Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 If only you knew...

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Estelle Martin
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MessageSujet: If only you knew...   Sam 7 Juil - 16:52








Mademoiselle,



Je me permets de vous écrire aujourd'hui pour vous demander s'il vous plairait que nous puissions tous deux lier connaissance. Nouveaux collègues à présents, nous allons bientôt être accaparés par le travail dans ce pensionnat et par le Devoir, pour la France. Ainsi, avant que tout ne reprenne à pleine vitesse, je me demandais si vous accepteriez que nous allions nous promener un peu dans ce domaine, aujourd'hui, et discuter.

Si cela vous agréé, je vous invite donc à nous retrouver cet après-midi à 16 heures dans le hall de l'école, puis aller ensuite nous promener sous la fraîcheur des arbres. Si cette invitation vous ennuie, inutile d'y prêter attention, je peux très bien le comprendre. Je ne suis qu'une personne cherchant à s'intégrer dans cette nouvelle épique, je ne veux importuner personne.

Je sais bien que les enfants ont déjà investis pas mal de lieux, en attendant la rentrée de demain, mais ceci ne devrait pas être gênant. Le domaine est très grand, nous pourrons nous balader là où les jeunes gens de l'école ne viendront pas courir et ne pas être dérangés. Et sans gêner l'installation des petits commerces que montent nos confrères et consœurs dans le domaine.

A bientôt, peut-être, mademoiselle.

Nicolas Marcoh

©️ Jawilsia sur Never Utopia



Estelle relut plusieurs fois la lettre avec étonnement, la retournant ensuite comme si elle s'attendait à voir "C'était une blague !" au verso. Elle avait bien sûr déjà vu son nouveau collègue cette semaine, dans la salle des professeurs ou au détour d'un couloir, depuis leur arrivée ici, mais elle en s'était pas attendue à ce qu'il lui glisse cette lettre sous sa porte, tôt ce matin. Debout dans la cuisine, un tablier protégeant sa robe, elle relut encore la courte missive en se demandant pourquoi Nicolas l'invitait tout à coup, et de cette façon, alors qu'il devrait faire connaissance avec tout le monde de manière plus approfondie, pas juste elle. Enfin, pourquoi pas, après tout ? Elle avait déjà prévu de faire garder ses enfants, cet après-midi, pour pouvoir travailler une dernière fois sur ses cours de rentrée, mais rien ne l'empêchait de prendre cette pause à seize heures. Leur nouveau collègue avait l'air agréable, en plus de ça, ce n'était pas plus mal d'effectivement se rapprocher des membres de leur nouvelle équipe. Elle replia la lettre puis la posa non loin, sur le plan de travail, avant de terminer de faire la vaisselle puis l'essuyer.

Lorsque l'heure approcha, elle se changea pour mettre une robe plus chaude, ils n'étaient qu'au mois de janvier après tout, puis son manteau, un chapeau léger toujours sur la tête, avec les cheveux attachés lorsqu'elle sortait dehors. Nouvelles lois ou non, nouvelles conventions ou pas, elle avait été élevée ainsi et respectait la façon dont les femmes devaient s'habiller, pour sortir et se déplacer. C'était juste une question de respect, à ses yeux, le respect de la société et des autres, attention à ne pas faire n'importe quoi. Elle avait des principes. En arrivant dans le hall de l'école, elle adressa un petit signe de main à Nicolas avant de s'approcher, le saluant avec son sourire habituel. Elle esquiva de justesse deux élèves de onze et douze ans qui se poursuivaient en courant et riant. Un des deux cria "pardon madame !" avant de disparaître au loin avec son ami. Les enfants... Ici, ils seront plus heureux, elle n'en doutait pas. le domaine était bien protégé du monde extérieur, plus rien ne pouvait les atteindre.

Estelle – Beaucoup doivent être occupés à explorer tous les coins possibles, sourit-elle, attendrie.

