1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Réunion de parents et "retrouvailles"

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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Réunion de parents et "retrouvailles"   Mar 14 Mar - 21:47

Réunion de parents… Jamais Céleste ne s’était sentie aussi mal à l’aise alors qu’elle en avait déjà vécu des centaines et des centaines. Ils étaient rentrés du voyage la semaine passée, il restait seulement deux semaines de cours avant les vacances et elle était détendue jusqu’ici. Plus ou moins. Elle ne savait pas ce qu’elle devrait dire, ignorait ce qu’elle pouvait dire étant donné leur passé. Elle n’était pas la mère de Lucas, seulement sa sœur et ne le connaissait qu’à peine. Les efforts, oui, elle en faisait maintenant qu’elle avait parlé avec Cyprien… Mais cela ne changeait pas l’âge de son petit frère et le fait qu’ils se connaissent si peu. Grimaçant, elle jeta un œil dans le miroir pour voir si sa tenue allait, s’il n’y avait pas un quelconque pli qui ferait mauvaise impression. Pas plus de quelques secondes, se regarder restait difficile pour elle même si Céleste n’avait plus banni les miroirs de son appartement à cause de Cyprien et Lucas.

Se redressant, la jeune professeure inspira profondément en lançant un regard à son compagnon, crispée au possible. C’était stupide, pourtant. Pourquoi être nerveuse à cause d’une simple rencontre professeurs-parents ? Elle en avait déjà rencontré, elle aussi ! Et de l’autre côté de la barrière, en plus de cela… Mais il fallait y aller. Elle se blottit un moment dans les bras de Cyprien, cherchant à se rassurer, silencieuse. Elle préférait ne pas s’expliquer, sachant qu’il ne la rejetterait pas pour un câlin rapide histoire de se donner du courage. Allez, hop ! Céleste le remercia puis ajouta qu’elle devait y aller, sinon elle arriverait en retard. Lui disant à plus tard, elle sortit de l’appartement pour rejoindre l’école primaire de Lucas sans même savoir à quoi ressemblait son institutrice. Le bâtiment n’était qu’à quelques minutes de marche, Gray étant un petit village, mais la professeure préférait être en avance.

Marchant d’un pas rapide à travers les petites rues de Gray, Céleste salua les quelques personnes qui la connaissaient et lui disaient encore bonjour sur le chemin menant à l’école. Ce n’est qu’à l’approche des grilles qu’elle ralentit sensiblement jusqu’à s’arrêter, de plus en plus nerveuse. Ses professeurs savaient qu’il y avait eu un problème, que le petit Lucas avait perdu ses parents et que c’était pour cette raison qu’il changeait d’école et de ville maintenant. Elle avait prévenu le directeur de l’école pour qu’il soit au courant de l’état moral de son frère. Mais… Son institutrice était-elle vraiment au courant ? Allait-elle lui parler de cette histoire ? Avait-elle remarqué ce que les autres enfants faisaient, si Lucas était seul à la récréation ? Bon, stop, on avance. Se reprenant, Céleste entra dans l’école pour aller vers le hall où se trouvaient déjà plusieurs adultes. Elle comprit assez vite qu’il s’agissait de surveillants et professeurs car ils indiquaient aux parents où se trouvait telle ou telle classe.

Céleste – Excusez-moi, dit-elle dès qu’un surveillant fut libre. Je cherche la classe de CE2 de Lucas Dumoulin.

Surveillant – La classe de CE2… Elle est au premier étage, vous grimpez les escaliers et c’est la première porte à votre gauche.

Céleste le remercia et prit les escaliers qu’il lui avait indiqué, laissant passer d’autres parents avant elle. Pas de problème, elle n’était vraiment pas pressée. Lorsqu’elle arriva à l’étage, devant la porte de la classe de CE2, des parents étaient déjà assis en train de parler avec l’institutrice, son propre rendez-vous n’étant que dans dix minutes. La porte était contre et des chaises avaient été posées à côté contre le mur pour leur permettre d’attendre assis. La jeune professeure resta debout malgré tout, trop nerveuse et habituée à être debout durant de longues heures. Elle patienta un moment en écoutant les autres parents parler de leur enfant, de leurs inquiétudes et de ce qui allait bien selon eux, des questions qu’ils voulaient poser, de… tout, en fait. Dans le tas, elle entendit même certains évoquer la crainte par rapport au développement d’un don, ils comptaient demander ce qu’ils devaient faire à l’institutrice. Non, mais… Ce n’était pas une tare ! Se retenant de hurler et de faire le moindre commentaire à ce sujet, Céleste garda le silence jusqu’à ce que la porte s’ouvre à nouveau, laissant passer les parents. Bon… Elle entra à son tour, refermant la porte derrière elle avant de se tourner vers l’institutrice de Lucas.

