1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Au sein des montagnes

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Jane Monsori
Collégienne
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Âge RPG : 14 ans

MessageSujet: Au sein des montagnes   Dim 30 Avr - 12:49

La neige tombait avec lenteur formait, avec le vent, de petits tourbillons légers et des spirales fusant en tous sens, sans que rien ne puisse les arrêter. Un ballet gris, blanc et noir, sur le fond de soirée, s’étirant en capturant les doux et pâles reflets de la lune, presque pleine, imposante dans le ciel au-dessus des cols. Mercredi s’effaçait en cette soirée pour laisser place à la nuit, puis au jour suivant, avec lenteur mais sûrement. Un cycle rassurant, que celui du temps qui passe. Quoi qu’il arrive, en ce monde, peu importe ce qu’il s’y passe et ce qui pourra secouer la Terre, le temps passera toujours. Jane trouvait de la beauté et du réconfort dans l’immuable, dans tout ce qui était éternel et perpétuel, comme la neige recouvrant les plus hauts cols et ne fondant jamais.

Les élèves terminaient de dîner ou jouaient ci et là dans la grande station, sous la surveillance parfois passive de leurs professeurs. Comme de coutume, la collégienne s’était isolée, sortant sur l’un des grands balcons de la station pour observer le flanc des montagnes, la neige tomber et le vent tourbillonner. Vêtue d’une simple robe noire à manches longues, de souliers et de collants, elle n’avait pas pris les autres vêtements dont s’affublaient les autres pour sortir, comme des écharpes, des bonnets ou de trop lourds et longs manteaux. Le froid n’était pas, pour elle, un souci, bien au contraire. Elle s’y sentait bien, il l’enveloppait en un cocon protecteur sans qu’elle ressente sa morsure. C’était plutôt agréable.

Derrière elle, un élève de sa classe cria, en passant dans le couloir, que les professeurs avaient organisé une petite soirée, une sorte de fête, pour changer les idées de tout le monde. Une fête ? Jane haussa légèrement les sourcils puis reporta le regard sur les montagnes. Les fêtes ne se terminaient jamais bien, du moins, selon qui vous accompagnait. Alexandre s’arrêta aux portes vitrées du balcon et passa la tête dehors, lui lançant qu’elle allait tomber malade à être dehors comme ça sans être couverte et que les profs demandaient à tout le monde de se rassembler, qu’il y allait aussi avoir des jeux.

Jane – Vas-y, dans ce cas. Je ne veux pas jouer.

Pour jouer, il fallait éprouver de la joie, de l’envie et elle ne pouvait pas. Tous ses sentiments, peu importe leur nature, elle les avait barricadé avec un très grand soin dans sa tour de glace et ils n’en sortaient plus. Ils y étaient très bien, la jeune fille n’éprouvait aucun désir de les faire sortir. Alexandre repartit et elle resta là, le regard perdu sur les montagnes.

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Estelle Martin
Professeur d'Histoire-Géographie
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Récits : 58

Âge RPG : 30 ans

MessageSujet: Re: Au sein des montagnes   Sam 20 Mai - 17:41

La sieste d’une heure s’était finalement révélée beaucoup plus longue que prévu… Estelle batailla pour ouvrir les yeux, complètement désorientée l’espace d’un instant et ne reconnaissant pas l’endroit où elle se trouvait. Allongée dans un lit, près de la fenêtre, un livre ouvert posé au sol, la lumière du jour baissait avec lenteur, rendant la pièce plus sombre, les autres lits et affaires moins visibles avec les ombres des meubles se découpant sur le sol. Que... Oh, oui, c'est vrai. La station, le voyage scolaire, la petite soirée contes ce soir. La jeune mère ne s'était pas sentie très bien, en milieu d'après-midi, et avait dit à ses collègues qu'elle allait s'allonger un peu et se reposer. Elle avait dû tomber endormie et aucun de ses collègues ne l'avait réveillée. Ils auraient pu, enfin ! Ah là là... Déjà qu'ils n'étaient pas très nombreux, si on la laissait dormir une bonne partie de l'après-midi alors qu'elle devait travailler, ça ne pouvait pas bien se passer. Se levant, elle commença par aller se passer de l'eau fraîche sur le visage, attrapant à tâtons une serviette pour s'essuyer ensuite. Quelle heure était-il ? Tout en se recoiffant et rattachant ses cheveux, elle jeta un petit coup d’œil à la montre de Céleste, oubliée sur une table de nuit. Presque dix-neuf heures. Elle n'était pas en retard finalement.

