est plus que temps soit reprise en mains. Par quelqu'un de fiable, et de sérieux. Autrement, tout le contraire de Mademoiselle. D'ailleurs, j'aurais une question vous poser, Miss : Vous osez penser pouvoir diriger une telle école, une école prisée, chic, et Catholique, alors que vous ne respectez pas vous-même les bonnes mœurs ? L'Eglise désapprouve les mères non mariées, mademoiselle ! Et ce Pensionnat n'a pas besoin d'une dépravée à sa tête.

...

D'accord, celle-là, il ne s'y était pas attendu.... Le gouvernement pensait se servir de ça contre le Pensionnat et... mais non ! JAMAIS ils n'avaient voulu cela ! Jamais, jamais, jamais, c'était... mais non ! Un sentiment de culpabilité commença à lui ronger l'estomac. Se faire insulter ainsi devant toute la France devait être terrible, et c'était de leur faute. Laura en avait les larmes aux yeux, blottie contre lui.

Laura – Qu’est-ce qu’on a fait… C’est… à cause de nous ?

- Ils ne vont pas fermer le pensionnat parce qu'elle est enceinte, Laura... C'est un élément de plus pour l'attaquer... Ecoute.

Directrice - Pour quelqu'un qui se targue de connaître les bonnes mœurs, Monsieur, vous êtes pourtant particulièrement grossier en portant une attaque sur un sujet qui ne concerne que ma vie privée. Il n'est pas question de moi, mais de l'avenir du Pensionnat Sainte Famille. Cette école, mesdames et messieurs, est le seul établissement de ce genre en France. Toute personne ne possédant pas de dons ne peut concevoir les dégâts qui résulteraient d'un pouvoir réprimé. Je pense que Monsieur de la Valiere pourra vous en faire une esquisse, et vous faire comprendre les dangers si l'on tente d'étouffer les dons des élèves du Pensionnat.

- Bien envoyé, marmonna Jasper.

Un autre homme prit place sur la tribune, tenant lui aussi des documents. Plus grand que la directrice, il portait un costume impeccable, qui lui donnait l'air d'un président. Curieusement, Jasper avait l'impression de 'avoir déjà vu quelque part. Il avait comme un petit air de famille avec une personne qu'il connaissait. Il intercepta le regard qu'il lança à la directrice et eut un maigre sourire.

- Je te présente le preux chevalier de madame de Lizeux, Laura, tu as vu comment il la regarde ?

Son sourire s'effaça lorsqu'il sut l'identité de cet homme. Auguste de la Valiere. Oh ! Trop jeune pour être le père de leur professeur de feu. Un frère, peut-être ? Ou un cousin , Il lui ressemblait assez pour être son frère. Il commença à parler, et Jasper se recala dans son fauteuil. Il défendait, bien évidemment, le Pensionnat, lui aussi. A un moment, il fit un signe, et une photo s'afficha sur l'écran derrière lui. On y voyait un jeune de leur âge, qui n'avait pas l'air particulièrement en forme.

M de la Valiere - Voici Pierre Lin ! Monsieur Lin possédait un don de l'eau. Quand c'est parents l'on découvert, il lui on interdit de s'approcher d'un quelconque source d'eau, ne lui donnant même que le minimum a boire. Que c'est-il passé ensuite me demanderiez-vous ? Et bien tout l'eau environnante s'est rapproché au fur et a mesure des semaines, comme attiré par Pierre. Mais, obstinément, on lui refusait d'utiliser son don. L'eau détruisit les fondations, faisant écrouler la maison, cherchant à atteindre le jeune homme qui en avaient besoin de façon vitale. Personne ne peut vivre sans ce qui fait partie intégrante de lui-même.

Jasper ne put s'empêcher de faire une horrible grimace et rapprocha instinctivement Laura de lui. L'exposé se poursuivit, montrant d'autres enfants, d'autres catastrophes. Jasper priait intérieurement pour que le frère de la prof et la directrice remportent le débat. Pour qu'ils préservent l'école. Il ne loupait pas un mot, analysant le moindre détail qui s'offrait à lui. Il avait peur, oui, mais il fallait tenir, au moins pour assurer l'avenir de leur école.

M de la Valiere - Alors maintenant que préférez-vous Monsieur, priver des enfants de ce qui fait parti intégrante d'eux, ou leur apprendre à être des adultes responsable qui peuvent sauvé des vies ?