Céleste – Toi ?! Ce doit être une mauvaise blague… C’est toi l’institutrice de mon frère ?! Et puis, comment peux-tu être institutrice après tout ce que tu as fait ?!

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MessageSujet: Re: Réunion de parents et "retrouvailles"   Sam 18 Mar - 12:36

Rassurer certains parents qui pensaient plus à la réussite au certificat d’études qu’à la réussite globale de leur enfant dans la vie n’était pas une mince affaire. Tout comme faire comprendre à certains parents qu’il était très bien d’avoir une fille s’intéressant à la lecture ou aux mathématiques, car elle pouvait devenir bibliothécaire, infirmière, institutrice ou que sait-on encore. Pour commencer, très peu de pères s’étaient déplacés et ceux qui le faisaient ne s’interrogeaient que sur l’avenir scolaire et professionnel de leurs fils et non pas celui de leurs filles. Après tout, une fille ne peut avoir que deux choix, n’est-ce pas ? Ou se marier aussitôt la fin de l’école, ou continuer un peu, être couturière ou nourrice, puis se marier. Heureusement que Sarah portait son alliance de mariage, cela ne rassurait beaucoup. « C’est une femme qui enseigne à nos enfants mais elle est mariée, ce n’est donc pas une dépravée ». L’Anglaise trouvait toujours aussi incroyable que le mariage soit considéré comme un tel gage de sécurité, vis-à-vis des parents, à l’école, même si elle comprenait très bien pourquoi. Souriant à la mère assise face à elle, à son bureau, elle lui assura d’un ton tranquille qu’étant donné les efforts récents fournis par la petite Brigitte, son passage en CM1 était tout à fait assuré.

Sarah n’avait que très peu d’élèves en réelles difficultés, pour la plupart d’entre eux, c’était dû soit à un manque d’attention en classe, soit à des problèmes de compréhensions. Un seul ne faisait jamais l’effort d’étudier ses leçons ou de réaliser convenablement les exercices en classe, ni même de relire ses travaux de rédaction avant de les rendre. Les efforts devaient venir des deux côtés, lorsqu’il fallait plus de soutien, l’instituteur ne pouvait rien faire si l’élève était décidé à ne fournir aucun travail. Pourtant, l’environnement n’était pas si mal. Sarah s’était inspirée du modèle anglais pour décorer sa classe, détestant celles de ses collègues trop carrés, rigides, sans la moindre décoration et strict au possible. Qui avait envie de venir dans une classe aux murs bruns et gris avec très peu de lumière ? Pas elle, en tout cas, c’est pour ça qu’elle avait couvert les murs des travaux de ses élèves réalisés en art plastique, y ajoutant des photos ramenés par certains, des endroits visités en vacances. Son interlocutrice lui tendit la main pour lui dire au revoir, l’air plus rassuré, puis se leva pour sortir. Bien. Sarah referma le carnet scolaire de la jeune Brigitte puis tira de la pile celui de l’élève suivant. Pile à ce moment, une vieille connaissance entra dans la classe, et c’est à ce moment que Sarah sut que son élève n’avait visiblement pas tout raconté de l’école à sa famille.

Céleste – Toi ?! Ce doit être une mauvaise blague… C’est toi l’institutrice de mon frère ?! Et puis, comment peux-tu être institutrice après tout ce que tu as fait ?!

Sarah – Bonsoir, pour commencer. On exige des enfants la politesse mais ils doivent l’apprendre chez eux, je pensais que c’était le cas pour eux tous. Maintenant, tu peux t’asseoir, sans hurler car cela dérange autant les parents venus aux réunions que les autres instituteurs.

