1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Nuit blanche

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Cyprien Redfire
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MessageSujet: Nuit blanche   Ven 20 Mai - 22:32

Il avait bien fallu rentrer... La nourrice avait appelé de multiples fois au pensionnat, le dernier coup de fil furieuse qu'ils ne rappellent pas et laissent Lucas tout seul, sans daigner venir le récupérer comme ils le faisaient d'habitude avant de rentrer à la maison. Lui expliquer ce qui était arrivé avait été très délicat, mais rien de comparable avec le moment où ils avaient dû l'expliquer à Lucas. Cyprien était encore sous le choc, se repassant en boucle la scène dans son esprit. Ils revenaient tous en salle des professeurs pour déposer leurs affaires dans leurs casiers, discuter, se détendre, échanger quelques mots après cette nouvelle journée de travail, puis étaient descendus ensemble pour aller prendre un verre au réfectoire avant le dîner, lorsqu'ils avaient vu le sous-directeur et Frédéric dévaler les escaliers en courant, avec un air... Cyprien n'aurait su le qualifier sur le moment, comprenant qu'il y avait eu un drame. Adrien était descendu à son tour avec un air affolé puis les avait suivit dans la forêt, alors que le reste de l'équipe enseignante restait planté là, à se demander ce qui arrivait. Il s'était écoulé un long moment avant qu'une voiture arrive, puis que la directrice en sorte, avec le grand roux, courant eux aussi vers la forêt.

Certains chuchotaient, d'autres hésitaient à aller voir eux aussi, quelques uns, comme Cyprien, ne bougeaient plus du tout, attendant simplement, le cœur battant à très vive allure. Il serrait la main de Céleste dans la sienne, tandis qu'elle jetait des regards fréquents vers les bois. Auguste et Adrien en ressortirent les premiers, entraînant avec eux deux élèves en état de choc. Puis la directrice revint aussi, marchant près du sous-directeur et d'Auguste. Auguste qui portait... Le professeur de sciences crut vraiment qu'il allait s'évanouir sur le coup, le regard rivé vers le jeune corps trop pâle, les yeux fermés, les poignets tailladés et rouge de sang. La scène était impossible à croire, ça ne pouvait pas être vrai. Tous les professeurs s'écartèrent d'un même mouvement lorsque le petit groupe rentra à l'abri, ne voyant que le corps du jeune garçon, immobile et flasque, dont le sang presque noir contrastait avec violence avec la terrible pâleur de sa peau. Cyprien avait du mal à se souvenir de ce qui s'était passé ensuite, cela avait été très confus. Ils avaient fini par comprendre que Adeline et Genji avaient vu Alexis partir vers la forêt puis l'avaient ensuite retrouvé mort. Un suicide. A présent, de retour chez eux au village, il ne parvenait pas à s'ôter de la tête l'image du jeune garçon décédé, dans les bras d'Auguste. Il était assis dans le creux du canapé, Lucas dans ses bras, sur ses genoux, à le serrer contre lui et lui caresser les cheveux.

– Il était très triste, chuchota-t-il à Lucas d'un ton doux. Parfois, quand des personnes sont trop tristes, elles ne peuvent plus continuer... Elles demandent à ce que tout s'arrête car elles n'ont plus la force.

Comment expliquer à un enfant de huit ans que celui qu'il considérait comme un grand frère s'était donné la mort ? Cyprien embrassa longuement le petit garçon puis le serra bien fort contre lui, l'enveloppant de ses bras en le berçant. Céleste revint à un moment avec trois gros bols de chocolat chaud sur un plateau, pendant qu'il était toujours occupé à bercer Lucas. Il était déjà tard mais personne ne devrait avoir envie de dormir après ce qui s'était passé. Le professeur frotta un peu le dos de Lucas puis lui chantonna une berceuse, à voix basse, dans l'espoir de le consoler au moins un minimum. Cet enfant avait déjà connu trop souvent la mort.

– Il faut un mot pour l'école primaire, dit-il à Céleste. On va le garder avec nous demain, au pensionnat, c'est mieux.