Jasper retenait son souffle. Il avait peur de la contre-attaque, peur de ce qui allait suivre...

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MessageSujet: Re: Débat à la télé   Jeu 29 Aoû - 20:19

Allongé sur le dos sur son lit, dans le dortoir, mains sous la nuque, Antoine observait pensivement le plafond. Il était en colère, même s'il veillait à ne pas le montrer. En colère que son meilleur ami, son propre meilleur ami, n'ait même pas été fichu de lui dire qu'il avait mal, qu'il avait été frappé par son père, qu'il était blessé et ne se soignait pas. Il poussa un long et énorme soupir. Jasper. POURQUOI ne disait-il jamais rien ?! Il pensait vraiment pouvoir tout assumer tout seul, sans aucune aide ?

Quelques jours plus tôt, la rumeur avait circulé comme quoi la dirlo avait envoyé Jasper à l'hôpital de force. Maintenant, tout le monde savait qu'il avait été blessé et n'avait pas voulu le dire. Après tout, il avait été "viré" du cours, et n'était pas revenu. Et en mauvais état, même un aveugle s'en serait aperçu. Après un autre soupir, il se leva. Quelques élèves étaient surexcités, et couraient dans les couloirs, se massant devant la salle des professeurs pour voir la télé. Il fronça les sourcils. La Directrice en personne ! Il mit un moment avant de reconnaître l'endroit. Le Sénat.

Directrice - Pour quelqu'un qui se targue de connaître les bonnes mœurs, Monsieur, vous êtes pourtant particulièrement grossier en portant une attaque sur un sujet qui ne concerne que ma vie privée. Il n'est pas question de moi, mais de l'avenir du Pensionnat Sainte Famille. Cette école, mesdames et messieurs, est le seul établissement de ce genre en France. Toute personne ne possédant pas de dons ne peut concevoir les dégâts qui résulteraient d'un pouvoir réprimé.

Ah oui, le débat ! Il avait totalement oublié qu'il se déroulait aujourd'hui. Il descendit les escaliers, où d'autres rejoignaient le foyer des élèves, pourvu également d'une télévision. Il eut la surprise de voir Jasper, pâle, le bras en écharpe, poignet plâtré, et la cheville prisonnière d'une grosse attelle, assis près de sa sœur, qui elle était en béquilles. Il s'approcha discrètement, écoutant ce qui se disait à la télé.

M de la Valiere - Voici Pierre Lin ! Monsieur Lin possédait un don de l'eau. Quand c'est parents l'on découvert, il lui on interdit de s'approcher d'un quelconque source d'eau, ne lui donnant même que le minimum a boire. Que c'est-il passé ensuite me demanderiez-vous ? Et bien tout l'eau environnante s'est rapproché au fur et a mesure des semaines, comme attiré par Pierre. Mais, obstinément, on lui refusait d'utiliser son don. L'eau détruisit les fondations, faisant écrouler la maison, cherchant à atteindre le jeune homme qui en avaient besoin de façon vitale. Personne ne peut vivre sans ce qui fait partie intégrante de lui-même.

Beuh. Antoine mit une main sur sa bouche pour retenir un hoquet d'effroi. Lui se serait tiré une balle si on l'avait empêché de rejoindre l'océan, d'y plonger, de nager, de nager, encore et encore, sentir l'eau couler entre ses doigts, ruisselant partout, l'enivrant totalement. Il mourait si on le privait de cela ! Il suivit la conférence avec de longs frissons d'horreur.

Les quelques autres élèves s'agitaient aussi. Une seule question occupait tous les esprits : L'école allait-elle rester ouverte ? Et si oui, des changements y seront-ils apportés ? Pour la première fois, tout le monde soutenait unanimement la directrice. Miracle, pourrait-on dire ! Elle qui avait la réputation d'une femme sévère, colérique et sadique, ils étaient tous derrière elle tandis qu'elle se battait pour assurer l'avenir de l'école. Et leur avenir à tous.

Sénateur - Je préfère, lança-t-il d'une voix très claire, protéger les intérêts de la France et de la population ! Votre exposé était très touchant, mais je constate que vous n'avez pas abordé certains problèmes, qu'il ne convient pourtant pas de passer sous silence.

Ce vieux shnock commençait sérieusement à lui taper sur le système ! Qu'avait-il contre le Pensionnat ?! Et ce ton mauvais, désobligeant, arrogant ! Il retint une inspiration, toujours dans le dos des deux Karinofs, concentrés sur l'écran. Il se demandait si Laura comprenait absolument tout. Elle était quand même jeune...

