Pensionnat de la Ste Famille

1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 [Rp Event] Le Chant des Partisans

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Ste Famille
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MessageSujet: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Ven 29 Déc - 14:39

Bonjour, bonsoir à tous,

Bienvenue dans le Rp-Event principal du mois de décembre 1931 !

7 participants + indications par Magister pour d’autres PNJs et suivi de l’action


Gouvernement

Joseph Bouquet, chef de la gendarmerie, fervent anti-élémentaires
Henry Coulon, Ministre de la sécurité intérieure

Vous contrôlez la police et l’armée, vous pouvez instaurer des barrages partout où vous le souhaitez, bloquer des rues, avenues, gares, etc. Vous pouvez fouillez les maisons/immeubles sans demander la permission et même tirer à vue, dans la rue, si vous vous fichez de blesser un civil innocent au passage. Votre objectif principal est d’arrêter vos opposants.


Résistance

Gabriella de Lizeux, Leader
Albert Bradley, Leader
Marlène Monnier, technicienne radio
Fabrice Gavin, combattant
Kimmitsu Nakajima, combattant

Une partie de la population vous soutient et vous offrira de vous dissimuler, elle vous montrera parfois des passages plus discrets, voire des passages dans les catacombes de Paris. Vous disposez de 10 voitures stationnées aux points stratégiques, 2 camions renforcés contre les barrages, de l’armement personnel chacun, des grenades, petits missiles (portée trois mètres, explosion restreinte). Vous êtes nombreux mais gardez en tête que vos opposants le sont bien plus que vous. Votre objectif principal est de fuir la capitale.


Ordre de passage

- Joseph Bouquet, chef de la gendarmerie
- Henry Coulon, Ministre de la sécurité intérieure
- Gabriella de Lizeux, Leader
- Marlène Monnier, technicienne radio
- Albert Bradley, Leader
- Kimmitsu Nakajima, combattant
- Fabrice Gavin, combattant


Départ :

Minuit pile


Situation initiale :

La messe de minuit bat son plein, retransmise en direct sur tous les postes de télévision et de radio, c’est une nuit très spéciale car le Gouvernement fera également une allocution officielle après la messe. Mais à minuit, les radios et télé se brouillent,  puis d’autres voix s’élèvent, pour former ce message :

« Française, Français,

C’est un triste jour pour la République, qui vient d’être officiellement enterrée après des mois de luttes et de souffrance. Le Coup d’État a été le point d’orgue pour imposer un régime totalitaire, xénophobe et cruel, et qui ne s’en cache même plus, avec tant de nouvelles lois imposées pour contrôler toujours plus le pays.

Une communauté Jurassienne massacrée, des villages et villes où les arrestations arbitraires se multiplient, des attentats menés contre des familles innocentes, des meurtres, des empoisonnements, des menaces, des agressions en plein jour, tant de disparitions et d’assassinat passés sous silence, par la complicité des journaux ! Voilà ce qu’est notre pays aujourd’hui ! Voilà quoi les citoyens en sont rendus, à la peur, à la méfiance, à la terreur d’être dénoncé anonymement et de disparaître sans laisser de traces.

Françaises, Français, que vous soyez ou non porteur d’un élément, vous ne devez plus baisser la tête et fermer les yeux. L’Heure de la Résistance est venue, nous répondrons à la déclaration de guerre lancée par cet illégitime gouvernement avec toute la force dont nous serons capable ! Ouvrez les yeux sur ces familles entières massacrées, sur vos enfants enlevés puis tués ! Nous combattrons, nous ne laisserons plus ces crimes être couverts par les dictateurs montés à la tête de ce pays ni les médias à leur solde.

Ensemble, nous ferons renaître la République de ses cendres, nos frères, nos sœurs, rejoignez-nous, nous prenons les armes. »

Le message sera achevé par la diffusion du Chant des Partisans.


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MessageSujet: Re: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Lun 8 Jan - 10:41


PNJ Joseph Bouquet


La fièvre qui avait suivi les élections n’avait toujours pas quitté la capitale, c’était visible. Dans cet appartement du troisième étage des bâtiments « familiaux » de la caserne, il avait beau être tard, l’agitation était à son comble. Ce n’était pas tous les soirs de l’année que les enfants pouvaient se coucher si tard ! Le soir du 24 était très spécial, pour tout le monde. Debout devant le lavabo et le petit miroir de la salle de bain, Joseph était occupé à faire le nœud de cravate, ayant pour l’occasion revêtu son uniforme d’apparat le plus impeccable, couvert par un long pardessus noir formel et chic. La messe de minuit à Notre-Dame était l’événement à ne pas rater, quand bien même le gendarme gardait une certaine distance avec la religion et la Foi, il respectait cette fête comme une antique tradition, ne voulant pas non plus gêner son épouse ou les enfants qui eux étaient très croyants. Une fois prêt, il boutonna son long manteau puis se recoiffa, avant d’aller dans le hall d’entrée où sa femme était occupée à faire enfiler leurs écharpes et bonnets à leurs deux enfants. L’instant d’après, elle se redressa puis enfila le manteau et le le châle qu’il lui tendait, avec un sourire.

Joseph – Dépêchons-nous ou ne trouverons pas de place assise à la Cathédrale.

