1932. La Guerre Civile est déclarée ! Une spirale de violence s'engage dans un Etat totalitaire.
 
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 Préparation d'une guerre [Rp Contexte]

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Magister
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MessageSujet: Préparation d'une guerre [Rp Contexte]   Mar 26 Déc - 16:14


PNJ Henry Coulon, Ministre de la Sécurité Intérieure


Dimanche 20 Décembre 1931, Elysée

Un ciel gris et une pluie froide s'étaient abattus sur la capitale en ce dimanche soir, un temps maussade qui n'entamait pas pour autant la liesse de la population, fêtant en grande pompe la victoire de Robert Leblanc à ce second tour des élections présidentielles. Ce n'était une surprise pour personne, le nouveau Gouvernement occupait déjà les bureaux de l'Elysée depuis le coup d'Etat, personne n'aurait pu imaginer une autre issue possible à ces élections organisées dans l'urgence. Henry était seul dans son bureau, au coeur du palais présidentiel, faiblement éclairé par une lampe ancienne, les rideaux à moitié tirés, l'horloge donnant régulièrement la mesure dans son coin. Il tourna lentement la bouton de la grosse radio pour la couper, laissant le silence retomber lourdement, mais fatigué d'écouter le présentateur parler des résultats des élections. Tout avait été joué par avance, inutile d'en faire un tel sujet de surprise. Le Ministre, maintenant très officiel, de la Sécurité baissa la tête sur ses documents de travail et les mesures qu'il était en train de travailler encore une fois, alors même qu'elles seront présentées dès mardi prochain. Il reposa son stylo à côté, près de la bouteille d'encre, le regard dans le vague, tapotant du bout des doigts sur le bureau.

Que fera-t-on de ce pays... A quoi était-il en train de participer ?

Les mesures plus répressives et les renforcements de sécurité étaient ordinaires et attendues, dans un tel contexte et après l'annonce de changements radicaux. Le nouveau parti au pouvoir en avait fait son cheval de bataille, le peuple n'attendait pas autre chose. Les élémentaires ne pourront plus utiliser leurs dons en public, y compris pour des manifestations très courtes ou innocentes, à la seule exception des enfants encore trop jeunes pour se contrôler. Les écarts seront durement réprimés. L'école de dons de franche-Comté fermait officiellement, dès demain, une visite présidentielle était prévue, pour parler des dangers d'un tel établissement et pointer le massacre qu'on avait bien manqué à cause de l'effondrement, effondrements sûrement causés par une trop grande utilisation des dons dans deux seuls bâtiments. Et d'autres mesures, encore et encore, qui ne toucheront pas seulement les élémentaires mais le pays tout entier. Henry glissa la main sur un des tiroirs verrouillés de son bureau et l'ouvrit, en sortant le paquet de photos donnés par Bradley. La première, celle du charnier, semblait presque irréelle, surtout dans ce décor si idyllique, au coeur des montagnes.

Il regarda les photos, une à une, avec lenteur, la conversation menée avec l'ancien militaire revenant brûler sa mémoire. L'empoisonnement des éléments et donc, par voie de conséquence, de la Nature elle-même. Les expériences ratées. Les disparus. Les morts. Les charniers et les massacres. Les prémices d'une nouvelle guerre civile, qui sera déclarée mardi, sans que beaucoup en ait conscience, par le passage des nouvelles lois. Henry sentait son coeur se serrer à cette pensée... Les journaux étaient manipulés pour faire passer la pilule, ils feront la propagande, cela dit, il y avait dans ce personne qui n'étaient pas dupes et qui liront entre les lignes le véritable message. Ce ne sera pas un simple renforcement de la sécurité globale du pays, non... Leblanc avait été clair, lors du conseil des ministres de la veille. C'était une déclaration de guerre civile, qui passera, ni plus ni moins. Une guerre qui se fera dans l'ombre, en sous-mains, qui frappera sans se dévoiler au grand jour, une guerre qui sera sale, cruelle, vicieuse, une guerre qui ne pourra pas être comprise ni acceptée par l'opinion publique, grâce à la propagande et à la manipulation. Tout était prêt, pour frapper. En apparence, le pays sera redressé et plus cadré. Dans l'ombre, la violence deviendra une guerre. le ministre savait que le camp adverse ripostera, personne ne se laissera faire gentiment.