Sénateur - Je propose donc de placer dès maintenant le Pensionnat Sainte Famille sous curatelle renforcée. Et sous contrôle de l'armée. Cependant, n'ayez crainte. Aucun cours ne sera perturbé ! Les élèves mèneront leurs vie comme avant. Les seuls changement interviendront dans le fonctionnement de l'école. Et M Dey ici présent pourra poursuivre plus activement ses recherches médicales pour aider tous nos jeunes. La décision doit maintenant revenir à notre Président, avec l'aide de ses ministres, ainsi que du conseil d'administration du Pensionnat.

Il y eut un véritable tollé. Tous les élèves qui suivaient la conférence sautèrent de leurs sièges en hurlant d'indignation, criant au scandale. La télévision fuit éteinte brusquement, et Antoine soupira longuement. Il vint s'asseoir avec Jasper et Laura, leur lançant un regard aiguë, sans tenir compte de l'agitation. De toute façon, leurs condisciples vidèrent bientôt les lieux pour courir voir les profs.

Le silence retomba rapidement. Antoine avait les lèvres serrées, encore sous le choc de ce qu'il venait d'entendre. Il regarda le frère et la sœur, sonné, puis secoua la tête.

- Avant qu'on ne crie avec les autres pour ce qu'on vient d'entendre... Jasper, donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer pour m'avoir caché ton état !
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Jasper K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Débat à la télé   Ven 30 Aoû - 10:55

Sénateur - Je préfère, lança-t-il d'une voix très claire, protéger les intérêts de la France et de la population ! Votre exposé était très touchant, mais je constate que vous n'avez pas abordé certains problèmes, qu'il ne convient pourtant pas de passer sous silence.

Protéger la France et sa population ? En quoi étaient-ils un danger ?! Jasper serra les dents, tendu et furieux. Protéger la France et la population... Ils n'étaient pas des monstres non plus. C'était parfaitement injuste de penser comme cela, de voir des problèmes là où il n'en y avait pas. Le sénateur se plaça à la tribune à son tour. Jasper se mordilla les lèvres, anxieux. Il entendait de l'agitation, derrière eux, mais n'y prenait pas garde.

Sénateur - Les jeunes dont nous a parlés le très estimé compagnon de mademoiselle de Lizeux n'a pas jugé utile de préciser que les jeunes dont il nous a parlés n'ont pas eu d'accompagnement pour étouffer leurs dons. Il ne sera bien entendu pas question de laisser ces jeunes seuls dans ce rude combat ! D'ailleurs, je pose la question à tous. Quel parent souhaite que son enfant soit en-dehors du groupe et ne puisse pas s'intégrer ? Ces "dons" ne sont rien de plus qu'une déviation de la nature, une malformation.

QUOI ?! Jasper retint un grognement de rage. Une malformation, et puis quoi encore ?! Personne ici ne voulait redevenir "normal" ! Ces dons étaient un cadeau de la nature pas une maladie ! Et s'ils apprenaient à les contrôler, quel mal feraient-ils ?! Il n'était pas question de combattre pour s'en débarrasser, mais bien pour les contrôler !

Sénateur - Je propose donc de placer dès maintenant le Pensionnat Sainte Famille sous curatelle renforcée. Et sous contrôle de l'armée. Cependant, n'ayez crainte. Aucun cours ne sera perturbé ! Les élèves mèneront leurs vie comme avant. Les seuls changement interviendront dans le fonctionnement de l'école. Et M Dey ici présent pourra poursuivre plus activement ses recherches médicales pour aider tous nos jeunes. La décision doit maintenant revenir à notre Président, avec l'aide de ses ministres, ainsi que du conseil d'administration du Pensionnat.

Jasper ouvrit grand la bouche, indigné, alors que des hurlements s'élevaient tout autour d'eux. On criait, on se levait en brandissant le point, on hurlait, on s'indignait on s'énervait, on appelait les professeurs. Quelqu'un éteignit la télé, le tout dans la confusion la plus totale. Jasper avait du mal à croire à ce qu'il venait d'entendre. Le Pensionnat placé sous contrôle de l'armée ? Non... Non, non, ce n'était pas possible ! Il refusait qu'ils servent de cobayes à des chercheurs de l'armée ! Ils ne voulaient pas être "aidés", ils voulaient garder leurs dons !

