1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Après-midi détente dans les montagnes

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Océane Kara
Lycéenne
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MessageSujet: Après-midi détente dans les montagnes   Ven 28 Avr - 15:29

Deux ou trois élèves avaient bien finir le nez dans les sapins tant ils jouaient aux guignols en skiant, ce matin. Les professeurs leur avaient passé tout un savon devant tout le monde, juste avant le déjeuner, insistant sur la sécurité. En plus, ils n’avaient même plus d’infirmier… Océane avait appris ce matin, comme presque tous les élèves, que M. de Sora était sorti à midi, le jour de leur arrivé, pour « fumer » et il n’était jamais revenu. Parti pour la nouvelle école à son tour, comme la rumeur courait. Le nouveau parmi les étudiants était de parier sur le prochain prof qui allait disparaître sans crier gare pour rejoindre les Résistants, comme la presse les appelait. Enfin, ça, c’était l’appellation gentille, car majoritairement, c’était plutôt l’appellation Terroristes. Océane reposa son plateau avec les autres puis alla chercher une lettre pour elle, dans le courrier distribué par leur directeur intérimaire. Sn père lui avait écrit une longue lettre, depuis le Canada où il était en ce moment pour son travail. La lycéenne sourit doucement en la lisant, ayant un certain besoin d’affection, en ce moment. Sa mère lui manquait beaucoup… Elle rangea avec un grand soin la lettre dans son sac, se jurant d’y répondre dès ce soir.

Cet après-midi, ils avaient quartier libre. Certains retournaient skier, beaucoup même, d’autres lisaient, s’étaient inscrits à des activités proposées par les profs en profitaient pour faire la sieste. Pour sa part, Océane avait demandé à pouvoir sortir dans la petite ville du côté et avait à la volée récupérer Laura aussi qui avait envie d’aller faire un tour. La Chinoise alla vite fait remettre des chaussures plus confortables et des vêtements chauds, enfilant une écharpe, un bonnet et des gants, ayant rendez-vous avec Laura à quatorze heures devant la station. Elle avait hâte de sortir et profiter de cet après-midi au maximum, surtout qu’il y avait pas mal de choses à faire en ville ! Son argent de poche au fond de son sac, parmi d’autres trucs à traîner, la lycéenne alla rejoindre son ami à l’heure dite, resserrant un peu son écharpe contre elle lorsqu’elle fut accueillie par un vent très froid. C’était définitif, elle n’aimait pas beaucoup l’altitude. En plus, le chemin descendant vers la ville était verglacée, il fallait bien faire attention à ne pas se casser une jambe au passage. D’autres élèves y allaient aussi, discutant avec animation en cours de route.

Océane – Je déteste le froid, avoua-t-elle avec un frisson.

Peut-être était-ce aussi à cause de son élément, mais là, vraiment, elle avait horreur de la neige, des montagnes, de la glace, du froid et tout ce qui s’ensuit. C’était pas agréable ! Comment on pouvait aimer jouer dans la neige, faire de la luge ou skier ? Laissons ça à qui ça ne dérangeait pas, franchement. Si elle le pouvait, elle vivrait dans un désert bien brûlant. Le froid, l’humidité, non, non, merci, très peu pour elle.

Océane – Ils ont sorti un nouveau film d’action, tu as envie de le voir ? demanda-t-elle en tournant la tête vers Laura. Il doit durer à peu près une heure. J’ai aussi envie d’aller dans une librairie ou boire un chocolat chaud avec une part de brioche. Qu’avais-tu envie de faire, toi ?

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Laura K. Nakajima
Collégienne
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MessageSujet: Re: Après-midi détente dans les montagnes   Mer 7 Juin - 12:09

Laura enfila ses chaussures avec deux paires de chaussettes en prévision de l’après-midi qu’elle allait passer avec Océane, en ville. Ils n’étaient pas ici depuis longtemps mais tous avaient récupéré du trajet, voulant tout visiter ou profiter des pentes enneigées qui s’offraient à eux. Elle-même avait donné, aujourd’hui, et voulait surtout partir à la découverte de la ville plutôt que de rester le nez protégé derrière une grosse écharpe pendant des heures sans même prendre le temps de se poser un peu et d’observer le paysage. Dès qu’Océane avait proposé une sortie pour voir tout ce qu’il y avait à faire dans la ville plus bas, Laura n’avait pas hésité une seule seconde ! Ces derniers temps, elle avait plus besoin de bouger qu’autre chose, ne supportant plus cette oppression et ce contrôle constant au Pensionnat. Au moins, ici, ils avaient de l’air, de l’espace, ils pouvaient se déplacer sans professeur et sans entendre les habituelles paroles de mise en garde.