Le 24, c’était toujours la cohue. Le plus célèbre édifice religieux de Paris était plus que jamais bondé lors de la messe de minuit, comme chaque année, des milliers de fidèles s’y pressaient et beaucoup devaient même se contenter de rester sur le parvis, en tendant l’oreille pour suivre les chants et le sermon. C’est pour cela que la petite famille partait si tôt, pour être sûre de pouvoir entrer. Après un trajet en voiture, rendu moins fluide que de coutume par le monde impressionnant de Parisiens et touristes dans les rues, ils arrivèrent à Notre-Dame. Ils s’installèrent vers le milieu des longues rangées de bancs en bois, chacun avec un prie-dieu devant lui et des livrets de chant, la cathédrale se remplissait lentement, une marée humaine s’engouffrant dans ces hauts murs éternels. Puis arriva le moment que Joseph aimait le plus, durant ces si grandes messes. Cette ferveur commune, des milliers de visages se redressant au même instant pour chanter en chœur les cantiques religieux, sous la lumière de centaines de cierges et de bougies, lui donnait presque les larmes aux yeux. Un tel engouement donnait chaud au cœur, tant de fidèles rassembler pour chanter et prier ensemble, sans distinction de classe sociale ou de convictions politiques. C’était ainsi que les choses devaient se dérouler.

L’évêque de Paris en personne dirigeait la messe, un homme encore fort malgré son âge, menant l’office à la baguette, accomplissant les gestes rituels avec une aisance fournie par l’habitude. Au premier rang, près de l’autel, le nouveau Gouvernement s’affichait. Tous y étaient, bien alignés, assis côte à côte avec leurs épouses et enfants. Leblanc, avec sa femme, le ministre de l’économie, Refort, qui échangeait actuellement quelques paroles murmurées avec celui de la santé, Michel Ollfèvre, ce dernier hochant la tête avec un air concentré. Au bout de la rangée se tenait le ministre de la sécurité, Coulon, assis près de son épouse, et ainsi de suite. Une petite alerte se déclencha tout à coup, avec une vibration, et il en comprit qu’au bout d’un instant que c’était lui, sa radio. Son épouse en rougit vivement de honte lorsqu’on leur jeta des regards indignés, alors qu’il l’attrapait vivement et se penchait autant que possible, en pressant la radio contre ses lèvres pour déranger le moins de personnes possibles. Il demanda aussitôt ce qui se passait, chuchotant, et ne prêtant pas attention aux regards noirs qu’on lui jetait maintenant. Oui, oui, il ne devrait pas répondre dans la Cathédrale, mais il était gendarme et le devoir passait avant tout.

Capitaine – Commandant, on nous a signalé des déplacements suspects et un des postes de la radio nationale de France a été saboté.

Joseph – Vous m’appelez pour des actes de vandalisme ? Il y en a toujours, le soir du réveillon, tout comme au réveillon, faites donc votre devoir au lieu de…

Capitaine – Permettez-moi de vous interrompre, commandant, mais cette fois-ci, c’est plus grave que du simple vandalisme. La résistance peut être impliquée, c’est le soir idéal pour eux, et les Parisiens sont inquiets.

Joseph abaissa un peu la radio, soudain pensif, puis jugea que son aide n’avait pas tord, en un pareil soir… Il lança à la radio qu’il arrivait, puis la fourra dans la poste de sa veste et chuchota à son épouse qu’il devait y aller. Il se leva et se faufila le plus discrètement possible entre les rangs, filant ensuite sur les bas-côtés pour rejoindre les premières rangées de banc. Bousculant quelques personnes à cause de la cohue, il fallut du temps avant qu’il n’arrive à atteindre le bout de la première rangée et tapota l’épaule du ministre de la sécurité, en lui murmurant que s’il le voulait bien, il devait le suivre dehors, une affaire de sécurité nationale était en cours.

Joseph – Navré, madame Coulon, en vous souhaitant une bonne soirée.

Il attendit que le ministre puisse s’extirper à son tour de la foule, puis sortit à grands pas avec lui de la Cathédrale par une porte latérale, marchant un peu avant de retrouver son équipe. Quatre voitures de police et une de gendarmerie étaient stationnées sur une petite place, avec une bonne dizaine d’hommes les attendant, lampes torches au poing, carte de paris déployée sur le capot d’une des voitures. Joseph ouvrait la bouche pour avoir un résumé plus complet de la situation lorsque son second leur cria de venir, augmentant le son de la radio avec un air alarmé. La messe était brouillée, puis finit par disparaître complètement, laissant la place à d’autres voix plus claires, lançant un long message. Le commandant en resta un instant bouche bée puis comprit en un éclair ce que ça risquait d’impliquer, arrachant les jumelles des mains d’un de ses hommes pour les pointer vers toutes les tours de diffusion de radio qu’ils pouvaient voir d’ici. Merde, merde, merde et merde ! Le message de la Résistance se conclut sur un appel aux armes, puis sur un chant visiblement taillé pour eux, qui se lança fort et d’un ton convaincu. Merde. Il couru vers la carte puis entoura en rouge toutes les tours de diffusion, reprenant sa propre radio pour rameuter tous les hommes disponibles.

Joseph – Déployez deux unités par tour de diffusion, l’armée doit bloquer toutes les routes permettant de quitter Paris, paralysez aussi les transports en commun, et mettez en place des blocus aux carrefours importants. Monsieur le Ministre, il faut vous mettre en sécurité, étant donné votre fonction, vous pourriez être l’une de leurs cibles.

