1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Réunion de famille

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Solène Nakajima
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MessageSujet: Réunion de famille   Dim 21 Mai - 12:25

Solène se pencha pour enlever ses souliers et rester pieds nus, se mettant ensuite en tailleur dans l’épais canapé et sa ribambelle de coussins, sa tasse entre les mains. Les cheveux détachés et flottant dans son dos, une robe d’hiver très légèrement décolleté et soulignant sa grossesse, elle rendait un air encore plus fragile et doux que de coutume, d’autant plus avec un regard légèrement humide de larmes. Ses nerfs étaient plus sensibles depuis qu’elle était enceinte et elle craquait facilement, pour ne pas dire si souvent que ça en devenait parfois ridicule. Navrée, vraiment, elle était désolée, ce n’était pourtant pas son genre de pleurer pour rien. La veille au soir, elle était finalement partie de Paris pour revenir au pensionnat. Même si tous les élèves n’étaient pas encore revenus et que l’école était très vide, rester chez ses parents à Paris n’était désormais plus une option sûre. Eux aussi devaient subir beaucoup de pression et étaient menacés. Ils envisageaient maintenant de quitter la capitale pour s’installer dans leur résidence secondaire, dans le Sud-ouest de la France, le plus loin possible des affres de la capitale.

Un de ses frères, Robert, le plus âgé, était venu hier soir pour l’aider avec ses affaires et les jumeaux de Gaby et Auguste, contre toute attente. La jeune femme le connaissait encore peu car ils n’avaient presque pas eu d’occasions de se parler et apprendre à se connaître, c’était un homme très occupé, qui dirigeait trois entreprises et des centaines d’employés, menant ainsi une vie très cadencée et ne se souciant pas des troubles politiques. Il avait également très longtemps été en froid avec leur sœur aînée et Solène ne comprenait pas très bien d’où venait le changement d’attitude, pourquoi, tout à coup, il se souciait sincèrement de ce qu’elle devenait. Peut-être la crainte de la voir mourir ? Avait-il réalisé que, divergences d’opinions ou non, ils restaient frère et sœur ? C’était tout à fait possible. Il s’était installé dans le fauteuil d’à côté, lui aussi dans une position plus détendue que de coutume, buvant pour le moment son thé sans rien dire. A côté d’elle, Solène se sentait comme une véritable crevette, tant il était costaud. Grand, comme Auguste, bien bâti, les cheveux très blonds, comme toute la fratrie, un regard bleu très fier et les traits plus fins, en contraste. Aussi pâle qu’une personne ne voyant jamais le soleil.

Son beau-frère, Munemori, était là, lui aussi, assis dans le second fauteuil et tout aussi silencieux. On aurait presque pu croire à une réunion de famille après un enterrement, s’il n’y avait pas les jumeaux à jouer et rire sur le tapis. C’était la faute de Solène, aussi, elle avait plombé l’ambiance en fondant en larmes pour rien alors que son beau-frère lui avait juste dit qu’elle ne devrait pas trop s’en faire et que son mari s’en tirera bien. Robert l’avait réconforté comme il avait pu puis avait préparé du thé pour tout le monde, en ajoutant que, de toute manière, puisqu’ils ne pouvaient plus rien contre tout cela, autant prendre le train en marche et s’y accrocher, quoi qu’il arrive. Il avait sans doute raison… Solène reposa sa tasse sur la table basse, puis se réinstalla un peu mieux, glissant les jambes sous un bout de couverture, avec l’impression d’être une éléphante obèse. Même si elle n’était qu’à cinq mois de grossesse, elle avait grossi comme elle ne l’aurait pas cru. Peut-être parce qu’elle portait deux enfants. Sa poitrine aussi était gonflée et douloureuse, à cause des montées de lait.

– Comment ça va se passer, pour la fin d’année ? demanda-t-elle à son beau-frère. Vous allez emmener les enfants avec vous ? Je ne sais plus quoi faire, je ne sais même pas si je dois rester ou partir. J’ai peur pour mon mari.