La collégienne attrapa son petit sac à dos noir qu’elle utilisait lorsqu’elle allait en ville pour avoir papiers, argent et autres objets à toujours garder sur soi – dont l’adresse et le numéro de la station, ici – et le hissa sur ses épaules avant de sortir de la chambre. Nul besoin de prévenir ses amies, elles étaient en train de skier et n’étaient revenues à la station que le temps de manger et se réchauffer un peu. Recharger les batteries, en somme. Traversant le couloir, elle entendit les lattes du plancher craquer légèrement sous ses pieds tandis qu’elle prenait la direction du hall. Elle avait rendez-vous à quatorze heures devant la station avec Océane, toutes les deux s’étant donné le temps de souffler un peu avant de repartir. Et dès que les professeurs avaient annoncé le temps libre, tout le monde avait sauté sur les projets ! Certains préféraient rester au chaud pour participer aux ateliers organisés par leurs professeurs, d’autres skiaient et d’autres visitaient le coin. Certes, les ateliers étaient attirants, Antoine y participait d’ailleurs, mais Laura n’avait pas envie de rester enfermée.

Descendant les escaliers, l’adolescente parcourut rapidement les couloirs, sac sur le dos, saluant les amis qu’elle croisait et qui se préparaient à partir aussi. Des clients installés dans les fauteuils près de l’accueil discutaient des meilleurs endroits de la ville, des pistes qu’ils venaient de faire et de leurs performances tandis qu’elle passait à côté d’eux pour sortir. Un vent incroyablement froid la fit frissonner, mordant son visage et l’obligeant à resserrer son écharpe autour de son cou. Fort heureusement, Océane arriva en même temps qu’elle, très ponctuelle comme toujours, et elles se mirent en route en même temps que d’autres élèves du Pensionnat. A bien observer, elle connaissait beaucoup des têtes qui les accompagnaient, tous possédant le même élément qu’elle en dehors de certains qui maniaient la glace ou le vent. En revanche, Océane était la seule représentante de son élément… Trouant la tête vers elle, Laura constata qu’elle n’était pas très à l’aise, ce qui ne l’étonnait pas beaucoup. Jasper non plus n’aimait pas ça, il y avait trop d’eau, faisait trop froid. Les pauvres…

Océane – Je déteste le froid, avoua-t-elle avec un frisson.

La collégienne lança un regard compatissant à son amie, lui souriant faiblement pour lui montrer qu’elle comprenait. Enfin… Non, elle ne pouvait pas comprendre ce qu’ils ressentaient, mais Jasper était son frère et elle connaissait donc très bien les points sensibles et les circonstances qui mettaient à mal les personnes maniant le feu. Ne répondant pas tout de suite, Laura se protégea du froid en avançant doucement sur la pente verglacée. Le chemin était relativement dégagé, la route menant à la ville étant souvent empruntée par les cars scolaires, les skieurs ou toute autre personne venant jusqu’à la station. Le paysage était tellement différent de Paris et de Gray… De la neige à perte de vue, du blanc, beaucoup de vent. C’était bizarre, mais Laura n’était pas si dérangée que cela par les bourrasques de vent, frissonnant mais subissant moins que ses amis grâce à l’impression de liberté qu’elle ressentait ici, qui surplombait tout le reste.

Océane – Ils ont sorti un nouveau film d’action, tu as envie de le voir ? demanda-t-elle en tournant la tête vers Laura. Il doit durer à peu près une heure. J’ai aussi envie d’aller dans une librairie ou boire un chocolat chaud avec une part de brioche. Qu’avais-tu envie de faire, toi ?

Laura – A vrai dire, j’aurais voulu faire un petit tour pour voir ce qu’il y avait dans la ville…, dit-elle avec un petit sourire d’excuse. Mais je sais que c’est dur pour vous, donc pourquoi ne pas faire un peu de tout ? On repère l’endroit où se trouve le cinéma en profitant de la ville, on va voir les séances pour le nouveau film dont tu parles parce que je ne le connais pas et on termine par une brioche et un chocolat chaud pour se réchauffer au maximum avant de revenir comme il faudra affronter le froid ! En plus, s’il faut attendre pour voir le film, on trouvera sûrement une librairie. Comme ça on visite un peu et on évite de te faire tomber malade à cause de l’environnement.