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MessageSujet: Re: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Dim 21 Jan - 19:05



PNJ Henri Coulon

Henri se leva pour rejoindre sa femme, prêt pour la messe de minuit à la cathédrale avant de s’arrêter pour fixer un dossier assez conséquent sur tous les préparatifs mis en place pour la sécurité du pays en ce 24 décembre. Contrairement aux autres personnes du gouvernement, il n’était pas aussi enivré par les élections, ces derniers jours, voire semaines, ayant été plus cruciaux et éprouvants pour lui. Pourtant, après des années à la Crime, jamais il n’aurait pu penser cela ! Il savait que cette soirée était importante et n’avait cessé d’y penser depuis qu’il était au courant même s’il n’en montrait rien, gardant un air impassible au travail comme en privé à ce sujet. Sa femme et toutes les personnes qu’il côtoyait quotidiennement ne pouvaient se douter que quelque chose était sur le point de changer. Et, à vrai dire, même lui était incapable de dire de quoi serait fait demain. Il guettait le message, l’heure, ayant méticuleusement préparé cette soirée de son côté en repérant les points faibles de Paris qu’il avait repérés et ceux que la police choisirait immédiatement de couvrir en songeant au piratage des antennes radio.

Il avait également prévu de tenir au courant les Résistants bloqués dans la ville de chaque mouvement de la police, au cas où, hésitant toujours sur la tactique à suivre. Se retirer et exiger d’être tenu au courant serait-ce aussi efficace que rester sur place mais être davantage surveillé s’il voulait faire passer un message ? S’éloigner était plus prudent, le chef de la police lui devrait bien cela si, comme Henri le pensait, il souhaiterait le mettre à l’abri. C’était normal, parfaitement logique, il y avait eu une agression chez lui, ils n’avaient pas été discrets à ce niveau-là. S’ils n’en avaient pas parlé plus que nécessaire, la police le savait et le protégerait dans le cas d’une déclaration de guerre. Par contre, l’endroit où le chef Bouquet déciderait de l’envoyer était un mystère, il y avait plusieurs options selon la stratégie qu’il adoptait et le choix que lui-même ferait. Sans doute hésiterait-il jusqu’à la dernière seconde, ayant prévu plusieurs plans pour ne pas être pris au dépourvu. Une radio trafiquée, le téléphone de son bureau que la police pourrait écouter ou surveiller, un schéma de la soirée avec les réactions probables de la police…

Daniel – Monsieur, Madame vous appelle pour partir, elle dit que si vous tardez trop, accéder aux places sera bien moins aisé.

Henri – Merci Daniel, vous pouvez lui dire que j’arrive.

Il referma le dossier avant de le ranger dans le plus gros tiroir de son bureau en bois là où tous les dossiers actuels étaient classés, vieille habitude de ses années de policier pour s’y retrouver plus vite. Henri jeta ensuite un regard à son reflet dans le miroir, constatant que ses traits étaient un peu tirés mais un sourire suffisait à convaincre tout le monde que tout allait bien. Ils avaient gagné, les derniers mois avaient été éprouvants, quoi de plus normal que de ressentir cette fatigue ? Même si, en réalité, cela n’avait aucun rapport et qu’il était seulement plus tendu à cause de tout ce que cette soirée représentait. Il l’attendait depuis longtemps et espérait, intérieurement, que les Résistants auraient gain de cause, que le peuple Français se soulèverait même si les conséquences en seraient terribles. Les massacres horribles évoqués par Bradley, la réaction de Leblanc lors de leur « discussion », ses découvertes après quelques recherches… Cela devait cesser, aucun être humain ne méritait une telle haine et un tel destin.

Quittant son bureau, Henri descendit les marches le menant à l’entrée où il y retrouva sa femme, habillée et prête, n’attendant que lui. Il lui fit un sourire, enfilant son manteau et le refermant en ajoutant qu’ils pouvaient y aller. Quittant leur maison, ils se mirent enfin en route, le Ministre jetant un œil rapide à l’heure à sa montre qu’il rangea dans la poche intérieure de son manteau. Ils avaient encore le temps mais les minutes s’écoulaient, Henri se répétant en boucle mentalement ce qu’il devait faire précisément en fonction des réactions du chef de la police, de celles de sa femme, du déroulement de la soirée et de tout ce qui pouvait en influencer sa conclusion. Lorsqu’ils arrivèrent à la Cathédrale, ils furent conduits, en même temps que d’autres ministres comme Refort qui montait les marches également, jusqu’aux premières rangées destinées au nouveau Gouvernement. Cette seule pensée, qui en réjouissait plus d’un ici, lui donnait envie d’accélérer le temps pour modifier le cours des événements. Mais il s’installa, discutant avec sa femme en attendant que la cathédrale se remplisse peu à peu à mesure que minuit approchait. Une foule de personnes devait attendre dehors, déjà, surtout aujourd’hui où la moitié de Paris allait écouter de loin la messe sans pouvoir entrer dans la Cathédrale, faute de sécurité renforcée et de manque de place.

Il salua, de tête, chaque personne qui vint le saluer également, les connaissances ou simples inconnus qui souhaitaient encore féliciter le nouveau Gouvernement, jetant un œil aux rangées de derrière pour repérer où se trouvait, notamment, le chef de la police. Il n’était pas très loin mais allait déranger tout le monde, ce qui faciliterait à Henri la tâche de se préparer à être surpris et désolé pour sa femme lorsqu’il viendrait le tirer de la messe. Il s’était assis au bout de la rangée, préparant inconsciemment sa sortie précipitée même s’il n’avait pas vraiment eu le choix. Sortie, qui, d’ailleurs, n’allait plus tarder… Dans quelques minutes, tout au plus, l’évêque ayant déjà commencé les gestes rituels comme chaque année, s’ensuivraient des chants et paroles d’Evangile, les vœux que l’on prononce habituellement à Noël et l’espérance d’un pays plus stable en ces temps troublés, la politique s’insinuant partout – surtout après une victoire si récente.