Comment se retrouver à expliquer quelque chose d’aussi simple à une femme connaissant pourtant l’autre côté de la barrière ? Ridicule ! Sarah haussa un instant les sourcils d’un air dédaigneux puis ouvrit le carnet scolaire de Lucas, crayon en main, cochant sur une petite feuille une croix face au nom de son élève pour indiquer que sa famille était bien venue. Certains n’avaient pas pris la peine de faire le déplacement, soit parce qu’ils se moquaient bien de faire le point sur la scolarité de leur gamin et considéraient que c’était inutile, soit parce que l’enfant en question avait développé un pouvoir et que les parents ne voulaient pas venir par crainte qu’on ne leur en parle ou qu’on ne le leur reproche, même si eux-mêmes n’avaient rien contre les éléments. Il est vrai qu’il convenait d’en parler car ce « détail » changeait bien des domaines, à l’heure actuelle. Sarah prit le dernier bulletin du jeune garçon pour y jeter un regard, regardant aussi rapidement la liste des livres empruntés dernièrement à la bibliothèque de l’école. Voyons voir. Redressant la tête, elle renvoya un regard parfaitement neutre à son ancienne collègue, assez déçue de voir qu’elle n’avait, de son côté, pas évolué d’un pouce.

Sarah – Il y a du bon et du mauvais, reprit-elle, les résultats varient beaucoup selon les matières. C’est surtout inégal en Français, même s’il lit beaucoup et s’est amélioré en dictée. En maths et en science de la terre, ce n’est pas mal. En histoire et géographie, sa moyenne est assez basse. En Anglais, ça ne va pas du tout, il est au plus bas niveau, je n’ai pas le sentiment que sa précédente école mettait l’accent sur cette matière. Concernant les matières artistiques, la musique et les arts plastiques, c’est bien, même très bien. Pour le sport, je lui ai fait un mot pour le dispenser, comme le médecin de l’école refusait. Tu devrais d’ailleurs penser à lui faire suivre un traitement pour son asthme.

Elle lui tendit le bulletin pour qu’elle le signe, lui laissant un instant pour lire les notes et appréciations. Lucas était à neuf et demi de moyenne générale, donc pas assez pour terminer cette période scolaire. Il devra travailler plus dès la rentrée de janvier pour se remettre à niveau, sinon il ne pourra pas aborder l’année suivante sereinement, voire ne pas pouvoir accéder au CM1 tout court.

Sarah – Lucas demande souvent s’il peut rester en classe avec moi, pendant les récréations. Il lit ou dessine. Les autres enfants mettent de côtés ceux qui développent des éléments, il y a pas mal de tension dans la cour. Je suppose que tu en as déjà parlé avec lui ?
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Réunion de parents et "retrouvailles"   Dim 2 Avr - 16:38

Sarah – Bonsoir, pour commencer. On exige des enfants la politesse mais ils doivent l’apprendre chez eux, je pensais que c’était le cas pour eux tous. Maintenant, tu peux t’asseoir, sans hurler car cela dérange autant les parents venus aux réunions que les autres instituteurs.



Céleste la dévisagea, choquée, l’image que renvoyait son ancienne collègue contrastant horriblement avec celle qu’elle en avait gardée. Perdue, elle prit un temps avant de s’asseoir, ne sachant pas trop si elle le pouvait ou non ni ce qu’elle devait faire. Partir ? Rester ? Elle n’allait pas la frapper, au moins ? Elle n’en avait pas l’air, en tout cas… C’était vraiment Sarah ? La Sarah qui l’avait frappée, l’ayant envoyé valser si fort contre le mur qu’elle lui avait cassé le bras ? Celle qui hurlait tout le temps sur les élèves et qui en terrorisait plus d’un ? L’étonnement prenant le dessus, Céleste parvint néanmoins à se concentrer sur la réunion. Penser à Lucas, elle était ici pour lui, pour savoir comment il se débrouillait en dehors des problèmes avec les autres élèves. Mais Sarah… Son institutrice était Sarah, enfin ! Sarah ! Celle qui avait été renvoyée du Pensionnat, qui avait enlevé un des jumeaux de la directrice, celle qui avait même failli faire bien pire. Sarah ! Comment avait-elle pu se faire embaucher ici ? Comment l’école primaire de son frère n’avait-elle pas eu vent de tout ce qui s’était passé ? C’était impossible…

Céleste observa les gestes de son ancienne collègue qui regardait plusieurs papiers, dont un dossier qui devait être celui de Lucas. Aucune trace d’hostilité, de mauvaise humeur, de colère. Non, rien, même si elle faisait très attention aux détails. Même sa voix avait l’air plus… Mais non, elle se faisait des idées. Ce n’était pas possible que Sarah ait changé à ce point, pas après autant d’années passées à martyriser les élèves. Ils répétaient tous qu’ils en avaient peur ! Et là, elle revenait comme une fleur et s’occupait d’enfants dans une école primaire ? Comment était-ce possible ? Elle avait passé un test, avait trafiqué les résultats, quelque chose comme cela ? Son frère ne lui avait pas dit que sa maîtresse l’effrayait… Peut-être avait-il peur de l’avouer ? Ou alors, ce n’était pas le cas ? Ou peut-être Céleste n’avait-elle pas perçu de signe d’hostilité parce qu’elle était trop choquée.

