1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Précisions de rentrée

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Gabriella de Lizeux
Leader de la Résistance
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Âge RPG : 33 ans

MessageSujet: Précisions de rentrée   Ven 4 Mai - 15:09

Lundi 4 janvier 1932, huit heures

Gabriella porta la tasse à son nez pour en humer le parfum, un peu étonnée en sentant le mélange entre fruits des bois et un peu de miel. Bradley, lui, semblait tout fier, lorsqu’il parlait sa « recette spéciale » de thé. Elle goûta du bout des lèvres, avant de hocher la tête, ce n’était pas mauvais, en fait. La chaleur, surtout, lui faisait beaucoup de bien, elle se sentait un peu malade, depuis fin décembre, c’était le contrecoup des événements de Paris. Au moins, le mois de janvier sera un peu plus calme, en toute logique, le travail principal était celui de la communication, pour les deux ou trois prochaines semaines. Un peu frissonnante, elle releva le regard sur le maréchal lorsqu’il se mit à expliquer que c’était sa mère qui lui avait appris cette recette et qu’elle la lui faisait avant chaque journée importante ou lorsqu’il avait besoin d’un réconfortant. Elle haussa vaguement les épaules lorsqu’il lui demanda si sa propre mère avait aussi ce genre de petits rituels. Pas vraiment, non, mais sa famille était moins collet monté que depuis un an ou deux, guère plus. Assise en bout de table à côté du militaire, jambes croisées et tasse fumante en mains, elle attendait que tous les professeurs rentrent et s’installent, sans leur demander de se presser, pour une fois.

Il fallait avouer que la fatigue était là, la tension à Paris avait été très forte, même s’ils avaient remporté une bataille d’opinion, ce n’était qu’une bataille, qu’un début. Ils étaient rentrés tard dans la nuit, certains blessés, d’autres non, mais tous épuisés, quoi que satisfaits des résultats. Ce jour-ci était le premier où tous les enseignants, nouveaux comme anciens, étaient rassemblés, et aussi la première rencontre officielle, pour le travail, dans cette nouvelle école. Certains collègues faisaient passer du café, remplissant les tasses des uns et des autres, posaient leurs documents ou bloc-notes sur la table, avec une armée de crayons, ou s’échangeaient de brèves nouvelles sur leurs congés de Noël, les déménagements des uns et des autres, etc. Gaby s’interrompait à mesure pour dire bonjour au fut et à mesure des arrivées, en embrassant certains sur la joue, poignées de mains pour d’autres. Elle parla un peu à Frédéric lorsqu’il vint s’asseoir, cherchant à juger son état. Lui avait été blessé, à Paris, marchant avec une béquille et portant une vilaine plaie à la joue, cachée sur un bandage qu’Adrien lui avait fait. Il s’installa aussi bien que possible, laissant échapper une grimace de douleur, puis sortit son carnet pour prendre des notes.

En blessés, on pouvait également compter Nicolas, qui portait une cicatrice encore boursouflée à la tête, au dessus de l’œil, et aussi Henri Francfort, leur ancien directeur, qui avait le bras gauche en écharpe et marchait avec une certaine difficulté. Dans cette assemblée d’enseignants et de membres du personnel, Bradley était le seul militaire et non professeur, mais il avait des raisons d’être là, les règles de sécurité étaient un point important, dans ce qui devait être abordé aujourd’hui. Ils avaient formé une grande table avec celles de la salle d’étude, où ils étaient installés. Tout le monde finissait de s’asseoir et de se préparer, pendant qu’elle discutait à voix basse avec le maréchal, sur les exercices qu’il fallait mettre en place au centre de formation. Elle s’interrompit quand le silence se fit peu à peu, voyant que tout le monde était prêt, maintenant. Elle commença par leur dire bonjour, à tous, sur un ton là aussi plus calme que d’ordinaire. La fatigue pesait, décidément. Mais ils avaient beaucoup de choses à voir, une liste des sujets les plus importants avait été dressée. Triste à dire, mais bon nombre de sujets concernant justement l’école avaient été enlevés de là-dedans.

Gabriella – Nous devons voir plusieurs sujets, ce matin, concernant cette nouvelle école, les règles de sécurité et les règles de vie. En plus de quelques autres sujets. Pour commencer, je vous annonce tout de suite qu’il s’agit de ma dernière réunion en tant que directrice. A compter de la rentrée, Kimmitsu deviendra directeur et Frédéric sous-directeur. Pour ma part, je vais me consacrer plus particulièrement à la Résistance, avec le général Bradley, ici présent.

Que tout le monde le note bien, c’était le premier changement important pour cette rentrée. Nouvelle école, nouvelle direction, et donc, nouvelles règles à suivre. Frédéric ne voulait toujours pas du poste de direction mais avait au moins accepter de seconder Kimmitsu dans cette tâche. Henri avait sourit, très doucement, les mains croisées sur la table, en tapotant un peu l’épaule de Kimmitsu, assis à côté de lui. Quant à Bradley, il s’était contenté de lui envoyer un long regard, assez grave, sans rien dire. Gabriella se sentait encore plus bizarre, à présent. Cette fois, la page était définitivement tournée. La destruction de la précédente école, puis l’abandon du poste une fois arrivés ici. Sainte Famille était terminé, pour elle, car même lorsque la guerre cessera, elle ne pourra pas reprendre son poste. Elle ne le voulait pas. Comment revenir à la vie civile et ordinaire maintenant ? Essayer la rendrait trop mal à l’aise, elle n’arrivait plus à penser comme autrefois. Elle prit une petite inspiration, lançant un rapide regard à Bradley lorsqu’il murmura que c’était normal. Elle n’avait rien dit mais savait qu’il avait compris à quoi elle pensait.

