1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Histoires de famille

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Céleste Dumoulin
Professeur de l'élément foudre
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Âge RPG : 25 ans

MessageSujet: Histoires de famille   Mer 7 Juin - 17:31

Céleste tournait dans l’appartement, assez nerveuse, souhaitant surtout s’en aller et faire demi-tour. Pourquoi avait-elle accepté de parler à Lucas ? Tout lui dire… Et s’il fuyait ? S’il la détestait, s’il ne comprenait pas ? S’il ne voulait plus la voir, s’il voulait rentrer à Toulouse pour être adopté par une de leurs tantes ? Elle avait retardé le moment le plus possible, incapable de le faire avant de partir pour mille et unes raisons. Mais, aujourd’hui, ils étaient revenus de la station depuis quelques jours maintenant et l’air de son frère en avait ajouté une sérieuse couche. Le temps de se reposer, de choisir ses mots, de repousser encore le moment… Ils étaient déjà vendredi et elle n’avait plus aucune excuse. Elle avait remis, autour de son cou, le pendentif en or dans lequel figurait sa sœur, se disant que cela l’aiderait à tout expliquer.

Comme prétexte, Céleste avait dit à Lucas qu’elle avait quelques petites courses de dernière minute à faire et qu’elle souhaitait qu’il l’accompagne pour savoir ce qui lui ferait vraiment plaisir. Ils pourraient aussi se balader, comme Cyprien avait du travail et qu’il ne pouvait se libérer pour sortir avec eux. Naturellement, rien de tout cela n’était vrai, son collègue avait du travail mais pas au point de rester enfermé, il n’était pas de ce genre-là. Très loin de là. La jeune professeure attendait donc son petit frère, la journée était terminée comme la semaine et le week-end s’annonçait, clair et sec, ce qui favorisait les balades. Vraiment rien pour rebrousser chemin, en conclusion…

Lorsque Lucas fut prêt, elle ouvrit la porte de l’appartement pour le laisser passer, prenant une petite inspiration discrète avant de refermer derrière elle. Par quoi allait-elle commencer ? Comment aborder le sujet ? Descendant les escaliers, ils durent se coller au mur pour laisser passer une dame âgée habitant au premier étage de l’immeuble, la saluant avec un sourire. Elle était une des rares à les accepter, ce qui faisait du bien lorsqu’ils la croisaient. Un sourire, un bonjour, pas besoin de plus. Ils descendirent sans croiser personne d’autre, arrivant dans la rue qu’ils remontèrent, Céleste attrapant la main de son frère par réflexe. Ils prirent naturellement la direction des commerces mais, au dernier moment, la jeune femme s’arrêta sur le bord du trottoir en voyant le chemin qui menait vers les sentiers pour promeneurs. Pourquoi pas ? Là-bas, ils seraient tranquilles… Elle baissa la tête vers son frère, lui indiquant le sentier du regard.

Céleste – Que dis-tu d’aller se balader un peu avant ? Comme cela, nous ne serons pas chargés. Une petite balade d’une demi-heure nous fera le plus grand bien après cette longue semaine.

Prudemment, Céleste traversa la rue avec Lucas pour prendre la direction du sentier sans lui lâcher la main. Le village était relativement animé, les couples profitant du week-end sec malgré les températures plus froides. Elle n’y prêtait même pas attention, ne le réalisant que parce que Lucas devait s’habiller plus chaudement, tout comme Cyprien, là où elle était moins sensible aux basses températures. Décembre approchait, ce n’était pas étonnant, ils étaient dans la dernière semaine de novembre et il était parfaitement logique que les températures baissent à leur tour. S’éloignant des rues pavées du village ou chemins fréquentés, ils s’élancèrent dans le sentier qui amenait au petit chemin de balade relativement rapide à faire et qu’elle connaissait presque par cœur. En général, elle-même l’empruntait le soir, pour s’éloigner suffisamment du village et s’entraîner un peu. Il y avait mêmes des cailloux, par endroits, même si le sentier était bordé par des herbes hautes, fleurs, arbres et sans doute des champs s’ils marchaient pendant plus d’une heure.

Céleste – Tu sais, quand j’étais petite, on aimait faire des balades. Je veux dire… avec papa et maman. On sortait très souvent pendant des heures avant que je n’aille étudier au Pensionnat. Un jour, papa a même préparé tout un pique-nique en se levant plus tôt pour nous faire la surprise et on a passé la journée à marcher dans les champs et autres chemins de randonnée.

Céleste baissa la tête vers son petit frère, lui souriant faiblement tout en marchant. C’étaient de bons souvenirs qu’elle gardait et garderait en elle pour toujours. Elle ne savait même pas pourquoi elle parlait de cela à Lucas, tâtonnant, se souvenant des conseils de Cyprien. Il fallait qu’elle lui dise tout, oui… Mais comment ? Evoquer des souvenirs qui pouvaient être communs était une idée comme une autre, même si son meilleur ami aurait fait autrement, à n’en pas douter. Ils entendirent soudain de petits piaillements d’oiseaux qui leur firent lever la tête vers un arbre où l’on pouvait observer un amas de petites branches. Un nid… Restant silencieuse un moment, elle se contenta d’observer la mère nourrir ses petits. Il s’agissait d’un… d’une… Elle ne savait plus. A l’époque, elle était capable de les nommer sans problème, mais aujourd’hui…

Céleste – Est-ce qu’il t’a appris à identifier les oiseaux ?, demanda-t-elle en baissant la tête vers Lucas. J’étais très forte, à ce jeu, je pouvais reconnaître tous ceux de notre coin de balade en un regard ! Mais je t’avoue qu’avec le temps, j’ai un peu oublié… Surtout depuis que je suis partie de la maison, lorsque j’ai eu mon diplôme. J’ai arrêté les balades, ensuite, je trouvais ça moins amusant toute seule.

Ce n’était pas terrible… « Parle-lui de toi », « parle-lui de toi », facile à dire ! Céleste n’était pas du genre à parler d’elle, loin de là, surtout qu’elle savait que la suite de leur discussion allait tourner très vite au drame. Dès le moment où Lucas serait au courant, il risquait de prendre ses jambes à son cou, voire d’insulter sa sœur et d’aller elle-ne-savait-où. C’était aussi pour cette raison qu’elle lui tenait la main, ayant trop peur qu’il ne lui arrive quelque chose. Lui parler, oui. Lui faire peur et provoquer un accident, non. Céleste ouvrit à nouveau la bouche sans rien dire, cherchant ses mots. Elle ne savait pas quoi dire pour lancer la conversation, en réalité…

Céleste – Écoute, je… Tu as remarqué que parler de moi n’était pas un de mes points forts. Et j’ai réalisé que c’était aussi pour ça que tu ne pouvais pas me faire vraiment confiance, tu ne me connais pas. C’est pour cette raison que je voulais faire une balade avec toi… Ici, tu es libre de me poser toutes tes questions, et je te promets de te répondre sans te mentir, peu importe le sujet. Qu’as-tu envie de savoir ? Est-ce qu’il y a des questions, à mon sujet, que tu n’as jamais osé me poser ?

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