En toute honnêteté, elle n’avait pas envie de rester enfermée dans une pièce, les mois passés au Pensionnat lui donnant l’impression d’étouffer. Ici, tout était si grand, si immense ! Elle avait envie de bouger, de se dégourdir les jambes comme après un long trajet, de profiter de la liberté qui leur était donnée. Les adultes les couvaient tellement, les empêchant d’agir malgré leurs supplications, que Laura en devenait presque folle. Pourtant, son élément était l’eau, elle donc était très calme ! Cela signifiait qu’il lui en fallait beaucoup pour s’énerver ou en avoir marre à ce point. Antoine lui répétait souvent qu’elle était comme son frère, que même si leurs éléments étaient opposés, personne ne pouvait nier leur lien en les observant agir. Il avait sûrement déteint sur elle, toutes leurs soirées passées ensemble la faisant rêver d’un Ailleurs qui se concrétisait maintenant qu’ils n’étaient plus chez leurs parents.

Laura – On n’est pas obligées de tout faire, on peut aussi improviser et se donner un premier élément puis voir ce qui viendra après, on ne connaît pas la ville… J’ai seulement envie de bouger, rester enfermée au Pensionnat me rend malade, on ne fait que les trajets Gray-école tous les jours et les profs passent leur temps à nous couver. Je le comprends, un peu, mais regarde tout ça ! C’est magnifique… Attends, j’ai une idée !

Laura ralentit un peu pour observer les arbres et les alentours et repéra un rocher assez imposant à un mètre d’elles, bordant le chemin. Elle y grimpa pour prendre de la hauteur et inspira profondément. Des élèves les dépassèrent, la regardant avec un petit rire mais cela lui était bien égal. Océane aussi devait la prendre pour une folle, seulement tout était incroyablement calme, ici, et ils ne devaient pas se cacher, étant loin du Pensionnat et des a priori sur les élémentaires. Après tout, cela n’était pas marqué sur leur front. Même s’ils étaient toujours en France, Laura y voyait un vrai dépaysement grâce à la distance mise entre Gray et eux. Des montagnes, de la neige, des arbres, des collines, des pentes… C’était génial ! Elle décrivit ce qu’elle voyait à Océane, depuis son rocher, avant de redescendre en ajoutant que c’était immense. Laura eut un petit rire en rejoignant Océane et reprit le chemin vers la ville dont elles apercevaient les premiers bâtiments.

Laura – Tu décides ! Moi, du moment que l’on sorte de la station, tout me va. D’ailleurs, tu sais de quoi parle le film ou tu en as juste entendu parler ? Je n’aurais jamais cru que tu aimais les films d’action…

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Océane Kara
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: Après-midi détente dans les montagnes   Mer 7 Juin - 19:13

Laura – A vrai dire, j’aurais voulu faire un petit tour pour voir ce qu’il y avait dans la ville…, dit-elle avec un petit sourire d’excuse. Mais je sais que c’est dur pour vous, donc pourquoi ne pas faire un peu de tout ? On repère l’endroit où se trouve le cinéma en profitant de la ville, on va voir les séances pour le nouveau film dont tu parles parce que je ne le connais pas et on termine par une brioche et un chocolat chaud pour se réchauffer au maximum avant de revenir comme il faudra affronter le froid ! En plus, s’il faut attendre pour voir le film, on trouvera sûrement une librairie. Comme ça on visite un peu et on évite de te faire tomber malade à cause de l’environnement.

