Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Retrouvailles et exploration

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Laura K. Nakajima
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Retrouvailles et exploration   Sam 4 Aoû - 13:08

Cette nouvelle école était… très particulière. Avec les arbres plantés un peu partout, les différents bâtiments et l’agencement du terrain, Laura n’avait plus trop l’impression d’être dans un pensionnat. Et, après ce que leur avait brièvement expliqué monsieur Nakajima la veille, elle en comprenait les raisons mais cela restait tout de même perturbant. Naturellement, il ne pouvait pas tout dire. Elle l’avait compris sans aucun problème, pour une fois, et… Très sincèrement, elle ne voulait pas en savoir plus. Elle voulait aider, vraiment, mais elle avait compris, au Japon, pourquoi les adultes engagés évitaient de mêler les enfants à cette guerre. C’était comme avec la famille Nakajima… Certains pouvaient accepter tout, ou en grosse partie, mais d’autres restaient plus fragiles ou distants et risquaient de faire plus de mal que de bien en souhaitant s’impliquer. Et elle, avec ce nouveau don, souhaitait s’impliquer mais savait qu’elle ne comprenait pas tout. C’était impossible, elle n’avait pas assez de connaissances, pas assez de recul, et l’avait clairement ressenti en étant à des milliers de kilomètres de la France.

En quelques sortes, ces « vacances forcées » leur avaient permis de respirer, un peu du moins, et de regarder les choses sous un autre angle. L’atmosphère étant différente là-bas, et leurs proches vivant plus loin sans trop de possibilités de contact en dehors de quelques lettres pour certains, Laura avait vécu ces deux semaines dans un mélange d’anxiété et d’apaisement. Anxiété à cause de la France, apaisement grâce au Japon. Elle avait seulement eu des nouvelles d’Antoine, à qui elle avait envoyé deux lettres dont une carte postale – plus avait été impossible –, et d’Amélie qui était même partie en Turquie pendant une bonne partie de ses vacances. Au moins, elle avait bien profité ! Elle avait demandé à Jasper de passer un bonjour pour elle à Adeline, comme c’était lui qui était forcément plus en contact avec elle. Pour le reste, c’était le calme plat… Et, malgré les quelques nouvelles reçues, il y avait toujours un peu d’inquiétude et d’impatience de revoir ses amis, Antoine surtout, et de découvrir la nouvelle école.

C’est pourquoi, dès son réveil, Laura s’était habillée en vitesse, avait avalé son petit-déjeuner encore plus vite et aidé à ranger ses affaires avant de lancer qu’elle allait voir Antoine, ne tenant plus en place. Ils avaient contenu de se retrouver dès leur retour, comme Jasper et Adeline sûrement, son frère ayant accepté de reporter l’exploration de toute l’école à l’après-retrouvailles. Oh, elle allait explorer un peu, évidemment ! Mais elle lui avait promis de ne pas tout voir sans lui, c’était même une condition sine qua non. A chaque fois qu’ils arrivaient dans un nouvel endroit dans lequel ils allaient rester plus ou moins longtemps, Jasper et elle devaient explorer tous les recoins. Tradition oblige. C’était leur activité. Et puis, visiter avec son petit ami ou sa petite amie et visiter avec son frère ou sa sœur, c’est différent. En attendant, Laura pressait le pas jusqu’au cloître, partant une demi-heure plus tôt que prévu mais l’impatience l’empêchant d’attendre encore. Elle allait trouver quelque chose à faire sur place, lire ou… quelque chose. Mais elle voulait y être, voir Antoine et lui sauter littéralement dessus – il avait été prévenu et savait à quoi s’attendre, après tout ! Oui, le calme, tout ça tout ça, mais il était tôt et c’était le point de rendez-vous le plus près.