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Céleste Dumoulin
Professeur de l'élément foudre
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Âge RPG : 25 ans

MessageSujet: Re: Nuit blanche   Mar 31 Mai - 22:59

Elle n’avait rien pu empêcher… Pourtant, elle avait tout mis en œuvre pour aider Alexis. Elle l’avait hébergé, elle lui avait donné des cours pendant les vacances pour entraîner son don afin d’éviter qu’il n’essaie encore de se tuer avec au cours d’un exercice. Elle avait essayé de sortir, de l’emmener dans des endroits plus tranquilles, de lui faire voir des paysages pour qu’il puisse dessiner tout en lui laissant des moments en solitaires de temps en temps. Mais elle avait sous-estimé son envie de mourir, les simples objets du quotidien qu’ils pouvaient utiliser sans aucun problème… Tout s’était enchaîné si vite, ils étaient restés un moment sans comprendre ce qui se passait, sachant seulement qu’il devait y avoir eu un drame. Sinon, pourquoi Frédéric était-il descendu avec cet air ? Pourquoi Adrien l’avait-il suivi ?

Et puis ils avaient vu. Une voiture avait amené la directrice à l’école avec Auguste et le sous-directeur, tous les trois la mine grave comme s’il s’était produit un malheur tandis qu’ils pressaient le pas vers la forêt. Les professeurs, eux, ne savaient pas ce qu’ils devaient faire, hésitant entre suivre le groupe dans la forêt et rester ici. Elle-même lançait des regards inquiets vers la forêt, puis vers Cyprien, s’interrogeant. Jusqu’à ce qu’Auguste revienne avec… Il portait… Céleste crut qu’elle allait défaillir, seulement retenue grâce à la main de Cyprien qui serrait la sienne. Elle ne bougea pas d’un millimètre, peinant à croire ce qu’elle avait devant les yeux. Ils n’avaient pas pu l’aider… Elle voyait le sang sur ses poignets blessés, ne réalisant que très difficilement ce qui se passait. Réagissant en automate, tout comme la quasi-totalité des professeurs, Céleste apprit que c’étaient Adeline et Genji qui avaient découvert le jeune Alexis, qu’ils l’avaient suivi après l’avoir aperçu fuir vers la forêt. Alors que personne d’autre n’avait remarqué qu’il s’en allait…

Puis vint le moment où ils durent rentrer. Ils avaient expliqué à la nourrice ce qui s’était passé après son énième appel dans lequel elle s’énervait parce qu’ils n’étaient toujours pas rentrés pour Lucas. Céleste avait réussi à lui expliquer la raison de leur retard et elle avait immédiatement été plus compréhensive, s’inquiétant ensuite pour Lucas qu’elle savait attaché à Alexis. Si cette explication avait été difficile à donner, cela n’était rien comparé à celle qu’ils avaient dû donner à son petit frère… La jeune professeure n’avait, sincèrement, pas réussi à tout dire, demandant de l’aide à Cyprien. Elle avait déjà récupérer Lucas après la mort de ses parents, en juillet, et voilà qu’il perdait celui qu’il considérait comme son grand frère… Et, effectivement, sa réaction ne s’était pas fait attendre. Voulant rester avec lui durant l’annonce, Céleste avait laissé Cyprien le câliner pendant qu’elle allait préparer trois gros bols de chocolat chaud, essayant de se reprendre pendant ce temps. Elle devinait son ami et amant en train de parler à Lucas, de chuchoter à son oreille, le rassurer comme il l’avait fait quelques mois plus tôt avec elle. C’était dur, oui, mais ils étaient là. Céleste ne le laisserait pas tomber, il en était hors de question.

Prenant une casserole pour faire le chocolat chaud, elle fit chauffer le lait, chocolat et sortit les madeleines après avoir craqué une allumette. Pour l’instant, elle avait envie de tout sauf de s’activer mais Lucas avait besoin de réconfort, tout comme Cyprien et elle. Dès qu’il serait couché, elle sortirait pour faire sortir son don et évacuer au lieu de le comprimer comme elle l’avait fait durant des années. C’était à cause de parents comme ceux d’Alexis que des adolescents finissaient aussi déprimés ! Et l’armée… Peut-être les soldats ne faisaient-ils qu’exécuter les ordres, mais c’était une excuse facile pour plus de la moitié des gens. Uniquement pour se préparer à la guerre. Ils n’allaient pas envoyer des enfants au front, tout de même ! Sentant quelques étincelles parcourir ses doigts, Céleste inspira profondément, ruminant sa colère pendant qu’elle versait du chocolat chaud dans les trois bols. Si seulement elle avait pu l’aider… Mettant les bols et les madeleines sur un plateau, elle revint vers le petit salon où elle trouva Lucas dans les bras de Cyprien qui lui chantait une berceuse, sentant une atmosphère lourde peser autour d’eux.

Cyprien – Il faut un mot pour l'école primaire, dit-il à Céleste. On va le garder avec nous demain, au pensionnat, c'est mieux.