Antoine les rejoignit tout à coup, s'asseyant près d'eux. Les autres élèves étaient partis rejoindre les autres à la salle des professeurs, pour crier ou se rassurer. Un vent de peur et de panique s'était abattu sur l'école. Et si la directrice ne parvenait pas à renverser la vapeur ? Qu'allaient-ils tous devenir ? Il retint un frémissement, plus pâle que jamais.

Antoine - Avant qu'on ne crie avec les autres pour ce qu'on vient d'entendre... Jasper, donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer pour m'avoir caché ton état !

Le jeune Karinof ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, exaspéré.

- De un, je me suis toujours débrouillé seul pour ça, je ne voulais pas que tu t'inquiètes, de deux, tu crois vraiment que ça a la plus petite importance, là ?! L'armée est sur le point de prendre le contrôle de l'école ! Alors tu crois franchement que deux ou trois bleus ont la moindre importance ?

Il regarda alternativement sa sœur et Antoine. Ils ne comprenaient donc pas toute la gravité de la situation ?

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Débat à la télé   Ven 30 Aoû - 11:58

Jasper – Ils ne vont pas fermer le pensionnat parce qu'elle est enceinte, Laura... C'est un élément de plus pour l'attaquer... Ecoute.

Un élément en plus pour l’attaquer… Peut-être, mais en attendant, il ridiculisait la directrice devant tout le pays à cause d’eux. A cause de quelque chose qui était censé la rendre heureuse, et puis l’ennuyer un petit peu aussi. Mais ils n’avaient pas du tout pensé à cela ! Laura avait peur… Peur de perdre tout cela, peur de perdre son frère, peur de perdre son don.

Directrice – Pour quelqu'un qui se targue de connaître les bonnes mœurs, Monsieur, vous êtes pourtant particulièrement grossier en portant une attaque sur un sujet qui ne concerne que ma vie privée. Il n'est pas question de moi, mais de l'avenir du Pensionnat Sainte Famille. Cette école, mesdames et messieurs, est le seul établissement de ce genre en France. Toute personne ne possédant pas de dons ne peut concevoir les dégâts qui résulteraient d'un pouvoir réprimé. Je pense que Monsieur de la Valiere pourra vous en faire une esquisse, et vous faire comprendre les dangers si l'on tente d'étouffer les dons des élèves du Pensionnat.

Jasper – Bien envoyé.

Laura leva la tête vers son frère et la tourna de nouveau vers la télévision. Oui, la Directrice n’avait pas tort, mais…  Cela allait suffire ? Vraiment ? Le grand homme à l’air méchant ne donnait pas l’impression de se laisser avoir aussi facilement que cela. Elle avait l’impression qu’il allait enfoncer leur directrice encore et encore, en utilisant des informations qu’il avait eues elle ne savait pas comment. Et tout risquait de dégringoler, de dégénérer, le Pensionnat risquait de fermer… Jasper était peut-être rassuré pour l’instant, mais pas Laura. Alors là, pas du tout. Même s’il fallait admettre que leur directrice avait éloigné le sujet de sa grossesse avec adresse. Mais le débat ne s’arrêtait pas là, car un autre homme, qu’ils n’avaient jamais vu, se leva et vint rejoindre la directrice devant le public pour prendre la parole. Et lui, c’était qui ? Laura tourna la tête vers Jasper pour le lui demander lorsqu’il eut un maigre sourire en disant :

Jasper – Je te présente le preux chevalier de madame de Lizeux, Laura, tu as vu comment il la regarde ?

Laura fronça les sourcils et regarda le « chevalier » de leur directrice plus attentivement. C’est vrai qu’il était…  Oh. Cela aurait presque pu être mignon si les circonstances avaient été différentes. Mais peut-être allait-il trouver les mots justes pour aider la directrice à défendre le Pensionnat ? Ou alors allait-il l’enfoncer ? Mais non, il n’avait pas l’air de vouloir faire une telle chose vu le regard qu’il lui lançait. Après, on le présenta comme étant Auguste de la Valiere. Ce nom ne lui disait strictement rien… Bah, peu importe, tant qu’il défendait le Pensionnat. Il fit un signe et une image apparut derrière lui, révélant un enfant qui avait l’air très mal en point. Il faisait presque… peur. Oui, peur. Laura réprima un frisson, attendant d’en savoir plus.