Et ce qui devait arriver arriva. Des murmures commencèrent à monter, de l’agitation émanant de l’endroit où le chef Bouquet et sa femme étaient assis, cette dernière visiblement honteuse, gênée. Qu’elle n’en veuille pas à son époux, il n’en pouvait rien, après tout. Mais Henri ne compatissait pas pour autant, se concentrant de nouveau sur la messe en laissant le chef de la police être dérangé pendant quelques secondes encore, ne l’appréciant guère vis-à-vis de sa position par rapport aux élémentaires. Il faisait du bon travail, cependant, aussi le ministre devait-il s’efforcer de rester neutre. Ce soir, Joseph Bouquet lui serait d’une très grande aide malgré lui si tout fonctionnait parfaitement. Il tourna alors la tête, entendant du bruit se rapprocher de lui, en bout de rangée, et découvrit ledit chef près de lui, lui tapotant l’épaule en lui murmurant que, s’il le voulait bien, il devait le suivre dehors. Une affaire de sécurité nationale était en cours. S’il savait… Henri hocha la tête, serrant la main de sa femme en lui assurant que tout irait bien d’un regard.

Chef Bouquet – Navré, madame Coulon, en vous souhaitant une bonne soirée.

Henri suivit le chef de la police jusqu’à l’extérieur de la Cathédrale sous les regards inquiets de certaines personnes qui avaient reconnu ceux qui perturbaient le bon déroulement de la messe. Certes, voir le Ministre de la Sécurité intérieure sortir avec le chef de la police en pleine Messe de Minuit, cela ne présageait rien de bon… Ils sortirent de la Cathédrale, Henri constatant que le message avait déjà produit son effet avant même sa diffusion puisque la police avait réuni quatre voitures de police, une voiture de gendarmerie et une dizaine d’hommes un peu plus loin. Des cartes de Paris étaient dépliées sur les capots des voitures, certains penchés dessus en train d’observer des points stratégiques. Notamment les tours de diffusion trafiquées par la Résistance, même s’ils ne devaient qu’à peine s’en douter, pour l’instant. Fronçant les sourcils, Henri demanda ce qu’il se passait exactement, l’air de rien, lorsque le second du chef Bouquet les appela, criant, augmentant le son de sa radio. Voilà… On y était.

Le Ministre resta de marbre, écoutant le message qu’il attendait depuis un moment à présent, répétant dans sa tête ce qu’il devait faire en priorité et comment sans louper un seul mot du message et de la chanson qui correspondaient à cent pourcent aux Résistants. Ils avaient très bien choisi, nul doute là-dessus. Et cet appel aux armes allait fonctionner, convaincre certains élémentaires et peut-être non-élémentaires à agir. Le chef de la police se pressa, courant jusqu’à une voiture sur laquelle était étalée une carte de Paris et saisit un gros feutre rouge pour entourer les tours de diffusion, hurlant dans sa radio pour appeler tous les hommes disponibles afin de donner ses ordres. Le pauvre, il était perdu et la soirée ne faisait que commencer. Henri, à ses côtés, était bien plus maître de soi même s’il tâchait de paraître étonné, il ne fallait pas se laisser aller maintenant ! Quel que soit le camp, perdre ses moyens était stupide.

Chef Bouquet – Déployez deux unités par tour de diffusion, l’armée doit bloquer toutes les routes permettant de quitter Paris, paralysez aussi les transports en commun, et mettez en place des blocus aux carrefours importants. Monsieur le Ministre, il faut vous mettre en sécurité, étant donné votre fonction, vous pourriez être l’une de leurs cibles.

Henri – Entendu mais je serai en sécurité chez moi. A l’heure qu’il est, les élémentaires ont déjà envahi la ville, je pourrai étaler toutes les cartes de Paris et vous guider au calme, je suis capable de résister à la pression. Donnez-moi également une radio pour me préciser, le plus souvent possible, vos mouvements et l’évolution de la situation. Et évitez les pertes humaines, suis-je bien clair ? Nous devons jouer sur plusieurs plans, ne pas sous-estimer nos adversaires et être le plus préparé possible. Ils viennent de parler d’un massacre, la population risque de les croire, il faut leur prouver que nous agissons pour eux et non contre eux.

Pas une once d’hésitation dans sa voix, Henri avait fait son choix et l’assumait. Il serait bien plus à l’aise chez lui, pourrait à la fois guider élémentaires et policiers qui ne se méfiaient pas de lui. Avec la carte des égouts de la ville, qui plus est, permettre à l’équipe présente et peut-être coincée dans les environs à un moment de la nuit de s’échapper malgré tout. Il avait longuement hésité mais s’était décidé, se jugeant plus utile en restant en retrait afin de ne pas être pris pendant qu’il contactait la technicienne radio ou tout autre membre de la Résistance. De plus, avec ce que venait de dire le chef de la police, il pouvait d’ores et déjà situer sur la carte de Paris les points à éviter en priorité par les autres même s’ils ce n’était pas un mystère. Ne pas sous-estimer ses adversaires, jamais ce conseil n’aura été aussi important, même s’il savait que les policiers le feraient. Il fut escorté jusqu’à chez lui, lentement mais sûrement, demandant très régulièrement des nouvelles au chef pour connaître l’avancement des forces de la police, savoir qui avait pu se libérer, qui était déjà sur place et combien d’équipes avaient pu être constituées.

Policier – Monsieur le Ministre, nous sommes arrivés.