Céleste hocha la tête sans pouvoir dire un mot, déposant le plateau sur la petite table basse du salon avant de s’asseoir à côté de Cyprien et Lucas. Elle fit un petit geste pour lui faire comprendre qu’elle allait prendre le relai, tendant le bras pour le glisser sous son frère et le prendre dans ses bras, le serrant ensuite très fort contre elle. Elle n’allait pas l’abandonner, jamais, il pouvait en être certain. Même s’il avait débarqué dans sa vie en chamboulant tout au passage, elle s’était attachée à lui et l’aimait profondément, il était hors de question qu’elle perde un autre membre de sa famille. Céleste berça son frère pendant un moment, murmurant des paroles de réconfort pour essayer de le calmer un peu. Elle lança ensuite à regard à Cyprien pour lui demander un des bols de chocolat chaud et se dégagea une main, redressant tout doucement son frère pour lui donner le bol.

Céleste – Cela va te faire du bien, murmura-t-elle. Tu vas rester avec nous, évidemment, comme ça personne ne t’ennuiera à l’école.

La jeune professeure encouragea Lucas du regard en désignant le bol avec un tout petit sourire qui se voulait réconfortant. Elle ne savait pas quoi dire pour le calmer et l’aider, elle voulait seulement… lui retirer un peu de peine, quitte à la prendre pour la supporter à sa place. Elle avait déjà ressenti une peine immense durant des années, mêlée à de la colère et de la culpabilité, elle était capable d’endurer cela. Lucas, lui, n’était qu’un enfant qui avait perdu ses parents et qui venait de perdre l’équivalent d’un grand frère. Elle leva une main à la joue de son frère pour la lui caresser, le rassurer, le calmer, lui faire sentir qu’ils étaient là, avec lui, le tenant toujours grâce à son autre bras.

Céleste – Je resterai toujours avec toi, tu le sais ? Si tu as besoin de quelque chose, si tu veux quelque chose, tu n’as qu’à le dire. Je ne peux pas faire revenir Alexis… Mais je reste ta grande sœur et, même si on ne s’est rencontrés qu’en juillet, je veux que tu saches que je t’aime et que je ferai tout mon possible pour que ta peine s’atténue. Ici, tu peux dire tout ce que tu penses, tu peux pleurer, crier, n’importe quoi, on ne te jugera pas.

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Lucas Dumoulin
Elève de primaire
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Âge RPG : 6 ans

MessageSujet: Re: Nuit blanche   Sam 4 Juin - 11:51

L'appartement était très calme et Lucas mourait de froid, même dans les bras de Cyprien, même en étant blotti contre lui, entouré par ses bras, assis sur ses genoux. Il avait froid comme s'il venait de plonger dans un bain glacé durant des heures, froid comme s'il n'avait jamais ressenti la moindre chaleur. Les larmes ne parvenaient plus à couler, il se sentait juste... Vide. Comme grillé de l'intérieur, jusqu'à annihiler la moindre de ses sensations. N'importe quoi pourrait arriver, là, tout de suite, il ne réagirait pas. Plus d'énergie, même pour pleurer. Pas depuis qu'il avait appris que son frère était parti... Il ne comprenait pas pourquoi lui aussi s'en était allé devant, sans attendre, sans même regarder derrière lui. Comme papa et maman... Il était parti là où Lucas ne pourra plus jamais lui parler, le toucher, se jeter dans ses bras, l'entendre rire. C'était fini. Les matins où il avait joué avec lui, les lettres qu'il avait échangé, les moments où il le regardait dessiner en lui demandant de lui apprendre des petites astuces. Tout cela était terminé. Lucas avait les yeux entrouverts, la bouche fermée, ne bougeant plus, fixant un des coussins du canapé sans le voir.

– Il était très triste, chuchota-t-il à Lucas d'un ton doux. Parfois, quand des personnes sont trop tristes, elles ne peuvent plus continuer... Elles demandent à ce que tout s'arrête car elles n'ont plus la force.