L'air frais du domaine lui arracha un petit frisson, il avait neigé encore récemment et le vent ne tombait que rarement, dans cette région. Mais c'était si beau... La forêt, car on pouvait vraiment appeler ça une forêt, qui les accueillait dès la porte franchie, la neige scintillante sur les arbres et qui craquait sous leurs pas, les enfants qu'on voyait aussi se promener un peu partout et qui découvraient le domaine. Parfois, ils entendaient des bruits plus loin, les entraînements des adultes... C'était étrange, d'être ici, après tant d'années à Gray, même si elle ne regrettait pas du tout de s'éloigner de tout ce stress. Pour ses enfants et elle-même, c'était une nouvelle vie sans avoir à craindre le danger en permanence, dès que l'on sortait de chez soi. Elle ne voulait pas que ses fils soient exposés à la guerre, aux menaces et à la peur, ils étaient si petits ! Elle lança un regard curieux à Nicolas, qui marchait à côté, la tête débordante de questions.

Estelle – Dites-moi donc, d'où venez-vous ? Et que faisiez-vous avant d'être pris dans la Résistance ?

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Nicolas Marcoh
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MessageSujet: Re: If only you knew...   Dim 8 Juil - 12:16

– Passent les années dures et grises à servir, chantonna Nicolas pour lui-même tout en prenant sa douche. Une vie de peines et si peu de plaisirs. Mais ce trouble-là brûlant ses souvenirs…

La sonnerie de son réveil le tira de sa petite chanson et il se souvint qu’il l’avait programmé pour lui rappeler qu’il devait garder une bonne heure pour terminer sa préparation de rentrée, avec les classes des petits, en primaire. Il coupa l’eau puis tâtonna pour attraper sa serviette, se séchant avec rapidité avant d’aller s’habiller. Une fois prêt, il s’assit au bureau de son petit appartement dans le salon, repoussant d’abord les nombreuses lettres entamées et qu’il ne terminera sans doute jamais, à l’attention de sa mère, pour se mettre au travail. Il n’y aura pas beaucoup d’enfants, il comptait faire des groupes, en fonction des âges et des facultés, pour travailler au mieux. Ce sera un peu particulier, comme année scolaire, enfin, il valait mieux ça qu’être mort, pas vrai ? Près tout, on ne choisit pas l’époque dans laquelle on vit, il faut juste s’adapter.

Après cette heure de travail, il reprit les lettres débutées et les parcourut assez vite du regard, en modifiant parfois certaines d’un ou deux mots, les laissant de nouveau ensuite. Si sa mère arrivait à ne pas être trop soûle pour réussir à les lire en entier, arrivera-t-elle à répondre ? Ou en aura-t-elle envie ? La lettre mettra certes longtemps à parvenir, à cause des règles de sécurité, mais là n’était pas le problème. Nicolas n’avait jamais vraiment compté, à ses yeux. Il était le fils du « raté » qu’elle avait épousé et donc un raté lui aussi. Un loupé de plus dans la vie parfaite qu’elle s’était longtemps imaginé et qui lui avait échappé. Elle serait bien plus heureuse s’il lui envoyait une bouteille de porto à la place d’une lettre. Comme si l’alcool servait vraiment à arranger les problèmes ! Ça en rajoutait, rien de plus.

Son père lui avait fait parvenir un petit colis, récemment. Une longue lettre, une photo d’eux deux, sa mère tirant bien sûr sa mauvaise tête dessus, une montre qu’il avait acheté peu de temps avant son mariage et que Nicolas portait maintenant au poignet, et enfin, un petit carnet où il pourra glisser les photos des personnes qu’il aimait. « Prend soin de toi », comme il écrivait. Et tout le long, il sous-entendait qu’il serait bon qu’il reprenne contact avec sa mère. Tu parles… Elle détestait son propre époux et ne restait que parce divorcer ne se faisait pas. Comment son père supportait-il ça ? Si c’était dans son caractère, alors ils n’avaient définitivement pas le même ! Nicolas estimait que la vie n’en valait pas la peine si on se forçait à faire des choses sans valeur à nos yeux. Laissant tomber son courrier inachevé, il se leva, attrapa son manteau, puis sortit, partant vers le hall de l’école à grands pas.