Parfait, il n’y avait pas une minute à perdre. Henri descendit de la voiture d’un pas rapide, son manteau se soulevant un peu derrière lui à cause de ses grandes enjambées, tenant toujours la radio dans sa main. Il ouvrit la porte de chez lui, laissant les policiers qui lui servaient de « gardes » faire un tour pour vérifier qu’il n’y avait pas eu d’effraction avant de monter lui-même dans sa chambre, demandant qu’on le laisse seul par souci évident d’efficacité. Il avait aussi des documents importants et confidentiels que tous ne pouvaient pas voir, étant ministre, concernant la sécurité du pays et de Paris. Sitôt la porte de son bureau refermée, entendant les pas des policiers tout près, il étala plusieurs cartes de la ville et des environs : une reprenant les trajets des transports en commun, une autre les tracés des égouts, une troisième les routes et une quatrième les habitations avec la hauteur des bâtiments par zones. Sa table n’étant pas assez grande, il dut en poser deux ailleurs, par terre, avant de se redresser.

Il vérifia que la porte était bien fermée, mettant une chaise devant avec les cartes pour se donner du temps dans le cas d’une intrusion imprévue, et prit la radio trafiquée des Résistants pour essayer de les contacter. Tournant le bouton, réglant sur la fréquence indiquée et prenant d’infinies précautions, il parla en s’adressant d’un ton plus bas… Pour n’entendre que des grésillements en retour. Merde ! Que se passait-il ? Soit Marlène avait eu un problème, soit les ondes brouillaient le canal, soit il y avait une saturation à cause de sa propre radio ou… Peu importe, inutile d’essayer pendant cinq minutes, il devait donner le plus de temps possible aux Résistants coincés dans Paris, actuellement. Quelques secondes, même, mais il fallait agir. Il observa les différentes cartes, réfléchissant aux moyens possibles qu’il avait à sa disposition pour ralentir un minimum les forces de l’ordre en attendant de pouvoir contacter Marlène ou une quelconque personne de la Résistance.

Rangeant la radio, n’en gardant qu’une visible, il fit attention à ne pas se tromper de radio et rappela immédiatement le chef de la police pour savoir où ils en étaient. Il y avait peut-être une solution… Il devait libérer certains axes de Paris, ne pas gêner les mouvements des Résistants sans, pour autant, que cela ne semble trop évident pour le chef Bouquet. Ils n’avaient donné aucune information quant à leur stratégie pour fuir, adoptant sans doute pour l’improvisation. Ce qui n’aidait pas Henri qui ne pouvait les contacter tout de suite… Et sortir pour aller où, contacter qui ? Il devait au moins réessayer une deuxième fois avant de quitter son premier poste. En attendant, il jeta un regard sur les cartes de Paris, tenant toujours sa radio à la main. Il devait libérer certains axes pour les Résistants, diviser le plus possible les forces de la police afin de faciliter l’évasion des personnes, petit à petit. Dans un premier temps, concentrer les forces aux carrefours importants, libérer les endroits où il y avait le plus de personnes… Henri appuya sur sa radio, attendant un contact avec le chef de la police puis donnant immédiatement ses ordres dès qu’il entendit sa voix.

Henri – Ne perdez pas votre temps à essayer de relier les quartiers où la foule s’est agglutinée, le temps que vos hommes y arrivent, les Résistants seront déjà loin. Concentrez-vous sur certains points comme les carrefours dans les environs immédiats des tours de diffusion, balayez le quartier à chaque fois. Inutile de bloquer tout de suite tous les carrefours importants de Paris et les sorties, prenez l’axe à partir des tours de diffusion pour parer au plus urgent. Si les Résistants arrivent jusqu’aux portes de sortie, la foule se chargera de les ralentir, nous ne sommes pas assez nombreux ce soir pour quadriller tout Paris en deux minutes, nous frôlons la guerre civile et nous sommes en plein Réveillon de Noël, il ne faut pas laisser les quartiers plus difficiles sans surveillance. Ce sera la porte ouverte à l’anarchie. Rappelez-moi dès que ce sera chose faite.

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Gabriella de Lizeux
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MessageSujet: Re: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Ven 9 Fév - 11:49

Dans quelques instants, les cloches de Notre-Dame allaient sonner à la volée, marquant le moment le plus fort de la messe et de cette nuit particulière, la naissance du petit Jésus, l’arrivée officielle du vingt-cinq, l’allocution spéciale qui allait être diffusée dans toute la France et au-delà. Un si grand jour pour leur nouveau gouvernement et pour Leblanc, plus personnellement, un grand jour pour eux aussi. Gabriella lança un énième regard à sa montre, puis vers les techniciens qui se tenaient prêts, au poste de contrôle de la tour radio. Ils étaient sept équipes en tout, une dédiée à chacune des tours. Huit personnes par tour de diffusion, chaque groupe comptant trois techniciens et cinq personnes pour les protéger et pour se débarrasser d’éventuels problèmes sur le trajet du retour. Ou bien pour dégager la route de force s’il le fallait. Dans chaque équipe, dans les cinq personnes servant à la protection du groupe, il y avait toujours un élémentaire vent, un de glace, un de foudre, et deux soldats ordinaires. Les équipes étaient ainsi faites pour être parfaitement équilibrées et leur donner le maximum de chance de s’en sortir tous vivants et sans dommages, cette nuit. D’autant plus qu’ils étaient obligés de pirater directement les transmissions, impossible de prendre le contrôle des tours à distance.