Sarah – Il y a du bon et du mauvais, reprit-elle, les résultats varient beaucoup selon les matières. C’est surtout inégal en Français, même s’il lit beaucoup et s’est amélioré en dictée. En maths et en science de la terre, ce n’est pas mal. En histoire et géographie, sa moyenne est assez basse. En Anglais, ça ne va pas du tout, il est au plus bas niveau, je n’ai pas le sentiment que sa précédente école mettait l’accent sur cette matière. Concernant les matières artistiques, la musique et les arts plastiques, c’est bien, même très bien. Pour le sport, je lui ai fait un mot pour le dispenser, comme le médecin de l’école refusait. Tu devrais d’ailleurs penser à lui faire suivre un traitement pour son asthme.

Parce que c’était officiel… ? Il avait vraiment de l’asthme ? Céleste avait des doutes, l’ayant vu éprouver de sérieuses difficultés pour respirer à certains moments, mais elle ne pensait pas que c’était vraiment de l’asthme. Et Lucas ne le lui avait pas dit non plus ! Sauf s’il était devenu asthmatique depuis la mort de leurs parents, d’un coup, et qu’il allait très bien avant. La jeune professeure se contenta de hocher la tête, essayant de se concentrer sur ce que lui disait Sarah. Elle parlait avec l’institutrice, pas avec son ancienne collègue avec qui elle avait eu des différends. Différends dont cette dernière ne semblait même pas lui tenir rigueur, d’ailleurs… Sa voix, son style, son écriture, ses gestes. Tout semblait plus… moins… Moins Sarah. Elle ressemblait à une vraie institutrice, qui se préoccupait de ses élèves. Elle n’avait même pas critiqué Lucas, ne soulignant pas les problèmes uniquement mais valorisant aussi ses efforts. C’était… Bon, stop, se reprendre.

Céleste prit le bulletin que lui tendit Sarah, se concentrant sur ce qu’elle avait sous les yeux. La moyenne générale de Lucas était de neuf et demi, ce qui était trop peu mais pas irrécupérable. En revanche, comme l’avait dit son ex-collègue, il avait une vraie passion pour l’art et la musique. Ce qui ne l’étonnait pas, à vrai dire, elle avait déjà pu le voir à l’œuvre lorsqu’il jouait chez eux. Fouillant dans sa mémoire, elle essaya de se souvenir des cours dispensés dans son école primaire, à Toulouse, mais cela ne l’aidait pas. L’anglais… Quel était le niveau de l’école, déjà ? Dès demain, elle essaierait de contacter l’ancienne école de son frère pour connaître ses points en anglais et savoir s’il se débrouillait déjà mal là-bas ou non, ou si c’était lié à ce qu’il avait vécu. Lors de la perte de ses deux parents, il était tout à fait normal qu’un enfant rencontre des difficultés dans certaines matières. Et, ici, très franchement, Céleste était déjà fier de son frère même si son bulletin n’était pas très bon. Il n’avait pas relâché ses efforts malgré le changement d’école et de ville, il s’accrochait.

Sarah – Lucas demande souvent s’il peut rester en classe avec moi, pendant les récréations. Il lit ou dessine. Les autres enfants mettent de côtés ceux qui développent des éléments, il y a pas mal de tension dans la cour. Je suppose que tu en as déjà parlé avec lui ?

Il… Il demandait à rester en classe avec elle ?! Céleste ouvrit légèrement la bouche, choquée et perdue, ouvrant de plus grands yeux en découvrant cette nouvelle information. Si Lucas voulait rester avec Sarah, cela signifiait qu’il se sentait vraiment en sécurité avec elle. Même si la jeune professeure avait peur et était encore moins rassurée de savoir qu’il la côtoyait plus souvent que les autres enfants, surtout en connaissant son passé, elle essayait de se raisonner. Cherchant à gagner quelques précieuses secondes, elle signa le bulletin de son frère avant de le faire glisser sur le bureau vers Sarah pour le lui rendre, redéposant ensuite le stylo plume qu’elle avait utilisé pour signer. Bon… Donc, s’ils en avaient déjà parlé. A vrai dire, c’était elle qui en avait parlé avec lui et elle lui demandait très souvent comment il allait, ce qu’il avait fait à l’école, et tout le reste. Elle essayait de savoir, d’évaluer son état moral comme elle ne parvenait pas à trouver une autre école pour Lucas. Mais cela n’avait pas l’air de changer grand-chose…

Céleste – Je lui en ai déjà parlé, oui, mais ça ne change rien…, dit-elle avec un soupir. J’ai cherché des écoles proches d’ici mais c’est toujours la même rengaine, surtout lorsqu’ils apprennent que Lucas a développé le feu. C’est un élément qui effraie, dans le coin, à cause de l’incendie de l’année passée. Même s’il s’agit d’un don naissant.

