1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 L'équipe s'agrandie

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MessageSujet: L'équipe s'agrandie   Ven 9 Fév - 14:28

Le soir du vingt-quatre occupait toutes les pensées, tous les résistants et alliés présents à l'école en parlaient, pensant à ceux qui allaient quitter les lieux dans la soirée pour rejoindre Paris. Dans le hall d'entrée, quelques caisses d'équipement attendaient que leurs destinataires les prennent avant de partir pour la capitale. Armes, radios trafiquées, gilets renforcés... Tout était prêt pour le combat. Auguste ralentit un peu en voyant ça, avant de poursuivre sa route dans les couloirs entièrement en pierre, les bras chargés d'une lourde caisse. Il rentrait tout juste d'un assez long voyage dans le sud de la France et devait repartir le vingt-six pour aller retrouver la cellule rebelle de Lyon, où une opération de sabotage devait être menée. Difficile de croire qu'ils étaient bel et bien dans une école, lorsqu'on écoutait les personnes autour de lui discuter... S'il n'y avait ces salles de classes, on se serait cru dans une caserne. Le jeune père poussa une autre porte du pied, entrant dans l'aile du bâtiment réservée aux appartements des professeurs et de leurs familles. Leurs collègues restés à l'ancien pensionnat commençaient peu à peu à les rejoindre, certaines retrouvailles avaient été assez touchantes.

Les "aventures d'Emma", comme quelques résistants appelaient ça, en avaient fait rire plus d'un et leur jeune collègue était devenue une sorte d'icône héroïque de la résistance active et de ceux qui ne se laissent pas faire face à l'oppression. ors de son arrivée dans la nouvelle école, après que l'histoire se soit répandue, elle avait été très largement saluée et félicitée, c'était exactement de ce genre de mentalités dont ils avaient tous besoin, ici. Et à quoi auraient-ils dû s'attendre d'autre, de la part de leur jeune et enflammée collègue ? Auguste sourit en y repensant, posant enfin la caisse dans le fond du couloir, puis se penchant pour ouvrir. Elle était remplie d'ustensiles du quotidien qu'on venait d'apporter pour les appartements des nouveaux professeurs qui avaient dû quitter en urgence à cause de la résistance et qui n'avaient donc pas eu le temps de déménager tranquillement. Difficile de faire ses paquets quand on avait la police aux trousses ou lors d'une descente musclée chez vous à six heures du matin pour vous arrêter et vous jeter en prison. Comme Christophe, par exemple, qui avait échappé de peu à l'arrestation et avait dû s'enfuir de chez lui en sautant du premier étage, au milieu de la nuit.

Il alla toquer contre la porte, grande ouverte, de chez lui pour lui signaler qu'il avait reçu des ustensiles pour lui. Christophe était aussi roux que lui mais un peu pâle et plus petit, également. Et surtout, un regard bleu des plus frappants, on ne voyait que ça lorsqu'on l'avait face à soit. Auguste lui passait le tout lorsqu'un "Salut !" un peu formel retentit dans le couloir. Eugène arrivait dans le couloir, lui aussi chargé de paquets et de sacs, avec un petit garçon à ses côtés. Le professeur de maths se chargea de faire des présentations rapides, entre les deux hommes. Son collègue enseignant la glace avait, comme à sa bonne habitude, un air parfaitement neutre et impassible, saluant le nouveau venu en lui serrant la main, puis repartant, en lançant qu'ils se verront sans doute plus tard. Bah, il était comme ça avec tout le monde, pas le genre à discuter des heures ni proposer d'aller boire un verre en signe d'amitié. Mais Christophe ne sembla pas s'en formaliser, souriant à moitié, appuyé contre le chambranle de la porte. Il lança que lui aussi avait un fils, il devait arriver un peu plus tard avec sa mère, tous deux étaient encore à l'abri chez ses beaux-parents.

Auguste – Ils n'étaient pas là lorsque les flics ont voulu vous arrêter ?

Christophe – On peut se tutoyer si vous voulez aussi. Et non, heureusement, j'étais seul à faire brûler quelques documents qu'on ne pouvait pas faire traîner, quand la police est arrivée. Heureusement qu'ils sont si peu discrets, ça m'a permis de m'enfuir. Ma femme et le petit viendront ici à la rentrée de janvier, en attendant que les choses se tassent un peu. Je pars à Paris ce soir, moi aussi.