Sa nouvelle collègue avait accepté son invitation, il s’était demandé si elle le ferait. Elle arriva peu de temps après lui dans le hall, esquivant de justesse deux jeunes collégiens qui se poursuivaient en riant et ne regardaient pas vraiment où ils mettaient les pieds. Qu’ils explorent, oui, tant que les cours n’avaient pas encore repris, il allait falloir du temps avant qu’on arrête de les voir courir et fouiner partout. Nicolas fourra les mains dans les poches, en sortant, pour les protéger du froid, comme il n’avait pas de gants. D’ailleurs, en parlant d’enfants, qui gardait les deux petits bouts d’Estelle ? Il devait y en avoir, ici, qui jouaient les nourrices. En tout cas, il était content de pouvoir lui parler tranquillement. Son sourire lui avait donné envie de mieux la connaître, dès lors qu’il l’avait rencontrée. Bien plus, en tout cas, que deux autres collègues qu’il venait de rencontrer. Les gens qui vous regardent d’un air méfiant ou ceux qui se baladent en permanence avec un air « Je suis un glaçon qui n’a pas envie de se mêler aux autres », très peu pour lui.

– Dites-moi donc, d'où venez-vous ? Et que faisiez-vous avant d'être pris dans la Résistance ?

– De Normandie, sourit-il en lui rendant son regard. J’étais instituteur, tout ce qu’il y a de plus classique, et de temps en temps, j’apprenais aux gens à se servir de l’élément feu. J’ai été pris dans la Résistance car j’ai certaines, disons, compétences qui peuvent être utiles aux personnes qui ont besoin de disparaître ou changer de vie.

Les pièces d’identité étaient un peu longues à fabriquer mais il aimait bien ça, on se défait pas comme ça des mauvaises habitudes et il assumait être un faussaire. Il parla un peu de son ancienne vie à Estelle, lui décrivant la ville industrielle où il avait grandi puis travaillé, un des ces cités coulées dans le béton qui avaient fleuri un peu partout durant l’âge d’or de l’ère industrielle puis qui étaient tombées en déclin avec la crise des années vingt et trente. Des villes où chômage et pauvreté se faisaient un festin de ces toutes ces vies, où le simple fait d’y naître vous condamnait déjà à moitié à la misère. Il était passé à deux doigts de très mal tourner, mais ça, il ne le mentionna pas. C’était son passé et personne n’était encore assez proche de lui pour qu’il évoque cette jeunesse peu glorieuse.

– Ne répondez pas si cela vous gêne ou chagrine, mais où est le père de vos enfants ?

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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: If only you knew...   Mar 10 Juil - 7:42

Nicolas – De Normandie, sourit-il en lui rendant son regard. J’étais instituteur, tout ce qu’il y a de plus classique, et de temps en temps, j’apprenais aux gens à se servir de l’élément feu. J’ai été pris dans la Résistance car j’ai certaines, disons, compétences qui peuvent être utiles aux personnes qui ont besoin de disparaître ou changer de vie.

C’est à dire, il était passeur, il connaissait les petits chemins et les sentiers discrets à emprunter, ce genre de choses ? Ou il pouvait simuler des accidents pour que la police croit à la mort des personnes qu’ils poursuivaient ? Néanmoins, elle ne put approfondir la question car il passa assez vite le sujet, lui décrivant l’endroit d’où il venait plus précisément. Celui lui rappelait le quartier où elle-même avait grandi, avant d’être « enlevée » par la police et les services sociaux, la protection de l’enfance… Des quartiers, parfois villes entières, défavorisés, où la pauvreté, les trafics en tous genres et les problèmes se mêlaient sans aucun sens, pourrissant un peu plus la vie des habitants. Ces endroits où on se trouvait littéralement abandonné à soi-même, pas de repères, pas de lois, pas de travail stable, pas d’avenir. La misère pure et dure. Elle imaginait très bien, oui… On parlait de ces « cas sociaux » avec mépris, ailleurs, d’enfants qui ne feront jamais rien de leurs vies, oubliant que ces enfants étaient venus au monde dans un quartier sans école valable ni repères.

