1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Attaque terroriste

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MessageSujet: Attaque terroriste   Mer 16 Nov - 14:01

La cuisine était particulièrement animée, ce matin-là, les rires et les blagues fusaient dans tous les coins, les conversations étaient très animées et la majorité des visages étaient enjoués et souriants. Comme chaque jour, après les deux premières heures de travail, les employés de la maisonnée se réunissaient à huit heures trente tapantes pour le petit-déjeuner, mangeant tous ensemble avant de reprendre le travail. Anna détacha son tablier et l’accrocha au porte-manteau d mur avant d’aller s’asseoir à table avec les autres, se servant du pain, des œufs, un peu de soupe, prenant aussi des couverts au passage. Ce repas devait leur tenir au corps jusqu’à treize heures, au moins, l’heure du déjeuner. Les deux premières heures étaient toujours les plus difficiles de la journée, à travailler dès le lever. Une fois assise, elle versa la soupe brûlante dans un grand bol, saluant Steven à côté d’elle.

– Bien dormi ?

– J’ai connu pire, la pleine Lune me semble moins infectante ces derniers mois. Luke ne déjeune pas avec nous ?

– Non, il a déjà mangé très tôt ce matin, assez rapidement, il avait des courses à aller chercher au village puis il devait partir dans les villes voisines, pour chercher des graines et pousses qu’on ne trouve pas à Gray.

– Oh, je vois. On pourrait penser qu’il aurait moins de travail avec l’hiver, il y a toujours pas mal à faire au domaine. Passe-moi le pain, s’il te plaît.

Il en fit tomber quelques morceaux dans son bol de soupe, Anna plongeant sa cuillère dans le sien et soufflant un peu sur le liquide très chaud avant de l’avaler. C’est vrai, ils étaient déjà en automne et les premiers froids se faisaient déjà ressentir, la neige tombait toujours de façon précoce sur leur région. Face à elle, Amélie s’assit à son tour, riant encore à une blague d’un de leurs collègues, puis lui conta les mésaventures du matin du livreur de journaux, coursé par deux chiens appartenant au collègue de Luke, le jardinier en chef. Le malheureux livreur avait dû escalader rapidement un arbre pour ne pas se faire mordre et avait ainsi attendu que quelqu’un rappelle les deux molosses. C’était un petit nouveau, les chiens n’avaient pas reconnu son odeur et l’avaient donc traqué comme s’il s‘agissait d’un intrus. Le pauvre… Anna beurra une tartine de pain tout en écoutant Amélie lui raconter comme son petit dernier avait récemment appris à marcher.

– En parlant d’enfant, mesdames, intervint Steven tout en mangeant des œufs brouillés, il faudra préparer une chambre d’ami, avec un lit d’enfant également, nous aurons un invité bientôt. Près de la chambre de la sœur de madame et de son époux. Demandez à Mickaël et André de vous descendre un berceau du grenier.

– Compris, répondit Anna en hochant la tête. Ce sera fait ce matin.

La maison était devenue beaucoup plus animée depuis l’arrivée de cinq nouvelles personnes de la famille, d’autant plus que la sœur de madame était également enceinte, ce qui incluaient donc l’arrivée, dans les prochains mois, de trois enfants, celui de madame et deux de sa jeune sœur. En tout, neuf personnes pour le moment et bientôt trois autres bébé en plus l’année suivante. Steven, comme s’il lisait ses pensées, indiqua qu’ils étaient encours de recrutement pour embaucher à nouveau du personnel. Oh, bonne nouvelle, les chambrières étaient clairement en sous-effectifs, par exemple, le surcroît de travail apporté par l’installation de la petite famille, avec les trois adolescents, était considérable. Voir de nouvelles têtes allait être intéressant, un peu de changement fait toujours du bien. Terminant sa soupe, elle trempa ses tartines dans un peu de café, demandant à Steven, en y repensant, comment se faisait-il qu’il y avait encore autant de berceaux au grenier.