Gabriella – Concernant les changements dans l’équipe, maintenant. Madame Legrand – elle fit un geste vers elle – va venir en renfort d’Adrien, à l’infirmerie. Monsieur Quentin Bauffre prendra en charge la bibliothèque et les cours de littérature pour les plus âgés. Mademoiselle Eva Doucet est décédée au mois de décembre. Elle a donné sa vie lors d’un combat pour protéger des membres de la résistance, qui fuyaient la police. Elle a été enterrée ici, dans le cimetière au fond du domaine.

Valentin ajouta, juste après cela, qu’un espace dans le hall d’entrée de l’école allait être aménagé, comme une sorte de Monument aux Morts. Les noms de ceux et celles ayant perdu la vie dans la lutte contre la dictature allaient être gravés sur du marbre, avec les dates de naissance et celles de leur mort. Mine de rien, cela faisait déjà pas mal de mort, beaucoup étaient tombés lors des premiers combats, par faute d’organisation ou de préparation, mais la situation était encore différente depuis le début de l’année. Ils étaient plus nombreux, mieux organisés, prêts. Certains dans l’équipe étaient mal à l’aise, se regardant les uns les autres. Gaby présenta ensuite, un à un, tous les nouveaux enseignants. Nicolas Marcoh, qui allait principalement s’occuper des plus jeunes, en primaire, et de quelques classes pour l’élément feu. Puis Edelmira Amaris, enseignante pour l’élément Terre, qui adressa un sourire paisible à chacun de ses nouveaux collègues avec un petit geste de la main. Venait ensuite David Loiseau, nouveau professeur pour l’élément Eau, qui jouait à faire tourner son crayon entre ses doigts à toute vitesse. Elle présenta ensuite le « petit jeune » de cette nouvelle équipe, Maxence Marin, qui aura en charge le Français, et enfin, Christophe Bouchard, qui enseignera l’éducation civique. Ces derniers saluèrent leurs collègues avec politesse, plus clairement que les autres.

Gabriella – Le domaine est divisée en « deux » parties principales, séparées par le parc et les terrains de sport. Une partie, où nous sommes, pour l’école et le pensionnat, ainsi que les lieux de vie. L’autre partie rassemble le centre de formation pour les adultes, les lieux de vie attachés pour les résistants de passage et le QG principal de la rébellion. Il va sans dire que les élèves qui n’ont pas un minimum de seize, dix-sept ans n’ont rien à foutre là-bas. Pas plus que ceux qui y viennent en touristes. Clair ?

Elle tourna ensuite la tête vers Bradley, lui indiquant d’un petite regard qu’elle lui passait la main, pour parler des règles de sécurité et ce qui avait été mis en place. Elle avait brassé le général, restait maintenant à aborder les points les plus importants.

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Albert J. Bradley
Leader de la Résistance
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MessageSujet: Re: Précisions de rentrée   Sam 5 Mai - 12:31

Carte
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Bradley s’était appuyé contre le dossier de son siège, bras croisés et jambes croisés l’une contre l’autre, dans une attitude détachée, une fois n’est pas coutume. Même s’il était encore trop tôt pour mesurer pleinement toutes les conséquences de ce qui s’était produit à Paris, les premiers résultats étaient satisfaisants. Cette semaine, ils allaient obtenir peu à peu plus d’éléments, Coulon devait également se démener pour leur transmettre des données. Il faudra laisser mariner un peu une semaine, puis la campagne de contre-information dans les journaux et les médias à la botte du Gouvernement pourra débuter. Après des débuts très chaotiques et meurtriers, il fallait bien le dire, la Rébellion s’organisait et gagnait plus de membres semaine après semaine, ce qui avait éclaté à Paris jouait en leur faveur. Ils avaient prouvé la violence du Gouvernement de Leblanc et surtout introduit dans l’esprit des citoyens que les massacres qu’ils avaient voulu étouffer n’étaient pas que simples rumeurs. Il cessa sa discussion avec sa consœur lorsque tous ces profs furent prêts pour cette réunion de rentrée. Si toute la première partie ne le concernait pas, il y assistait tout de même pour une seule chose, procurer un certain soutien moral à Gabriella.

Les autres ne comprenaient sans doute pas ce qu’il fichait ici, militaire au milieu d’une assemblée de professeurs, et ça n’avait aucune importance. Il y avait une étape de transition un peu délicate, autant moralement que physiquement, lorsqu’on acceptait pleinement d’abandonner un rôle nous ayant beaucoup tenu à cœur pour en endosser un autre, tout aussi important, parfois même plus important. Sa consœur en était à cette étape, à présent qu’elle laissait derrière elle cette école à laquelle elle avait si férocement attachée. Une page se tournait définitivement et il était très bien placé pour savoir ce qu’on ressentait. D’une part, la peur d’échouer et d’avancer vers l’inconnu, d’autre part, le stress de prendre de nouvelles responsabilités dont on ne pouvait être sûr de pouvoir les tenir. On se demandait si on agissait bien, si ce n’était pas une erreur, si on allait pas le regretter, si on était capable d’avancer ainsi. Le doute et la peur dévoraient vos nuits. Lui-même avait franchi cette étape en comptant sur le soutien de ceux qui le suivaient depuis le début, qui étaient devenus ses soutiens, ses généraux, ses assistants. Presque des frères, pour certains d’entre eux.