Tout était prêt, la tension si pesante qu’on pourrait la couper au couteau. Pourtant, Gaby s’était rarement sentie aussi vivante, une sensation aussi bizarre qu’effrayante à décrire. Tous les sens en alerte, le cœur battant plus vite que de coutume, l’impression de voir le monde plus clairement, comme si un voile avait été arraché de ses yeux. Pour le moment, tout était encore très calme, du moins, calme dans le sens ou les passants se pressaient pour assister aux messes ou pour se rendre chez leurs familles réveillonner, sans se douter le moins du monde de ce qui se tramait. Elle était posté près d’une des entrées, Kimmitsu à une autre, Joséphine à une troisième, et leurs techniciens se tenaient prêts au poste de contrôle, dès que l’heure aura sonné. Bradley était à la tête de l’équipe visant la tour principale de diffusion, une équipe cette fois uniquement composée de soldats de métiers, même les élémentaires comme Fabrice, car ils étaient le plus exposés. Elle regarda à nouveau sa montre, puis remit en place sa petite radio, rabattant sur les fils le pan de sa veste pour en pas être gênée. L’heure approchait… Par la suite, soit ils arrivaient à fuir sans trop d’encombre, soit il faudra se frayer un passage de force. Leblanc voulait la guerre, il allait l’avoir, pas de soucis à ce sujet. Personne, parmi tous les résistants actuellement à Paris, ne craignaient de se battre ou de se servir de leurs dons.

Le signal fut donné conjointement à toutes les équipes. Gabriella leva la main pour alerter les techniciens puis leur fit signe, rapidement, de s’y mettre. Un long grésillement sinistre secoua le poste de commandes lorsque les trois techniciens se mirent à leur travail, interrompant la diffusion de la messe, à minuit pile, pour faire diffuser leur propre message. Ils étaient cinq à y avoir prêté leurs voix mais bien plus à en suivre le fond, leur cher gouvernement pouvait en être convaincu. Dès à présent, police et armée devaient se déployer dans toute la ville et se précipiter vers les tours de diffusion. Ils allaient sûrement tirer dessus pour les détruire et empêcher que le message et la chanson ne soient diffusé plus longtemps. Une chanson spécifiquement écrite par et pour la Résistance, qui était devenu leur hymne. Le gouvernement l’entendra bien plus d’une fois, comme toute la France ! Dès que les techniciens eurent bloqués autant que possible la tour pour empêcher qu’on ne stoppe la diffusion, Gaby ordonna à tout le monde de sortir et à Joséphine de bloquer les accès derrière eux avec la glace, pour ralentir leurs opposants. Un hurlement de sirène les accueillit dès la sortie, deux unités de police leur fonçaient déjà dessus, rapides, les petits. Ils se mirent à l’abri avant que les tirs ne commencent à pleuvoir, les techniciens serrant leurs armes contre eux.

Gabriella – Les deux rues adjacentes vers l’est, déclara-t-elle rapidement. Ne vous séparez pas pour l’instant.

Un bref éclat de lumière luisit dans sa main, qu’elle tendit vers leurs assaillants ; Il y eut un grondement infernal puis un éclair s’abattit avec violence sur l’une des quatre voitures de police, qui explosa avec violence, à moitié soulevée dans les airs par son sursaut de flammes. Les hommes à proximité avaient presque tous réussis à s’échapper, sauf deux qui avaient été blessés. La jeune mère réitéra l’opération sur les trois autres voitures, sans chercher à viser leurs propriétaires pour le moment mais voulant créer un épais nuage de fumée noire ainsi qu’une certaine confusion. Aussitôt, ils coururent vers les rues désignées, derrière eux, des cris d’alerte résonnèrent, leurs opposants s’écriaient dans leurs radios qu’ils avaient traqué les rebelles. Au même instant, quatre autres explosions similaires retentirent dans les rues de Paris, la plupart des autres équipes avaient visiblement reçues elles aussi leurs invités avec de l’avance et y avaient répondu par une « finesse » toute relative. Après avoir couru sur une dizaine de mètres, Joséphine s’arrêta vivement dès qu’ils entrèrent dans une rue plus étroite et fit volte-face, plaquant les deux mains au sol, qui se couvrit d’une épaisse et brillante couche de glace. Une couche qui devint un mur épais de plus d’un mètre et qui bloqua l’entièreté du passage derrière eux. Gaby reprit sa radio tout en courant, légèrement essoufflée.

Gabriella – Lieutenant, activez toutes les mines une à une, pour pousser les foules vers les axes principaux et les quais.

Ils ne voulaient tuer personne, le but était juste d’effrayer assez les foules dans les rues pour les forcer à s’agglutiner dans certains endroits spécifiques et ainsi leur offrir une couverture. Impossible pour le gouvernement de tirer dans le tas pour atteindre un des résistants, ils pousseraient directement tout paris à la révolte, sachant que la résistance venait justement de les accuser de massacrer à tord et à travers. Voilà des jours qu’ils préparaient ce moment, cette nuit si particulière ! Elle fourra de nouveau sa radio à sa place puis dit aux autres d’accélérer, les techniciens au milieu, eux trois autour pour les protéger et libérer le chemin en cas de besoin.


___
Dés :
- Arrivée des opposants pour notre équipe : 15
- S’ils arrivent à se cacher à temps:12

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MessageSujet: Re: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Ven 9 Fév - 15:09


Marlène Monnier, technicienne et Résistante

La jeune femme se souvenait encore du jour où, toute petite encore, elle avait affirmé à ses parents lors d’une soirée d’été qu’elle travaillera pour la radio, lorsqu’elle sera grande, tant elle trouvait magique cet appareil. Son père lui avait tapoté la joue en souriant, sans rien dire, et sa mère avait simplement répondu qu’elle avait encore du temps devant elle avant d’y penser. Cette passion s’était pourtant confirmé à l’âge adulte, jusqu’à l’amener à travailler à Radio France, la plus importante station de toutes. Cela dit, lorsqu’elle avait cinq ans, Marlène ne s’imaginait pas que ses compétences lui serviraient à pirater une antenne pour y faire diffuser un message de rébellion dans toute la France. Comme quoi, la vie, parfois… Elle avait déjà passé bien des heures dans ce genre de tour, à régler les fréquences, régler les soucis de brouillage, fait des tests avec quelques politiques avant qu’ils ne parlent en direct. C’était d’ailleurs comme ça qu’elle avait fait la connaissance de leur actuel ministre de la sécurité intérieur, à l’époque où il était encore chef de la Crime et s’était exprimé à la radio sur la résolution d’une affaire très sensible.

