1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 La première fois

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Jasper K. Nakajima
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: La première fois   Dim 19 Juin - 18:29

[Avec réacs d'Adeline]

Ils venaient de rentrer de la sépulture, la cérémonie n'avait pas été très longue mais très éprouvante. En revenant au pensionnat, Jasper s'était réfugié dans une chambre vide dans l'aile des garçons, avec Adeline, fermant la porte à clé pour être tranquilles et s'allongeant sur un des lits avec sa petite amie, serrés dans les bras l'un de l'autre. Ils se contentaient de rester ainsi, calés l'un contre l'autre, dans la chambre presque noire avec les rideaux fermés, le faible soleil traversant à peine pour pénétrer dans la pièce. Jasper ne parlait pas du tout, respirant doucement l'odeur d'Adeline, son parfum très léger qu'il connaissait par cœur et pourrait reconnaître entre mille. Ils devaient être "habitués", pouvoir relativiser, se dire que oui, Alexis était sans doute plus heureux là où il se trouvait aujourd'hui. Ils devraient. Toute l'école était très calme, les élèves restant, pour la plupart, entre eux dans le foyer ou dans le parc, en petits groupes, chacun assez calme. Pas de cours aujourd'hui, les profs s'occupaient à on ne savait quoi. C'était très étrange, on aurait dit que le temps s'était arrêté.

Le jeune homme se sentait très bizarre, à la fois abattu, triste et en même temps, très nerveux, poussé brutalement par une soif de vivre et de continuer, de ne plus se laisser piéger par la tristesse ou quoi que ce soit de ce genre. Comme si se laisser aller était synonyme de défaite. Et c'était bien le cas. Il se redressa un peu, chuchotant son ressentiment à Adeline, qui se redressa un peu à son tour pour l'embrasser longuement. Il se laissa tout d'abord faire avant de lui rendre son baiser, inspirant un peu plus vite et fort. Il en avait assez de la tristesse, assez de devoir toujours faire attention, partout, sans cesse, assez de la morosité, assez de guetter le danger à chaque pas, assez de ne pouvoir rien faire de concret, de véritablement utile. Assez de cette ambiance malsaine et glauque qui les cernait de toutes parts. Il embrassa Adeline avec un peu plus de passion, ses joues se colorant de rouge, prenant une brève inspiration avant de revenir vers elle, comme un plongeur qui se lancerait à l'eau. Adeline se redressa à nouveau, enlevant sa veste puis sa chemise, se retrouvant en soutien-gorge devant lui. Il écarquilla un peu les yeux, rougissant de plus belle. Elle sourit puis lui prit la main pour qu'il pose sur son sein, elle aussi les joues d'un rose soutenu, le regard brillant, ce que la pénombre de la pièce ne gâchait pas.

– Tu es sûre de... murmura-t-il. De...

Elle hocha la tête puis revint se pencher sur lui pour l'embrasser. Il passa les bras autour d'elle, effleurant son dos nu puis la reprenant mieux dans ses bras, laissant tomber sa propre veste à son tour. La chaleur venait peu à peu remplacer le froid, dans son corps, la chaleur et une pointe de désir. De la peur et de la nervosité, aussi. Personne ne l'avait jamais touché comme ça et il n'avait jamais posé ainsi les mains sur une fille, absolument jamais. Il enleva sa chemise à son tour, les gestes tremblants, avec un violent frisson lorsque Adeline se serra contre lui, comme électrisé à son contact. Des sensations très étranges et troublantes le prenaient, il osait à peine la toucher, comme il osait à peine se laisser toucher. C'était différent que de simplement s'embrasser ou se câliner, on passait à une autre étape, plus intime, la découverte du corps de l'autre. Il sursauta un peu lorsqu'elle posa plus fermement ses mains sur lui, s'excusant d'un murmure, secoué par le trac. Elle-même était très nerveuse, il le sentait. Pourtant, il n'avait pas envie d'arrêter, tout comme elle. Il lui fallut encore un moment d'embrassades et de câlins avant d'oser glisser la main sur son pantalon, effleurant sa ceinture avant de la défaire d'un petit clic. Il ne voulait pas aller trop vite, la gêne toujours plus forte que le désir.

– Tu en as envie ? chuchota-t-il à son oreille, écarlate.