Pour la première fois depuis le début de son engagement dans cette histoire, Henry prit peur. Ce pays avait déjà traversé deux guerres, dont la dernière avait été d'une violence hors du commun, plus meurtrière et sanglante que tout ce qu'ils avaient pu imaginer. Comment le revivre ? Comment... Il ne s'était pas engagé pour son pays dans le but d'y massacrer les citoyens. Mais peut-être qu'il n'était pas encore trop tard, peut-être il y avait-il toujours une chance pour ne pas en arriver là, pour ne pas voir déclenché un vaste plan dans l'ombre qui pourra tuer tant de personnes. Il glissa le paquet de photos dans la poche intérieure de sa veste puis se leva, quittant et fermant la pièce où il travaillait avant de filer dans les couloirs de l'Elysée. Leblanc sera dans son bureau à savourer cette nouvelle étape, un nouveau pas franchit dans la lutte de pouvoir. Bradley avait raison, il était une icône, pour le camp des radicaux, mais une icône qui avait elle aussi une forte part de pouvoirs et de prise de décisions. Il marchait avec l'air de "Guerre, guerre, va-t'en guerre", dans la tête, jusqu'à lui en donner la nausée, avant d'arriver au bureau présidentiel et frapper à la porte. Il était un peu plus de dix heures du soir.

Henry – Bonsoir, monsieur.

Leblanc – Ah, Coulon, bonsoir ! Je pensais que vous étiez déjà rentré chez vous, vous aussi. Asseyez-vous donc, je vous sers à boire ?

Henry – Je vous remercie.

Le nouveau Président de la France était d'une excellente humeur, comme de juste, partant d'un pas conquérant vers le petit chariot où attendaient des verres et des bouteilles d'alcool, tandis qu'Henry refermait la porte avec soin et allait s'asseoir dans un petit canapé vert rembourré. Il lui demanda ce qu’il voulait, un verre de rhum, un sctoch ou du brandy. Henry dit assez rapidement qu’un brandy était très bien, le remerciant lorsqu’il tendit un verre puis s’assit à son tour, croisant un peu les jambes avec un large sourire victorieux. Il commença aussitôt à parler de l'élection et de sa victoire, affirmant qu'il était plus que les temps que les choses évoluent, dans ce pays. Certes... Henry hocha la tête sans répondre, l'écoutant pérorer en buvant le contenu de son verre. Effectivement, beaucoup de choses allaient changer, il n'en doutait pas. Mais la guerre ! La guerre... Devait-on vraiment en arriver là ? Le nouveau président finit enfin par remarquer que son ministre ne partageait pas son enthousiasme car il s'interrompit enfin, en lui demandant pourquoi il tirait pareille tête. Coulon le regarda bien en face, enfoncé dans son fauteuil, et lui demanda d'un ton clair jusqu'où il était prêt à aller, contre les élémentaires et les citoyens plus ordinaires qui s'étaient engagés dans cette Résistance. Jusqu'où cette guerre les mènera. Leblanc haussa les épaules d'un air désinvolte, tout en buvant.

Leblanc – Jusqu'où il le faudra.

Henry – Concrètement ?

Leblanc – Si ces hommes et femmes refusent d'entendre la raison et de se rendre, ils mourront, notre pays n'a pas vocation à se laisser dicter sa conduite par une petite bande de rebelles aux idées trop extrémistes. Vous étiez là hier, mon cher, vous savez très bien ce que je pense de tous ces péquenots et agitateurs qui ne savent pas où est leur place. Certains seront jugés et enfermés, après leur arrestation. D'autres seront tués, sans procès, nous n'avons plus de temps à perdre avec eux. Je suis sûr qu'ils comprendront le message, mardi, et qu'ils y répondront vite.

Henry – Je ne vous parle pas des résistants mais des élémentaires. Non, même des citoyens de ce pays tout entier. De la façon dont l'autorité se mettra en place.

Leblanc – Quelle différence ? Je viens de vous dire que nous ne tolérons plus les agitateurs. Ni les rebelles. Peu m'importe s'ils agissent en leur propre nom ou en celui d'une "Cause" menée par deux illuminés.

Coulon ne répondit rien, sur le moment, se contentant de boire alors que le président s'étendait sur le sujet, en parlant des mesures qui seront adoptés contre tous les "ennemis de la République", d'un ton aussi enjoué que s'il parlait de ses achats de noël ou de la fête qu'il donnera au Nouvel An. "Nous ne sommes pas en dictature, Bradley", voilà très précisément ce qu'il avait affirmé au militaire. Il y avait cru, très sincèrement, puis avait enfin mené ses propres recherches, comme il l'avait fait sa vie entière. Puis était venu dans ce bureau avec le maigre espoir qu'il ne soit pas trop tard, qu'il soit encore possible de fermer la porte à d'autres massacres. Il s'était trompé. Il but encore, l'alcool lui brûlant la trachée autant que l'amertume due à la situation. Guerre, donc. L'Heure était venue d'agir.

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