– Ce sont ceux de feu les grands-parents de monsieur. Ils avaient eu dans cette maison deux fois des triplés et une fois des jumeaux. Huit enfants en quatre ans, mon prédécesseur m’a raconté à quel point la maisonnée était devenue agitée. Monsieur a de nombreux oncles et tantes, c’est encore aujourd’hui une bien grande famille.

Impressionnant… Avoir tant d’enfants… Anna sourit, imaginant très bien le bruit qui avait dû courir entre ces hauts murs. Elle termina de déjeuner puis aida les autres à débarrasser, avant d’aller s’occuper de préparer la chambre d’ami, une fois que les garçons eurent descendu un des berceaux. Anna se chargea d’abord de le dépoussiérer, le nettoyer et le lustrer, enlever les échardes, polir le bois, ajouter un matelas confortable et une petite couverture, mettre les voiles autour pour atténuer la lumière et former un cocon propre à rassurer le bébé, puis installa un petit mobile en bois accroché au-dessus du matelas. Nettoyer et préparer la chambre ensuite lui prit une bonne heure, occupée qu’elle fut à traquer le moindre grain de poussière et s’assurer qu’aucun drap n’avait de plis. Une fois tout cela terminé, Anna ressortit pour s’occuper de la suite lorsqu’un brusque bruit se fit entendre, la faisant sursauter.

Courant dans le couloir pour aller voir ce qui arrivait, Anna se fit très brusquement interceptée à la taille par Steven qui la repoussa dans un coin et lui lança d’aller chercher les jumeaux dans leur chambre et de partir tout de suite avec eux en passant par l’arrière. Pourquoi, enfin ?! Repartant, elle entendit des cris venant du rez-de-chaussée et des coups sourds, peut-être ne bagarre. Le cœur battant à vive allure, retroussant sa jupe et jupons, elle grimpa bien vite les escaliers pour aller chercher les deux bébés, les prenant contre elle puis repartant aussitôt. Partir… Derrière… La voix de Steven derrière elle la fit s’arrêter, il la dépassa puis lui fit signe de suivre. Anna obéit aussitôt, terrifiée tout à coup parce qu’elle entendait en bas. Ils dévalèrent un escalier de service, puis un autre, Anna répétant aux petits de ne pas s’en faire, de ne surtout pas pleurer, craignant de tomber et les blesser tous les deux.

Une fois dehors, Anna eut un violent frisson à cause du froid et s‘arrangea pour bien protéger les enfants de ses bras en suivant Steven. Il l’escorta jusqu’au portail à l’arrière du parc et la fit sortir, en lui disant d’aller chercher monsieur et de protéger les enfants. Mais, il repartait, lui ?! Que se passait-il, pourquoi… Perdue et au bord de la crise de nerfs, la jeune femme courut autant que possible, les deux enfants pleurant et criant dans ses bras. Du calme, ils allaient retrouver papa et maman, bientôt, ils… Ils allaient les retrouver. La domestique eut le sentiment que le trajet dura une éternité, les enfants ne cessaient de pleurer et elle-même n’était plus très loin de craquer. En arrivant enfin au pensionnat, elle tomba sur les gardes à l’entrée, au bord de l’évanouissement, et bafouilla qu’elle devait absolument voir sa patronne et son mari.

Un des soldats rentra avec elle, pressant le pas pour atteindre le pensionnat. En entrant, la cloche sonna la fin d’un des cours, le deuxième ou troisième de la matinée, sans doute. Anna ne passait pas inaperçue, avec son uniforme déchirée par endroits à cause d la course dans les bois, les cheveux décoiffés et le chignon à moitié défait, son air blême et les jumeaux en pleurs qu’elle serrait contre elle. Le soldat la guida vers le bon étage, frappant au bureau de la directrice, sans obtenir de réponse. Elle n’était pas là ?! Il l’emmena ensuite à la salle des professeurs, où seuls quelques adultes étaient occupés à corriger des devoirs ou à faire elle ne savait quoi.