Estelle ne parlait jamais de ce passé car elle en avait quand même un peu honte, au fond d’elle. Un autre point dont elle n’avait jamais parlé était qu’elle ignorait même si « Estelle » était son véritable prénom. Martin, qui était aussi le nom d’un Saint, était le nom de famille qu’on lui avait donné au foyer religieux, par les services sociaux, car elle n’en avait tout simplement pas. Quant à son prénom, elle ignorait tout… Ce n’était pas un prénom « de gitane » mais elle ne pouvait se rappeler que de celui-là. Sa vie avant le foyer était très flou, dans sa mémoire, mis à part des scènes particulièrement vives et colorées, dont elle rêvait parfois quelques nuits. Elle savait par quoi son nouveau collègue avait dû passer pour s’en sortir, même s’il ne le mentionnait pas. La rue, les trafics, les bandes, puis la prise de conscience, parfois tôt, parfois tardive, parfois qui ne survenait jamais. Finalement, ils avaient eu un bout de parcours très similaire, elle ne l’aurait pas cru… Elle ne connaissait personne d’autre, dans ses collègues, qui avaient vécu ce genre de chose, mis à part Emma, elle aussi fille de squats et de clans. Cette école était une sorte de brassage social.

Nicolas – Ne répondez pas si cela vous gêne ou chagrine, mais où est le père de vos enfants ?

Estelle – Parti.

Une moue autant furieuse que peinée lui vint, durant un moment, chaque fois qu’elle repensait à cet homme, elle avait autant envie de hurler que de pleurer. Elle serra un peu les bras contre elle tout en marchant, silencieuse durant deux ou trois minutes, le temps de contrôler ses émotions et ne pas se mettre à crier. C’était… du passé, à présent. Ses garçons étaient avec elle, tous les deux, ils ne risquaient plus rien. Avec un soupir marqué, elle finit par expliquer, dans les grandes lignes, à Nicolas ce qui était arrivé et pourquoi elle était maintenant seule avec ses fils. Quelle importance, de toute façon ? Il entendra cette histoire tôt ou tard. Avec des collègues ou avec les rumeurs, chez les enfants. Et puis… Elle s’en voulait d’y penser encore, alors qu’elle devrait se concentrer sur l’avenir, peut-être qu’accepter d’en parler pourrait la soulager. De nouveau silencieuse, elle remit ses mains dans ses poches, marchant en regardant au loin les petits commerces que les familles des résistants terminaient de préparer, plus loin, près du centre de formation. Ce sera comme un mini-village, à l’intérieur même du domaine, c’était plutôt amusant. Ils étaient dans une sorte de château médiéval, avec sa place du marché, sa cour, ses bâtiments… Beaucoup d’enfants devaient beaucoup aimer.

Estelle – Enfin… Pas la peine de vivre dans le passé, comme on dit. Nous avons de la chance, d’être ici, l’ancienne école devenait très dangereuse. Surtout avec cet effondrement, c’était une horreur. Le Gouvernement qui harcelait, les villageois qui avaient peur… Avec un peu de recul, je me dis que, finalement, c’était une bonne chose, que l’école s’écroule. Nous pouvons tous passer à autre chose et nous concentrer sur l’avenir. Si plus rien ne nous attend à Gray.

Pour le coup, elle n’était pas sûre que son ressenti soit très clair, ayant expliqué du mieux qu’elle pouvait. C’était dans le sens où, à partir du moment où vraiment rien n’était encore possible dans un endroit, on pouvait se permettre de ne garder que les bons souvenirs et partir sans remords vers un autre endroit. Après tout, ce n’était pas le lieu qui importait vraiment mais ce qu’on y avait vécu, qui on y avait rencontré et de quelle façon on s’y était construit.

Estelle – Quand vous avez dit aider les personnes à disparaître, toute à l’heure, c’était dans quel sens ?

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Nicolas Marcoh
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MessageSujet: Re: If only you knew...   Ven 20 Juil - 21:42

Parti ? Mort ? Il lui jeta un coup d’œil et compris très vite à sa moue que non, ce n’était pas la mort mais plutôt le divorce, en cause ici. Curieux, ça, tiens, c’était si rare les femmes qui divorçaient ! Parce que ça ne se faisait pas, ensuite, impossible de se remarier, aucun homme ne voulait s’afficher ouvertement avec une femme divorcée, car cette dernière était jugée au mieux comme une personne dont on ne pouvait avoir confiance, au pire comme une pute. Si sa propre mère avait été certaine de ne pas devoir subir ça ensuite, elle aurait divorcé après quatre jours à peine de mariage. Il retint un sourire cynique à cette pensée, puis écouta sa collègue quand elle lui raconta cette histoire. Il y aura toujours des personnes qui voudront profiter des autres, ce n’était pas nouveau. Pour s’amuser, retirer des avantages ou simplement par pure méchanceté, ça arrivait sans cesse… Il en connaissait un paquet, des comme ça, il y en avait partout.