Gabriella – Nous devons voir plusieurs sujets, ce matin, concernant cette nouvelle école, les règles de sécurité et les règles de vie. En plus de quelques autres sujets. Pour commencer, je vous annonce tout de suite qu’il s’agit de ma dernière réunion en tant que directrice. A compter de la rentrée, Kimmitsu deviendra directeur et Frédéric sous-directeur. Pour ma part, je vais me consacrer plus particulièrement à la Résistance, avec le général Bradley, ici présent.

L’école restera entre de bonnes mains, pour la suite, tout ira bien. Ces lieux étaient protégés, le domaine était surveillé en permanence, nuit comme jour, les entrées et sorties filtrées comme jamais. Ces gamins ne risquaient rien, ici. Il lui envoya un long regard, assez grave, toujours les bras croisés, en la dévisageant. Elle avait encore un peu pâli et il savait à quoi elle songeait. Signer la fin d’un chapitre n’était évident pour personne, surtout lorsqu’on ignorait vers où on courrait et quels étaient les problèmes qui surviendront en chemin. D’un ton plus bas, il lui murmura que c’était normal, qu’elle ne s’en fasse pas, chacun pensait ainsi en arrivant à ce genre de responsabilités. Il redevint ensuite silencieux, alors que la discussion passait sur les changements concernant l’équipe enseignante. Beaucoup, autour de cette table, réagirent à l’annonce de la mort d’Eva Doucet, échangeant des regards ou des murmures. C’était la guerre, braves gens, des personnes mourraient tous les jours. Et d’autres allaient encore mourir, aujourd’hui, demain, dans un mois, à chaque instant que Dieu faisait sur Terre, la mort planait, guettant les pas. Ils devront attendre la fin du conflit pour pleurer les morts et honorer leurs mémoires. Exactement comme après la Grande Guerre, où ce travail de mémoire avait pu être effectué.

Gabriella – Le domaine est divisée en « deux » parties principales, séparées par le parc et les terrains de sport. Une partie, où nous sommes, pour l’école et le pensionnat, ainsi que les lieux de vie. L’autre partie rassemble le centre de formation pour les adultes, les lieux de vie attachés pour les résistants de passage et le QG principal de la rébellion. Il va sans dire que les élèves qui n’ont pas un minimum de seize, dix-sept ans n’ont rien à foutre là-bas. Pas plus que ceux qui y viennent en touristes. Clair ?

Bah, les touristes en question, adultes ou enfants, allaient très vite se faire dégager à grands coups de pieds dans le cul, s’ils leur prenait l’envie de venir faire les marioles dans le coin. Gabriella lui lança un regard, pour qu’il prenne maintenant la suite sur la question de la sécurité. Bien. Il commença par sortir la carte principale du domaine et en lança des exemplaires aux enseignants, un chacun, avant d’en prendre une pour lui-même et les faire suivre. Ils avaient déjà dû le remarquer, le parc était presque entièrement pris par les arbres. En été, les gamins allaient sûrement adorer la fraîcheur que ça procurait, en hiver, ça pouvait être plus inquiétant.

Albert – Quand on parle du domaine, on parle à la fois du parc et de ses bâtiments. Le parc est presque entièrement recouvert par les arbres et c’est voulu, depuis le ciel, les bâtiments sont ainsi enfouis dans la nature. Des murs de pierre entourent le domaine entier, il n’y a que deux entrées. Une au Nord, une au Sud. Tout autour de nous, ce n’est que de la forêt et montagnes. Première chose à savoir, les chemins et routes menant ici sont régulièrement transformées, camouflées et redirigées par les élémentaires Terre et Eau. Recouverts par des arbres et rochers, puis dégagées pour laisser passer certains camions en cas de besoin. Personne, et je dis bien personne, ne sort ou n’entre sans autorisation, fourrez-vous bien ça dans le crâne. Un petit rigolo filant à l’extérieur pourrait être repéré, traqué, et le tout conduirait dans ces lieux à un véritable bain de sang, vous devez vous douter que le gouvernement se fiche bien qu’il y ait des mômes sur le chemin. Le domaine est surveillé jour et nuit, pour empêcher d’autres espions de venir se joindre à nous. Nous en avons déjà tués deux, pour l’information. Je ne saura que trop vous conseiller de rester, chacun, sur vos gardes.

Il se leva puis afficha sur un petit panneau la carte en plus grand. Les zones en vert plus foncé indiquaient la « forêt », le parc autrement dit, la multitude d’arbres bien serrées entre eux. Même les zones avec les terrains de sports étaient assez boisées. Un des professeurs de sport s’étrangla tout à coup à moitié sur ça et indiqua qu’on ne pouvait pas faire de cours de sports correct, pour les enfants, s’il y avait autant d’arbres sur le chemin, impossible de les faire jouer au foot ou ce genre de sports. Bradley leva les yeux au ciel, en entendant ça, puis lui renvoya un regard blasé.

Albert – Croyez bien que le sport pour les gamins a été la priorité absolue, en aménageant cet endroit. Vous pouvez les faire courir quand même, ils sont capable de slalomer, ça leur fera de l’exercice. Bref… L’entrée Sud est celle de l’école, exclusivement. Si vous devez quitter le domaine, ce sera par là. Les gamins peuvent se balader un peu partout, sans le moindre risque. L’entrée Nord est réservée aux résistants et aux convois militaires. En ce qui concerne les bâtiments de l’école, vous les découvrirez seuls. Pour ceux de la Résistance… Le QG principal n’est accessible qu’à ceux qui ont une bonne raison de s’y rendre. Le centre, vous pouvez y aller quand vous voulez pour vous entraîner. Enfin, pour les entraînements spécifiques avec les éléments, soyons clairs. Être professeur d’un élément particulier ne signifie pas avoir forcément un niveau suffisant pour suivre ce qui se passe là-dedans. Avant d’y avoir droit d’accès pour y travailler, vous devrez passer des tests au centre pour juger de votre niveau.

