1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Stéphane Maltais [Validé]

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Stéphane Maltais
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MessageSujet: Stéphane Maltais [Validé]   Mer 28 Mar - 18:51

Stéphane Maltais




« Moi, ma vie, mon œuvre »

Les informations générales

Pièce d'identité

Nom et prénom : Stéphane Maltais
Date de naissance : 22 septembre 1 877
Groupe : Résistance
Don(s) : Autrefois l'eau
Métier : Soldat
Situation maritale : Divorcé
Rang social : Peuple

Acteur : Bill Muray

« Ma vie trépidante »

"Ce n'était pas notre guerre."

Toute notre scolarité avait été bercée aux chants patriotiques, aux poèmes clamant à ces jeunes enfants, encore en primaire, qu'ils devront se battre pour libérer leur patrie. Un véritable conditionnement, renforcé à l'âge adulte par le Service National, et qui vous suivait toute votre vie. Bien sûr, lorsque la Grande Guerre a éclaté, je n'étais déjà plus un enfant mais j'étais déjà un soldat. Engagé depuis longtemps et fier de l'être, avec ça ! Cette guerre, aux yeux de tous, c'était une aubaine, pensez-vous, la possibilité de rendre l'honneur au pays et libérer l'Alsace et la Lorraine, qui aurait craché dessus ? Personne ne réalisait à quel point les causes de cette guerre étaient idiotes et personne ne croyait que ça allait durer plus de quelques mois. A la Noël, tout le monde sera chez soit, c'est qu'on disait.

Ce n'était pas une guerre pour notre nation, pour la vengeance contre l'Allemagne, pour la gloire ou je ne sais plus quelle connerie. C'était une guerre à la gloire de la Morte elle-même, débutée par des prétextes stupides, menée par un haut Commandement planqué dans ses bureaux et qui envoyaient des gamins et des adultes se faire massacrer sous la mitraille, le gaz moutarde, les bombes et les obus tirés par les chars. On pataugeait dans la boue, on dormait avec les rats, on crevait de septicémies quand ce n'était pas une balle qui vous achevait. Tous les jours, je crevais de peur lorsqu'il fallait monter au front, je ne le montrais pas à mes hommes, mais je savais qu'ils s'en doutaient. J'étais lieutenant, je devais les emmener au combat, c'était comme ça, c'est tout. J'avais été promu dans l'urgence après la mort d'un autre. Les promotions, ça va toujours plus vite en temps de guerre. Surtout quand les morts arrivent par cohortes.

Les plus hauts gradés n'étaient pas dans les tranchées avec nous. C'est drôle, quand on y pense, ils se croyaient à l'abri. Lors de leur petite réunion, un obus leur est tombé dessus. Nous, on ne rigolait pas, on avait plus de chefs, on était juste là avec nos hommes, nous, les sous-officiers. La mort nous arrivait dessus au grand galop, j'en pleurais, j'avais peur, tout le monde avait peur de crever ici. C'est Albert qui a fini par se lever, même aujourd'hui, je ne suis pas sur qu'il ait su lui-même ce qu'il fichait alors. Pur instinct, colère, mélange des deux, il a juste rassemblé la troupe et on s'est lancés. Un dernier baroud d'honneur, personne n'y croyait, on bougeait juste en pensant "Vas-y, c'est la dernière fois, après ce sera fini à jamais". Le sifflement d'un obus, la terre qui tremble, le souffle de l'explosion qui vous renverse...

Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai survécu. Ni comment. J'étais là, blessé dans la terre ravagée et la boue, à moitié accroché à Albert, on pleurait tous les deux et il répétait "C'est fini, c'est fini". Ce jour-là, c'était fini. On avait remporté une bataille importante avec un chef d'unité improvisé et perdu plus de la moitié de nos hommes. C'était fini et je ne pouvais pas arrêter de pleurer, ni arrêter de gémir, comme un bébé après un cauchemar atroce. Même la douleur à ma jambe ne me touchait pas, je me fichais de chopper la gangrène, plus rien n'avait l'air réel, dans cette enfer. Une bataille, ce n'est pas la guerre. Un combat était remporté, pas la guerre. Mais je savais déjà avoir atteint le point de non-retour, celui où le retour à la vie normale est impossible.

"Impossible de revenir en arrière"

La Grande Guerre m'avait pris ma vie, ma famille, ma maison. Ma femme m'avait quitté, ne supportant plus ces années d'absence, les lettres vides de sens lui faisant croire que je ne l'aimais plus. Pet-être, d'ailleurs, ne l'aimais-je plus. Je doutais même être encore capable d'aimer ou éprouver un autre sentiment que la souffrance pure. J'étais de retour chez moi mais j'avais encore la guerre avec moi. On avait voulu me l'attacher comme une greffe, sauf que la greffe n'avait pas pris et le rejet commençait. Dans le pays, plus aucun civil ne voulait en entendre parler, il fallait oublier cette horreur au plus vite. Nous aussi, on a souffert, avec les rationnements et autres !. Entendre ça craché d'un ton méprisant me blessait autant que ça me donnait envie de rire.