Resserrant sa veste sur elle, Laura avançait d’un bon pas, à la fois pour se réchauffer, à la fois pour arriver plus vite sur place. Il ne faisait pas aussi froid qu’en décembre, bien sûr, mais ils étaient toujours en hiver et l’on pouvait voir quelques perles de rosée glacées sur l’herbe à travers les fenêtres, ce qui octroyait au paysage un caractère plus… calme, doux, figeant ce moment de la journée. Le cloître n’était pas très loin, faisant partie du couvent et non du monastère d’après le plan qu’elle avait pu apercevoir sur une des tables dans l’appartement de son tuteur. Elle n’avait pas exploré du tout, ni le couvent, ni le terrain, ni le monastère, n’étant arrivée qu’hier et ayant franchement ressenti la fatigue sur le coup. Désolée, décalage horaire. Encore aujourd’hui, comme elle s’était levée très tôt, mais peu importe, cela ne l’empêcherait pas d’aller retrouver Antoine. Cependant, sur le chemin, elle ne put s’empêcher de remarquer le changement d’architecture, de noter certains bruits différents à cause du centre d’entraînement dans le fond du domaine, une odeur elle-même différente… Pour l’instant, cet endroit était plus froid, beaucoup plus froid. Grand, inconnu et froid. Elle n’était pas très à l’aise, avec ces longs couloirs et ces grosses pierres, mais c’était très probablement parce que tous les élèves arrivaient au compte-goutte, les cours n’avaient pas recommencé et c’était un tout nouvel endroit.

Laura repoussa cette impression dans un coin de sa tête, refusant d’y penser aujourd’hui ou même de penser à la guerre qui s’organisait et prenait de l’ampleur. Le cloître était, comme prévu, désert pour le moment, les élèves déjà présents encore occupés à dormir ou déjà perdus dans les divers couloirs de la nouvelle école. Elle rejoignit la grande statue centrale, gardant sa veste bien serrée, s’installant près de la statue en attendant Antoine qui ne devait pas tarder. Elle resta assise en silence, s’imprégnant des bruits des environs tout en s’étonnant du calme environnant alors que des adultes tiraient, usaient de leur pouvoir et se battaient à quelques mètres à peine d’ici. Il lui fallait encore un peu de temps pour s’y habituer, désolée. Au bout de plusieurs minutes, alors qu’elle était toujours toute seule, Laura perçut le bruit de pas sur le sol dallé et se retourna, voyant immédiatement Antoine. Avec un grand sourire, elle se leva directement, évitant à peine les obstacles sur son passage et lui sauta au cou, s’agrippant à lui avant de l’embrasser longuement, répétant ensuite qu’il lui avait manqué, qu’elle avait eu très peur pour lui, au Japon.

Laura – C’est la première fois que je réalise à quel point autant de kilomètres, c’est beaucoup, dit-elle en le relâchant un peu, le regardant de bas en haut pour voir s’il était vraiment entier. Tu n’as rien eu ? Comment se sont passées tes vacances, en dehors de ce que tu m’as raconté ? Et ta famille, elle le prend comment ? Et toi ?

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Antoine Lefort
Lycéen
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Retrouvailles et exploration   Lun 6 Aoû - 18:35

Première étape, avant même de terminer de ranger les affaires, mettre les photos de famille accrochées au-dessus de la tête de lit et sur un petit pan de mur. A genoux sur son lit, Antoine termina de mettre la dernière au-dessus de la table de chevet, restant un long instant à contempler la photo avec un regard à la fois nostalgique et attristé. Ses parents faisaient un grand bonjour au photographe, en habits du dimanche, avec son jeune frère, sa sœur et le mari de cette dernière. Ils avaient fait prendre ce cliché devant l’océan, en prenant un grand soin à la lumière et au décor naturel, sa mère lui avait ensuite mis ce cliché dans un cadre en bois et lui avait donné avant qu’il ne parte. « Comme cela, tu nous garderas près de toi tous les soirs », comme lui avait dit sa mère. Il aurait voulu les garder près de lui, tout court… Ne pas les laisser au loin, ne pas… Ne pas devoir disparaître, somme toute.