Il disait cela d'un ton aussi détendu que s'il partait simplement faire du camping sur la côte pour les vacances d'été. Auguste avait remarqué que beaucoup des résistants, lui y compris, parlaient de leurs missions avec décontraction, la nervosité et la peur ne venaient qu'une fois qu'ils étaient sur le terrain pour de bon.

Auguste – En attendant, viens donc, je vais te présenter à nos autres collègues qui sont déjà arrivés. On n'est pas obligé d'attendre la réunion de rentrée.
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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: L'équipe s'agrandie   Dim 11 Fév - 11:07

Impossible de ne pas remarquer que ces bâtiments avaient autrefois eu une fonction religieuse, on pouvait encore ressentir, à certains moments, le calme feutré qui avait régné ici autrefois. certains moments, oui... Car pour l'instant, l'endroit était tout sauf calme et reposé. Les travaux n'étaient pas encore finis, les allées et venues très nombreuses, pour déménager, apporter des meubles, placards, tables, chaises, bureaux, bibliothèques, pousser des caisses et cartons, s'installer chez soit pour les enseignants et membres du personnel, aménager les salles de classe, le hall d'accueil, terminer de poser de nouvelles portes, isoler les fenêtres, réparer les toitures, installer, réparer, ranger, etc. Un chantier énorme qui s'était pourtant révélé très rapide, grâce au fort nombre de personnes venues y participer dès le mois de septembre. Estelle n'avait pas du tout imaginé la nouvelle école de cette façon... L'endroit était entièrement encerclé dans la forêt, le parc, lui-même comptant un grand nombre d'arbres, leur donnait l'impression que même les hauts murs encerclant le domaine ne les séparait pas des bois, mais les aidait à s'y intégrer, bien au contraire. Un écrin de verdure, de pins, de sapins, d'érables, avec l'odeur de l'humus, de la terre et du fond des bois.

L'endroit était très beau, cela dit. Les bâtiments de pierre se confondaient entre les nombreux arbres, on se sentait bien, protégés par tous ces gardiens intemporels. Même si l'accès était très difficile, la sécurité était bien meilleure ici. La précédente école était, elle, très exposée, sur sa colline, ses murs ne la préservaient pas de grand-chose... Ici, la forêt les abritait, les montagnes aussi, il n'existait pas de véritable route, seulement une multitude de chemins et de sentiers plus ou moins praticable. L'air était pur, glacial en ce moment, c'était vraiment un bel endroit. La jeune mère se sentait rassurée, en voyant tout ça, leurs élèves n'auront rien à craindre ici et les enfants pourront grandir en toute sécurité. Après autant d'années à Gray, il allait être un peu difficile de s'habituer, enfin, ce n'était qu'une étape à franchir. Heureusement, Wyatt était encore trop petit pour avoir été à l'école et se faire des amis à Gray, il n'avait pas eu le temps de s'habituer au village. Sa mère posa un regard attendri sur lui, alors qu'il était bien occupé à jouer avec le papier de protection qui avait emballé des affaires, assis dans un grand carton où Estelle avait démonté et rangé le lit en bois de son frère, pour le voyage. L'appartement était encore dans un état... Tout ranger et installer allait lui prendre du temps.

Chris était dans son siège bébé, sur la table posée à la hâte dan un coin de la cuisine en attendant que l'aménagement se fasse mieux que ça, profondément endormi, sa petite main serrée sur son doudou. Estelle se pencha pour lui déposer un baiser sur le front, puis se redressa, mettant un vieux tablier pour protéger ses vêtements de la poussière ou des déchirures, puis attacha ses cheveux avant de se mettre au travail. Ce qui l'inquiétait le plus était de devoir remonter la plupart des meubles, elle avait déjà eu du mal avec le lit de bébé. Elle devra relaver toute la vaisselle, à cause de la poussière dû au voyage et dans les cartons, nettoyer aussi les placards qui allaient recevoir les affaires, ranger correctement les vêtements, les ustensiles de cuisine, les produits ménagers, mettre en place la lessiveuse et préparer à manger pour les prochains jours, qu'elle ait juste besoin de faire réchauffer des plats, le temps de finir de s'installer. Très bien,a u boulot. Elle fit mettre Wyatt plus loin dans un coin pour qu'il ne soit pas blessé pendant qu'elle s'occupait de la maison, les accidents arrivaient vite et elle ne voulait pas qu'il se cogne la tête dans un meuble ou autre chose. Elle lui fera ranger ses jouets plus tard, il commençait à aider maintenant qu'il savait marcher, pour ds petites choses comme celles-là. C'était important qu'ils apprennent dès le début à ne pas laisser traîner leurs affaires.