Un ou deux profs esquissèrent une grimace, pensant sûrement que ce ne devait tout de même pas être un niveau si élevé que ça et que ce n’était pas non plus à lui de leur balancer ça. Bah, ils verront bien. Avec Gabriella, ils dirigeaient la Résistance, et tous deux avaient des moyen de faire obéir les têtes brûlées ou ceux qui ne voulaient pas respecter les règles.

Albert – Bien évidemment, les petits en primaire n’iront pas à Issoire mais bien ici, pour leurs cours. Si vous comptez partir le week-end pour aller je ne sais où, prévenez en avance. N’oubliez pas que les routes sont couvertes et modifiées par les élémentaires en faction. Sachez qu’il risque d’y avoir des alertes. Quand vous entendrez la sonnerie, ce sera immédiatement toute activité cessante, toutes les lumières éteintes, et chacun devra la boucler. Du ciel, quelques « ruines » apparaissent, aucune activité ne devra être décelée si des avions passent. Il n’y aura aucune autre sonnerie, y compris pour les cours. Contentez-vous de surveiller vos montres, pour le début et la fin des cours.

Ils s’habitueront vite. Bradley revint s’asseoir puis tira un autre papier, pour les indications plus générales et qui allaient peut-être en faire bondir certains. Encore une fois, peu lui importait, la sécurité de tous passait avant les petites frustrations personnelles.

Albert – Enfin… En entrant ici, vous devenez tous membres de la Résistance par affiliation, même si vous ne combattez pas. Ce qui veut dire que vous disparaissez, vous et vos enfants. Jusqu’à la fin de cette guerre, vous n’avez plus d’existence officielle, pour le gouvernement, les élémentaires n’ont même plus aucun droit. Les soins médicaux, l’éducation, la vie, tout se passe en interne, dans le Réseau. Des petits commerces ont été installés dans le parc, par les membres des familles de certains combattants. Vous y trouverez le nécessaire. Les lettres et coups de fil doivent être passés depuis le centre, les communications sont toutes déviées et contrôlées, pour éviter que le Renseignement ne nous traque.

Somme toute, comme les combattants de la première heure et les membres des différentes cellules, comme ceux qui se cachaient en petites communautés, tout ce beau monde devait disparaître de la circulation. Pour vivre heureux, vivons cachés. Il en avait terminé, pour sa part, les règles allaient être affichées un peu partout et également rappelés jusqu’à ce que chacun les ait bien avalées et comprises.

Albert – Si vous avez des questions, c’est le moment. Sinon, je vous souhaite une bonne journée, j’ai à faire.

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Kimmitsu Nakajima
Directeur
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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Précisions de rentrée   Sam 26 Mai - 21:07

Kimmitsu replia avec le soin le télégramme qu’il avait reçu toute à l’heure, de la part de Solène, puis le glissa dans la poche intérieure de sa veste. Elle devait arriver demain dans la matinée, avec les enfants. Ils seront en France tôt le matin, puis un passeur les prendra en charge, avec tout un groupe d’élèves, pour les conduire ici. Très bien, il se demandait comment ça s’était passé, pour eux, s’ils avaient pu se reposer et se détendre, surtout. Il avait hâte de les revoir. Reportant son attention sur la réunion, lorsqu’elle débuta, il salua d’un signe de tête ceux qui venaient juste d’arriver et qu’il n’avait pas encore vu, tout en sortant quelques dossiers et de quoi prendre des notes, si jamais le besoin se présentait. Une fois tout le monde installé, Gabriella lança un bonjour général, assise près du maréchal. Elle avait un air fatigué, comme tous ceux qui étaient à Paris, en fait. Leur ancien directeur était le plus marqué, avec de lourds cernes, le bras en écharpe et le visage encore très pâle. A son âge, on se remettait moins vite des blessures et de la fatigue… Au moins, il était revenu en vie, ce n’était pas le cas de tous, malheureusement. Leur propre groupe n’avait pas eu à déplorer de morts, en revanche, un autre groupe avait lui été décimé en entier.

Gabriella – Nous devons voir plusieurs sujets, ce matin, concernant cette nouvelle école, les règles de sécurité et les règles de vie. En plus de quelques autres sujets. Pour commencer, je vous annonce tout de suite qu’il s’agit de ma dernière réunion en tant que directrice. A compter de la rentrée, Kimmitsu deviendra directeur et Frédéric sous-directeur. Pour ma part, je vais me consacrer plus particulièrement à la Résistance, avec le général Bradley, ici présent.

Elle était venue lui en parler hier soir, assez longuement, et il avait beaucoup hésité avant d’accepter le poste. Même s’il l’assumait déjà officieusement depuis quelques temps, le prendre officiellement était très différent. C’était… assez étrange de voir Gabriella quitter cette école, quad même bien il s’agissait de la suite logique des événements. La guerre progressait, décembre avait été d’une violence inouïe, ils avaient besoin que les leaders soient parfaitement concentrés sur ce qu’ils faisaient. Il tourna un peu la tête vers monsieur Francfort lorsqu’il lui tapota l’épaule de sa main valide, avec un petit sourire. Au moins, il sera là pour le seconder, le conseiller et lui apprendre les ficelles du métier, c’était plus rassurant. Silencieux, il écouta Gabriella faire part des changements dans l’équipe enseignantes et dans le personnel, pinçant les lèvres lorsqu’elle raconta ce qui était arrivé à la jeune Eva. Cette femme avait fait preuve d’un courage exceptionnel, sa fin était à la fois horrible et très belle. Belle par son geste, parce qu’elle avait sacrifié. Grâce à elle, six autres personnes avaient pu survivre et se réfugier dans des abris. Sa mémoire sera conservée, comme pour tous ceux et celles ayant déjà trouvé la mort.