La décision de revenir avait été très délicate. Il savait, comme sa famille, que faire cette rentrée signifiait ne plus revoir sa famille, vivre caché comme les résistants, ne plus pouvoir téléphoner ou leur écrire librement, ne plus les revoir avant des mois, voire des années ! Il en avait beaucoup parlé avec eux et ses parents l’avaient finalement convaincu. Non seulement il était important qu’il continue de s’entraîner et apprendre à se défendre, mais en plus, il sera plus en sécurité dissimulé ici que dehors, avec sa famille, à la merci de toutes les personnes gonflées par la haine envers ce qui sortait de l’ordinaire. Il était donc parti, pour cette rentrée tout sauf normale, parti après avoir fait ses adieux à ses parents. Si la guerre continuait encore des années, pour leur propre sécurité, il ne les verra plus. Seulement y penser lui gonflait le cœur de peine.

Un de ses confrères de chambre était dans la même situation et pouvait donc comprendre ce qu’il ressentait. L’autre avait ses parents dans la Résistance et pouvait continuer à les voir, à leur sauter dans les bras, à leur parler. Antoine termina ensuite de se préparer, enfilant des vêtements chauds puis une veste, avant de sortir. Il devait retrouver Laura dans le cloître et explorer un peu l’endroit. Il y était à peine arrivé que Laura fonça et lui sauta dessus directement, l’embrassant avec passion en s’accrochant à son cou. Il lui répondit avec un léger temps de retard, la serrant dans ses bras avant qu’elle ne s’écarte un peu. Elle lui avait manqué aussi… Il ne s’était pas écoulé tant de semaines, et pourtant, il avait le sentiment de ne plus l’avoir vu depuis une telle éternité.

– C’est la première fois que je réalise à quel point autant de kilomètres, c’est beaucoup. Tu n’as rien eu ? Comment se sont passées tes vacances, en dehors de ce que tu m’as raconté ? Et ta famille, elle le prend comment ? Et toi ?

– On a beaucoup discuté, avec mes parents, pour savoir si je devais revenir ou non. Pour mon don et ma sécurité, ils ont finalement pensé que c’était pour le mieux. J’espère juste… Enfin, j’espère que la guerre ne va s’éterniser et que je pourrai les revoir avant qu’il ne s’écoule plusieurs années. Viens, on va marcher un peu.

Il lui prit la main et la serra dans la sienne, essayant de cacher qu’il tremblait un peu. Laura allait très vite réaliser, elle aussi, que beaucoup de leurs camardes n’étaient pas revenus. La plupart allaient se contenter d’utiliser bien moins leur pouvoir, d’autre de s’entraîner en cachette de temps en temps, s’efforçant de se fondre dans la masse, passer inaperçus, comme si ce passage au pensionnat n’avait jamais existé. C’était normal, les familles devaient accepter que leur enfant disparaisse de la circulation, disparaisse loin d’eux, pour des mois voire des années entières. Qui dirait oui avec le sourire ? Il retint un petit soupir, marchant sans se presser dans les couloirs de pierre, qui donnaient des allures de château médiéval.

– Le pays a été très animé, après le soir de Noël. Le chant de la Rébellion a continué de résonner longtemps sur les antennes radio. Beaucoup de personnes sont sorties dans les rues, les jours suivants, certaines pour protester contre le Gouvernement, d’autres pour le soutenir, il y a eu des affrontements dans les grandes villes. Et une vague de disparitions, beaucoup ont rejoints la Résistance, parfois des familles entières qui sont parties de chez elle en pleine nuit, sans laisser de traces. Beaucoup de nouvelles lois sont passées. Regarde ça…

Il s’était arrêté devant le local de musique, dont la porte était restée entrouverte. Pas mal de chaises empilées contre le mur, un grand piano et d’autres instruments, près de l’estrade. Il s’arrêta surtout près des violons, toujours touché par la beauté de cet instrument, une fois mis entre de bonnes mains.

– On ne doit pas s’arrêter de vivre pour autant. Un de nos nouveaux profs peut rebâtir à qui a besoin une toute nouvelle identité, effacer complètement la véritable pour repartir à zéro. Je pense le faire, après la fin de mes études au pensionnat. Partir sur une nouvelle base, entrer au conservatoire. On peut devenir qui on veut. Tu as déjà pensé à ce genre d’opportunités ? Effacer ce que tu as vécu, te fondre dans la masse pour vivre en paix ? Personnellement, je ne suis pas un homme de guerre. Je voudrai continuer ma vie sans avoir à me demander à tout instant si je vivrai le lendemain.

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