Mais pourquoi ? Pourquoi était-il trop triste ? A cause de sa famille ? Il avait été abandonné ? Sa sœur ne lui avait jamais rien expliqué et il n'avait pas osé en parler à Alexis par peur de le faire pleurer? Ce qui faisait que, aujourd'hui, il ne savait même pas ce qui lui avait volé autant de forces et pourquoi il était parti ainsi, loin devant, dans un autre monde. S'il avait su, peut-être aurait-il pu l'aider, non ? Il remarquait à peine que Cyprien le berçait et lui chantonnait une berceuse, se demandant pourquoi la mort lui prenait tous les membres de sa famille un par un, ce qu'il avait bien pu faire pour mériter ainsi la colère de Dieu. Son papa, sa maman, Alexis... Et ensuite, quelqu'un d'autre allait encore partir ? Pourquoi ? Pourquoi Alexis était-il parti, pourquoi ? Qu'est-ce qui l'avait dégoûté à ce point de la vie pour qu'il n'en veuille plus ? Si Lucas avait pu l'aider... Ou peut-être pas. La mort l'effrayait de plus en plus, il voudrait savoir où étaient allés exactement ses parents et son frère, s'ils étaient vraiment dans un "monde meilleur", comme avait dit le prêtre qui avait enterré ses parents. Un monde meilleur, c'était un monde sans souffrance ? Comment en être sûr, comment savoir que ce monde existait alors que personne ne pouvait revenir de la mort pour en témoigner ?

– Il faut un mot pour l'école primaire, dit-il à Céleste. On va le garder avec nous demain, au pensionnat, c'est mieux.

Lucas referma un peu les yeux, des yeux qui le brûlaient sans qu'il ne parvienne à pleurer. Il glissa des bras de Cyprien à ceux de sa sœur sans y prêter la moindre attention, comme il aurait pu tomber par terre et y rester, tout simplement, jusqu'à la levée du jour. Accepter la réalité, accepter qu'Alexis ne reviendra vraiment pas était incroyablement long et douloureux, il luttait malgré lui contre cet état de fait avant d'être rappelé à la dure réalité. La mort n'était pas une maladie, personne ne pouvait en guérir, son ami ne reviendra pas. Il referma la main par réflexe sur la anse d'un bol, sans même voir ce qu'il y avait dedans, trop occupé à revoir en boucle les souvenirs qu'il gardait de son grand frère d'adoption. Il avait peur d'oublier un jour son visage et se battait donc pour le graver à jamais dans sa mémoire. Il voudrait bien une ou deux photos, aussi... Il les mettrait dans un beau cadre et le déposerait sur la commode en pin, dans sa chambre, près des photos de papa et maman, avec un bouquet de fleurs. Comme ça, ils seront réunis et souriants, il pourra les voir sourire lorsqu'il prendra des vêtements propres. Maman lui avait déjà dit ça, lorsque grand-père était mort de vieillesse, qu'il fallait toujours garder près de nous l'image souriante et heureuse des proches que l'on aimait.

– Cela va te faire du bien, murmura-t-elle. Tu vas rester avec nous, évidemment, comme ça personne ne t’ennuiera à l’école.

Comment était-il parti ? Seul ? Cette idée horrifiait Lucas, que son grand frère ait été complètement seul lorsque la fin était venue, qu'il n'y ait eu absolument personne près de lui pour lui dire au revoir. Ce ne devrait jamais se passer comme ça. Papa et maman étaient tous les deux lorsqu'ils étaient partis. Grand-mère avait eu son mari près d'elle à lui tenir la main. Puis grand-père aussi avait eu toute sa famille autour de lui, à la maison, tout le monde était resté pour lui dire au revoir, même Lucas, du haut de ses cinq ans, il l'avait embrassé sur la joue et son grand-père lui avait souri, en disant que c'était une nouvelle aventure pour lui, qu'il en avait le droit grâce à son grand âge. Mais Alexis avait été seul... Lucas sentit quelqu'un lui toucher la joue, à un moment, la main disparue avant qu'il n'ait eu le temps de voir à qui elle appartenait. Oh, peu importe. Alexis, lui, n'avait eu personne pour le prendre dans ses bras ni lui sourire avant qu'il ne s'en aille, c'était beaucoup plus terrible que tout le reste.

– Je resterai toujours avec toi, tu le sais ? Si tu as besoin de quelque chose, si tu veux quelque chose, tu n’as qu’à le dire. Je ne peux pas faire revenir Alexis… Mais je reste ta grande sœur et, même si on ne s’est rencontrés qu’en juillet, je veux que tu saches que je t’aime et que je ferai tout mon possible pour que ta peine s’atténue. Ici, tu peux dire tout ce que tu penses, tu peux pleurer, crier, n’importe quoi, on ne te jugera pas.

Lucas ne répondit rien, les paroles glissant sur lui comme de l'eau sans l'atteindre. Plus envie de bouger, de parler, de crier, de pleurer, plus envie de rien du tout, simplement, plus envie de faire quoi que ce soit. Il tenait toujours le bol sans rien faire, oubliant sa présence. Il aimerait même tomber inconscient, afin de ne plus rien ressentir, ni chagrin ni douleur, pendant au moins un instant. Juste cela, ce serait si bien...

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