1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Question de Sécurité

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Fabrice Gavin
Colonel
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Âge RPG : 34 ans

MessageSujet: Question de Sécurité   Mer 30 Aoû - 9:24

Même lorsque la situation était des plus tendues, l’ancien colonel n’avait pas, comme bien d’autres déserteurs, la sensation d’être revenu au temps de la Grande Guerre. Rien n’était comparable à l’horreur et l’enfer des tranchées, ce n’était pas, et de très loin, la même guerre, ni les mêmes conséquences. Ils n’étaient pas sous une pluie permanente de bombes et de mitraille, tués avant même d’avoir eu le temps d’esquisser l’ombre d’une dernière prière, courant dans la boue, le froid, la crasse, les rats, les débris, les cartouches vides de fusil et les lames brisées de poignards ou de baïonnettes. Cette guerre-ci se jouait sur un tout autre terrain et, pire que tout, se jouait contre des membres de leur propre peuple. C’était absurde. A un point incroyable ! Accroupi contre un mur, les deux mains tenant un long fusil reposant contre lui, Fabrice observait ses cibles avec un regard presque vide. Voilà où en était la France. Le pays évoluait et était peut-être à l’aube d’une guerre civile. Tous les premiers signes étaient là, rassemblés, il fallait maintenant si peu pour définitivement allumer la mèche et embraser le pays tout entier.

L’immeuble où ils se trouvaient avait auparavant abrité des bureaux et un centre téléphonique destiné aux appels d’urgence, avant d’être déménagé plus loin en attendant que des travaux soient effectués. Ils se trouvaient au premier étage, près des fenêtres de la façade Est, où on obtenait un excellent point de vue sur les entrées et sorties faites depuis le congrès où se tenait une nouvelle conférence pour l’avenir du pays, avec toute la « crème » et l’élite de conviés. Fabrice posa un genou contre terre en changeant de position, se penchant un peu lorsqu’une longue voiture noire se gara devant le bâtiment, alors qu’une très légère pluie commençait à tomber sur la capitale. Le chauffeur sortit bien vite pour aller ouvrit la porte à leur bien-aimé « Président », Robert Leblanc, se tenant bien droit pendant que l’homme sortait, son costume couvert d’un long pardessus noir à l’ancienne mode, un regard froid derrière des lunettes à monture noire. Beaucoup avaient lancé qu’il fallait l’assassiner, ce qui était assez stupide, si on le tuait, un autre le remplacera aussitôt, ça ne réglera pas le problème, au niveau de la politique. Mais de la politique uniquement. Il y avait en revanche d’autres terrains sur lesquels ils devaient « jouer » pour éviter d’en arriver à une situation parfaitement incontrôlable.

Ils attendirent, sans bouger, sans parler, sans même échanger un seul regard, toute leur attention concentrée sur les entrées et les sorties. Leur cible était un collaborateur proche de ce cher monsieur Leblanc, un homme solide d’une cinquantaine d’années nommé Henry Coulon, chargé des nouvelles lois sur la sécurité, qui devront sortir après les élections. Le dernier rapport sur lui était bien trop pressant pour qu’on l’écarte des préoccupations, il était l’un des plus conservateurs et ils devaient en savoir plus sur ce qui se préparait pour préparer la contre-attaque. Leur cible avait récemment démangé de son ancienne résidence, le Gouvernement lui ayant offert un endroit plus sécurisé où travailler en toute sérénité. Ils avaient bien faits, tiens, ce n’est pas comme si toute une bande de « terroristes » se baladait librement dans le pays, après tout… Le temps fila, les minutes s’écoulèrent, sans que rien ne bouge. En contrebas, dans la rue, les Parisiens continuaient de mener leur vie comme si de rien n’était, se promenant, faisant leurs courses, emmenant les enfants à l’école ou partant pour leur travail. Un mois de décembre si normal, avec les décorations de Noël installées peu à peu, sous un vent de plus en plus froid.

Commandant – Ils sortent.

La voix, légèrement grésillante, était sortie de la radio que le colonel portait sur le côté, au niveau du coude, en bandoulière. Très bien. Quelques minutes après l’annonce, leurs hommes quittèrent le bâtiment, semblant tout à fait détendus, comme un simple groupe d’hommes d’affaires partant pour un déjeuner entre personnes de bonne compagnie. La traque débutait. Ils se mirent en mouvement, suivant tout d’abord jusqu’au restaurant où le groupe se rendait, pour le déjeuner. Ce n’est qu’après un long moment d’attente qu’ils purent approcher de la voiture de leur cible, après avoir distrait les quelques soldats postés dehors pour les attirer plus loin, et la piéger avec un traqueur et quelques micros, à l’intérieur. Une opération très rapide avant que chacun ne se mette en place, près pister la voiture où qu’elle se rende. Un peu pus d’une heure plus tard, Coulon quitta ses « amis » et se glissa dans son véhicule, en compagnie de son épouse qui l’avait rejoint, d’un chauffeur et de ses deux gardes du corps. Assis à l’avant, sur le siège passager de leur propre véhicule, Fabrice mit le casque sur sa tête puis actionna leur petit poste de transmission, relié aux micros installés dans la voiture de la cible.