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Munemori Nakajima
Peintre
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Âge RPG : 43 ans

MessageSujet: Re: Réunion de famille   Jeu 13 Juil - 20:12

Pourvu que Josuke s’en sortait mieux, de son côté… Munemori avait le sentiment que la moindre petite phrase pouvait déclencher une crise de nerfs ou de larmes, tant chacun était tendu et nerveux. Il avait simplement affirmé à Solène que tout ira vite mieux, que Kimmitsu était solide et qu’ils allaient vite se retrouver, tous les deux ! Et elle avait fondu en larmes la seconde d’après… La réconforter avait pris un peu de temps, la calmer aussi, et Munemori avait cru un moment que le grand frère de Solène allait le frapper, pour avoir fait pleurer sa petite sœur. Ce n’était pas voulu ! Il ne pensait que ça la ferait fondre en larmes. A présent, ils étaient installés tous les trois dans le salon de l’appartement de Solène et Kimmitsu, au pensionnat, au troisième étage. Rester à Paris devenant très compliqué, elle était finalement revenue, même si l’école était vide. Bon, l’école vide n’était pas des plus rassurantes en soit mais c’était déjà mieux qu’en plein Paris. Munemori termina vite fait son thé puis reposa la tasse sur la table basse, installé dans un petit fauteuil, avec Solène dans le canapé et son frère, assis dans un autre fauteuil, légèrement enfoncé. Désolé, il ne voulait vraiment pas faire de peine à sa belle-sœur ! Il fera plus attention, c’est vrai que beaucoup étaient sur les nerfs.

Assez gêné, évitant le regard de Robert par crainte d’y ire une envie d’égorgement, Munemori se concentra plutôt sur les deux bébés qui jouaient ensemble, à quatre pattes sur le tapis. Ils allaient avoir un dans quelques mois, c’est ça ? Ils étaient bien nés en avril, s’il se souvenait bien ? En tout cas, ils étaient sincèrement adorables, avec leurs petites bouilles et leurs grands yeux bleus bien ouverts, encore innocents et purs. Des enfants qu’on avait envie de serrer dans ses bras et câliner, faire rire et protéger. Et avec une mère comme la leur, nul doute qu’ils devaient être très bien protégés, il ne devait plus rester dans le pays une seule personne qui oserait porter la main sur ces deux enfants, ni sur le petit frère ou la petite sœur en cours de route. Attendri, il les observa jouer un petit moment, songeant son propre bébé qui devrait naître d’ici la fin du mois. La famille continuait de s’agrandir… Solène renifla un peu, le tirant de ses pensées, s’installant mieux dans le canapé et posant elle aussi la tasse sur la table. La grossesse lui donnait un air fragile, alors même qu’elle ne l’était, finalement, pas tant que ça. Le Japonais aimerait qu’elle reste assez innocente, cependant, ou du moins, qu’elle ne change pas aussi fortement que sa grande sœur.

– Comment ça va se passer, pour la fin d’année ? demanda-t-elle à son beau-frère. Vous allez emmener les enfants avec vous ? Je ne sais plus quoi faire, je ne sais même pas si je dois rester ou partir. J’ai peur pour mon mari.

– Les enfants vont venir avec nous, bien sûr, tout a déjà été prévu pour le voyage, mis à part pour quelques détails, affirma-t-il en hochant la tête. Ils seront en sécurité et ça leur fera du bien de penser à autre chose que les soucis en France. Pour toi, et bien…

Il se racla un peu la gorge, cherchant comment discuter de ça sans la blesser ni la froisser, ni l’effrayer. En son sens, il valait mieux qu’elle parte, elle était enceinte et formait une cible idéale pour toutes les personnes qui chercheront à toucher sa sœur ou son mari à travers elle. Mais d’un autre côté, l’éloigner ne sera bon ni pour elle ni pour Kimmitsu, ni même pour leur famille. Ils étaient mariés, ils avaient besoin l’un de l’autre dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et il doutait qu’elle supporte de partir loin en craignant chaque jour pour la vie de son mari. Même chose pour leur frère, maintenant qu’il avait enfin trouvé la femme qu’il aimait, la savoir au loin sera douloureux, pour lui, même si elle s’éloignait du danger. C’était Solène, pourtant, il était douloureux aussi de la voir risquer sa vie, tant elle avait cet air fragile et innocent. La voir perdre son sourire serait terrible, tout comme cette étincelle dans ses yeux. Il rouvrait la bouche lorsque le frère de Solène le devança, déclarant qu’elle devait avant tout penser au bébé qu’elle portait, que nier son état ou le minimiser serait bien trop dangereux.

– Ne fais pas comme notre sœur, continua-t-il d’une voix ferme. Je me demande par quel miracle elle n’a pas fait de fausse couche pour ses jumeaux ! Tu es plus jeune et moins habituée au stress et aux tensions, il y a plus de risques pour toi et l’enfant à naître. Donc pars. Fais attention à ton bébé. Pense à lui avant de penser à toi et à tes envies, c’est ton devoir en tant que femme enceinte, cet enfant ne peut compter que sur toi pour le préserver.