Estelle – Tu restes là pendant que maman travaille, mon poussin.

Il allait être occupé pendant un bon moment, avec ça. Estelle commença ensuite par monter le berceau de Chris et le lit en bois, de bébé de Wyatt, dans la chambre qu'ils allaient partager. Les manches relevés jusqu'aux coudes, elle eut très vite chaud malgré tout, sursautant à moitié lorsqu'on toqua à sa porte, restée entrouverte. Elle lança un "Entrez !", retournant dans la pièce principale, où étaient la cuisine, la partie salon, salle à manger, souriant en voyant Auguste, avec un autre homme qu'elle ne connaissait pas encore. Les présentations faites, elle sourit plus largement au nouvel arrivant en comprenant qu'il allait être un de leurs nouveaux collègues.

Estelle – Bienvenue dans l'équipe ! Il doit me rester un peu de café, je peux en faire réchauffer si vous en voulez.

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MessageSujet: Re: L'équipe s'agrandie   Mar 20 Fév - 14:28

Quel bazar, ça allait être comme a pendant un sacré moment, il fallait du temps avant que tout le monde ne termine de s’installer, en plus de l’aménagement des classes, des différentes salles, des dortoirs pour les élèves, des chambres, des bureaux, de la bibliothèque, etc. Auguste n’aurait pas cru que la plupart de ses collègues aient décidé de venir autant en avance, lui avait pensé qu’ils tâcheraient plutôt de profiter à fond de ces quelques jours pour partir, même si ce n’était pas très loin, et profiter d’instants loin de l’ambiance mouvementée et militaire qui régnait dans la nouvelle école. C’était e choix qu’avaient dû faire Céleste et Cyprien, il ne les avait pas encore vu et l’appartement qui devait les recevoir était encore entièrement vide, mis à part quelques bricoles et affaires qui avaient été expédiées ici en avance. Il le vit en passant, par la porte grande ouverte, quelques cartons étaient empilés dans un coin de la cuisine, avec un sac fermé posé à côté. Tout était encore impersonnel, très froid, les rares meubles étaient couverts par de vieux draps, pour les protéger de la poussière. Ils n’arriveront sans doute que début janvier, avec le petit Lucas.

L’appartement qu’occupait Estelle, en revanche, laissait échapper pas mal d’animation. Auguste toqua contre la porte restée entrouverte, la poussant lorsqu’un « Entrez ! » retentit plus loin, un peu étouffé. Des cartons étaient éparpillés partout sur le sol, avec des sacs ouverts ou fermés, contenant des vêtements, du linge de maison, des bricoles ci et là. Une table à repasser était pliée et posée contre le mur, près d’un petit placard, avec un carton rempli de produits ménagers. Il y avait aussi la lessiveuse, posée au sol à côté, et même un petit lave-linge à manivelle. Estelle avait dû l’acheter car il était définitivement plus pratique pour nettoyer les vêtements de bébés et le petit linge, mais bon, la lessiveuse restait le plus pratique et le moins pénible. Il sourit largement à Estelle, en lui disant bonjour, lorsqu’elle arriva, vêtue d’un long tablier, manches relevées et le rouge aux joues. Toujours active, comme à sa bonne habitude, il était bine rare de la voir fatiguée ou à se reposer. Seule et avec deux enfants en très bas âge, elle devait s’occuper de tout toute seule. Il fit les présentations, poussant légèrement leur nouveau collègue dans le dos.

Estelle – Bienvenue dans l'équipe ! Il doit me rester un peu de café, je peux en faire réchauffer si vous en voulez.

Auguste – Oh, ne te rajoute pas plus de travail encore. Tu étais en train de monter quelque chose ? Tu veux de l’aide ?

Entre collègues, ils pouvaient au moins faire ça. Lui-même avait déjà passé ce cap-ci depuis un bon moment, Gaby avait participé, évidemment, elle ne pouvait pas s’en empêcher… Le mot « repos » n’était définitivement pas inscrit dans ses gènes, dire qu’elle s’étonnait de tomber malade, ensuite ! Mais bref… Ils suivirent Estelle dans la petite chambre puis l’aidèrent à monter le lit d’enfant, tout d’abord, puis un berceau solide pour le bébé. Et Auguste enchaîna ensuite avec Chris pour les montants du lit de la jeune maman, ça allait tout de même plus vite avec deux hommes solides, ce genre de tâche, que pour une femme plutôt petite et seule. Quoi que ça, dépendait des hommes… Augustes retint un rire moqueur en se souvenant du jour où Cyprien avait été affreusement vexé parce qu’il n’avait pas réussi à soulever la console du salon, quand il avait définitivement emménagé au village avec Céleste, et que le prof de maths s’en était chargé à sa place. Tout dans la tête, rien dans les bras, il ne devait pas aimer faire du sport ou s’entretenir mieux que ça. Une fois le lit monté, il se frotta les mains pour en enlever la poussière, puis les lava finalement avec rapidité dans la salle de bain.