Leur groupe suivit à distance, comme il se devait. Au début, la conversation tenue dans la voiture n’avait aucun intérêt pour eux, madame Coulon parlait de vagues affaires avec son mari, d’un ton si morne que Fabrice en vint à se demander s’ils formaient vraiment un couple. A mesure qu’ils s’éloignaient de Paris, vers le Nord-Ouest, la campagne se faisait plus profonde et isolée, les routes moins fréquentées. Ils roulèrent un peu plus d’une heure avant que l’autre équipe leur signale qu’ils avaient repéré la maison où se rendait le couple et les trois soldats avec eux, la demeure se trouvait non loin de la petite ville de Mainbourg, quelques autres soldats y étaient stationnés mais ils n’étaient que cinq ou six, maximum. Le gouvernement comptait donc sur la discrétion, ou bien ne songeait pas qu’on puisse vouloir traquer leur nouveau ministre de la sécurité. Il y avait effectivement des cibles plus urgente sou prioritaires, des cibles plus importantes, cependant, en temps de guerre, le Renseignement était l’un des secteurs les plus précieux, pour un camp comme pour l’autre. Ils se garèrent dans le recoin d’un chemin de campagne, traversant un petit bois et sans doute à l’usage des chasseurs, d’ordinaire. Fabrice enleva son casque et sortit, passant son fusil en bandoulière dans son dos, un pistolet à la ceinture avec un couteau, des munitions dans une petit sac sur le côté, avec sa radio.

Fabrice – Combien de temps avons-nous ? demanda-t-il au maréchal en lui jetant un rapide regard.

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Question de Sécurité   Mer 30 Aoû - 10:24

Bonne intuition, de la part du commandant, et nouvelle preuve, s’il y en avait encore besoin, que les rumeurs et ragots pouvaient être tout aussi utiles, dans de nombreuses occasions, que les informations vérifiées et certifiées. Le maréchal prit les jumelles que son subordonné lui tendit puis les régla, avant de les pointer vers la maison visée. De l’extérieur, elle semblait classique en tous points. Un étage et des combles visiblement aménagées, un jardin modeste entourant tout le terrain, avec une clôture en bois. Une atmosphère de maison discrète en campagne, qui serait parfaite pour un couple assez âgé recherchant le calme et la tranquillité. Les murs étaient de pierre et de d’un bois rouge assez foncé, une petite fumée s’élevait de la cheminée et les fenêtres étaient ornées de fleurs, avec des volets en bois. Très peu d’hommes patrouillaient autour de la maison, dans le jardin, il n’en comptait que deux groupes de deux, en plus de celui qui gardait l’entrée. Très aisé. Eux-mêmes étaient plus nombreux et n’auront pas de difficulté à « remplacer » temporairement les gardes dehors. Porter le même uniforme et des caquettes vous cachant presque le visage, à l’ombre, était bien pratique, certains jours, tout était étudié pour qu’on oublie votre présence, lorsque vous protégez quelqu’un.

La voiture de leur cible arriva peu de temps après, les deux gardes du corps et le chauffeur en sortirent en premier, avant d’aller ouvrir la portière à Coulon et sa femme. Bradley continua de les observer à la jumelle, notant que le bonhomme ne tendait même pas la main à son épouse pour l’aider à descendre, partant déjà vers la maison sans l’attendre. Voilà qui était tout à fait charmant et galant, on ne peut plus agréable. Tous deux rentrèrent, suivi de leurs gardes du corps, et le chauffeur échangea quelques mots avec le garde à l’entrée avant de repartir en voiture. Très bien. Le maréchal rangea les jumelles, pendant que l’équipe C venait se garer elle aussi dans le chemin. Très bien, il était temps d’y aller, ils avaient du travail. Gavin vint le rejoindre avec deux autres membres de son équipe habituelle, tout le monde était posté. Albert régla sa montre avec un grand soin, tout en gardant un œil vers la maison, au cas où, puis vérifia que ses armes étaient bien chargées. Il avait aussi emporté un couteau à cran d’arrêt et une « corde à piano », soit une arme très discrète servant pour étrangler par surprise un adversaire. Bien que si tout passait comme prévu, ils ne devront tuer personne.

Gavin – Combien de temps avons-nous ?

Albert – Deux heures, pas une minute de plus. Suivez le plan à la lettre, gardez vos radios près de vous.