C’était… très bizarre de parler de ce sujet avec Sarah. Elles étaient dans l’école primaire de son frère, à Gray, installées autour d’une table avec les notes de la période, parlant du comportement de Lucas, de ce qu’il devait faire pour réussir son année et ne pas redoubler… C’était un autre monde, comme une dimension parallèle. Comme si Céleste regardait un film, des photos ou… En fait, elle n’en savait trop rien. Dehors, dès qu’elle serait sortie de cette pièce, tout redeviendrait normal. Mais, pour l’instant, elle avait l’impression que le temps s’était arrêté. Comment Sarah avait-elle pu changer à ce point ? Elle n’avait plus aucune envie de… vengeance ? Rien ? Comment était-ce possible ? Non, stop, stop, stop. Se concentrer sur la réunion, le rendez-vous. Lucas. Ne pas être perturbée. Céleste se frotta un peu les bras, mal à l’aise, mais reprit malgré tout. Impossible, donc, de le changer d’école. Qui plus est, elle ne pouvait pas l’envoyer trop loin, refusant de l’épuiser avec de longs trajets ni d’en imposer beaucoup trop à Cyprien. Ils devaient trouver un compromis, des solutions, même si elle n’en voyait pas pour l’instant. Elle craignait surtout que Lucas ne se renferme sur lui-même et qu’il n’ose plus utiliser son don…

Céleste – Je ne veux pas l’envoyer à des kilomètres d’ici pour lui demander une nouvelle adaptation après ce qu’il a vécu cet été. Je ne pense pas qu’il détestait son ancienne école, je vais essayer de l’appeler pour avoir des informations sur son passé là-bas et savoir comment il se débrouillait en anglais. Je sais, la situation était différente étant donné qu’il avait toujours ses parents et ne possédait aucun don, mais si cela peut l’aider… Je te ferai savoir ce que j’ai eu comme informations. J’y suis allée aussi, mais je n’ai pas gardé de souvenirs de mes primaires.

Pour cause, elle préférait oublier tout ce qui se rapportait à Toulouse, en dehors des moments passés avec sa sœur. C’était ridicule, oui, mais elle ne pouvait pas encore tourner entièrement la page. Pas alors que ses parents ne lui avaient jamais dit qu’elle avait un frère. C’était peut-être puéril, mais son retour à Toulouse cet été avait suffi à la convaincre de tout oublier de cette ville même si elle y avait passé de très bons moments. Comme son frère, d’ailleurs. Qui allait garder d’horribles moments en tête pour Gray alors que c’était l’époque qui affectait les enfants, plus qu’autre chose… Sarah ne pouvait rien faire à ce sujet ? C’était sa classe, les enfants étaient encore très influençables. Si elle leur expliquait, ils allaient comprendre, non ? Si, vraiment, elle avait changé – ce que Céleste pouvait plus ou moins concevoir et qu’elle voulait aider les plus petits, elle ne refuserait pas de réfléchir à une solution. Peut-être en avait-elle déjà ?

Céleste – Je sais que nos relations ont été très mauvaises, mais je m’inquiète vraiment pour Lucas… Je n’ai pas envie qu’il freine son élément à cause des autres et d’une méconnaissance des élémentaires. Il n’y a vraiment aucun moyen pour apaiser les tensions au sein de la classe ? Je ne sais pas ce que tu peux faire, en tant qu’institutrice, mais tu manies un élément, toi aussi, donc tu es une des mieux placées, ici, pour leur en parler. Il n’y a aucune méthode pour rassurer les plus craintifs, s’il y a plusieurs élèves dans le même cas que Lucas ?