Oh, allons, Océane n’allait pas tomber malade aussi facilement que ça, elle était solide ! Même si elle détestait le froid, elle le supportait, comme tout le monde, la seule situation vraiment gênante pour les élémentaires feux était lorsqu’il pleuvait à torrent, ce qui les fatiguait, ou lorsqu’on les jetait carrément dans un lac ou l’océan. Océane aimait bien jouer avec d’autres dans une piscine en été pour s’amuser, cependant, ça s’arrêtait là. C’était l’eau vive, finalement, qui arrivait à l’angoisser. Les torrents en furie, les océans, les lacs aussi, selon leur taille. Laura ne pouvait pas comprendre ça, étant donné qu’elle possédait l’eau, elle vivra sûrement près de l’océan ou dans les montagnes une fois adulte. La jeune lycéenne sourit un peu la regardant, se demandant aussi si elle allait rester si minuscule ou si elle aura une poussée de croissance à quinze ou seize ans. Elle-même n’était pas bien grande, le seul détail prouvant qu’elle prenait de l’âge était son tour de poitrine. Sa mère lui en avait la remarque en rigolant, ce qui l’avait fait rougir à un point incroyable. Depuis, elle évitait de porter des décolletés, le weekend, car elle détestait être reluquée par les hommes. Même si on la jugeait « mignonne » ou « belle », ce n’est pas le genre de remarques qu’on a envie de s’entendre lancer au milieu de la rue. Personne, cependant, ne l’avait approchée plus que cela. Le premier qui tentera aura droit à une mauvaise surprise, Océane savait bien se défendre.

Laura – On n’est pas obligées de tout faire, on peut aussi improviser et se donner un premier élément puis voir ce qui viendra après, on ne connaît pas la ville… J’ai seulement envie de bouger, rester enfermée au Pensionnat me rend malade, on ne fait que les trajets Gray-école tous les jours et les profs passent leur temps à nous couver. Je le comprends, un peu, mais regarde tout ça ! C’est magnifique… Attends, j’ai une idée !

Qu’est-ce qu’elle voulait faire ? Océane croisa les bras contre elle avec un petit frisson dû au froid puis tourna la tête pour la regarder, s’arrêtant finalement à son tour en la voyant grimper tout à coup sur un rocher en bordure du chemin puis ouvrir les bras en inspirant à fond. Heu, oui ? Mais encore ? La lycéenne sourcilla un peu, hésitant entre rire ou lui demander ce qu’elle espérait faire, au juste. La sœur de Jasper se mit à décrire tout ce qu’elle voyait depuis le haut de son rocher, pendant qu’Océane souriait doucement, songeant qu’elle avait des yeux pour voir, elle aussi. Enfin, ne pas lui casser son délire, si ça l’amusait de faire ça. Une fois Laura revenue à terre, elles purent reprendre leur route vers la ville. C’était comme un décor de carte postale, comme on en voyait à la station, à la petite boutique. Des maisons en bois et en pierre, les toits croulant de neige, peu de voiture, pas mal de touriste, et déjà, au plus grand plaisir d’Océane, des décors de Noël que le service technique de la ville installait peu à peu. Tout cela sentait les vacances, une toute nouvelle année, peut-être meilleure que la précédente.

Laura – Tu décides ! Moi, du moment que l’on sorte de la station, tout me va. D’ailleurs, tu sais de quoi parle le film ou tu en as juste entendu parler ? Je n’aurais jamais cru que tu aimais les films d’action…

Océane – Oh, rit-elle, tu me connais très mal si tu crois ça.

Il y avait même certaines cascades des films d’action qu’elle avait déjà reproduit avec des amis au pensionnat, simplement pour s’amuser, et aussi quelques unes au gymnase de la caserne avec les autres Guetteurs, avant que le groupe ne soit dissous pour la nouveau Gouvernement. Océane raconta une de ces anecdotes à Laura, le temps restant du trajet vers la ville. Avec d’autres Guetteurs, ils étaient à la salle de gym principale de la caserne. Avec les soldats, ils avaient constitué deux groupes et créé un gigantesque parcours d’obstacle dans toute la salle, avec des murs, des cordes, des trous, des poutres, des matelas et tout ce qu’elle pouvait imaginer. Ils avaient lancé une sorte de balle au prisonnier géant, où le but était de capturer les personnes de l’équipe adverse pour les emmener dans son propre camp et à la fin de l’heure, ceux qui avaient perdu le plus de membre de leur équipe avaient perdu. Ils s’étaient beaucoup amusés, ce jour-là, le parcours créé était très sportif et difficile, sans oublier qu’il fallait en plus éviter l’autre équipe. C’était un samedi, à la caserne, au mois de février, tous les participants avaient retrouvé une âme d’enfant dans un jeu où la difficulté exigeait des compétences d’adultes.