La première phase fut enclenchée, ses hommes lancèrent un assaut rapide et discret pour mettre hors d’état de jeu les gardes posés en faction dehors et prendre leur place, continuant de patrouiller ensuite comme si de rien n’était. L’opération prit vingt minutes, le temps que les cibles arrivent dans des endroits moins visibles depuis l’intérieur de la maison, qu’elles soient maîtrisées puis traînés dans des coins à l’écart, réduites au silence et attachées. Dès que ce fut fait, ils entrèrent dans la maison en passant par l’arrière-cuisine. Bradley se glissa comme une ombre dans l’étroit couloir, arme en main, s’arrêtant pour laisser passer une toute jeune fille du village travaillant ici comme cuisinière et femme de chambre. La gamine, qui devait avoir dix-huit ou dix-neuf ans à peine, traversa le couloir en sifflotant gaiement, les bras chargés de draps et d’une couverture, puis disparut dans l’escalier devant mener au à la cave, au cellier et à la buanderie. Il devait y avoir un autre employé, le secrétaire particulier d’Henry Coulon, d’après leurs renseignements. Bradley stoppa à nouveau et leva la main pour faire signe aux autres derrière d’arrêter également.

Un des deux gardes du corps était dans la cuisine, grignotant un sandwich en lisant le journal, à moitié assis sur une chaise haute. Ils attendirent qu’il termine, sans bouger et surtout sans le moindre bruit, jusqu’au moment où l’homme termina sa pause déjeuner puis finit son verre d’eau avant de repartir, en ajustant son costume. La progression poursuivit sans heurts, dans un premier temps. La voix forte du ministre résonnait au-dessus d’eux, il devait se trouver au premier étage, à travailler avec son secrétaire. Quant à sa femme, on ignorait où elle pouvait se trouver. Ils pourraient se servir d’elle comme otage, mais bon, elle ne servirait pas à grand-chose, n’étant sans doute pas assez aimée pour être considérée comme impossible à sacrifier pour le bien de ce pays. Bien dommage, les proches étaient pourtant des armes pratiques, autant pour leurs ennemis que pour eux. Ils grimpèrent à l’étage, revoyant leur camarade de toute à l’heure au sandwich, debout et posté près d’une grande porte, les voix venant de derrière. Bradley tira un petit bouchon en liège de son sac, toujours dans l’ombre, et visa un vase à deux mètres de là, lançant avec force. Le bouchon heurta la fragile décoration qui vacilla, puis chuta au sol, se brisant et faisant sursauter le garde du corps.

Dès qu’il se déplaça pour aller voir, Bradley bondit dans son dos en se servant du tapis pour étouffer le bruit de ses pas, puis le saisit au cou d’une clé au bras, plaquant l’autre main sur sa bouche pour l’empêcher de hurler. Le garde du corps se débattit comme un fou furieux, maîtrisé lorsque le subordonné du maréchal vint l’aider. Ils assommèrent leur victime proprement puis le traînèrent dans un placard roche où ils la bâillonnèrent avec soin. Pendant ce temps, Gavin et son équipe avaient repéré la dame de leur cible, en compagnie du second garde du corps. Ce dernier subit le même sort que son collègue, puis la dame fut à son tour assommée, avant qu’elle n’ait eu le temps de crier à l’aide. Parfait. Bradley envoya deux hommes « récupérer » la petite chambrière et leur ordonnèrent de la garder en bas et la surveiller, simplement, qu’elle ne crie pas et ne court pas chercher de l’aide. Ils n’avaient rien contre ceux et celles travaillant honnêtement, après tout. Arme en main, il se rendit avec tout le monde dans le petit hall du premier étage, puis poussa brusquement la porte, braquant son arme sur le ministre qui s’étrangla à moitié, interrompant un cri, pendant que les autres braquaient le secrétaire, qui eut la bonne idée de lever très vite les mains en se rendant.

Albert – Monsieur Henry Coulon ? Ravi de vous rencontrer. Nous devons discuter, vous et moi. Asseyez-vous.

Il lui indiqua d’un petit signe de tête le fauteuil près du bureau, ajoutant qu’il ferait mieux de garder ses mains bien en évidence. Appeler à l’aide serait tout à fait inutile, enfin, Bradley n’aimait pas les cris, donc sa proie n’avait pas intérêt à essayer.

Albert – Nous sommes tranquilles, parlons peu mais bien. Et épargnez-vous toute résistance inutile, je vous prie, je ne vous apprendrai rien en vous disant ne pas avoir de scrupules, lorsqu’il s’agit d’atteindre mon objectif. Nous sommes entre personnes civilisées, tout peut très bien se passer si vous y mettez du vôtre.