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Adeline Brian
Lycéenne
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Âge RPG : 16 ans

MessageSujet: Re: La première fois   Sam 16 Juil - 16:25

On pouvait se dire que c'était la vie et qu'on ne pouvait de toute façon rien y changer. En un sens, c'était vrai... La vie, c'était ça. Un mélange d'injustices, de coup de colère, de joie intense, de bonheur, de tristesse, d'amour, de déceptions, de peur, de rêves, d'espérance, de révolte. Adeline continua de caresser doucement la nuque de Jasper, avec un air pensif, les yeux dans le vague, allongée contre lui, dans cette chambre assez sombre et fermée à clé. Si c'était vraiment ça la vie, il fallait toujours continuer, se relever aussitôt après chaque juste. Ils mourront tous un jour, de toute façon, on ne pouvait pas stopper comme ça au bord du chemin et se perdre avec la mémoire des morts au lieu de continuer à vivre. Comme en écho à ses pensées, Jasper chuchota tout à coup qu'il ne servait à rien de se laisser aller car ce serait comme avouer sa faiblesse, se rendre, accepter la défaite. Tout à fait, c'était exactement cela. Il lui prit un long baiser et Adeline se redressa pour lui en prendre un autre, posant les deux mains sur ses joues, les yeux fermés. Elle avait envie... Envie de continuer, envie de vivre, envie de se débattre pour quitter la tristesse et crier à la face du monde que rien ne pourra les empêcher, malgré tout, d'être heureux, ce serait donner trop d'importance à ceux voulant détruire leurs vies. Ils étaient nombreux, elle le savait. Cependant, pas assez nombreux pour lui donner envie de se terrer au fond d'un trou.

Elle continua à embrasser Jasper, y mettant un peu plus de passion comme il était plus réceptif. Si elle pouvait lui parler, elle lui dirait de ne pas se laisser abattre et de se laisser vivre, de laisser libre court à ses envies et de ne pas fermer les yeux, de toujours lever la tête. Et parfois, les gestes valaient plus que mille mots. Elle se mit à genoux sur le lit où ils étaient installés, enlevant les boutons de sa veste puis la laissant sur la chaise non loin du lit, avant de faire de même avec sa chemise, qu'elle jeta aussi. Elle se retrouva en soutien-gorge devant Jasper, dont le teint avait viré au cramoisie. La vue lui plaisait, au moins ? Elle aussi était de plus en plus rouge, c'est vrai, toutefois, elle savait ce dont elle avait envie. Elle prit la main de Jasper et la fuit fit poser contre son sein, rougissant encore plus, tout comme lui, un sourire aux lèvres. Elle ne parlait pas, en revanche, il pouvait lire son désir dans ses yeux. Elle ignorait si leur couple durera, s'ils s'aimeront toujours dans une semaine, un mois, un an, si vouloir se donner à l'autre dans de telles circonstances était bien moral, et qu'importe ? Elle voulait juste suivre ses envies.

– Tu es sûre de... murmura-t-il. De...

Elle était sûre, oui, il s'agissait de son corps. Hochant la tête, elle se pencha à nouveau pour capturer ses lèvres, les yeux fermés et ayant bien plus chaud tout à coup. Il répondit à son baiser et referma les bras sur elle, enlevant ensuite sa propre veste. Ils n'avaient rien à craindre, ils étaient seuls, jeunes, avec la vie devant eux. Leurs gestes pourraient apparaître comme maladroits et peu harmonieux, voire très hésitants. Une fois encore, peu importe. Elle l'aida à enlever sa chemise en voyant qu'il avait un peu de mal, posant avec une grande hésitation ses mains sur lui. Elle sentait parfois des marques et des petites cicatrices, fronçant les sourcils en imaginant ces instants où son père l'avait battu et parfois brisé des os. Elle voulait l'aider à complètement oublier, effacer, abandonner derrière lui cette période de son existence, afin d'aller de l'avant. Il était loin de son père, il pouvait enfin vivre comme il le voulait, sans cette peur. Elle l'attira contre elle pour l'embrasser sur les lèvres, le front, descendant ensuite sur son cou. Elle sourit, très rouge, lorsqu'il ouvrit la ceinture de son pantalon. Pourquoi la gêne devait-elle vous faire sentir si brûlant et maladroit ?

– Tu en as envie ? chuchota-t-il à son oreille, écarlate.

Elle aurait voulu parler, pouvoir lui dire oui, lui faire comprendre qu’elle en avait envie et qu’elle était certaine de ce qu’elle voulait. Une fois de plus, un regard vaut bien plus que mille mots. Leurs gestes étaient maladroits mais doux, hésitants mais attendrissants. Adeline avait de quoi se protéger, au fond de son sac, petit secret enfoui depuis quelques mois, lorsque son père avait estimé qu’elle était en âge de s’intéresser aux garçons et qui voulait la laisser faire ses propres expériences tout en lui recommandant la prudence. L’heure suivante n’appartint ainsi qu’à eux deux, à explorer le corps de l’un et l’autre, à découvrir des sensations vous secouant et vous faisant frisonner, à découvrir une certaine forme de douleur puis le plaisir, qui venait effacer cette petite souffrance. Durant une heure où ils ne furent que tous les deux, presque silencieux, dans le pénombre de cette chambre protégeant leur secret. Personne ne passa dans le couloir, personne ne vint briser leur petite bulle, ils furent juste eux deux, pendant une heure. Adeline finit par se serrer contre son petit mai, dans le lit étroit, les yeux fermés. Il n’y avait pas besoin de mots, parfois, les regards suffisaient. Un geste était assez parlant. Cette petite bulle protectrice les entourait, ils s’y sentaient réconfortés et bercés. Simplement à deux.

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