M. de la Valiere – Voici Pierre Lin ! Monsieur Lin possédait un don de l'eau. Quand ses parents l'ont découvert, ils lui ont interdit de s'approcher d’une quelconque source d'eau, ne lui donnant même que le minimum à boire. Que s'est-il passé ensuite me demanderiez-vous ? Et bien toute l'eau environnante s'est rapprochée au fur et a mesure des semaines, comme attirée par Pierre. Mais, obstinément, on lui refusait d'utiliser son don. L'eau détruisit les fondations, faisant écrouler la maison, cherchant à atteindre le jeune homme qui en avait besoin de façon vitale. Personne ne peut vivre sans ce qui fait partie intégrante de lui-même.

… Alors, ce garçon était comme elle ? Il était… Si jamais ils forçaient les enfants à ne plus utiliser leur don, Laura allait être comme lui et détruire des villes entières ? Si un enfant, un seul au même don qu’elle, pouvait faire de telles choses, elle n’osait pas imaginer ce que pouvaient en faire plus d’une dizaine… Et puis, il avait l’air si triste. Si déprimé, si mal en point, si… Non, c’était horrible. Incapable de regarder plus longtemps, tandis que d’autres photos défilèrent, la jeune fille fourra sa tête dans le bras de son frère pour ne plus voir tout cela. Elle était littéralement terrorisée et Jasper s’en était sans doute rendu compte vu qu’il l’avait rapprochée de lui.

M. de la Valiere – Alors maintenant que préférez-vous Monsieur, priver des enfants de ce qui fait parti intégrante d'eux, ou leur apprendre à être des adultes responsable qui peuvent sauver des vies ?

Laura n’osait pas tourner la tête vers la télévision, mais la peur et la curiosité l’y poussaient. Elle vit leur directrice et cet homme redescendre alors que le Sénateur prenait leur place. Il n’avait pas l’air plus dérouté, attristé ou apeuré que cela par tout ce que venait de montrer Monsieur de la Valiere… Laura le sentait définitivement très mal.

Sénateur – Je préfère protéger les intérêts de la France et de la population ! Votre exposé était très touchant, mais je constate que vous n'avez pas abordé certains problèmes, qu'il ne convient pourtant pas de passer sous silence.

Mh ? Et qu’avait-il oublié ? Il avait parlé des enfants, d’eux, qui représentaient apparemment la menace selon le point de vue du Sénateur. Mais ils n’allaient faire de mal à personne ! Jamais Laura n’avait utilisé son don pour se défendre, et jamais elle ne le ferait. Elle préférait se tuer que de faire du mal à des gens, jamais, ô grand jamais elle n’aurait osé balancer de l’eau en grande quantité à quelqu’un ! Enfin, si, à son frère, mais ça, c’était normal vu qu’il l’emmerdait franchement parfois. Mais sans volonté de le tuer pour autant ! Du bruit commençait à se faire entendre dans les pièces voisines, dans les couloirs, mais Jasper ne semblait pas y faire attention et Laura voulait savoir ce que pensait le Sénateur.

Sénateur – Les jeunes dont nous a parlés le très estimé compagnon de mademoiselle de Lizeux n'a pas jugé utile de préciser que les jeunes dont il nous a parlés n'ont pas eu d'accompagnement pour étouffer leurs dons. Il ne sera bien entendu pas question de laisser ces jeunes seuls dans ce rude combat ! D'ailleurs, je pose la question à tous. Quel parent souhaite que son enfant soit en-dehors du groupe et ne puisse pas s'intégrer ? Ces "dons" ne sont rien de plus qu'une déviation de la nature, une malformation.

Une… malformation ? Mais… Mais ils étaient normaux ! Ils mangeaient, ils buvaient, ils dormaient, ils suivaient des cours, ils avaient deux oreilles, deux yeux, une bouche… Ils étaient on ne peut plus normaux ! Laura sentait que son frère était aussi tendu qu’elle, elle savait qu’il se retenait sûrement pour ne pas détruire la télévision, la réduire en cendres. Elle ne voulait pas perdre son don, elle ne voulait pas qu’on « l’aide » à s’en débarrasser. Quant aux parents… Laura ne put s’empêcher de grimacer lorsque le Sénateur les évoqua. S’il fallait se retourner vers les parents des élèves, ils étaient foutus d’avance…

Sénateur – Je propose donc de placer dès maintenant le Pensionnat Sainte Famille sous curatelle renforcée. Et sous contrôle de l'armée. Cependant, n'ayez crainte. Aucun cours ne sera perturbé ! Les élèves mèneront leur vie comme avant. Les seuls changements interviendront dans le fonctionnement de l'école. Et M. Dey ici présent pourra poursuivre plus activement ses recherches médicales pour aider tous nos jeunes. La décision doit maintenant revenir à notre Président, avec l'aide de ses ministres, ainsi que du conseil d'administration du Pensionnat.