– Où la directrice ? souffla-t-elle en regardant tout le monde, désespérée. Ou son mari ? Ou quelqu’un, il faut faire quelque chose !
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Auguste de la Valière
Professeur de Mathématiques
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Récits : 88

Âge RPG : 37 ans

MessageSujet: Re: Attaque terroriste   Jeu 24 Nov - 13:49

C’est ce qu’on appelait un talent inné, couplé à des heures entières de travail acharné et d’une passion dévorante. Il y avait bien des jeunes talents dans cette école ! Auguste sourit de plus belle en faisant signe à la chorale de baisser à mesure le ton pour entamer la seconde partie de la chanson, son jeune soliste, Antoine, donnant le rythme au reste de la troupe. Près de la chorale se tenaient d’autres enfants du collège qui savaient jouer d’un instrument, formant à eux tous un véritable orchestre. Orchestre qui baissa aussi le rythme puis reprit brusquement de plus belle, partant dans une balade enflammée prompte à enflammer les cœurs et l’imagination. Au milieu de la salle, sur le parquet brillant, deux jeunes gens de terminale dansaient sur un rythme effrénée, presque violent tant cela allait parfois vite et en mouvements amples et pourtant maîtrisés au millimètre. Les deux formaient aussi bien un couple dans la vraie vie que sur scène, Auguste les connaissait déjà très bien tous les deux pour les avoir déjà vu se produire dans des spectacles de danse amateurs et avoir même fait une démonstration, l’année précédente, au conservatoire de Paris, dans le cadre d’un concours.

Tous deux faisaient parti d’un club de danse réputé pour enseigner des danses hors du commun, très rythmées et rapides, souvent très opposées aux danses classiques se jouant dans les bals populaires, les salons mondains ou les fêtes de village. Des danses venues des quatre coins du monde, parfois adaptées et modifiées, parfois prises telles qu’elles. Ces deux-là avaient un talent certain, ils donnaient une note de merveilleux en plus, en appui de la chorale et du petit orchestre. Cassandra avait tout juste dix-sept ans, atteignait à peine le mètre soixante avec des talons et avait un corps fin et élancé, peu « féminin », sauf pour ses jambes, qu’elle avait grandes et fines. La peau légèrement mate, de grands yeux d’un vert soutenue, elle avait été remarquée très tôt par le club pour sa formidable souplesse et sa capacité à se mouvoir et fasciner ceux qui l’observaient. Mathieu, son compagnon, était d’une tête plus grand qu’elle, la peau blanche qui bronzait aisément, les cheveux châtaigne et les yeux marrons foncés. Plus musclé que sa compagne, il venait de fêter ses dix-huit ans et pratiquait la danse depuis douze ans maintenant. Un garçon promis à une aussi belle carrière de danseur que Antoine était promis à une splendide carrière dans le chant.

Auguste fit reprendre la chorale à un point précis de la chorégraphie puis l’orchestre qui poursuivit dans le rythme de la chanson, pendant que les deux lycéens tournoyaient ensemble, en un exercice qui ressemblait autant à de la gym artistique qu’à une danse très rythmée. Tout cela était la dernière partie du spectacle de fin d’année, Auguste s’était arrangé pour faire déplacer des cours et donner des heures à ses collègues pour pouvoir rassembler régulièrement les élèves faisant parti du spectacle pour les faire répéter et s’entraîner. Aujourd’hui, comme les examens du trimestre étaient terminés, le professeur d’élèves avait toute la troupe à lui pour la journée. Tous les chanteurs, les musiciens et les deux danseurs. On frappa tout à coup et il fit signe de continuer, allant rapidement ouvrir. Un de ses collègues l’incita à sortir de la salle puis lui chuchota rapidement qu’une de ses employés était arrivée à l’école, paniquée, avec ses deux enfants, que sa maison avait apparemment été attaquée.

Auguste – Surveille mon groupe, dis-leur de continuer, je reviens, chuchota-t-il rapidement.