Océane – J’adore le sport, en règle général, sourit-elle. Courir, sauter, même nager, tout ce qui permet de se dépenser et croquer la vie à pleines dents. Ma mère a commencé à m’entraîner quand j’ai eu trois ans et je n’ai jamais arrêté depuis. Je veux continuer les compétitions et passer en professionnelle, dès que j’aurai l’âge requis. Quitte à devoir retourner dans mon pays pour ça, le temps de me faire un nom. Je veux y arriver.

Ce sera des années très difficiles, gagner son pain en tant que débutante était très délicat. En tout cas, ça ne sera pas seule, elle devra faire parti d’un club et avoir une autre activité à côté, comme entraîneuse dans un gymnase, par exemple. Ses parents l’encourageaient sans cesse et la poussait à s‘inscrire à des tournois dès qu’elle le pouvait, comme son maître. Une fois arrivée en ville, Océane s’arrêta près d’un marchand de marrons chauds et acheta deux cornets, en offrant un à Laura en lui disant de faire attention à ne pas se brûler la langue. Le vendeur leur offrit même deux sachets de cookies maisons pour aller avec, en lançant avec un large sourire que la jeunesse devait être bien soignée. Merci ! Il y avait déjà pas mal de monde à marcher dans les rues, on sentait déjà un air de fête.

Océane – Tu as déjà pensé au mariage, toi ? demanda-t-elle ensuite. Ma grand-mère m’en parlait l’autre jour, par lettre. Si j’étais en Chine, pour mes seize ans, il y aurait eu une fête traditionnelle, c’est l’âge officiel où une jeune fille peut se fiancer et commencer à fréquenter les garçons sans avoir ses parents auprès d’elle. Mamie est très à cheval sur les traditions, je n’ai pas osé lui parler de Genji. Ma mère avait quatorze ans quand elle s’est mariée et je suis née deux ans plus tard, je trouve bizarre de me dire que j’aurai déjà un bébé si j’avais fait comme elle. J’aimerai t’inviter en Chine, un jour.

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Re: Après-midi détente dans les montagnes   Mer 5 Juil - 12:35

Océane – Oh, rit-elle, tu me connais très mal si tu crois ça.

Oh ? Laura tourna la tête vers Océane, reprenant le chemin qui menait à la ville un peu plus bas. La station, située en hauteur pour l’accès aux pistes de ski, surplombait la ville et impliquait un certain temps de marche pour y arriver. Mais son amie, grâce à son anecdote lorsqu’elle faisait partie des Guetteurs, raccourcit considérablement le temps du trajet en parlant. La collégienne l’écoutait avec attention, captivée en imaginant ce qu’avait été le parcours qu’elle décrivait. Elle-même adorait ce genre de parcours, lorsqu’ils en faisaient en cours de sports, mais cela n’avait rien à voir avec le niveau exigé par les Guetteurs. Seulement, ça avait l’air génial ! Des cordes à saisir, des trous à passer, des poutres, des murs, des matelas… Une balle au prisonnier classique, comme elle en utilisa l’image, mais sur un parcours d’obstacles. Les yeux de Laura brillaient en imaginant tout cela. Monsieur Morin était un très bon prof, très motivant, mais elle avait besoin de se dépenser beaucoup plus depuis un certain temps. Elle avait envie de bouger, raison pour laquelle ses temps de lecture étaient considérablement réduits dans l’espace d’une journée.

Océane – J’adore le sport, en règle général, sourit-elle. Courir, sauter, même nager, tout ce qui permet de se dépenser et croquer la vie à pleines dents. Ma mère a commencé à m’entraîner quand j’ai eu trois ans et je n’ai jamais arrêté depuis. Je veux continuer les compétitions et passer en professionnelle, dès que j’aurai l’âge requis. Quitte à devoir retourner dans mon pays pour ça, le temps de me faire un nom. Je veux y arriver.

Et elle y arriverait sans aucun doute ! Laura en était convaincue, ce qu’elle lui affirma aussitôt avec son enthousiasme habituel. Evidemment, elle y arriverait, elle s’entraînait depuis des années et était une des meilleures au sport. Elle avait même participé au tournoi, à Rennes, ce qui prouvait qu’Océane possédait toutes les capacités pour atteindre son but. En tout cas, l’adolescente la découvrait vraiment cet après-midi et ce moment partagé à deux lui faisait très plaisir. Elles se côtoyaient, oui, tous les jours, mais elles n’avaient plus pris le temps de discuter vraiment ensemble depuis des mois. Laura avait été trop prise par tous les changements et, pour éviter d’énerver davantage monsieur Nakajima, elle essayait de composer avec la situation et de retrouver des repères. Ce qui était très difficile. Mais, depuis que Solène lui avait dit, de but en blanc, que leur professeur avait demandé une adoption…