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MessageSujet: Re: Question de Sécurité   Dim 17 Sep - 22:13

PNJ Henry Coulon, ministre de la Sécurité Intérieure

Non, non, non, ce n'était pas bon du tout, comment pouvait-on laisser passer cela ! Henry soupira d'un air assez exaspéré en jetant sur le côté le paquet de feuillets agrafés ensemble, pendant que Daniel, son secrétaire particulier, lui tendait le rapport fait par le commissaire Evreux. Debout près d'un large et solide bureau en chêne, couvert de documents, de livres de lois et de quelques photos personnelles, monsieur Coulon avait tout d'un homme d'affaire au sommet de sa carrière. Vêtu d'un complet veston noir, lui donnant de vagues allures de croque-mort, avec des Sebago étincelantes aux pieds, des cheveux noirs et gris, avec les tempes plus blanches, une cravate serrée droite comme un i, l'impression générale donnée était celle d'un homme droit dans ses bottes et averti, s'occupant de diverses affaires en France et à l'étranger. Mais le sieur Coulon n'était pas un homme d'affaires, ou plutôt, il ne l'était plus. Après avoir longuement travaillé à la Brigade Criminelle de Paris, il était passé à l'Office Central, gravissant les échelons, jusqu'à cette année, où monsieur Leblanc l'avait contacté afin qu'il devienne son ministre de la Sécurité Intérieure. Pourquoi aurait-il refusé ? La sécurité, c'était son truc, sa vie, sa drogue, il était un flic dans l'âme et avoir pris du galon ne signifiait pas qu'il en oubliait la réalité du terrain.

Or, la réalité du terrain devenait bien plus violente que de coutume, ces derniers temps. Et dire qu'il avait cru avoir tout vu, après des années passés à la Crime et ailleurs, au cours de sa carrière... Pédophiles, proxénètes, dealers, politiciens corrompus, voleurs, trafiquants, meurtriers, psychopathes, il avait brassé la merde humaine dans tous ses sens les plus horribles, traqué des salopards jusqu'aux fins fonds de la France et ratissé Paris pour piéger les réseaux de proxénètes, il avait été dur et violent contre les salauds, compatissant envers les victimes, enchaîné des gardes de 24 heures, parfois, mené des perquisitions, passant pour tous comme un "accroc", un arriviste, un drogué du boulot. Fricotant parfois avec ses indics, sur certaines affaires, en jouant avec la ligne rouge. Il en avait tant vu, et pourtant, aujourd'hui, il lui semblait découvrir toute une nouvelle forme de merde à laquelle il n'aurait jamais pensé. Deux fronts s'opposaient, en lui. Que choisir ? La sécurité à tout prix, y compris celui du sang ? Ou bien la liberté, au risque de perdre la France ? La population de cette brave nation ne savait même pas la moitié de ce qui se tramait. Les journalistes rongeaient les os qu'on leur jetait et ne flairaient rien derrière, se contentant du peu qu'on leur avait filé.

Le premier tour des élections se tenait dimanche prochain, un premier tour où tous les partis allaient s'affronter alors que chacun devrait se douter que la lutte était vaine, écrite par avance. Même pas la peine de truquer les élections, Leblanc allait gagner, c'était certain. Et commencera ensuite la "purge", la guerre. Oh, rien à voir avec celle des tranches, tout sera à couvert, le conflit se répandra dans l'ombre, retords et vicieux, aucun citoyen n'en aura conscience et c'était bien là le piège. Les pires guerres étaient celles qui avançaient à couvert, comme celle qui s'annonçait. Henry passa une main sur son front, une bouffée de chaleur et de stress le saisissant tout à coup à la gorge. Son métier lui avait pourtant appris à garder son sang-froid, mais ces derniers temps... Peut-être aurait-il dû refuser d'être ministre, il avait accepté car on avait su le convaincre qu'avec ses états de fait, il s'agissait là de la place qui n'attendait que lui, dans la reconstruction de ce pays. Mais il était un homme de terrain. Après des années comme Divisionnaire de la Crime, les intrigues politiques n'étaient pas pour lui. Il était plus aisé de faire cracher des aveux à un criminel que de discuter avec Leblanc.

Daniel lui proposa un thé ou un café, que l'ancien flic refusa d'un geste de la main. Pas la tête à se détendre autour d'une boisson chaude, merci, sa tête fourmillait de bien trop de questions. Il savait où Leblanc voulait en venir, ses projets pour le pays, mais après ? Qu'est-ce qui était "bon" ou "juste" ? Les deux camps avaient des arguments solides et il était bien amusant les imaginer débattre autour d'une table, cette vison ne se réalisera jamais. Ruminant ses pensées, il poussa tout à coup un cri de surprise,qu'il étrangla presque aussitôt, lorsque la porte de son bureau fut brutalement démolit, des hommes surgissant, armes au poing. Henry reconnut instantanément l'homme de tête et pas seulement parce qu'il avait sa tête collé dans tous les journaux, ces derniers temps. Daniel avait levé les mains aussi sec en reculant, bon réflexe qui le préserva sans doute d'une balle partie trop vite, étant donné l'état de nerf de celui qui le braquait. Le ministre garda son calme, aussi habitué de la vue des armes qu'il l'était de ce genre d'interruption, le sang-froid acquit grâce à son expérience reprenait le dessus. Albert Bradley, ex-chef des armées Françaises, face à lui-même, ex-chef des forces de police de la Crime, soit la division placée en première ligne.