L’instant d’après, on frappa encore à la porte et Arthur, le cuisinier du pensionnat depuis des années, passa la tête, les bras chargés d’un lourd cageot rempli à ras-bord, en demandant s’ils avaient de quoi déjeuner ce midi, il faisait sa tournée pour distribuer des piques-niques à ceux qui voulaient et qui n’avaient pas encore eu le temps de s’installer ou bien de cuisiner. Oh, pourquoi pas ? Ils pourraient déjeuner ensemble, ce midi, ça leur permettra de faire connaissance. Arthur déposa son cageot par terre avec un léger gémissement, puis commença à trifouiller dedans pour leur passer ce qu’il fallait. Dans le même temps, il parlait avec rapidité, lançant en vrac que d’autres arrivaient juste à l’instant, que leur nouveau bibliothécaire allait prendre était venu avec presque trois fois rien, comme affaires, que l’électricité avait eu des problèmes mais que tout marchait enfin normalement, et qu’on avait vu une « jolie poupée » en blouse blanche entrer dans l’infirmerie ce matin. Adrien ne devrait pas être fâché d’avoir du renfort, tiens, Auguste ignorait qu’ils avaient aussi embauché une nouvelle docteure, ou une infirmière.

Arthur – Emma a choppé la grippe, je crois bien, elle tirait une sale tête quand je suis passé la voir toute à l’heure. Tenez, voilà pour vous. Salut !

Et bien… Il ne se posait jamais, même lorsqu’il parlait ? Auguste était essoufflé rien qu’à l’écouter, certains jours. Quant à Emma, il avait bien vu qu’elle n’était déjà pas très en forme, hier, lorsqu’elle était arrivée, il valait mieux qu’elle se repose.

Auguste – Dis-moi, Estelle, tu as des nouvelles de Cyprien et Céleste ? Ce sont les seuls à n’être pas encore arrivés, je pense.
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Estelle Martin
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MessageSujet: Re: L'équipe s'agrandie   Jeu 15 Mar - 13:18

Auguste – Oh, ne te rajoute pas plus de travail encore. Tu étais en train de monter quelque chose ? Tu veux de l’aide ?

Oh, s’ils voulaient bien, ce ne serait pas de refus ! Estelle les emmena jusque dans la chambre, pour s’occuper d’abord du lit d’enfant, puis du berceau pour Chris. Non pas que la jeune mère soit très maladroite avec un marteau entre les mains mais elle n’était pas encore entièrement remise de ses couches, fatiguée en devant gérer seule deux enfants aussi jeunes. Ça, plus le déménagement et tout ce qu’il restait encore à faire… Elle avait beau être d’un naturel débordant d’énergie, même pour elle, ça faisait beaucoup, ces derniers jours. Ses collègues l’aidèrent même à monter son propre lit, ils étaient adorables ! Elle souleva le matelas avec Christophe, pour le poser sur le sommier, toussant un peu à cause de l’inévitable poussière soulevée en même temps. Elle indiqua à Auguste où se trouvait la petite salle de bain, s’il voulait s’en débarrasser un peu, laissant retomber en vrac sur le matelas les couvertures et une paire de draps, elle s’en occupera plus tard, d’abord faire le lit des enfants, ensuite le sien. Au même moment, on frappa à nouveau. Cette fois, c’était Arthur, occupé à distribuer des piques-niques à tout le monde, pour ce midi, qu’il venait de préparer.