En tout cas, maintenant, il comprenait mieux pourquoi une femme seule se retrouvait ici avec deux petits garçons en bas âge, si son mari était toujours là, il l’aurait sûrement empêché de se rendre ici ou de suivre ses collègues, si on se fiait à ce brillant caractère qu’elle lui décrivait. A la fin du récit, le silence retomba de nouveau entre eux et il lui sourit, pour la réconforter. Des abrutis, elle allait en rencontrer encore d’autres, après tout, inutile de s’en faire pour ça. En tout cas, il voyait les choses ainsi, ne pas s’attacher inutilement aux personnes qui n’en valaient pas la peine ! Perdre sa vie avec elles serait d’un triste, une fois vieux et aux portes du Grand Départ, que pouvait-on se dire, en y repensant ? « Bravo pour tout ce temps perdu ? » Et bien, non, ce serait le comble de la stupidité, d’en arriver là, alors qu’ils avaient des années pour réaliser ce qui avait de la valeur pour eux.

– Enfin… Pas la peine de vivre dans le passé, comme on dit. Nous avons de la chance, d’être ici, l’ancienne école devenait très dangereuse. Surtout avec cet effondrement, c’était une horreur. Le Gouvernement qui harcelait, les villageois qui avaient peur… Avec un peu de recul, je me dis que, finalement, c’était une bonne chose, que l’école s’écroule. Nous pouvons tous passer à autre chose et nous concentrer sur l’avenir. Si plus rien ne nous attend à Gray.

– C’est sûr.

De toute manière, rester dans un endroit où l’ambiance se dégradait de jour en jour, ça ne servait à rien, personne ne dira le contraire là-dessus. Il lança un coup d’œil par-dessus son épaule en entendant des gamins courir en s’appelant les uns les autres à grands renforts de cris. Ils allaient jouer à la balle au prisonnier ? Avec autant d’arbres partout, il leur faudra une sacré adresse pour réussir à se toucher. Allez les gamins, c’était aussi ça, l’école, l’apprentissage à n’importe quel instant, même pendant les périodes de jeux. Avec celui-là, eux croyaient s’amuser, les grands savaient que c’était pour leur apprendre à bien viser travailler l’adresse, courir sans s’essouffler et surtout jouer en équipe.

– Quand vous avez dit aider les personnes à disparaître, toute à l’heure, c’était dans quel sens ?

– Disparaître aux yeux de l’Etat. Leur créer une nouvelle identité pour ceux et celles qui devront toujours vivre au grand jour et faire perdre complètement leur trace à ceux dont le visage est trop connu des forces de l’ordre pour qu’ils puissent se contenter de vivre sous un faux nom. Ça passe par créer des faux papiers, par exemple. Je me débrouille bien, là-dedans. Mes talents d’artiste refoulé, sans doute.

Il éclata de rire, en lançant ça, secouant un peu la tête. Artiste refoulé, bien sûr, le crime était aussi un art, non ? Et loin d’être glorieux, qui plus est. Mais c’était ainsi, que voulez-vous qu’il y fasse ? Au détour d’un des chemins, il vit au loin une des petites boutiques qui s’étaient montées, près du QG, et demanda à sa collègue si un thé bien chaud l’intéresserait. Il n’en avait plus chez lui, hélas, il faudra qu’il pense à faire des petites courses avant la rentrée.

– Pour certains collègues, il faudra leur refaire des papiers. Créer une toute nouvelle identité prend du temps, pour que ce soit crédible, mais c’est souvent la seule façon de protéger une personne et sa famille. J’imagine que pour ceux qui ne combattent pas, ça doit être compliqué de vivre avec cette tension, partout.

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