Bradley – Monsieur Henry Coulon ? Ravi de vous rencontrer. Nous devons discuter, vous et moi. Asseyez-vous.

Le tableau était quand même ironique, tous deux avaient autrefois travaillé pour le même but, quoi que dans des "familles de métiers" qui, bien que travaillant ensemble, ne se croisaient jamais. Et aujourd'hui ennemis. Coulon obéit sans dire un mot, pour le moment, un maigre sourire aux lèvres lorsque le militaire ajouta qu'il ferait mieux de garder ses mains en évidence. Bien sûr. Le ministre les posa bien en évidence sur les accoudoirs du fauteuil, jetant un regard calme à Daniel, appuyé contre le mur et les mains toujours levées, puis reporta les yeux sur Bradley. L'homme devait être légèrement plus âgé que lui, à moins que ce soit un trompe-l’œil, les efforts et les souffrances traversées vous changeaient un homme et vous vieillissaient prématurément. Henry le connaissait, il avait déjà entendu parler de lui à de nombreuses occasions et savait bien qu'il était une sacré épine dans le pied du Gouvernement, ancien ou actuel, depuis une bonne vingtaine d'année. Un homme dur, sans conteste, que l'ancien flic respectait autant qu'il s'en méfiait. Qu'il y avait-il de plus dangereux que des adversaires intelligents, après tout ? La première règle d'or était de ne pas sous-estimer ses ennemis.

Bradley – Nous sommes tranquilles, parlons peu mais bien. Et épargnez-vous toute résistance inutile, je vous prie, je ne vous apprendrai rien en vous disant ne pas avoir de scrupules, lorsqu’il s’agit d’atteindre mon objectif. Nous sommes entre personnes civilisées, tout peut très bien se passer si vous y mettez du vôtre.

Henry – Bien sûr, je connais vos méthodes et vos propres états de faits, Bradley. Et j'admets que j'aurai dû m'attendre à cette visite, il faut croire que l'âge a tendance à me ramollir un peu.

Son ton était parfaitement calme et mesuré, maintenant que la surprise était passée, tout lui apparaissait avec netteté et il prenait l'ampleur des événements. Ses deux gardes du corps, sa femme, la petite chambrière, les deux soldats dehors, tout ce petit monde devait, à l'heure actuelle, être réduit à l'impuissance également. Le ministre savait très bien que sa vie pouvait s'achever ici, ni Bradley ni ses hommes n'hésiteront à le tuer, sans états d'âme, il ferait pareil à leur place. C'est pourquoi il ne bougea pas d'un millimètre, ajoutant d'un ton même poli au général d'armée qu'il était inutile de braquer son secrétaire, car il restera sage et ne fera rien. L'état de stress n'était pas très bon, pour ce pauvre homme. Le maréchal eut un bref sourire à son tour et fit signe à ses hommes de juste garder l'homme, sans le menacer. Merci.

Henry – Tous deux estimons agir pour ce en quoi nous croyons, ajouta-t-il. Alors parlons peu, vous avez raison sur ce point. Vous pensez comme moi que ce pays a besoin de se préparer aux guerres, autant d'ennemis extérieurs qu'intérieurs. Je me dois d'avouer que j'éprouve des doutes sur certaines méthodes, cependant, la partie adverse est encore bien loin de donner des garanties. Vous avez servi le pays, puis cette résistance aujourd'hui, Bradley. Pourquoi ?

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Albert J. Bradley
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MessageSujet: Re: Question de Sécurité   Lun 25 Sep - 13:12

Coulon – Bien sûr, je connais vos méthodes et vos propres états de faits, Bradley. Et j'admets que j'aurai dû m'attendre à cette visite, il faut croire que l'âge a tendance à me ramollir un peu.

Son âge, tout du moins, était en tout cas un facteur le poussant à porter plus de crédulité en les promesses de certains manipulateurs de ce gouvernement, n’est-ce pas ? Bradley avait plutôt suivi le chemin inverse, commençant par porter une certaine foi à leurs ministres et présidents, pour ensuite, peu à peu, s’en détacher et s’en défier, serrant la vis et posant des barrières claires pour qui s’occupait de quoi, très fermement. Aucune ingérence ne lui était tolérable. L’ancien flic de la Crime avait lui travaillé tout d’abord en se séparant des politiques puis commençait à leur accorder du crédit aujourd’hui. Bien dommage pour un homme de ce calibre de se laisser ainsi manipuler après une aussi longue carrière ! Leur cible ajouta d’un ton très poli qu’il était inutile de braquer ainsi son secrétaire, ce dernier ne tentera rien du tout et restera dans son coin sans bouger. Hum… Albert sourit brièvement et fit signe à ses hommes de se contenter de surveiller le bonhomme sans pour autant lui pointer une arme vers la tempe. Il n’était rien pour eux, un simple citoyen pris dans une affaire qui ne le regardait pas. Mais passons, ils n’étaient pas là pour rire ni pour disserter sur le fait qu’il était bien regrettable de voir certains innocents mêlés à ce genre d’affaires, ils avaient du travail.