La jeune mère n’avait pas forcément besoin de ça mais leur collègue insista en disant que ça leur permettra de manger ensemble, au moins, et qu’elle gardera de quoi manger pour ce soir. De toute manière, il faudra bien qu’Estelle fasse pas mal de cuisine pour avoir de quoi réchauffer les prochains jours, elle en mettra une partie au congélateur, le temps de finir de s’installer. Arthur leur donnait ce qu’il fallait avec un débit rapide et ininterrompu de paroles, parlant du nouveau bibliothécaire qui venait d’arriver, avec très peu d’affaires, et une femme qu’on avait vu entrer dans l’infirmerie. Le nouveau bibliothécaire, oui… Estelle ignorait toujours ce qui était arrivé à Eva mais elle avait comme un mauvais pressentiment. Personne ne lui en avait encore rien dit, pas plus Auguste que les autres, peut-être attendaient-ils que tout le monde soit réuni pour la rentrée avant de donner des nouvelles. L’enseignante se faisait peut-être des idées, il était possible qu’Eva soit tout bêtement partie, en France ou ailleurs, poursuivre sa vie en se mêlant plus des affaires de l’école. Après tout, elle n’avait jamais fait mine de s’y intéresser.

Arthur – Emma a choppé la grippe, je crois bien, elle tirait une sale tête quand je suis passé la voir toute à l’heure. Tenez, voilà pour vous. Salut !

Estelle eut à peine le temps de lui rendre son salut avant qu’il ne reparte. Bon, voilà qui était fait… Elle posa tout ce qui leur avait donné sur la table, près du couffin où dormait Chris, en jetant un coup d’œil à l’horloge qu’elle avait déjà accrochée au mur, pour une question de pratique. Il n’était pas encore l’heure de déjeuner, mais le temps de faire réchauffer tout ça à feux doux à la casserole… Elle passera aussi voir Emma, pour lui demander si elle avait besoin de quelque chose, qu’on aille lui acheter des médicaments par exemple, ou lui préparer à manger, quelque chose qui pourrait lui faire envie. Il valait mieux qu’elle ne reste pas toute seule cette nuit, au cas où, la jeune mère réglera son réveil pour aller la voir régulièrement et lui donner à boire de l’eau, quelque chose contre la fièvre aussi, si besoin. Il fallait surtout que le jeune collègue se repose, ça passera d’ici quelques jours, tant qu’on prenait soin d’elle et qu’elle s’obligeait à manger, même si elle n’avait pas faim. Rien de pire que de ne rien manger lorsqu’on était malade, ça ne faisait que vous affaiblir encore plus.

Auguste – Dis-moi, Estelle, tu as des nouvelles de Cyprien et Céleste ? Ce sont les seuls à n’être pas encore arrivés, je pense.

Estelle – Oui, je les ai vu avant de quitter le village, ils ne vont pas tarder à arriver, je pense. Cyprien avait dit qu’ils avaient déjà fait venir quelques unes de leurs affaires. Ils vont bien, tous les deux, le petit Lucas aussi.

A vrai dire, elle était un peu surprise qu’Auguste demande des nouvelles, il n’avait pas l’air bien proche de Céleste et encore moins de Cyprien, par la force des choses. En tout cas, de ce qu’elle en voyait, leurs relations étaient polies, cordiales, mais pas amicales. Des relations simples avec des collègues de travail, très professionnelles, somme toute, rien de plus. Il les saluait comme on saluerait un voisin de palier, sans jamais pousser la conversation plus loin que bonjour, au revoir, comment allez-vous, il fait très beau ce matin. Elle leur raconta, à lui et à Christophe, les derniers jours qu’ils avaient passé au village et dans l’ancienne école, tout en lavant avec eux deux casseroles pour mettre la nourriture à réchauffer, puis des couverts, des  verres et des assiettes. Au fond, Estelle était toujours triste d’avoir dû partir du pensionnat, même si cet endroit était loin d’être affreux, on éprouvait un sentiment curieux en tournant ainsi une nouvelle page de sa vie.

Christophe – Si je suis bien, Céleste et Cyprien, ce sont des collègues aussi, en couple, avec leur enfant ?

Estelle – Un couple, oui, mais ils ne sont pas encore mariés, sourit la jeune mère. Et Lucas est le frère de Céleste, pas son fils, elle l’a pris avec elle après la mort de leurs parents, cet été.

Pauvre petit bout, c’était tellement horrible ce qui lui était arrivé… Perdre ses parents si jeune ! Il allait en rester marqué sa vie toute entière, quand bien même l’entourage faisait tous les efforts au monde pour lui faire oublier. Estelle prépara aussi un biberon, tout en surveillant ce qui réchauffait, pour Chris qui n’allait pas tarder à se réveiller et réclamer à manger.