Filant dans le couloir, il courut jusqu’à la salle des professeurs, pour tomber sur une Anna paniquée au milieu des autres enseignants dont la majorité ne comprenait rien à ce qui arrivait, les jumeaux en larmes dans ses bras. Il fit écarter tout le monde, posant une main sur l’épaule de la jeune femme en lui répétant d’une voix douce mais ferme de respirer doucement et se calmer. Prenant la petite Aurore, il se tourna vers Estelle pour la lui confier, en la remerciant d’un sourire, puis fit de même avec Julien en le mettant délicatement dans les bras de Frédéric. Une fois fait, il posa les deux mains sur les épaules d’Anna et l’aida à reprendre son souffle et son calme, lui faisant inspirer puis expirer lentement. Là, ça ira ? Du calme… Toute la salle des profs était réussie autour d’eux, les jumeaux ne se calmant qu’à grande-peine. Et Gabriella qui n’était pas là ! Elle était partie ce matin avec le maréchal pour une inspection il ne savait plus où, à une heure de route d’ici.

Auguste – Que s’est-il passé ? Quelqu’un a attaqué la maison ? Qui ? Et comment vont les autres, qu’avez-vous vu ?

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MessageSujet: Re: Attaque terroriste   Lun 19 Déc - 18:02

Personne ne pouvait donc rien lui dire ? Anna fixa toutes les personnes présentes une à une en cherchant désespérément une qui pourra aller chercher madame ou monsieur, qui saura comment régler cette affreuse situation. Et Steven qui était resté là-bas ! C'était bien trop dangereux, il pouvait être blessé ou pire. Les deux enfants pleuraient toujours dans ses bras, sans que la jeune femme ne puisse les calmer ou les rassurer, elle-même bien trop stressée et apeurée pour être d'une aide quelconque. Heureusement, monsieur arriva enfin dans la salle, repoussant tout le monde, ce qui n'était pas bien difficile avec sa carrure immense. Elle leva un regard noyé de larmes sur lui lorsqu'il posa une main sur son épaule en lui enjoignant de se calmer, respirer doucement. Oui, d'accord, oui. Il lui prit les jumeaux des bras pour les confier à deux de ses collègues, lui posant ensuite les deux mains sur les épaules. La domestique eut un mal fou, au début, à l'écouter, calquer sa respiration sur la sienne pour s'apaiser un peu, l'angoisse lui tordant le ventre. Il fallait appeler la police, les pompiers, la Croix Rouge, l'armée !

– Que s’est-il passé ? Quelqu’un a attaqué la maison ? Qui ? Et comment vont les autres, qu’avez-vous vu ?

– Il y a un groupe qui est entré par effraction, des hommes et... Je ne sais pas, je n'ai presque rien vu, j'ai juste entendu des coups de feux, Steven m'a dit de fuir en emmenant les enfants. Je ne sais pas ce qu'ils cherchaient, ils tiraient, les autres hurlaient, le... L'un d'eux hurlait qu'ils devaient trouver les enfants de madame et...

Anna dû s'interrompre, à deux doigts de craquer à nouveau. Dans la salle, les autres professeurs avaient tout à coup plongé dans un silence mortel, on n'entendait plus rien, mis à part les pleurs des jumeaux et leurs petits cris, eux aussi ne se calmant toujours pas. A présent, la chambrière en pouvait qu'imaginer le pire, surtout que madame n'était toujours pas là. Anna demanda d'un ton angoissé si quelqu'un savait où était madame et si elle se portait bien, et seul un silence lui répondit. On savait juste qu'elle était partie il y a un peu plus d'une heure du pensionnat et devait, en toute logique, rentrer cet après-midi. Il fallait en être sûr, enfin ! Personne ne pouvait l'appeler, au moins pour être rassuré ?! Des bandits avaient attaqué la maison ! Il y avait sûrement des blessés, parmi les employés !

– Les autres à la maison sont peut-être blessés, monsieur, je dois y retourner, dit-elle précipitamment. vos enfants sont là, tout va bien, moi, je vais... Je vais y aller.
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