Coulon – Tous deux estimons agir pour ce en quoi nous croyons, ajouta-t-il. Alors parlons peu, vous avez raison sur ce point. Vous pensez comme moi que ce pays a besoin de se préparer aux guerres, autant d'ennemis extérieurs qu'intérieurs. Je me dois d'avouer que j'éprouve des doutes sur certaines méthodes, cependant, la partie adverse est encore bien loin de donner des garanties. Vous avez servi le pays, puis cette résistance aujourd'hui, Bradley. Pourquoi ?

Bradley – « Pourquoi » ? Et moi qui était convaincu qu’un homme comme vous avait pourtant toutes les clés en main pour comprendre. L’âge n’a pas fait que vous ramollir, mon cher ministre, vous vous laissez aller à croire des hommes dont vous vous êtes pourtant méfiés tout le long de votre carrière. Mon but reste le même, protéger ce pays, par tous les moyens. Or, il s’avère, ces derniers temps, que ce n’est pas vers la voie choisie par notre nouveau « gouvernement ».

Il fit un bref signe de sa main libre, sans cesser de braquer le ministre avec décontraction. Un de ses hommes fourra la main dans sa poche et en sortit deux coupures de journaux, des articles détaillés, un sur l’Allemagne, l’autre sur l’Italie. Ils furent remis au ministre et le maréchal lui fit signe de lire, au moins les grandes lignes, d’un mouvement sec du menton. Il y avait bien des façons de « protéger un pays » et certaines n’étaient que des illusions, de vastes mascarades destinées à centraliser le pouvoir entre les mains d’un groupuscule tout en manipulant la population pour la convaincre d’accepter tout cela pour son propre bien. Oh, certes, l’Allemagne n’en était pas encore là… le pays était divisé, bouleversé, sous tension, puant des relents d’extrémismes, mais n’avait pas encore franchi le cap. L’Italie, en revanche, était pleinement une dictature, après avoir traversé une guerre civile qui avait duré presque quatre ans et fait des milliers de victimes. Quant à la France, elle se trouvait aujourd’hui dans l’étape intermédiaire. Tous les ingrédients étaient réunis pour suivre les traces de l’Italie et plonger dans la guerre civile, déterminant ainsi le destin du pays. L’Allemagne suivra également cette voie, tôt ou tard, un homme comme Mussolini en Italie, comme Leblanc en France, s’emparera de la colère et du fascisme, pour comprimer le pays entier dans un étau d’extrême-droite.

Bradley – Voyez-vous l’Europe de demain ? Un assemblement de pays en pleines dictatures, rongés par la haine, le contrôle de masse des populations, focalisés sur des groupes d’ennemis communs. En France, ce sont les élémentaires qui sont ciblés. En Allemagne, ce sont les Juifs. En Italie, ce sont les socialistes. Les dictatures ont certes des moyens puissants pour redresser les pays, leur donner un second souffle, une certaine force. Et à quel prix, selon vous ? Oui, l’Italie a été sortie de son marasme… Les milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de bébés sacrifiés au passage en seront sûrement reconnaissants, depuis l’au-delà. C’est qui arrive peu à peu en France. Pour ma part, je prône plus de sécurité et de fermeté, mais je réfute la dictature.

Il fit relever la tête du ministre en le poussant sous le menton avec le canon de son arme, penché sur lui. Que désirait-il, leur ministre de la Sécurité ? Le prix du sang était-il valable à ses yeux, comme il l’était aux yeux de Leblanc ? Le maréchal avait ses méthodes, il se servait de tous les moyens à disposition, il n’avait aucun scrupule à en sacrifier dix si cela pouvait en sauver des centaines, il pouvait enrôler de jeunes adultes voire des adolescents de dix-sept ans, en cas de besoin, sans états d’âme. En revanche, il refusait de livrer un pays tout entier à la folie d’un petit groupe, il refusait les massacres de masse, les exterminations à grande échelle.

Bradley – Il n’y a pas de combat propre, vous le savez, que ce soit sur le plan d’une guerre civile ou d’une guerre ouverte. Les deux côtés vont utiliser des méthodes dégueulasses et les assumer. Vous « doutez sur certaines méthodes », très bien, mais ce n’est pas la vraie question. Demandez-vous plutôt ce que vous imaginez pour ce pays. Son avenir. Mon choix est fait, je ne suis pas homme à participation en souriant à l’exécution sommaire de milliers de civils ou tirer dans la tête des bébés. Pour moi, la guerre est et restera une affaire d’adultes. Alors, monsieur le Ministre, qu’êtes-vous prêt à accepter ?