Elle n’était pas une élémentaire, en comptant bien quelques uns dans sa famille mais sans plus. Ce qui l’avait poussé à s’engager était ce refus de voir son pays se transformer en dictature violente et répressive, tout sauf ça ! Ils étaient des centaines dans toute la France à s’être levé dès l’appel de la première heure, chacun participant plus ou moins activement à la lutte, et aujourd’hui, c’était le grand soir. Le coup d’envoi du bal, comme on dit, impossible de faire machine à arrière, même s’ils risquaient tous d’y laisser leur peau. Elle crevait de trouille, pas la peine de se le cacher, les mains serrées sur le bord du panneau de contrôle de la tour, le regard dérivant sur les manettes, les fils, les boutons et les commandes de réglage, puis sur le groupe dont elle faisait parti, sentant son arme peser lourd contre elle. Durant tout le mois de novembre, elle avait appris à tirer et s’était durement entraînée, même si elle ne devrait pas en avoir besoin pour ce soir, ils avaient des « gardes » avec eux. Le coeur battant à très vive allure, elle s’efforçait de garder le souffle égal en attendant l’heure exacte pour lancer l’opération. Même s’ils n’étaient pas l’équipe la plus exposée, il suffisait que la police ait laissé des patrouilles non loin d’ici pour qu’ils aient de la visite à peine sortis et que les premiers coups de feu soient échangés.

Lorsque le signal fut donnée, elle relégua sa peur dans un coin de son esprit pour se concentrer sur sa tâche purement technique.  C’était son travail, sa passion depuis des années, elle savait très exactement ce qu’elle avait à faire. Entre leurs mains, la diffusion de la messe fut corrompue puis détruite, laissant toute place au message de résistance qu’ils envoyèrent. La terreur de se faire tuer cette nuit se mêlait à l’immense fierté d’agir contre la tyrannie, la rendant incroyablement tremblante et nerveuse, à tel point qu’on se demandait comment elle pouvait ne pas échouer dans ses manœuvres pour autant. Confiance, confiance, avoir confiance en ceux qui devaient les couvrir, confiance en les autres équipes, confiance envers toute la résistance. Elle s’était engagée en sachant parfaitement ce qu’elle risquait, cette nuit, elle avait choisit de le faire et ne reculera pas maintenant, quand bien même la peur la dévorait toute entière. La manette claqua dans un bruit sourd en envoyant le message dans les ondes, lui arrachant un petite rire nerveux. Ils devaient partir, maintenant. L’élémentaire glace avec eux bloqua les entrées de la tour avec son don, mais à peine dehors, ils furent accueillis par une pluie de tir. Un cri de terreur échappa à Marlène, alors qu’elle se jetait derrière un abri. Elle prit son pistolet en tâtonnant, avec ‘impression qu’il était encore plus lourd.

Chef – Les deux rues adjacentes vers l’est, déclara-t-elle rapidement. Ne vous séparez pas pour l’instant.

Et comment allaient-ils passer sans se faire tuer ? Elle eut sa réponse en voyant leur chef vers la main, puis des éclairs violents sortis de nulle part s’abattre sur les voitures plus loin et les faire exploser. Des gerbes de flammes et de fumée voilèrent la scène, leur permettant de courir vers les rues désignées. Ils étaient au milieu du groupe, les trois élémentaires et les deux soldats autour d’eux, armes au poing,  très concentrés. Avec la peur venait maintenant une vague considérable d’adrénaline, la submergeant et lui donnant une force insoupçonnée pour courir le plus vite possible. A radio en main, elle essaya de contacter Coulon mais seuls des grésillements lui répondirent. Bon sang, il ne s’était quand même pas déjà fait prendre ! Pas vrai ? Ou il était bloqué avec d’autres types du gouvernement. Elle grogna entre ses dents et accéléra encore l’allure, son sac sur le dos, la radio en main, l’autre serrée sur sur son arme en priant pour en pas avoir à s’en servir. Elle dérapa tout à coup lorsqu’ils tombèrent nez à nez sur une unité de police, tirant presque par réflexe mais sans en toucher un seul. Bien au contraire, ce fut elle qui reçut un coup, elle sentit une brûlure soudaine au bras puis du sang couler. Les deux soldats de leur groupe tirèrent en plein dans les jambes des leurs assaillants, les clouant au sol avec des cris.

Son confrère lui enserra le bras avec un bandage de fortune puis il fallut repartir, et vite. Tout paris étaient en ébullition, ils entendaient des sirènes, des alarmes, des bruits d’explosion résonnaient partout à mesure que les mines étaient enclenchées, provoquant une immense vague de panique dans toute la ville. Si ça, ce n’était pas la guerre… L’adrénaline poussait si bien Marlène qu’elle ne se ressentait même pas de douleur au bras, le corps trop pris dans cette pulsion si instinctive qui la jetait en avant, pour survivre. Qui n’a jamais vécu ça est incapable de comprendre à quel point tout était relégué au second plan, les douleurs, la souffrance, la soif, la faim, la peur, absolument tout, pour ne laisser place qu’à cet instinct sauvage de survie. La douleur s’effaçait entièrement devant la pression ressentie. Tout à coup, d’autres tirs, cette fois plus important. Un des soldats la poussa violemment à terre, juste avant qu’elle en soit touché en pleine tête. En rampant, elle réussit à se faufiler à l’abri derrière un muret, quelques larmes roulant sur ses joues.