En sortant du petit dortoir, elle croisa Cyprien et fit la moue en lui disant qu'ils auraient pu la réveiller, tout de même, ce à quoi il répondit qu'elle pouvait toujours rêver et qu'on ne venait pas secouer une toute jeune accouchée, surtout si elle avait mal à la tête. Enfin ! Rougissant un peu, lorsqu'il lui lança que tout le monde lui dira la même chose de toute façon, elle partit à grands pas vers le réfectoire, assez touchée, malgré son léger agacement. C'était mignon, d'accord, mais, mais... Mais tout de même ! Juste avant d'aller manger, elle bifurqua par l'accueil pour emprunter un des téléphones et appeler la nourrice qui s'occupait de ses fils, à Gray, ne pouvant pas rester plus d'une journée complète sans avoir de leurs nouvelles. La voix un peu hésitante encore et attendrissante de son fils aîné résonna dans le combiné lorsque sa nourrice le porta et lui tint le combiné pour qu'il puisse parler. Estelle souriait toute seule de son côté, avec une tendresse absolue, en parlant à son bébé, débordant d'amour, même à distance. Elle lui promit de revenir très vite et lui dit de bien s'occuper de son petit frère en attendant. Ses garçons lui manquaient, même pour une petite semaine, c'était dur. Elle avait envie d'être près d'eux, de le serrer contre elle et les regarder s'endormir contre son sein.

Après ce coup de fil, elle fila rejoindre les autres au réfectoire pour manger, un repas assez simple et léger. Malgré la sieste, elle se sentait encore fatiguée et ne parlait pas beaucoup, participant avec des mono-syllabes à la conversation, tout en buvant sa soupe et grignotant des morceaux de pain. Daniel lui demanda si elle allait bien et elle hocha la tête avec un sourire. Bien, oui, toujours, finalement. La voir aller mal ou pleurer était un cas rarissime et le signe que quelque chose de très grave arrivait. Somnolant un peu en finissant sa soupe, elle chercha son verre d'eau à tâtons une bonne minute avant qu'il ne soit miraculeusement poussé vers ses doigts. Mmh ? Qui jouait avec le vent, là ? Tous ses collègues firent mine de rien lorsqu'elle releva la tête en cherchant le coupable. Après le repas, et avant que la soirée prévue ne se mette vraiment en place, Estelle retourna chercher son manteau, une écharpe et des gants, pour sortir un peu, afin de se réveiller et être active ce soir, que ses collègues n'aient pas à se taper tout le travail seul. C'est en sortant sur l'un des balcons qu'elle vit que tous les enfants ne s'étaient pas rassemblés. La petite Jane était dehors, vêtue d'une simple robe et de collants, sans même une écharpe. Estelle se rapprocha doucement, toujours assez soufflée de voir certains si sensibles avec l'élément glace qu'ils ne sentaient plus le froid.

Estelle – Vous ne voulez pas aller jouer avec les autres, mademoiselle Monsori ?

La petite était très souvent seule, à vrai dire, et cela avait souvent inquiété Estelle qui ne pensait pas qu'elle ait d'amis proches. Elle était... un peu à part. Toujours. A l'écart des autres, silencieuses, ne jouant pas durant les sorties et toujours très calme et distante. On racontait que les personnes dont la glace était l'élément principal, le don de naissance, étaient très rares et développaient dès la petite enfance un caractère particulier. La glace elle-même était un élément assez particulier et à part des autres, pas l'un des plus appréciés en plus de cela. Il y avait si peu d'élémentaires glace, parmi les enfants. Sur tous les élèves de l'école, il ne devait y en avoir qu'une vingtaine au maximum. La jeune mère s'arrêta près de la collégienne, se sentant toujours triste pour ces enfants, car elle avait le sentiment qu'ils ne... Vivaient pas réellement. Comme s'ils évoluaient dans un monde à part où tout était glacé, à l'image de leur don. Elle lui sourit doucement, s'asseyant sur le petit banc en bois près de la balustrade, les mains croisées sur ses genoux.

Estelle – Cet endroit doit beaucoup vous plaire. Vous vous sentez bien, près des montagnes ?

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