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MessageSujet: Re: Question de Sécurité   Mer 4 Oct - 12:46

PNJ Henri Coulon, Ministre de a Sécurité Intérieure


Bradley – « Pourquoi » ? Et moi qui était convaincu qu’un homme comme vous avait pourtant toutes les clés en main pour comprendre. L’âge n’a pas fait que vous ramollir, mon cher ministre, vous vous laissez aller à croire des hommes dont vous vous êtes pourtant méfiés tout le long de votre carrière. Mon but reste le même, protéger ce pays, par tous les moyens. Or, il s’avère, ces derniers temps, que ce n’est pas vers la voie choisie par notre nouveau « gouvernement ».

Le ministre s’apprêtait à répondre lorsqu’un des subordonnés de Bradley, sur son ordre, lui remit deux grandes coupures de journal, visiblement récente, que le soldat lui fit signe de lire, sans cesser de lui pointer une arme sur la tête. Henri rinça un peu les lèvres puis baissa les yeux sur les articles, frappé directement par la photo du premier, une du dictateur Italien, le fasciste, sous le titre « L’Italie à l’heure d’un régime autoritaire ». Le second article parlait, lui, de l’Allemagne. Henri n‘ignorait rien de la crise violente ayant frappé le pays il y a dix ans, des milliers de mort et de l’arrivée au pouvoir de Mussolini, bien que les pays frontaliers aient faits mine de rien, cette crise avait profondément bouleversé l’Europe. Seule l’Espagne n’avait émit aucune réaction, déjà bien assez occupée par ses propres problèmes et crises, tout comme l’Angleterre qui, sans être en crise, n’avait que faire des problèmes des autres. Les montées nationalistes et les soucis économiques frappaient le continent tout entier, des peuples étaient stigmatisés, comme certaines couches de la population, pour leurs façons de vivre, leurs croyances, leurs religions. Le ministre lut en diagonale l’article sur Mussolini, sans voir tout de suite où Bradley voulait en venir. L’Italie était tenue par un dictateur, et alors ? Ils n’étaient pas en guerre contre ce pays et ne pouvaient pas non plus s’y engager, par alors que la France était encore aussi instable.

La coupure couvrant les faits en Allemagne dressait, de son côté, un tableau ressemblant étrangement à ce qui montait actuellement en France. Le pays se tordait de souffrance dans un vase marasme économique, social et politique. La toute jeune politique était malmenée, le pays humilié par le Traité de Versailles, la dette considérable étouffait tout, tuait les entreprises et les emplois, le peuple se nourrissait d’un sentiment plus puissant chaque jour, et au milieu de tout cela, le Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands, dirigé par Hitler, prenait de plus en plus d’ampleur… L’auteur de cet article avait raison en affirmant que ce parti allait très certainement remporter une large part aux élections de 1932. S’il devenait l’un des partis les mieux représentés au Parlement, voir le plus représenté, il ne faisait plus aucun doute que l’Allemagne filera tout droit sur le chemin emprunté par l’Italie il y a quelques années. Un État totalitaire et puissant, porté par un peuple en colère voulant retrouver sa fierté bafouée. Coulon reposa les deux coupures de journaux, silencieux. Très bien… A présent, quel était le lien que Bradley attendait qu’il fasse ? Les problèmes des autres pays n’étaient pas les leurs. L’Italie ne comptait pas leur déclarer la guerre et le ministre doutait très sincèrement que l’Allemagne le fasse, pas après la guerre meurtrière de 1870 et encore moins après la Grande Guerre de 1914 ! Ils étaient bien trop affaiblis pour cela, en tout cas pour le moment.

Bradley – Voyez-vous l’Europe de demain ? Un assemblement de pays en pleines dictatures, rongés par la haine, le contrôle de masse des populations, focalisés sur des groupes d’ennemis communs. En France, ce sont les élémentaires qui sont ciblés. En Allemagne, ce sont les Juifs. En Italie, ce sont les socialistes. Les dictatures ont certes des moyens puissants pour redresser les pays, leur donner un second souffle, une certaine force. Et à quel prix, selon vous ? Oui, l’Italie a été sortie de son marasme… Les milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de bébés sacrifiés au passage en seront sûrement reconnaissants, depuis l’au-delà. C’est qui arrive peu à peu en France. Pour ma part, je prône plus de sécurité et de fermeté, mais je réfute la dictature.