Après la présentation rapide des nouveaux, que chacun les identifie bien et les salue rapidement, Gabriella passa sur la description générale des lieux, sur la configuration un peu particulière de la nouvelle école. Il restait des finitions et détails à voir, pour les travaux, mais l’essentiel avait été bouclé, ils pouvaient accueillir les enfants comme les adultes. La parole fut ensuite passée au maréchal, enfin ex-maréchal, pour ce qui concernait les questions sur la sécurité du nouveau pensionnat. Le militaire se leva puis leur mit en grand la carte de l’école, avant de distribuer des exemplaires à tous ceux qui n’en avaient pas encore. Les élémentaires terre avaient rudement bien travaillé, ces derniers jours, en tout cas… Il était impressionnant de voir le nombre d’arbres qu’ils avaient fait croître avec leur élément, pour recouvrir presque entièrement le domaine, et surtout, les rendre si gonflé de feuilles qu ‘ils en cachaient les bâtiments depuis le ciel. Essentiellement des conifères, pour ne pas avoir de problèmes l’hiver venu et surtout « coller » au paysage environnant. Le domaine était plutôt beau, selon lui, même si l’esthétique n’était évidemment pas le but recherché en aménageant les lieux.

Bradley – Quand on parle du domaine, on parle à la fois du parc et de ses bâtiments. Le parc est presque entièrement recouvert par les arbres et c’est voulu, depuis le ciel, les bâtiments sont ainsi enfouis dans la nature. Des murs de pierre entourent le domaine entier, il n’y a que deux entrées. Une au Nord, une au Sud. Tout autour de nous, ce n’est que de la forêt et montagnes. Première chose à savoir, les chemins et routes menant ici sont régulièrement transformés, camouflés et redirigés par les élémentaires Terre et Eau. Recouverts par des arbres et rochers, puis dégagés pour laisser passer certains camions en cas de besoin. Personne, et je dis bien personne, ne sort ou n’entre sans autorisation, fourrez-vous bien ça dans le crâne. Un petit rigolo filant à l’extérieur pourrait être repéré, traqué, et le tout conduirait dans ces lieux à un véritable bain de sang, vous devez vous douter que le gouvernement se fiche bien qu’il y ait des mômes sur le chemin. Le domaine est surveillé jour et nuit, pour empêcher d’autres espions de venir se joindre à nous. Nous en avons déjà tués deux, pour l’information. Je ne saura que trop vous conseiller de rester, chacun, sur vos gardes.

Hum, trois. Il oubliait l’espion qui avait été liquidé par Gabriella au mois de novembre, celui qui s’était introduit chez lui et Solène pour y laisser des menaces de mort et des intimidations. Enfin, peu importe. Un de leurs collègues s’exclama tout à coup d’un ton effaré que tous ces arbres allaient poser de sacrés problèmes, pour les cours de sport ou pour faire jouer les enfants au foot ou d’autres trucs collectifs de ce style. Kimmitsu haussa un sourcil incrédule, prêt à demander si c’était vraiment ça le plus important, à ses yeux, mais fut pris de vitesse par Bradley. Bref, oui, comme il disait. Le militaire leur expliqua plus en détail la configuration des lieux, avec les entrée spécifiques, puis passa sur les accès au QG et au centre de formation, et enfin, sur les entraînements d’éléments au plus haut niveau, pour les adultes. Kimmitsu nota dans son carnet de penser à vérifier les prochaines séances et voir auxquelles il pourra se rendre lui-même pour s’exercer, ou bien, s’il le fallait, enseigner deux ou trois techniques pour l’élément vent. Il comptait mettre l’accent sur le feu, ce mois-ci, surveillant de près ce don dénaturé, tout comme Adrien, par ailleurs. Tout en écrivant, il passa un doigt sous ses lunettes pour se frotter un peu les yeux, assez fatigué, aujourd’hui.

Porter ses lunettes pour lire ou écrire lui avait demandé un peu de temps avant d’attraper l’habitude et il se réjouissait au moins de ne pas avoir à le faire en cours ou lorsqu’il partait combattre. Tout ça à cause de ce « scientifique » malade et de ses expériences… Un petit soupir lui échappa et il reposa le regard sur Bradley, maintenant occupé à expliquer que les routes étaient toujours surveillées et modifiées, qu’on devait avertir à l’avance avant de sortir, puis que la sonnerie ne servira désormais que pour les alertes. Tout le monde devrait très vite s’y faire, après tout, ce n’était qu’un réflexe à prendre, et les élèves eux-mêmes savaient très bien le signaler, lorsqu’un cours durait trop longtemps. Le nouveau directeur lança un long regard autour de lui pour juger des mines des uns et des autres, tâcher de voir ce qu’ils pensaient de tout ça. C’était beaucoup de changements, oui… Mais tout cela pour leur sécurité et celle des enfants, ils ne voulaient plus revivre les drames du précédent pensionnat. Tout valait mieux que cela et c’était temporaire. La guerre ne pouvait pas durer éternellement.

Bradley – Enfin… En entrant ici, vous devenez tous membres de la Résistance par affiliation, même si vous ne combattez pas. Ce qui veut dire que vous disparaissez, vous et vos enfants. Jusqu’à la fin de cette guerre, vous n’avez plus d’existence officielle, pour le gouvernement, les élémentaires n’ont même plus aucun droit. Les soins médicaux, l’éducation, la vie, tout se passe en interne, dans le Réseau. Des petits commerces ont été installés dans le parc, par les membres des familles de certains combattants. Vous y trouverez le nécessaire. Les lettres et coups de fil doivent être passés depuis le centre, les communications sont toutes déviées et contrôlées, pour éviter que le Renseignement ne nous traque.