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MessageSujet: Re: Réunion de parents et "retrouvailles"   Dim 16 Avr - 12:58

Pas de réponse immédiate, ce qui fit légèrement hausser les sourcils à Sarah. Et bien ? Elle aurait pourtant cru que son ex-collègue répondrait aussitôt, qu'elle serait entièrement concentrée sur son jeune frère et son parcours scolaire. Non ? Sarah récupéra le bulletin signé et le glissa à nouveau dans le dossier de son élève, remettant après le crayon dans le pot avec les autres. Peut-être Lucas ne parlait-il pas des soucis de l'école à la maison, après tout, il était rare que les enfants s'expriment facilement sur ce genre de sujets...

Céleste – Je lui en ai déjà parlé, oui, mais ça ne change rien…, dit-elle avec un soupir. J’ai cherché des écoles proches d’ici mais c’est toujours la même rengaine, surtout lorsqu’ils apprennent que Lucas a développé le feu. C’est un élément qui effraie, dans le coin, à cause de l’incendie de l’année passée. Même s’il s’agit d’un don naissant.

Sarah – Ce n'est pas si surprenant que ça, comme réactions.

A vous dégoûter, ça oui, mais pas étonnant, non. Comme l'avait si bien souligné sa très chère ancienne collègue, ce village avait connu son lot de problèmes, dont l'incendie n'était qu'un exemple parmi tant d'autres. Devait-on oublier les coups de tonnerre ayant démoli tout un immeuble, l'année passée ? Ou toutes ces autres manifestations plus ou moins violentes et effrayantes ? Non... Personne ne pouvait reprocher aux habitants de Gray et de la région d'avoir peur, ce serait une incroyable mauvaise foi. Sarah tapota un peu le bout de son stylo sur le livret scolaire du petit garçon, ne voyant guère pour le moment d'autres solutions que celles déjà mises en place, pour Lucas comme pour les quelques autres enfants possédant divers pouvoirs, à travers cette école. Leur permettre de passer plus de temps près des professeurs ou surveillants, lors des récréations, sensibiliser les autres enfants et leur faire comprendre qu'il n'y avait rien à craindre, cela dit, comment leur apprendre à ne pas avoir peur après qu'ils aient entendu, jour après jour chez eux, que ces éléments étaient effrayants ? Certains l'étaient, oui. Certains, pas tous. L'eau et la terre n'avaient rien d'effrayant, bien au contraire, ces deux-là étaient des éléments de richesse et de croissance, de pureté, ils n'avaient rien de monstrueux.

Céleste – Je ne veux pas l’envoyer à des kilomètres d’ici pour lui demander une nouvelle adaptation après ce qu’il a vécu cet été. Je ne pense pas qu’il détestait son ancienne école, je vais essayer de l’appeler pour avoir des informations sur son passé là-bas et savoir comment il se débrouillait en anglais. Je sais, la situation était différente étant donné qu’il avait toujours ses parents et ne possédait aucun don, mais si cela peut l’aider… Je te ferai savoir ce que j’ai eu comme informations. J’y suis allée aussi, mais je n’ai pas gardé de souvenirs de mes primaires.

Bien, au moins commençait-elle enfin à se concentrer et se démener pour aider un peu son frère. Un appel à son ancienne école qu'elle aurait dû passer dès le début du mois de septembre, enfin soit, c'était déjà mieux que rien. Sarah se contenta d'hocher vaguement la tête en relisant les différentes petites notes écrites sur Lucas depuis le début de son année scolaire. Etant donné qu'il était nouveau, il n'y avait que très peu de choses, surtout des remarques sur son travail dans les différentes matières et son comportement en heure d'étude, le midi, après le déjeuner. En trois mois, difficile de se faire une opinion plus poussée sur un élève, dont la précédente école n'avait d'ailleurs transmis que le strict minimum, en matière de dossier scolaire. Toujours cette bonne vieille rivalité idiote entre le privé et le public ! Lucas venait d'une école Catholique et cette dernière, n'appréciant pas qu'il parte pour atterrir dans une école primaire publique, s'était "vengée" en ne transmettant presque rien. Puéril.

Céleste – Je sais que nos relations ont été très mauvaises, mais je m’inquiète vraiment pour Lucas… Je n’ai pas envie qu’il freine son élément à cause des autres et d’une méconnaissance des élémentaires. Il n’y a vraiment aucun moyen pour apaiser les tensions au sein de la classe ? Je ne sais pas ce que tu peux faire, en tant qu’institutrice, mais tu manies un élément, toi aussi, donc tu es une des mieux placées, ici, pour leur en parler. Il n’y a aucune méthode pour rassurer les plus craintifs, s’il y a plusieurs élèves dans le même cas que Lucas ?