Marlène – Qu’est-ce qu’on fait ? bredouilla-t-elle.

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: [Rp Event] Le Chant des Partisans   Sam 10 Fév - 18:57

C'était l'heure de s'amuser, dirait-on. Dommage que tous les participants n'aient pas le même goût pour la fête, on pouvait les voir s'amasser à l'angle de la rue, hurler des ordres et se planquer derrière des voitures ou aux angles des maisons en espérant pouvoir stopper tout ce merdier en vitesse. Voilà qui était aussi mignon qu'inutile, ils devraient pourtant déjà comprendre qu'ils étaient désavantagés, malgré leur nombre plus important et leurs moyens purement techniques. Le gouvernement allait se faire prendre à son propre jeu, ce soir, il leur sera impossible de faire croire à la population qu'ils tenaient vraiment à éviter les morts inutiles, que les élémentaires n'avaient rien à craindre à cause de leurs dons et surtout, qu'ils étaient maîtres de la situation, que le peuple pouvait leur faire confiance pour ramener l'ordre et l'autorité. Comment sapait-on un régime ? En le gangrénant dès la base, en retournant l'opinion publique, en jouant avec les règles de son ennemi pour mieux le vaincre et le serrer dans son propre piège. Ouvrez le feu, mes chers petits, tirez, frappez, offrez autant de force que vous en êtes capables ! Tirez, on vous dit, et mettez ainsi vous-même à mal l'idéologie déclarée de vos chefs. Paris tremblera ce soir. Les forces régentes du pays voulaient la guerre ? Ils ne pourront pas la mener dans l'ombre quoi qu'il arrive, pas après cette nuit.

Les premiers tirs et les premières explosions enflammèrent le ciel noir et étoilé de Paris, alors que les alarmes étaient déclenchées. La population ne pouvait plus nier qu'il y avait un très grave problème, maintenant, elle ne pourra plus jamais nier qu'une guerre civile venait d'éclater. Courrez, fuyez, criez, chers habitants, il était temps d'ouvrir les yeux. Le Gouvernement n'avait peut-être pas encore dû réaliser que plus de la moitié des résistants actuels étaient d'anciens soldats, des déserteurs, qui avaient choisi de les suivre dans ce nouveau combat, comme ils l'avaient suivi autrefois durant la Grande Guerre. *Ouvre les deux yeux pour tirer*, comme on lui avait signifié autrefois. Fermer un œil était presque un réflexe, lorsqu'on visait, un réflexe idiot. Il existait un œil directeur, bien sûr, mais s'empêcher soi-même de tirer parti de la totalité de sa vision était une faiblesse impardonnable. C'était dans ces instants que nos ennemis réalisaient vraiment qui ils avaient en face. Une rébellion qui sera facile à mater, pensaient-ils, constituée de civils, de gamins, de personnes qui n'avaient aucune idée de ce dans quoi elle s'engageait. C'était en partie vrai, oui... La petite différence était que toutes les personnes qui étaient envoyées sur le terrain avec des armes en main, comme ce soir, étaient toutes très conscientes des risques à prendre. Même si elles avaient peur.

Un autre tir, un autre mort, ils étaient arrivés dans la rue et il n'était pas question de faire dans la dentelle. Bradley se retrouvait, avec son équipe, en plein centre de Paris, près du plus gros axe de transport, là où la sécurité était maximale, en ce soir de réveillon, de fête, de triomphe. La tour de diffusion qu'ils avaient ciblée était la plus grosse de Paris et aussi la plus exposée, en terme de danger, et c'était précisément pour cela qu'il s'en chargeait. Parce que lui et les hommes l'accompagnant avaient tous l'expérience de la guerre, une forte expérience, qu'ils auront bien moins de scrupules à blesser ou à tuer si nécessaire, même s'il fallait toucher des civils au passage. Ils se mirent à courir, au moment où les premières mines étaient déclenchées, augmentant encore la panique ressentie dans la ville. Ah, hurlez donc, braves citadins, ce 'était que le début. Tout en courant, l'ancien maréchal tenta de contacter Coulon par radio, ne récoltant rien d'autre que de faibles grésillements. Dans quel trou était-il parti se planquer, pour qu'on ne puisse pas le recevoir ?! Il laissa tomber la radio, sautant par-dessus un parapet et atterrissant plus bas, sur les escaliers. Ses hommes le suivaient avec rigueur, ils allaient bientôt croiser d'autres patrouilles de police.

Bradley – On se dirige vers les quais, lança-t-il à son équipe en accélérant l'allure, puis on passera par les anciens égouts.

Lui qui aurait cru qu'ils allaient devoir faire face à un véritable mur de flics et de militaires, il fut assez surpris en voyant ce qui arrivait en face. Une vingtaine de policiers, au mieux, avec quelques voitures, qui ne s'attendaient visiblement pas à leur tomber dessus. Bradley tira sur sa grenade avec les dents pour la dégoupiller, sans cesser de courir, puis la lança sur le groupe de policiers en face, avant de se jeter à terre derrière les angles des maisons, sur les côtés de l'avenue, avant que l'explosion ne ravage tout. C'était là une tactique qu'il avait souvent utilisé durant la Grande Guerre et qui avait fait ses preuves. Dès que les derniers débris achevèrent de retomber au sol, avec sans doute des morceaux de corps au milieu, ils reprirent leur course folle sans ralentir, écrasant les cendres laissées par le souffle de l'explosion.

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