Kimmitsu hocha un peu la tête, pensant aux espions déjà morts et aux prochains qui n’allaient sans doute pas tarder à infiltrer la rébellion. C’était inévitable, eux-mêmes jouaient à ce petit échange et chacun en avait conscience. Bradley demanda rapidement si personne n’avait de questions sur le sujet, avant de quitter la pièce, pour s’occuper de ses propres affaires. Le professeur s’attendait presque à ce que Gabriella le suive aussitôt, pour être honnête, il savait qu’elle considérait son rôle comme déjà achevé, dans cette école, y compris pour cette dernière réunion. Il retint un autre soupir puis tira les emplois du temps de chacun de sa pochette, les distribuant avec rapidité en indiquant qu’il y aura surtout des changements pour les cours d’éléments, ou deux dons différents pourront être travaillés dans un seul exercice, afin de favoriser dès le plus jeune âge la collaboration entre deux élémentaires. Et cela dans l’optique qu’ils soient capables de se défendre et s’entraider une fois hors de l’abri de ces murs. Leurs collègues d’éléments aussi seront bien avisés d’en faire autant, durant leurs propres entraînements, par ailleurs.

Kimmitsu – Les sorties scolaires sont bien évidemment toutes supprimées, sans exception. Concernant la rentrée en elle-même, il n’y aura pas la distribution des bulletins dès le début, ça attendra février ou fin janvier, la priorité reste les consignes de sécurité, vous devez tous vous assurer que chacun les comprenne bien, dans vos classes. Les enfants pourront conserver, enlever ou ajouter certaines options, s’ils le souhaitent. Les lycéens peuvent se rendre au Centre de Formation pour des cours de combat au corps à corps, avec armes à feu ou avec leurs dons. Dans le cas de certains, ces cours seront en remplacement des cours de sport et d’éléments, s’ils sont d’un niveau assez avancé. Je pense par exemple à des élèves comme Adeline Brian ou Océane Kara, elles ont des niveaux qui leur permettent de suivre des entraînements plus poussés.

Les deux filles avaient chacune un niveau sportif assez avancé, idem pour leur élément, pour se permettre de participer à des cours plus avancés que ceux que pouvaient proposer les professeurs du pensionnat. Daniel haussa un peu les sourcils, lançant d’une voix plus lente et hésitante qu’il trouvait quand même ça étrange, car ces deux élèves n’avaient que seize ans, puis demanda s’il était normal de laisser ainsi des lycéennes se mêler à de telles affaires. Kimmitsu échangea un bref regard avec Gabriella puis croisa les mains contre la table, prenant un petit instant avant de répondre, pour bien choisir ses mots.

Kimmitsu – Dans le cas d’Océane, elle suit un entraînement régulier depuis ses trois ans et est préparée depuis des années à ce genre de travail. Son niveau pour le feu est supérieur à celui de ses professeurs au pensionnat, tout comme sa préparation physique, elle ne pourra rien apprendre de plus dans des cours classiques. Quant à Adeline, elle a également un niveau maintenant assez élevé pour participer à des cours plus poussés. Pas pour son don, très loin de là, mais elle ne souhaite pas le développer. Son potentiel se tourne plus vers l’espionnage. Oui, on parle de lycéennes, mais toutes deux sont prêtes à ça.

Il n’avait pas convaincu tout le monde, très loin de là, mais soit, c’était ainsi. Les deux filles étaient assez matures pour savoir ce qu’elles voulaient faire de leurs vies, dans quels combats elles souhaitaient s’impliquer, et leurs vécus respectifs les rendaient aptes à prendre des décisions très lourdes de conséquences, pour leur avenir.

Kimmitsu – Sur un autre registre, il va arriver régulièrement que des enseignants partent de l’école, plus ou moins longtemps, et ça ne sera pas toujours possible de le prévoir en avance. Donc, pour les professeurs qui ne vont pas sur le terrain pour se battre, quelles sont les matières dans lesquelles vous pouvez remplacer un collègue au pied levé, chacun ?

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Re: Précisions de rentrée   Dim 8 Juil - 10:59

Gabriella – Nous devons voir plusieurs sujets, ce matin, concernant cette nouvelle école, les règles de sécurité et les règles de vie. En plus de quelques autres sujets. Pour commencer, je vous annonce tout de suite qu’il s’agit de ma dernière réunion en tant que directrice. A compter de la rentrée, Kimmitsu deviendra directeur et Frédéric sous-directeur. Pour ma part, je vais me consacrer plus particulièrement à la Résistance, avec le général Bradley, ici présent.

Même s’ils en étaient tous doutés, l’entendre l’annoncer aussi platement était très… très étrange. Cyprien se contenta de doucement hocher la tête, jetant un regard autour de lui pour voir la réaction des autres et ce qu’ils semblaient penser de ça. Les émotions oscillaient entre la stupeur, la crainte pour l’avenir et l’acceptation sereine, la compréhension tranquille pour les nouveaux. Pour sa part, il avait peur. N’étant pas homme de guerre, il imaginait mal ce que sous-entendait « se consacrer plus particulièrement à la Résistance » et visualisait des scènes violentes, des combats, encore plus de morts. La guerre, pure et dure, qui frappera dans toute la France pendant qu’eux-même seront bien à l’abri entre les murs de cette nouvelle école. Bradley lâcha, tout à coup, dans un bref murmure que c’était normal. Hein ? Qu’est-ce qui était normal, de quoi parlait-il ? Il tourna la tête vers lui, prêt à poser la question, puis referma la bouche en voyant le regard échangé entre lui et Gabriella. Très bien, donc ça ne les concernait pas, elle au moins semblait comprendre de quoi il discutait. Effrayant, ils arrivaient à se comprendre sans même parler, maintenant ?