Estelle – Vous m’avez déjà bien aidée, ne vous sentez pas obligés de faire plus, vous avez beaucoup de personnes à voir, en plus. D’ailleurs, Auguste, sais-tu comment ça va se passer, pour nos enfants encore en primaire ou maternelle ? Certains ne pourront pas aller à l’école d’Issoire, pas avec des parents recherchés.

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MessageSujet: Re: L'équipe s'agrandie   Jeu 12 Avr - 19:13

Estelle – Oui, je les ai vu avant de quitter le village, ils ne vont pas tarder à arriver, je pense. Cyprien avait dit qu’ils avaient déjà fait venir quelques unes de leurs affaires. Ils vont bien, tous les deux, le petit Lucas aussi.

Avec un peu de chance, les premiers jours et la rentrée allaient être normaux, une fois tout le monde revenus et les professeurs à leur poste, nouveaux comme anciens. S’il n’y avait pas plus de morts dans leurs rangs. Son estomac se contracta de nouveau en pensant aux décès récents et à ceux qui pourront encore arriver d’ici peu. Auguste retint un soupir, s’efforçant d’écouter Estelle lorsqu’elle leur donna des nouvelles du village et de leurs collègues qui n’étaient pas encore arrivés, tout en nettoyant un peu de vaisselle pour le repas de ce midi. C’était… bizarre. Il avait le sentiment que tout appartenait à un autre monde, comme si leurs collègues ne vivaient plus sur la même planète qu’eux. Entendre que des personnes faisaient des repas le midi pour se vider la tête et se détendre, c’était tout ce qu’il y a de plus normal, et pourtant… Il en arrivait à trouver ça extraordinaire, irréel, trouver étonnant qu’on puisse penser à organiser un déjeuner entre amis, quand bien même c’était ce qu’il y avait de plus normal au monde. Son sens des priorités évoluait, ce qu’il avait jugé normal autrefois commençait à passer dans la case de l’impossible. Comme ça, par exemple, déjeuner chez soi sans soucis ni sans vérifier qu’on allait pas essuyer une attaque de police était passé dans la case « ça ne peut pas arriver ».

Christophe – Si je suis bien, Céleste et Cyprien, ce sont des collègues aussi, en couple, avec leur enfant ?

Estelle – Un couple, oui, mais ils ne sont pas encore mariés, sourit la jeune mère. Et Lucas est le frère de Céleste, pas son fils, elle l’a pris avec elle après la mort de leurs parents, cet été.

Oui… Malheureusement, c’était le genre d’histoires qui allait se généraliser, qui était déjà bien plus répandue d’ailleurs, et pas à cause d’accidents. Auguste s’appuya contre le mur, à côté de la porte menant au salon et la salle à manger, se poussant pour laisser la place qu’il fallait à Estelle car le coin cuisine était très petit. Des orphelins, que ce soit en temps de guerre extérieure ou en guerre civile, ça se comptait pas centaines.

Estelle – Vous m’avez déjà bien aidée, ne vous sentez pas obligés de faire plus, vous avez beaucoup de personnes à voir, en plus. D’ailleurs, Auguste, sais-tu comment ça va se passer, pour nos enfants encore en primaire ou maternelle ? Certains ne pourront pas aller à l’école d’Issoire, pas avec des parents recherchés.

Auguste – L’un de nos nouveaux collègues leur fera la classe, en plus d’enseigner quelques heures la maîtrise de l’élément feu aux enfants.

Bien évidemment que beaucoup d’enfants ne pourront pas se rendre dans les écoles classiques, c’était couru par avance. De toute manière, même pour ceux dont les parents n’étaient pas recherchés, il fallait éviter tout de même l’arrivée soudaine de trop d’enfants à Issoire, ça éveillerait les soupçons. On ne pouvait pas non plus écarter le risque qu’une de ces petites têtes blondes laisse échapper des informations sur cette école cachée, même avec tous les avertissement de prudence du monde. Beaucoup de précautions avaient été prises. Rien que pour les alentours, des élémentaires terre modifiaient le terrain après les passages, cachaient des chemins ou en ouvraient d’autres, jouaient avec la forêt pour cacher toute activité. La surveillance était permanente, Gabriella devait parler de tout ça à leurs collègues avant la rentrée, quand elle sera de retour. Quoi qu’il arrive, maintenant, aucune erreur n’était permise, pas même la plus infime. Ce n’était pas juste une école, dorénavant, mais aussi un QG militaire, dans un contexte de guerre civile. Ça dépassait le simple stade de protection des élèves, les espoirs de la Résistance étaient posés ici, si le gouvernement s’en emparait, ils perdaient beaucoup…
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