Présenté ainsi, c’était vraiment plat et crût, Munemori lança un coup d’œil légèrement agacé au grand blond, marmonnant entre ses dents que le manque de tact devait être un trait de famille. Reportant le regard sur Solène, il tâcha de lui sourire, de rester positif.

– Tu ne partirais pas à jamais, loin de là. Et ton frère a raison, pour le bébé, tu dois le préserver. Toi et Kimmitsu pourrez vous retrouver très bientôt, tu dois être patiente.

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Solène Nakajima
Fleuriste
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Âge RPG : 18 ans

MessageSujet: Re: Réunion de famille   Sam 12 Aoû - 11:40

Beau-frère – Les enfants vont venir avec nous, bien sûr, tout a déjà été prévu pour le voyage, mis à part pour quelques détails, affirma-t-il en hochant la tête. Ils seront en sécurité et ça leur fera du bien de penser à autre chose que les soucis en France. Pour toi, et bien…

Du moment que les enfants pouvaient se changer les idées, c’était le plus important, oui, Solène se raccrochait à cette idée-là pour se réconforter au maximum. Pour le reste, elle avait en réalité assez peur d’y penser. Tout s’étant tant empiré, en l’espace de quelques mois, qu’elle ignorait comment réagir et oser croire à un futur meilleur. Et ce coup d’Etat ! Tout allait changer, comment en être rassuré ? Même si le discours était beau, il dissimulait une oppression qui n’ira que croissante envers les élémentaires et cela l’effrayait. Elle ne voulait pas d’une guerre civile, elle voulait un monde où elle pourra élever son bébé en paix, avec son mari… Robert la tira de ses pensées en répondant qu’elle devait d’abord penser à son bébé, justement, qu’elle ne devait surtout nier ou minimiser son état. Mais elle ne le niait pas ! Et n’y accordait pas non plus trop peu d’importance, cela n’avait rien à voir ! Bien au contraire, son envie de préserver son petit, ses petits plutôt, était plus fort que tout, elle pensait à eux, tenait à veiller sur eux, même s’ils n’étaient pas encore nés, ils étaient son premier ordre de priorité. Les enfants, c’était sacré, point final, peu importe leur âge ou leurs origines, personne n’avait à faire de mal à un enfant ou seulement penser à lui en faire.

Frère – Ne fais pas comme notre sœur, continua-t-il d’une voix ferme. Je me demande par quel miracle elle n’a pas fait de fausse couche pour ses jumeaux ! Tu es plus jeune et moins habituée au stress et aux tensions, il y a plus de risques pour toi et l’enfant à naître. Donc pars. Fais attention à ton bébé. Pense à lui avant de penser à toi et à tes envies, c’est ton devoir en tant que femme enceinte, cet enfant ne peut compter que sur toi pour le préserver.

Oui… Solène hocha doucement la tête, la gorge serrée en songeant à quel point elle pouvait être un poids inutile à traîner, pour son mari, dans de telles circonstances. Gabriella savait se défendre, elle ! Mais… Assez bouleversée, à cette pensée, elle ne répondit rien du tout, posant doucement une main sur son ventre, sentant ses bébés bouger un peu, puis regardant Julien et Aurore qui marchaient à quatre pattes sur le tapis en jouant avec leurs doudous. L’idée de partir en sachant Kimmitsu seul à courir des risques… Et en sachant qu’elle ne pouvait pas l’aider… Elle se sentait faible, incapable de se battre, terrifiée à l’idée de perdre ses enfants. Puisqu’elle ne pouvait rien faire pour son mari, au moins devait-elle faire en sorte de préserver leurs bébés, oui, c’était définitivement la seule chose possible. Quant aux enfants de Gabriella et Auguste, et bien, ils allaient bientôt retrouver leur mère, d’après ce qu’on lui avait dit, et cela valait sans doute beaucoup mieux. Avec elle, ils seront en parfaite sécurité, le pays entier savait maintenant ce que sa sœur pouvait faire si ses enfants étaient en danger.

Beau-frère – Tu ne partirais pas à jamais, loin de là. Et ton frère a raison, pour le bébé, tu dois le préserver. Toi et Kimmitsu pourrez vous retrouver très bientôt, tu dois être patiente.

Patiente, certes, mais pas moins angoissée. Solène hocha à nouveau la tête, levant une main fatiguée pour essuyer les dernières larmes restantes, puis soupira longuement. Se retrouver bientôt, oui, elle devait penser à ça, après tout, la nouvelle école sera dissimulée et donc bien plus protégée ! Elle devait penser à ça. En attendant, partir loin d’ici et tâcher de penser tout d’abord au bébé en oubliant les problèmes du pays…

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