Leur future ex-directrice parla ensuite des changements apportés dans l’équipe enseignante et celle du personnel. Leur annonçant platement que la bibliothécaire, Eva Doucet, était morte au mois de décembre, tuée au cours d’un combat, pour protéger d’autres membres de la Résistance. Elle… Cyprien sentit un frisson glacé lui remonter le long du dos et glissa la main sous la table pour serrer celle de Céleste. Jamais il n’aurait cru que… Comme Eva était toujours très en retrait et renfermée, il n’avait pas pensé qu’elle puisse… La honte le prit, durant un moment, il s’en voulait de l’avoir jugée sur les apparences uniquement et l’impression qu’elle rendait au monde. Morte, à présent, de cette façon… valentin leur lança qu’un monument aux morts allait aussi être aménagé dans le hall de l’école, pour la mémoire de ceux qui avaient perdu la vie au cours de cette lutte. Il faillit dire que c’était une école, qu’on pourrait quand même installer ça ailleurs, puis se tut, de justesse. C’était pour tous ces enfants, finalement, que ces gens mourraient, il serait affreusement cynique et outrageant de le cacher et les reléguer dans un coin. Même si ça pouvait miner un peu le moral, les jeunes devaient être conscients de ce qui arrivait dans ce pays.

Gabriella leur présenta ensuite le domaine, dans les grandes lignes, puis laissa la parole à Bradley pour qu’il s’occupe plus en détails du sujet. Pour le moment, à part eux deux, Valentin et l’ancien directeur, personne n’avait moufté mot, la tension était très lourde. Bradley leur indiqua comment le domaine était protégé, depuis le ciel, par le nombre très dense d’arbres, puis les entrées, les deux seules entrées, une pour la Résistance, l’autre pour l’école. Les chemins et routes aussitôt bougées et modifiées par les élémentaires terre et eau. Il n’avait pas réellement besoin, cela dit, de préciser que personne n’avait le droit de sortir sans autorisation préalable, ça semblait évident, ils n’étaient plus à Gray. « Un petit rigolo filant à l’extérieur pourrait être repéré, traqué, et le tout conduirait dans ces lieux à un véritable bain de sang, vous devez vous douter que le gouvernement se fiche bien qu’il y ait des mômes sur le chemin. » … Et il disait qu’ils avaient déjà tué deux espions ?! Très rassurant. Cyprien prit une légère inspiration, avant de reporter le regard sur la carte du domaine que le militaire venait d’afficher. Daniel dit tout à coup, d’un ton perplexe, qu’autant d’arbres allaient gêner, pour les cours de sport, s’attirant un regard agacé et blasé.

Bradley – Croyez bien que le sport pour les gamins a été la priorité absolue, en aménageant cet endroit. Vous pouvez les faire courir quand même, ils sont capable de slalomer, ça leur fera de l’exercice. Bref… L’entrée Sud est celle de l’école, exclusivement. Si vous devez quitter le domaine, ce sera par là. Les gamins peuvent se balader un peu partout, sans le moindre risque. L’entrée Nord est réservée aux résistants et aux convois militaires. En ce qui concerne les bâtiments de l’école, vous les découvrirez seuls. Pour ceux de la Résistance… Le QG principal n’est accessible qu’à ceux qui ont une bonne raison de s’y rendre. Le centre, vous pouvez y aller quand vous voulez pour vous entraîner. Enfin, pour les entraînements spécifiques avec les éléments, soyons clairs. Être professeur d’un élément particulier ne signifie pas avoir forcément un niveau suffisant pour suivre ce qui se passe là-dedans. Avant d’y avoir droit d’accès pour y travailler, vous devrez passer des tests au centre pour juger de votre niveau.

D’accord, d’accord, ils avaient compris, les idiots qui venaient se promener en purs touristes allaient se faire virer du coin vite fait bien fait. Par contre, quand on enseignait un élément, on avait forcément un bon niveau ! Un niveau bien plus correct et poussé que les autres élémentaires, c’était quand même la base ! Alors pourquoi vouloir faire passer des tests d’office, avant l’accès, puisque ce type d’enseignement était obligatoirement très entraîné, quoi qu’il arrive ? Le militaire enchaîna rapidement, déclarant que les jeunes enfants n’iront bien sûr pas à l’école à Issoire mais ici, répétant que personne ne pouvait sortir sans autorisation, y compris pour partir en week-end. Oui, ils s’organiseront… Pour sa part, même s’il fallait du temps pour le prévoir, il comptait bien que Lucas puisse avoir des « jours de congés » de temps en temps, quitter cet endroit. Ce n’était pas bon, à cet âge, de vivre dans cette ambiance en permanence, c’était justement pour lui éviter ça qu’ils avaient décidé de vivre à Gray, de rentrer tous les soirs et le week-end au village. Retour à la case départ, comme on dit. Épargner les jeunes, ce n’était pas juste les écarter des combats, c’était aussi s’assurer qu’ils aient une vie la plus ordinaire possible ! Or, ici, l’école et la vie normale passaient très clairement au second plan.

Bradley – Sachez qu’il risque d’y avoir des alertes. Quand vous entendrez la sonnerie, ce sera immédiatement toute activité cessante, toutes les lumières éteintes, et chacun devra la boucler. Du ciel, quelques « ruines » apparaissent, aucune activité ne devra être décelée si des avions passent. Il n’y aura aucune autre sonnerie, y compris pour les cours. Contentez-vous de surveiller vos montres, pour le début et la fin des cours.