Toujours choquée par cette révélation, Laura mit les mains dans les poches de son manteau pour se protéger du froid, un vent se levant comme elles n’étaient plus protégées par un quelconque mur. Seuls les arbres entourant le chemin leur fournissaient un léger rempart mais ce n’était pas grand-chose. Elle inspira une petite bouffée d’air frais tandis qu’elles arrivaient en ville où régnait déjà une certaine agitation. D’autres personnes étaient descendues pour profiter des commerces, personnes qu’elle reconnaissait pour les avoir déjà vues à la station. Une vraie chaleur se dégageait de la ville avec tous les commerces, les vendeurs d’aliments et boissons chaudes, des petits poêles parfois pour réchauffer les clients… Certains commerces étaient ouverts, les vendeurs ayant transformé un simple camion en boutique ambulante. Laura n’en avait pas beaucoup vu dans sa vie, étant une « fille de la ville », mais elle adorait toujours ce principe qu’elle jugeait comme étant très récent mais pratique.

Marchant encore un peu, elles s’arrêtèrent devant un marchand de marrons chauds et Océane commanda deux cornets pour en offrir un à la collégienne, lui recommandant de faire attention. Touchée, elle la remercia tandis que le vendeur leur donna, en plus, deux sachets de cookies maison en disant, avec un large sourire, que la jeunesse devait être bien soignée. Elle prit le cornet dans une main et le sachet de cookies dans l’autre, soufflant sur les marrons qui étaient, effectivement, très chauds. Le remerciant avec un grand sourire à son tour, Laura s’éloigna avec son amie pour laisser passer les clients suivants, toujours un peu déstabilisée par cette mentalité. Ils voyageaient beaucoup avec ses parents, oui, mais jamais dans des endroits fréquentés par toutes les classes sociales. La gentillesse attendait toujours un retour et, même s’ils faisaient attention aux enfants, cela ne se traduisait pas par des cadeaux tels que ceux-ci.

Océane – Tu as déjà pensé au mariage, toi ? demanda-t-elle ensuite. Ma grand-mère m’en parlait l’autre jour, par lettre. Si j’étais en Chine, pour mes seize ans, il y aurait eu une fête traditionnelle, c’est l’âge officiel où une jeune fille peut se fiancer et commencer à fréquenter les garçons sans avoir ses parents auprès d’elle. Mamie est très à cheval sur les traditions, je n’ai pas osé lui parler de Genji. Ma mère avait quatorze ans quand elle s’est mariée et je suis née deux ans plus tard, je trouve bizarre de me dire que j’aurai déjà un bébé si j’avais fait comme elle. J’aimerai t’inviter en Chine, un jour.

Laura – Oh, tu ferais ça ? Je viendrais avec plaisir ! En plus, comme on ira beaucoup plus souvent au Japon, je suppose, ce sera assez simple et la famille de monsieur Nakajima n’est pas stricte comme l’était la nôtre. C’est différent, en tout cas.

A vrai dire, ce n’était pas une question de rigidité ou de tempérament strict, pas du tout. Leur professeur l’était plus que leurs parents parce qu’ils s’occupaient d’eux, avec Solène, là où leurs parents se servaient tout simplement d’eux. Il avait fallu beaucoup de temps à Laura pour mettre des mots sur la différence de relation, plusieurs longues discussions avec Jasper aussi, et elle était arrivée à cette conclusion. Ils avaient des enfants, oui, mais peu leur importaient ce qu’eux-mêmes voulaient. Laura devait être mariée à un bon parti pour nouer des relations qui les propulseraient toujours plus haut et Jasper devait suivre les traces de leur père pour lui succéder dignement. En soi, il s’agissait du schéma classique dans leur classe sociale… pour des enfants non-élémentaires. Grâce à leurs éléments, ils n’avaient pas accepté cette ligne de conduite, avaient été obligés de côtoyer d’autres adolescents et avaient pu vivre plus librement.