Sarah – Parce que tu penses qu'on nous n'avons rien fait, à ce sujet-là, pour nos jeunes élémentaires ... ?

Sarah ne put cacher, cette fois-ci, à quel point elle trouvait incroyablement stupide qu'on puisse penser que les instituteurs et institutrices de cette école n'avaient rien fait, dans leurs classes, pour préserver les enfants porteurs d'un don des moqueries des autres élèves. Elle secoua un peu la tête avec un soupir, en ajoutant qu'il était pourtant évident qu'ils étaient plusieurs enseignants à vouloir apaiser les tensions entre les enfants qualifiés de "normaux" et les élémentaires, que leurs dons soient déjà bien développés ou à peine naissants.

Sarah – On réfléchit à leur faire suivre des cours en-dehors de l'école, chez nous, en petits groupes, pour éviter que les conflits ne dégénèrent. Je ne sais pas encore comment ça va s'organiser, mais c'est la seule solution que nous avons pour le moment. Le directeur de l'école ne voit pas non plus les éléments d'un bon œil, ça n'aide pas à apaiser les tensions... Il est de l'ancien temps, allons-nous dire, où les dons se devaient d'être étouffés et je ne te raconte pas la réputation du pensionnat, ici. Bref. On va tâcher de mettre tout ça en place avant la fin novembre. Tu avais des questions particulières sur Lucas, par ailleurs ?
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Céleste Dumoulin
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MessageSujet: Re: Réunion de parents et "retrouvailles"   Sam 29 Avr - 12:09

Sarah – Parce que tu penses qu'on nous n'avons rien fait, à ce sujet-là, pour nos jeunes élémentaires ... ?

Eh bien, heu… Oui ? Bon, d’accord, c’était stupide. Céleste se racla la gorge tandis que des parents d’élèves arrivaient encore dans le couloir, elle en entendait plusieurs discuter à voix haute mais essayait de ne pas y prêter attention. Elle ne pensait pas qu’ils essayaient d’améliorer les choses, vraiment pas. C’était peut-être naïf et insultant mais, désolée, lorsqu’elle voyait le comportement de son frère en rentrant de l’école et les préjugés des personnes dites normales… Certes, elles n’étaient pas toutes à mettre dans le même panier. La jeune professeure l’admettait sans problème. Seulement, la situation ne s’améliorait pas et Lucas regrettait de plus en plus son ancienne vie, école comme amis, et elle ne pouvait le lui reprocher. Il fallait qu’elle lui parle, qu’elle se confie davantage à lui comme l’avait dit Cyprien mais c’était très difficile. Céleste n’était pas du genre à parler d’elle, vraiment pas. C’était devenu une habitude, une seconde nature. Être silencieuse, distante, rester discrète… Mais elle allait changer, il lui fallait seulement un peu de temps.

Sarah avait secoué la tête et poussé un soupir, apparemment exaspérée par ce que son ancienne collègue venait de lui dire. Désolée mais c’était normal de penser comme cela ! Elle ajouta que leur réaction était évidente, pour des instituteurs et institutrices et qu’ils voulaient apaiser les tensions entre les élémentaires et les personnes « normales ». D’accord, d’accord, Céleste la croyait et était consciente de leurs efforts, que cela ne devait pas être simple dans une école et un pays comme celui-ci, qu’ils avaient sûrement déjà pensé à plein de solutions qu’ils mettaient en pratique progressivement au moins. Seulement, désolée, mais en voyant l’état de Lucas après les cours depuis qu’il avait repris… En dehors du changement de ville, de voisins, d’amis, il avait aussi perdu un ami précieux et sans doute ses meilleurs amis à Toulouse. Ajoutons à ce tableau le harcèlement scolaire… Estelle lui dirait qu’elle était négative, encore, mais ce n’était pas le cas. Céleste ne faisait qu’observer la réalité. Le monde dans lequel grandissait les enfants était troublé et sérieusement secoué par tout ce qui se passait aux quatre coins de la planète.

Sarah – On réfléchit à leur faire suivre des cours en-dehors de l'école, chez nous, en petits groupes, pour éviter que les conflits ne dégénèrent. Je ne sais pas encore comment ça va s'organiser, mais c'est la seule solution que nous avons pour le moment. Le directeur de l'école ne voit pas non plus les éléments d'un bon œil, ça n'aide pas à apaiser les tensions... Il est de l'ancien temps, allons-nous dire, où les dons se devaient d'être étouffés et je ne te raconte pas la réputation du pensionnat, ici. Bref. On va tâcher de mettre tout ça en place avant la fin novembre. Tu avais des questions particulières sur Lucas, par ailleurs ?