Au placard, les Gueules Cassées, au placard les Poilus, faites comme tout le monde, fermez-la et oubliez ! Prenez vos petites décorations, on construit des monuments aux morts ici et là, et voilà, la vie continue. J'étais toujours soldat, il y avait du travail à faire, après un tel désastre... Pour commencer, les morts, les millions de morts. Enterrés près des champs de bataille même, là où nous trouvions de la place, quoi. Leurs familles les réclamaient. Où avez-vous enterré mon fils, hurla un jour une mère. Ma pauvre dame, où aurions-nous pu les enterrer tous ?! Et maintenant ? Allait-on aller déterrer à coups de pelle enterrés ici et là dans tout le Nord de la France pour les envoyer en train dans leurs familles ? Oui, c'est ce qu'on nous demandait. Les familles voulaient leurs morts, ils voulaient qu'on convoient des milliers de cadavres par train, dont la majorité étaient déjà décomposés, dévorés par les rats.

Cette période d'après-guerre est restée brouillée, dans ma mémoire. J'étais là, sans être là. Ma vue était encore prise par la poussière soulevée par les obus, mes oreilles bouchées par les hurlements des blessés puis les râles des morts, chaque petit bruité tait prétexte à un sursaut. Je n'avais pas quitté le champ de bataille, la guerre hantait mes pas, j'en arrivais même à me sentir plus à l'aise en uniforme, car je me disais "C'est ça ta place, ton vrai rôle, tu es un soldat". Les nuits étaient remplies de cauchemars et de souvenirs de cette mare de sang et de boue. Qu'était la vie civile ? De temps en temps, je revoyais Albert, qui lui avait gravi les échelons et les grades, là où j'avais voulu rester lieutenant. Qu'est-ce que la vie civile ? Albert, dis-moi, comment vit-on lorsque la mort ne hante pas à chaque respiration ? Je n'ai jamais eu de réponse.

"La guerre civile n'arme que des bras volontaires et met en présence des ennemis qui s'attaquent ou se défendent pour une cause déterminée, pour un parti librement adopté ; tandis que dans la guerre extérieure, on tue pour tuer, on assomme son semblable dont on aurait peut-être fait son ami si on l'avait connu, dont tout le crime est d'être au-delà plutôt qu'en deçà de la frontière."

S'il y a une pensée que, sans doute, seuls les soldats peuvent réellement comprendre, c'est qu'une guerre civile est préférable à une guerre extérieure. Je ne veux plus tuer des hommes et des femmes à qui j'aurai pu parler amicalement, mais je ne veux pas voir la dictature, je ne veux pas voir un groupe social massacré simplement pour servir de prétexte. Et surtout, puisque nous, soldats, sommes déjà rivés à notre vision du monde, pourquoi laisser des jeunes y être embarqués à leur tour alors que nous sommes déjà là, prêts à faire face et les laisser, eux, à la vie civile ? Certains civils ont déjà été pris dans cette vision du monde, c'est trop tard et je le sais. Mais il en reste tant d'autres qui ne doivent pas l'être. J'ai suivi Albert parce que j'ai confiance en lui. Cette fois-ci, dans cette guerre-ci, nous sommes tous volontaires.


A très bientôt...

©️ Dakota - Never Utopia


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Adrien de Sora
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MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Mer 28 Mar - 19:44

Salut et bienvenue sur le forum !

Superbe fiche, j'ai le plaisir de t'annoncer que tu es validé.^^ Si tu as des questions, nos boîtes à mp sont ouvertes. Tu peux dès maintenant commencer à jouer.

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Stéphane Maltais
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Âge RPG : 55 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Mer 28 Mar - 19:47

Merci docteur ! ^^

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Gabriella de Lizeux
Leader de la Résistance
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MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Jeu 29 Mar - 10:04

Bienvenue ! Très belle fiche, en effet.^^

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Océane Kara
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Jeu 29 Mar - 12:17

Bienvenue lieutenant !

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Adeline Brian
Lycéenne
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Jeu 29 Mar - 12:28

Welcome !

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Stéphane Maltais
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Âge RPG : 55 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Jeu 29 Mar - 14:17

Merci mesdames.^^

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Kimmitsu Nakajima
Directeur
Professeur d'arts martiaux

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Âge RPG : 42 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Ven 30 Mar - 10:16

Bienvenue.^^

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Solène Nakajima
Fleuriste
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Récits : 149

Âge RPG : 18 ans

MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   Ven 30 Mar - 19:12

Bienvenue.^^

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MessageSujet: Re: Stéphane Maltais [Validé]   

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Stéphane Maltais [Validé]
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