Bon, ça, ils pourront s’en accommoder, et au pire, il existait des petits réveils minuscules dont ils pouvaient aussi se servir, pour le début et la fin des cours. Bradley leur distribua à chacun une liste des instructions générales, en plus du plan global des lieux, l’air aussi naturel que s’il leur parlait de la pluie et du beau temps. Bien sûr, tout était normal, après tout ! On était en janvier, il faisait très froid mais c’était normal, la neige tombait doucement, le pays était en pleine guerre civile et un vaste mouvement de rébellion s’était monté, un mouvement se créant aussi dans toute l’Europe. Un mois tout à fait ordinaire, la belle routine.

Bradley – Enfin… En entrant ici, vous devenez tous membres de la Résistance par affiliation, même si vous ne combattez pas. Ce qui veut dire que vous disparaissez, vous et vos enfants. Jusqu’à la fin de cette guerre, vous n’avez plus d’existence officielle, pour le gouvernement, les élémentaires n’ont même plus aucun droit. Les soins médicaux, l’éducation, la vie, tout se passe en interne, dans le Réseau. Des petits commerces ont été installés dans le parc, par les membres des familles de certains combattants. Vous y trouverez le nécessaire. Les lettres et coups de fil doivent être passés depuis le centre, les communications sont toutes déviées et contrôlées, pour éviter que le Renseignement ne nous traque.

Eh… Cela voulait dire qu’ils ne pourront même pas partir quelques jours, avec Lucas, pour lui faire changer d’air ?! Cyprien lâcha un peu brusquement la main de sa future femme, indigné, puis à nouveau, se retint à grande peine de protester, en croisant le regard de l’ancien directeur. Mais les enfants… Les enfants devaient vivre cachés jusqu’à temps que cette guerre se termine ?! Disparaître, tous, comme ça ? Avoir toutes leurs communications contrôlées pour éviter l’espionnage ? Ils allaient vivre reclus, coupés du reste du monde, cachés pour des mois, voire des années ?! C’était… Bradley se leva ensuite et quitta la salle à grands pas, en ayant terminé sur le sujet. Kimmitsu prit le relais, repassant cette fois sur l’école en elle-même et son organisation. Plus aucune sortie scolaire, les bulletins scolaires qui attendront février, les consignes de sécurité qui devront bien être avalées. On aura compris, ouais. Puis ensuite, les cas particuliers d’élèves, pouvant déjà suivre des formations plus poussées avec les adultes. Ah, donc on acceptait que des lycéens se préparent à la guerre et entrent dans la résistance ? Ils n’étaient pas tous venus ici pour être protégés, à la base ?! A quoi cela servait si on leur mettait une arme en main pour ensuite les envoyer au front, à seulement seize ans ? Daniel en fit la remarque, d’ailleurs, ils étaient plusieurs à désapprouver l’idée.

Kimmitsu – Dans le cas d’Océane, elle suit un entraînement régulier depuis ses trois ans et est préparée depuis des années à ce genre de travail. Son niveau pour le feu est supérieur à celui de ses professeurs au pensionnat, tout comme sa préparation physique, elle ne pourra rien apprendre de plus dans des cours classiques. Quant à Adeline, elle a également un niveau maintenant assez élevé pour participer à des cours plus poussés. Pas pour son don, très loin de là, mais elle ne souhaite pas le développer. Son potentiel se tourne plus vers l’espionnage. Oui, on parle de lycéennes, mais toutes deux sont prêtes à ça.

Oh, puisqu’elles étaient prêtes, tout va bien, n’est-ce pas ? Il suffisait d’oublier qu’on parlait effectivement de lycéennes et que ces membres de la Résistance les imaginait bien prendre un fusil et aller sous les tirs des forces de l’ordre. Oublier qu’elles pouvaient très bien être tuées, car non, ce gouvernement ne fera aucune différence de traitement, en ayant face à lui des personnes plus jeunes. En fait, ce que Cyprien ne pouvait comprendre, c’est qu’on laisse certains lycéens participer après tout ce qui avait été fait pour les écarter de la guerre et les protéger, après qu’on les ait fait fait se cacher ici pour qu’ils n’aient pas à être blessés, enlevés ou tués ! La guerre était une affaire d’adultes ! Pourquoi y laisser rentrer des enfants de seize ans ? La majorité était à vingt-et-un ans, pas avant, sauf émancipation, et encore, même être émancipé ne vous donnait pas tous les droits d’un adulte. C’était donc… Ah, bon sang… Il se passa la main contre le front pour repousser quelques mèches, se demandant si c’était lui qui était très naïf sur la situation ou si personne ne pouvait voir le problème qu’il y avait à laisser combattre des mineurs.

Kimmitsu – Sur un autre registre, il va arriver régulièrement que des enseignants partent de l’école, plus ou moins longtemps, et ça ne sera pas toujours possible de le prévoir en avance. Donc, pour les professeurs qui ne vont pas sur le terrain pour se battre, quelles sont les matières dans lesquelles vous pouvez remplacer un collègue au pied levé, chacun ?

Cyprien – Les mathématiques, pour ma part, dit-il en se redressant. Et les entraînements pour l’élément Terre, en cas de besoin.

Il ne pensait pas pouvoir entraîner, pour l’eau, ce don-là n’était pas aussi développé que celui de la Terre. De toute manière, si chacun de ses autres collègues donnaient aussi une ou deux matières, en plus de la leur, pouvoir remplacer les uns et les autres ne causera aucun problème.

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