La jeune professeure ne répondit pas immédiatement, réfléchissant aux questions qu’elle pouvait poser à propos de Lucas. Elle posa son regard sur les dossiers des élèves encore là, ceux qui n’étaient pas passés pour l’instant sans doute, se tenant les mains sur sa robe. Elle savait que la réunion touchait à sa fin, que les parents ne restaient pas des heures non plus avec l’institutrice. Evidemment, elle avait des questions. Mais admettre que son frère parle à son ex-collègue qui lui avait cassé le bras et qui avait été odieuse avec tout le monde durant des années était plus difficile. Enfin, s’il lui faisait confiance, c’était un moyen comme un autre de voir s’il s’intégrait bien dans la région et, surtout, s’il se remettait doucement de la mort d’Alexis. Peut-être le saurait-elle ? Eux le voyaient triste, parfois, plus renfermé aussi, mais il ne leur parlait pas aussi facilement qu’à Sarah d’après ce que Céleste avait cru comprendre. Ce qui la rendrait sûrement malade sitôt sortie de l’école, d’ailleurs, mais c’était un détail. Il ne savait pas qui était son institutrice, il avait tout à fait le droit de lui parler. Cela prouvait qu’elle faisait bien son travail… Pour une fois. Ce séjour en hôpital psychiatrique avait dû lui faire du bien. Non ? Peut-être.

Céleste – J’en ai plusieurs, à vrai dire, dit-elle en la regardant à nouveau. Pour ce qui est des cours… Est-ce que tu as un conseil pour aider Lucas à se remettre à niveau dans certaines matières ? Serait-ce possible d’avoir les points précis qu’il ne maîtrise pas pour que je puisse le demander directement au téléphone à son ancienne école ? Pas immédiatement, tu as le temps, mais je pourrai travailler avec lui si je connais ce qu’il ne maîtrise pas précisément. On l’aide tous les jours, seulement on n’a pas les mêmes références vu que tu connais le programme des primaires. Je peux même regarder dedans moi-même, si tu as une copie, pour t’épargner une charge de travail supplémentaire. Quant à ma deuxième question…

C’était bien plus difficile à demander. C’était Sarah, enfin ! Sarah ! Elles entraient sur un terrain horriblement glissant, Céleste ignorant ce que son ex-collègue avait gardé comme souvenirs et rancunes du Pensionnat. Peut-être ses craintes étaient-elles infondées, seulement, elle préférait prendre des pincettes et ne pas risquer de l’énerver pour rien. Enfin… D’après ce qu’elle constatait, Sarah avait l’air de s’être fameusement apaisée depuis ses années passées au Pensionnat. Cependant, il était difficile de dire si elle était avec ou contre eux, les enfants ne devant jamais être pris dans un conflit tel que celui-ci. Ce n’était pas parce qu’elle protégeait les petits qu’elle avait changé d’avis. Et, si elle se retrouvait à enseigner à Lucas en « petits groupes », comme elle disait… Bon, stop, lui laisser le bénéfice du doute. Jusqu’à présent, ce que Sarah lui donnait à voir prouvait qu’elle avait changé, ce qui lui permettait à elle-même de rester calme et courtoise malgré leurs différends fréquents. Céleste lança un regard bref vers la porte de la classe, préférant éviter d’aborder un tel sujet avec des parents d’élèves dans le coin. Mais non, ils étaient toujours en train de parler dans le couloir, elles étaient tranquilles.

Céleste – Je ne sais pas si tu es au courant mais Alexis Robert s’est… tué récemment à cause de son propre don, pour ne pas entrer dans les détails. Et Lucas était très lié à lui vu que je l’ai hébergé durant les vacances. Il n’en parle pas énormément à la maison, je sais qu’il est plus renfermé mais j’ignore comment il se sent vraiment. Je n’ose pas aborder le sujet avec lui de moi-même s’il y est encore sensible. Est-ce que tu as remarqué quelque chose de différent ou d’étrange, dans son comportement ? Sinon, est-ce que tu pourras me tenir au courant si jamais une de ses réactions t’inquiète ? Même un soupçon, un petit doute. Il a besoin d’être entouré après tout ce qu’il a vécu, autant à l’école qu’à la maison et, même si on a eu quelques différends, il a besoin de nous deux pour se reconstruire.

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Réunion de parents et "retrouvailles"
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