Laura laissa passer une petite fille qui pressait ses parents vers une boutique qui vendait des souvenirs et à la vitrine de laquelle étaient entreposés d’énormes peluches de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Elle aussi adorait ce genre de peluche, aussi jeune, même si elle n’avait pas eu le droit à en avoir plus de deux ou trois parce que « ce n’était pas comme cela qu’elle devait se comporter ». Un petit sourire aux lèvres, elle resta un moment à regarder la petite, attirant l’attention d’Océane dessus, tandis que ses parents venaient de la rejoindre. La mère s’était abaissée pour être à sa hauteur avec un petit sourire, ses cheveux blonds dissimulés sous un chapeau en tissu noir, et, sitôt qu’elle fut rejointe par un homme habillé dans un gros manteau noir qui devait être son père, ils entrèrent dans la boutique. La scène ne dura que très peu de temps mais elle trouvait cela adorable.

Laura – Je n’ai jamais pensé au mariage, mais c’est pour de petits moments comme celui-là que j’aimerais avoir des enfants, plus tard. Tu as vu ses yeux, comme ils se sont illuminés quand sa mère s’est relevée ? C’est peut-être un peu cliché, désolée. Mais je n’ai pas pu penser… librement tant qu’on était chez nos parents. En fait, je n’aurais pas dû être au Pensionnat, cette année. Ma mère voulait que je suive des cours comme j’avais quatorze ans pour que je puisse me marier très vite avec quelqu’un qu’elle aurait choisi.

Cette idée lui donnait encore la nausée, mais un long frisson lui parcourant le corps lui fit passer cette envie de vomir. En y repensant, elle n’avait même pas osé parler d’Antoine à ses parents, n’en ayant d’ailleurs jamais ressenti le besoin. Laura se disait, intérieurement, que cela les énerverait s’ils le découvraient et c’était tout ce qu’elle recherchait l’année passée. Seulement, elle n’en avait jamais parlé par peur des représailles et de ce que ferait son père à Jasper qui était censé veiller sur elle. En plus de cela, Antoine était son meilleur ami… A partir de là, il n’était pas difficile de voir les liens que leur père aurait pu faire et quelles conséquences son frère aurait subies.

Laura – Je ne leur ai même jamais parlé d’Antoine, je n’osais même pas imaginer les réprimandes si je l’avais fait. Et, maintenant… Je suis trop jeune pour penser au mariage sans avoir peur des conséquences. J’imagine toujours, après une bêtise, que nos parents vont revenir d’une manière ou d’une autre pour sévir. On était chez Antoine lorsque nous avons lancé les procédures, dans leur dos, en fin de compte. On a recroisé notre père de temps en temps, forcément, et je suis sûre qu’il en a après Jasper mais il ne peut rien faire. Mais je suppose que c’est plus dur pour toi, avec tes parents et les problèmes… Tu veux bien me raconter à quoi ressemblait votre vie de famille, en Chine, quand tu y retournais ?

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Océane Kara
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MessageSujet: Re: Après-midi détente dans les montagnes   Dim 23 Juil - 12:56

Laura – Oh, tu ferais ça ? Je viendrais avec plaisir ! En plus, comme on ira beaucoup plus souvent au Japon, je suppose, ce sera assez simple et la famille de monsieur Nakajima n’est pas stricte comme l’était la nôtre. C’est différent, en tout cas.

Au moins, le trajet sera plus court, il y avait le bateau à prendre puis un trajet en train, c’était le moyen le plus rapide pour aller dans sa famille, car les routes n’étaient pas assez bonne pour voyager rapidement en voiture. Océane répondit que c’était aussi normal, en Asie, que les familles soient plus strictes car c’était la culture qui exigeait ça, tout simplement. Plus de discipline exigée de tout un chacun, c’était comme ça, et grâce à ça, il y avait une meilleure gestion de vie au quotidien. Question d’adaptabilité. Océane enleva la petite ficelle autour du sachet de cookies pour en prendre un puis glissa ensuite le sachet dans la poche de son manteau, pour plus tard, avant de grignoter celui qu’elle avait prit. Grignoter de temps en temps ne faisait aucun mal, n’est-ce pas ? Mieux, ça réchauffait le cœur et elle en avait bien besoin, détestant vraiment le froid, la neige, la glace et tout ce qui s’ensuit. Oui, c’était beau et tout ce qu’on voulait, enfin bon, le froid… Laura lui fit tout à coup signe vers une fillette haute comme trois pommes, avec ses parents, sûrement des touristes comme eux car ils entrèrent dans la boutique de souvenirs.