Les dents serrées, le ministre dû relever la tête lorsque le maréchal l’y poussa, sous le menton, par le canon de son arme, croisant un regard aussi clair qu’il était dur et froid. Voilà donc ce qu’il pensait, que Leblanc comptait faire dans ce pays ce que Mussolini avait fait en Italie ? Qu’il comptait organiser des massacres de masse pour mieux asservir le reste de la population ? Ce n’était qu’un politicien voulant ramener au goût des jours les idées de la dernière décade et les valeurs morales ! Il y avait une bien nette différence entre pousser un pays entier à accepter des valeurs fascistes et pousser un pays à accepter des valeurs sévères et religieuses, le respect des mœurs ayant forgé cette nation avant la grande Guerre. La France était une République et elle le restera, il en était fermement convaincu. Bradley n’était pourtant pas homme à se monter la tête si facilement et à croire à l’émergence d’une dictature sanglante et répressive dans leur pays, à moins qu’il ne l’ait affreusement mal jugé. Or, Henri Coulon ne jugeait jamais mal les gens, une fois qu’il apprenait à les connaître, c’était bien là de ses plus gros points forts et ce qui l’avait le plus aidé au cours de sa longue carrière. Il savait cet homme infiniment difficile à manipuler, ce qui le troublait d’autant plus, car cela signifiait qu’il s’était forgé seul cette opinion, qu’il avait des raisons de croire à une dictature en France.

Bradley – Il n’y a pas de combat propre, vous le savez, que ce soit sur le plan d’une guerre civile ou d’une guerre ouverte. Les deux côtés vont utiliser des méthodes dégueulasses et les assumer. Vous « doutez sur certaines méthodes », très bien, mais ce n’est pas la vraie question. Demandez-vous plutôt ce que vous imaginez pour ce pays. Son avenir. Mon choix est fait, je ne suis pas homme à participation en souriant à l’exécution sommaire de milliers de civils ou tirer dans la tête des bébés. Pour moi, la guerre est et restera une affaire d’adultes. Alors, monsieur le Ministre, qu’êtes-vous prêt à accepter ?

Henri – Leblanc n’a pas la même carrure que Mussolini. La Grande Guerre a renforcé les opinions nationalistes de cet homme et sa vision militarisée et violente des partis politiques. Quant à Hitler, c’est un agitateur, un idéaliste croyant pouvoir redonner la fierté à l’Allemagne en pointant du doigt la prétendue faute de certaines couches sociales et religieuses de son pays. Il gagnera sûrement les élections de 1932, je n’en doute pas, mais il n’a pas les mêmes idées que son homologue Italien. Il existe des ressemblances, je vous l’accorde, mais le cas de la France est encore différent ! Oui, Leblanc est très nationaliste et est un Radical déclaré. Mais songer à l’exécution de masse ou au contrôle renforcé des élémentaires et des autres citoyens ? Nous ne sommes pas en dictature, Bradley.

Et ils ne prenaient pas cette voie. Pour lui, et pour parler vulgairement, Leblanc n’avait tout simplement pas les couilles d’en arriver à un tel point, ce qu’il souligna d’une voix derme au militaire. Ce dernier éclata tout à coup d’un rire froid, reculant un peu son arme et la lui agitant sous le nez, d’un geste amusé. Henri ne put s’empêcher de se raidir, prêt à recevoir une balle en pleine tête à n’importe quel instant.

Bradley – Je vois, vous pensez que Leblanc est seul à prendre les décisions et prendre des initiatives, tout comme vos alliés sont convaincus que Gabriella de Lizeux est également seule pour tout diriger, de note côté. C’est une erreur, mon cher monsieur, tout est travail d’équipe, chez vous comme chez nous. Ma collègue dirige une partie de notre troupe et a également un rôle d’icône, une image à suivre, exactement au même titre que Leblanc. Ce qui fait la force d’une équipe est son assemblement de têtes pensantes et compétentes.

Henri – Je le sais très bien, le coupa-t-il avec agacement.

Bradley – Donc vous savez aussi ce dont est capable le parti Radical auquel appartient Leblanc. Vous avez raison, ce type n’a pas les couilles pour mettre tout en place, il est une image pour le public. Mais son parti, lui, c’est une autre affaire.

Le ministre connaissait très mal les autres têtes fortes du pays, ayant principalement affaire à Bradley. Ses mains se crispèrent légèrement sur le fauteuil où il s’était renfoncé, jetant un long regard au maréchal puis à chacun de ses subordonnés, avant de le poser finalement sur son secrétaire, blotti dans un coin, les yeux fermés et tête baissée, comme s’il priait, les mains posées sur ses genoux. Il repensa aux réunions faites pour la mise en place du futur gouvernement, aux heures passées à plancher sur les sujets touchant à la sécurité, aux forces de la police, de la gendarmerie et de l’armée, aux moyens dont il fallait doter les régions, départements et villes, aux nouveaux pouvoirs octroyés aux préfets, dans chaque département, aux réglementations qui s’appliqueront à la vie quotidienne et sur les libertés individuelles. Tout cela dans le but de lutter contre le terrorisme et limiter les pouvoirs en public des élémentaires, afin d’éviter les accidents. Pour une dictature ?

Henri – Déclencher une guerre civile ne ferait que renforcer l’opinion publique dans l’idée d’instaurer un État puissant et totalitaire. Alors que si chacun accepte d’avoir un peu moins de liberté, la sécurité primera et tout le monde vivra en paix, y compris les élémentaires.

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