Sous quoi ? Tous les élèves hurlaient, levaient le poing, se pressaient près des professeurs, réclamaient que cela s’arrête et encore bien d’autres choses dans la confusion totale. Mais c’était quoi, une curamachin renforcée ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Laura ne comprenait rien, elle savait juste que c’était une mauvaise nouvelle vu les réactions des élèves. Elle était complètement perdue et allait demander le fin mot du discours du Sénateur à Jasper lorsque quelqu’un éteignit la télévision. Laura tourna la tête pour voir de qui il s’agissait et vit Antoine s’asseoir en face d’eux, les lèvres serrées, l’air complètement sonné. Mais qu’est-ce que ça voulait dire ?! Quelqu’un allait-il lui expliquer ? Elle se calma deux secondes, se remémorant ce qu’avait dit le Sénateur juste après alors que le silence revenait. Il avait parlé de l’armée, oui, mais… Et après ? Ils allaient mettre des gens de l’armée dans l’école ? Laura voulait comprendre !

Et puis, il avait aussi parlé de recherches médicales… Sur eux ? Ils allaient donc être des cobayes pour le gouvernement ? Ils n’allaient même plus être libres de leurs mouvements ? En gros, il y aurait l’armée dans le Pensionnat et des médecins partout ? C’était ça ? Ou Laura était-elle complètement à côté de la plaque ? Quoi qu’il en soit, elle avait peur… Elle avait resserré son étreinte sur son frère, inconsciemment, tandis qu’Antoine lâchait :

Antoine – Avant qu'on ne crie avec les autres pour ce qu'on vient d'entendre... Jasper, donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer pour m'avoir caché ton état !

Hein ? Ah… Oui. Juste, Laura l’avait révélé à Antoine en engueulant son frère il y avait de cela quelques jours pour le pousser à aller à l’hôpital. Toute cette histoire semblait bien loin, maintenant, comme si elle s’était déroulée il y avait des semaines, des mois ou des années. Bon, Laura comprenait qu’Antoine veuille crier vu que Jasper venait seulement de revenir, mais… Après, elle savait que son frère allait profiter de l’agitation pour se défiler. Elle regarda son frère lorsqu’il leva les yeux au ciel et sut presqu’immédiatement qu’il allait éviter le sujet. Devait-elle poser sa question, ou devait-elle les laisser parler ?

Jasper – De un, je me suis toujours débrouillé seul pour ça, je ne voulais pas que tu t'inquiètes, de deux, tu crois vraiment que ça a la plus petite importance, là ?! L'armée est sur le point de prendre le contrôle de l'école ! Alors tu crois franchement que deux ou trois bleus ont la moindre importance ?

Bingo. Il se défilait. Mais Antoine n’allait sûrement pas laisser son meilleur ami s’en tirer aussi facilement vu que, de toute façon, les élèves ne pouvaient pas faire grand-chose. Mais elle voulait juste poser une question. Une toute petite question. D’une voix timide, Laura demanda en s’adressant à Jasper et Antoine :

Laura – Avant que vous ne continuiez… Je peux juste savoir ce que veut dire « curatelle renforcée » ? Ils vont faire quoi ?

Jasper lui expliqua tout en long et en large. Plus il étalait ses explications, plus le visage de Laura se décomposait. Elle n'avait pas envie de vivre tout cela, elle n'avait pas envie de perdre son frère, ses cours et, encore pire, de rentrer chez ses parents. Encore que... Leurs parents les laisseraient ici, elle en était sûre. Le rêve de leur père n'était pas que Jasper soit engagé dans l'armée ou, du moins, qu'il suive ses traces ? Il allait être ravi... Laura prit ses béquilles et essaya de se lever, aidée par son frère. Elle avait besoin d'air. Alors, libre à Antoine et Jasper de s'engueuler, mais c'était sans elle.

Laura – Faut que je sorte. Pas la peine de m'aider, je me débrouillerai seule.

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