Laura – Je n’ai jamais pensé au mariage, mais c’est pour de petits moments comme celui-là que j’aimerais avoir des enfants, plus tard. Tu as vu ses yeux, comme ils se sont illuminés quand sa mère s’est relevée ? C’est peut-être un peu cliché, désolée. Mais je n’ai pas pu penser… librement tant qu’on était chez nos parents. En fait, je n’aurais pas dû être au Pensionnat, cette année. Ma mère voulait que je suive des cours comme j’avais quatorze ans pour que je puisse me marier très vite avec quelqu’un qu’elle aurait choisi.

Océane – C’est le cas pour beaucoup de filles, ça, peu importe la classe sociale.

En France comme ailleurs, il n’y avait que l’âge légal du mariage qui évoluait selon les lois, dans les différents pays. Océane souffla un peu sur la marron chaud qu’elle venait de prendre dans le cornet puis le glissa dans sa bouche, tout en continuant à marcher avec Laura sur les trottoirs enneigés. Beaucoup, d’ailleurs, marchaient aussi sur la route, il y avait si peu de voiture qu’on pouvait se le permettre. Les rares à vélo marchaient à côté en le poussant, il y avait de trop de glace et de verglas pour rouler sans se casser une jambe au passage. Ceci dit, même si le froid la gênait définitivement, Océane pouvait apprécier la beauté des paysages et des montagnes, c’était à vous couper le souffle. On se sentait si loin des grandes villes et de tous leurs problèmes, pas une trace d’air vicié ou de pollution, comme si une grande bulle entourait toute la ville d’un écran protecteur. C’est vrai qu’ils étaient déjà au moins de novembre, la neige tombait toujours très tôt à ces hauteurs, dans les montagnes. A Gray, la neige venait en janvier ou février, parfois même en décembre, ça dépendait des années. Sur les côtes, la neige était très rare et tombait parfois un petit peu en mars, pour deux ou trois jours avant de s’en aller.

Laura – Je ne leur ai même jamais parlé d’Antoine, je n’osais même pas imaginer les réprimandes si je l’avais fait. Et, maintenant… Je suis trop jeune pour penser au mariage sans avoir peur des conséquences. J’imagine toujours, après une bêtise, que nos parents vont revenir d’une manière ou d’une autre pour sévir. On était chez Antoine lorsque nous avons lancé les procédures, dans leur dos, en fin de compte. On a recroisé notre père de temps en temps, forcément, et je suis sûre qu’il en a après Jasper mais il ne peut rien faire. Mais je suppose que c’est plus dur pour toi, avec tes parents et les problèmes… Tu veux bien me raconter à quoi ressemblait votre vie de famille, en Chine, quand tu y retournais ?

Océane – Je n’y ai pas souvent été, tu sais. Cinq fois, peut-être, au maximum. C’était surtout pour voir mes grands-parents, des deux côtés de ma famille.

S’interrompant, elle vérifia que personne n’arrivait en voiture puis traversa la route avec Laura, pour se rendre de l’autre côté de la rue, là où il y avait pas mal de boutiques aux vitrines colorées et attractives, tout en laissant passer trois employés municipaux commençant à installer les décorations de Noël dans la ville. Toute ns ‘approchant de la vitrine d’un marchand de jouets en bois, Océane parla un peu à son amie de la vie que menaient ses grands-parents. Les parents de son père vivaient dans les montagnes, eux aussi, et s’occupaient de rizières. Une vie très simple, avec les frères et sœurs de son père, ainsi que leurs petits-enfants, dans une ferme plutôt grande où tout le monde travaillait en famille. Tout en lui parlant de ça, elle se pencha un peu pour examiner un très gros automate, tout en bois peint de couleurs vives, avec des mécanismes de fer, qui représentait un sabotier en plein travail. La lycéenne avait toujours été fascinée par ce travail, voir comme on pouvait ainsi donner « vie » à un personnage en bois, elle aimait beaucoup voir travailler ceux qui s’en occupaient.

Océane – La famille de ma mère n’est pas du tout de la même classe sociale, ajouta-t-elle en prenant un autre marron pour le glisser dans sa bouche. L’exact opposé, on pourrait dire, elle vient d’un clan ancien. On entre ? Je vais voir si je peux trouver un souvenir.

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Après-midi détente dans les montagnes
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